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Fiche d'identité

Contenu rédigé par Religionnaire
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Commentaires écrits par
Religionnaire (Paris, France)

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Message from the Country
Message from the Country
Prix : EUR 14,44

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 3 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Message from the Country (CD)
L'élaboration du futur Electric Light Orchestra n'empêche pas The Move de subsister en 1971. Après deux 45tours sans succès, la formation renoue avec le classement grâce à l'entrainant "Tonight" puis ses deux successeurs "Chinatown" et "California Man". Ces trois échantillons, qui ne figurent pas dans ce dernier album, traduisent bien l'aspiration de Wood et Lynne à scinder les œuvres respectives d'ELO et de The Move, la popularité de la seconde visant à lancer puis pérenniser la première plus élitiste. Malgré tous les efforts de clivage, notamment ceux de Roy Wood qui réservera l'usage du violoncelle à ELO et celui des instruments à vent à ce Message from the Country, certaines ressemblances mélodiques et vocales sauteront aux oreilles du mélomane attentif. Ce disque peut aisément sonner comme une version plus brutale et déjantée du premier album d'ELO mais cela ne signifie aucunement qu'il soit moins complexe, audacieux ou plus facile d'accès. Wood y culmine en matière d'excentricité, allant jusqu'à singer à merveille les chants respectifs d'Elvis Presley et de Johnny Cash respectivement sur "Don't Mess Me Up" et "Ben Crawley Steel Company". Le groupe s'y cantonne hélas au pastiche récréatif, sans les digressions et altérations auxquelles il avait habitué le Religionnaire jusque-là.

En revanche, Roy Wood propose d'autres compositions particulièrement insolites, notamment un cocasse "It Wasn't My Idea To Dance" dont parfums d'Asie centrale et la pesanteur préfigurent l'œuvre de System of a Down trente ans plus tard. Le départ de Rick Price peu après le début des séances d'enregistrement pousse par ailleurs Roy Wood à se charger du maniement des lignes de basse, un exercice qu'il accomplit de manière remarquable, ce dans tous les sens du terme. Cette basse résonne en effet de manière particulièrement fracassante sur la grande majorité du disque, au point de supplanter allègrement les parties de guitare. Le résultat s'avère tout à fait insolite en matière de groove, Roy Wood évoquant au Religionnaire un Tony Iommi alter-dimensionnel qui aurait choisi de devenir bassiste. De meme que sur l'album précédent, les compositions de Jeff Lynne sont les meilleures, plus accrocheuses sans pour autant se révéler plus accommodantes. Le Religionnaire retiendra ainsi le titre éponyme et "The Words of Aaron", splendides alliances de puissance rythmique et de délicatesse mélodique mais se serait bien passé des pénibles dissonances de "The Minister".

L'histoire du groupe prend donc fin sans réellement se terminer, avec un ultime album non classé et trop vite oublié car contemporain d'une véritable réincarnation artistique. Si aucun des quatre opus peut réellement être qualifié de chef d'œuvre, ils renferment pourtant de véritables prouesses audacieuses qu'un mélomane digne de ce nom ne saurait ignorer ou contourner. Après sa courte expérience au sein d'ELO, Roy Wood poursuivra sur le même mode éclectique et effronté, que ce soit en solo ou avec sa formation Wizzard, hélas sans vraiment parvenir à égaler ses performances au sein de The Move.
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Looking on
Looking on

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 3 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Looking on (CD)
Si les deux hommes se tournent autour depuis quelques années, Jeff Lynne, bien encouragé par les débuts de sa formation, refuse dans un premier temps de rejoindre Roy Wood. The Idle Race tardant à décoller, Lynne intègre finalement The Move en 1970 et s'apprête à soulager Wood de son rôle de compositeur exclusif. La part de rationalisme inhérente au rock, aussi infime soit elle, voudrait que cette collaboration alléchante aboutisse enfin à l'ultra-consistance sinon au chef d'œuvre discographique auquel le groupe aspire depuis plusieurs années. Or le duo translate désormais ses préoccupations sur un nouveau projet ambitieux qui verra le jour en 1972 et semble considérer The Move, dont la mort est d'ores et déjà programmée, comme un terrain d'échauffement. Pour couronner le tout, la nouvelle maison de disques, obnubilée par les ébats de son poulain Marc Bolan, ne parait guère en mesure de partager équitablement ses efforts promotionnels. Le pachydermique "Brontosaurus" se hisse pourtant à la septième place des 45tours en début d'année et ouvre la voie à d'autres succès appuyés, notamment "Paranoid" et "Black Night". Si cet échantillon pionnier ne saurait rendre compte de la sophistication du futur album, il en annonce clairement la lourdeur.

