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Contenu rédigé par A.L
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A.L
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Candide ou l'Optimisme, texte intégral
Candide ou l'Optimisme, texte intégral
par Voltaire
Edition : Poche
Prix : EUR 2,50

4.0 étoiles sur 5 Qui c'est le méchant ?, 23 juin 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Candide ou l'Optimisme, texte intégral (Poche)
Voltaire est au mieux mal informé et au pire mal intentionné.La prétendue guerre que les jésuites mèneraient contre les indiens au Paraguay ne peut être que la « guerre des misions » qui opposa de 1754 à 1756 d'une part,les population guarani des missions et les jésuites qui en étaient les protecteurs et d'autre part, les colons portugais et leurs milices. Cet épisode tragique fut la conséquence du traité de Madrid qui définissait les frontières entre le Brésil et les possessions espagnoles de la région. Se retrouvant ainsi en territoire portugais, les missions furent sommées de déménager, ce qu'elles refusèrent de faire ouvrant la voix au conflit.
Le cadre juridique qui en Amérique espagnole protégeait les missions fut de tout temps exécré par les colons qui voyaient là une source de main d’œuvre échapper au régime de l'encomienda. Les jésuites furent accusés de profiter des indiens pour leur propre compte. On peut voir les choses ainsi, ou alors, comprendre que les missions constituaient une forme complète d'économie de suffisance qui dans un contexte périlleux et hostile offrait les garanties de liberté des indiens et la pérennité du système. En tout état de cause les missions étaient et de loin un moindre mal pour les populations locales, l'encomienda dévoyée de ses buts aboutissait à une véritable mise en esclavage des indiens avec des chances de survies ne dépassant pas les cinq années. Alors ? Qui c'est le méchant ? Une dernière remarque. Le guarani est la seule et unique langue amérindienne qui s'est hissée au statut de langue officielle parmi tous les états d'Amérique latine. (Ici au Paraguay). Quant aux jésuites, il furent chassés en 1759 du Brésil et en 1767 de l'Amérique espagnole. pour le reste rien à ajouter. voir les 117 commentaires.


Histoire de l'utopie
Histoire de l'utopie
par Jean Servier
Edition : Poche
Prix : EUR 10,40

4.0 étoiles sur 5 Un lourd héritage, 12 juin 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoire de l'utopie (Poche)
L'utopie nous raconte des sornettes. Elle affirme que l'égalité suffirait à ce bonheur qu'elle assimile sans plus d'hésitation à la perfection. Raccourci simpliste car pour en arriver à cet état de « béatitude parfaite » l'utopie n'hésite pas à imposer des règles totalitaires. Son égalité est psychorigide. Elle n'envisage pas tant l'uniformité des chances mais soumet chacun à un nivellement des désirs et ambitions, gomme toute forme de compétition, détruit la cellule familiale, la propriété individuelle. Son égalité passe la liberté à la trappe avec tout ce qui fait à la fois la spécificité de l'humain, le moteur du progrès et finalement le sel de la vie. Quant à la fraternité, elle est celle d'une ruche d'abeille

C'est en cela, dans cette absurde négation de la condition humaine, que l'utopie est « utopique ». Mais attention, ce rêve de poète ou de Messie n'engage que les naïfs. A la vérité l'utopie n'est bien souvent qu'une sorte de cahier des doléances présenté sous la seule forme admissible, celle qui par nécessite et prudence s'oblige à nier les fables qu'elle énonce. More lui même concluait son récit en affirmant ne pas y croire. Pourtant si au travers de la négation l'utopie sème le doute, elle instille l'espoir que dans un monde éloigné et imaginaire, des lois si contraires mais quelque part inespérées puissent exister. L'utopie brouille les cartes pour mieux formuler ses hypothèses sur l'avenir comme autant de rêves pour l'instant inavouables, mais qui pour certains, deviendront réalité jusqu'à se payer parfois le luxe de la banalité.

