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Contenu rédigé par Religionnaire
Classement des meilleurs critiques: 15.370
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Commentaires écrits par
Religionnaire (Paris, France)

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Testimony 2 (2 CD)
Testimony 2 (2 CD)
Prix : EUR 21,00

4 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 28 juin 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Testimony 2 (2 CD) (CD)
Le prétexte messianique a cela de confortable qu'il déresponsabilise son auteur des conséquences négatives de son œuvre. La seconde carrière de Neal Morse peut aisément être résumée à deux pensées automatiques faisant office de clôtures psychiques : "Si Dieu veut" et "Ainsi soit-il". Toute potentielle remise en question se trouve immédiatement entravée par ces deux réflexes religieux, que ce soit respectivement avant un passage à l'acte artistique et après celui-ci. Cette fameuse remise en question étant nécessaire à toute évolution, il n'est point surprenant de constater que la discographie de notre illuminé ne consiste qu'à recycler les mêmes thèmes, d'autant plus que le caractère nostalgique du style musical est également propice à l'enfermement. Cette morsure de queue n'est pas pour déplaire à ses groupies, un terme à réarranger au masculin pour l'occasion, mais peine à se conjuguer aux idées de grandeur de l'artiste, hélas non étouffées par sa divine dévotion. Incapable d'évoluer dans le fond, Neal Morse décharge ses pulsions narcissiques à travers la forme, à savoir de multiples collaborations et projets parallèles, de multiples enregistrements, de multiples concerts, de multiples albums, de multiples DVD et plus récemment une glorieuse autobiographie. Cette dernière peut être considérée comme une version du disque sans musique, soit une mauvaise affaire puisque dénuée de ce que notre grandiloquent moine fait le mieux.

Ordonnée par le divin puis désordonnée sur le plan opératoire, cette hyperactivité s'observe tout autant sur l'ensemble de sa carrière qu'à l'échelle d'une œuvre pris indépendamment. Encore une fois, le style prog nostalgique y contribue énormément et pousse Neal Morse à passer du coq-à-l'âne, d'un clin d'œil furtif à un hommage appuyé, d'une ballade mielleuse à des riffs en rafales : le contenu reste le même mais les incessantes frictions, la hausse de température et la dilatation gazeuse pourraient bien un jour faire éclater un contenant toujours bien décoré mais dont les limites sont fixées depuis le début. Épais mais plus digeste que le premier, ce nouveau testament révèle un phénomène particulier : l'hommage d'un moine à lui-même qui outrepasse son hommage à Dieu. Selon les dires de Neal Morse, ce fameux Dieu reste le commanditaire principal de cette œuvre mais celui-ci ne s'attendait certainement pas à ce que l'un de ses moines préférés lui vole la vedette. Il se pourrait donc que l'artiste soit amené à subir le même sort que celui d'un célèbre prophète crucifié il y a plus de deux mille ans. Dieu pardonnera-t-il? Aura-t-il la patience d'attendre que Neal Morse répare son erreur sur son prochain album en redonnant gloire au Seigneur? Qui sont donc les Juda et Ponce Pilate correspondant à cette affaire et vont-ils enfin se dévoiler? Voici des questions au combien plus importantes que le contenu de cette œuvre : un recyclage de bonne facture dont les meilleurs moments sont hélas et toujours trop dilués.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 14, 2011 12:25 PM CET


R€volu$ion
R€volu$ion
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 8 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 14 mai 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : R€volu$ion (Téléchargement MP3)
La supériorité de ce disque au sein de la discographie du collectif émerge déjà logiquement dans les proclamations fanaticopromotionnelles. Ce phénomène tout à fait habituel appelle à une vérification religionnarienne qui confirme cette assertion précoce. Si cet album peut résolument être considéré comme le meilleur à l'échelle du groupe, cet écart s'amenuise et délaisse la significativité si le référentiel dépasse la variété française à tendance prog metal, un style dont Nemo reste le seul représentant. Ce nouvel album affichant des progrès réels même si peu évidents, se révèle aussi le plus pathétique de la formation auvergnate. Un rapide coup d'aeil sur la pochette et la liste des titres éveillera une honte tenace au sein des organisations altermondialistes, y compris chez les plus caricaturales d'entre-elles. Si psychorigide le Religionnaire soit-il, il tolère pourtant l'incroyable discordance d'une musique à vocation précieuse, élitiste et nostalgique appelant à la révolution, à la solidarité, à lutter contre l'exclusion et la toute-puissance du dollar dans un monde voué à une nouvelle modernité sans frontières.

