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Contenu rédigé par Religionnaire
Classement des meilleurs critiques: 21.964
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Commentaires écrits par
Religionnaire (Paris, France)

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Ripples
Ripples
Prix : EUR 17,59

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 10 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ripples (CD)
Le prog metal façon Dream Theater demeure l'une des disciplines les plus cocasses des dernières décennies. De vastes hordes mélomaniaques n'ont de cesse de traquer chaque nouveau groupe se réclamant de la prestigieuse constellation. Ces doux fanatiques n'ont pas leur pareil pour distinguer la nuance décisive, pour ne pas dire adhésive, qui permettra à la formation aspirante de gagner un respect bien mérité. Il peut s'agir d'un simple et lourd contretemps, d'une vieille mélodie dégoulinante cachée aux fins fonds du répertoire de Journey, d'une masturbation malmsteenienne bien juteuse ou encore d'une thématique pseudointellectuelle stérile. Il suffirait pourtant de relever la tête, ou simplement les oreilles, pour constater à quel point tous ces assemblages de boites à musique et de marteau-piqueurs enrayés relèvent de la plus pathétique des provocations. Or, en de très rares occasions, ce mélange prend une consistance réjouissante, étrangement agréable, lorsque hasard et franc talent se conjuguent pour éviter la pollution habituelle liée à ce genre d'exercice. Ces admirables norvégiens parviennent en effet à proposer une aeuvre affirmée, cohérente qui slalome aisément entre tous les tristes travers des formations phares du mouvement.

Les soli, notamment ceux du guitariste, illustrent à merveille cette réussite inattendue, non pas pour leur vélocité ou leur degré de virtuosité, mais pour leur effet hautement accrocheur. Le Religionnaire ayant toujours proclamé que les meilleurs solistes ne sont pas les plus virtuoses mais ceux qui parviennent à accrocher autant que les plus grands riffeurs, il ne peut qu'applaudir ce brave guitariste ainsi que son acolyte claviériste. Une autre source de réjouissance, et non des moindres, découle du caractère très digeste de cet album. Les titres dépassent pourtant quasiment tous cinq minutes mais sont structurés de manière claire, logique, sans être pour autant moins ambitieux ni moins singuliers que ceux des rivaux plus lourds. Les saillies arena rock et pop metal, idéalement placées, y compensent à merveille les cheminements plus tortueux pour un résultat presque systématiquement convaincant. Les riffs ne sont pas les plus lumineux de l'année mais restent suffisamment en mémoire pour les respecter. Le vocaliste, dont les éraillements ne peuvent que scandaliser la plupart des amateurs de prog nordique bien propret, se révèle parfois poussif mais sans atteindre les niveaux de pénibilité suscités par un canadien bien connu.

Le destin de ces norvégiens parait incertain. Compte tenu de leur talent, le Religionnaire se révèlerait très désappointé de les voir persister dans un style qui ne fait honneur à personne, d'autant plus qu'ils risquent d'attiser une certaine jalousie dans le milieu.


Black Country Communion
Black Country Communion
Proposé par marvelio-france
Prix : EUR 10,38

8 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 3 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black Country Communion (CD)
La déception procurée par un supergroupe est en règle générale proportionnelle à la réputation cumulée de ses membres. Ce désappointement presque systématique résulte de la persistance d'un schéma cognitif dysfonctionnel à travers les âges, d'un fantasme au sein duquel l'assemblage d'individualités "supérieures" aboutirait à un collectif tout aussi "supérieur" voire davantage. Ceci ne s'est évidemment jamais vérifié, que ce soit dans le domaine culinaire, du sport, du rock ou même chez les Dieux de l'Olympe. Le mélomane préfèrera ainsi volontiers la performance d'un supergroupe de seconde zone à l'espoir inévitable et obligatoirement déçu suscité par une constellation plus prestigieuse. Depuis quelques années, le succès relatif du rock nostalgique imprègne logiquement la constitution des supergroupes dont certains deviennent transgénérationnels. Cette agréable diversion ne résout en rien le problème de fond et notamment cette terrible désillusion occasionnée récemment par les Them Crooked Vultures, une formation concurrencée directement par Black Country Communion aujourd'hui. L'un des principaux axes de rivalité, à savoir la surenchère zeppelinienne, tourne paradoxalement à l'avantage du batteur Jason Bonham, alors que celui-ci n'est que le fils de John et s'oppose au toujours trop vénéré John Paul Jones. Le choix du guitariste Joe Bonamassa se révèle terriblement judicieux car celui-ci fait partie des rares virtuoses à savoir couper le son, ce qui rend un grand service à ce nouveau quatuor que le Religionnaire considère comme un trio en raison de l'inexistence globale du claviériste Derek Sherinian. Cette configuration met évidemment à l'honneur le vétéran Glenn Hugues qui se révèle incontestablement le plus brillant, tant par ses lignes de basse très convaincantes que par sa forme vocale éblouissante.