Lookin On est un album pesant, tellement qu'il en devient parfois plombant. Le Religionnaire déplore cette charge outrancière, une fois n'est pas coutume, celle-ci ne faisant guère honneur au groove ni aux aspects les plus subtils et éclectiques de la musique de The Move, notamment aux deux compositions magnifiques de Jeff Lynne. Roy Wood semble enfin avoir uniformisé sa démarche et s'oriente désormais clairement vers des prestations très appuyés et nostalgiques des cycles rock 'n' roll rudimentaires. Le boogie embryonnaire qui s'en dégage et les premières séances de maquillage complémentaires justifient déjà l'appellation glam rock, une voie que le principal intéressé explorera davantage en solitaire. Les cinq titres concernés s'avèrent plus riches et intéressants qu'ils ne sonnent à première écoute, notamment grâce à des interludes attrayants, mais demeurent bien loin des plus belles créations de l'artiste. Peu friand des déclinaisons interminables ponctuées de soli, le Religionnaire rend pourtant un hommage tout à fait chaleureux à l'ultime "Feel to Good" dont les presque dix minutes reposent en grande partie sur un groove impeccable.

Les deux titres offerts par Jeff Lynne se révèlent aisément les meilleurs. Celui-ci laisse entrevoir sur "What?" les futures performances d'ELO et dévoile sur "Open Up Said the World at the Door" une véritable prouesse de rock sublime et déjanté. Hélas, le 45tours choisi pour succéder à "Brontosaurus" est le plus faible du disque : "When Alice Comes Back to the Moon", un prototype glam assez banal qui ne rentre pas dans le classement. Ceci ne joue pas en faveur de Lookin On qui sort en fin d'année et qui ne sera pas davantage plébiscité que son prédécesseur. Ce troisième album réjouira pourtant le mélomane qui saura surmonter ses aspects les plus éléphantesques pour en savourer les richesses.


Shazam
Shazam

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 6 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Shazam (CD)
Après avoir hissé ses quatre premiers 45tours dans les cinq premières places du classement puis proposé un album inaugural certes retardé mais non moins brillant, The Move est considéré en 1968 comme l'une des formations britanniques les plus prometteuses. Hélas, cette année marque le début d'une triste désagrégation inaugurée par le départ du bassiste Ace Kefford qui rejoint les nombreuses victimes psychiatriques de l'ère psychédélique. Désormais quatuor, le collectif essuie son premier échec avec un 45tours plutôt banal nommé "Wild Tiger Woman" avant que Trevor Burton, frustré de ne pouvoir rivaliser avec les grands pionniers du rock pesant, décide à son tour de partir et soit remplacé par Rick Price. Tandis que Roy Wood offre ses talents de compositeur à d'autres artistes, le chanteur Carl Wayne rejoint progressivement le circuit des cabarets qu'il finira par préférer à la scène rock. Entre-temps, le groupe parvient enfin à gagner la première place avec "Blackberry Way", une adaptation assombrie du "James Bond Theme" et, semble-t-il, une réponse à "Penny Lane". Un deuxième album est évidemment envisagé mais également retardé pour de multiples raisons incluant un manque de matériel original et une tournée nord-américaine qui se révèle décevante.

Lorsque sort Shazam' en 1970, la troupe est sur le point d'accueillir Jeff Lynne et de devenir la rampe de lancement d'Electric Light Orchestra. Le 45tours "Brontosaurus" qui sort quelques semaines plus tard éclipse malheureusement ce disque étonnant. À l'image de l'œuvre de Roy Wood dans son ensemble, Shazam' s'avère aussi génial que frustrant. Le compositeur se refuse à une démarche unidirectionnelle, déploie ses efforts dans toutes les directions possibles et imaginables pour offrir un disque évidemment inclassable mais partiellement dévalorisé par un manque de consistance. Certains des échantillons appuyés et progressistes sont pourtant à considérer parmi les plus admirables de l'époque. Ainsi, le Religionnaire ne cesse de vanter les mérites de cette version approfondie de "Cherry Blossom Clinic", alourdie et hymnique dans sa première partie, puis illuminée par la brillante adaptation d'une célèbre cantate de Bach dans la seconde ("Le cœur, la bouche, l'action, la vie"). Le splendide "Beautiful Daughter", sorte de "Eleanor Rigby" salace et exalté, demeure également parmi les plus belles créations de Roy Wood. Enfin, "Fields of People", dernier chef-d'œuvre de l'album emprunté à l'obscur Ars Nova, mêle sublimement hard rock, folk et musique classique avant de finir dans une longue digression indianisante et moins palpitante.

