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Contenu rédigé par Religionnaire
Classement des meilleurs critiques: 30.491
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Commentaires écrits par
Religionnaire (Paris, France)

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A Dramatic Turn of Events
A Dramatic Turn of Events
Prix : EUR 15,77

8 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 24 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Dramatic Turn of Events (CD)
Ce nouvel album est logiquement devenu le produit le plus attendu de la maison de disque, les antécédents promotionnels du Religionnaire se trouvant une nouvelle fois récompensés par une délicieuse "copie pour publicitaires amateurs". Cette œuvre devait donc être rapide mais surtout rassurante, et c'est le cas : en se basant uniquement sur elle, il est tout bonnement impossible de retracer les évènements de l'année précédente et notamment le changement de batteur. Dream Theater n'a jamais autant sonné comme lui-même, ce qui peut facilement amener à penser que tous les musiciens pourraient être remplacés sans répercussions "musicales". L'ensemble des chroniqueurs de la toile et du papier s'empresseront de proclamer une œuvre "DT conforme" à recommander aux adeptes mais ne se préoccuperont guère, une fois de plus, de la population des non croyants. L'algorithme 2011 semble avoir été judicieusement mis à jour au point que certains n'hésitent pas à brandir la spectaculaire ritournelle du "meilleur album depuis [']" (espace à remplir selon l'obédience du fanatique en question). Or il suffit simplement de prendre un peu plus de hauteur, de s'élever au-delà de l'échelle de la discographie du groupe, pour réaliser que la différence entre cet album et le précédent est infinitésimale, donc bien loin d'être significative. La surenchère est présente à tous les niveaux et aboutit à près de 80 minutes d'une hyperdensité insupportable. Les riffs foisonnent et suintent en gouttelettes grasses faites d'un mélange d'amphétamines et de stéroïdes, le tout témoignant de l'overdose qui poussa le porte-noix à s'effondrer. Le déchaînement s'interrompt parfois pour laisser la place à des interludes théâtralisants pompés sur les diverses scènes metal noires ou puissantes, ou à ces fameuses ballades répugnantes dont le groupe devrait se débarrasser mais qu'il cultive ridiculement depuis ses débuts. L'intelligence artificielle devient ici inspiration artificielle pour le plus grand bonheur des endoctrinés, pour le plus grand dégout des mélomanes savants. En ce qui concerne Dream Theater, mieux vaut donc rester en dehors de la musique et en savourer la tartufferie.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (16) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 22, 2011 1:41 PM CET


Baker Gurvitz Army
Baker Gurvitz Army
Prix : EUR 21,68

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 5 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Baker Gurvitz Army (CD)
Certains artistes peinant à renouer avec la gloire de leurs débuts dévoilent une tendance toute particulière à se rassembler. Cette forme de solidarité narcissique est idéalement illustrée par ce supergroupe fondé sous le signe de l'abnégation. D'un côté, Ginger Baker, premier batteur vedette de l'histoire du rock, sort d'une expérience jazz rock bien valeureuse mais peu fédératrice avec le Ginger Baker's Air Force qui réunissait des collaborateurs parmi les plus prestigieux, ceci après un épisode plus marquant mais aussi plus déplorable au sein de Blind Faith, le tout sans jamais pouvoir rivaliser avec son illustre premier trio Cream. De l'autre, les frères Gurvitz, après avoir débuté très fort avec le tube "Race with the Devil" puis avec le premier album de Gun en 1968, sont gentiment retombés en seconde zone, ce malgré un semblant de nouveau départ avec Three Man Army. L'enthousiasme suscité par cette nouvelle collaboration n'est donc pas des plus débordants, que ce soit auprès des hordes mélomaniaques ou de la maison de disque dont les efforts promotionnels ne seront guère gargantuesques.

