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Commentaires écrits par
Jean-Michel Ciochetti

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Discours de la servitude volontaire
Discours de la servitude volontaire
par Etienne de La Boétie
Edition : Poche
Prix : EUR 3,00

5.0 étoiles sur 5 Les anciens ont été jeunes un jour...parfois pour toujours, 2 juillet 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
N' y cherchez pas la célèbre phrase qu' on lui attribue souvent à tort "ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux" il faut la rendre à Pierre Victurnien Vergniaud, guillotiné comme tout le monde en 93. Le fond y est, cependant, 240 ans avant et c' est là l'essentiel. Quand La Boétie écrit son discours il n' est pas le notable bordelais qu'on se plait souvent à décrire. Même érudit, fin latiniste, il est avant tout un jeune homme, et c' est l' idéalisme de la jeunesse qui s'exprime ici, au bord de l' imprudence. Pour se donner une idée du degrés de liberté de pensée et d' expression autorisée, nous sommes alors 23 ans avant la St Barthélémy. Catherine de Médicis vient d' accéder par son mari Henri II au titre de reine de France. Le niveau de tolérance ambiante est plus qu'étroit, et Rabelais encore de ce monde pour quelques temps, a vu partir en fumée nombre de ses amis pour moins que ça. Mais Sarlat et Bordeaux sont loin de Paris et cette anciennes provinces anglaise n'est pas complètement obnubilée par le capitale. On parle plus librement à 600 kilomètres de la Sorbonne qu' à 600 mètres. Malgré cela, La Boétie "y met les formes", pour exonérer par avance le roi de France de ses critiques générale du "Pouvoir ". Henri II est l' exception, guidé dans sa sagesses par Dieu en personne, dont on ne parle qu'avec respect et déférence. Cette exonération un peu obséquieuse ne semble pas parfois dénuée d'humour. Tous les pouvoirs contiennent leur jeu pervers, sauf celui de vôtre majesté: "service minimum de la prudence formelle" pourrait-on dire. Finalement le discours ne sera publié qu' en 1574 par le soin de Montaigne, onze ans après la mort de son auteur. Prudence ou opportunité ?
La qualité de la réflexion, qui parfois pourrait sembler puérile par la fraicheur de l' idéalisme, tient dans la pertinence et la rigueur de l' analyse qui opère un démontage des rouages quasi marxien. Naturellement les citations et les exemples historiques, presque toujours antiques, aident à ne pas parler du présent tout en évoquant, pour qui veut bien entendre la métaphore, des questions du moment.
La Boétie ne propose pas de solution autre que philosophique, par son relativisme septique plein d' élégance. Il n' est pas révolutionnaire au sens politique: Il enfonce juste, la porte qui libère les consciences. Ce petit livre n' est pas près de se refermer. C'est tout ce qu'on peut souhaiter à notre civilisation.


Le capital au XXIe siècle
Le capital au XXIe siècle
par Thomas Piketty
Edition : Broché
Prix : EUR 25,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Ce qui se conçoit bien..., 25 juin 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le capital au XXIe siècle (Broché)
Pour ne pas renchérir dans le commentaire de paraphrase qui pullule ( le livre est déjà fait et bien fait), je me bornerai juste à le recommander. Tout bêtement ! En dehors de la qualité scientifique de ce travail, unanimement reconnue, ou presque, la grande vertu de l'ouvrage tient beaucoup à l' écriture de Piketty. Le style d' une limpidité remarquable est au service d'un talent de pédagogue qui rend le lecteur moins sot qu'il ne se croyait au départ. L' auteur prend la peine de redéfinir au fur et à mesure de son discours les différents concepts qu' il manie en économiste de métier. On ne se retrouve donc jamais noyé dans un jargonnage de spécialistes, sorte de latin des médecins de Molière. Je citerai à ce sujet, Alan Greenspan, lequel disait, non sans humour "Si vous m' avez compris, c' est que je me suis mal exprimé". On comprend Piketty parce qu' il s'exprime bien, et c' est la raison pour laquelle, rares sont ceux qui abandonnent en route cette lecture de près de mille pages sur un sujet austère.
On pourra dire, comme toujours, que l'analyse est plus intéressante que les conclusions, mais c'est un peu la loi du genre. Si un économiste avait la vraie solution définitive il n' y aurait bientôt plus d' économistes pour écrire des livres définitifs.
Piketty n' engage pas à l' optimisme, certes, cependant il n' est pas à classer parmi les prêcheurs de catastrophe: en proposant la lucidité comme principe, à la lumière de son travail de statistiques, il engage à une réflexion, propre à corriger les trajectoires dangereuses.
Rassurons nous, il sortira encore beaucoup de bouquin d' économie avant la fin du monde. Et même après...


