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Arribat
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Les Hermaphrodites
Les Hermaphrodites
par Gérard Busquet
Edition : Broché

3.0 étoiles sur 5 Un coup de vieux, 22 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Hermaphrodites (Broché)
Le sujet de l’hermaphrodisme est abordé selon deux points d’observation très distincts. En premier les auteurs fouillent sans grande originalité le matériau mythologique et religieux de notre héritage occidental. Dans une seconde partie du livre qui en fait occupe les deux tiers de l’ouvrage nous est communiqué par le détail le travail d’enquête des auteurs dans le milieu des Hijras en Inde. Il n’y a ainsi aucune cohérence dans une étude qui semble aller à vau-l’eau sautant du coq à l’âne.

A la rigueur on comprendrait une telle diversion si après avoir abordé la question des Hijras l’enquête avait inclus d’autres catégories pouvant s’apparenter de près ou de loin à l’hermaphrodisme ou plus généralement constituer dans les sociétés concernées un véritable troisième sexe avec ses codes de reconnaissance. C’est le cas des Yan Daudu africains, des Berdaches nord-américains, ou plus généralement des nombreuses sociétés où l’homosexualité est liée au chamanisme.

Cet ouvrage aurait donc été plus pertinent en se concentrant sur les seuls hijras car en l’occurrence son préambule attaché à notre culture gréco-romaine passe pour du remplissage et son ignorance du reste pour de la négligence. Il n’en reste pas moins que ce livre reste un témoignage qui fixe la situation des Hijras à une certaine époque et reste de ce fait un intéressant travail de journaliste mais pas de spécialiste (ethnologue, sociologue, ou même médecin). En revanche si l’antériorité peut valoriser le témoignage, elle pèse aujourd’hui sur une question qui est bien plus informée. En résumé un travail sur le Hijras qui reste respectable, mais un essai sur les hermaphrodites qui a mal vieilli.


Les Terres creuses: Bibliographie commentée des mondes souterrains imaginaires
Les Terres creuses: Bibliographie commentée des mondes souterrains imaginaires
par Serge Lehman
Edition : Relié
Prix : EUR 60,90

5.0 étoiles sur 5 L'ultime frontière, 17 novembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
C’est bien le pluriel qui convient au titre. Les terres creuses parce qu’aux cavernes grottes souterrains classiques s’ajoute une multitude de vides intra-terrestres, royaumes habités, demeures de grands anciens, bases de stationnement d’OVNIs domaines de Shambalah ou d’Agartha, quand ce n’est pas la version en négatif d’un terre creuse mais concave dont nous habiterions l’intérieur. Mieux encore loin d’un délire que nous croyions limité à quelques magiciens du matin les auteurs nous font découvrir l’étendue d’un phénomène dont de grands scientifiques se sont faits les défenseurs, mais il est vrai en d’autres temps.

Face à la science la fiction a toujours une longueur d’avance et ici d’autant plus que ce que nous croyions restreint à quelques illusionnistes isolés s’avère être une épidémie largement répandue. Après nous avoir livré une préface de 60 pages pour présenter le thème les auteurs nous offrent une encyclopédie de plus de 2200 entrées (700 pages) concernant des écrivains ayant approché le thème de la terre creuse quel qu’en soit sa version. Et encore cette encyclopédie se limite à la seule littérature et ne prend pas en compte certaines mythologies et légendes. Le livre conclue sur une postface en deux parties qui à vrai dire me semblent hors sujet.(origine simiesque de l’humain ?)

Il n’en reste pas moins que ce livre est le résultat d’un travail considérable et passionnant sur le thème des terres creuses. On peut regretter qu'il ne soit consacré qu’une soixantaine de pages à établir un constat d’ensemble et que soient ignorés les mythes, en particulier ces croyances si fortes en Amériques du sud de l’existence de royaumes souterrains demeure des enchantés. Or ces croyances sont d'autant plus significatives qu'elles témoignent de la rencontre de mythes similaires nés dans des civilisations qui alors s'ignoraient totalement. Mais ceci nécessiterait un ouvrage entier sans aucun doute plus centré sur l'ethnologie. Au bout du compte ces terres creuses finissent de nous apparaître pour ce qu’elles sont, le dernier espace terrestre libre pour y déposer nos rêves, l'ultime frontière en quelque sorte. Et de ce point de vue ce livre contribue à élargir notre imaginaire. Au final cet ouvrage relève plus du dictionnaire que de l’essai mais reste digeste surtout si l’on aborde les 2200 entrées à son rythme et en lecture intermédiaire.