Autrement dit l'utopie offre à la fois un état des lieux de son époque et sert de mesure à l'évolution des mentalités. Ainsi elle intéresse à la fois l'histoire la politique l'économie la sociologie la littérature. Or c'est tout ce voyage nous menant de Platon à Orwell en passant par More et Campanella ou Rabelais , sans oublier les testeurs d'hypothèses tels que Owen Fourier Godin et d'autres, pour aboutir aux expérimentations de masse que fut le communisme, c'est donc tout cela que visite l'auteur avec pertinence.

Pourtant il fait trop référence à l'héritage judéo-chrétien de notre occident pour témoigner d' un sujet qui justement tente d'échapper au carcan religieux. L'utopie est avant tout, sauf quelques cas particuliers, un essai de reconstruction d'un paradis fait de main d'homme et non une fabrication de démiurge. Renvoyer sans cesse à cette culture chrétienne est ignorer le caractère invasif du christianisme au même titre d'ailleurs que le furent les barbares grands pourvoyeurs de nos roi de France. Dans le même esprit l'auteur nous livre tout un chapitre sur de supposées relations entre utopie et psychanalyse. Encore cette référence éculée et redondante au Père et tout ce fatras de pseudo-mythologie revue à la sauce profane par des fabulistes exonérés de l'exigence de la preuve.La religion du divan. Bref ! Dommage qu'il soit fait appel à ces deux usurpateurs. Mais ça vous l'aurez compris c'est un avis très personnel. Enfin, pour en finir, l'auteur ignore les contre-utopies ou dystopies et particulièrement « La ferme des animaux » d'Orwell qui prenant pour base imaginaire la révolution communiste reste sans doute l'ouvrage le plus réussi sur le passage des bonnes intentions utopiques à la contre utopie, démontrant à l'occasion qu'une dystopie n'est souvent rien de plus qu'une utopie devenue réaliste. En tous cas, et en dépit de ces remarques un ouvrage qui ouvre la réflexion sur ce sujet bien plus vaste qu'il n'y paraît.


Kornwolf: Le Démon de Blue Ball
Kornwolf: Le Démon de Blue Ball
par Tristan Egolf
Edition : Broché
Prix : EUR 23,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 histoire sans fin, 20 mai 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kornwolf: Le Démon de Blue Ball (Broché)
Dans ce récit l'auteur passe aux dialogues totalement ignorés dans le « seigneur des porcheries ». Il y excelle tout autant et d'une manière générale sa verve garde sa puissance et ses attaques sont toujours assassines. Me voilà rassuré même si dans ce second opus Egolf met un bémol à sa surenchère de convulsions qualificatives ou de circonvolutions lexicales. Il mûrit en quelque sorte. Ce n'est pas pour autant qu'il lâche les baskets à son plouc-land addictif. Ces confins d'une Amérique primale où vint s'échouer une population de cerveaux essorés par une exposition abusive aux sermons réformistes, commis voyageurs d'un dieu vachard.

Cette fois l'écrivain ne se contentera pas de l'habituelle ronde revivaliste-évangéliste et autres survivalistes agréés par Armageddon, mais nous offre une folklorique incursion guidée chez nos amis Amish, forme la plus absolue du conservatisme religieux. Sauf que les conserves semblent avoir pris l'air et ce n'est pas cette étrange créature qui va apporter de l’apaisement. Tout serait bien en ordre pour nous offrir un délectable pamphlet sur les délires religieux chez tonton Sam, sauf que l'auteur s'est véritablement pris les pieds dans le patchwork Amish. Il poursuit des piste qu'il abandonne, s'évertue à emprunter des bifurcations en impasse si bien que c'est le lecteur qu'il finit par perdre.

Sans doute sommes nous là sous influence Stephen King. Influence que rien ne laissait soupçonner dans son premier roman. Il nous faut donc le temps pour comprendre, mais quand on commence à piger c'est déjà trop tard. On se retrouve avec un amoncellement de mots assemblés en phrases magnifiques, mais un récit en vrac, déjanté et à la limite grand-guignolesque. Et pour solde de tout conte, une histoire inaboutie qui sans faute (d'orthographe) nous laisse sur notre fin. Déçu mais toujours en admiration devant la qualité de l'écriture..


