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Commentaires écrits par Présence
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Quelques morts de retour chez les vivants dans le Wisconsin, 25 mai 2013
Il s'agit du premier tome d'une nouvelle série indépendante de toute autre, débutée en 2012. Il comprend les épisodes 1 à 5, avec un scénario de Tim Seeley et des illustrations de Mike Norton, avec une introduction de Jeff Lemire, et des couvertures de Jenny Frison. L'histoire se déroule à Wausau, une petite ville dans l'état du Wisconsin. Les événements commencent le 02 janvier alors que May Tao effectue un reportage sur la crémation au funérarium de la ville. Randy (employé chargé d'effectuer les crémations) explique ce qu'il fait à May. À peine le cercueil enfourné, des coups retentissent dans la chambre de combustion ; un corps à la peau carbonisé en ressort. Une petite fille reprend conscience juste à coté et demande à retrouver ses parents. Dans la ville de Wausau, plusieurs morts reviennent à la vie, avec toute leur conscience. Évidemment ce phénomène surnaturel ne passe pas inaperçu, charge à Wayne Cypress (le responsable de la police) de maintenir l'ordre. Il doit à la fois faire respecter la quarantaine mise en place sur la ville, s'assurer que les curieux n'y accèdent pas, et maintenir l'ordre public. Il doit également continuer d'accomplir le travail de police de routine, tels qu'intervenir en cas de bagarre dans un bar, séparer les époux qui en viennent aux mains, etc. Ses moyens humains n'étant pas extensibles, il affecte Dana Cypress (sa fille qui est également officier de police) aux signalements concernant les réanimés. Tim Seeley s'est fait connaître avec Cassandra Hack, une exterminatrice de tueurs en série de type slasher (à commencer avec Hack/Slash Omnibus 1 en anglais). Mike Norton a illustré plusieurs histoires de Green Arrow & Black Canary ( A league of their own) et ses propres créations ( The Curse). La première scène permet de rentrer tout de suit dans le vif du sujet : quelques morts sont revenus à la vie (23 cas recensés), sans explication rationnelle. Seeley et Norton installent d'entrée de jeu un climat très particulier, déconnecté des clichés et des stéréotypes propres aux histoires de revenants ou de zombies. L'histoire est racontée au travers des yeux d'une poignée de personnages, en particulier ceux ce de Dana Cypress. Les séquences alternent la découverte de cette communauté où chaque habitant a son histoire personnelle, sa relation avec les voisins, avec quelques découvertes macabres. Il y a par exemple cette femme âgée revenue à la vie, incapable de supporter le fait que son corps soit en meilleur état, incapable de supporter l'idée que Dieu lui a refusé le Paradis. Il y a cette jeune étudiante qui a été assassinée, sans souvenir de son meurtrier, et qui a la possibilité de se faire passer pour une vivante normale. Et puis il y a leurs familles qui sont plutôt contentes de pouvoir retrouver leurs disparus. Il y a également les familles d'autres personnes mourantes qui ont du mal à accepter que leurs proches ne bénéficient pas eux aussi d'un prolongement de leur vie. Il y a les questions philosophiques sur la signification de ces retours à la vie. Il ya Blaine Abel (exorciste de profession) qui voit là une chance inouïe d'obtenir une preuve de ses convictions. La force de la narration de Seeley est d'équilibrer les passages normaux, les interactions entre les personnages qui permettent au lecteur de se familiariser avec eux, et les passages macabres qui indiquent sans aucun doute possible que ces retours s'accompagnent d'un prix à payer. Il sait aussi bien donner de la personnalité à chaque rôle sans tomber dans une sitcom, que créer des moments horrifiques aussi inattendus que dérangeants. Les illustrations de Mike Norton sont dans une veine réaliste qui n'exagère pas les mouvements ou les expressions, avec une légère trace juvénile, une tendance à dépeindre les jeunes femmes de manière à les faire apparaître comme ayant toutes moins de 20 ans. C'est le seule défaut des images. Pour le reste, Norton colle parfaitement à cette volonté de normalité où chaque scène offre une vision d'un nouvel endroit de la petite bourgade. Comme Seeley, il sait montrer le quotidien dans ce qu'il a de banal, sans en devenir fade ou inintéressant. Les personnages disposent tous d'une identité visuelle marquée et plausible. Tous les personnages (sauf quelques réanimés) se conduisent comme des gens normaux, s'habillent en fonction de la température (un hiver assez froid), et évoluent dans des endroits réalistes. Norton doit également rendre crédible les passages horrifiques, tâche pas toujours facile. La sortie abrupte du four crématoire est acceptable, sans être vraiment horrifiante, car Norton joue la carte de la retenue. En fait la petite fille qui vient demander après ses parents est beaucoup plus dérangeante dans sa normalité et sa timidité. La vieille dame avec son problème de dents comporte des éléments gore très réussis, sans que Norton n'en fasse de trop. En fait les moments liés à des actes barbares ne deviennent moins crédibles que lorsqu'ils sont commis par des humains normaux. Par exemple, quand Blaine Abel kidnappe une personne pour l'attacher sur un camion de remorquage, le style sans exagération de Norton met plutôt en avant l'idiotie de l'acte d'Abel (et le peu de crédibilité de ce moment dans le scénario), au lieu de créer un sentiment de malaise ou d'inquiétude pour la personne enlevée. Tim Seeley et Mike Norton ont créé une série avec un point de départ assez original qui sort du lot des séries du genre zombies ou fantômes, et ont développé une ambiance spécifique qui installe le lecteur comme témoin privilégié au sein de cette communauté. Au fil des pages, les habitants deviennent fort sympathiques, et les phénomènes surnaturels terrifiants à souhait. Il subsiste de ci de là quelques moments moins crédibles, sans que cela ne remettent en cause le plaisir de lecture.
