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Contenu rédigé par Jack Leron
Classement des meilleurs critiques: 794
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Commentaires écrits par
Jack Leron (Paris, France)
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   

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The Duchess
The Duchess
DVD ~ Keira Knightley
Prix : EUR 6,33

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le devoir et les sentiments, 27 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Duchess (DVD)
Si vous aimez Keira Knightley, « The Duchess » est fait pour vous : elle est présente dans quasiment toutes les scènes, et son talent et sa beauté éclatent à chaque seconde. Elle est parfaite à camper cette femme qui fut une des égéries de son temps (une histoire vraie, à la fin du 18e siècle), et qui a tenté de vivre une vie plus libre face au carcan des convenances de l'époque.
Le film se déroule dans les décors les plus somptueux qui soient : Chatsworth, Bath, Somerset House, avec leurs intérieurs sublimes, les grands arbres de leurs parcs, leurs pelouses immaculées, tous lieux mis en valeur par une très belle lumière.
Les costumes sont l'une des autres merveilles de ce film : ils sont absolument splendides, loin des « fanfreluches historiques » de la plupart des films d’époque, et Keira K. les porte avec une grâce insurpassable (le créateur, Michael O'Connor, a reçu un Oscar et un BAFTA - équivalent anglais des César).
Pour son extrême qualité visuelle, « The Duchess » mérite déjà d'être vu. Mais l'histoire aussi est captivante, bien racontée avec rythme, fluidité, élégance et interprétée par d'excellents comédiens.
Ralph Fiennes est remarquable dans le rôle difficile du grand aristocrate écrasé par son éducation et son devoir, incapable d'exprimer ses sentiments et obsédé par l'obligation d'avoir un fils, c’est à dire un héritier. On le trouve odieux parfois, mais on le plaint.
Hayley Atwell joue Lady Elizabeth Foster, l'amie intime de la Duchesse, qui finira par partager avec elle beaucoup plus que des confidences. Elle se révèle très intéressante et très attachante.
« The Duchess » est donc l'histoire d'un amour, d'un déchirement, d'un renoncement, vécue par une femme qui fut influente et adulée par toute la haute société de son temps, mais qui dût choisir entre ses sentiments et son devoir.
C’est un film absolument superbe, à tous points de vue, à voir absolument.
P.S. Le "making of" de 40 min, avec des interviews de l'auteur du livre, Amanda Foreman, et des différents intervenants, y compris les acteurs et actrices, est très intéressant à voir, parce qu'il resitue le film dans son contexte historique et montre plusieurs lieux de tournage.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 29, 2014 5:53 PM MEST


The Ryan Initiative
The Ryan Initiative
DVD ~ Chris Pine
Prix : EUR 15,76

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La Bourse ou la vie à Moscou et Manhattan, 6 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Ryan Initiative (DVD)
J'avais quelques doutes sur la capacité de Kenneth Branagh à réaliser un film d'action-analyse-déduction (le modèle des « Jack Ryan ») qui serait efficace. J'avais tort. The Ryan Initiative (en V.O. « Shadow Recruit ») m'a heureusement surpris. C’est un film bien construit, à l'intrigue intéressante, avec un casting convaincant. C'est aussi un film bien rythmé, avec une caméra très fluide, presque toujours en mouvement pour garder cette énergie ; un montage serré qui ne perd pas une seconde renforce l'efficacité de l'ensemble.
Le parti pris de revenir à l'histoire originelle de Jack en ouverture du film (la blessure de guerre, la rééducation, la rencontre avec Cathy Muller, le recrutement par la CIA) fonctionne plutôt bien. Ce choix évoque celui de Casino Royale avec Daniel Craig, qui utilisait le même procédé.
Nous sommes donc dans un monde post 11-Septembre, où les « méchants » peuvent frapper aussi bien les marchés financiers que les bases ou les ambassades US dans le monde.
Ici c’est un oligarque russe qui agit, soutenu dans l'ombre par le pouvoir, pour faire s'effondrer le dollar et provoquer une crise majeure aux États-Unis. L'histoire commence à Wall Street, se poursuit à Moscou et revient à Manhattan, pour un final dans une extrême tension (qui évoque un peu le film « Le Pacificateur » - The Peacemaker - avec George Clooney et Nicole Kidman). Nous n'avons pas George mais nous avons Chris (Pine), très convaincant dans sa composition de Jack Ryan et bien supérieur à Ben Affleck. Nous avons aussi Keira (Knightley), crédible et attachante (et très jolie) dans le rôle de Cathy Muller, la petite amie de Jack, qui révèlera qu’elle n'a pas froid aux yeux. Kenneth Branagh joue l’oligarque, et il manque un petit peu de densité (et de cruauté !) pour camper un « vilain » réellement inquiétant ; mais c’est un regret mineur, qui n'altère pas le film.
On suit Jack dans ses recherches, ses analyses, ses réflexes d’ancien « Marine » pour éviter d’être tué, ses relations compliquées avec Cathy, son action décisive pour éviter une catastrophe majeure en plein Manhattan, et on y prend un grand plaisir. Tout ce qui se passe à Moscou est haletant, et côté "analyse-déduction", toute la scène dans l'avion du retour, qui permet de localiser le terroriste, est excellente.
Dans mon Jack’s Top 5, je classerais « The Ryan Initiative » en n°2, derrière « Octobre Rouge », mais devant les trois autres, parce que ce film est plus "actuel", plus moderne, dans le fond et dans la forme.


