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Religionnaire (Paris, France)

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Five Faces(Cd Digipack-Poch Originale)
Five Faces(Cd Digipack-Poch Originale)
Proposé par marvelio-france
Prix : EUR 21,99

4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 31 janvier 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Five Faces(Cd Digipack-Poch Originale) (CD)
Un rapide coup d'œil sur la pochette suffit pour réaliser que Manfred Mann n'est ni le plus sexy, ni le plus menaçant des collectifs anglais des années soixante. Souvent moquée pour avoir donné le jour à la meilleure musique d'ascenseur de l'époque et aux tubes les plus niais de l'invasion britannique ("5-4-3-2-1", "Do Wah Diddy Diddy", "Sha La La"), la formation délivrait dans le même temps quelques-unes des plus fabuleuses réinterprétations blanche de R&B. Piètre chanteur, le claviériste sud-africain Manfred Lubowitz était parvenu à recruter l'excellent Paul Jones, le vocaliste le plus prometteur de la scène anglaise du moment. Il suffit de jeter un coup d'oreille au fabuleux "Untie Me" pour se laisser envouter par cette robuste sensualité, par cette sévérité fondamentale qui s'effondre irrésistiblement dans d'exquises déchirures, le tout reléguant presque Mick Jagger au rang du pleurnichard chétif. La section rythmique, précise, inébranlable et incroyablement sous-estimée, fournit le groove le plus séduisant de cette scène R&B britannique naissante. Manfred ne se laisse que rarement aller à des digressions solitaires, mais fournit à son ensemble un supplément instrumental non négligeable face aux rivaux sans claviers.

Manfred Mann se démarque d'emblée de la provocante sauvagerie des Rolling Stones ou de la fougue mélodique des Beatles. Moins singulier car globalement moins audacieux, son interprétation de l'œuvre des Howlin' Wolf et autres Willie Dixon en ressort pourtant tout aussi valeureuse, en partie car plus soignée, plus sophistiquée mais aussi et surtout car le groove s'en trouve décuplé. L'irrévérence stonienne, la virtuosité claptonienne et l'ardeur burdonienne, bien que davantage célébrées, peuvent aller au diable car le Religionnaire n'y retrouvera certainement jamais de grooves aussi poignants. À l'époque déclinés par la quasi-totalité des formations britanniques, "Smokestack Lightning", "Hoochie Coochie Man" et "I've Got My Mojo Working" ne se trouvent nulle part ailleurs aussi bien réarrangés et réinterprétés. Tandis que la plupart des rivaux ne concentrent leurs efforts que sur les 45tours sans pouvoir proposer le moindre album consistant, Manfred Mann propose le 33tours le plus solide du genre en 1964. Ni les Kinks, ni les Rolling Stones, ni même les intouchables Beatles ne peuvent alors rivaliser avec ce recueil pourtant très long (39 minutes).

Piégé dès ses débuts par son fonctionnement dichotomique, par la discordance entre des 45tours élémentaires et des albums moins fédérateurs mais plus riches artistiquement, Manfred Mann ne parviendra jamais à trouver le juste milieu. Par ailleurs, le groupe n'investira pas suffisamment les États-Unis pour y bénéficier d'un succès aussi durable que celui de ses plus grands rivaux. Paul Jones quittera le groupe après deux albums pour une carrière solo extrêmement décevante, tandis que Manfred Mann parviendra à rebondir grâce au psychédélisme et à des reprises de Bob Dylan, mais ne sera jamais aussi resplendissant que sur son premier effort. Ces considérations concernent la version anglaise de l'album, remaniée et renommée The Manfred Mann Album aux États-Unis, qui sera suivie du Five Faces of Manfred Mann américain, soit une correspondance transatlantique des plus limpides.
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Mediterranean Tales
Mediterranean Tales
Prix : EUR 10,96