Si le faux quatuor/vrai trio semble fonctionner harmonieusement, le résultat sous forme d'album n'est pas assez convaincant pour marquer durablement les esprits. Ce cocktail nostalgique hard blues sudistogrunge est pourtant exécuté de façon très percutante et idéalement travaillé en studio mais l'aeuvre manque malheureusement de consistance. Sur les douze titres, seule une petite moitié accroche durablement. Le reste du disque souffre de digressions certes énergiques mais pauvres et redondantes, un travers tout à fait zeppelinien. Les bons compositeurs restent décidemment bien plus difficiles à dénicher que les virtuoses ou les fils de star. Le sobre Bonamassa propose pourtant un "One Last Soul" qui dévoile presque tous les caractères d'un tube mais ne parvient malheureusement pas à rééditer cet exploit. Le Religionnaire demeure donc partagé pour ne pas dire ambivalent face à ce disque qui compte parmi les grandes réussites nostalgiques de l'année mais qui constitue parallèlement une belle escroquerie de remplissage. Si la mission du supergroupe était de supplanter les Them Crooked Vultures, elle est évidemment accomplie, Black Country Communion n'étant d'ailleurs pas loin d'égaler certaines pointures du genre comme Wolfmother sur certaines prestations. Contrairement à d'autres, cette formation mériterait de durer suffisamment pour proposer un second album, mais le Religionnaire peine à y croire.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 18, 2012 8:28 PM MEST


Static Impulse
Static Impulse
Proposé par Hot Shot Records
Prix : EUR 14,71

2 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 28 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Static Impulse (CD)
Au sein de la sphère Dream Theater, l'art du facultatif est toujours cultivé avec une profonde passion. Cet exercice tantôt glorifié, tantôt méprisé demeure bien plus périlleux qu'il n'y parait. Si le superflu se décline volontiers à l'infini, maintenir des taux d'utilité et d'authenticité aussi proche de zéro, et de manière aussi constante, relève presque du génie. James LaBrie, dont l'importance du B majuscule n'est plus à prouver, s'est déjà révélé en bon élève il y a cinq ans grâce à un premier effort sans doute applaudi par Petrucci et Portnoy et dont personne n'arrive depuis à se remémorer le contenu : la mission était donc accomplie avec brio. Aujourd'hui convaincu par ses éléments d'autopersuasion, le canadien s'attaque au concept d'impulsion statique et à l'aimable population geek qui ne manquera pas de loucher sur cette délicieuse pochette. Avides de nouvelles technologies et d'ambiances matrixioénigmatiques, ces binoclards informatisés représentent une portion non négligeable des amateurs de prog de la nouvelle génération : le brailleur au sirop d'érable mise donc sur l'avenir. Celui-ci se lance par ailleurs un défi musical immense : réussir à ne pas surprendre en incorporant du metal extrême à sa musique.