Les attentes s'avérant moindres, le résultat se révèle forcément plus agréable. L'armée Baker Gurvitz fournit une musique bien équilibrée entre les penchants jazzy du batteur et les élans plus cérémonieux du frère Adrian, les trois hommes se rejoignant évidemment sur le terrain de la pesanteur et des riffs. Le matraquage de Baker est parfois pénible au point de nuire à la musicalité plus délicate des Gurvitz, l'inévitable solo de batterie, toujours aussi facultatif, s'ajoute aux multiples cassures qui ponctuent un premier tiers de l'album très athlétique et tout de même séduisant. Le deuxième tiers se révèle plus doux, volontiers emphatique, orchestré et donc sous l'influence primordiale des Gurvitz pour un résultat tout aussi charmant. Beaucoup moins mémorable, le dernier tiers débute avec une pièce à vocation prog au sein de laquelle est contée une aventure motorisée de Ginger Baker dans un désert africain. La pénible fin du disque, marquée par un élan blues-rock brave mais anecdotique puis par une errance mélodique interminable, laisse le Religionnaire perplexe tel face à un oiseau de mauvais augure.

Les deux albums suivants confirmeront ce mauvais pressentiment par leur relative médiocrité. Le trio déjà peu prometteur s'y enfermera dans un pédant ramollissement évoquant celui de Carlos Santana. Baker n'émergera à nouveau qu'en 1986 et les frères Gurvitz retomberont à nouveau dans l'oubli. En attendant, ce premier album éponyme est à saluer même si aucune pièce ne s'y révèle réellement prodigieuse.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 29, 2015 5:11 PM MEST


Armageddon
Armageddon
Proposé par inandout_france
Prix : EUR 25,43

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 28 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Armageddon (CD)
Ce disque présente toutes les caractéristiques de l'album culte, à savoir celles qui suscitent une fascination intense au sein d'une population restreinte. Il sort à une époque où les performances apocalyptiques sont laissées de côté au profit de frappes chirurgicales et/ou plus accommodantes. Cette démarche sans concessions n'empêchera pas le groupe de connaitre un certain succès aux États-Unis mais ne lui permettra pas poursuivre au-delà de cet œuvre unique. Le grand instigateur du projet reste Keith Relf qui, après avoir délaissé le hard rock naissant des Yardbirds pour fonder Renaissance, semble à nouveau vouloir muscler ses vocalises. Il recrute donc le guitariste Martin Pugh et le bassiste Louis Cennamo au sein d'un Steamhammer fraichement dissolu, le second l'ayant déjà soutenu au sein de Renaissance, et le batteur Bobby Caldwell dont le CV n'est pas moins attrayant (Johnny & Edgar Winter, Captain Beyond). Au début de l'automne 1974, le quatuor commence à enregistrer ce qui deviendra le chant du cygne d'un Keith Relf dont l'état général est visiblement très altéré. Si ce dernier décèdera électrocuté un an plus tard, il semble déjà condamné à court terme par la toxicomanie.

À l'exception du troisième, les échantillons sont très longs et dépassent les huit minutes. Il s'agit davantage d'étirements réalisés dans la déjà vieille tradition psychédélique que de réelles symphonisations. Ils ne reposent pour la plupart que sur le déroulement interminable d'un riff sur lequel se greffent quelques vocalises peu mémorables et au sein duquel s'insèrent de flamboyantes digressions solistes, à la guitare ou à l'harmonica. Si ces prestations à rallonge ne sauraient combler l'intégralité des attentes religionnariennes, celui-ci doit bien reconnaitre que le résultat ne se révèle étrangement pas barbant, et que l'œuvre ne peut en aucun cas être considérée comme une imposture. Les deux derniers titres, bien mieux fournis en riffs sur les plans qualitatif et quantitatif, propulsent même quelques grooves très accrocheurs desquels il s'avère difficile de se détacher sans y revenir encore et encore. Ce manque de concision aurait probablement été mieux pardonnée en 1969, alors que l'indulgence psychédélique n'était pas encore totalement partie en fumée, mais en 1975, l'effort parait déjà nostalgique, donc sans avenir. Après ce relatif échec, Keith Relf envisage de reformer la première mouture de Renaissance sous le nom d'Illusion, un projet qui verra le jour malgré son décès.


