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Contenu rédigé par Religionnaire
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Commentaires écrits par
Religionnaire (Paris, France)

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Gentle Giant
Gentle Giant
Prix : EUR 13,71

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 9 novembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gentle Giant (CD)
Les frères Schulman obtiennent leurs premiers succès au sein du Simon Dupree & the Big Sound à une époque ou le R&B britannique se psychédélise. Frustrés par la limitation du format populaire de l'époque, les frangins transforment Simon Dupree en Gentle Giant avec le désir de s'affranchir de la dictature radiophonique anglaise. Ray, Derek et Phil conservent ainsi leur batteur Martin Smith, et recrutent le claviériste Kerry Minnear et le guitariste Gary Green. Le collectif signe alors chez Vertigo et obtient les services du producteur Tony Visconti qui reste aujourd'hui célèbre pour son travail auprès des icones glam Bowie et Bolan.

Le premier album proposé par ces six multi-instrumentistes n'est pas aussi impressionnant ni aussi violent que le célèbre In the Court of the Crimson King (1969) mais reste en revanche plus complexe et aventureux. Ce cocktail musical, parmi les plus intelligents et singuliers du rock, y apparait déjà incroyablement mature. Un titre comme l'épique "Nothing at All" secoue déjà les conventions durant plus de neuf minutes avec autant d'audace que de sagesse. Ces quelques constructions très sophistiquées mais jamais fastidieuses mêlent admirablement hard rock, jazz et musique classique. L'alternance de gracieuses envolées médiévales et de passages plus musclés ponctués par des riffs lourds et originaux sonne comme une réconciliation impossible, une véritable amitié révolutionnaire divino-diabolique. Les rythmes binaires côtoient ainsi les canons et fugues au sein d'une musique qui séduit pourtant jusque dans ses formes extrêmes, purement instrumentales ou au contraire a capella. A l'image de l'évolution du groupe, les prestations vocales, littéralement fascinantes, semblent tirer la sirupeuse musique populaire anglaise vers des contrées libertines ou ancestrales qu'elle semble avoir oubliées. Ce genre d'excursion aboutit ici au premier classique du groupe, "Funny Ways", magnifique prestation de musique progressive de chambre délicate et enjouée.

Il est intéressant de constater qu'à ce stade, le groupe n'a pas encore totalement écarté la possibilité de séduire un large public. Ce disque reste ainsi le seul à renfermer quelques digressions orchestrales majestueuses à la façon des Moody Blues ("Giant") ou d'un certain Paul McCartney ("Isn't It Quiet and Cold?"). L'aspect étrangement sobre de la reprise de "God Save the Queen" semble aussi indiquer que le groupe est encore capable de modérer ses ardeurs et son excentricité, ce qui n'enlève rien au caractère éminemment révolutionnaire de ce premier effort. L'album est à l'époque livrée avec un conte (Tall Tale) qui traite de l'amitié naissante des musiciens avec le fameux gentil géant, très amateur de leur musique (et "petit" copain de la fille de Gargantua). La pochette, qu'il faut évidemment déplier, en est l'illustration. Tristement occulté par la mise à jour, quelques mois plus tôt, du fameux In the Court of the Crimson King, Gentle Giant n'obtient qu'un succès plus modéré et une place plus modeste dans l'histoire. Si le premier dévoile la face sombre et apocalyptique du progressif naissant, le second dévoile avec autant d'audace sa face la plus lumineuse.