Kornwolf: Le Démon de Blue Ball
Kornwolf: Le Démon de Blue Ball
par Tristan Egolf
Edition : Poche
Prix : EUR 9,20

3.0 étoiles sur 5 Histoire sans fin !, 20 mai 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kornwolf: Le Démon de Blue Ball (Poche)
Dans ce récit l'auteur passe aux dialogues totalement ignorés dans le « seigneur des porcheries ». Il y excelle tout autant et d'une manière générale sa verve garde sa puissance et ses attaques sont toujours assassines. Me voilà rassuré même si dans ce second opus Ergolf met un bémol à sa surenchère de convulsions qualificatives ou de circonvolutions lexicales. Il mûrit en quelque sorte. Ce n'est pas pour autant qu'il lâche les baskets à son plouc-land addictif. Ces confins d'une Amérique primale où vint s'échouer une population de cerveaux essorés par une exposition abusive aux sermons réformistes, commis voyageurs d'un dieu vachard.

Cette fois l'écrivain ne se contentera pas de l'habituelle ronde revivaliste-évangéliste et autres survivalistes agréés par Armageddon, mais nous offre une folklorique incursion guidée chez nos amis Amish, forme la plus absolue du conservatisme religieux. Sauf que les conserves semblent avoir pris l'air et ce n'est pas cette étrange créature qui va apporter de l’apaisement. Tout serait bien en ordre pour nous offrir un délectable pamphlet sur les délires religieux chez tonton Sam, sauf que l'auteur s'est véritablement pris les pieds dans le patchwork Amish. Il poursuit des piste qu'il abandonne, s'évertue à emprunter des bifurcations en impasse si bien que c'est le lecteur qu'il finit par perdre.

Sans doute sommes nous là sous influence Stephen King. Influence que rien ne laissait soupçonner dans son premier roman. Il nous faut donc le temps pour comprendre, mais quand on commence à piger c'est déjà trop tard. On se retrouve avec un amoncellement de mots assemblés en phrases magnifiques, mais un récit en vrac, déjanté et à la limite grand-guignolesque. Et pour solde de tout conte, une histoire inaboutie qui sans faute (d'orthographe) nous laisse sur notre fin. Déçu mais toujours en admiration devant la qualité de l'écriture..


Le seigneur des porcheries
Le seigneur des porcheries
par Tristan Egolf
Edition : Poche
Prix : EUR 9,20

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Souffre-douleur, 9 mai 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le seigneur des porcheries (Poche)
Les quelques remarques négatives portées sur ce site se confirment d'entrée par un galimatias aux phrases plus longues qu'une file d'attente à la Poste un jour de paye de l'aide sociale. Le pire ! selon les avis éclairés, est que ça devrait durer cent pages, et encore, pour les optimistes. Bon ! Plutôt mal barré. Pourtant, dès la troisième page le laïus s'émancipe, les phrases s'assagissent, le texte prend son envol pour atteindre sans plus de délais l'Olympe littéraire. C'est subjuguant, géant, et pour autant que le terme ne soit pas incongru, exhaustif. On doit alors changer ses instruments de mesure, établir d'autres paradigmes, revenir à des attentes abandonnées au fil de lectures palliatives et de commentaires par défaut. Là on est ailleurs. On côtoie le tragique, l'épique et même l'héroïque. Sauf qu'ici le héros ne nettoie pas les écuries mais se charge d'en répandre un lisier vengeur sur une population en cours de sédimentation dans un recoin pommé des Appalaches, bled de nidification de cette « misère blanche* » dont la spécialité est d'occuper les bas-fonds de l'échelle sociale et de s'y complaire.

Arrêtons nous justement sur cette « misère blanche* ». Ce n'est pas tant la pauvreté qui en fait l'identité mais bien une addiction génétique à la médiocrité dont l'alcool, la fumette, la moquette murale et le mobile-home agonisant sont les signes extérieurs de misère. Il paraîtrait même que la forte proportion de population d'origine teutonne ne soit pas étrangère à l'épidémie. Quoiqu'il en soit cette misère a ses biographes. Des Sherwood Anderson, Erskine Cadwell, Harry Crew ( et d'autres). Ils ont tenté de se repaître de ces proies faciles, s'essayant à l'ironie, se risquant à la compassion. Ils ont même persécuté de leurs offenses ces églises toujours en embuscade quand le ridicule rode et le grotesque déambule. Mais leurs flèches sans doute trop tendres se sont émoussées à l'épreuve du temps. Egolf lui ranime la belle engourdie, et s'impose bien en seigneur, celui des porcheries, premier cavalier d'une Apocalypse scatologique venue effacer les déchets de ce monde. Le mal par le mal.