Une vérité si délicate
Une vérité si délicate
par John Le Carré
Edition : Broché
Prix : EUR 7,70

2.0 étoiles sur 5 Rocher et ambassadeur, 25 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une vérité si délicate (Broché)
Très peu crédibles comme prétexte à l’intrigue que ces scrupules d’une Lady sur le retour, femme de haut fonctionnaire qui découvrirait sur le tard que tout n’est pas fairplay au royaume de leurs majestés. Heureusement l’écriture de l’auteur compense la platitude de l’histoire. C’est cependant cet arrière-plan So British qui fait tout l’intérêt transformant à l’occasion un polar en essai d’anthropologie. Le Rosbif est disséqué comme une grenouille de labo ! Vexant n’est-il pas d'être comparé à une grenouille !! On pourrait épiloguer ad vitam sur ce sujet mais retenons seulement que l’arrogance et le dénigrement outre-manche semblent bien être un sport national qui fait feu de tout bois. Seuls les français habitués à se regarder le nombril imaginent qu’ils sont les victimes désignées de cet art populaire, le langue de p*tage britannique. Hors sujet mes remarques ? Peut-être! Et en tous cas tout aussi instructives que cette histoire d’ambassades et de Rocher.( Ferrero sans doute). Un thème bien banal. Dans le genre les Grands Bretons nous ont habitué à mieux.


Congo. une Histoire (Babel)
Congo. une Histoire (Babel)
par David Van Reybrouck/
Edition : Broché
Prix : EUR 12,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 peau blanche, coeur noir, 24 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Congo. une Histoire (Babel) (Broché)
Véritable saga montée comme un scénario de film, intercalant des témoignages vivants aux sources communes. Découpage de l’action digne d’un thriller avec ses épisodes laissés en suspens puis repris à temps pour nous révéler la version cachée par la mythologie officielle. Une histoire du Congo. Une véritable sale histoire d’un peuple assemblé comme un lego pour satisfaire une vaniteuse petite grenouille qui voulut péter plus haut que son... Un docteur Frankenstein dépassé par sa créature et qui finit par refiler le bébé empoisonné à son peuple. Rien de plus qu’un épiphénomène dans la grande foire d’empoigne du colonialisme blanc et européen qui fut comme en témoigne la suite de l’aventure guère moins prédateur que la clique de couleur locale qui assurant la relève s’est empressée de se gaver largement sur le corps d’Etats en décomposition.
L’auteur nous offre un trip de très haute qualité dans ce monde désespérant des illusions perdues ou des réveils confiés aux calendes chinoises, avec en plus cette qualité rare pour un conteur d’être un témoin éveillé en sympathie avec son sujet, de ne rouler pour aucun système, et de n’être redevable à aucun club.

Aussi si l’implication de l’auteur dans la vie congolaise, l’intervention des témoins populaires ou VIP, contribuent à la richesse du récit de l’époque contemporaine, ils font en revanche de l’ombre à la période antérieure qu’aucun acteur ayant vécu ou connaissant quelqu’un qui a connu… D’ailleurs cette période est moins fouillée et pour une cause, toujours la même surtout pour l’époque précoloniale, l’absence de traces écrites. Mais l’auteur se pose ici en historien et non en ethnologue ou anthropologue. Il existe d’autres auteurs pour cela en particulier Georges Balandier. (Pour l’histoire du Kongo (futur Angola, Congo (s) et Cabinda) on peut lire Le royaume de Kongo du XVIe au XVIIIe siècle Et pour mieux connaître l’impact très puissant de la pensée magique dans l’Afrique moderne du même auteur lire : Afrique ambiguë)