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4.0 étoiles sur 5
2 bonnes copines de Terre 2, 25 mai 2013
Ce tome regroupe les 6 premiers épisodes de la série (de zéro à 5), parus en 2012. Le scénario est de Paul Levitz, les dessins de George Perez encré par Scott Koblish (une partie des épisodes 1 à 5), de Kevin Maguire (pour une autre partie des épisodes 0, 1 à 4), Jerry Ordway (partie de l'épisode 5), Wes Craig (partie des épisodes 0 & 5). Ce tome peut être lu indépendamment de la continuité "New 52" ou des précédentes continuités de l'univers partagé DC. Il est fait référence de manière oblique à l'apparition de Darkseid dans Justice League (Origin), à Michael Holt (Mister Terrific , dans Mind games) et à une Terre parallèle Earth 2 (dans The gathering). Helena Bertinelli et Karen Starr sont en train de manger dans un restaurant chic de Tokyo devisant de leurs projets. Le diner est interrompu par le portable de Starr indiquant une situation d'urgence dans un des laboratoires de recherche de la multinationale dont elle est la présidente directrice générale. Arrivées sur place, une fois changées en Huntress et Power Girl, elles constatent que le tunnelier quantique sur lequel travaillait Michael Holt a disparu. Elles retrouvent facilement la trace de l'intrus du fait du niveau de destruction qu'il occasionne : Hakkou, un individu qui se nourrit de radiations nucléaires. Parallèlement, l'histoire raconte comment ces 2 femmes (utilisant alors les identités secrètes de Robin et Supergirl) sont passées de la Terre 2 à la Terre principale, et ce qu'elles ont fait pendant les 5 ans séparant leur arrivée et maintenant. L'épisode zéro revient sur la première rencontre entre cette Robin et cette Supergirl. Depuis le milieu des années 2000 (depuis Infinite crisis pour être précis), DC Comics a réintroduit petit à petit le concept de terres parallèles qui existait dans cet univers partagé avant que Crisis on infinite earths n'y mette fin en 1985. Le redémarrage à zéro de leur univers partagé en 2011 (après Flashpoint) a été l'occasion d'installer de nouveau ces Terres parallèles, à commencer par Earth 2. Dès le début, le lecteur a la surprise de découvrir une histoire compréhensible, drôle et enjouée. Le supercriminel Hakkou n'est pas très original (une armure évoquant celle de l'anti-Monitor) et ses caractéristiques (absorber les radiations) évoquent des temps révolus des comics où la menace nucléaire pesait plus lourd sur l'inconscient collectif (peut-être également que Levitz voulait rendre une forme d'hommage, un peu maladroit, aux victimes de l'explosion de la centrale de Fukushima Daiichi, le 11 mars 2011). Dans la première scène le lecteur découvre 2 jeunes femmes pleines de vie qui devisent gaiement, en particulier Karen Starr à l'aise financièrement et sans complexe (avec même une certaine forme de badinerie). Levitz réussit à faire passer l'amitié qui lie ces femmes, sans tomber ni dans les propos niais, ni dans un cynisme endurci. Elles sont bien déterminées à trouver le moyen pour mettre un terme à leur exil imposé et à rentrer chez elles, mais ça ne les empêche pas de profiter de la vie en attendant, et de plaisanter. De ce point de vue, les séquences montrant leurs actions pendant les 5 ans écoulés depuis leur arrivée profitent pleinement des dessins de Kevin Maguire, le roi de la moue et du visage expressif avec une touche de dérision. Il s'était fait connaître en participant à la relance de la série Justice League International, après "Crisis on infinite earths". Les 2 héroïnes sont belles sans être hypersexuées, drôles sans être idiotes, séduisantes sans être vulgaires. C'est avec plaisir que le lecteur découvre leur cheminement, la façon dont elles ont abusé de Bruce Wayne (indirectement), et l'assurance inébranlable de Karen Starr, façon Power Girl d'Amanda Conner. L'autre attrait de ce tome est de pouvoir retrouver les dessins précis, méticuleux et détaillés de George Pérez. Il est rassurant de constater que Scott Koblish effectue