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Contenu rédigé par David Waléra
Classement des meilleurs critiques: 998
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Commentaires écrits par
David Waléra (Châlons-en-Champagne)
(TOP 1000 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   

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Maitre et Seigneur Hymne / Master And Lord, Hymn Jmj
Maitre et Seigneur Hymne / Master And Lord, Hymn Jmj
Prix : EUR 17,09

5.0 étoiles sur 5 Les JMJ de Paris aux couleurs du monde !, 30 novembre 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Maitre et Seigneur Hymne / Master And Lord, Hymn Jmj (CD)
Voici plusieurs versions du même hymne des JMJ de Paris.
A priori, on pourrait craindre l'ennui par la répétition du même chant...
Eh bien, il n'en est rien !
Au contraire même, car à chaque fois que l'hymne a été repris dans une langue différente, il a été entièrement arrangé à nouveaux frais, dans un accompagnement adapté à chaque identité culturelle : anglaise, espagnole, italienne, polonaise et même cambodgienne, entre autres.
Ainsi, chaque couleur locale musicale est restituée avec inspiration et un niveau technique d'un très grand professionnalisme.
Bref, un album à la joie universelle (au sens propre de "catholique") communicative !


Cristiada (Blu-ray) (Import) [2012]
Cristiada (Blu-ray) (Import) [2012]
Proposé par DVD STORE SPAIN
Prix : EUR 12,00

5.0 étoiles sur 5 Une grande épopée historique bouleversante d'humanité et de foi !, 16 septembre 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cristiada (Blu-ray) (Import) [2012] (Blu-ray)
Entre 1926 et 1929, le Mexique connaît une guerre civile d'une rare violence.
Voulant contrer l'influence de l'Eglise catholique, le gouvernement laïc et révolutionnaire impose une loi interdisant toute pratique religieuse, aussi bien publique que privée, et pour arriver à ses fins, n'hésite pas à utiliser l'armée fédérale contre ses propres citoyens.
Le peuple mexicain, après avoir tenté toutes les démarches non-violentes pour rappeler à ses dirigeants de respecter sa liberté de conscience, se voit contraint, par légitime défense, de prendre les armes.
Ces rebelles se font appeler les "Cristeros" en référence à leur cri de ralliement : « ¡ Viva el Cristo Rey ! » (Vive le Christ Roi !).
Et tandis que les hommes se battent, des femmes s'organisent pour les ravitailler en armes et en nourriture : ce sont les « Brigades féminines Sainte Jeanne d’Arc », dont le rôle stratégique fut capital.

Il est rare qu'un tel film grand public aborde un sujet historique aussi douloureux avec une telle objectivité et honnêteté (les excès de certains Cristeros ne sont pas oubliés), d'après les travaux des plus sérieux historiens sur le sujet.
Et ce, même si le scénariste Michael Love a pris quelques libertés en romançant la vie des principaux personnages, et en simplifiant la présentation des enjeux qui les opposent.
Mais n'est-ce pas la loi-même de ce genre cinématographique, qui relève davantage de l'épopée proprement dite que du récit historique, au sens le plus scientifique du terme ?

Surtout, c'est un regard profondément humain qui nous est partagé sur les différents protagonistes de cette période terriblement violente et meurtrière.
Et encore, le film nous épargne-t-il des atrocités sans nom (par exemple, les soldats fédéraux n'hésitaient pas à exécuter des enfants à la sortie de leur messe de communion solennelle).

Que l'on croit en Dieu ou non, on ne peut rester insensible au juste combat du peuple mexicain. Et il est difficile de ne pas être transporté par le courage de ces catholiques de tous les milieux sociaux unis dans des épreuves aussi tragiques. Surtout quand, malgré tant de souffrances endurées, leur ineffable grandeur se manifeste par le pardon que bon nombre de ces victimes, prêtres ou laïcs, accordent à leurs bourreaux.