Il s'agit plus précisément de death metal, dans sa branche nommée mélodique, une appellation quasi pléonastique qui vise à prévenir l'effet de castration dévastateur que pourrait avoir la désignation soft death metal. Derrière ces promesses alléchantes, James LaBrie reprend en réalité les mélodies les plus mielleuses de Dream Theater qu'il assaisonne d'effroyables grognements et d'exaltations rythmiques. Chanteur aussi polyvalent qu'une autruche et instrumentiste lamentable, le piailleur déforesteur sollicite logiquement des amis qui se révèlent inévitablement brillants à ses côtés. S'il devait résumer en une phrase cette aeuvre transparente, le Religionnaire déclarerait : "il y a du bon et du LaBrie dans cet album, mais ce qu'il y a de bon n'est pas de Labrie et ce qu'il y a de LaBrie n'est pas bon". Les riffs sont pourtant présents et individualisables mais la musique demeure si déshumanisée qu'ils s'évaporent avant même d'avoir résonné. Ces douze titres semblent composés puis exécutés par l'un des premiers modèles d'ordinateurs soviétiques du siècle dernier, par une intelligence artificielle austère et arriérée, un modèle de collection qu'affectionnerait sans doute le public visé ici. Le Religionnaire ne saurait trop conseiller à la formation de James LaBrie de virer James LaBrie avant qu'il n'accomplisse brillamment une troisième mission.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (9) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 16, 2011 11:35 AM MEST


Aquarius
Aquarius
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 31,95

5 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 11 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Aquarius (CD)
Ce premier effort est brandi depuis sa sortie tel un futur album prog de l'année 2010 et la formation anglaise se voit logiquement considérée comme le nouveau grand espoir d'un genre qui ne serait finalement pas mort il y a 35 ans ni voué à une éternelle nostalgie. Le premier des mélomanes sait bien qu'aujourd'hui en matière de rock, la nouveauté se fait rare et n'est surement pas à chercher sous l'étiquette "prog". Cependant, une certaine prophétie matrixienne persiste dans le milieu et la vaine attente d'un élu ne fait qu'en renforcer la foi d'année en année. Si Haken ne révolutionne aucunement le genre, il procure une impression de nouveauté grâce à une habile stratégie d'hyperéclectisme. Comme la plupart de ses rivaux contemporains, le groupe emprunte au deuxième degré : il s'inspire ouvertement de collectifs nostalgiques qui eux-mêmes puisent dans le répertoire des vielles gloires du rock progressif. Cependant, Haken ratisse large, du pseudosymphonisme propret des formations scandinaves au metal masturbatoire de Dream Theater, des sages digressions jazzy de The Tangent aux cocasseries zappaesques de Beardfish. Les passages planants sont également inclus dans ce forfait découverte et évidemment hérités de Porcupine Tree ainsi que de ses disciples, notamment Riverside. De brèves incursions de chant guttural achèvent le cocktail et divisent logiquement un public paradoxalement peu enclin à de telles audaces.

Ce fameux hyperéclectisme ne saurait être réduit à son effet de poudre aux oreilles car son application adéquate requiert un certain talent de synthèse et d'exécution. Le Religionnaire admire certes la dextérité des instrumentistes mais encore davantage les compositeurs beaucoup plus doués et hardis que la plupart de leurs rivaux nostalgiques. Le caractère insaisissable de certains titres dont l'enchainement des thèmes ne permet pas d'en profiter pleinement demeure un travers fréquent lié à une jeunesse naïve et exaltée. Le Religionnaire ne saurait tolérer la persistance de ce défaut à plus long terme, la résistance à la surenchère étant à ce titre déterminante dans cette branche. Après un début en fanfare, dans les grandes traditions symphonisantes du siècle dernier, le groupe s'égare dans un néoprog quelque peu hasardeux avant de revenir à une prestation ramollie, mielleuse mais presque séduisante, puis se lance dans l'inévitable pièce finale gargantuesque ici satisfaisante. Une fois l'impression de nouveauté estompée, ce disque sonne davantage comme une sorte de medley publicitaire pour le prog nostalgique auquel il ne manque que le slogan idéal : "bienvenue dans le monde du rêve, un monde où la musique n'a pas de frontières, un monde peuplé de musiciens altruistes et audacieux, de mélomanes ouverts et exigeants, de producteurs conciliants et désintéressés, un monde voué à la musique la plus touchante, la plus intelligente, la plus mort-vivante...". Le prog nostalgique : une armée de zombies pour vous servir.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 27, 2011 8:36 AM MEST