Bandolier
Bandolier
Prix : EUR 22,89

2 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 29 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bandolier (CD)
L'arrivée du nouveau batteur Steve Williams correspond à une période de remise en question artistique. Cet album transitionnel le traduit bien, tout comme il rend compte de la cohabitation paradoxale mais fréquente de la confiance et de l'inquiétude. De ce fait, une évolution revendiquée en cache souvent une autre, moins reluisante. Le trio semble ainsi fier d'afficher son désir d'explorer d'autres horizons, ce qu'il fait ici brillamment et non sans une certaine audace. Des parfums bossa nova de "Slipaway" au funky "Who Do You Want For Your Love", en passant par les éjaculations flamenco de "I Can't See My Feelings", le hard rock du trio réalise un voyage aussi admirable qu'inattendu. En revanche, ce hard rock devient parallèlement plus accommodant. La fougue, l'innocence, ainsi que le caractère brutal et parfois quelque peu brouillon du rock lourd de Budgie s'efface ici partiellement au profit d'un son plus soigné, parfois trop lisse au gout du Religionnaire. Les prestations les plus pesantes et rugueuses comme "Breaking All The House Rules" et "I Ain't No Mountain" ne souffrent pourtant d'aucun ramollissement, mais apparaissent bien moins savoureuses du fait d'un déroulement excluant la moindre surprise. Si Budgie aimait auparavant à insérer des passages acoustiques et de multiples changements de rythme au sein de ses compositions, le trio ne s'appuie désormais que sur un riff qu'il répète inlassablement pendant de longues minutes bien au delà de sa durée de vie.

Malgré tout, Shelley et Bourge affirment à nouveau de manière indiscutable la légitimité de leur formation en proposant de nouveaux coups de génie dont ils ont le secret. Le riff incroyable de "I Can't See My Feelings" est à ce titre une véritable bénédiction, non loin d'atteindre l'orgasmique "In the Grip of a Tyrefitter's Hand" parmi les sommets du groupe. Derrière sa façade pseudo-prog et sa longue introduction acoustique, "Napoleon Bona-Parts I & II" renferme quant à lui une des premières prestations assimilables à la future nouvelle vague du heavy metal anglais. Ce riff démoniaque porté par un rythme d'une vélocité impressionnante préfigure en effet indéniablement l'irruption rageuse et ultérieure des Motörhead, Judas Priest et autres Iron Maiden. Malgré sa contribution sous-estimée à l'émergence de ce mouvement, le groupe refusera de s'y engouffrer réellement, préférant décliner à travers une approche plus éclectique et complaisante. Bandolier reste ainsi considéré par beaucoup comme le dernier grand classique de Budgie, ce qui disqualifie injustement les albums ultérieurs dont certains, bien que moins offensants, ne lui sont pas inférieurs.
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In for the Kill
In for the Kill
Prix : EUR 22,45

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 23 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : In for the Kill (CD)
Après trois premiers albums tout à fait admirables, Budgie, alors en pleine ascension, se heurte à un premier obstacle de taille : le batteur Ray Phillips décide de quitter le groupe en pleine tournée. Bourge et Shelley sont non seulement priés de trouver immédiatement un remplaçant afin de finir cette tournée, mais également invités à enregistrer un nouvel album le plus rapidement possible. Cette pression n'est pas sans effet sur la consistance d'In for the Kill (1974), un disque que Burke Shelley lui-même n'hésite pas à qualifier de bâclé. Sans le moindre temps mort, Budgie enchaine concerts et séances d'enregistrement et doit faire face à une inévitable fatigue créative. La pénurie de compositions est alors compensée par des stratégies plus ou moins satisfaisantes sur le plan artistique. Ainsi, le tout premier single du groupe, qui ne figurait jusqu'à présent sur aucun de ses albums, est désigné pour renforcer celui-ci. Le style du trio n'ayant pas réellement évolué depuis, cet excellent "Crash Course in Brain Surgery" trouve une place plutôt légitime dans un In for the Kill qui s'en trouve par ailleurs nettement revalorisé.