Les trois autres titres déçoivent par leur relative banalité même s'ils ne peuvent réellement être qualifiés de médiocres. Ceux-ci révèlent une connexion persistante et malheureusement défavorable avec le psychédélisme de la décennie précédente. Ainsi, de longues excursions solistes et soniques, fort honorables au demeurant, viennent régulièrement diluer la puissance des mélodies, des riffs et du groove. Cet allongement systématique de la durée des chansons est le résultat direct d'un certain épuisement créatif de Roy Wood, jusque-là non assisté dans son rôle de compositeur et contraint à la réinterprétation. Alors que l'arrivée de Jeff Lynne ne peut à ce stade qu'être considérée comme salvatrice, ce Shazam' ne bénéficiera que d'un maigre succès le privant du moindre classement des deux côtés de l'Atlantique.


Move
Move

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 6 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Move (CD)
Cette formation ravissante n'est que rarement célébrée voire même citée si ce n'est comme ancêtre d'Electric Light Orchestra. The Move reste pourtant à considérer parmi les fleurons du psychédélisme britannique, le collectif se révélant d'emblée l'un des représentants les plus progressistes d'un mouvement duquel il n'arrivera pourtant pas à s'affranchir. Son irruption sur la scène anglaise est finalement bien plus précoce que ne le laisse croire la date de sortie de ce premier album. Le groupe est fondé en 1965 par le bassiste Chris "Ace" Kefford sur les conseils d'un certain David Jones et s'illustre rapidement avec une musique puissante et farfelue, autant inspirée des efforts hymniques des Who que des grooves accrocheurs de la Motown. Menée par l'imposant chanteur Carl Wayne et singularisée par ses fantasques frasques, la troupe ne tarde pas à intéresser le manager des Moody Blues qui pousse alors le discret Roy Wood vers la conception des chansons. Ce dernier, qui demeure l'un des compositeurs les plus sous-estimés de son époque, concocte alors le surprenant "Nigth of Fear", judicieux assemblage carnivalesque de polyphonies vocales beatlesiennes et de clins d'œil à Tchaikovski, qui se hisse à la deuxième place du classement britannique fin 1966.

Bien que l'enregistrement du premier album débute assez rapidement, le groupe et son manager privilégient les 45tours, les concerts et les extravagances en tous genres. À titre d'exemple, le contrat signé avec la maison de disques est rédigé sur le dos d'un top model seins nus. Destructions scéniques et provocations médiatiques finissent par nuire au groupe lorsque des cartes promotionnelles du 45tours "Flowers in the Rain", qui représentent le premier ministre de l'époque dans des situations peu avantageuses, conduisent les principaux intéressés au tribunal. Le groupe est alors privé des droits de cette superbe chanson, une splendide prestation hymnique et appuyée qui grimpe également à la deuxième place du classement. Le fameux et très retardé premier album ne sort finalement qu'en avril 1968, soit quatorze mois après les premières séances d'enregistrement. Celui-ci se voit valorisé par l'inclusion du contenu des deux derniers 45tours, dont "Flowers in the Rain" et le plus frénétique "Fire Brigade", les deux illustrant parfaitement l'aptitude de Roy Wood à créer des mélodies riches, singulières et très accrocheuses.

Le reste du disque offre des échantillons incroyablement diversifiés, Roy Wood semblant approprier un style distinct à chacun de ces treize titres. Le collectif se dirige ainsi tantôt vers un rock hendrixien alourdi et enfumé, tantôt vers des ébats pseudoinfantiles à la Syd Barrett, ou encore vers des flirts avec la musique classique, le tout restant étrangement unifié par le caractère mélodique insolite des créations de Roy Wood. Le Religionnaire affectionne particulièrement le médiévalisme aliéné de "Kilroy Was Here" et l'hymne enfantin "(Here We Go Round) The Lemon Tree" que n'auraient certainement pas renié Lennon et McCartney. Selon des sources religionnariennes, donc fiables, le quatuor de Liverpool se serait même inspiré des tenues de la troupe de Birmingham à l'époque où il préparait l'illustre Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, une œuvre avec laquelle ce disque aurait pu rivaliser s'il était sorti un an plus tôt. Ce premier effort, quinzième au Royaume-Uni, ne sera pas proposé au public américain, peut-être jugé trop dérivatif ou en raison des provocations parfois morbides du collectif.