The Seraphic Clockwork
The Seraphic Clockwork

2 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 9 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Seraphic Clockwork (CD)
Dream Theater ne dispose pas aujourd'hui de meilleur ambassadeur que Vanden Plas pour propager son art nauséabond. La polyvalence épatante de ces allemands, illustrée notamment par des comédies musicales ou des hymnes pour un club de football, n'aura pas empêché cette regrettable contamination. Vampirisé puis téléguidé par son maître, Vanden Plas semble aujourd'hui condamné à l'hommage d'un hommage toujours non avoué, soit à une errance artistique obligatoire. Les teutons pantins ne disposent que d'un créneau fort limité pour sortir des albums : les années durant lesquelles le maître ne le fait pas. Dream Theater se préserve ainsi d'une rivalité trop encombrante tout en s'assurant de rayonner en permanence avec toute cette constellation de formations clones bien disciplinées. Sous l'emprise ferme de ce collectif culturiste dont l'aeuvre aura consisté à diriger le metal progressiste vers une musique banale, démonstrative et indigeste pour l'y enfermer durablement, Vanden Plas s'est progressivement imposé comme le meilleur élève au point de s'attirer les louanges d'un large public fanatique tout aussi contaminé. Lâché comme un os entre Octavarium et Systematic Chaos, le mitigé Christ 0 (2006) avait permis de rassasier cette meute gavée à une musique tout aussi jetable que celle qu'on nomme aujourd'hui RNB.

Ce nouvel effort dévoile une nouvelle progression dans la concordance au point qu'il devient réellement délicat de distinguer le maitre de son plus grand disciple. Le célèbre comte d'Alexandre Dumas laisse la place à un concept mysticoreligieux stérile et purement décoratif surplombant un rock aux anabolisants qui l'est tout autant. La plupart des stratagèmes et subterfuges de Dream Theater, bien connus du Religionnaire, se révèlent sans peine, à commencer par l'éternel déséquilibre du rapport qualité/quantité. Le postulat de base, à savoir 10 piètres riffs valent mieux qu'un, est également étendu aux mélodies. De ce fait, l'enchaînement d'une multitude de ces riffs vise à faire oublier leur pauvreté individuelle. Or, de nos jours, le riff n'est toujours pas réductible à une unité monétaire si bien que la somme artistique totale de cet enchevêtrement de riffs demeure extrêmement faible. En bon premier de la classe Dream Theater, Vanden Plas devait également se livrer à l'exercice de l'emprunt non crédité : il s'agit donc du thème de James Bond qui sert de base au deuxième titre. Enfin, l'exercice le plus difficile n'est pas de multiplier les couches de guitare ou les cassures inutiles de rythme, mais de s'approprier la technique de chant toute particulière mise au point par James Labrie. La présence de braillements caprins et de vocalises véhiculant un émoi inauthentique signe à nouveau un brillant accomplissement, notamment durant les prestations les plus mielleuses.

Le nouvel opus de Dream Theater sous sa couverture allemande ne surprend donc guère. Au mieux interchangeable, au pire jetable, cette musique demeure une sorte d'équivalent artistique des maladies dégénératives. Si la plupart des groupes de la branche sont aujourd'hui infectés, il reste à prier pour que l'épidémie ne se mue pas en pandémie.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (10) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 16, 2012 10:41 PM MEST