lui aussi un travail méticuleux et précis qui met en valeur les dessins de Pérez, sans les dénaturer. La scène dans le restaurant permet d'observer ce que mange chaque client, et de presque tout reconnaître. La scène suivante apporte son lot de destruction et de débris, parmi lesquels il ne manque pas un seul moellon à l'appel, Pérez étant toujours aussi soucieux de chaque détail. Il conçoit ses images au diapason du scénario et le lecteur perçoit la confiance physique de Karen Starr dans ses postures et son évident désintérêt pour l'état de ses vêtements civils. Sans être capable de dessiner des visages aussi expressifs que Maguire, Pérez sait rendre avec conviction le plaisir de vivre des 2 héroïnes, leur connivence et leur humour (lorsque Helena taquine Karen sur quel nom doit être en premier dans leur duo : Huntress ou Power Girl ?). Évidemment Jerry Ordway s'applique à dessiner à la manière de George Pérez, avec un degré de minutie de moins. La prestation de Wes Craig est satisfaisante, mais sans beaucoup de personnalité. Avec le redémarrage de New 52, DC Comics a décidé que le temps était venu de redévelopper le concept de multivers, et de ramener les terres parallèles, à commencer par Earth 2. Après des débuts prometteurs de la série "Earth 2" de James Robinson, Paul Levitz raconte le début des années d'exil de 2 héroïnes de Terre 2, sur la Terre de référence. Il sait les dépeindre comme 2 bonnes amies, et faire passer leur caractère au travers des dialogues. En scénariste vétéran, il réussit à gérer la différence de niveau de pouvoirs entre Huntress et Power Girl, de manière à ce qu'elles soient complémentaires, sans que jamais Power Girl n'écrase Huntress ou ne la fasse paraître inutile. Ces épisodes sont dessinés pour la majeure partie par d'excellents dessinateurs : George Pérez en bonne forme, et Kevin Maguire en pleine forme. Par moment, cette association de talents retrouve à sa façon la verve de Jimmy Palmiotti, Justin Gray et Amanda Conner sur les épisodes de Power Girl.
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4.0 étoiles sur 5
Un héros pas tout à fait à la hauteur, 24 mai 2013
Ce tome fait suite à suite à Les plus grands héros de la Terre qu'il n'est pas indispensable d'avoir lu avant. Il contient les 8 épisodes de la deuxième minisérie, parue en 2007. Elle a été réalisée par Joe Casey (même scénariste que la première), Will Rosado (dessins), Tom Palmer (encrage), et Wil Quintana (mise en couleurs). Le principe de cette deuxième histoire reste identique : Joe Casey montre en quelque sorte les coulisses des événements relatés dans les épisodes 59 et 60 de la série Avengers, parus respectivement en décembre 1968, et janvier 1969. Il a choisi 2 épisodes où la constitution de l'équipe a encore connu des évolutions significatives, et pendant lesquels les membres avaient eu un comportement des moins compréhensibles (comprendre par là que le scénariste originel, à savoir Roy Thomas, avait abusé de la licence artistique pour faire avaler des couleuvres aux lecteurs). Le convoi qui transporte le Super-adaptoïd est attaqué par un commando de l'AIM (Advanced Idea Mechanics) qui s'en empare pour récupérer leur création et utiliser les secrets de sa fabrication afin de le produire en masse. Dans l'hôtel particulier des Avengers, Thor, Iron Man et Catain America indiquent à Hank Pym qu'ils quittent momentanément l'équipe, laissant Hank comme chef. Clint Barton et Edwin Jarvis essayent de convaincre Vision qu'il finira par être accepté par la population, même si pour le moment il doit s'en remettre au bon vouloir d'une délégation du SHIELD menée par Jasper Sitwell qui souhaite lui faire subir un interrogatoire poussé, dans une de leurs bases secrètes. T'Challa (Black Panther) est bien décidé à participer à l'amélioration de la société en tant qu'Avenger, mais aussi en tant que professeur d'histoire dans un lycée difficile. Barton éprouve quelques difficultés dans sa relation avec Natalia Romanova. Nick Fury (directeur du