Andy Garcia, incarnant le général Gorostieta, qui accepte de prendre la tête des Cristeros, nous offre une composition remarquable par sa densité humaine. Certes, on peut regretter que le scénariste ait fait de Gorostieta un athée convaincu, ce qui est historiquement faux, puisque sa correspondance avec sa femme prouve qu'il en partageait la foi. Néanmoins, et malgré le fait qu'elle soit inventée de toute pièce, la conversion progressive du chef de guerre, suscitée par sa rencontre avec le jeune José-Luis, qu'il finit par aimer comme son propre fils, est émouvante et passionnante à suivre. Ce ressort dramatique efficace enrichit indéniablement la trame du récit.

Oscar Isaac se montre parfait dans la peau de Victoriano Ramírez López, surnommé « El Catorce » : sa "gueule" colle à merveille à ce combattant légendaire, dont la carapace rugueuse n'arrive pas toujours à masquer la simple humanité.

Rubén Blades est littéralement saisissant dans le personnage du président Calles, responsable des massacres contre son propre peuple. Avec un brio doublé d'une très grande subtilité, l'acteur distille toute une palette de nuances, mêlant une diplomatique bonhommie de façade à la fourberie la plus cauteleuse, jusqu'à une froide cruauté qui glace le sang.

Peter O'Toole, dans l'un de ses derniers rôles, joue un vieux prêtre martyr, le père Christopher, qui préfère offrir sa vie plutôt que de sauver lâchement sa peau. Impossible d'oublier son intense regard lumineux face à ses odieux assassins. Peu avant de nous quitter, l'acteur irlandais nous rappelait ainsi qu'il était l'un des plus grands.

Mais le grand atout de ce film réside dans son plus jeune comédien, Mauricio Kuri, qui interprète avec un prodigieux naturel et une force peu commune, José Luis Sanchez del Rio, un garçon de 14 ans, qui rejoint les rangs des Cristeros.
Le réalisateur s'est concentré sur le martyre, d'une ignoble cruauté, subi par ce jeune adolescent : cette scène insoutenable, par le fait même qu'elle est authentique, fait pourtant éclater toute la puissance de l'esprit humain, par l'exemple de cet être faible résistant à une oppression illégitime et monstrueusement démesurée...
Cette séquence est magistrale de réalisme intégral : comme Mel Gibson dans "La Passion du Christ", Dean Wright a réussi le tour de force d'unir le réalisme humain, qui nous montre sans fard l'horreur du supplice enduré par cet enfant, à un réalisme d'une dimension supérieure, qui assume la dimension simplement humaine, tout en la hissant à la hauteur du martyre, dans une transcendance proprement divine.
Et cette transfiguration s'opère à travers les regards qu'échangent José et sa mère (sublime Karyme Lozano), laquelle l'encourage, sans parole, à aller jusqu'au bout de son témoignage ultime. Cela est sans doute encore plus fort lorsqu'elle recueille le corps de son fils : profondément meurtrie comme seule une mère peut l'être face à son enfant mort, elle dépasse cette souffrance insondable, et semble regarder son fils comme s'il n'était plus uniquement sa progéniture, mais déjà un saint, plus grand qu'elle-même, déjà dans la lumière de la Vie éternelle...
De fait, il est profondément émouvant de se sentir touché par ce jeune garçon qui nous insuffle la force de son invincible espérance par-delà le temps...
Par cette séquence profondément bouleversante de pure anthologie, Dean Wright atteint haut la main les sommets du 7ème art.

De plus, rien ne manque à cette super-production hollywoodienne : magnifiques paysages naturels, reconstitution historique exemplaire, notamment par ses somptueux décors, nombreuses scènes d'action palpitantes à souhait, le tout souligné par la très belle musique de James Horner (peut-être un peu encombrante par moments).

Certes, deux ou trois scènes auraient gagné à être traitées avec plus de sobriété, quitte à les supprimer pour en alléger le film (notamment, juste après l'exécution du père Christopher, la séquence entre José-Luis et ses parents, assez inutile par son bavardage larmoyant).
Dernier bémol, le doublage français s'avère assez médiocre, sauf pour les rôles principaux (fort heureusement, le jeune acteur français qui prête sa voix à José-Luis se montre à la hauteur de son interprète original).