No Guts, No Glory
No Guts, No Glory
Prix : EUR 8,03

3 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 30 août 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : No Guts, No Glory (CD)
Le premier des chroniqueurs de seconde zone qui pullulent sur internet tenterait sans hésiter de ne point citer, ne serait-ce qu'une fois, le célèbre groupe australien auquel Airbourne rend hommage depuis ses débuts. Le Religionnaire s'est au contraire mis en tête de rembourser AC/DC dont les prélèvements n'ont toujours pas été crédités, bien qu'il ne puisse prétendre qu'AC/DC soit particulièrement à plaindre financièrement. AC/DC demeure effectivement l'un des groupes les plus riches de la planète et ne semble pas devoir connaitre le déclin avant que ses membres décèdent ou dégénèrent sur un mode Alzheimer. Le recyclage sans fin de son catalogue représente l'antithèse de la prise de risque artistique et aurait dû provoquer depuis longtemps déjà l'épuisement du public. Or AC/DC n'a cessé d'agrandir son emprise sur le monde, bénéficie de plus d'une aura quasi-religieuse, grand emblème des bonnes vieilles valeurs du rock misogyne dont les taches bien grasses et spermatiques sont chaque jour bénites. Lorsque le Religionnaire constate le succès ahurissant du dernier effort studio d'AC/DC, il n'oserait proclamer la nécessité d'un clone, aussi doué soit-il. Le pari était osé : oser jouer du AC/DC à la manière d'AC/DC alors qu'AC/DC joue du AC/DC depuis maintenant presque quarante ans. Le premier album de ces héritiers autoproclamés d'AC/DC était néanmoins suffisamment brillant pour triompher et convaincre qu'il y a peut-être mieux qu'AC/DC pour jouer du AC/DC. Le Religionnaire redoutait alors que ces jeunes à la langue luisante suscitent la lassitude à laquelle AC/DC a toujours échappé, et il le redoute aujourd'hui plus que jamais.

Ce second, espérons deuxième opus, n'est pas moins intéressant que le premier. Il a d'ailleurs bénéficié d'un succès équivalent voire supérieur. Hélas, il semblerait que l'émergence d'Airbourne en 2007 n'a servi qu'à redonner un nouveau souffle à AC/DC dont les chiffres de ventes ont depuis explosé et dont la plus modeste compilation a récemment propulsé une superproduction hollywoodienne. Aujourd'hui, Airbourne ne sert plus à rien. Les groupes de hard rock nostalgiques se comptent par milliers dont la plupart sont plus audacieux et ne se limitent pas à un hommage unique. Certes, les mélomanes les plus pointilleux signaleront qu'AC/DC n'est pas ici pas la seule inspiration, que le Religionnaire pourrait essayer de prendre en compte l'influence du rock australien dans son ensemble avec les Angels et Rose Tattoo, malheureux rivaux d'AC/DC, voire même un soupçon de hair metal à l'occasion, mais la mauvaise foi ne sauvera pas le meilleur des faux AC/DC. Cette extinction prochaine peut désappointer, attrister, mais elle n'en reste pas moins juste, car il n'existe pas de meilleur destin pour un groupe hommage à AC/DC, que d'entretenir, voire de relancer la carrière d'AC/DC et de se sacrifier pour AC/DC : Airbourne et AC/DC sont donc quittes. Le Religionnaire ne saurait trop suggérer à ces jeunes australiens de s'inspirer de Dream Theater, un groupe hommage qui n'hésite pas à voir grand et à singer une variété impressionnante d'artistes : la dilution est la solution. Un tel talent d'imitation doit forcément pouvoir se révéler dans un autre rôle que celui d'AC/DC.


Cheat The Gallows
Cheat The Gallows
Proposé par thebookcommunity_fr
Prix : EUR 240,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 16 août 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cheat The Gallows (CD)
Depuis plus de dix ans, Bigelf voue un solide culte à la boursoufflure des années soixante-dix. Toutes les facettes hard, prog ou glam de cette illustre grandiloquence sont cristallisées à la perfection dans sa discographie qui, sans forcément revitaliser le rock nostalgique, mérite un petit détour auditif. Ce quatrième effort n'est évidemment pas sans rappeler les précédents et reste consacré en majorité au hard rock grandguignolesque de type Queen ou Uriah Heep. Si le Religionnaire affectionne bien entendu les riffs exubérants aromatisés à l'orgue Hammond, au Mellotron ou aux cuivres, il n'est pas désappointé de constater quelques saillies plus singulières grâce auxquelles Bigelf se démarque des innombrables rivaux scandinaves du hard rock passéiste. Les américains lorgnent ainsi ponctuellement vers le satanisme lourd de Black Sabbath mais également vers les enfantillages mélodiques du psychédélisme, le tout offrant de délicieuses ambiances de type fête foraine maléfique. En imprégnant cet aimable cocktail de sonorités planantes et d'une sensualité inspirée de Bolan et Bowie, Bigelf parvient à proposer un assemblage franchement original, une musique de caractère qui ne s'oublie pas au premier coup de vent.