C'est que l'auteur prend ici un chemin ignoré d'un genre qui ne revendique pas. Le larbin est un élu d'un mauvais peuple cloué sur sa croix par une immuable prédestination. Mais Egolf rebat les cartes et annonce un jeu où une société sans factotum est une société sans poubelle décharge ni incinérateur, et son destin est d'étouffer sous ses immondices . Il impose un autre regard sur ces quidams en vert, dégâts collatéraux de notre confort économique, forçats qui à l'instar de nos égouts sont chargé de nous épargner la nauséabonde promiscuité de tonnes d'étrons rendues chaque jour à la liberté. C'est au retardé du village qu'échoit la mission de nous ouvrir les yeux. Souffre-douleur de convenance, bouc émissaire sélectionné par la crème des médiocres pour s'inventer une caste subalterne, il poursuivra de sa légitime et rédemptrice haine une horde de rapace méthodiste, lèvera une armée de torche-colline.... Mais ça c'est toute l'histoire, à vous de la lire.

Sur ce qui est déjà une tragédie, la propre destinée de l'auteur en rajoute une tranche. Alors,si seulement une partie de la colère de son héros lui appartenait, on comprend qu'il ait choisi de se retirer dans un Enfer où il pourra trouver la paix.

(*) voir le commentaire additionnel
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 18, 2016 11:10 AM MEST


Les grands économistes
Les grands économistes
par Robert Heilbroner
Edition : Broché
Prix : EUR 9,50

5.0 étoiles sur 5 Rabâchons! Rabâchons!!, 27 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les grands économistes (Broché)
Persuadé d'être passé à côté, J'ai relu cet ouvrage déjà lu et commenté sur ce site en 2012.(*1) La mémoire me fait défaut et je dois donc confirmer mon opinion même si je l'exprime différemment. Ici l'auteur nous présente quelques théories majeures qui contribuèrent à transformer la nécessité économique en science. Autrement dit à faire qu'un système opportuniste et réactif au besoins de l'adaptation se prenne pour le Grand Architecte et soumette ou invente une véritable stratégie cosmique maîtrisable et prévisible.

Pas question de dénigrer ces penseurs -parfois remarquables- qui ont souvent permis d'élargir pour le moins le champ de la recherche comportementale et sociale, et sans doute d'inventer des règles économiques. Mais l'auteur nous fait bien comprendre que s'ils ont tenté de définir des théories universelles, ils n'ont fait que réfléchir dans l'espace restreint de leur microcosme intellectuel et social, quand ce n'était pas dans le cadre de leur vision hallucinée. Pire encore ils ont trop souvent servi d'alibi à des démarches empiriques qui elles aussi prenant le détail comme argument fabriquaient des règles immuables faisant de l'économie une maîtresse tyrannique de l'humanité, tout aussi inflexible que le vieux Jéhovah mis depuis longtemps à la retraite.

Ce qui ressort là encore est que le capitalisme est sans doute, et pour plagier Churchill, le moins pire des système, mais comme d'autres, il pourrait être finalement un bon argument mis au service d'une mauvaise cause. Et c'est bien là que les bât blesse. Ce n'est en effet pas tant que les théories de ces auteurs soient valides ou non, générales ou non, mais bien que de nombreux opportunistes s'en soient emparés pour justifier une irréversible destinée là où n'existe qu'une prédation déguisée. Le capitalisme peut inventer toutes les théories qu'il veut, à l'étude des textes présentés ici on comprend que ces théories aux prétentions scientifiques ne sont que des méthodes de prévisions,des propositions ou études de la circulation logistique de la richesse et de l'organisation tout aussi logistique de la production et de la distribution. Les penseurs ont approché l'économie en cherchant à y trouver des pertinences cosmiques auxquelles l'homme devrait faire révérence comme pour mieux nier qu'il est de la mission humaine de mettre cette économie au service de l'humanité, en n'oubliant pas de protéger aussi son espace vital largement méprisé. La grande erreur du capital actuel est de croire qu'il existera indéfiniment des poubelles pour déverser ses déchets, et des victimes sacrificielles en quantité éthiquement admissible. Du rabâché en somme, mais rabâchons ! rabâchons ! il en restera toujours quelque chose.