L'auto-recyclage peut en effet s'avérer acceptable, voire ici bénéfique. En revanche, le Religionnaire condamne fermement les manœuvres d'étirement/remplissage auxquelles se livrent les deux compositeurs sur "Zoom Club" et "Living on Your Own" afin de combler leur manque d'inspiration. Sur moins de trois minutes, ces deux titres auraient pu constituer de solides réussites, mais malaxés et étalés sur plus de neuf minutes, ils apparaissent plutôt comme inconsistants et agaçants. Par ailleurs, aussi pesantes soient-elles, les divagations blues-rock "Hammer and tongs" et "Running from My Soul" émergent comme de tristes régressions nostalgiques sans saveur. Heureusement, outre le "Crash Course in Brain Surgery" que reprendra plus tard Metallica, Budgie parvient à se rendre poignant sur "In for the Kill" dont le riff est des plus dévastateurs, ainsi que sur "Wondering That Everyone Knows", nouveau délice acoustique de Burke Shelley.

In for the Kill est ainsi sauvé du désastre par une poignée de titres, ce qui n'empêche le nouveau batteur Pete Boot de quitter le groupe moins d'un an après son arrivée. Bourge et Shelley devront quant à eux surpasser ce moment de faiblesse qui vient contrarier une ascension jusque-là plutôt sereine.


Never Turn Your Back on a Friend
Never Turn Your Back on a Friend
Prix : EUR 23,04

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 19 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Never Turn Your Back on a Friend (CD)
Après ses deux premiers disques solides et prometteurs, Budgie signe un contrat avec une maison de disque plus prestigieuse et gagne parallèlement en liberté artistique. Désormais débarrassé de l'emprise d'un producteur extérieur, le trio pense enfin pouvoir livrer toute l'étendue de son talent. Cependant, si l'absence de cadre affranchit ici le groupe de conventions parfois pesantes, cette absence de droit de regard le laisse malheureusement en proie aux égarements et autres persévérations stériles. Never Turn Your Back on a Friend, qui reste donc l'album le plus populaire de Budgie, est aussi celui des excès en tous genres, la plupart de ces débordements restant heureusement plus attachants qu'irritants. Roger Dean y installe définitivement sa signature graphique, comme il le fait avec Yes et les Tales From Topographic Oceans la même année, ainsi que son génie du logo, celui de Budgie faisant ici son apparition. Si cette délicieuse esquisse participe sans conteste au succès du disque, son excellente réputation tient avant tout à la présence du génial "Breadfan". Son riff ultra-rapide et irrésistible en fait un véritable échantillon précurseur du thrash de Metallica, au point même d'être intégré ultérieurement dans le répertoire des quatre cavaliers. "In the Grip of a Tyrefitter's Hand", autrement plus original, est également à hisser parmi les productions les plus convaincantes du hard rock des années soixante-dix. Le Religionnaire reste perpétuellement sidéré par ce riff stéréophonique aussi étrange qu'insidieusement séduisant.

Bien en phase avec son époque, Budgie sombre également dans une exagération presque systématique. La grande majorité des titres souffre effectivement du syndrome de la rallonge contrariée. Pour exemple, la reprise de "Baby Please Don't Go" inspirée de la version de Them, est étirée à plus de cinq minutes alors que basée sur un simple groove pourtant très appétissant mais trop peu endurant. Le très frustrant "You're the Biggest Thing Since Powdered Milk" s'ouvre sur un solo de batterie de près de deux minutes, avant d'enchainer de façon plutôt anarchique de sympathiques riffs et d'interminables soli pour un total de plus de huit minutes. Dans un style plus calme et mélodique, "Parents" souffre également de la naïveté de son architecture ainsi que de son long déroulement sur plus de dix minutes. Il ne fait aucun doute selon le Religionnaire que le regard extérieur et l'intervention d'un producteur, même raisonnable, aurait pu organiser ces bonnes idées en spécimens bien plus mémorables. Étrangement, cette surabondance ne contamine pas la face la plus délicate et claire de la musique de Budgie, entretenue de façon récurrente par Burke Shelley depuis les débuts du groupe. "You Know I'll Always Love You" et "Riding My Nightmare" dévoilent en effet leur grâce de manière plus simple et authentique et demeurent sans doute les plus belles créations mélodiques du bassiste à binocles.