Les paroles, pour ne pas dire slogans, sont certes scandées avec conviction, mais demeurent d'un niveau affligeant. Le parolier incriminé procède globalement selon deux méthodes distinctes et toutes aussi immatures : l'agglomération forcée de mots sous le seul prétexte de la rime, puis l'assemblage de pseudocitations et d'expressions toutes faites réunies sous la bannière de la banalité démagogique (ex. "quand certains prennent et ne laissent rien, les autres n'ont plus qu'à mourir de faim"), le tout sans dépasser ne serait-ce que d'un millimètre un premier degré primaire. Ces balivernes d'école primaire sont chantées par un Jean Pierre Louveton dont les limites demeurent, en matière de puissance et de variation. Celui-ci demeure probablement trop accroché à son statut de meneur pour céder une place de chanteur qui s'en trouve hélas gangrenée. Ainsi Nemo semble se résoudre à un positionnement à mi-chemin entre Dream Theater et Calogero et se condamne de par là même à ne pouvoir rivaliser ni avec l'un, ni avec l'autre.

L'efficacité des musiciens reste pourtant à saluer même si ces aptitudes techniques sont considérées comme un minimum syndical en matière de prog metal. Les aspects musicaux ne surprennent guère mais peuvent satisfaire très ponctuellement l'amateur de riffs bien ficelés, même si ceux-ci ne brillent pas par leur complexité ou leur atypicité. Les divagations instrumentales ne sont pas outrancières ni trop envahissantes mais tout de même superflues de par leur pauvreté mélodique. Nemo pourrait donc bien progresser au sein du classement des disciples de Dream Theater, notamment à l'étranger où les mélomanes ne sont pas forcément à même de déchiffrer ces ridicules prières altermondialistes. En France, le collectif devrait à nouveau satisfaire sa horde de fanatiques et les adorateurs du prog nostalgique mais guère davantage. La prochaine fois, le Religionnaire espère au moins avoir à critiquer un double album concept sur Vulcania...

[...] Je vends parce que tout s'achète, jusqu'à la moindre miette - Je vends les plus beaux sentiments, les rires d'enfants [...] Là-bas, loin des yeux loin du caeur, vivent des seigneurs - Là-bas, et ils ont tous les droits - Là-bas les gens n'ont pas de caeur - Et la vie a bien moins de valeur par ici - Tout dépend de l'endroit où l'on vit - La justice s'arrête aux frontières des pays - Et n'a pas trouvé son chemin jusqu'ici [...] Ici, on vit de trois fois rien, des restes de vos festins - Et on meurt on meurt comme des chiens sans que ça ne change rien [...]
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 2, 2011 4:25 PM MEST


Into The Wild
Into The Wild
Prix : EUR 14,49

5 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 29 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Into The Wild (CD)
Après une vingtaine d'albums et de multiples remaniements, la version 15.0 du collectif demeure assez fidèle à l'original dans ses efforts nostalgiques. Fort satisfait du sympathique Wake the Sleeper de 2008, le Religionnaire le fut tout autant du Celebration: Forty Years of Rock autrement appelé "Uriah Heep réinterprète ses plus grands succès". Néanmoins, la déroute récente de Nazareth ramène un soupçon d'incertitude quant à l'endurance des rockeurs en préretraite dont la fatigabilité émerge parfois de façon inopinée. Aucune décision loufoque ne semble avoir été prise concernant ce nouvel album dont l'enregistrement s'est déroulé en Angleterre sans changement inopiné de maison de disques. Ces données rassurantes s'ajoutent à une vidéo capturée en studio et qui ne témoigne d'aucune exaltation suspecte ni d'aucun ramollissement perceptible, l'ambiance étant davantage propice à la sobriété et au professionnalisme.