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 31 janvier 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mediterranean Tales (CD)
de rares exceptions près, le rock progressiste d'époque, lorsqu'il n'est pas anglais, demeure une affaire d'experts ou de fanatiques. Ces deux notions n'étant heureusement pas indissociables, les seconds n'hésiteront pas à vanter les mérites des œuvres italiennes ou françaises tandis que les premiers reconnaitront pour certains, notamment le Religionnaire, le caractère facultatif de l'ouvrage prog non britannique. Les quelques spécificités de ces artistes européens, comme la suffisance parolière française ou le délicat héritage romantico-baroque italien, imprègnent certes leurs performances mais nuisent malheureusement aux composantes essentielles du rock, qu'elles soient cycliques, mélodiques ou rythmiques. Le progressisme britannique, malgré tous ses défauts et avant ses excès, savait lui ne pas oublier ces constituants primordiaux. Ce trio allemand apparait donc facultatif, et doublement puisqu'il fait partie de la seconde vague du prog, celle qui entre en scène à partir de 1972, alors que la voie est déjà toute tracée par les pionniers, et qui ne saura donner un second souffle au mouvement. Ceci ne l'empêchera pas de bénéficier d'un succès palpable aux États-Unis, une patrie plus indulgente et retardataire en la matière.

Les plus obnubilés des amoureux du groupe persisteront ainsi à nier probablement jusqu'à leur tombe la moindre similarité avec Emerson, Lake & Palmer. Le claviériste Jürgen Fritz, de formation classique et grand admirateur de Keith Emerson, recrute pourtant un batteur et un bassiste chanteur pour constituer un trio rock inspiré des Nice. Ce premier album fort joliment illustré dévoile une démarche artistique très similaire à celle d'ELP, à savoir un rock ambitieux mais à vocation populaire, fortement contaminé par la musique classique et bien dominé par les claviers de son meneur. Hélas, celui-ci ne dispose pas de partenaires aussi doués que Greg Lake ou Carl Palmer si bien que les performances de son trio sont principalement les siennes. Guère aussi charismatique, exubérant ou virtuose que son mentor Keith Emerson, Fritz se révèle en revanche un compositeur bien plus talentueux, notamment lorsqu'il s'agit d'adapter des mélodies inspirées de celles de Mozart au format rock.

Pour qui saura faire face à l'éternel problème de l'accent allemand, ce premier album se révèlera extrêmement riche et consistant. Le gros morceau que constitue la suite "Across the Waters" demeure l'un des rares exercices du genre à ne pas décourager le mélomane mélodiquement pragmatique. Les performances solistes de Fritz, systématiquement pertinentes, jamais excessives dans leur durée comme dans leur effronterie, constituent d'agréables excursions sans effet de nostalgie du thème principal. Le Religionnaire apprécie tout particulièrement le motif électronique élastique et inquiétant qui se répand sur "E Minor 5/9 Minor /5", lui-même ponctué d'interludes assez envoutants. Bien que l'album suivant, Illusions on a Double Dimple (1974), plus conforme à des codes progressistes d'ores et déjà périmés, semble plus apprécié des fanatiques prog, Triumvirat ne sera jamais plus aussi frais et inventif que sur son premier effort. Ce brillant Mediterranean Tales bien que facultatif, mérite ainsi amplement son hommage religionnarien.


Signed, Sealed And Delivered
Signed, Sealed And Delivered
Prix : EUR 13,08

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 29 janvier 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Signed, Sealed And Delivered (CD)
L'industrie du disque n'a pas attendu Will Smith pour proposer des albums de remplissage, ce type de recueil constituant d'ailleurs la vocation première du fameux 33 tours durant ses premières décennies d'existence en ce qui concerne la chanson populaire. La Motown, tantôt glorifiée pour sa contribution à l'essor de la musique noire américaine, tantôt diabolisée pour son esclavagisme et sa tyrannie, entame son irrémédiable déclin à l'aube des années soixante-dix. A ce stade de sa carrière, Stevie Wonder est déjà à l'origine de plus d'une dizaine de tubes et d'autant de ces fameux albums de remplissage dont la relative inconsistance réoriente volontiers le mélomane vers ce qui reste considéré comme son âge d'or, à savoir les cinq opus sortis entre 1972 et 1976. Or, en se plaçant non pas à l'échelle du 33 tours, mais à celle du 45 tours, le Religionnaire proclame haut et fort que son œuvre des années soixante vaut largement celle de la décennie suivante.