Si la forme se révèle particulièrement riche et séduisante, le fond demeure beaucoup moins excitant. Ces belles initiatives gagneraient à être propulsées par de meilleurs compositeurs. Les riffs ne s'écartent que rarement du banal triton tandis que les mélodies, notamment vocales, peinent à dépasser le stade de l'incantation bitonale. Ces miaulements répétitifs et hommages perpétuels à Gustav Holtz finissent par lasser le Religionnaire qui aurait espéré quelques passages plus alambiqués, quelques grooves plus accrocheurs, voire même quelques orchestrations à cordes pour remplacer des cuivres omniprésents. Il serait rassurant de prophétiser une gloire à venir ou de qualifier ce groupe de "prometteur" si ce Cheat the Gallows n'était pas précédé de trois albums de même niveau. La montée en puissance ne se produira probablement jamais, mais Bigelf, à défaut d'accrocher durablement les aires auditives, mérite un certain respect pour être parvenu à proposer un mélange nostalgique insolite. Si Dream Theater se mettait en quête d'un vrai compositeur mais engageait Lenny Kravitz, le résultat serait peut-être similaire, qui sait ?
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 25, 2010 5:43 PM MEST


Rock Symphonies
Rock Symphonies
Prix : EUR 17,56

8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 16 août 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rock Symphonies (CD)
Cette mascarade pourrait faire craindre l'apparition soudaine d'un nouvel André Rieu, dans une version 2.0 encore plus redoutable. Or il n'en est rien, presque rien, car pour commencer, ce petit prodige germano-américain est au préalable plutôt bien considéré dans le milieu de la musique classique. Son contrat signé avec la Deutsche Grammophon à l'âge de quatorze ans pour enregistrer les caprices de Paganini illustre bien un phénomène que l'on croirait issu du génie génétique. En effet, si un tel talent serait volontiers compatible avec un bel autisme d'Asperger et un physique repoussant, notre virtuose travaille occasionnellement comme mannequin et dévoile une remarquable ouverture d'esprit qui tranche avec le snobisme en vigueur dans le milieu. En mêlant populaire et classique, le bel étalon encoure évidemment le risque de radiation d'un côté, mais de l'autre, il propose une douce porte d'entrée vers la grande musique aux jeunes incultes, et surtout il s'offre la possibilité de tutoyer la gloire qu'il pense mériter. Ainsi, dans ses précédents ouvrages, Bach, Debussy, Vivaldi côtoient Michael Jackson, Queen et AC/DC, le tout étant arrangé de manière assez subtile et singulière.

L'effort de 2010, sobrement intitulé Rock Symphonies, mêle à nouveau de grands standards du rock et du classique, interprétés par un ensemble hybride symphonicorock. Le violin-hero demeure en vitrine du début à la fin, et frotte fièrement ce qu'ont chanté Axl Rose, Steven Tyler, James Hetfield, Paul McCartney ou encore Robert Plant. Ces reprises sont assez délicieusement arrangées, exécutées avec la fougue qui manque habituellement à ce type d'adaptation symphonique, mais hélas pas au point de les savourer en boucle comme les versions originales. Paradoxalement, notre Goldorak du violon se révèle plus convaincant lorsqu'il adapte la musique classique au format rock, comme en témoignent l'excellent "Toccata" (Bach), l'indémodable "The 5th" (Beethoven), le poignant "Asturias" (Albeniz) et enfin le délicieux "Vivaldi vs. Vertigo" qui mêle admirablement les quatre saisons au célèbre tube de U2. À côté, le pourtant valeureux "November Rain" parait bien mielleux, "Kashmir" manque beaucoup de profondeur et "Master of Puppets" n'apporte pas davantage que la version d'Apocalyptica. Enfin, "Live and Let Die", "Smells Like Teen Spirit" et surtout "Walk This Way" font sourire le Religionnaire mais ne lui apportent guère plus de satisfaction.