Journey'S End/I'Ll Be There
Journey'S End/I'Ll Be There
Prix : EUR 25,74

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 13 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Journey'S End/I'Ll Be There (CD)
Bien que le Religionnaire ait déjà abordé de plus cruels destins, il éprouve la plus grande des navrances face au bilan de carrière de ce talentueux claviériste. Matthew Fisher ne peut la ressentir que davantage, probablement rongé par une amertume qui s'est progressivement muée en une rancune tenace vis-à-vis du meneur de Procol Harum. Il attaque en effet Gary Brooker en 2005 et revendique les droits du célèbre tube "A Whiter Shade of Pale" presque quarante ans après sa sortie. Il obtient gain de cause quelques années plus tard en obtenant 40 % de ces droits, sans bénéfices rétrospectifs, mais ce genre de consolation ne saurait lui apporter la paix intérieure à laquelle il aspire. Lorsqu'il quitte le groupe en 1969, la gloire lui tend les bras : les claviéristes rivalisent désormais avec les guitaristes et sont appelés à devenir les vedettes du prog naissant. Hélas son premier projet solitaire avorte et il peine à rebondir durant les années suivantes, ce malgré de valeureuses collaboration avec Jerry Lee Lewis, David Bowie ainsi que la production du premier album de Robin Trower. Le sien ne sort qu'en 1973, trop tard pour un public qui l'a déjà quasiment oublié malgré les faveurs de Rolling Stone et de NME.

Journey's End aurait dû sortir trois ans plus tôt, à l'époque d'Atom Heart Mother, de Time and Word, du premier ELP et de Home qu'il surpasse aisément tant il sonne davantage comme le vrai Procol Harum. Les mélomanes qui doutent encore de l'implication de Fisher dans la composition de "A Whiter Shade of Pale" en seront probablement convaincus à l'écoute de "Separation", thème original du film du même nom. Également construit à partir d'une mélodie baroque jouée à l'orgue sur le même modèle "bachisant", ce petit joyau n'est pas loin de faire passer le gigantesque tube pour une simple esquisse. Le talent de Matthew Fisher ne se limite cependant guère à celui d'un simple vulgarisateur de Bach. Il propose sur ce disque quelques-unes des plus belles ballades entendues par le Religionnaire, à commencer par le sublime et majestueux "Hard to Be Sure" à classer au rang des "Imagine", "A Salty Dog", "Nights in White Satin" et autres "The Great Gig in the Sky". Dénué des géniales orchestrations du précédent, "Going for a Song" n'en est pas moins émouvant, et permet au claviériste de régler ses comptes par des clins d'œil à certains motifs mélodiques de son ancien groupe. Les deux parties de la suite éponyme représentent le troisième sommet de l'album : la première, délicieusement aigrie, étant adressée à Gary Brooker tandis que la seconde, grandiose, concerne les préoccupations parolières de Keith Reid.

Le reste de l'œuvre n'est guère aussi mémorable et illustre bien les difficultés de l'artiste à composer des chansons plus conventionnelles. Son désormais rival Gary Brooker affirme sans peine sa supériorité dans ce domaine, tout comme en matière de chant. Le meilleur des deux hommes résidait dans leur collaboration, l'un concoctant les envolées solennelles tandis que l'autre se consacrait aux mélodies plus entrainantes. Des deux côtés, ce sera désormais l'un sans l'autre, Fisher étant logiquement vaincu d'avance. Il proposera un nouvel opus l'année suivante sur lequel il tentera de dynamiser sa musique sans davantage de succès, puis d'autres ultérieurement, toujours sans gloire. Il restera dans un semi-coma artistique jusqu'à sa réintégration au sein de Procol Harum dans les années quatre-vingt-dix jusqu'à une nouvelle démission suivie de son fameux assaut juridique. Il reste encore au mélomane la possibilité de savourer les trésors de ce disque méconnu qui pourrait ne jamais avoir la chance de survivre sous forme numérique.