Squawk
Squawk
Prix : EUR 21,86

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 19 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Squawk (CD)
Le bon accueil réservé au premier effort incite Budgie à conserver la même démarche artistique faite d'un alliage solide de distorsion alourdie et de douceur clarifiée. Si la pochette inaugurale était récupérée dans les déchets d'Hawkwind, la seconde est proposé au groupe par l'illustre Roger Dean qui, en marchant un jour le long d'une plage, tombe sur un crane de mouette qui lui fait immédiatement penser à la perruche mascotte du groupe. Toujours mené par le bassiste chanteur et binoclard Burke Shelley, le trio reprend donc là où il s'était arrêté avec l'intention de perfectionner son approche séduisante du rock lourd, le guitariste Tony Bourge souhaitant notamment accroitre la sophistication des compositions. La conception de Squawk, toujours supervisée par le producteur Roger Bain, se déroule à nouveau au Pays de Galles, le groupe bénéficiant cette fois d'un matériel plus perfectionné. L'enregistrement ne prend pas plus d'une semaine et le mixage final convient à l'ensemble de l'équipe excepté Ray Phillips, très insatisfait du son de sa batterie.

Désigné par un gloussement de perruche, ce second disque délivre la même lourdeur impressionnante contrebalancée par quelques délicatesses acoustiques, beatlesiennes ("Rolling Home Again") ou zeppeliniennes ("Make Me Happy"). Derrière ces riffs incroyablement pesants se cachent effectivement des arrangements riches et complexes. Le colossal "Rocking Man" fourmille de cassures rythmiques et autres déflagrations sonores polymorphes sans pour autant y renier son groove lent et accrocheur. "Young Is a World" est lui conçu dans la plus pur tradition progressiste de l'époque, incluant le mellotron et mêlant la somptuosité mélodique et l'émotion du folk à la puissance du hard rock. Si Budgie y semble empiéter sur les terres de Led Zeppelin, le trio affirme avec brio sa singularité sur le sublime "Hot as a Docker's Armpit". L'élan imparable fournit par son riff irrésistible ne tarde pas à laisser la place à une terrible montée en puissance faite d'accélérations et de soli virtuoses avant de se terminer en apothéose avec l'adaptation de "Mars" des Planètes de Gustav Holst. Fort heureusement, des titres plus courts et directs tels que "Whiskey River" ou "Drug Store Woman" sont aussi inclus et leurs grooves musclés se révèlent particulièrement accrocheurs, le tout garantissant une efficacité scénique certaine.

Squawk, tout aussi valeureux que son prédécesseur, se veut même plus consistant que ce dernier. Son seul réel point faible, et non des moindres, reste son arrivée ultérieure sans provoquer ainsi le moindre effet de surprise et donc sans grande possibilité d'agrandir le cercle assez restreint des admirateurs du groupe.


Budgie
Budgie

8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 19 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Budgie (CD)
Après avoir œuvré sur les trois premiers albums de Black Sabbath, le producteur Rodger Bain déniche ce qu'il pense pouvoir faire passer comme un équivalent anglais du phénomène Grand Funk Railroad. Il perçoit effectivement en ce trio sans prétention un potentiel fédérateur à exploiter, et ne se prive pas pour donner son opinion directement sur la pochette du premier disque : "Budgie est un trio originaire de Cardiff, probablement le premier groupe de rock capable de rivaliser avec les géants américains, ils ne sont pas les plus grands compositeurs du monde, pas particulièrement subtils, ni progressifs, ils sont juste un groupe de rock, un sacrément bon groupe de rock". Cette stratégie marketing est, foi de Religionnaire, aussi scandaleuse que pathétique, et illustre à merveille le point commun entre l'appât du gain et la masturbation.