L'œuvre rassure et rassérène, ce qui peut paraitre paradoxal en matière de rock appuyé, mais pas lorsqu'il se veut nostalgique. Le Religionnaire savoure avec délectation cette nouvelle fournée très consistante d'échantillons grandilocoburlesques, composés et interprétés dans la plus pure tradition du collectif. Les riffs ne surprennent guère mais accrochent suffisamment de neurones pour susciter la persistance corticale et les retours de platine. Quant aux hymnes collectifs, ceux-ci résonnent comme une marque de fabrique ravalée puis subtilement dégraissée pour s'adapter au nouveau millénaire. Le Religionnaire craint de ne pouvoir proclamer une quelconque supériorité de ce disque par rapport à son prédécesseur, qu'il s'agisse de consistance ou de durée de vie. Il s'engage cependant à secouer la tête sur le refrain de "Seventh Star" durant quelques jours, jusqu'à ce qu'il soit lassé de ce swing si mignonnet.

Bien que cet ouvrage ne souffre d'aucune réelle faiblesse, un second hymne se distingue, à la frontière du cocasse et du franchement risible, mais certainement pas exclu du territoire de la succulence. Ces "T-Bird Angel" et "Seventh Star" viennent alors compenser deux ballades légèrement moins jubilatoires mais dont le Religionnaire ne saurait pour autant douter de la légitimité. Ce dernier suggère donc à Nazareth un partage scénique, même ponctuel, avec Uriah Heep ne serait-ce que pour espérer quitter le côté obscur de la nostalgie hard rock.


Walk Away Renee
Walk Away Renee
Proposé par thebookcommunity_fr
Prix : EUR 46,86

5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 17 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Walk Away Renee (CD)
La rencontre du rock et de la musique classique est un phénomène que le mélomane commun considère volontiers comme initialement voire exclusivement européen, or il se trompe lourdement. Alors que les jeunes et fougueuses formations anglaises offrent une seconde jeunesse à la musique américaine des années quarante et cinquante, cette dernière a d'ores et déjà évolué : vers le ramollissement pour certains, vers la sophistication pour d'autres. Ainsi nait un mouvement qualifié de "baroque pop" au début des années soixante, mené par les élans emphatiques de Burt Bacharach, les excursions champêtres de Lee Hazelwood et le mur sonore de Phil Spector. Il ne s'agit pas encore de la fusion ultérieurement revendiqué par le progressisme anglais étant donné que le format demeure celui de la chanson agrémentée d'orchestrations amples et élégantes, mais les mélodies se révèlent pour certaines déjà plus recherchées que celles des performances plus rustiques d'antan. Le groupe concerné par cette chronique religionnarienne surgit en pleine période psychédélique, une vague dont il profite du métissage et délaisse les aspects les plus antimélodiques. Il emprunte par ailleurs la vigueur déployée depuis quelques années par les formations de l'invasion britannique et la sublime à travers des ornements baroques mêlant cordes et clavecin.

Le résultat, inédit, pourrait être décrit comme un rock de chambre juvénile, sorte de réponse outre-Atlantique plus élémentaire à l'œuvre des Zombies. Le très talentueux claviériste Michael Brown demeure le grand architecte de cette œuvre bien que celui-ci partage allègrement les crédits avec le reste de la troupe. Ses mélodies semblent assez rudimentaires mais sont enrichies par des harmonies gracieuses et des arrangements sublimes, les chansons se révélant ainsi à la fois aisément appréhendables, particulièrement opulentes et délicieusement chantournées. Si le mélomane asoiffé d'envolées épiques et grandiloquentes se trouvera certainement frustré, il ne pourra en revanche contester le caractère terriblement poignant de certains échantillons tels que le médiévalisant "Barterers And Their Wives", l'ensorcelant "Shadows Breaking Over My Head" ainsi que les deux 45tours dont le succès permet au groupe de percer, à savoir "Walk Away Renée" et "Pretty Ballerina". La dénomination de l'album pourrait faire croire que ces deux magnifiques performances ne constituent que des prétextes à remplissage mais il n'en est rien.