(*1) Voir : èdition 2011


L'Homme et l'Invisible
L'Homme et l'Invisible
par Jean Servier
Edition : Broché
Prix : EUR 23,10

4.0 étoiles sur 5 Testament de Cassandre, 26 avril 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Homme et l'Invisible (Broché)
Cet ouvrage par ailleurs intéressant, relève d'avantage de l'inventaire d'une vie que d'une véritable démarche scientifique. Si les arguments sont présents rien ne démontre que dans la masse du matériau ethnologique il n'existe pas de preuves contradictoires. C'est en définitive un testament que nous livre cet auteur qui joue ici à Cassandre. Écrit il y a maintenant plus de cinquante an, à l'époque où surgissait le « matin des magicien » pour ouvrir la voie aux élucubrations apocalyptiques, la vision de l'auteur se trouve bien confirmée aujourd'hui. Mais disons qu'il ne fallait pas être grand prophète pour en arriver là.

De fait si l'ensemble des références apportées par l'auteur présente un intérêt évident, ce qui fait l'originalité de son étude, bien plus que sa vision pessimiste de l'avenir, est la remise en cause des incontournables des sciences humaines. En cela il est vraiment précurseur et visionnaire. Il a compris à une époque encore lourde de convention et de clientélisme intellectuel, que la science, mais aussi la philosophie étaient plus soucieuses de respecter les conventions sociales que de recherche de vérité. La science est bourgeoise et n'admet pas facilement tout comme la religion que ses dogmes soient remis en cause. C'est qu'en fait sur ces dogmes s'est construite une hiérarchie des pouvoirs à laquelle il est nécessaire de se soumettre pour être accepté par le microcosme.

Dans cet esprit, Newton, mais aussi Freud et quelques autres incontournables sont les nouvelles divinités auxquelles même le scientifique le plus acharné doit se soumettre au non de cette foi qui crée les églises, les clubs et donne emplois subventions et notoriété. Amen !


Les Chemins de Damas
Les Chemins de Damas
par Pierre Bordage
Edition : Poche
Prix : EUR 7,60

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Croisade des enfants, version new-âge., 26 mars 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Chemins de Damas (Poche)
Ce chemin de Damas nous avait déjà apporté son lot d'illuminations, sortant des ténèbres un Messie promis comme tant d'autres à l'anonymat. Résultat deux mille années à attendre le retour d'un Dieu procrastinateur qui finit par se faire voler la vedette par la concurrence. De cette fête lumineuse nous n’eûmes finalement comme seul chemin que celui bien mal pavé de la Grande Prostituée. Et voilà que cette fois la coupe semble bien pleine et que le vernis de notre civilisation s'écaille au seul bruit d'un inconfort annoncé. Alors qu'en sera-t-il aux jours de pénuries ?

C'est ce que décrit Bordage dans ce roman. La prophétie est déjà en grand partie accomplie, et notre monde d'aujourd'hui est bien proche de ce futur crépusculaire. Un lèpre qui ronge en seul remède à un monde devenu obèse. Alors trop tard. Bientôt il ne restera rien de ce coin de l'univers où un voleur de feu jouant au pyromane, finit par mettre le feu à la maison. Bordage nous imagine ici un remake de la croisade des enfants dans une version new-âge. Onirique 
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 18, 2016 4:10 PM MEST


Les Cultes à mystères dans l'Antiquité
Les Cultes à mystères dans l'Antiquité
par Walter Burkert
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