Il reste que pour cet ouvrage on est en présence d’une œuvre originale, d’une richesse absolue, un travail passionnant de passionné qui finalement rend justice à un peuple qui lui aussi a trop souffert, mais lui, en silence et dans l’indifférence. Entre les lignes on notera encore et toujours que dans cette colonisation la prétendue lutte des blancs contre noirs fut aussi un leurre destiné à laisser les classes dominantes s’empiffrer royalement tout en laissant quelques miettes (racistes) à des affamés blancs pour qu’ils leur servent de larbins. Mais aujourd’hui, soixante années après l’indépendance l’Afrique ne peut se dédouaner aussi facilement sur la colonisation, et là aussi l’auteur rétablit l’équilibre faisant parler ses témoins. Blanc ou noir même combat, le maître contre le larbin, la couleur en différence c’est juste pour les larbins. En tous cas rien de tel que cet auteur blanc au cœur noir pour aborder la question sans manipulation et avec affection.


Le rhinocéros d'or: Histoires du Moyen Âge africain
Le rhinocéros d'or: Histoires du Moyen Âge africain
par François-Xavier Fauvelle
Edition : Poche
Prix : EUR 8,90

2.0 étoiles sur 5 Peu enthousiasmant, 19 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le rhinocéros d'or: Histoires du Moyen Âge africain (Poche)
Trop de doutes m’avaient retenu dans l’achat de l’édition reliée. Trop chère, présentation de type encyclopédie selon un format qui imposait l’utilisation de caractères pénibles à lire, et surtout un survol du texte qui me laissait peut convaincu. Aussi avec cette édition poche et son retour aux caractères habituels, à un prix raisonnable, j’ai tenté le coup sans pinailler d'avantage. Je ne m’attendais pas à de grandes révélations et de ce côté aucune déception. L’histoire de l’Afrique précoloniale reste bien silencieuse et sans doute à jamais. Mais il reste que ces quelques histoires à la marge que l’auteur nous reporte dans un style sans doute clair mais fade, restent bien ennuyeuses. De plus l’incertitude des faits que l’auteur lui-même à l’honnêteté de rappeler sans arrêts, ne pousse pas à l’effort. Une déception sans surprises.


Hitler et les sociétés secrètes : Enquête sur les sources occultes du nazisme
Hitler et les sociétés secrètes : Enquête sur les sources occultes du nazisme
par René Alleau
Edition : Poche
Prix : EUR 11,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 le crépuscule des dieux, 14 octobre 2014
Au tout début des années 60 c’est au « matin des magiciens » (1) que l’on doit les premiers échos de cette collusion entre le nazisme et certaines sociétés secrètes. Parvenu au bout des récits de combats de la « dernière », la littérature, ou plutôt le monde de l’édition se devait de trouver un nouveau produit marketing. Or cette mixture d’histoire et d’ésotérisme, en abandonnant l’histoire des faits pour passer à celle des causes et énergies occultes, assurait une excellente transition. Le monde n’était plus alors le lieu d’affrontement de conflits territoriaux de races ou d’intérêts mais devenait l’autel mystique où se combattaient dans l’ignorance de presque tous –sauf des initiés- les cavaliers d’une apocalypse obstinée et irréductible. Mais si le « matin des magiciens » fut révélateur il initia également la diffusion d’un ésotérisme de pacotille qui fut d’autant mieux accueilli qu’il était attendu et même souhaité par une jeunesse qui s’ennuyait. Comme toujours la facilité l’emporta et il devint inutile d’approfondir au risque de briser les fantasmes bon marchés. C’est sans doute pourquoi un auteur comme René Alleau est resté confidentiels et ses livres introuvables.