La Princesse de Clèves
La Princesse de Clèves
par Madame de Lafayette
Edition : Poche
Prix : EUR 4,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Au cœur des sentiments, 8 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Princesse de Clèves (Poche)
Les deux textes dans la page ci-dessus, sous les rubriques "description de l'ouvrage" et "description du produit" sont deux authentiques catastrophes, l'un révélant les trois-quarts de l'intrigue, et l'autre confondant l'austérité et la retenue. Je vous conseille donc fortement de ne pas les lire, sous peine d'être détourné de ce sublime roman écrit dans une langue toute de finesse et de subtilité, qui expose une intrigue certes plutôt simple mais racontée avec tellement d'élégance, de délicatesse et d'émotion que cela compense largement l'aspect un peu ténu de l'histoire.
On suit pas à pas la destinée du trio amoureux formé par la très belle Princesse de Clèves, son mari malheureux et le très séduisant Duc de Nemours, qui veut posséder celle dont il occupe déjà les pensées.
Comme beaucoup d'histoires d'amour, celle-ci finira mal, dans le chagrin et le renoncement. Mais avant le dénouement, Madame de La Fayette nous expose une très riche palette de sentiments et de rebondissements, dans le style incomparable qui a fait sa renommée.
Écrit en 1678, "La Princesse de Clèves" passe pour être le premier grand roman français, et ce titre n'est absolument pas usurpé. C'est une lecture qui vous comblera et vous consolera des vulgarités de notre temps.


Barbara Tuchman: The Guns of August / The Proud Tower
Barbara Tuchman: The Guns of August / The Proud Tower
par Barbara Wertheim Tuchman
Edition : Relié
Prix : EUR 36,66

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le grand livre de la Grande Guerre, 20 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Barbara Tuchman: The Guns of August / The Proud Tower (Relié)
Paru en 1962, « The Guns of August » reste un des livres les plus fascinants sur le déclenchement et le premier mois de la Grande Guerre. Fondé sur un incroyable travail de recherche dans les différentes sources disponibles (archives nationales, militaires, fonds privés, correspondance...) Barbara Tuchman nous fait vivre pas à pas l'enchainement des événements ayant mené à un conflit qui a fait dix-huit millions de morts (militaires et civils).
Nous sommes tour à tour à Berlin dans l'intimité du Kaiser et de ses généraux, à Paris avec Joffre, Foch et tout leur état-major, à Londres avec Lord Balfour et son Premier Lord de l'Amirauté (Winston Churchill), à Vienne et dans les différentes ambassades des futurs belligérants. Nous prenons connaissance des décisions et réactions des uns et des autres, de l’inexorable engrenage qui va déchainer les armées des principaux pays d’Europe et les précipiter dans le cataclysme que l'on connaît.
Quand le conflit éclate, nous suivons sur le terrain le déroulement des combats, l'héroïsme du Roi des Belges et de son peuple, l'implacable détermination de Guillaume II, les décisions incertaines des Français, les tergiversations des Britanniques, pendant tout le mois d'août 1914, jusqu'au « miracle » de la Bataille de la Marne début septembre.
Ce livre formidablement écrit (un des livres préférés de John Fitzgerald Kennedy) est à mon avis ce qu'on peut lire de mieux sur le commencement de la Première Guerre mondiale : le plus documenté, le plus éclairant et le plus captivant.
Le fait qu'il ne soit pas disponible actuellement en traduction française est un scandale, l'année du centenaire de la Grande Guerre.
P.S. "The Proud Tower" expose l'état des différents pays d'Europe à la veille du conflit. Ce texte n'est hélas pas aussi captivant que "The Guns of August", mais celui-ci vaut à lui seul l'achat de ce volume à l'édition très soignée.