There'S A Kind Of Hush All Over The World
There'S A Kind Of Hush All Over The World
Proposé par Bear Family Records GmbH
Prix : EUR 19,95

5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 13 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : There'S A Kind Of Hush All Over The World (CD)
Peter Noone ne se drogue pas, ne saccage pas les chambres d'hôtel ou quand il le fait, il n'éprouve guère de plaisir. L'ancien enfant star à la télévision, puis adolescent lors des débuts fracassants de son groupe aux États-Unis, est en 1967 un jeune adulte de vingt ans. Tandis que la plupart des formations issues de l'invasion britannique et leurs rivaux américains ont déjà débuté leur émancipation artistique, proposent désormais leurs propres compositions, évoluent vers la sophistication et/ou les expérimentations psychédéliques, Peter Noone et sa troupe restent sobres et fidèles à leur producteur Mickie Most, celui qui achèvera les Yardbirds sur Little Games. Dociles, les Herman's Hermits poursuivent alors leur démarche qui consiste principalement à (ré)interpréter des chansons courtes et accommodantes. Les créations originales demeurant très minoritaires, des compositeurs sont mis à contribution, notamment le génial Graham Gouldman, prochainement fondateur de 10cc, et aussi généreux voire davantage qu'il ne l'est avec les Yardbirds. Ce refus ou cette incapacité à suivre la masse, cet immobilisme artistique précipitera le déclin du groupe mais lui permet en premier lieu de progresser dans un exercice déjà fort bien maitrisé et de proposer une œuvre sublime et tristement oubliée.

Le Religionnaire constate avec désarroi la réhabilitation l'œuvre précoce des Bee Gees, probablement favorisée par leur succès ultérieur, alors que ce disque vaut à lui seul bien plus que les quatre premiers opus des australiens réunis et reste ignoré. La performance ne se limite d'ailleurs pas à du rock soft rock majestueux et superbement orchestré, la chanson éponyme et "East West" constituant au passage de véritables sommets du genre. Les prestations plus véloces s'avèrent mélodiquement imparables, à commencer par l'immense "No Milk Today" que le Religionnaire ne cesse de chérir, mais également les entêtants "You Won't Be Leaving" et "If You're Thinkin' What I'm Thinkin'", aussi niais qu'irrésistibles. Un comble, les Herman's Hermits flirtent par ailleurs avec le hard rock sur une excellente reprise de "Jezebel", dont l'arabisation est bien antérieure aux ébats exotiques du futur Led Zeppelin, mais également avec un riff sublime sur "Saturday's Child", certes affublé d'orchestrations mais dont la pesanteur impose le respect. Quelques efforts plus extravagants, notamment la reprise de "Dandy" des Kinks et le jazzy "Gaslite Street", l'une des rares compositions originales du groupe, viennent parfaire cet assemblage somptueux que tout disciple du Religionnaire devra obtenir par n'importe quel moyen sachant qu'actuellement la légalité ruineuse impose une nouvelle et urgente réédition.

Alors que les Beatles fanfaronnent, que les Stones se moquent ouvertement des mélomanes, que Brian Wilson dégénère subrepticement, les Herman's Hermits propose bien davantage qu'une alternative rassurante au pilonnage hendrixocreamien et autres divagations airplanofloydiennes. Si l'histoire valorise les révolutions, même bâclées, au détriment d'œuvres moins audacieuses mais exquises, le Religionnaire apparait en déviationniste salvateur et proclame ainsi le nouveau sommet rock de cette année 1967. Le groupe de Peter Noone déclinera suite à l'arrivée des Monkees qui repousseront encore davantage les limites du formatage de la troupe rock. Si même ces derniers sont parvenus à gagner le respect des rockologues, il serait bien légitime que les Herman's Hermits soient enfin reconnus pour ce sommet et non uniquement méprisés pour leur docilité sirupeuse, leurs maigres aptitudes à la création, à l'innovation, et l'intervention de musiciens de sessions lors des enregistrements, une pratique pourtant si courante à l'époque.


Odessey & Oracle
Odessey & Oracle
Prix : EUR 10,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 13 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Odessey & Oracle (CD)
Aussi mésestimé à sa sortie que surévalué quarante ans plus tard, Odessey & Oracle décevra volontiers le mélomane à qui l'on promet le Pet Sounds anglais ou le jumeau caché de Sgt. Pepper's. Il ne s'agit guère d'une œuvre majestueuse, méticuleuse et universaliste, ni d'un album concept mais d'une simple collection de chansons sentimentales et baroques. Celles-ci traduisent bien un certain génie, tout à fait comparable à celui dégagé par les efforts précédemment cités, mais le Religionnaire ne saurait trop rappeler que ce fameux génie se manifeste depuis les débuts du groupe. L'ensemble du catalogue composé par la paire Argent/White, à l'exception de "She's Not There" et dans une moindre mesure de "Tell Her No", reste terriblement sous-estimé et mériterait la même réhabilitation que ce magnifique chant du cygne. Durant les trois années qui suivent leur premier succès en 1964, les Zombies enchainent quasiment dix 45tours non classés au Royaume-Uni. La concurrence est certes rude mais le Religionnaire peine encore à expliquer cet incroyable mépris du public pour ces chansons pourtant très convaincantes. Le moral n'est donc pas au beau fixe à l'aube de l'enregistrement de ce second album en 1967, Colin Blunstone et le guitariste Paul Atkinson se révélant ouvertement impatients d'en finir avec ce calvaire que constitue leur vie de troubadour.