L'exercice est donc parfaitement maitrisé. L'aeuvre se révèlera une nouvelle fois transitionnelle et favorisera le passage du rock vers le classique, peut-être même un léger flux dans l'autre sens, mais ne restera pas bien longtemps dans les platines ni dans les mémoires. Le Religionnaire souhaite à son teuton atomique de connaitre la gloire, dignement, sans avoir à poser nu dans un magazine ou sur la pochette de son prochain disque.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 2, 2010 12:50 PM MEST


Tattoos & Tequila
Tattoos & Tequila
Prix : EUR 8,55

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 27 juillet 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tattoos & Tequila (CD)
En ces temps d'appel à la rigueur, le Religionnaire se tourne logiquement vers les plus courageux des résistants et notamment vers ce furieux poivrot dont l'incitation persévérante à la débauche demeure une intarissable source de (ré)jouissance. Une fois de plus, Vince Neil souhaite nous faire partager ses deux plus grandes passions, juste devant les bars à striptease et les voitures. Or si les rodéos et autres courses automobiles s'accordent à merveille avec les tatouages et les prostituées californiennes en short, leur association à tequila est généralement contre-indiquée. Notre joyeux buveur l'a d'ailleurs déjà vérifié en tuant son camarade et passager après quelques emplettes spiritueuses en 1984. Ni le chagrin ni les dix-huit jours de prison n'ont pourtant eu raison de ses passion pour l'automobile et l'ivresse. Le pochard accusera en vain une compagnie pétrolière du décès de sa fille en 1995 d'un cancer foudroyant, incapable de déceler le moindre signe de ce qui s'apparente à un châtiment symbolique. Certains de ses psychanalystes les plus véreux auront probablement flairé du matériel à masturbation, voire à publication, mais le Religionnaire s'en tiendra à une autre de ses passions. En effet, lorsque sa vie trépidante et imbibée lui en laisse l'occasion, Vince Neil pratique la musique, au sein de Mötley Crüe ou en solo, et en règle générale sans déployer un talent particulièrement mémorable.

Désormais membre de la caste des préretraités du rock, le vocaliste doit logiquement se plier aux conduites à tenir des artistes en fin de carrière dont les recueils sont aujourd'hui bien codifiés : reformation d'anciens groupes, collaborations plus ou moins glorieuses, concerts débranchés, retour sur ses plus grands tubes ou encore le sacrosaint et très rentable album de reprises. Le pochard est ici logiquement incité à réinterpréter certains échantillons qu'il affectionnait dans sa jeunesse tout aussi alcoolisée des années soixante-dix. Si le premier mélomane venu imagine volontiers une sélection rustre, proto-Mötley Crüe, limitée au hard rock le plus banal et au punk, il serait surpris de constater que notre éthylique puise également dans les répertoires d'Elton John, de CCR et des Hollies. Il ne s'agit pas pour autant de rechercher la moindre subtilité dans une aeuvre que le Religionnaire qualifiera de très cohérente dans ses aspects festifs et spontanés. Qu'il en soit ou non responsable, Vince Neil se révèle très convaincant, la plupart de ses prestations sont bien ficelées et superbement délivrées. Les échantillons les plus accrocheurs, à savoir l'obscur « He's a Whore » de Cheap Trick, le bien moins obscur « Nobody's Fault » d'Aerosmith ou encore « AC/DC » de Sweet dépassent de loin les piteux efforts de Slash cette année.