En 1970, Stevie Wonder n'est pas encore l'homme-orchestre qu'il sera deux ans plus tard. Il bénéficie encore du soutien des musiciens officiels de la Motown et de celui de ses collaborateurs et co-compositeurs parmi lesquels sa future femme Syreeta Wright. Cependant, les prémisses de son éveil électronicosocial sont déjà perceptibles même si son thème de prédilection reste et restera à jamais l'amour dans sa splendeur la plus sirupeuse. Les quatre tubes, légitimement placés au début de la première face, sont à considérer parmi les plus prodigieuses créations ou réinterprétations de l'artiste. Au sein de cette orgie de groove, le Religionnaire applaudit particulièrement la prestation de ses petites choristes sur la chanson titre "Signed, Sealed, Delivered I'm Yours", ses échappées vocales exquises sur "Never Had a Dream Come True", le glorieux crescendo gospelien de "Heaven Help Us All", et la splendide revivification du "We Can Work It Out" de la paire Lennon/McCartney. Stevie Wonder demeure d'ailleurs le seul artiste à avoir su efficacement réinventer, même si ponctuellement, à la fois les Beatles et Bob Dylan ("Blowin' in the Wind").

Les plus lucides des mélomanes et des lecteurs ne manqueront pas de signaler au Religionnaire que ces quatre délices figurent sur la plupart des compilations et que cet opus à l'illustration cocasse n'a donc rien d'indispensable, ce qu'il confirmera sans hésiter. Les échantillons restants qui constituent les deux tiers du disque ne sauraient atteindre la majesté du premier. Il s'agit de titres accommodants et entrainants, que la plupart des artistes les plus brillants de l'époque seraient fiers de cataloguer, mais que Stevie Wonder marque uniquement de son empreinte et non de son génie. Signed, Sealed & Delivered reste tout de même l'un des albums de remplissage les plus solides de l'artiste et du catalogue de la Motown.


Impeckable
Impeckable
Prix : EUR 20,97

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 17 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Impeckable (CD)
Malgré un déclin global, artistique, relationnel et personnel, Budgie persiste à vouloir conquérir le public américain. Les membres du groupe déménagent donc avec leurs familles respectives au Canada, plus précisément à Toronto, une sorte de camp de base d'où devraient être lancées plusieurs incursions aux États-Unis. L'atmosphère canadienne procure alors un effet si ressourçant que les tensions semblent s'apaiser et l'inspiration renaitre. Le retour inattendu d'une énergie créative digne de celle de la grande époque se produit à un stade où le style du groupe est lui bien loin de la niche sabbatozeppelinienne de ses débuts. Pesanteur, flamboyance et sophistication laissent désormais la place à un abord plus direct et accommodant, à travers lequel Budgie tente de s'accommoder aux tendances punk et disco du moment. L'argent du beurre n'étant pas loin, le trio souhaite également revendiquer des racines rock plus traditionnelles depuis qu'il s'imprègne de la scène nord-américaine. Ces aspirations variées aboutissent à un album aussi démodé que visionnaire. Impeckable préfigure autant la new wave et la nouvelle vague de heavy metal britannique qu'il ramène à un rock sudiste vieillissant et à un soft arena rock devenu ringard.

Le Religionnaire n'a jamais caché sa sensibilité pour les disques d'inspiration transatlantique mais n'irait tout de même pas jusqu'à célébrer un second Hair of the Dog. La musculature de ces chansons demeure hélas insuffisamment mise en valeur par les travailleurs sonores qui semblent plus concernés par l'insalubrité du punk. Tony Bourge propose pourtant quelques-uns de ses riffs les plus percutants, dont la propulsion sèche et tranchante annonce celle de Judas Priest sur Stained Class. Les douces mélodies se révèlent quant à elles ravissantes et valent bien celles de Journey, d'autant plus que la section rythmique dégage un groove bien supérieur. Celui-ci évoque une sorte de réconciliation discosudiste improbable, un Travolta qui se trémousserait au milieu des bouseux qui, contre toute attente, ne lui jetteraient pas la bière. Impeckable marque par ailleurs la fin de la collaboration entre Shelley et Bourge puisque le second quitte le groupe après la sortie de ce disque admirable. Hélas considéré au sein d'une spirale déclinante bien réelle, celui-ci n'est que rarement cité aux cotés des sommets discographiques de Budgie. Il ne contient pas de titres aussi prodigieux que "Breadfan" ou "In the Grip of a Tyrefitter's Hand" mais se révèle accrocheur de bout en bout.