Mais ces quelques réserves ne pèsent pas bien lourd face aux très grandes qualités historiques, certes romancées, et artistiques de ce superbe long métrage, et surtout face à son niveau d'excellence humaine et spirituelle plutôt rare !

A quand un film aussi beau et aussi puissant sur notre guerre de Vendée ?


Bernard Herrmann Film Scores by Herrmann, Bernard, Rpo, Bernstein (2004) Audio CD
Bernard Herrmann Film Scores by Herrmann, Bernard, Rpo, Bernstein (2004) Audio CD

5.0 étoiles sur 5 Bernard Herrmann, un compositeur à part entière, 13 janvier 2015
Magnifiques réenregistrements par Elmer Bernstein à la tête du Royal Philharmonic Orchestra, qui couvrent l'ensemble de la carrière du grand Bernard Herrmann au cinéma, depuis sa première contribution pour "Citizen Kane" d'Orson Welles, en passant bien évidemment par la brillante période Hitchcock, jusqu'à "Taxi driver" de Martin Scorcese, que le compositeur acheva lui-même d'enregistrer quelques heures avant sa mort.

Voici donc un panorama quasi complet qui nous permet d'apprécier le génie authentique d'un compositeur digne des plus grands du XXème siècle. Bernard Herrmann a en effet assimilé l'art symphonique des grands compositeur romantiques (Berlioz, dont il dévore le traité d'orchestration, Tchaïkowsky, Wagner...) et plus récents (Ravel, Debussy, Satie, Stravinsky, Bartok, son ami Ives, Sibelius...), tout en se forgeant son propre style, reconnaissable entre mille par son originalité et sa puissance évocatrice.

Et c'est bien plus que du remplissage musical qu'il nous est donné d'entendre ici, car Bernard Herrmann possède la stature d'un compositeur à part entière : il suffit d'écouter les premières mesures de "Citizen Kane" pour s'en convaincre.

En effet, sa musique ne se contente pas de souligner les images, de les commenter, mais elle en constitue un véritable complément indispensable sans lequel ces mêmes images perdraient leur propre pouvoir visuel : par exemple, impossible d'imaginer la scène de la douche de "Psychose" sans la musique d'Herrmann, tant l'image et la musique ne font qu'un, jusqu'à la fusion la plus parfaite, dont l'effet n'en est que plus puissamment terrifiant.

En revanche, cette même musique peut très bien s'écouter sans les images, étant donné que sa qualité artistique intrinsèque fait qu'elle se suffit à elle-même.

Ainsi, le prélude de "La mort aux trousses"(North by northwest) est un véritable petit chef-d'œuvre d'orchestration virtuose, qui illustre la parfaite maîtrise de l'écriture symphonique d'Herrmann. En trois minutes seulement, nous voici plongés dans l'angoisse du film par un monstrueux fandango joyeusement grinçant, qui exprime, avec une luxuriance orchestrale d'une grande densité, tout le non sens de l'intrigue.

"Sueurs froides" (Vertigo) et "La mariée était en noir" constituent de merveilleuses réussites narratives et psychodramatiques, sans jamais tomber dans le sentimentalisme facile et outrancier : Herrmann sublime le romantisme jusqu'à l'incandescence, mais sait s'arrêter juste à point, là où d'autres sombreraient dans la vulgarité la plus crasse.

A l'extrémité de sa carrière et de sa vie, "Taxi driver" offre à Herrmann l'occasion de son testament musical : son style s'est simplifié jusqu'à un classicisme épuré, pour atteindre une expressivité sans détour, d'autant plus efficace et inoubliable...


Herrmann - the Film Scores
Herrmann - the Film Scores

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Quelle musique !, 13 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Herrmann - the Film Scores (CD)
Voici un panorama quasi complet qui nous permet d'apprécier le génie authentique d'un compositeur digne des plus grands du XXème siècle. Bernard Herrmann a en effet assimilé l'art symphonique des grands compositeur romantiques (Berlioz, dont il dévore le traité d'orchestration, Tchaïkowsky, Wagner...) et plus récents (Ravel, Debussy, Satie, Stravinsky, Bartok, son ami Ives, Sibelius...), tout en se forgeant son propre style, reconnaissable entre mille par son originalité et sa puissance évocatrice.