Votre santé
Votre santé
par Didier Raoult
Edition : Broché
Prix : EUR 17,95

5.0 étoiles sur 5 Pour mourir guéri de la bêtise, 23 juin 2015
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Quand la médecine refuse de marcher sur la tête et se souvient que si elle est un Art, elle doit d' abord tout à la science, on se sent déjà mieux. Presque guéri de la bêtise ambiante.
Des connaissances d' Hippocrate aux médecins de Molière, l' avancée fut modeste. Les vrais progrès ont tous, ou presque, moins de cent cinquante ans (si on fait abstractions de quelques découvertes empiriques heureuses d'Ambroise Paré à Edouard Jenner) et ils émanent, en général des sciences dures. Pasteur, chimiste, les Curie physiciens etc...Fleming médecin, mais chercheur biologiste. Cette dimension sans doute trop rationnelle pour nos sociétés hypocondriaques a fait surgir un appétit irrationnel pour les médecines non conventionnelles et toutes sortes de placébos plébiscités par les médias. Ceci jusqu' à induire, voire inculquer, que l' allopathie est dangereuse, et que la médecine occidentale et sa pharmacie nous empoisonne. Pour renouveler le genre, de temps à autres on va découvrir dans les conclusions tronquées d' une étude publiée, on sait où, des révélations fracassantes sur les vertus anti cancer du brocoli... Et autres foutaises, entre deux régimes aussi miraculeux qu' imbéciles. Passons sous silence toutes les ondes et énergies positives diverses, survivances mystiques tenaces du New Age américain, et on gagnera du temps. Simultanément, l' exigence croissante du risque zéro dans la société et son corollaire politique, le Principe de Précaution, ont acculé les gouvernements à une frilosité aussi inefficace que ruineuse dans la santé publique.
Didier Raoult ne prétend pas détenir la Vérité. Il est un scientifique, et la science en la matière, ne connait que le "doute scientifique". Il sait cependant trier ce qui relève de la croyance ou de l' expérience, et ce, en sa qualité de chercheur et de professeur.( Parmi les français les plus prolifiques en publications).
L' ouvrage est plaisant, facile à lire et s'attache à faire un nettoyage salutaire dans nos armoires à pharmacies comme dans nos préjugés. Il s' agit aussi de redonner un peu de relativité aux dictats des normes et des canons de la santé, comme tout, soumis à des modes et aux médias.
Un utile coup de torchon sur les croyances et les fausses sciences qui s' insinuent partout quand on a plus vite fait de croire que de savoir.


Montaillou, village occitan de 1294 à 1324
Montaillou, village occitan de 1294 à 1324
par Emmanuel Le Roy Ladurie
Edition : Poche
Prix : EUR 11,90