Hélas, aussi admirable que soit ce disque, il ne présente aucun intérêt si ce n'est celui d'être agréablement surpris lors d'une écoute qui demeurera unique. Ainsi, Vince Neil aura pris soin de concocter une version de luxe dans laquelle sont incluses les banalités habituelles mais aussi et surtout l'inévitable flasque, le tout pour $99.99. Une fine opération commerciale.


Road Salt One
Road Salt One
Prix : EUR 17,00

2 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Religionnaire - Destination Rock, 31 mai 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Road Salt One (CD)
Premier disque d'un double album déguisé car scindé, Road Salt One devrait pouvoir être relié au second volet dans quelques mois. Cette habile stratégie de morcellement, tantôt simultané (Guns N' Roses), tantôt séquentiel (System of a Down) ne doit pas faire oublier que les Beatles demeurent les seuls à avoir jusque-là légitimé un double album. Le Religionnaire peut ainsi prophétiser sans crainte sur le statut facultatif d'une bonne partie de cette aeuvre à la fois amputée et hyperplasique. Dans le cas de ces aimables suédois, la manaeuvre se révèle néanmoins aussi thérapeutique que mercantile. Le groupe produit en effet des efforts importants depuis quelques années afin de s'extraire du traquenard que constitue le tiroir rock ou metal "progressif" au début du vingt-et-unième siècle. Cette démarche bien louable requiert une mise à distance des éléments les plus pédantesques du genre, à savoir évidemment le glorieux double album (ici dissimulé), les cathédrales extra-musicales en tous genres, les immenses symphonies gruyères et concepts boursouflés ainsi que toute surenchère technico-virtuose. Au cours de cette évasion, Pain of Salvation s'est arrêté sur une musique qui demeure à jamais le parfait intermédiaire entre sophistication et spontanéité : celle de Faith No More dont la subtile agitation secoue allégrement le prédécesseur Scarsick. Ainsi, de la nostalgie suédoise et aseptisée du vieux prog des années soixante-dix, le collectif est passé à celle des années quatre-vingt-dix, celle du grunge et du metal alternatif dans son ensemble.

Contrairement à ce que proclament certains extrémistes frustrés, Pain of Salvation n'a rien perdu de son caractère ni de son originalité. Réputés à raison moins poseurs et emprunteurs que leurs rivaux de la sphère metal prog (Dream Theater en tête évidemment), ces doux suédois le demeurent pourtant, aujourd'hui comme hier. Le Religionnaire entend ici de nombreuses inflexions vocales très stéréotypées, à mi-chemin entre la souffrance des vieux bluesmen et l'histrionisme d'opérette. Hélas Daniel Gildenlöw n'est ni noir, ni castré et son chant n'est définitivement pas authentique. Son caméléonisme est en revanche admirable. Sa capacité à osciller entre tristesse et colère convient tout à fait à cet effort très instable. Le Religionnaire accepte volontiers ce désir de rapprochement admiratif de Tool mais Pain of Salvation, comme la majorité des formations scandinaves, ne parvient définitivement pas à trouver l'audace ni la folie nécessaire pour troubler l'auditeur. Déflagrations, riffs, hurlements, interludes planants, pseudo-expérimentaux ou sentimentaux résonnent pourtant, mais n'attirent malheureusement pas l'attention. Gildenlöw ne manie certainement pas aussi bien la symptomatologie psychotique que son confrère Maynard James Keenan. Ses agencements, bien que parfois fulgurants, demeurent prévisibles. Quant aux tendres accalmies, leurs faibles résonnances mélodique et émotionnelle peinent à les légitimer, d'autant plus que l'attente n'est pas réellement récompensée. Les riffs et autres emballements surgissent effectivement mais n'accrochent guère le Religionnaire. Celui-ci n'est pas tenu en haleine comme il le souhaiterait.

Pain of Salvation n'est certainement pas aussi perverti que les grands concurrents du prog nostalgique qu'il parvient d'ailleurs à mettre à distance. Désormais, si les suédois visent une sphère plus alternative et moderne, ils devront travailler davantage les éléments de base que sont les mélodies, riffs et groove et réellement délaisser leurs préoccupations les plus pontifiantes.


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