SHIELD) n'a pas la latitude de faciliter les relations entre les Avengers et leur tutelle gouvernementale. Joe Casey a expliqué que pour ce deuxième tome il a souhaité revisiter ce moment de la vie de l'équipe où plusieurs Avengers ont eu un comportement inexplicable face à l'arrivée de Yellowjacket. Il s'attache essentiellement à 3 personnages : Vision, T'Challa et Hank Pym. Le lecteur retrouve également cette idée de montrer l'envers du décor : une équipe mal acceptée par le gouvernement des États-Unis qui ne peut pas croire à son altruisme, et le SHIELD (organisation de contre-espionnage) tout aussi méfiant. Ce thème reste présent tout au long du récit, sans occuper une place aussi importante que dans la première minisérie. Au détour d'un événement mondain, il est possible de constater que cette défiance vis-à-vis de gugusses dotés de superpouvoirs n'est rien en comparaison de la suspicion démesurée vis-à-vis des mutants en général, et des X-Men en particulier. En ce qui concerne Vision, Casey réussit à capturer sa froideur robotique, tout en insérant des petites touches prouvant qu'il y a une forme d'émotion ténue dans son esprit, des valeurs morales réelles. Il sait par le biais des interactions amicales (avec Clint Barton), ou hostiles (les agents du SHIELD) mettre en évidence le comportement très spécifique de Vision, pour qui un sentiment comme la colère ou l'impatience n'a ni de prise, ni de sens. Du coup Vision devient un personnage émouvant malgré sa froideur, état d'autant plus remarquable que les dessins sans reliefs de Rosado le rendent aussi ridicule qu'impossible dans sa longue cape jaune assez vif. Deuxième recrue récente dans les Avengers : T'Challa (Black Panther), roi du Wakanda. Joe Casey sait faire ressortir toutes les facettes du personnage, sa sensibilité, et son intelligence. Les passages dans le collège s'appuie à la fois sur des grands classiques (étudiant effacé malmené par les plus forts, adolescent souhaitant étudier dans une classe de futurs délinquants), et sur la figure du professeur intègre et passionnant, tout en intégrant des nuances (l'éloquence de T'Challa ne suffira pas à désamorcer toute la violence potentielle de cet établissement). Le portrait psychologique d'Hank Pym est encore plus réussi. Joe Casey continue de le développer à partir des bases contenues dans la première minisérie. Le lecteur suit un individu qui fait preuve de courage et d'héroïsme et qui pourtant n'arrive pas à être à la hauteur. Casey montre les difficultés auxquelles Pym est confrontée, sa façon de gérer ces difficultés de son mieux, et le prix psychologique qu'il doit payer. Il réussit à rendre quasiment plausible le scénario expéditif de Roy Thomas. La partie graphique de ce tome est moins remarquable que le scénario, ou que les dessins de la première minisérie. Will Rosado réalise des dessins professionnels, faciles à lire, contenant toutes les informations exigées par le scénario (et même plus pour le niveau de détail de l'ameublement de l'hôtel particulier des Avengers). Il sait agencer ses cases de telle sorte à ce que tous les Avengers tiennent dedans, sans impression de tassement, ou de d'exigüité. Toutefois le résultat est très sage et très fonctionnel, manquant un peu de vitalité. Le jeu des personnages est un peu emprunté, manquant de naturel et d'entrain. Tom Palmer réalise un encrage respectueux des dessins, sans imposer son style si marqué habituellement. Il reste au service des dessins, sans les écraser de sa personnalité. Quintana réalise une mise en couleurs également fonctionnelle, avec une utilisation appropriée de textures pour les surfaces (en bois par exemple). Cette deuxième minisérie fournit l'opportunité à Casey de plus s'attacher aux personnages et à leurs relations (en particulier Vision, T'Challa et Hank Pym) que la première (où il devait poser les fondations de l'équipe). Le lecteur découvre des individus émouvants et complexes, dans une histoire un peu desservie par des dessins fonctionnels et sans éclats.