La totalité des chansons irradient en effet les aires auditives d'un Religionnaire avec une exquise délicatesse que seuls les Zombies et Nick Drake avaient auparavant tutoyée. Le mélomane allergique aux ramollissements sera sans doute rassuré par l'écoute de certaines prestations particulièrement énergiques, à commencer par "I Haven't Got the Nerve" et son entêtant riff de clavecin décliné ultérieurement de manière éffrénée sur "Evening Gown". Le collectif saisit par ailleurs une élégance bouseuse digne de Neil Young sur "What Do You Know" et flirte avec une pesante distorsion sur "Lazy Day", deux performances quelque peu saugrenues mais à peine inférieures au reste. Peu amateur de représentations scéniques, Michael Brown envisage sa carrière à la manière d'un grand compositeur de musique classique élaborant ses pièces sans forcément les interpréter. En froid avec le reste de l'équipe, il décide de quitter le groupe avant qu'un conflit entre les deux partis ne finissent par gâcher les œuvres respectives ultérieures. Le Religionnaire déplorera autant ce triste destin que ce disque demeurera merveilleux.


The King of Limbs
The King of Limbs
Prix : EUR 13,46

12 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 17 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : The King of Limbs (CD)
Cette offrande vient célébrer une décennie invraisemblable en ce qui concerne l'activité de Radiohead, mais également l'un des épisodes les plus honteux de l'histoire de la critique rock. Celle-ci s'est effectivement laissée aspirer dans le cercle vicieux de l'engagement en faveur d'un groupe dont la musique s'est parallèlement appauvrie, de façon aussi intense que subtile, jusqu'à cette misérable lamentation spectrale. Le piège est tendu il y a dix ans lorsque, au sommet d'une gloire légitime, Radiohead se lance dans un audacieux virage stylistique. Ce genre de prise de risque suscite en général une adhésion instantanée de la critique, ses acteurs les plus snobs étant alors obnubilés par l'apparente noblesse de la démarche au point de se laisser gagner par l'hypoacousie mélodique. Contrairement à une idée fortement répandue, il aurait été beaucoup plus difficile, et donc plus valeureux de poursuivre la voie tracée par The Bends et OK Computer. En refusant de relever ce défi, le collectif fait bien davantage preuve de lâcheté que de remise en question ou de renaissance artistique. Néanmoins, à partir de Kid A, qui contient d'ailleurs de délicieux échantillons, le piège est déjà refermé car les faveurs de la critique sont déjà associées à ce nouveau style très esthétique, élitiste et pseudointellectuel. Les efforts ultérieurs ne consistent qu'en une accentuation de ces caractéristiques au détriment de ce que le Religionnaire nommera banalement la musicalité.

Les mécanismes de défense des manipulés demeurent, ceux-ci étant trop engagés pour rebrousser chemin, à l'image de la persistance d'une croyance après une apocalypse annoncée qui n'a pourtant pas eu lieu. Pire encore, ceux-ci déploieront des efforts monumentaux pour convertir leur prochain afin de mieux se convaincre et de se réconforter. Le Religionnaire sera ainsi logiquement taxé de réactionnaire, de mélomane étroit d'esprit, incapable de saisir l'essence ou le message du rock-art contemporain, de nostalgique inconsolable, d'intolérant au changement, ce à quoi il répondra tout d'abord que certaines des boucles utilisées lui évoquent l'enregistrement ralenti de l'écartèlement d'un rongeur. Cette symphonie de rats agonisants de laquelle émergent les sempiternels miaulements de Thom Yorke, ni plus ni moins digeste après des écoutes répétées, suscite une sorte de glauque indifférence. Les voyages métaphoriques les plus envisageables seraient la visite coloscopique ou le cinquante mètre nage libre dans le pétrole, respectivement sans lavement ni combinaison protectrice. L'échantillon se rapprochant le plus de ce que l'on appelle une chanson, à savoir "Lotus Flower", dont la récurrence groovomélodique pourra fournir une certaine satisfaction, n'attirera l'attention que dans son premier tiers et ne justifiera en aucun cas le prix de l'ensemble. Le dernier album avait au moins l'avantage de laisser le mélomane choisir un prix. Pour celui-ci, il aurait fallu lui laisser le choix de choisir le montant du dédommagement.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (31) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 18, 2014 9:05 AM MEST