Klute
Klute
DVD ~ Jane Fonda
Prix : EUR 16,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le privé et la call-girl, 7 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Klute (DVD)
Le fait que ce film soit de nouveau disponible en DVD est un vrai bonheur.
L'Oscar de Jane Fonda est amplement mérité : dans son rôle de call-girl impliquée dans une disparition suspecte, elle se révèle fascinante, manipulatrice, perverse, et sa beauté ajoute encore au trouble qui s'installe.
Donald Sutherland est magnifique dans son rôle de « privé » qui voudrait rester impassible devant la belle de jour et de nuit, mais les détectives aussi ont des sentiments. Ce qui se noue entre eux est aussi captivant que le déroulement de l'intrigue.
Tourné en 1971, « Klute » n'a absolument pas vieilli, et reste un plaisir de gourmet à regarder. Ne vous en privez pas.


Légendes
Légendes
par Robert Littell
Edition : Broché
Prix : EUR 21,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'espionnage a plusieurs visages, 20 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Légendes (Broché)
En termes d'espionnage, une « légende » est une fausse identité fabriquée de toutes pièces, jusque dans ses détails, qu'un agent secret adopte pour lui permettre d'accomplir sa mission.
C'est donc l'histoire de Martin Odum, ex-agent de la CIA devenu détective privé, engagé par Stella Kastner pour retrouver le mari de sa sœur, afin qu'elle puisse divorcer.
Martin se met donc au travail, et les choses se compliquent assez vite. Les différentes identités qu'il a endossées à la CIA viennent se mélanger dans sa tête, prenant tour à tour le dessus, et l'enquête se révèle beaucoup plus complexe (et dangereuse) qu'une banale affaire de divorce.
Il est question d'oligarques russes, de Tchétchènes en colère, d'organisations humanitaires qui dissimulent des activités moins avouables, de manipulations biochimiques effrayantes et de pièges dans lesquels Martin / Dante / Lincoln ne devra pas tomber.
Brooklyn, Israël, Londres, Prague, la Mer d'Aral, la Lithuanie, Moscou, le pays Amish aux États-Unis, on voyage beaucoup au fur et à mesure que l'enquête avance, pour aboutir à la révélation finale d'une opération énorme fomentée par la CIA.
Si l'on excepte « La Compagnie » (son grand livre sur la CIA), je pense que « Légendes » est le meilleur roman de Robert Littell. L'histoire est de plus en plus fascinante au fil du récit, le personnage de Martin et de ses multiples personnalités est très attachant, les péripéties s'enchainent sur un rythme enlevé, avec des chapitres courts, la construction globale de l'intrigue est complexe mais remarquablement maîtrisée.
Cinq étoiles pour ce superbe roman, qui égale ce qu'il y a de meilleur dans la littérature d’espionnage.


Breakfast With Lucian: The Astounding Life and Outrageous Times of Britain's Great Modern Painter
Breakfast With Lucian: The Astounding Life and Outrageous Times of Britain's Great Modern Painter
par Geordie Greig
Edition : Relié
Prix : EUR 22,81

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Lucian se met à table, 10 février 2014
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Pendant dix ans, l'auteur a partagé chaque week-end le petit déjeuner de Lucian Freud dans son restaurant londonien préféré, Clarke's. Le résultat des nombreuses discussions informelles que l'auteur a eues avec le peintre est une biographie qui justement n'a pas l'air d'une biographie. Écrit dans un style enlevé, riche en informations inédites, en anecdotes, en réflexions sur tous les sujets possibles (sa vie sans compromis, sa peinture, sa famille, ses amis pas tous recommandables, sa passion du jeu, ses femmes, ses nombreux enfants...) Geordie Greig nous offre un récit facile à lire, vivant et captivant pour qui s'intéresse à Lucian Freud et à son travail.
Ce peintre qui protégeait farouchement sa vie privée et qui a donné très rarement des interviews apparaît ici très proche, accessible, presque intime. De larges extraits de conversations avec l'auteur rapportés fidèlement permettent d'approcher au plus près la personnalité et l'originalité de celui qui est sans doute le plus grand peintre britannique de ces 50 dernières années. Des entretiens avec ceux et celles qui l'ont connu intimement ou ont posé pour lui complètent ces conversations, pour composer un portrait presque aussi fouillé que ceux magistralement réalisés par Lucian Freud, et illustré d'une soixantaine de photographies et reproductions de ses tableaux.
L'édition de ce livre est très soignée : reliure toile sous jaquette, belle typographie, très lisible, beau papier qui permet une reproduction de qualité. Un complément idéal à l'ouvrage de William Feaver, « Lucian Freud », magnifiquement édité par Rizzoli et qui offre un panorama très complet de l'œuvre du peintre.