Fuzzy Duck
Fuzzy Duck
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 35,38

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 26 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fuzzy Duck (CD)
Rares sont les mélomanes ayant pu pencher ne serait-ce qu'une oreille sur ce disque lors de sa parution puisqu'il n'est sorti qu'à 500 exemplaires, des éditions originales qui font aujourd'hui fantasmer de nombreux collectionneurs. La réhabilitation s'est effectuée progressivement et en grande partie grâce au format du compact disc avec plusieurs rééditions depuis les années quatre-vingt-dix. La plupart des rockologues rangent cet album unique et éponyme dans la catégorie très excitante du hard rock à claviers, ce que le Religionnaire ne saurait contester tant l'orgue Hammond y tient une place prépondérante. En revanche, y ajouter une étiquette prog semble très présomptueux tant les musiciens filent droit en prenant soin d'éviter toute potentielle digression. Ceux-ci semblent tous plus ou moins issus de formations psychédéliques anglaises mais prennent ici une distance musclée et tout à fait adaptée vis-à-vis des stéréotypes sonores d'un mouvement d'ores et déjà dépassé. Les références à la décennie précédente concerne donc les œuvres les plus appuyées et/ou org(u)anisées, à savoir notamment celles de Cream, du Deep Purple Premier ou encore de Caravan.

Le meilleur atout du groupe n'est pourtant pas son organiste mais son bassiste Mick Harnsworth dont le parcours ne fera hélas pas honneur à son talent, et pour qui Fuzzy Duck ne constitue qu'un intermède, après Five Day Week Straw People, Andromeda, et avant Alvin Lee et Ten Years After. Il fournit grâce à ses lignes de basse un groove athlétique et fringuant qui suscite une accroche immédiate, à défaut d'être durable. Ce rock demeure en effet trop superficiel et conformiste pour épater un Religionnaire déjà rompu à l'exercice de la quête des trésors de l'époque. Le collectif ne parvient réellement à se singulariser que sur un échantillon, à savoir le premier dont le riff pourra éventuellement hanter le mélomane durant quelques minutes. Loin d'être désagréable pour autant, le reste de l'album se savoure sans ennui, mais l'audace, caractéristique primordiale de l'époque, demeure presque inexistante. Ce manque de créativité et de flamboyance condamne Fuzzy Duck à cette satanée seconde zone du hard rock, ainsi qu'à un honorable sobriquet religionnarien : l'Atomic Rooster du pauvre (ou du riche pour celui qui désire le 33tours original).


Rabbits on the Run
Rabbits on the Run
Prix : EUR 16,08

2 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 1 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rabbits on the Run (CD)
Le Religionnaire ne saurait se proclamer emblématique du public visé par cette jeune bardeuse qui n'a, hélas, jamais su confirmer l'immense succès de son premier simple et tube que vous connaissez tous. Il serait probablement préférable de balayer le reste de son œuvre en dénonçant une énième chantouilleuse pseudofolk sexy condamnée aux bandes originales mielleuses de Grey's Anatomy ou à la "Féérie Dansante des Sirènes". Or le Religionnaire ne parvient guère à s'y résoudre, y compris face à cet album qu'il juge très moyen mais à travers lequel il perçoit une nouvelle fois un talent mal orienté. Loin de la colère antitesticulaire d'Alanis Morissette, des étranges caprices de Fiona Apple, des mélodies accommodantes et opportunistes de Sheryl Crow, Jewel ou encore Natalie Imbruglia, Vanessa Carlton semble viser une version fraiche et naïve de Tori Amos, débarrassée d'une poésie et d'un intellectualisme parfois contreproductifs sur le plan musical. Le Religionnaire retrouve chez ces deux héritières de Kate Bush cette délicieuse nostalgie des années soixante-dix, délaissant les sonorités synthétiques, au profit d'une hégémonie pianistique influencée par la musique classique et volontiers renforcée par d'amples orchestrations, mais aussi en faveur de performances plus intimistes dont la portée et l'authenticité ne sont pas plus restreintes.

Ce quatrième disque s'impose déjà comme le moins extravagant de cette courte discographie. L'artiste le souhaitait sans fioritures, succombant à une idée reçue qui veut que le caractère s'affirme davantage à travers le minimalisme. Les discrètes entreprises promotionnelles, rapidement relayée par la frange la plus stérile et corrompue de la presse musicale, ont vite fait d'enfoncer une porte ouverte en proclamant l'inévitable "album de la maturité" sous prétexte d'un individualisme renforcé. Or il est évident que cet isolement survient en réaction au succès décevant des deux derniers disques : face à ce qu'elle imagine être un rejet du public, la jeune femme se retire, prétextant initialement vouloir se consacrer aux bandes originales de films pour enfin accoucher de cet album qu'elle considère à coup sûr comme sa dernière chance. Hélas, elle y délaisse les performances grandiloquentes et vitaminées qui faisaient son charme. Le ramollissement global est péniblement masqué derrière un effet de style presque conceptuel : une façade féérique désenchantée, modestement décorée par une chorale d'enfants, un cor d'harmonie ou encore un violoncelle.