Excavations Of The Mind
Excavations Of The Mind
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 20,80

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 14 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Excavations Of The Mind (CD)
Né durant les années quatre-vingt sous une appellation "néo" trompeuse, le prog nostalgique demeure une musique jouée par des admirateurs béats, écoutée par d'autres admirateurs béats. Cette discipline cible ainsi logiquement la période la plus outrancière du mouvement originel, sa flamboyante décadence d'entre 1973 et 1975 qui constitue hélas et paradoxalement sa phase la moins valeureuse musicalement parlant. Le Religionnaire ne compte donc plus les incessants hommages au Yes dégénéré, au Genesis nonchalant, au Canterbury moisissant, au Jethro Tull intellectualisant, à l'ELP morcelé, sous la forme d'albums conceptuels oscillant entre une antimusicalité primaire et une niaiserie mélodique digne de ce que ces fameux admirateurs ne cessent de condamner. Plus rares sont les échos d'avant 1973, une époque aujourd'hui davantage célébrée pour la lourdeur de son rock que pour son caractère alambiqué.

Les néerlandais de Sky Architect revisitent cette époque féconde avec talent et éclectisme au travers d'un disque à considérer d'emblée comme l'effort de l'année en la matière. Contrairement à la plupart de ses rivaux nostalgiques, ce groupe parvient à dépasser l'outrecuidance de la forme pour aller soigner le fond. Là où d'autres se contentent d'échantillons étirés dans tous les sens, de collages incohérents, de masturbations instrumentales et non musicales, les hollandais savent ne pas trop voler et surtout dévoiler un véritable esprit créatif. Certaines de leurs mélodies, notamment les plus planantes, procurent une satisfaction typiquement floydienne. Ces sublimes réminiscences de la face cachée de la lune n'ont jusqu'à aujourd'hui jamais été retranscrites de façon aussi poignante, que ce soit par Steven Wilson ou ses multiples aspirants bien plus obsédés par les envolées béates du diamant fou.

Sky Architect semble capable de briller autant dans ses prestations les plus complexes et extravagantes que dans ses élans que le Religionnaire considère comme relativement plus accommodants. Les sections musclées et labyrinthiques s'agglomèrent parfaitement aux mélodies plus légères, virevoltantes, parfois dissonantes et insaisissables, orgue et distorsion s'accouplant avec orgasmes systématiques. Chaque titre fournit une performance singulière, distincte et complémentaire pour constituer une aeuvre riche et au combien pertinente. Si le prog nostalgique peut-être contesté dans sa légitimité, ce n'est pas le cas pour ce disque qui ne fait pas seulement honneur à sa discipline, mais la transcende.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 15, 2011 4:41 PM MEST


The Great Escape
The Great Escape
Prix : EUR 8,99

3 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 14 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Great Escape (Téléchargement MP3)
2010 restera une bien triste année pour Dream Theater, non seulement en raison de son amputation, mais aussi et surtout "grâce" à la concurrence. Il semblerait que celle-ci accède enfin à une sorte d'émancipation, délaissant alors les attitudes extrémistes, soit le combat par la caricature (ex. Symphony X) ou au contraire la soumission par l'inhibition (ex. Vanden Plas), pour affirmer une authenticité à travers un style, il est vrai, toujours aussi burlesque. Le Religionnaire admet qu'un talent quel qu'il soit peinera à rayonner au sein d'un assemblage mêlant masturbations instrumentales stéroïdo-amphétaminées et mièvreries mélodiques sur fond de néoclassicisme synthétique. Cependant, il considère comme fondamental de rappeler que si Dream Theater constitue hélas une référence en la matière, cette référence n'est pas artistique mais plutôt celle de l'outrance et du spectacle de foire. Si dans les années quatre-vingt, une mixture pop-metal guitar-hero façon Van Halen agrémentée d'excentricités rythmiques et mélodiques semblait ne pas devoir survivre à la décennie, Dream Theater l'a cultivé jusqu'à obtenir une musique congestionnée, indigeste et stéréotypée, résultat d'un culte de la performance technique sans inspiration artistique, et d'une malencontreuse tendance à confondre effort démonstratif et audace créative.