Mammoth (CD+DVD)
Mammoth (CD+DVD)
Prix : EUR 30,16

2 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 17 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mammoth (CD+DVD) (CD)
"Plus ça change, plus c'est la même chose" chantait atrocement Geddy Lee sans savoir que ce refrain serait érigé en principe inébranlable du mouvement prog nostalgique trente ans plus tard. Beardfish est considéré depuis ses débuts comme la nouvelle sensation suédoise du genre et se révèle effectivement un digne successeur des Flower Kings dont il épure l'ouvrage de quelques divagations superfétatoires. En revanche, la musique de collectif n'échappe guère à certains travers typiquement scandinaves dans ce domaine, à savoir tout d'abord cette javellisation sonore telle que la nomme le Religionnaire, puis une dispersion stylistique irrémédiablement source de dépersonnalisation. Ainsi, la grande variété des recyclages, appuyés, symphonisants, jazzy ou encore planants n'empêche pas une certaine cohérence dans l'aseptisation. Des passages les plus tendres aux décharges les plus belliqueuses, il persiste un parfum d'ascenseur et des airs d'accompagnement Bontempi, un phénomène duquel le groupe semble vouloir échapper mais qui reste indissociable de la composante nostalgique qu'il se refuse à oublier ne serait-ce qu'une seconde.

Le premier des rockologues de mauvaise foi serait tenté d'écrire que cette nouvelle œuvre porte bien son nom mais ce n'est pas le cas. La musique virevolte et tourbillonne dans la plus pure tradition prog, de plus sans de réels égarements ou autres fugues hasardeuses. Ces échantillons sont globalement bien construits et délicieusement chantournés au point de murmurer à l'oreille du Religionnaire qu'il n'y manque plus que de l'inspiration. Hélas, les mélodies, riffs et grooves, sans témoigner d'une profonde pauvreté, s'avèrent à peine convenables, qu'il s'agisse des digressions soft rock, des propulsions de metal ou des tortuosités jazzy. La persistance mémorielle ne dépasse ainsi que rarement la durée du titre concerné, d'où le manque d'effet incitatif à réactiver la lecture et à replonger l'oreille devant l'enceinte. Toujours est-il que ce disque antipachydermique vaut mieux que son prédécesseur ainsi que la plupart des discographies concurrentielles suédoises des Tangent, Pain of Salvation et autres Flower Kings. Pleinement conscient des limites imposées par le style, le Religionnaire salue l'effort de synthèse et la délivrance d'une musique digeste, voire plaisante.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 17, 2014 2:19 AM MEST


Welcome To My Dna
Welcome To My Dna
Prix : EUR 18,08

2 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 17 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Welcome To My Dna (CD)
La dispersion artistique procure volontiers une illusion de richesse qui laisse inévitablement la place à la déperdition. Les multiples projets parallèles de Steven Wilson sont probablement en cause dans le déclin de celui qui était devenu central, à moins qu'il ne s'agisse tout simplement de la classique dégénérescence progressiste, celle-ci s'appliquant alors également à sa branche nostalgique. Le Religionnaire n'oserait revenir encore sur ce phénomène qu'il résumera métaphoriquement à un emballage qui s'embellit tout en se vidant "progressivement". Le destin de ces activités latérales demeure incertain mais de toutes, Blackfield s'impose aisément comme la plus populiste et donc potentiellement à même de prendre un relai "alimentaire" en cas de noyade du porc-épic principal. La musique concoctée par le duo israélobritannique se veut un dérivé plus digeste et moins sophistiqué que celle de Porcupine Tree, ce que le Religionnaire dément aisément. Les deux premiers efforts de Blackfield contiennent certes des chansons au format plus conventionnel, plus sombres, plus torturées mais jamais au grand jamais moins complexes, à moins que le mélomane n'assimile la durée à la complexité. Les deux œuvres en questions restent à considérer au mieux comme un échauffement, au pire comme de l'insignifiance en clin d'œil coquin à Steven, et surtout comme des émanations mélodiques rudimentaires aussi valeureuses que barbantes.

Contre toute attente religionnarienne, Steven Wilson et Aviv Geffen semblent enfin sur la même largeur d'onde, au point d'envisager la digestion réciproque, voire la réalisation des fantasmes homosexuels contenus tant bien que mal depuis le début de la collaboration. Le résultat demeure artistiquement tout à fait banal une fois de plus mais au combien plus touchant, plus juste, que la plupart des vomissures mélodicoplanantes et prétentieuses résonnant chez les amateurs de prog les moins virils. Après avoir mené en bateau les mélomanes sur un Incident qui porte bien son nom, le vénérable Steven renoue avec une sobriété imparable et poignante, cette notion étant élevée au rang d'art véritablement noble. La frugalité des paroles, qui sera probablement dénoncée par la plupart des pseudopenseurs qui ne voient la sagesse que dans d'imbuvables et ténébreux concepts, est saluée par le Religionnaire tant elle se révèle authentique et adéquate. Entendre Wilson scander délicatement "Fuck you all, fuck you", "I don't care" ou encore "Go to hell, go to hell" peut certes raviver la punkophobie que la plupart des auditeurs concernés rechignent toujours à traiter, mais soulagera enfin le mélomane éclairé qui attendait jusque-là en vain l'extraction digitorectale du gourou prog nostalgique.