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4.0 étoiles sur 5
Un héros pas tout à fait à la hauteur, 24 mai 2013
Ce tome fait suite à suite à Earth's mightiest heroes qu'il n'est pas indispensable d'avoir lu avant. Il contient les 8 épisodes de la deuxième minisérie, parue en 2007. Elle a été réalisée par Joe Casey (même scénariste que la première), Will Rosado (dessins), Tom Palmer (encrage), et Wil Quintana (mise en couleurs). Les 2 miniséries ont été rééditées dans un seul et unique tome : Earth's mightiest heroes ultimate collection. Le principe de cette deuxième histoire reste identique : Joe Casey montre en quelque sorte les coulisses des événements relatés dans les épisodes 59 et 60 de la série Avengers, parus respectivement en décembre 1968, et janvier 1969. Il a choisi 2 épisodes où la constitution de l'équipe a encore connu des évolutions significatives, et pendant lesquels les membres avaient eu un comportement des moins compréhensibles (comprendre par là que le scénariste originel, à savoir Roy Thomas, avait abusé de la licence artistique pour faire avaler des couleuvres aux lecteurs). Le convoi qui transporte le Super-adaptoïd est attaqué par un commando de l'AIM (Advanced Idea Mechanics) qui s'en empare pour récupérer leur création et utiliser les secrets de sa fabrication afin de le produire en masse. Dans l'hôtel particulier des Avengers, Thor, Iron Man et Catain America indiquent à Hank Pym qu'ils quittent momentanément l'équipe, laissant Hank comme chef. Clint Barton et Edwin Jarvis essayent de convaincre Vision qu'il finira par être accepté par la population, même si pour le moment il doit s'en remettre au bon vouloir d'une délégation du SHIELD menée par Jasper Sitwell qui souhaite lui faire subir un interrogatoire poussé, dans une de leurs bases secrètes. T'Challa (Black Panther) est bien décidé à participer à l'amélioration de la société en tant qu'Avenger, mais aussi en tant que professeur d'histoire dans un lycée difficile. Barton éprouve quelques difficultés dans sa relation avec Natalia Romanova. Nick Fury (directeur du SHIELD) n'a pas la latitude de faciliter les relations entre les Avengers et leur tutelle gouvernementale. Joe Casey a expliqué que pour ce deuxième tome il a souhaité revisiter ce moment de la vie de l'équipe où plusieurs Avengers ont eu un comportement inexplicable face à l'arrivée de Yellowjacket. Il s'attache essentiellement à 3 personnages : Vision, T'Challa et Hank Pym. Le lecteur retrouve également cette idée de montrer l'envers du décor : une équipe mal acceptée par le gouvernement des États-Unis qui ne peut pas croire à son altruisme, et le SHIELD (organisation de contre-espionnage) tout aussi méfiant. Ce thème reste présent tout au long du récit, sans occuper une place aussi importante que dans la première minisérie. Au détour d'un événement mondain, il est possible de constater que cette défiance vis-à-vis de gugusses dotés de superpouvoirs n'est rien en comparaison de la suspicion démesurée vis-à-vis des mutants en général, et des X-Men en particulier. En ce qui concerne Vision, Casey réussit à capturer sa froideur robotique, tout en insérant des petites touches prouvant qu'il y a une forme d'émotion ténue dans son esprit, des valeurs morales réelles. Il sait par le biais des interactions amicales (avec Clint Barton), ou hostiles (les agents du SHIELD) mettre en évidence le comportement très spécifique de Vision, pour qui un sentiment comme la colère ou l'impatience n'a ni de prise, ni de sens. Du coup Vision devient un personnage émouvant malgré sa froideur, état d'autant plus remarquable que les dessins sans reliefs de Rosado le rendent aussi ridicule qu'impossible dans sa longue cape jaune assez vif. Deuxième recrue récente dans les Avengers : T'Challa (Black Panther), roi du Wakanda. Joe Casey sait faire ressortir toutes les facettes du personnage, sa sensibilité, et son intelligence. Les passages dans le collège s'appuie à la fois sur des grands classiques (étudiant effacé malmené par les plus forts, adolescent souhaitant étudier dans une classe de futurs délinquants), et sur la figure du professeur intègre et passionnant, tout en intégrant des nuances (l'éloquence de T'Challa ne suffira pas à désamorcer toute la violence potentielle de cet établissement). Le portrait psychologique d'Hank Pym est encore plus réussi. Joe Casey continue de le développer à partir des bases contenues dans la première minisérie. Le lecteur suit un individu qui fait preuve de courage et d'héroïsme et qui pourtant n'arrive pas à être à la hauteur. Casey montre les difficultés auxquelles Pym est confrontée, sa façon de gérer ces difficultés de son mieux, et le prix psychologique qu'il doit payer. Il réussit à rendre quasiment plausible le scénario expéditif de Roy Thomas. La partie graphique de ce tome est moins remarquable que le scénario, ou que les dessins de la première minisérie. Will Rosado réalise des dessins professionnels, faciles à lire, contenant toutes les informations exigées par le scénario (et même plus pour le niveau de détail de l'ameublement de l'hôtel particulier des Avengers). Il sait agencer ses cases de telle sorte à ce que tous les Avengers tiennent dedans, sans impression de tassement, ou de d'exigüité. Toutefois le résultat est très sage et très fonctionnel, manquant un peu de vitalité. Le jeu des personnages est un peu emprunté, manquant de naturel et d'entrain. Tom Palmer réalise un encrage respectueux des dessins, sans imposer son style si marqué habituellement. Il reste au service des dessins, sans les écraser de sa personnalité. Quintana réalise une mise en couleurs également fonctionnelle, avec une utilisation appropriée de textures pour les surfaces (en bois par exemple). Cette deuxième minisérie fournit l'opportunité à Casey de plus s'attacher aux personnages et à leurs relations (en particulier Vision, T'Challa et Hank Pym) que la première (où il devait poser les fondations de l'équipe). Le lecteur découvre des individus émouvants et complexes, dans une histoire un peu desservie par des dessins fonctionnels et sans éclats.