Dans cette réédition rien de nouveau. Du moins rien qui ne fut pas à portée des années 60. Mais pour tous ceux qui ont raté le train (dont moi) voici un ouvrage qui ne se contente pas des habituels clichés sur le thème mais va au fond du sujet. C’est en effet dans les archaïsmes les plus profonds de l’histoire mais aussi de la mentalité allemande que se construisit le mythe de la race supérieure et l’artifice d’une hiérarchie du sang. Retournant aux divinités nordiques ou germaniques le nazisme dépasse les limites de l’habituel fascisme pour entrer, à l’aide d’un décorum symbolique traficotée,dans la religion de l’homme nouveau dont le Führer fut le grand prophète. C’est là que l’histoire nous fascine. Non par une douteuse admiration de ces apôtres d’opérette mais parce que si le démon existe il a établi alors son royaume dans un faste et une terrible menace dont on devrait trembler encore. Rien ne dit en effet qu’il en soit fini avec les délires de grandeur d’une Allemagne qui comme le scorpion de la fable pourrait toujours en revenir à ses démons, parce qu’elle est ainsi faite.

C’est cette réflexion affichée ou sous-jacente qui apparaît partout dans cet écrit. C’est édifiant passionnant et encore une fois glaçant. On peut juste regretter que l’auteur ne soit pas toujours très clair dans ses argumentations qu’il agrémente parfois de détails inutiles. Dommage également qu’il ne soit fait aucune allusion à certaines croyances prégnantes dans la mythologie nazi comme cette théorie de la terre creuse que René Guenon, occultiste n’ayant pas la réputation d’un charlatan, était un des adeptes. Mais bon ! c’est histoire d’avoir à redire !!!

(1) Voir Le matin des magiciens


Yanoama : Récit d'une femme brésilienne enlevée par les Indiens
Yanoama : Récit d'une femme brésilienne enlevée par les Indiens
par Ettore Biocca
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Une héroïne oubliée, 8 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Yanoama : Récit d'une femme brésilienne enlevée par les Indiens (Broché)
Un commentaire détaillé est fait sur une parution plus récente. Suivre le lienYanoama : Récit d'une femme brésilienne enlevée par les indiens. Le commentaire du "client amazon" présent ici ignore malheureusement l'actrice principale de ce récit, à savoir Helena Valero. Ettore Biocca n'est que le passeur de mémoire, et doit être particulièrement remercié pour le travail de rédaction et le style employé qui correspond tout a fait au sujet.


Yanoama : Récit d'une femme brésilienne enlevée par les indiens
Yanoama : Récit d'une femme brésilienne enlevée par les indiens
par Ettore Biocca
Edition : Broché
Prix : EUR 21,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une héroïne, 8 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Yanoama : Récit d'une femme brésilienne enlevée par les indiens (Broché)
Enlevée à l’âge de 11 ans par les indiens Yanomami, Hélène Valero devra attendre 22 années avant de retrouver les siens. Elle ne sera alors plus vraiment prisonnière et sera devenue aussi une des leurs. Mais au départ il lui fallut éviter de se faire « flécher ». Non pas tant ou seulement qu’elle fut blanche, mais parce qu’elle n’avait pas de parents susceptibles d’exercer des représailles à l’encontre de ses assassins. Proie facile mais heureusement femme, denrée précieuse et sujet principal -mais loin d’être unique- des prétextes et alibis autorisant selon une codification bien établie les indiens à s’adonner à leur passetemps favori, la guerre tribale.

Ce sont ces codes justement qu’Helena va pénétrer non comme une observatrice mais comme une véritable actrice, avec autant plus de réalisme qu’à plus d’une occasion il en ira de sa survie. Fuyant les représailles des uns les convoitises des autres elle apprendra à vivre parfois seule dans une forêt, à se nourrir en observant les singes, à effacer ses traces, à se peindre selon la coutume. Elle observera aussi les rituels chamaniques, les pratiques des guérisseurs, les rites mortuaires. Et surtout, n’étant pas déformée, ou du moins conformée, à la pensée de ses origines, elle sera une observatrice dénuée de préjugés sociaux ou raciaux et en cela va s’avérer être un témoin hors du commun, une voyageuse vers le passé. Pourtant elle restera toujours Napagnouma, la femme blanche et c’est en fugitive qu’elle retrouvera après 22 ans le monde des blancs.