4.0 étoiles sur 5 Un plan marketing réussi, 20 mars 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Cultes à mystères dans l'Antiquité (Broché)
Court. 113Pages de texte. Cher. L'auteur nous livre une discussion à bâtons rompus avec lui même, sans tenter au préalable de dresser une carte d'identité des cultes concernés. Un classique des écrivains universitaires qui confondent souvent conférence et essai. Pourtant l'étude reste intéressante et si comme on peut s'en douter l'auteur n'éclaire pas véritablement le sujet, on comprend que ces cultes à mystère contenaient les germes du christianisme. Ou alors, que le christianisme est un culte à mystère qui a su s'adapter au marché. Un plan marketing réussi en quelque sorte


Senufo sans frontières : La dynamique des arts et des identités en Afrique de l'ouest
Senufo sans frontières : La dynamique des arts et des identités en Afrique de l'ouest
par Susan Elizabeth Gagliardi
Edition : Broché
Prix : EUR 60,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Magique, 11 mars 2016
Cet ouvrage vient compléter, ou tout au moins résumer, l'exposition récente d'art Senoufo du musée Fabre de Montpellier. Les photos sont d'excellente qualité, les objets et sculptures de toute beauté. Il en va différemment concernant les textes d'accompagnement. Trop d'espace est consacré à définir ce qui est ou n'est pas Senoufo ou poro. On décèle là une approche très occidentale qui tente toujours d'adapter sa vision du monde à ses propres instruments de mesure et de croire que toute chose doit obligatoirement rentrer dans une catégorie. L'Afrique est tout le contraire et pour cause. D'abord les États sont issus tout autant de la colonisation que de la décolonisation et pas nécessairement de la réalité tribale et ethnique. Ensuite l'absence de traces écrites anciennes rend quasiment impossible l'établissement de toute généalogie ou simple filiation. Pour finir, l'art africain ne relève pas du domaine de l'esthétique mais reste lié au monde des forces occultes dont bien souvent l'objet, le sculpture ou tout autre moyen coutumier est l'intermédiaire de l'opération magique dès qu'il sera « chargé » en conséquence. L'art est actif et pas seulement figuratif.

Quant au sociétés dites secrètes comme le poro, il est un peu fallacieux de s'attacher à en définir les contours autrement que par une véritable enquête ethnologique et probablement linguistique. En effet dans ce contexte aussi bien d'ailleurs que dans toute approche des religions africaines et des syncrétismes afro-américains on doit là encore éviter de dresser des barrières strictes entre les genres. Ceci pour la bonne raison que la transmission des connaissances reste l'affaire d'individualités et non de systèmes centralisés et dogmatiques. Ce phénomène de balkanisation se constate sur pièce dans les syncrétismes afro-américains où en fonction de vécu des fondateurs de certains cultes, les divinités majeures ici, seront mineures ailleurs et même inconnues. Ou encore, les praticiens de ce qui est à la base un même syncrétisme sera plus disposé à incorporer des apports autochtones s'il vit à la campagne ou plus attiré par les apports européens ou asiatiques s'il est citadin. A cela ajoutons l'interminable concurrence qui finit toujours par surgir dans ces organisations non hiérarchisées et l'on comprendra que vouloir établir des classements relève de la quadrature du cercle. Mais bon ! Ça valait le coup d'essayer, d'autant plus que ce constat n'a pas échappé aux rédacteurs. Sauf qu'il n'est pas approfondi.

En tous cas pour ceux que la charge magique portée sur les objets intéresse, je suggère de lire les ouvrages de Roger Bastide, Stefania Caponne, Pierre Verger, Marcel Griaule, ou Alfred Metraux. (liste loin d'être exhaustive). Au final ce livre est un très bel objet dont le récit est intéressant pour l'amateur d'Art, moins pour l'ethnologue même amateur. Intéressez-vous aussi au société secrètes telles que les Abakua de Cuba originaire du Nigéria, et pour les objets, les Minkisi (sing=knisi)des religions bakongo devenus inkices dans le Palo cubain. Ce sont de bonnes sources d'information. De plus pour cette question des Inkices on pourra observer avec intérêt  et cette fois avec certitude, de quelle façon les noms glissent avec le temps et la distance vers d'autres significations. En tous cas de quoi éclairer le présent sujet sur les Senoufo. Mais que cet art africain est beau !!


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