Les diverses formations satellites comptent évidemment sur les admirateurs de Dream Theater pour se faire une place de choix tout en sachant que ces derniers ne cesseront jamais de les traiter en simples suiveurs, même lorsqu'ils surpasseront la "référence". Ces aimables suédois notamment ne seront considérés à leur juste valeur que par une proportion infime de critiques qui osent placer l'élève au-dessus du maitre qui les inspire. La technique des instrumentistes reste flamboyante et irréprochable, ceux-ci n'hésitant d'ailleurs pas à laisser quelques espaces au bassiste entre deux prodigieuses saillies de guitare. Le chant clair du vocaliste, qui frôle parfois la transparence, n'en est pas moins robuste et incisif sur la plupart de ses performances ainsi que particulièrement juste. Mais cette virtuosité n'est absolument pas le critère déterminant du comparateur religionnarien, car il se trouve que celle-ci est mise au service de compositions relativement prévisibles, mais percutantes et inspirées. Le souci des riffs et mélodies semble constant, si bien qu'aucun passage à vide n'est à déplorer sans pour autant que l'auditeur n'ait à souffrir d'indigestion sonore, ce malgré une durée totale conséquente. Quelques relents mélodiques mielleux, héritage obligatoire de l'arena rock le plus dégoulinant, résonnent et désappointent mais ne durent guère, rapidement interrompus par un passage plus athlétique délicieusement inopiné.

Seventh Wonder se révèle donc brillant et parvient presque à faire oublier à quel point ce genre de musique est démodé. Ce disque demeure effectivement beaucoup plus attrayant et passionnant que la plupart des aeuvres concurrentes, à l'intérieur ou non de la discographie de Dream Theater.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (8) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 16, 2011 11:29 AM MEST


Chronologie de la psychanalyse (1856-1939) du temps de Freud
Chronologie de la psychanalyse (1856-1939) du temps de Freud
par Olivier Douville
Edition : Broché
Prix : EUR 17,80

Aucun internaute (sur 6) n'a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 A réserver aux croyants..., 1 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chronologie de la psychanalyse (1856-1939) du temps de Freud (Broché)
Plusieurs historiens, indépendants, se sont déjà penché sur Freud et son oeuvre. Du fait de cette indépendance, leur travail se révèle plus fiable et plus complet. Certaines données, parmi les plus facheuses et compromettantes, ne sont évidemment pas abordées ici...


Delusion Squared
Delusion Squared
Prix : EUR 8,99

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 26 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Delusion Squared (Téléchargement MP3)
Certaines aeuvres légitiment la cruauté religionnarienne à l'égard d'une concurrence aussi foisonnante qu'insignifiante. S'il semble délicat au premier abord de distinguer cet album concept nostalgico-atmosphérique à chant féminin au sein des innombrables productions glauquoplanantes de l'année en cours, l'élément déterminant ne tarde pas à rayonner : le talent. Cette notion vague que le Religionnaire ne tardera pas à préciser permet de relier à merveille les composantes artistiques, musicales ou non, pour aboutir à une réelle "cohérence" et non la simple illusion de celle-ci. Le scénario offre une synthèse assez banale de quelques aeuvres cinématographiques d'anticipation comme Matrix, Gattaca ou encore The Island, mais le choix d'un personnage principal féminin incarné par la chanteuse décuple sa puissance et son authenticité. Le destin dramatico-héroïque de cette femme qui sublime la perte de son enfant in utero par l'élévation d'une civilisation ne peut qu'émouvoir et rassurer quant à la possible profondeur du bon sentiment lorsqu'il n'est pas condamné à la superficialité hollywoodienne. Ce talent s'exprime également et heureusement à travers la musique, par cette aptitude si rare à conjuguer le surprenant et l'accommodant, deux caractéristiques que de nombreux mélomanes considèrent encore aujourd'hui incompatibles. Il suffit pourtant d'un coup d'oreille sur quelques-unes de ces mélodies pour ressentir cette délicieuse émotion mixte et paradoxale, mêlant étonnement et réassurance.