Le Religionnaire ne saurait achever sa sentence sans mentionner l'exploitation magnifique des cordes qui viennent décupler l'aura de ces mélodies élémentaires et poignantes, le tout culminant idéalement sur le magnifique dernier titre. La consistance globale de l'œuvre ne lui permettra probablement pas de hanter la mémoire du rock mais le duo mérite amplement la salutation religionnarienne, ne serait-ce pour avoir rassuré la population quant à la survie artistique de Steven Wilson. Ce dernier n'est certes pas le seul compositeur à féliciter, mais il semble avoir tiré quelques leçons de son récent naufrage et levé l'inquiétante anesthésie inspiratrice dont il était victime.


It's the Searchers
It's the Searchers
Proposé par FRMusicFiendz
Prix : EUR 35,81

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 3 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : It's the Searchers (CD)
La formation n'est certainement pas la plus affriolante de l'époque, cette illustration n'est guère alléchante, mais derrière elle résonne pourtant un disque considéré par le Religionnaire comme le meilleur de l'année 1964. Les Searchers sont parmi les premiers à profiter de la brèche ouverte vers les États-Unis par les Beatles et se payent même le luxe d'expulser ces derniers de la première place du classement anglais grâce à leur premier 45tours "Sweets for My Sweet" l'année précédente. Le tout aussi charmant "Sugar and Spice" n'atteint lui que la deuxième place en fin d'année mais positionne le groupe parmi les plus prometteurs en ce début d'invasion britannique. Si le mélomane retrouvera dans les chansons du collectif certaines caractéristiques typiques de cette vague, à savoir l'influence nord-américaine, l'exécution énergique, les vocalises collectives et un gout prononcé pour le sentimentalisme béat, la démarche des Searchers diffère de celle des Fab Four sur plusieurs points. Pour commencer, les échantillons sont sélectionnés dans une frange globalement plus accommodante du répertoire américain, notamment celle des groupes vocaux de doo wop comme les Drifters, les Coasters ou celle des chanteuses blanches en vogue comme Brenda Lee ou Jackie DeShannon. Ils récupèrent d'ailleurs le fameux "Needles and Pins" après qu'il ait été interprété par cette dernière, le dynamisent et obtiennent un meilleur résultat sur les plans artistiques et populaires, ceci les hissant à la treizième place américaine et à nouveau au sommet du classement anglais. L'année 1964 débute alors sous les meilleurs auspices et se révèlera d'ailleurs la plus fastueuse de leur carrière.

Les deux premiers albums sortis l'année précédente paraissent déjà bien loins tant le groupe semble avoir gagné en caractère et en professionnalisme. Le style de la formation se singularise véritablement et se cristallise encore davantage sur Mike Pender et John McNally. Ce duo de guitaristes est à considérer comme le plus performant de l'époque sur le plan rythmique et confère aux Searchers le statut méconnu de précurseur du mouvement folk rock qui sera initié l'année suivante par les Byrds. L'utilisation de guitares à douze cordes y contribue certainement, tout comme certaines combinaisons de motifs mélodiques et harmoniques que Roger McGuinn et David Crosby recycleront sans modération. Cet album simplement nommé It's the Searchers plutôt que It's Fab! It's Gear! It's the Searchers comme il était initialement envisagé, ne contient aucune composition originale, ce qui ne l'empêche pas pour autant d'accéder au titre religionnarien d'album de l'année, notamment loin devant les deux efforts contemporains des Beatles et ceux des Stones. Si ces derniers fournissent quelques créations mémorables, leurs albums de 1964 restent moins consistants que celui-ci. Les Searchers y oscillent entre l'exaltation romantique et des prestations plus raffinées, le tout étant exécuté avec une grande classe que ce soit sur le plan vocal ou instrumental. Dans la première catégorie, le Religionnaire retiendra le simplissime mais délicieux "Can't Help Forgiving You" et le non moins charmant "Don't Throw Your Love Away" grâce auquel le groupe accède encore à la première place du classement britannique. Dans la seconde, le mélomane de bon goût succombera forcément au baroque "This Empty Space" composé par Burt Baccarach ainsi qu'à l'envoutant "Sea of Heartbreak" auparavant interprété par Johnny Cash.