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Promesse de vengeance en toute impunité, 23 mai 2013
Il s'agit du premier tome d'une série indépendante, parue de 1999 à 2009, et aujourd'hui achevée. Elle compte 100 épisodes regroupés en 13 tomes pour la version originale, 18 tomes en version française. L'intégralité de la série est réalisée par Brian Azzarello (scénario), Eduardo Risso (dessins et encrage), et Dave Johnson pour les couvertures. Ce premier tome comprend les épisodes 1 à 5, ainsi qu'une histoire courte de 8 pages initialement parue dans "Vertigo winter's edge" 3. Épisodes 1 à 3 - Isabelle Cordova (surnommée Dizzy) prend sa dernière douche en prison ; c'est le jour de sa libération. Dans le métro qui la ramène chez elle, un monsieur s'assoit à coté d'elle et entame la conversation. Il lui parle de son mari et de son fils assassiné, de sa peine de prison, de ses délits divers et variés. Ayant prouvé son sérieux, il continue en lui révélant les vrais assassins de son mari et de son fils, et en lui remettant une mallette contenant les preuves, ainsi qu'un pistolet et 100 balles de munition, et en lui assurant une totale impunité si elle assouvit sa vengeance. Dizzy revient dans son quartier, retrouve son frère, découvre les combines en cours et se heurte à 2 flics suspicieux. - Épisodes 4 & 5 - Lee Dolan travaille dans un bar minable. Il était l'incarnation du rêve américain (chef cuistot renommé en pleine gloire, une femme et de beaux enfants) jusqu'à ce que le FBI vienne toquer à sa porte et retrouve des photographies de pédophilie sur son disque dur. L'agent Graves vient le trouver et lui donne le nom de la coupable qui l'a fait plonger : Megan Dietrich. Il lui remet une mallette avec les preuves, un pistolet, 100 balles et la promesse de l'impunité. - Winter's edge - Dans un commissariat, une vieille femme noire vient confesser le meurtre de Thomas Wright, alors que sur un banc un jeune noir attend la relaxe de son père. - Ça commence comme un récit de genre fortement marqué : scène de douche en prison, quartier défavorisé, petits trafics en tout genre, argot, petites frappes se rêvant en caïd, flics ripoux, double jeu, belle pépée vénéneuse, gros flingues, grosses bagnoles, mystérieux personnage sachant tout et offrant un cadeau trop beau pour être vrai. Azzarello ne lésine pas sur les figures de style propres à ce genre ; on peut même dire qu'il en rajoute tant et plus entre argot pas toujours compréhensible et petits loubars à la morgue démesurée, aux vantardises aussi énormes que pathétiques. Et puis, le point de départ est vraiment trop gros : cet agent Graves qui sait tout et qui propose un cadeau gratuit presque magique dans son impunité absolue. Le comble de l'invraisemblable est atteint dans l'épisode 5 avec cette histoire de badge frappé du nombre 13 en chiffre romain. Il est également atteint d'un point de vue graphique avec ce meurtre rocambolesque impliquant un hélicoptère qui explose en plein vol au dessus du centre ville. Il y a là une volonté des auteurs de flirter avec un aspect parodique qui va là l'encontre du sérieux du reste de l'histoire. Oui, mais d'un autre coté, tout le reste de l'histoire présente une unité de ton sans autre anicroche et d'une intensité captivante. En bons bateleurs, Azzarello et Risso ont mis leur scène la plus chaude au début du premier épisode (4 femmes nues sous la douche) en respectant les codes non-écrits des comics (on voit leurs fesses, mais pas de nudité frontale). Oui, mais au travers d'une mise en scène