Le Religionnaire ne saurait pourtant slalomer entre certains travers pour la plupart attribuables à la naïveté, aux limites du style ou à celles de la vocaliste. Cette dernière ne déploie guère une grande palette d'expressivité ce qui nuit énormément à sa polyvalence. Ce défaut n'a jamais empêché certaines artistes de briller dans le soft rock, notamment Skye Edwards de Morcheeba, ou dans le registre gothico-symphonique, mais cette limite risque de contrarier l'élévation du trio et de sa chanteuse dont l'accent parfois approximatif trahit les origines. Le Religionnaire salue en revanche ses admirables harmonies vocales désincarnées ainsi que certains élans vocaux baroques évoquant immanquablement les débuts d'une célèbre islandaise. Parmi les excès de candeur, volontiers inhérents au genre planant, le Religionnaire pointe le syndrome de l'introduction à rallonge avec une entrée souvent trop tardive de la section rythmique, quelques passages à vide et un léger essoufflement dans les deux dernières parties de l'aeuvre. Depuis la sortie de ce disque, de malencontreux efforts de catégorisation ont poussé à qualifier le groupe de Porcupine Tree à chant féminin, ce qui, compte tenu du triste déclin artistique de Steven Wilson, révèle un double tranchant. Les autres parfums, qu'ils soient soft, gothiques, electro, symphoniques ou autres participent à la richesse de cette musique très inspirée. Le trio aurait tout intérêt à s'affranchir du public prog et de l'enfermement stylistique qu'il tente systématiquement d'imposer. Delusion Squared propose déjà bien davantage qu'une banale nostalgie.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 28, 2010 4:55 PM CET


Passage To The Puzzle Factory
Passage To The Puzzle Factory
Prix : EUR 11,99

4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 25 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Passage To The Puzzle Factory (Téléchargement MP3)
Ce nouvel assortiment de musiciens plus ou moins chevronnés semble voué à une célébration quelque peu ambivalente du patrimoine de Lexington au Kentucky. Le fameux asile sur la colline fait référence à une structure à la fois pénitentiaire et hospitalière ouverte en 1935 et vouée à la prise en charge des addictions. Ce lieu insolite où résideront des toxicomanes, qu'ils soient ou non incarcérés, et où seront effectués des travaux de recherche expérimentale suscite encore aujourd'hui fascination et fantasmes. Quelques découvertes importantes concernant le sacrosaint THC ainsi que le dédommagement parfois narcotique des cobayes pourraient facilement convaincre le public "stoner" d'ériger cette ferme thérapeutique en véritable lieu de culte, où seraient organisés des pèlerinages bruyants et enfumés. Fier de son emblème qui constitue donc un merveilleux appât pour les mélomanes visés, le collectif l'est également de ses influences rock assez conventionnelles mais variées et bien réparties sur les quarante dernières années. Dans un effort nécessaire de synthèse, le Religionnaire corrige aisément cette liste abondante pour ne filtrer qu'un artiste par décennie, soit par ordre chronologique : Black Sabbath évidemment, les Scorpions, Soundgarden et enfin System of a Down qui ne figure pas parmi les revendications mais dont la loufoquerie elle-même héritée de Faith No More saute aux oreilles. Il n'est point nécessaire de s'attarder davantage sur les curriculums vitae plus ou moins glorieux de ces quatre musiciens qui déclarent à l'unisson "renaitre des cendres de la folie et des impuretés récoltées sur la route au sein de plusieurs formations rock `n' roll internationales".

Il s'agit donc d'une démarche artistique extravagante et bouseuse bien illustrée sur cette délicieuse pochette. Si l'efficacité n'est pas systématique, l'exécution fougueuse des musiciens n'est pas loin de compenser le manque d'inspiration sur les échantillons les plus faibles. Les pièces les plus excentriques, notamment cette valse mêlant vieille Amérique et Europe de l'Est, rusticité et grandiloquence, constituent d'agréables aires auditives de repos avant de repartir sur un mode plus véloce ou pesant. La première moitié du disque fournit les prestations les plus intéressantes, les riffs et grooves les plus accrocheurs tandis que la seconde relève davantage d'un remplissage masqué par une présentation plus sophistiquée voire expérimentale. Cet incontestable fléchissement d'inspiration nuit à la consistance d'une l'aeuvre qui demeure pourtant satisfaisante et surtout très digeste face à une concurrence souvent noyée dans la lourdeur, la boue et l'obscurité. La nostalgie est principalement concentrée sur les années quatre-vingt-dix, notamment le grunge, ceci aboutissant à une sorte de passéisme moderne comparé à des rivaux obnubilés par la lourdeur de Black Sabbath ou l'implacable virtuosité de Metallica. Il ne s'agit pas pour autant de considérer cette pseudomodernité comme plus innovante, le stoner demeurant à jamais une entreprise de recyclage ciblée, volontiers savoureuse, mais hélas vouée à l'enfermement. Cette aeuvre, parmi les plus brillantes de l'année, se déguste donc sur place, au temps présent, sans se soucier de l'avenir incertain du rock.