5.0 étoiles sur 5 Formidable machine à remonter le temps, 23 juin 2015
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Certes l' approche n' est pas toujours facile: le méticuleux travail de l' historien peut décourager ceux qui s' attendent à un récit. Avec ça, l' édition Folio propose une typographie pour le moins catastrophique. Une fois ces réserves techniques faites, on se trouve face à une oeuvre qui modifie profondément notre regard sur l' histoire. Il y a un avant et un après Montaillou.
Méthodiquement et par touches, Le Roy Ladurie redonne chair et os à des villageois disparus il y a sept cents ans. Il leur rend leurs âmes, noires ou pures. Sans rien de factice, sans effet de style, se recompose une palette de sentiments humains qui nous relie à tous ces personnages. Ce sont nos proches, nos égaux. Et avec ça, comme ils sont loin parfois. C'est un monde en liberté surveillée comme le troupeau de gnous encerclé de lions. La mort rode partout dans une certaine indifférence de la part des futures victimes résignées. Malgré tout ça,la solidarité, la générosité, comme la cupidité ou la traitrise animent cette petite société accrochée à sa montagne avec un puissant désir de vivre le présent. Si l' on revient souvent dans les pas des mêmes personnages, c' est le fait du travail d' étude par thèmes, qui fait revisiter les mêmes scènes sous un autre éclairage. Ceci n' est pas gênant, au contraire, et contribue à définir plus finement les contours des caractères. Il est rare qu' un travail scientifique véhicule autant d' humanité. Ce n' est pas le fait d' une complaisance, mais au contraire une rigoureuse fidélité aux documents exploités. La vérité est extraite des mots mêmes des protagonistes d' il y a sept siècles. C' est leur vérité.
Quand on referme Montaillou, on ne quitte pas le village tout de suite. On se retourne en s' éloignant pour continuer à l' apercevoir au loin.
Une oeuvre exceptionnelle à recommander à quiconque a le courage d' essayer une profonde immersion dans le temps.


Le chevalier, la femme et le prêtre
Le chevalier, la femme et le prêtre
par Georges Duby
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

5.0 étoiles sur 5 Comprendre le Moyen-Age., 23 juin 2015
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Comme toujours, Duby éclabousse de son savoir. Et il faut saluer l'originalité et la pertinence du thème, qui touche le coeur de l' organisation sociale. Sur les deux siècles et demi traités, on assiste à la mise en place de l' équilibre des forces qui va, grosso modo, à des retouches près, perdurer jusqu' à la fin de l'ancien régime. L'instauration du célibat des prêtres et la sacralisation du mariage cèlent l'organisation des trois ordres. Le texte est foisonnant d' exemples dans un ensemble un peu touffu où il est facile de se perdre si l' on n'y prend garde. Le nombre de personnages que l'on rencontre, leur généalogie, comme les noms des lieux évoqués, nécessitent de rester sur ses gardes dans une lecture attentive. La démonstration, bien construite, est claire: chronologique par thème. Nous sommes dans la partie la plus fondatrice du moyen âge, matrice de la féodalité et que, paradoxalement, ont toujours survolé de très haut les manuels scolaires. C'est pourtant un moment nécessaire pour éclairer la suite des lignées et des enjeux géostratégiques. On peut parfois apporter des réserves à l' écriture de Duby. Même si l' on sent toujours une certaine malice, voire bonhommie dans l' expression, la fluidité n'est pas toujours au rendez-vous. Ceci n' est pas aidé par un amour immodéré de la parenthèse, qui va jusqu' à faire perdre le fil de la phrase dans le pire des cas. Mais ceci n' est qu' une appréciation personnelle qui ne met, en rien, en cause la qualité du travail et la science de l' historien. A recommander, comme l' ensemble de l' oeuvre de l' auteur, sans restriction.


Le triomphe de la cupidité
Le triomphe de la cupidité
par Joseph E. Stiglitz
Edition : Broché

3.0 étoiles sur 5 Cucupidité, 11 juin 2015
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C'est un genre tellement exploité depuis quelques années qu'on n' apprend plus grand chose dans ce genre d' essais. On a du mal à s' émouvoir. C' est même un peu fatigant, de voir défiler tous les grands économistes visionnaires de la planète qui ont mis le système monétaire et l'économie mondiale à feu et à sang, pour nous expliquer savamment ce qu' il conviendrait de faire. Et que naturellement ils n' ont pas fait. Après avoir, par une sorte de conviction religieuse, tout déréglementé, s'étonner que la machine s'emballe et s'apercevoir qu' il n' y a personne aux manettes, qu' on a tout livré au jeu du court terme, a quelque chose d' un brin insultant pour le citoyen. Eh oui monsieur Stiglitz il y a des gens cupides. Ca valait bien un prix Nobel de faire cette découverte.