Et c'est bien plus que du remplissage musical qu'il nous est donné d'entendre ici, car Bernard Herrmann possède la stature d'un compositeur à part entière.

En effet, sa musique ne se contente pas de souligner les images, de les commenter, mais elle en constitue un véritable complément indispensable sans lequel ces mêmes images perdraient leur propre pouvoir visuel : par exemple, impossible d'imaginer la scène de la douche de "Psychose" sans la musique d'Herrmann, tant l'image et la musique ne font qu'un, jusqu'à la fusion la plus parfaite, dont l'effet n'en est que plus puissamment terrifiant.

En revanche, cette même musique peut très bien s'écouter sans les images, étant donné que sa qualité artistique intrinsèque fait qu'elle se suffit à elle-même.

Ainsi, le prélude de "La mort aux trousses"(North by northwest) est un véritable petit chef-d'œuvre d'orchestration virtuose, qui illustre la parfaite maîtrise de l'écriture symphonique d'Herrmann. En trois minutes seulement, nous voici plongés dans l'angoisse du film par un monstrueux fandango joyeusement grinçant, qui exprime, avec une luxuriance orchestrale d'une grande densité, tout le non sens de l'intrigue.

"Marnie" et "Sueurs froides" (Vertigo) constituent de merveilleuses réussites narratives et psychodramatiques, sans jamais tomber dans le sentimentalisme facile et outrancier : Herrmann sublime le romantisme jusqu'à l'incandescence, mais sait s'arrêter juste à point, là où d'autres sombreraient dans la vulgarité la plus crasse.

A l'extrémité de sa carrière et de sa vie, "Taxi driver" offre à Herrmann l'occasion de son testament musical : son style s'est simplifié jusqu'à un classicisme épuré, pour atteindre une expressivité sans détour, d'autant plus efficace et inoubliable...

Esa-Pekka Salonen dirige l'un des meilleurs orchestres américains et nous livre une interprétation de très haut niveau dans une très belle prise de son.

Intérêt supplémentaire et non négligeable, la musique du "Rideau déchiré" (Torn curtain): suite à une mésentente, hélas définitive, avec Hitchcock, Herrmann s'est désisté, et c'est sa partition non retenue pour le film dont des extraits sont ici présentés. Le chef fait ressortir les audaces de cette partition, notamment une orchestration où les cuivres et les bois sont travaillés avec une originalité surprenante, et ce d'autant plus qu'Herrmann les a répartis d'une manière pour le moins bizarre : seize cors (!), douze flûtes (!), neuf trombones (!), deux tubas, les cordes étant dominées par les violoncelles et les contrebasses. De fait, l'auditeur est saisi par une atmosphère étrange et inquiétante dès le prélude percutant et grinçant à souhait, tandis que la scène du meurtre ("The killing") déploie une puissance sonore qui glace les os. Une rareté fort précieuse, vu sa très haute valeur artistique.

Joël McNeely, le grand spécialiste de Herrmann, a gravé cette partition dans son intégralité. Voici le lien de cet enregistrement de référence : Torn Curtain (Score)


Musiques Des Films De Bernard
Musiques Des Films De Bernard
Prix : EUR 13,82

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Bernard Herrmann, un compositeur à part entière, 13 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Musiques Des Films De Bernard (CD)
Magnifiques réenregistrements par Elmer Bernstein à la tête du Royal Philharmonic Orchestra, qui couvrent l'ensemble de la carrière du grand Bernard Herrmann au cinéma, depuis sa première contribution pour "Citizen Kane" d'Orson Welles, en passant bien évidemment par la brillante période Hitchcock, jusqu'à "Taxi driver" de Martin Scorcese, que le compositeur acheva lui-même d'enregistrer quelques heures avant sa mort.