L'espoir, pour ne pas dire l'abnégation, émane plutôt du duo de compositeurs qui, pendant que d'autres plongeront aveuglément et parfois trop profondément dans le psychédélisme, ne feront que l'aborder timidement, voire le contourner délicatement. Odessey & Oracle semble ainsi antéropostérieur au mouvement, à la fois empreint de la fraicheur mélodique des débuts de l'invasion britannique et contaminé par la grandeur de la musique classique. Si des connexions avec les Beatles sont évidemment discernables, en notant toutefois que ces chansons ont été composées bien avant Sgt. Pepper's, il est tout aussi légitime de rapprocher certains échantillons de la musique de Procol Harum sans présumer de l'œuf ni de la poule. A ce stade, l'œuvre des Zombies, bien que moins épique ou solennelle que celle des autres précurseurs en la matière, se révèle tout aussi lumineuse voire davantage. Les mélodies, pour la plupart imprégnées de musique baroque, sont parfaitement condensées pour le format rock, et parfaitement mises en valeur par les clavecins, mellotrons et autres harmonium de Rod Argent, mais également par un groove délicat, signe d'une influence soul omniprésente.

La plupart des titres traitent de l'amour sous différentes formes, à l'exception du minimaliste et terriblement poignant "Butcher's Tale (Western Front 1914)" sur lequel Chris White chante magnifiquement l'angoisse d'un soldat envoyé au front. En tant que 45tours, cette chanson se révèle un nouveau fiasco, de même que "Care of Cell 44" et "Time of the Season" (couplé avec le superbe "I'll Call you Mine"). L'album sort plusieurs mois après la dissolution du groupe, et plusieurs mois avant que le fameux Al Kooper ne le découvre. Celui-ci incitera à le faire rééditer aux États-Unis et à ressortir "Time of the Season" qui grimpera à la troisième place du classement américain. Les Zombies refuseront alors toute proposition de reformation avant plusieurs décennies. Rod Argent formera son groupe éponyme et poursuivra sa collaboration avec Chris White tandis que Colin Blunstone effectuera son retour en solo à partir de 1971. Il est de bon ton de proclamer que tous ces artistes n'ont jamais été aussi resplendissants que sur Odessey & Oracle, ce à quoi le Religionnaire répond qu'un rapide coup d'oreille sur une compilation des Zombies, sur le premier album d'Argent ou encore sur quelques titres de Blunstone prouverait presque le contraire. Ceci n'empêche pas un trésor surestimé de demeurer un trésor.


In The Court Of The Crimson King - Fortieth Anniversary Edition
In The Court Of The Crimson King - Fortieth Anniversary Edition
Prix : EUR 19,49

13 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 13 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : In The Court Of The Crimson King - Fortieth Anniversary Edition (CD)
De sa longue, éternelle existence de rockologue, le Religionnaire ne retiendra probablement pas d'album aussi singulier que celui-ci. Si le mélomane avide de défi s'avise de présenter un disque en le proclamant plus sensationnel, il se trompera ou sortira du cadre rock. Le génie de King Crimson, du moins de cette première mouture du groupe, est d'avoir donné le jour à une œuvre à la fois pionnière et ultime d'un genre terriblement présomptueux. Jamais, rock, jazz et musique classique n'auront été aussi bien mêlés sans excès, et par excès le Religionnaire entend violation des composantes cycliques primordiales du rock. Yes se laissera piéger par l'appel de la virtuosité et du mysticisme, Genesis cèdera au théâtralisme et au médiévalisme mou tandis que Jethro Tull n'investira jamais assez les domaines jazz et classique pour souffrir de la comparaison, et il ne s'agit là que des têtes de file. Même Robert Fripp et King Crimson ne sauront se remettre de ce brouillon des plus accomplis que de nombreux efforts progressistes précèdent pourtant. Ni les Nice, ni Procol Harum, ni les Zombies, ni même les Beatles n'auront aussi parfaitement cristallisé ce bouleversement inédit, conséquence d'un rock auparavant au bord de l'implosion. Les restrictions imposées par le sempiternel format blues, les contraintes exercées par l'incontournable 45tours, par les obligatoires thématiques sentimentales ou contestataires étaient déjà mises à mal par le psychédélisme mais celui-ci n'offrait que de vagues perspectives, pour la plupart non musicales. King Crimson redistribue ainsi les cartes mais parvient à garder les meilleures.