Rome, du libéralisme au socialisme : Leçon antique pour notre temps
Rome, du libéralisme au socialisme : Leçon antique pour notre temps
par Philippe Fabry
Edition : Broché
Prix : EUR 15,00

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Dommage pour la forêt !, 11 juin 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Rome, du libéralisme au socialisme : Leçon antique pour notre temps (Broché)
Avec ce genre de méthode et de raisonnement, on peut prouver à peu près n' importe quoi. L' auteur, ultra libéral de religion, nous fait une démonstration historique qui a essentiellement pour but de renforcer sa propre conviction. Qu'importe d' être érudit si c' est pour, en permanence, tordre le bras aux faits, afin de leur faire dire ce qu' on souhaiterait qu' ils disent. On est vite rassasié par une sorte de mauvaise foi presque involontaire. Presque honnête. Et c' est justement cela qui est gênant: l' auteur est au premier degrés intimement convaincu de tout ce qu' il avance. C'est un plaidoyer lourdingue qui fait feu de tout bois pour exprimer sa haine viscérale du socialisme. C' est à dire, pour faire simple, l' idée même qui tendrait, grosso modo, à faire découler l' intérêt privé de l' intérêt général et non l' inverse. C'est du Hayek en moins drôle si j' ose dire. On n' est plus du tout dans la philosophie, comme souvent, l' autrichien se piquait d' être, bien à tort,d' ailleurs, on est presque dans la fausse science, ce qui est plus grave. En filigrane derrière la laborieuse démonstration sur une métaphore historique, ( la chute de l' empire romain) se pointe une sorte de prophétie, à la Cassandre, annonçant les malheurs que le socialisme va attirer sur la terre au vingt et unième siècle, si on ne se converti pas immédiatement au libéralisme orthodoxe. Convertissez-vous mécréants avant de subir des pluies de sang et de grenouilles.... La peur ma gagne !


Lettres aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes
Lettres aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes
par Charb
Edition : Broché
Prix : EUR 13,90

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Salutaire !, 9 juin 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Lettres aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes (Broché)
Quand après les évènements de janvier, on entend se réveiller peu à peu le concert des "je suis Charlie...mais", Charb apporte sa réponse posthume avec clarté humour et intelligence. Le pied de nez de la liberté d' esprit à la brutalité de l'ignorance. Le "oui mais" qui veut apporter une nuance témoignant d' un esprit supérieur, est une capitulation honteuse sur les principes. Quelle misère de voir un intellectuel de la dimension d' Emmanuel Todd tomber dans cette confusion. Que la manifestation du 11 janvier ne soit pas exempte d' arrières pensées, chez beaucoup de participants parmi les plus visibles, tout le monde le sait mais franchement on n' en à rien à faire. Qui peut croire à un tel unanimisme ? Evidemment personne, mais y voir le rassemblement de "beaufs" racistes et apeurés est une injure à la conscience populaire. Si le peuple n' est animé que par la peur et les bas instincts, arrêtons tout de suite la démocratie et laissons nous guider par ces grands esprits qui savent mieux que tout le monde et surtout n' ont jamais lu Charlie. Le débat qui s' est ouvert depuis les attentats, s' est petit à petit détourné du sujet lui même. Il a subit un glissement insensible vers une sorte d' autocritique et de contrition post coloniale, peu en rapport avec l'événement. La pertinence du petit livre de Charb, est dans le fait, que, vivant, il était déjà au coeur même du sujet, c' est à dire, l' assaut général lancé par l' obscurantisme contre la laïcité. Bientôt combattre ce fléau vous vaudra l' accusation de racisme, par l' extension perverse du concept d' islamophobie. Des maitres du sophisme et du double langage, comme Tariq Ramadan, se sont depuis longtemps efforcés de créer la confusion dans les esprits. Ce petit livre de Charb n' en est que plus indispensable aujourd'hui pour remettre les facteurs de la pensée dans l' ordre. Sa clarté est plus que salutaire.
A recommander.