sobre, avec des aplats de noir intensifiant l'ambiance, avec un tatouage tribal impressionnant, Risso utilise un jeu d'acteur qui donne une présence qui en impose à chacune de ces femmes. La vision du métro aérien plonge le lecteur dans une ambiance urbaine peu amène. Sans pousser sa démarche graphique au niveau de Frank Miller sur [[ Sin City, Risso manie les aplats de noir et leur niveau d'abstraction avec beaucoup de personnalité. Il s'autorise également une exagération des visages qui fait ressortir la personnalité de chacun avec une grande habilité. Il joue sur les contrastes avec un doigté incomparable. Pour le personnage de Megan Dietrich, il croque une jolie petite blonde, à la jupe courte, au décolleté plongeant, mais dans un tailleur strict. Elle montre pas mal de cuisse, mais ses postures refroidissent tout de suite les ardeurs. Il la gratifie de regards torves qui matérialisent son esprit tordu et son absence totale d'empathie. Risso en fait un personnage exsudant une sensualité intense et glaçante, une femme mignonne et répugnante, une garce exceptionnelle. Son interlocuteur est un beau gosse menaçant revenu de pas mal de choses, mais dont le comportement montre qu'il perd pied peu à peu. La capacité de Risso à donner vie aux personnages, à faire ressortir leurs turpitudes morales et à les rendre ambigus est fascinante. Pour cette scène, ça tombe bien, parce que le dialogue est artificiel, entièrement destiné à permettre à chaque personnage d'exposer longuement ses manigances ou ses motivations. Et pourtant le lecteur ne s'ennuie pas grâce à une mise en scène fluide, très visuelle, où les personnages bougent et accomplissent des gestes divers et variés en rapport avec leur situation. Azzarello prend comme point de départ un dispositif étonnamment artificiel : un kit "spécial vengeance" sans traçabilité. Il s'agit d'une accroche forte et efficace, mais qui place ce début de récit dans le domaine du divertissement, de la fiction pour s'évader sur la base d'un principe trop gros pour être crédible. Cependant tout de suite après, Azzarello réussit le tour de force d'écrire un polar poisseux et crédible où la vengeance côtoie la tragédie avec naturel, où les combines sont crédibles et réalistes. Dans la deuxième histoire, il recommence à insérer des événements trop gros pour être crédibles (badge estampillé XIII, et femme fatale capable de craquer n'importe quel site de banque du bout des ongles), tout en décrivant une réalité sociale glauque et crédible. Le lecteur se régale de ce polar sec et rapide, glauque et noir, tout en fronçant les sourcils devant ces éléments naïfs. Au final le récit est haletant de bout en bout, malgré ces moments où l'exigence du niveau de suspension consentie d'incrédulité devient trop importante. Le lecteur détecte également que ces 2 premières histoires ont pour objet de comparer 2 réactions différentes au cadeau de l'agent Graves (celle de Dizzie, et celle Lee Dolan). Ce premier tome plonge le lecteur dans un roman bien noir, avec des illustrations à la forte personnalité. Il souffre de quelques maladresses scénaristique demandant au lecteur d'avaler quelques couleuvres trop grosses. Néanmoins, il n'y a aucun doute que le lecteur ne pourra pas résister à la tentation de lire la suite : Le marchand de glaces (épisodes 8 à 14). Ce premier tome a été réédité par Urban Comics : Première salve (épisodes 1 à 7). Avant de travailler ensemble sur cette série au long cours, Azzarello et Risso avaient déjà réalisé une courte minisérie : Jonny Double.