Un résultat aussi extraordinaire ne pouvait être obtenu qu'à partir d'un collectif insolite, et non sans quelques irrégularités sonores, pour ne pas dire quelques erreurs de capture. Le son de cet album illustre à merveille l'implosion auparavant abordée : par une sorte d'hypercompression sèche, par des déflagrations précises suivies d'expansions vastes et mélodieuses apparemment sans limites. Le contraste réalisé par l'enchainement de l'apocalypticodéluré "21st Century Schizoid Man" et du paisibloharmonieux "I Talk to the Wind" est si intolérable qu'il en devient exquis. Ni la dureté du rock, ni sa douceur ne constituent ici un obstacle à son épanouissement, Ian McDonald alternant les instruments à vent (saxophone puis flûte) tandis que ses acolytes amortissent délicatement le leur. Si le groupe est en effet méconnaissable d'un titre à l'autre, les musiciens ne le sont pas : leurs styles très particuliers le demeurant dans la frénésie comme dans la délicatesse. Ainsi, la discordance d'apparence schizophrénique masque en réalité une cohérence fabuleuse qui s'exprime respectivement à travers la grandeur symphonique, l'irrégularité jazz et le pouls rock.

Le sommet, à savoir "Epitaph", est idéalement placé au centre des hostilités, le collectif y délivrant une prestation mêlant gloire et désespoir, l'implacable doute et l'hésitante conviction, soit une véritable confusion comme le chante Greg Lake. Celui-ci accomplira d'autres exploits au sein d'Emerson, Lake & Palmer mais jamais une chanson ne symbolisera davantage l'étendue de son talent. Ses vocalises imposantes, précises et distinguées incitent très régulièrement le Religionnaire à l'ériger en chanteur prog idéal. Il convient également de s'accorder sur la relative et regrettable faiblesse de "Moonchild" dont la mélodie oniroïde et surtout la longue digression stérile déprécient l'ouvrage dans son intégralité, ce malgré le retour au sommet que constitue le final épique. Attribuer une note chiffrée à ce disque revient finalement à considérer davantage son imperfection que l'ampleur de sa transcendance. Cet écart à la dimension prophétique annonce d'ailleurs en quelques minutes les longues heures de dégénérescence offertes par les formations du genre dans les années à venir. Presque logiquement, King Crimson premier du nom ne survivra pas à son manifeste initial. Robert Fripp tentera de ranimer la flamme sans succès sur In the Wake of Poseidon (1970) puis empruntera judicieusement d'autres voies par la suite, avec grand talent mais sans jamais atteindre une telle divination.


RIFF STORY Du hard rock au heavy metal
RIFF STORY Du hard rock au heavy metal
par Igor Thiriez
Edition : Broché
Prix : EUR 36,00

4 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 12 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : RIFF STORY Du hard rock au heavy metal (Broché)
SOMMAIRE

I. Introduction (13-21)

II. Historique (23-63)
Le blues rock; les pionniers; les années 70; la nouvelle vague du heavy metal britannique; pop et hair metal; le thrash; le death metal; le black metal; doom et stoner; power et prog metal; les nouveaux guitar heroes; le metal alternatif.

III. Chroniques (65-586)
Are You Experienced; Steppenwolf; Vincebus Eruptum; Wheels of Fire; Gun; Led Zeppelin; Kick Out The Jams; Beck-Ola; Black Sabbath; Climbing!; Live At Leeds; In Rock; Very'Eavy...Very 'Umble; Cactus; Paranoid; Live Album (Grand Funk Railroad); Death Walks behind You; Aqualung; Budgie; Killer; Deuce; Machine Head; Doremi Fasol Latido; Tyranny and Mutation; Montrose; Queen II; Second Helping; Not Fragile; hair of The Dog; Stand Back; Alive (Kiss); Ted Nugent; 2112; Rock; Rising; Boston; Virgin Killer; Bad Reputation; Stained Class; Van Halen; Infinity; Highway To Hell; Heaven & Hell; Wheels of Steel; Blizzrd of Ozz; Lightning To The Nations; Ace of Spades; Too Fast For Love; The Number of The Beast; Black Metal; Pyromania; Holy Diver; Ride The Lightning; W.A.S.P.; Don't Break The Oath; To Mega Therion; Reign In Blood; Among The Living; The Keeper of The Seven Keys part I; 1987; Appetite for Destruction; Surfing With The Alien; Out of The Silent Planet; Seventh Son of A Seventh Son; Operation: Mindcrime; King of Metal; Altar of Madness; Cowboys From Hell; Deicide; Rust In Peace; Sailing The Cheese of Cheese; Metallica; Nevermind; Human; Angel Dust; The Art of Rebellion; Blues For The Red Sun; Dirt; RATM; Urban Discipline; Freak of Nature; Chaos A.D.; Hvis Lyset Tar Oss; Pandemonium; Korn; One Hot Minute; NOLA; Sehsuht; Something Wicked; Mother Earth; Blackwater Park; Toxicity; Song For The Deaf; In The Rectory of The Bizarre Reverend; Train of Thoughs; Deadwing; Catch Thirty-Three; 10,000 Days; Blood Mountain; The Way of All Flesh.