Le contenu proprement musical n'est pas à la hauteur du climat sans pour autant mériter la colère religionnarienne, d'autant plus que cette œuvre saura se bonifier avec l'âge et les écoutes. L'échantillon maitre "Fairweather Friend", sorte de tourbillon mélodique paradoxalement apaisant, est constellé de petites ritournelles très attachantes et de plages ambiancées aussi mignonnes que sédatives. Le succès de cet album restera probablement modeste, ce qui achèvera de décourager la jeune trentenaire. Elle ira donc probablement se cacher dans des bandes originales mélodramatiques et nous privera de ses jolies vocalises de collégienne. La frustration de ses admirateurs n'aura de supérieure que la sienne, à moins qu'elle trouve enfin le guide auquel elle aspire, et qui puisse lui faire révéler bien davantage que sa bisexualité.


Rockin' With Wanda
Rockin' With Wanda
Prix : EUR 9,56

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 24 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rockin' With Wanda (CD)
Comme la plupart des représentants du mouvement, la reine du rockabilly débute sa carrière en tant que chanteuse de country, un style qu'elle entend bien glamouriser mais qui reste à l'époque encore insensible aux revendications féministes. Son style vestimentaire se révélant incompatible avec les codes en vigueur au Grand Ole Opry, Wanda Jackson est notamment priée de se couvrir les épaules avant de monter sur scène. Ceci ne l'empêche pas d'obtenir un contrat avec une maison de disques, de sortir un premier succès radiophonique et de commencer à tourner. Celui qui l'encourage à évoluer vers le rockabilly n'est autre qu'Elvis Presley. Rapidement séduit, notamment par son agilité vocale, son énergie et son esprit rebelle, il l'incite à écouter du R&B, à augmenter le tempo, à abandonner le yodel et la clarté au profit du glapissement et de la raucité. Dès 1956, les 45tours deWanda Jackson contiennent donc pour la plupart une chanson country couplée avec une performance rockabilly, cette alternance se retrouvant même à l'échelle d'un titre sur "I Gotta Know", un succès qui illustre à merveille cette transition artistique. Après avoir réinterprété les rares chansons de l'époque qui ne partent pas d'un point de vue masculin, la vocaliste se lance dans la composition, un exercice là encore exécuté avec brio à l'entendu des titres accrocheurs que sont "Mean Mean Man", Rock Your Baby", Baby Loves Him" ou encore "Cool Love".

Le premier album éponyme de 1958 n'offre qu'une place limitée au rockabilly : Wanda Jackson y emprunte "Long Tall Sally" à Little Richard et "Let's Have a Party", une sorte de clone de ce dernier interprété par Elvis Presley et qui deviendra l'un des plus grands tubes de la reine. Ce deuxième album porte bien son nom puisqu'il inverse la tendance en offrant seulement deux ballades country et en réunissant la plupart des meilleurs titres rockabilly proposés par l'artiste depuis le milieu des années cinquante. Le Religionnaire ne saurait trop vous suggérez l'écoute du cocasse et accrocheur "Fujiyama Mama" qui reste sa performance la plus attrayante et illustrant au mieux l'étendue de ses capacités vocales. Qu'elles soient nasillardes, éraillées, hoquetantes, braillardes ou plus limpides et harmonieuses, ces vocalises conviennent parfaitement au format rockabilly, à sa chambre d'écho, à ses rudes cavalcades et à ses sonorités guitaristiques caillouteuses. Ces pépites peinent pourtant à convaincre un public qui reste paradoxalement conservateur à travers la révolution rock 'n' roll. Le rockabilly est peut-être nouveau et progressiste, mais il n'en est pas moins masculin pour autant et Wanda Jackson reste bien seule au milieu de cette mysogynie traditionnelle. Le déclin de ce rockabilly poussera sa reine à se replier vers la country et le gospel avant d'exporter avec succès ses vocalises, notamment en Allemagne. Elle continuera à se produire sur scène et en studio jusqu'au nouveau millénaire et sera notamment récupérée par le spécialiste du relooking musical Jack White sur The Party Ain't Over(2011).