Voici donc un panorama quasi complet qui nous permet d'apprécier le génie authentique d'un compositeur digne des plus grands du XXème siècle. Bernard Herrmann a en effet assimilé l'art symphonique des grands compositeur romantiques (Berlioz, dont il dévore le traité d'orchestration, Tchaïkowsky, Wagner...) et plus récents (Ravel, Debussy, Satie, Stravinsky, Bartok, son ami Ives, Sibelius...), tout en se forgeant son propre style, reconnaissable entre mille par son originalité et sa puissance évocatrice.

Et c'est bien plus que du remplissage musical qu'il nous est donné d'entendre ici, car Bernard Herrmann possède la stature d'un compositeur à part entière : il suffit d'écouter les premières mesures de "Citizen Kane" pour s'en convaincre.

En effet, sa musique ne se contente pas de souligner les images, de les commenter, mais elle en constitue un véritable complément indispensable sans lequel ces mêmes images perdraient leur propre pouvoir visuel : par exemple, impossible d'imaginer la scène de la douche de "Psychose" sans la musique d'Herrmann, tant l'image et la musique ne font qu'un, jusqu'à la fusion la plus parfaite, dont l'effet n'en est que plus puissamment terrifiant.

En revanche, cette même musique peut très bien s'écouter sans les images, étant donné que sa qualité artistique intrinsèque fait qu'elle se suffit à elle-même.

Ainsi, le prélude de "La mort aux trousses"(North by northwest) est un véritable petit chef-d'œuvre d'orchestration virtuose, qui illustre la parfaite maîtrise de l'écriture symphonique d'Herrmann. En trois minutes seulement, nous voici plongés dans l'angoisse du film par un monstrueux fandango joyeusement grinçant, qui exprime, avec une luxuriance orchestrale d'une grande densité, tout le non sens de l'intrigue.

"Sueurs froides" (Vertigo) et "La mariée était en noir" constituent de merveilleuses réussites narratives et psychodramatiques, sans jamais tomber dans le sentimentalisme facile et outrancier : Herrmann sublime le romantisme jusqu'à l'incandescence, mais sait s'arrêter juste à point, là où d'autres sombreraient dans la vulgarité la plus crasse.

A l'extrémité de sa carrière et de sa vie, "Taxi driver" offre à Herrmann l'occasion de son testament musical : son style s'est simplifié jusqu'à un classicisme épuré, pour atteindre une expressivité sans détour, d'autant plus efficace et inoubliable...


Musique De Films
Musique De Films

5.0 étoiles sur 5 Quelle musique !, 13 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Musique De Films (CD)
Voici un panorama quasi complet qui nous permet d'apprécier le génie authentique d'un compositeur digne des plus grands du XXème siècle. Bernard Herrmann a en effet assimilé l'art symphonique des grands compositeur romantiques (Berlioz, dont il dévore le traité d'orchestration, Tchaïkowsky, Wagner...) et plus récents (Ravel, Debussy, Satie, Stravinsky, Bartok, son ami Ives, Sibelius...), tout en se forgeant son propre style, reconnaissable entre mille par son originalité et sa puissance évocatrice.

Et c'est bien plus que du remplissage musical qu'il nous est donné d'entendre ici, car Bernard Herrmann possède la stature d'un compositeur à part entière.

En effet, sa musique ne se contente pas de souligner les images, de les commenter, mais elle en constitue un véritable complément indispensable sans lequel ces mêmes images perdraient leur propre pouvoir visuel : par exemple, impossible d'imaginer la scène de la douche de "Psychose" sans la musique d'Herrmann, tant l'image et la musique ne font qu'un, jusqu'à la fusion la plus parfaite, dont l'effet n'en est que plus puissamment terrifiant.

En revanche, cette même musique peut très bien s'écouter sans les images, étant donné que sa qualité artistique intrinsèque fait qu'elle se suffit à elle-même.

Ainsi, le prélude de "La mort aux trousses"(North by northwest) est un véritable petit chef-d'œuvre d'orchestration virtuose, qui illustre la parfaite maîtrise de l'écriture symphonique d'Herrmann. En trois minutes seulement, nous voici plongés dans l'angoisse du film par un monstrueux fandango joyeusement grinçant, qui exprime, avec une luxuriance orchestrale d'une grande densité, tout le non sens de l'intrigue.