Aussi sourd qu'il soit, cet aimable producteur possède tout de même un talent non négligeable pour dénicher des groupes talentueux. Budgie s'affirme en 1971 comme le compromis parfait entre la lourdeur de Black Sabbath et l'éclectisme de Led Zeppelin. Le leader, bassiste et chanteur Burke Shelley piaille à la manière suraiguë de Robert Plant bien que sa sensualité très inférieure le ramène plutôt au niveau d'un Geedy Lee. Il manifeste également un théâtralisme diabolique digne d'Ozzy Osbourne, qui reste indéniablement précurseur des vocalises de Rob Halford et Bruce Dickinson. Musicalement, Budgie se partage dès ce premier disque entre de délicats élans acoustiques et des riffs d'une lourdeur ahurissante, ce qui deviendra sa grande marque de fabrique. Le Religionnaire ne craint pas une seconde de contredire Rodger Bain en disant que ces compositions sont brillantes, subtiles, et même progressistes, comme en témoigne le splendide "Nude Disintegrating Parachutist Woman" avec sa longue structure en trois parties (A-B-A). Le guitariste Tony Bourge s'affirme autant à la façon pesante et imposante de Tony Iommi ("Guts", "Nude Disintegrating Parachutist Woman", "Homicidal Suicidal") qu'à la manière plus véloce de Jimmy Page sur "Rape of the Locks", un titre qui dénonce avec ironie la discrimination des cheveux longs. Non seulement riffs sont en grande majorité aussi accrocheurs que ceux des trois premiers Black Sabbath, mais Budgie se fait aussi poignant par ces petits détours de délicatesse intercalés. Ces douces mélodies au son clair, pour la plupart prétexte à relater les expériences amoureuses de Shelley, ne sauraient être considérées comme un simple et banal remplissage.

Ce premier disque de Budgie est d'un niveau exceptionnel et mérite autant l'écoute que la plupart des albums provenant des têtes d'affiche du rock lourd de l'époque. Si Black Sabbath fait déjà du metal depuis deux ans, Budgie est tout aussi lourd mais plus athlétique. L'histoire ne semble malheureusement pas avoir suffisamment retenu son œuvre dont l'influence est pourtant incontestable, que ce soit sur Steve Harris, grand amateur du groupe, Metallica ou Soundgarden qui reprendra "Homicidal Suicidal".


Black Symphony (2 DVDs)
Black Symphony (2 DVDs)
DVD ~ Within Temptation
Prix : EUR 29,00

3 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 10 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Symphony (2 DVDs) (DVD)
Cette surprise est des plus délicieuses. Si le dernier album studio The Heart of Everything (2007) avait fortement désappointé le Religionnaire, ce dernier ne peut ici qu'applaudir et rendre hommage à cette performance prodigieuse. Plus que de musique, plus que de rock, plus que de metal, il s'agit de grand spectacle, d'un grand spectacle à la hollandaise, véritable triomphe d'un romantisme gothique et majestueux. La conjonction d'un orchestre de soixante musiciens, d'une chorale de vingt chanteurs, du groupe et de sa belle vocaliste, le tout à travers une mise en scène à couper le souffle, aboutit à une prestation terriblement poignante sans réel équivalent à ce niveau. Le Religionnaire a toujours considéré Within Temptation comme peu inspiré, et le pense toujours après cette expérience, ce qui n'empêche pas la formation de proposer ici la plus belle collaboration qui soit entre un groupe de rock et un orchestre symphonique. Plus que portés, les musiciens sont littéralement propulsés par ce Metropole Orchestra vers des hauteurs divines, et semblent régulièrement ébahis par la dimension colossale que prennent leurs compositions. Cette stupéfaction laisse rapidement la place à une euphorie contagieuse, un bonheur indescriptible que le groupe partage à merveille avec le public.