Take The Heat Off Me
Take The Heat Off Me

4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 16 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Take The Heat Off Me (CD)
Les mondanités rockologiques ne se consacrent qu'exceptionnellement à un éloge artistique du disco, encore moins lorsqu'il s'agit d'un groupe considéré comme le plus artificiel du mouvement. La plupart des mélomanes concernés avoueront volontiers, dans des sphères plus privées, secouer quelques orteils à l'écoute d'un tube de Boney M. dans un contexte festif. En revanche, lorsqu'il s'agit d'attribuer à la musique du quatuor une quelconque valeur artistique, le sourire méprisant demeure de rigueur. Le collectif est créé par le compositeur et chanteur allemand Franck Farian suite au succès de son premier tube "Do you Wanna Bump". Préférant rester en retrait, il décide d'envoyer sur le devant de la scène quatre chanteurs caribéens dont deux ne montreront jamais un talent suffisant pour que leurs vocalises soient enregistrées en studio : il s'agit du mannequin Maizie Williams et du danseur/DJ Bobby Farrell dont les prestations vocales se cantonneront à la scène. Farian ne s'en cachera jamais vraiment, contrairement à bien d'autres, et récidivera une décennie plus tard avec le fameux Milli Vanilli. Au final, l'authenticité de Boney M. reste largement estimée proche du zéro absolu, et notamment moindre que celle des Village People. Le Religionnaire entend bien rectifier cette sombre méprise sans pour autant surestimer une musique certes rudimentaire mais bien plus riche que sa réputation.

Ce premier album, à l'instar de ses deux successeurs Love for Sale et Nightflight to Venus, ne peut résolument être considéré comme l'assemblage de quelques tubes décorés par un effort de remplissage. Ces fameux tubes, à savoir "Daddy Cool" et "Sunny", ne sont certainement pas les plus valeureux selon le Religionnaire mais démontrent parfaitement le savoir-faire de Franck Farian qui inaugure une incroyable série de dix 45tours internationalement triomphants sur trois ans. Le reste du disque révèle d'autres échantillons disco également très accrocheurs, notamment le sublime "Take the Heat off Me" qui propulse son hymne à grand renfort de cordes et de riffs, ce de manière bien plus subtile que les deux titres précédemment cités. Le mélomane découvrira également quelques élans plus aventureux, à savoir deux réinterprétations disco efficaces du célèbre "No Woman No Cry" et du non moins fameux "Fever", grand succès des années cinquante. Il ne s'agit certainement pas d'efforts progressistes mais ceux-ci témoignent tout de même d'une certaine audace, et annoncent d'autres reprises encore plus surprenantes dans les années qui suivront. La plupart des mélomanes se contenteront aisément d'une compilation telle que Gold, mais le Religionnaire ne saurait trop suggérer à ses lecteurs de jeter une oreille sur les trois premiers albums de ce groupe, pour moitié artificiel mais artistiquement bien plus authentique qu'ils peuvent bien l'imaginer.


Fly From Here
Fly From Here
Prix : EUR 20,00

4 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 16 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fly From Here (CD)
Ce nouvel album inespéré, succédant au Magnification d'il y a dix ans, pourrait bien ne pas être le dernier. Les experts en étiquetage obsessionnel et autres rangements temporospatiaux auront vite fait de le considérer comme une sorte de successeur de Drama (1980). Si les membres du groupe actuel sont effectivement pour la plupart ceux de cette époque, le Religionnaire n'oublie guère de leur rajouter trente ans et de constater qu'il s'agit aujourd'hui d'aimables vieillards. Contrairement à une pensée for répandue, la vie n'est ni plus tranquille ni plus confortable à cet âge avancé comme peuvent en témoigner les emplois du temps familiaux et médicochirurgicaux de nos sexagénaires. Or ceux-ci nous livrent une œuvre respectable, pour ne pas dire adorable, pour ne pas dire le meilleur album depuis une ou deux décennies, presque trois. Ces personnes âgées nous prouvent magistralement que ce qu'on appelle le rock progressif n'a pas réellement progressé depuis leur jeunesse, du moins dans sa branche symphonique. La fameuse composition éponyme, vieille de trente ans et étirée sur près vingt-cinq minutes, pourtant loin d'être des plus palpitantes, constitue une belle leçon donnée aux jeunes scandinaves du prog nostalgicoadorateur qui résonne depuis plusieurs décennies dans des réseaux aussi "hermétisants" qu'émétisants.