"Marnie" et "Sueurs froides" (Vertigo) constituent de merveilleuses réussites narratives et psychodramatiques, sans jamais tomber dans le sentimentalisme facile et outrancier : Herrmann sublime le romantisme jusqu'à l'incandescence, mais sait s'arrêter juste à point, là où d'autres sombreraient dans la vulgarité la plus crasse.

A l'extrémité de sa carrière et de sa vie, "Taxi driver" offre à Herrmann l'occasion de son testament musical : son style s'est simplifié jusqu'à un classicisme épuré, pour atteindre une expressivité sans détour, d'autant plus efficace et inoubliable...

Esa-Pekka Salonen dirige l'un des meilleurs orchestres américains et nous livre une interprétation de très haut niveau dans une très belle prise de son.

Intérêt supplémentaire et non négligeable, la musique du "Rideau déchiré" (Torn curtain): suite à une mésentente, hélas définitive, avec Hitchcock, Herrmann s'est désisté, et c'est sa partition non retenue pour le film dont des extraits sont ici présentés. Le chef fait ressortir les audaces de cette partition, notamment une orchestration où les cuivres et les bois sont travaillés avec une originalité surprenante, et ce d'autant plus qu'Herrmann les a répartis d'une manière pour le moins bizarre : seize cors (!), douze flûtes (!), neuf trombones (!), deux tubas, les cordes étant dominées par les violoncelles et les contrebasses. De fait, l'auditeur est saisi par une atmosphère étrange et inquiétante dès le prélude percutant et grinçant à souhait, tandis que la scène du meurtre ("The killing") déploie une puissance sonore qui glace les os. Une rareté fort précieuse, vu sa très haute valeur artistique.

Joël McNeely, le grand spécialiste de Herrmann, a gravé cette partition dans son intégralité. Voici le lien de cet enregistrement de référence : Torn Curtain (Score)


Personne ne te ressemble
Personne ne te ressemble
Prix : EUR 1,29

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Quel enthousiasme !, 11 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Personne ne te ressemble (Téléchargement MP3)
Quel bonheur de retrouver P.U.S.H. toujours aussi inspiré dans ce titre plein de joie !
L'engagement des interprètes se donnant à fond comme s'ils étaient en concert, la beauté des arrangements et l'excellente qualité du son et du mixage emportent l'auditeur dans un irrépressible élan de louange.
Vraiment, on apprécie qu'un tel niveau professionnel soit mis au service d'une expression aussi directe et aussi forte de la foi des jeunes chrétiens, ayant participé ou non aux JMJ de Madrid.
Mettez le son à fond et plongez dans la louange !


Receive the Power (Hymn WYD Sydney 2008)
Receive the Power (Hymn WYD Sydney 2008)
Prix : EUR 0,99

5.0 étoiles sur 5 Puissance de la louange !, 11 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Receive the Power (Hymn WYD Sydney 2008) (Téléchargement MP3)
P.U.S.H. reprend l'hymne des JMJ 2008 de Sydney en lui donnant une puissante dose de rock !
Résultat : on est loin de la version originale "pop" et plutôt lisse et sage de cet hymne !
P.U.S.H. allume la dynamite dans des arrangements denses où les guitares électriques s'en donnent à coeur joie tandis que la batterie s'éclate avec une force impressionnante ! Mais le tout sans jamais être agressif. Il s'agit pour les musiciens de mettre toute leur énergie au service de leur foi et de celle des jeunes chrétiens : exalter Dieu avec toute la fougue de la jeunesse.
Pour les plus vieux : rajeunissement immédiat !