Des dissensions au sein du groupe, notamment au sujet de la place de chanteur principal, entraineront le départ du bassiste Tony Jackson, remplacé par le très bon Frank Allen. Ceci n'empêchera pas le nouveau collectif de décliner, en raison de son incapacité à évoluer et notamment à proposer des compositions originales. Les Searchers émergeront de nouveau mais discrètement vers la fin des années soixante-dix avec une adaptation valeureuse aux sonorités new wave, mais ce disque reste leur indétrônable sommet.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 5, 2012 12:48 PM MEST


They'Re Off and Rollin'
They'Re Off and Rollin'
Prix : EUR 17,08

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 3 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : They'Re Off and Rollin' (CD)
Le Religionnaire ne cesse de constater la perplexité d'une bonne partie des mélomanes lorsqu'il s'agit d'aborder l'œuvre des frères Everly. Si la rockologie semble bien intégrer et proclamer les influences respectives d'Elvis Presley et des Beatles, les Everly Brothers ne bénéficient la plupart du temps que d'une simple mention, au mieux d'un statut de reliure entre les deux phénomènes historiques précédemment cités. Bien que réducteur, ce statut d'artiste relai n'est pas immérité. Les frères ne surgissent réellement qu'au cours de la deuxième, voire troisième vague rock 'n' roll en 1957, soit plusieurs années après la plupart des grosses pointures. Le duo est remercié un an plus tôt par Columbia suite à l'échec de son premier 45tours, mais persévère, bien encouragé par un certain Chet Atkins qui parvient rapidement à solliciter la concurrence. Débute alors l'une des collaborations les plus fructueuses de l'époque avec le couple de compositeurs Felice et Boudleaux Bryant. Les deux 45tours sortis en 1957, à savoir "Bye Bye Love" auparavant rejeté par une vingtaine d'artistes et "Wake Up Little Susie", se hissent dans les premières places de la plupart des classements anglosaxons. Ces deux véritables splendeurs illustrent à merveille ce style très particulier dans son alliance de fougue et d'élégance, deux composantes à l'époque souvent revendiquées mais rarement liées au sein d'une même chanson.

L'éclectisme de ce premier album sorti en 1958 est le reflet direct de la variété des influences que les frères parviennent à digérer. Leur version du rock 'n' roll n'est certes pas aussi sauvage que celle des pionniers du rockabilly comme en témoigne l'interprétation quelque peu coulante du "Be-Bop-A-Lula" de Gene Vincent mais les Everly Brothers compensent largement cette faiblesse par d'autres atouts. Le premier d'entre eux est sans conteste vocal, leurs harmonies si exquises se révélant bien plus enrichissantes pour le rock 'n' roll que leur manque d'agressivité lui serait néfaste. Cette insuffisance de férocité n'empêche guère le duo et ses musiciens de manifester une fougue réjouissante et un groove savoureux sur la plupart des échantillons du genre, notamment les "This Little Girl of Mine" et "Leave My Woman Alone" de Ray Charles ainsi que les "Keep a Knockin'" et "Rip It Up" auparavant interprétés par Little Richard. Ce qui reste l'une des plus belles alliances vocales de l'histoire est particulièrement mise à l'honneur au travers de titres plus lents et délicats, ceux-ci dévoilant une véritable seconde facette artistique issue de l'assimilation de la musique country traditionnelle et de la chanson populaire de charme. Les performances concernées, notamment "Maybe Tomorrow" et "I Wonder If I Care as Much", deux créations originales de Don Everly, en restent hélas aussi bien illuminées qu'accaparées, au détriment des instruments et arrangements. Un mélomane digne de ce nom ne saurait pour autant les contourner de même en ce qui concerne l'ensemble de ce disque particulièrement consistant pour son époque.