La raison principale de cette qualité est une absence : celle de Jon Anderson, pas tant pour son chant incantatoire et désincarné que pour son abominable tendance à composer d'erratiques mantras dénués de la moindre musicalité. Le duo tout aussi vieillard des Buggles peut alors s'investir pleinement comme il l'avait fait sur Drama, un disque grâce auquel Yes avait rebondi suite à la triste débâcle Tormato (1978). La majeure partie des compositions sont donc signées par Trevor Horn, ici producteur, et par le claviériste Geoff Downes, arrivé pendant l'enregistrement pour remplacer le fils de Rick Wakeman gentiment remercié. Les trois indécrottables Howe, Squire et White participent dans une moindre mesure à ce processus mais s'exécutent à merveille sur le plan instrumental, au point d'interloquer le Religionnaire sur un éventuel nouvel âge réminiscent. Le chanteur Benoît David se révèle quant à lui agréablement surprenant tant il parvient à singer Jon Anderson en tempérant ses insupportables défauts.

Les titres sont parfaitement chantournés, bien équilibrés entre des mélodies franches et des passages plus symphonisants, planants, mais jamais vraiment barbants. Horn et Downes demeurent d'excellents mélodistes et parviennent à colorer chaque morceau, voire même chaque mouvement de la suite, d'une aura musicale personnalisée si bien que le Religionnaire ne saurait délester l'œuvre d'un superflu qui n'existe pas. En revanche, cette musique, aussi attendrissante soit elle, appartient clairement à un autre âge. Ceux qui ne l'ont pas connu, ou guère apprécié, n'y trouveront pas d'intérêt si ce n'est matière à dénoncer une odieuse ringardise. Certaines sonorités synthétiques ramènent à une époque où le rock hésitait encore, entre adoption et mépris de l'électronique, mépris de ces bruits futuristes et naïfs. La solidité mélodique de ces compositions préserve toutefois Yes de quelques moqueries supplémentaires mais ne risque pas d'inciter la vierge jeunesse à se plonger dans sa discographie.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 17, 2014 11:56 PM MEST


Mezmerize
Mezmerize
Prix : EUR 15,92

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 28 juin 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mezmerize (CD)
Les nostalgies les plus proches n'ont jamais été les moins exquises même si l'œuvre du Religionnaire pourrait bien laisser croire le contraire. Il choisit ainsi en ce jour le départ vers un passé peu lointain et plus particulièrement vers un album que ces quelques années n'ont guère entaché. La bienséance rock-en-bol-est-ce-que exigerait certainement d'en considérer l'aspect fragmentaire, ce que le Religionnaire expulse volontiers comme le plus purulent des furoncles tant ce disque gagne à être appréhendé sans sa bien inférieure moitié. Ce probable clin d'œil à l'hypnotiseur Michael Mezmer, que vous aimeriez voir renommé Gode-froid, symbolise à merveille les dénonciations politiques de ces délicieux artistes qui scandent fougueusement leurs odes à la supercherie. Des injonctions accompagnant la guerre en Irak ("Die", "Truth", "Obey", "Buy", "God") à celles du matérialisme ("My cock is much bigger than yours"), en passant par le triptyque sacré sexe, drogue et rock 'n' roll, les considérations et autres messages ne brillent pas par leur profondeur analytique, mais leur puissance hymnique n'aurait certainement pas bénéficié d'un intellectualisme plus poussé.