Malaise dans l'inculture: essai
Malaise dans l'inculture: essai
par Philippe Val
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Nécessaire., 9 juin 2015
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Malaise dans l'inculture: essai (Broché)
La pensée de Philippe Val se fait parfois extrémiste dans son rejet, sans beaucoup de nuances, de la sociologie. Ce qui lui fait, pourrait-on dire, jeter le bébé avec l' eau du bain. Que la tyrannie de la lecture sociologique, qui a dominé la gauche, ait pu amener à une bouillie du jugement, est une opinion acceptable et partiellement fondée, disons le. En faire l' alpha et l' oméga de toutes les dérives politiques et sociétales du moment est peut être trop simple pour être vrai. Je lui en laisse la responsabilité. C' est son raidissement du menton.
Ceci dit, Val, (comme Caroline Fourest) , essaie de préserver ce que l' on peut encore sauver de la laïcité à la française. C' est à dire une notion différente de la simple tolérance anglo saxonne. La laïcité issue de l' esprit de la loi de 1905, c' est la garantie d' un état de droit indépendant de toute notion de surnaturel. Ce n' est pas un simple arbitrage entre les croyances, c' est aussi la promotion de la raison dans l' éducation et la vie sociale en général. C' est un outil de civilisation par l' émancipation individuelle des citoyens, pas un servage idéologique. A propos de Waterloo, Victor Hugo dit dans les Misérables:"ce fut la revanche du droit divin sur le droit des peuples". La loi de 1905, c' est la défaite du divin dans le but de consacrer définitivement la défaite des rois. Quand Clemenceau et ses amis obtiennent la séparation de l' église et de l' état, ils voient là l' occasion d' éteindre définitivement la légitimité de la monarchie encore en embuscade. La laïcité de Val, comme celle de Caroline Fourest, ce n'est pas une position passive, c' est une dynamique sociale, politique, comme culturelle. C'est une civilisation.
C' est ce que veut défendre Val et qui l' expose à bien des haines, dans un moment où certains tentent d' assimiler la laïcité à du racisme, sous l' accusation du vocable imbécile d' islamophobie. Val a encore le courage de la liberté. Saluons ce courage.


Frère Tariq
Frère Tariq
par Caroline Fourest
Edition : Poche
Prix : EUR 7,10

5.0 étoiles sur 5 Encore d' actualité cinq ans après, 4 juin 2015
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Comme toujours Caroline Fourest fait un travail sérieux sur la base d'une enquête documentée. Et comme toujours elle attire sur elle les foudres bien pensantes d' esprits délicats qui auraient aimé plus de nuance, plus de prudence et naturellement celles de quelques mystiques en quête de réponses à leur questionnement existentiel. Comme toujours, les zélateurs du prédicateur lui reprochent des "citations tronquées". C'est d' ailleurs la principale défense de Tariq Ramadan, lui même. Cependant, à force de dire tout et son contraire, au travers de sophismes alambiqués, il est bien difficile de savoir à quel endroit on doit couper la citation dans le texte, pour ne pas trahir la pensée protéiforme du maitre. La stratégie d' anguille qu'il pratique dans le discours lui permet de se prétendre à chaqu' instant sur un plan différent de celui de son interlocuteur. Ceci l' autorise à répondre hors sujet et à tendre habilement une autre question en miroir. Patiemment Caroline Fourest démonte la stratégie perverse de cet ennemi des Lumières, de la libre pensée de la laïcité et de l' occident en général. Cinq ans après la sortie de cet essai, il est bien difficile de donner tort à son auteur. Son énergie à démasquer les manoeuvres propres à étendre l' obscurité religieuse sur nos sociétés n' a peut être pas eu tout l'écho qu'elle méritait déjà en son temps. Sa voix semble avoir été un peu isolée. A la lire aujourd' hui on a le sentiment que Caroline Fourest a eu raison trop tôt pour être bien entendue.
Sur la forme, ce n' est pas un exemple de fluidité dans l'écriture, sans que pour autant la lecture en soit désagréable. Dans son acharnement à démontrer et à soutenir son propos, Caroline Fourest multiplie les exemples, parfois jusqu' à l' excès: les quatre cents pages en témoignent, et l' on serait déjà convaincu à moins. On ne lui en fera pas le reproche, son travail mérite d' être connu, même si l' on frôle le fastidieux de temps à autres.


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