Little Light Music / Musical Joke Import Edition by Mozart, W.A. (1990) Audio CD
Little Light Music / Musical Joke Import Edition by Mozart, W.A. (1990) Audio CD

4.0 étoiles sur 5 Une légèreté essentielle, 4 novembre 2014
L'Orfeus Chamber Orchestra nous invite à un amusant divertissement à l'écoute de ces petites oeuvres pour orchestre du grand Wolfgang Amadeus !
La "Plaisanterie musicale" nous fait bien sourire avec ce solo de cor qui, à chacune de ses interventions, finit sa phrase "morendo" pour mieux tenter (sans y parvenir) d'étouffer ses canards persistants, et écrits tels quels par Mozart sur sa partition... Enfin, cerise sur ce gâteau délicieusement dégoulinant, le dernier mouvement s'achève sur un cataclysmique et sans complexe "désaccord absolu"...
"Galimathias musicum" nous offre une suite de miniatures, ciselées avec un raffinement extrême, aux atmosphères contrastées, entre gaîté et tristesse dans toutes leurs variations, et à l'humour subtil et spirituel, qui illustrent le génie orchestrateur de Mozart.
Elégantes "Danses allemandes" et "Contredanses" à programme fort colorées complètent très agréablement ce disque fort plaisant.
Ma foi, que de contentement !


Cristeros - DVD
Cristeros - DVD
DVD ~ Dean Wright
Prix : EUR 20,16

25 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une grande épopée historique bouleversante d'humanité et de foi !, 23 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cristeros - DVD (DVD)
Entre 1926 et 1929, le Mexique connaît une guerre civile d'une rare violence.
Voulant contrer l'influence de l'Eglise catholique, le gouvernement laïc et révolutionnaire impose une loi interdisant toute pratique religieuse, aussi bien publique que privée, et pour arriver à ses fins, n'hésite pas à utiliser l'armée fédérale contre ses propres citoyens.
Le peuple mexicain, après avoir tenté toutes les démarches non-violentes pour rappeler à ses dirigeants de respecter sa liberté de conscience, se voit contraint, par légitime défense, de prendre les armes.
Ces rebelles se font appeler les "Cristeros" en référence à leur cri de ralliement : « ¡ Viva el Cristo Rey ! » (Vive le Christ Roi !).
Et tandis que les hommes se battent, des femmes s'organisent pour les ravitailler en armes et en nourriture : ce sont les « Brigades féminines Sainte Jeanne d’Arc », dont le rôle stratégique fut capital.

Il est rare qu'un tel film grand public aborde un sujet historique aussi douloureux avec une telle objectivité et honnêteté (les excès de certains Cristeros ne sont pas oubliés), d'après les travaux des plus sérieux historiens sur le sujet.
Et ce, même si le scénariste Michael Love a pris quelques libertés en romançant la vie des principaux personnages, et en simplifiant la présentation des enjeux qui les opposent.
Mais n'est-ce pas la loi-même de ce genre cinématographique, qui relève davantage de l'épopée proprement dite que du récit historique, au sens le plus scientifique du terme ?

Surtout, c'est un regard profondément humain qui nous est partagé sur les différents protagonistes de cette période terriblement violente et meurtrière.
Et encore, le film nous épargne-t-il des atrocités sans nom (par exemple, les soldats fédéraux n'hésitaient pas à exécuter des enfants à la sortie de leur messe de communion solennelle).

Que l'on croit en Dieu ou non, on ne peut rester insensible au juste combat du peuple mexicain. Et il est difficile de ne pas être transporté par le courage de ces catholiques de tous les milieux sociaux unis dans des épreuves aussi tragiques. Surtout quand, malgré tant de souffrances endurées, leur ineffable grandeur se manifeste par le pardon que bon nombre de ces victimes, prêtres ou laïcs, accordent à leurs bourreaux.

Andy Garcia, incarnant le général Gorostieta, qui accepte de prendre la tête des Cristeros, nous offre une composition remarquable par sa densité humaine. Certes, on peut regretter que le scénariste ait fait de Gorostieta un athée convaincu, ce qui est historiquement faux, puisque sa correspondance avec sa femme prouve qu'il en partageait la foi. Néanmoins, et malgré le fait qu'elle soit inventée de toute pièce, la conversion progressive du chef de guerre, suscitée par sa rencontre avec le jeune José-Luis, qu'il finit par aimer comme son propre fils, est émouvante et passionnante à suivre. Ce ressort dramatique efficace enrichit indéniablement la trame du récit.