Que ce soit par les échantillons les plus mielleux, évoquant auparavant la plus banale des variétés internationales, ou par les élans épiques rappelant les plus héroïques des batailles cinématographiques, le concert saisit, captive pour ne plus lâcher. Le meilleur survient évidemment une fois passés les inévitables titres du dernier effort, lorsque le groupe se lance dans ses plus belles créations, notamment celles de son sommet Mother Earth (2000). Le spectacle terminé, ces deux heures semblent être passées à la vitesse de l'éclair si bien que le Religionnaire trouve une honorable consolation dans les documentaires mis à sa disposition, ainsi que dans les quelques vidéoclips et le concert bonus bien plus conventionnel et moins reluisant. Within Temptation n'incarne surement pas la ramification la plus rebelle et virile du metal, ni la plus intelligente ou la plus virtuose. Sa musique volontiers naïve et accommodante associée à son imagerie gothique et théâtrale traine un public dont la majeure partie est constitué d'adolescentes boutonneuses et égocentriques. Si leurs équivalents masculins s'y intéressent également, c'est pour admirer la jolie Sharon Den Adel qui ne sait pourtant danser qu'avec ses mains. Cependant, avec ce concert magique, le groupe obtient les faveurs du Religionnaire. Espérons qu'il saura en profiter un certain temps...


Dream Theater - Chaos in Motion ( 2 DVD)
Dream Theater - Chaos in Motion ( 2 DVD)
DVD ~ Dream Theater
Prix : EUR 13,00

21 internautes sur 60 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 10 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dream Theater - Chaos in Motion ( 2 DVD) (DVD)
Depuis quelques années déjà, la commercialisation de glorieuses prestations scéniques représente pour Dream Theater un passage obligé après chaque album studio. Le dernier spécimen en date, hautement grandiloquent, semblait déjà avoir mené la surenchère à un niveau extrême. Voilà probablement pourquoi le groupe tente ici de se donner l'image d'une formation qui n'a plus rien à prouver, sans pouvoir toutefois échapper à sa perpétuelle quête de légitimité : "1 an & 1 jour, 115 concerts, 105 villes, 35 pays, 5 continents, des centaines de milliers de fans... 1 groupe". Au delà de ces multiples de cinq se cache l'horrible vérité. Derrière cet hommage hypocrite à ses fanatiques, Dream Theater s'honore avant tout lui-même, mais voudrait surtout nous faire croire qu'il est plus fier de se mettre en avant à travers ses admirateurs que de parader devant un orchestre symphonique. Que le groupe soit ou non à court d'idées originales, assister à l'un de ses concerts, dans la fosse ou sur son canapé, demeure toujours une expérience sans grand intérêt. Petrucci, Portnoy et Labrie sont en effet sur scène aussi pédants qu'ils sont répugnants. Là où un Lemmy au combien plus immonde parvient à dégager une aura voire un minimum de sensualité, les trois leaders de Dream Theater ne manifestent pas le moindre charisme, trainant leur carcasse nauséabonde sur quelques mètres, incapables du moindre jeu de scène ou d'interagir de façon authentique avec le public. Chacun des trois est comme aspiré et monopolisé par l'auto-contemplation : Portnoy, surplombant les autres, matraque fièrement son arsenal, Labrie prend des poses de bodybuildé, brandissant régulièrement son pied de micro de façon triomphante, et enfin Petrucci semble systématiquement proche de l'évanouissement à l'écoute de ses propres soli.