Enfin Le retour de l’enfant prodigue ! Et bien non !!Etrangère là-bas, étrangère ici. Dans un pays qui plus que les noirs ou les indiens déteste les mélanges, Helena a eu des enfants indiens. De quoi en faire une paria, et peu importe l’inestimable valeur de son expérience. Les prêtres catho l’ignorent, comme ils le font avec les pauvres en général. Seuls quelques baptistes lui tendront la main ou quelques journalistes ignares feront leur feuille de chou-gras de son histoire, sans conviction passion ou intérêt. Il faudra qu’Ettore Biocca s’intéresse à cette aventure pour qu’il en recueille les détails et la chronologie, qu'il mette en forme un discours sans doute imprégné de mélanges linguistiques déroutants, qu'il en assume autant que possible la véracité, et qu'enfin il nous la transmette dans la simplicité de style conforme au contexte.

Reconnaissant, Biocca abandonnera les droits d’auteurs à Helena qui n’étant pas une sommité et ne faisant partie d’aucune communauté à intérêts bien couvés, disparaitra dans la fosse des laissés pour compte. En fait elle sera ignorée car pour l’oublier fallu-t-il en avoir entendu parler. Les dernières nouvelles que j'ai dénichée d'elle nous la montrent sur une photo prise en 1996. Sur la photo elle a l’air d’une pomme toute ratatinée, en partie aveugle et quasiment édentée. Elle est retournée ou restée dans l’anonymat qu’elle semblait souhaiter pour échapper au racisme ambiant. Pourtant telle une statue de la liberté tropicale le Brésil devrait l’honorer parce qu’avant tout elle a par son courage et son intelligence simple et lucide, attiré vers elle et tout son pays un irrépressible regard d’admiration. Un regard que l’on doit à ces véritables héroïnes qui bien loin des battages médiatiques restent à jamais inoubliables. Alors pour une fois, j’espère que Dieu existe pour que servant enfin à quelque chose il réchauffe cette âme dans son paradis.

Bon ! Tout ceci est bien émouvant mais tout au long de cette lecture parfois un peu épuisante avec ces tribus aux noms interminables, je n’ai pas arrêté de me demander si je n’étais pas victime d’une supercherie. Un peu comme cette fameuse mytho qui affirmait avoir traversé l’Europe en guerre avec l’aide des loups. Ici le récit est confirmé par des spécialistes reconnus et experts (Pierre Clastres, Jean Malaurie, Georges Balandier). L’auteur ou du moins le collecteur de mémoire, à savoir Ettore Biocca, a lui-même veillé à faire répéter les divers épisodes à de nombreuses occasions sans jamais constater de contradiction. Enfin ce "rapport" a été fait à une époque où la région des Yanomani (limite Venezuela/Brésil) n’avait pas du tout été explorée. Depuis quelques expéditions ont réussi à approcher quelques tribus parmi lesquelles on retrouve celles où avait vécu Helena ou encore celles citées par elle. Les noms inconnus alors, les rituels, les pratiques alimentaires chamaniques, l’endocanibalisme typique, tout a été vérifié, jusqu’à rencontrer l’ex-mari d’Helena resté parmi les indiens. Tous connaissaient Helena .Enfin et ce n’est pas la moindre preuve, Helena parlait la langue d’indiens qui n’avaient alors jamais été vraiment approchés. Son histoire est donc validée et au passage démontre que cette femme exceptionnelle possédait un don d’observation et un mémoire hors norme. Une vie bien à part, Une héroïne modeste, tragique, magnifique, qui nous rabiboche avec la race humaine.

Un commentaire long, mais un hommage bien court.


La sorcellerie des campagnes
La sorcellerie des campagnes
par Charles Lancelin
Edition : Poche
Prix : EUR 12,07

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un repère, 1 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La sorcellerie des campagnes (Poche)
C’est la vision d’un occultiste et non d’un historien qui nous est offerte ici. L’avantage est de trouver des arguments inhabituels que chacun pourra considérer au gré de ses convictions, ses préjugés, sa foi ou peut-être son vécu. Face à cette approche ésotérique on aura intérêt à ouvrir son esprit, ou au moins son imaginaire, pour dépasser les redondants clichés sur la question. D’ailleurs qu’irait-on faire dans un ouvrage rédigé par un occultiste si d’emblée nous n’avions une disposition à donner plus d’aliments à notre imaginaire.