Led Zeppelin I
Led Zeppelin I
Proposé par beachesfrance
Prix : EUR 6,51

1 internaute sur 11 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 3 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Led Zeppelin I (CD)
Le Religionnaire ne contestera jamais l'admiration, aussi béate soit elle, vouée régulièrement à Jimmy Page depuis ses premiers ébats zeppeliniens. Guitariste virtuose et éclectique, producteur convenable, compositeur médiocre, celui-ci n'est que trop rarement célébré pour ce qui constitue son véritable talent : le marketing. En passant des centaines d'heures en tant que mercenaire de studio au cours de la décennie la plus créative de l'histoire du rock, il s'imprègne évidemment des grands créateurs de l'époque mais également du rapport entre les évolutions artistiques et la réception d'un public volontiers ingrat. Ainsi, avant même de se lancer, le guitariste s'est doté d'un puissant algorithme qui ne laisse aucune place au hasard ou à la spontanéité artistique. Il constitue alors son groupe sur le modèle de celui de Jeff Beck dont la caricature doit obligatoirement prospérer. Ayant tiré les leçons d'un alourdissement rythmique nécessaire et initié par deux célèbres trios puissants, il convient non seulement de le décupler mais également d'y adjoindre des caractéristiques extramusicales théâtrales, mystiques et péniennes, pour la plupart judicieusement recyclées à partir du blues afro-américain. Robert Plant, véritable déclinaison caricaturale des premiers chanteurs de rock cultivant l'ambivalence sur l'identité sexuelle (virilité/sensualité), et notable parodie outrancière de Rod Stewart, semble alors le véhicule idéal de ces composantes à cultiver.

Derrière son apparence de viking, le vocaliste retranscrit à travers ses miaulements la transe antimélodique des chanteurs de blues, dans une version très sélective et condensée. Le Religionnaire ne saurait lui accorder moins de légitimité qu'un Jimi Hendrix sous le simple prétexte d'une couleur de peau, mais il doit pourtant le condamner pour ses odieuses stéréotypies ainsi que pour son cruel manque d'authenticité. Jimmy Page recycle effectivement un blues dont il reste trop imprégné, ce en raison d'un déficit de créativité propre. Ce premier album peut pourtant aisément être qualifié de révolutionnaire, mais plus pour sa démesure et son caractère anticipateur que pour des innovations mélodiques, rythmiques ou harmoniques : la nouvelle décennie qui s'annonce s'oppose ainsi déjà à la précédente. Ce premier ouvrage se révèle au demeurant bien plus séduisant que celui qu'il parodie, à savoir le Truth de Jeff Beck, ce en raison de frappes plus précises, volontiers millimétrées et du superbe éclectisme de Jimmy Page. Le Religionnaire ne cesse de proclamer que Led Zeppelin aurait pu, mais peut-être pas dû, s'arrêter après les deux premiers titres qui résument à eux seuls les meilleurs aspects de sa discographie, à savoir respectivement les riffs sensuels et martiaux puis les reviviscences du folk britanniques. À peine réductrice, cette considération ne tient hélas pas compte des excursions orientales dont le sublime et surtout concis "Black Mountain Side" constitue une référence ultérieurement déclinée plus pour le pire que pour le meilleur.

Ce premier disque est par ailleurs ponctué d'emprunts que certains puristes qualifient volontiers de sacrilèges, mais que le Religionnaire se contentera de considérer métaphoriquement comme des glissements de terrain. La pénible version de "You Shook Me" s'écrase puis se répand comme une véritable bouse, bien plus odorante et désagréable que celle de Jeff Beck. Guère plus reluisant, le gospelisant "Your Time Is Gonna Come" sonne même incongru au milieu des coups de gourdin et autres arpèges. Quant aux deux derniers échantillons, respectivement banal et interminable, ceux-ci ne sont pas loin de gâcher les meilleurs, parmi lesquels le sympathique "Communication Breakdown" et l'envoutant, bien que surestimé, "Dazed and Confused". Led Zeppelin ne proposera jamais mieux, et jamais autre chose que ce type de recueil rassemblant blues-rock, hard rock pénien, digressions folk et orientales. Le plus grand bienfait de ce disque reste certainement son service rendu à la cause du rock alourdi, dont le répertoire de Led Zeppelin constitue une porte d'entrée (ou de sortie) très populaire.
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