Ce "tour du monde en 180 minutes" apporte une sélection musicale moyennement judicieuse, la qualité audio et video étant de plus très variable d'un titre à l'autre. Le mixage en 5.1 place systématiquement Petrucci sur l'enceinte de droite, entrainant un déséquilibre massif. Dans une réaction légitime, l'auditeur fuit inexorablement de l'autre coté, allant jusqu'à coller son oreille sur l'enceinte de gauche où il peut espérer percevoir de façon fugace la basse de Myung et le clavier de Rudess. Ce Chaos in Motion confirme par ailleurs une fois de plus que James Labrie est un chanteur minable qui, non protégé par les artifices de studio, ne fait qu'enchainer faussetés et piaillements stridents. Portnoy, pourtant médiocre chanteur d'appoint, parvient aisément à le surpasser tout en malmenant ses fûts. Comme à chacun de ses concerts, Dream Theater est incapable de trouver le juste milieu entre la retranscription strictement à l'identique et l'égarement soliste démonstratif et interminable. Les seuls titres dignes d'intérêt restent ceux tirés du dernier disque, probablement car inédits en live. Passé les trois heures de concert, l'auditeur peut poursuivre avec un long reportage d'une heure et demie, alternant glorification excessive et intimité factice, dans lequel le groupe s'obstine à faire croire sans succès qu'il sait ne pas se prendre au sérieux, ceci à travers un humour de bas étage totalement dénué de spontanéité. Bien qu'un effort semble avoir été accompli au niveau du prix, le tarif s'envole rapidement pour qui veut posséder la version haut de gamme avec les trois CD supplémentaires, qui ne correspondent pourtant qu'à la piste audio des deux DVD. L'art et l'inutilité, deux notions que le monde se plait à considérer comme incompatibles, n'auront jamais été aussi bien réunies que sous le signe de l'escroquerie. Démasquer cette dernière nécessite visiblement du temps, et de l'argent...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (11) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 31, 2012 10:37 AM MEST


The Last Temptation
The Last Temptation
Prix : EUR 14,02

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 3 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Last Temptation (CD)
Le grand principe du shock rock est de décupler sa force de frappe en associant l'image à la musique. De Screamin' Jay Hawkins à Marilyn Manson, cette fameuse synergie visuelle/auditive est l'ingrédient fondamental de son succès, mais là réside également son gros point faible. Un mélomane qui n'a que faire du maquillage de Kiss ou des frasques permanentées de Mötley Crüe se retrouve immanquablement face à un contenu musical bien fade, ou du moins bien inférieur à ce qu'il est en droit d'attendre d'un artiste aussi renommé. En tant que roi du mouvement, Alice Cooper n'échappe malheureusement pas à la règle. La partie la plus respectée de sa discographie d'un point de vue musical, à savoir celle du "groupe" Alice Cooper au début des années soixante-dix, reste elle-même bien insipide comparé à la plupart du hard rock contemporain. Sa résurrection hair metal quinze ans plus tard, bien que réussie, n'arrange rien au problème, ce style lui étant en grande partie redevable. Certaines pointures du genre le confirment en l'assistant sur Trash comme on aide un vieux père par devoir.

Au début des années quatre-vingt-dix, le shock rock et ses dérivés n'ont plus la cote. Le vieux sorcier refuse pourtant de sombrer. Il se résout alors à chercher la voie alternative pour séduire ce nouveau public. Le succès gigantesque remporté par les Guns N' Roses le rassure probablement quant au caractère non rédhibitoire de ses antécédents hair metal. La bande d'Axl Rose semble effectivement être une des grandes sources d'inspiration de ce The Last Temptation (ex. "Nothing's Free"). Plus de vingt ans après le début de sa carrière, le vieux briscard désormais ridé parvient enfin à fournir une aeuvre qui peut s'écouter avec plaisir les yeux fermés. Les giclées de sang et autres pitreries, tout comme la bande dessinée fournie avec l'album deviennent purement facultatives. Le contenu musical de ce disque est riche, varié et particulièrement consistant, au point de rendre les paroles particulièrement digestes. Ainsi accroché par le rythme et les mélodies, le Religionnaire se surprend volontiers à entonner des hymnes stupides avec une grande jouissance. Les traces de hair metal persistent mais le brave saltimbanque semble n'en conserver que le meilleur pour le parodier, notamment les propos misogynes du mâle de bas étage ("I can't get a girl cause I ain't got a car/I can't get a car cause I ain't got a job/I can't get a job cause I ain't got a car/So I'm looking for a girl with a job and a car"). A l'instar d'un bon élève du metal alternatif, il alterne judicieusement distorsion et son clair, utilise parfois des sonorités inhabituelles et des mélodies peu conventionnelles, le tout sans nuire à la cohérence du message musical primaire. A ce titre, les deux échantillons les plus touchants sont ceux où l'on entend le chant additionnel de Chris Cornell, à savoir la magnifique ballade "Stolen Prayer" et l'étonnant "Unholy War" au lourd parfum de grunge.