Dix années d'exil
Dix années d'exil
par Madame Staël (de)
Edition : Broché
Prix : EUR 9,15

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le récit d'une femme libre et sensible, 9 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dix années d'exil (Broché)
Madame de Staël a été l'objet de la vindicte de Napoléon pendant plusieurs années. Ce qu'il lui reprochait ? « Cette femme apprend à penser à ceux qui ne s'en aviseraient point, ou qui l'auraient oublié ». Crime impardonnable pour tous les autocrates qui veulent diriger les esprits comme ils dirigent les troupes.
Bannie de Paris, puis de France, Madame de Staël est donc condamnée à l'exil, et parcourt l'Europe entière au gré de ceux qui veulent bien l'accueillir : Suisse, Autriche, Allemagne, Russie, Finlande...
Dans une langue élégante et nuancée, elle nous raconte les pays qu'elle traverse et les gens qu'elle rencontre, leurs particularités, leurs caractères, leurs coutumes. Ses descriptions, ses réflexions, ses avis sous souvent pénétrants et justes, et toujours intelligents.
On apprend beaucoup de choses sur l'Europe du début du 19e siècle, et on l'apprend avec plaisir, grâce à une écriture fluide et agréable à lire. Pour un peu, on serait reconnaissant vis-à-vis de Napoléon, dont l’acharnement a indirectement engendré ce récit éclairant et sensible.


L'affaire Farewell vue de l'intérieur
L'affaire Farewell vue de l'intérieur
par Raymond Nart
Edition : Broché
Prix : EUR 19,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La réalité plus stupéfiante que la fiction, 30 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'affaire Farewell vue de l'intérieur (Broché)
Au début des années quatre-vingts démarre l'une des plus vastes affaires d'espionnage de la Guerre froide : Farewell.
Il faut re-situer les choses dans le contexte, avant la chute du mur de Berlin en 1989, au temps de la course aux armements entre l'Est et l'Ouest et des affrontements multiples entre le système communiste et le système capitaliste.
Cette incroyable affaire n'a pas été menée par la CIA mais par la DST française. C'est elle qui a reçu de Vladimir Vetrov, lieutenant-colonel au KGB, les 2997 documents secrets qui montraient l'ampleur inouïe de la pénétration par les espions soviétiques des entreprises stratégiques et des systèmes de défense de l'Ouest, en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux USA...
Farewell (le nom de code de Vetrov) a permis de démanteler ce système de collecte du renseignement et de pillage technologique qui permettait à l'URSS de faire jeu égal avec l'Ouest. La destruction de ce réseau a contribué de façon significative à la chute du système communiste.
Cet exploit du renseignement est raconté pour le première fois par d'anciens agents de la DST, qui ont été impliqués dès le début dans cette aventure. C'est un livre passionnant, d'une lecture facile, qui suit la chronologie des faits et expose clairement les enjeux et les conséquences des révélations de Vladimir Vetrov. Ce récit serait littéralement incroyable si tout n’était pas rigoureusement exact et documenté.


Une vérité si délicate
Une vérité si délicate
par John Le Carré
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Vérité et mensonges à Gibraltar, 8 novembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Une vérité si délicate (Broché)
J'ai lu une bonne dizaine de romans de John le Carré, en français et en anglais, la plupart avec un très grand plaisir. Ils sont tous remarquablement écrits, et ce maître de l'espionnage n'a pas son pareil pour installer des atmosphères de complots et de trahisons, de faux-semblants et de manipulations où on ne sait plus trop qui sont réellement les bons et les méchants, jusqu'à la conclusion finale.
« Une Vérité Si Délicate » est tout à fait dans cette veine : très bien écrit, très maîtrisé, une narration impeccable.
Une opération secrète s'est déroulée à Gibraltar, menée par des forces spéciales britanniques et des mercenaires américains, pour capturer un jihadiste et trafiquant d'armes. Les mois on passé, et Toby Bell, du Foreign Office, est informé par l'un des participants à l'opération qu'une sérieuse bavure a été commise. Il est donc confronté au dilemme classique de la conscience torturée: ne rien dire, ou enquêter pour révéler la vérité et risquer sa carrière, voire sa vie ?
John le Carré nous entraîne dans cette « nouvelle réalité mondiale » où les ambitions, le cynisme, les mensonges, le recours à la force brute prennent une dimension de plus en plus démesurée, sous prétexte de « guerre contre le terrorisme ». Une histoire captivante, sur un thème on ne peut plus actuel, qui soulève un ensemble de questions éthiques et politiques.
Une seule chose m’a gêné : la « taille » de la bavure, qui semble un peu faible comparée aux frappes de drones (réelles) qui tuent 50 civils innocents sans que cela ne semble déranger grand monde. Mais je n'en dirai pas plus, pour garder intact le plaisir du lecteur d'une « Vérité Si Délicate ».


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