Mutation
Mutation

2.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 31 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mutation (Téléchargement MP3)
Le Religionnaire vous présente aujourd'hui un groupe qui revendique fièrement son identité nationale, composé de Fred Burst, Arvi Kaint, Dave McBee, Rick Pride et Tommy Bones. Fort incommodé par ces fades anglicismes, le Religionnaire se doit d'imposer une refrancisation aussi approximative que respectueuse du drapeau tricolore. Ainsi renommés respectivement Fronde la Giclée, Coque de Luche, Ronald McAbeille, Richard Caeur de Suricate et Tom Squelettor, les Jouets Toxiques ne saisiront probablement pas toutes les délicates nuances de ces retours traductifs mais se retrouveront certainement mis à nu, face à leur propre conception de la pudeur. Jusqu'à aujourd'hui, cette joyeuse troupe niçoise promeut son nouveau disque en France dans une ambiance mielleuse, bien aidée par ces journalistes amateurs, virtuels et par la patriotique lâcheté qui s'imposent à eux lorsqu'il est question d'évaluer ce type d'ouvrage. Le Religionnaire, dans un de ses élan les plus gracieux, dirait qu'en matière de metal, "la Gaule reste molle". Ceci n'empêche pas le metal hexagonal de se reproduire mais il inspire toujours une profonde pitié à son peuple. Celui-ci s'oblige donc à justifier, voire à légitimer ces faiblesses comme la honte pousserait certains à le faire en cas de panne sexuelle. Les Jouets Toxiques ont donc capitalisé sur le modèle anglosaxon, et notamment sur un vocaliste américain, évidemment grassouillet dont les vapeurs de houblon se propagent jusque dans les fichiers musicaux. Le seul et unique avantage offert par la grosse abeille reste son accent américain magnifiquement vulgaire et donc adapté à la musique qu'il affectionne. Pour le reste, ses bourdonnements rocailleux n'impressionnent personne et surement pas le Religionnaire, bien habitué à ce genre de nuisances.

La section instrumentale est volontiers vantée par plusieurs chroniqueurs français acquis à la cause des Jouets Toxiques qui fantasment encore et toujours sur une hypothétique gloire internationale. Ce phénomène promotionnel regrettable ôte à la critique son rôle primordial : celui d'une franchise qui pousserait l'artiste à progresser ou à stopper le massacre. Il ne s'agit pourtant pas vraiment d'un massacre mais plutôt d'une incroyable banalité. Cet amalgame power/prog/hair/thrash, probable résultat d'une mise en commun des aspirations individuelles et envisagé comme un cocktail novateur aboutit à l'opposé, voire à la superposition des pires aspects de ces quatre mouvements. Des mélodies rudimentaires se greffent sur une architecture dont la grandiloquence premier prix attriste et dont le caractère indigeste irrite parfois au plus haut point, la conséquence des adulations respectives et facheuses de Symphony X et Dream Theater. Pour couronner le tout, les textes se révèlent particulièrement affligeants, au point que le Religionnaire ne croit pas avoir entendu autant de portes ouvertes s'enfoncer depuis bien longtemps. Entre clichés et contrevérités, nos Jouets Toxiques se demandent pourquoi ne ferions-nous pas l'amour au lieu de la guerre, pourquoi il n'y a que l'argent qui compte, pourquoi nous laissons des enfants mourir de faim, mais ils condamnent aussi l'argent qui règne en maitre, ceux qui tuent des innocents par milliers et ceux qui gouvernent : les vrais vilains qui nous privent de liberté en disant vouloir nous protéger. Il est donc urgent que ces musiciens se mettent à penser par eux-mêmes, aussi bien sur le plan musical qu'en matière de paroles. Ainsi ils pourront envisager une réelle mutation, une positive mutation.


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