Entre belles ballades poignantes ("It's Me"), hymnes jubilatoires ("Sideshow", "Lost in America"), et performances plus audacieuses, The Last Temptation est le magnifique témoignage d'un vieil artiste qui ne demandait qu'à s'évader de la platitude musicale imposée par son personnage. Ce disque doit avant tout être conseillé au mélomane qui n'aime pas Alice Cooper, autrement dit à celui qui ne sera pas "shocké" de l'entendre s'essayer au grunge et se mesurer à Axl Rose...


A Third of a Lifetime [Remastered Bonus Tracks]
A Third of a Lifetime [Remastered Bonus Tracks]
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 28,89

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 3 octobre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Third of a Lifetime [Remastered Bonus Tracks] (CD)
Les talentueux frères Adrian et Paul Gurvitz (alias Curtis) ne demeurent que trop peu dans les mémoires de la rockologie contemporaine. Volontiers relégués parmi les nombreux suiveurs de Cream et Led Zeppelin, ils écrivent pourtant quelques unes des plus belles pages des débuts du hard rock. Le premier album de Gun, qui sort dès 1968, reste notamment un superbe specimen de lourdeur et de théâtralisme, émanant d'une sorte de Moody Blues du coté obscur et précurseur direct des premiers efforts d'Uriah Heep. Malheureusement, le second album est d'une médiocrité sans bornes, ce qui incite les deux frères à repartir de zéro. Adrian le guitariste et Paul le bassiste se séparent de leur batteur et en convoitent déjà plusieurs pour leur nouveau groupe nommé Three Man Army.

Le premier album est visuellement représenté à la perfection par cette arme à feu musicale délicatement manipulée par trois mains. Si les frères témoignent effectivement d'un talent certain pour la lourdeur, les riffs et le groove, ils ne sauraient renier des penchants plus doux et parfois mielleux. "A Third of a Lifetime" est à ce titre l'une des plus belles ballades orchestrales de ce début de décennie, illuminée par les arrangements divins de Paul Gurvitz. Sa beauté classieuse n'a d'égale que son équivalent de beauté triste : le superbe et poignant "Together", magnifique promenade acoustique rythmée par une ligne de basse poignante, dont la montée en puissante et le solo fournissent au Religionnaire l'un de ses plus délicieux orgasmes musicaux. Du coté des titres plus musclés, la qualité est plus inconstante et donc à l'image de la carrière des Gurvitz. L'irrésistible "Another Day" dont le riff et le groove feraient frétiller l'arrière train du plus catholique des obèses demeure la prestation la plus efficace de l'album. Les autres échantillons remuants sont bien plus anecdotiques, sources d'un plaisir certain mais malheureusement trop fugace pour susciter le manque une fois terminé. Ce disque est malgré tout bien sympathique, très attachant et ne saurait être négligé par l'amateur d'un hard rock éclectique et ambitieux. Pour ses quelques perles, le Religionnaire irait même jusqu'à considérer ces fameux frères Gurvitz comme les Lennon et McCartney du rock lourd.

Les différents batteurs recrutés sont au nombre de trois, et à concevoir comme de simples invités, parfois de marque, notamment Buddy Miles. Les albums suivants n'attireront pas davantage le grand public, incitant alors les deux frères à s'allier cette fois avec le grand Ginger Baker au sein du Baker Gurvitz Army. La gloire, capricieuse et exigeante, ne sera pas davantage au rendez-vous.


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