IV. Conclusion (587-590)


Between The Buttons - Edition remasterisée
Between The Buttons - Edition remasterisée
Prix : EUR 23,78

3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 2 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Between The Buttons - Edition remasterisée (CD)
Les Rolling Stones poursuivent sur Between the Buttons la démarche d'émancipation vis-à-vis du format blues entamée sur Aftermath. Cet effort d'affranchissement des racines R&B qui prendra fin en 1968 sur Beggar's Banquet révèle ces Stones en véritables suiveurs, reniflant principalement les performances aventureuses des Beatles sur Revolver et de Bob Dylan sur Blonde on Blonde. La thématique ne change pourtant guère, le sexe et la drogue demeurant les principales préoccupations du collectif si l'on en croit les nouveaux slogans proclamés par Mick Jagger. En revanche, sur le plan musical, le duo Jagger/Richards, bien aidé par les fantaisies de Brian Jones, donne le jour à des mélodies et des arrangements moins prévisibles. Jamais au grand jamais les deux énergumènes ne pourront prétendre atteindre la sophistication et l'efficacité du duo Lennon/McCartney mais cette application à les singer ne cesse de les rendre attachants aux oreilles du Religionnaire. Cette tendance, plus ou moins imposée, à soigner le travail aboutit à des échantillons toujours rudimentaires mais pour la plupart séduisants, dont certains révèlent même une faille romantique au sein d'une misogynie d'ores et déjà légendaire.

Quel que soit le niveau de lecture de ces chansons, les mélodies certes basiques mais touchantes des "She Smiled Sweetly" (qui rappellera éventuellement "Just Like a Woman"), "Backstreet Girl" (absente sur la version américaine) et "Ruby Tuesday" (absente sur la version anglaise) émeuvent aisément le Religionnaire, ce malgré l'odieuse fausseté du chant de Jagger sur le refrain de la dernière. Les performances les plus baroques, à savoir "Yesterday Papers" et "Cool, Calm & Collected" ne sont pas du niveau du prédécesseur "Lady Jane" mais convaincront sans peine le mélomane de bonne foi. Enfin les échantillons dylaniens, qu'ils soient fanfaronnants sur "Something Happened to Me Yesterday" ou plus délicats sur "Who's Been Sleeping Here?" se révèlent franchement séduisants à condition d'assumer leur manque d'authenticité musicale. Les Stones parviennent tout de même à insérer une ou deux performances plus bourrues, notamment le sympathique "Connection", sur lesquelles ils semblent prendre un bon bol d'air en revenant à leurs élans plus instinctifs.

Volontiers occulté par Aftermath qui demeure pourtant une sorte de pionnier transitionnel, cet album se révèle bien plus riche, plus varié, plus aventureux et surtout plus consistant. Alors que son prédécesseur reste constitué pour ses deux tiers de performances banales et interchangeables basées sur un format R&B, Between the Buttons s'impose aisément comme l'opus du groupe le plus solide et singulier avant 1968. La version américaine est fréquemment préférée en raison de la présence du fameux 45tours "Let Spend the Night Together"/"Ruby Tuesday" mais la mouture anglaise, qui diffère par son cadre bleu clair sur la pochette, n'est pas en reste avec le splendide "Backstreet Girl". Bien que le meilleur moyen d'aborder l'œuvre précoce des Stones demeure la compilation, les mélomanes sourcilleux se satisferont probablement de cet album, de ses tubes, de ses échantillons plus obscurs et s'amuseront pour certains de la réactance féministe face aux : "Who wants yesterday's papers, who wants yesterday's girl", "you know I'm smiling baby, you need some guiding baby", "Don't want you out in my world, just you be my backstreet girl".
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