Le mélomane, notamment non anglophone, délaissera l'analyse de texte au profit de la souveraineté des mots, des riffs, ainsi que de leur sublime musicalité. La façade sonore immédiate, punkoïde et barbare induit volontiers en erreur au sujet d'une musique parmi les plus subtiles de ce nouveau millénaire. Il ne s'agit pourtant que de metal alternatif, une spécialité déjà dépassée et d'ailleurs attribuée à la décennie, et donc au siècle, précédents. Or nos troubadours en réalisent une mixture parfaite, composée des riffs politisés de RATM, du groove pornographique des RHCP, de la géniale instabilité mélodique de FNM, le tout propulsé tantôt avec une violence atroce, tantôt avec une sensualité dégoutante, et arrosé d'un délicieux parfum de mortadelle. Il ne s'agit que de quelques influences détectables, pour ne pas dire les principales, au sein d'une œuvre à classer parmi les sommets d'une décennie bien pauvre en révolutions lourdes.

Certains rappelleront que le sympathique Toxicity (2001) vaut bien cet album, voire le surpasse, ce qui peut constituer matière à débat. Le Religionnaire rétorquera que ce Mezmerize reste inégalé dans ses élans parodicopoignants mais également dans sa consistance et, maintenant qu'il est possible de le certifier, dans sa durée de vie. Ce disque accroche immédiatement un cortex qu'il ne lâchera, ni ne lassera, qu'après une consommation prononcée et prolongée, non sans persister au sein de la mémoire immédiate qu'il hantera des heures durant.


Stand Your Ground
Stand Your Ground
Proposé par Skyvo Direct
Prix : EUR 11,03

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 28 juin 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Stand Your Ground (CD)
Excusez le calembour un tantinet complaisant mais Mike Tramp, ça claque! Cette formulation est à l'image de son nouvel album : percutant et prévisible. Le Religionnaire rappelle que ce délicieux danois, lorsqu'il est vanté, l'est surtout pour son œuvre au sein du Lion Blanc des années quatre-vingt. Il fournit pourtant durant la décennie suivante un diptyque injustement négligé avec Freak of Nature, un groupe qui n'a comme seul défaut de partager son nom avec un album d'une certaine Anastacia, ceci aboutissant à son éradication dans la plupart des moteurs de recherche. Ces deux opus, à savoir l'éponyme et Gathering of Freaks, demeurent de véritables modèles de rock viril et accommodant, bien plus consistants que les travaux équivalents de Lenny Kravitz pour ne citer que le plus populaire des concurrents. Mike Tramp ne s'est pourtant jamais découragé face à l'injustice médiatique et revenait naguère au sein d'une nouvelle formation intégralement danoise pour proposer un premier album de hard rock quelque peu naïf, autoroutier, mais encourageant.

L'époque de la chevelure permanentée ventilée, des bijoux fantaisie de plage et du petit gilet coloré porté à même le torse laissant s'extérioriser des poils de toute origine semble définitivement révolue, du moins jusqu'à la translation prochaine du mouvement nostalgique vers les années quatre-vingt. Mike Tramp a pourtant su conserver quelques points forts de ce très décrié mouvement pop metal, à commencer par ce souci constant de l'accroche mélodique. Certains aspects tels que le recours facile à la ballade sirupeuse, visqueuse, voire dégoulinante, à un sentimentalisme digne des séries américaines les plus mielleuses ainsi qu'un certain manque d'audace dans le déroulement des chansons accompagnent également inconstamment ses performances, mais celui-ci parvient à s'en défaire suffisamment pour prévenir l'endormissement. La dévirilisation liée à la sensiblerie est par ailleurs corrigée, à défaut d'être compensée, par des élans que les danois aimeraient voir qualifiés de bouseux mais hélas débarbouillés par cette approche scandinave toujours si purifiante.

Intercalé entre deux alanguissements, le très accrocheur "Gotta Get Away" s'impose aisément comme le fleuron de cet album même si d'autres échantillons méritent amplement un petit détour auditif. D'autres riffs ("Don't Let Them Put it on You", "Say What You Will") séduisent, d'autres mélodies ("Prettiest Girl") et d'autres hymnes ("The World is Changing") plairont, mais l'ensemble n'ira pas très loin dans le temps. Si le meilleur de Mike Tramp est définitivement derrière lui, rien n'empêchera pourtant le mélomane d'effectuer quelques trajets accompagné de cette sympathique bande originale nostalgique, puis de la ranger quelque part après avoir savouré l'épique dernier titre.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : May 5, 2016 10:05 AM MEST


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