Oscar Isaac se montre parfait dans la peau de Victoriano Ramírez López, surnommé « El Catorce » : sa "gueule" colle à merveille à ce combattant légendaire, dont la carapace rugueuse n'arrive pas toujours à masquer la simple humanité.

Rubén Blades est littéralement saisissant dans le personnage du président Calles, responsable des massacres contre son propre peuple. Avec un brio doublé d'une très grande subtilité, l'acteur distille toute une palette de nuances, mêlant une diplomatique bonhommie de façade à la fourberie la plus cauteleuse, jusqu'à une froide cruauté qui glace le sang.

Peter O'Toole, dans l'un de ses derniers rôles, joue un vieux prêtre martyr, le père Christopher, qui préfère offrir sa vie plutôt que de sauver lâchement sa peau. Impossible d'oublier son intense regard lumineux face à ses odieux assassins. Peu avant de nous quitter, l'acteur irlandais nous rappelait ainsi qu'il était l'un des plus grands.

Mais le grand atout de ce film réside dans son plus jeune comédien, Mauricio Kuri, qui interprète avec un prodigieux naturel et une force peu commune, José Luis Sanchez del Rio, un garçon de 14 ans, qui rejoint les rangs des Cristeros.
Le réalisateur s'est concentré sur le martyre, d'une ignoble cruauté, subi par ce jeune adolescent : cette scène insoutenable, par le fait même qu'elle est authentique, fait pourtant éclater toute la puissance de l'esprit humain, par l'exemple de cet être faible résistant à une oppression illégitime et monstrueusement démesurée...
Cette séquence est magistrale de réalisme intégral : comme Mel Gibson dans "La Passion du Christ", Dean Wright a réussi le tour de force d'unir le réalisme humain, qui nous montre sans fard l'horreur du supplice enduré par cet enfant, à un réalisme d'une dimension supérieure, qui assume la dimension simplement humaine, tout en la hissant à la hauteur du martyre, dans une transcendance proprement divine.
Et cette transfiguration s'opère à travers les regards qu'échangent José et sa mère (sublime Karyme Lozano), laquelle l'encourage, sans parole, à aller jusqu'au bout de son témoignage ultime. Cela est sans doute encore plus fort lorsqu'elle recueille le corps de son fils : profondément meurtrie comme seule une mère peut l'être face à son enfant mort, elle dépasse cette souffrance insondable, et semble regarder son fils comme s'il n'était plus uniquement sa progéniture, mais déjà un saint, plus grand qu'elle-même, déjà dans la lumière de la Vie éternelle...
De fait, il est profondément émouvant de se sentir touché par ce jeune garçon qui nous insuffle la force de son invincible espérance par-delà le temps...
Par cette séquence profondément bouleversante de pure anthologie, Dean Wright atteint haut la main les sommets du 7ème art.

De plus, rien ne manque à cette super-production hollywoodienne : magnifiques paysages naturels, reconstitution historique exemplaire, notamment par ses somptueux décors, nombreuses scènes d'action palpitantes à souhait, le tout souligné par la très belle musique de James Horner (peut-être un peu encombrante par moments).

Certes, deux ou trois scènes auraient gagné à être traitées avec plus de sobriété, quitte à les supprimer pour en alléger le film (notamment, juste après l'exécution du père Christopher, la séquence entre José-Luis et ses parents, assez inutile par son bavardage larmoyant).
Dernier bémol, le doublage français s'avère assez médiocre, sauf pour les rôles principaux (fort heureusement, le jeune acteur français qui prête sa voix à José-Luis se montre à la hauteur de son interprète original).

Mais ces quelques réserves ne pèsent pas bien lourd face aux très grandes qualités historiques, certes romancées, et artistiques de ce superbe long métrage, et surtout face à son niveau d'excellence humaine et spirituelle plutôt rare !

A quand un film aussi beau et aussi puissant sur notre guerre de Vendée ?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 11, 2014 10:50 AM CET


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