Un autre point intéressant est que cet ouvrage date du début du vingtième siècle et donc à une époque où la sorcellerie étant sans doute bien plus présente dans nos campagnes. Or quand on voit à quel niveau « prétendu » de relation avec l’au-delà l’auteur est arrivé, on s’étonne qu’aujourd’hui on ne soit pas en prise directe avec nos cher disparus. C’est là une autre question, mais sa réponse validerait tout autant les thèses avancées ici par l’auteur qui voit dans la sorcellerie des campagnes un dégénérescence de savoirs ésotériques ou religieux, ce qui, à un certain niveau est la même chose.

C’est un argument dont on retrouve la preuve aujourd’hui-par exemple- dans de nombreux syncrétisme afro-caribéens tel que le Hoodoo, Convince, Kumina, Myal, ect.. Issus de la perte des connaissances religieuses mais aussi de la destruction des fonctions sacrées dans la société africaine. Connaissance et fonction égarées, oubliés en raison de la déportation due à l’esclavage. C’est ainsi là comme ailleurs, dès que l’on peut trouver dans les arguments occultes des utilités concrètes à la compréhension de notre présent que l’on trouve de l’intérêt à des ouvrages dont la plupart du temps les arguments échappent à notre expérience et notre connaissance et quelques fois à notre capacité de comprendre. Ainsi on peut dire que cet ouvrage fait d’occultisme et de preuves concrètes tirée des rapports de gendarmerie ne relève pas d’une supercherie que l’auteur n’a de cesse d’ailleurs de dénoncer. (une étoile en moins pour des informations trop répétitives)


Histoire de la sorcellerie
Histoire de la sorcellerie
par Colette Arnould
Edition : Broché
Prix : EUR 12,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une impression de déjà lu, 24 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoire de la sorcellerie (Broché)
Si le titre de cet ouvrage nous annonce une histoire de la sorcellerie, le résumé du quatrième de couverture réduit la portée de l’étude au seul personnage de la sorcière. Pourtant comme on peut s’en douter la sorcière n’est qu’un des aspects d’un sujet qui s’inscrit dans un ensemble d’intentions et d’entités appartenant à tort ou à raison, mais en tous cas par définition, aux forces du mal. Plus généralement encore, le Mal s’intègre à son tour dans un processus de rationalisation qui tend à accommoder une création imparfaite à des divinités parfaites en imputant les défauts de fabrication à une cohorte rebelle.

C’est ainsi qu’il fallut bien construire là aussi une hiérarchie des pouvoirs avec au sommet le prince du mal et sa cohorte de factotums dont sorcier et sorcière marquent la base ouvrière. C’est toute cette évolution mêlée à l’histoire en général que l’auteure balaye ici. Mais elle survole le sujet, nous livrant surtout une réflexion personnelle appuyées par de multiples références qui ne sont jamais vraiment explicitées ni approfondies, nous laissant le soin de faire ailleurs nos propres recherches. De plus que ce soit par une approche générale du Mal, ou plus restrictive de la sorcellerie elle-même, l’auteure tourne en boucle sur le même argumentaire au demeurant peu inovant. A aucun moment il n’est consacré une ou deux pages à une affaire de sorcellerie, et jamais il n’est véritablement fait allusion à la sorcellerie de nos campagnes autrement que pour nous rappeler les abus et exactions de l’église, si bien qu’au bout du compte on reste sur une impression de « déjà lu ». Même le prétendu humour que certains voient dans cet ouvrage tombe à plat.

Au total voilà un livre qui étant trop sérieux et documenté rebutera les néophytes mais sera trop généraliste pour attirer un lectorat plus informé du sujet. Remarquons encore une approche «ethnocentriquement » figée sur notre histoire occidentale et qui ignore de regarder du côté de l’Afrique ou des autres animismes dont la magie et la sorcellerie sont encore vivantes non seulement au travers de praticiens en activité, mais omniprésentes dans le rapport social et même l’action politique. (3 étoiles malgré tout pour le travail de documentation et le style d'écriture)


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