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4.0 étoiles sur 5
Promesse de vengeance en toute impunité, 23 mai 2013
Il s'agit du premier tome d'une série indépendante, parue de 1999 à 2009, et aujourd'hui achevée. Elle compte 100 épisodes regroupés en 13 tomes pour la version originale, 18 tomes en version française. L'intégralité de la série est réalisée par Brian Azzarello (scénario), Eduardo Risso (dessins et encrage), et Dave Johnson pour les couvertures. Ce premier tome comprend les épisodes 1 à 5, ainsi qu'une histoire courte de 8 pages initialement parue dans "Vertigo winter's edge" 3. Épisodes 1 à 3 - Isabelle Cordova (surnommée Dizzy) prend sa dernière douche en prison ; c'est le jour de sa libération. Dans le métro qui la ramène chez elle, un monsieur s'assoit à coté d'elle et entame la conversation. Il lui parle de son mari et de son fils assassiné, de sa peine de prison, de ses délits divers et variés. Ayant prouvé son sérieux, il continue en lui révélant les vrais assassins de son mari et de son fils, et en lui remettant une mallette contenant les preuves, ainsi qu'un pistolet et 100 balles de munition, et en lui assurant une totale impunité si elle assouvit sa vengeance. Dizzy revient dans son quartier, retrouve son frère, découvre les combines en cours et se heurte à 2 flics suspicieux. - Épisodes 4 & 5 - Lee Dolan travaille dans un bar minable. Il était l'incarnation du rêve américain (chef cuistot renommé en pleine gloire, une femme et de beaux enfants) jusqu'à ce que le FBI vienne toquer à sa porte et retrouve des photographies de pédophilie sur son disque dur. L'agent Graves vient le trouver et lui donne le nom de la coupable qui l'a fait plonger : Megan Dietrich. Il lui remet une mallette avec les preuves, un pistolet, 100 balles et la promesse de l'impunité. - Winter's edge - Dans un commissariat, une vieille femme noire vient confesser le meurtre de Thomas Wright, alors que sur un banc un jeune noir attend la relaxe de son père. - Ça commence comme un récit de genre fortement marqué : scène de douche en prison, quartier défavorisé, petits trafics en tout genre, argot, petites frappes se rêvant en caïd, flics ripoux, double jeu, belle pépée vénéneuse, gros flingues, grosses bagnoles, mystérieux personnage sachant tout et offrant un cadeau trop beau pour être vrai. Azzarello ne lésine pas sur les figures de style propres à ce genre ; on peut même dire qu'il en rajoute tant et plus entre argot pas toujours compréhensible et petits loubars à la morgue démesurée, aux vantardises aussi énormes que pathétiques. Et puis, le point de départ est vraiment trop gros : cet agent Graves qui sait tout et qui propose un cadeau gratuit presque magique dans son impunité absolue. Le comble de l'invraisemblable est atteint dans l'épisode 5 avec cette histoire de badge frappé du nombre 13 en chiffre romain. Il est également atteint d'un point de vue graphique avec ce meurtre rocambolesque impliquant un hélicoptère qui explose en plein vol au dessus du centre ville. Il y a là une volonté des auteurs de flirter avec un aspect parodique qui va là l'encontre du sérieux du reste de l'histoire. Oui, mais d'un autre coté, tout le reste de l'histoire présente une unité de ton sans autre anicroche et d'une intensité captivante. En bons bateleurs, Azzarello et Risso ont mis leur scène la plus chaude au début du premier épisode (4 femmes nues sous la douche) en respectant les codes non-écrits des comics (on voit leurs fesses, mais pas de nudité frontale). Oui, mais au travers d'une mise en scène sobre, avec des aplats de noir intensifiant l'ambiance, avec un tatouage tribal impressionnant, Risso utilise un jeu d'acteur qui donne une présence qui en impose à chacune de ces femmes. La vision du métro aérien plonge le lecteur dans une ambiance urbaine peu amène. Sans pousser sa démarche graphique au niveau de Frank Miller sur Sin City, Risso manie les aplats de noir et leur niveau d'abstraction avec beaucoup de personnalité. Il s'autorise également une exagération des visages qui fait ressortir la personnalité de chacun avec une grande habilité. Il joue sur les contrastes avec un doigté incomparable. Pour le personnage de Megan Dietrich, il croque une jolie petite blonde, à la jupe courte, au décolleté plongeant, mais dans un tailleur strict. Elle montre pas mal de cuisse, mais ses postures refroidissent tout de suite les ardeurs. Il la gratifie de regards torves qui matérialisent son esprit tordu et son absence totale d'empathie. Risso en fait un personnage exsudant une sensualité intense et glaçante, une femme mignonne et répugnante, une garce exceptionnelle. Son interlocuteur est un beau gosse menaçant revenu de pas mal de choses, mais dont le comportement montre qu'il perd pied peu à peu. La capacité de Risso à donner vie aux personnages, à faire ressortir leurs turpitudes morales et à les rendre ambigus est fascinante. Pour cette scène, ça tombe bien, parce que le dialogue est artificiel, entièrement destiné à permettre à chaque personnage d'exposer longuement ses manigances ou ses motivations. Et pourtant le lecteur ne s'ennuie pas grâce à une mise en scène fluide, très visuelle, où les personnages bougent et accomplissent des gestes divers et variés en rapport avec leur situation. Azzarello prend comme point de départ un dispositif étonnamment artificiel : un kit "spécial vengeance" sans traçabilité. Il s'agit d'une accroche forte et efficace, mais qui place ce début de récit dans le domaine du divertissement, de la fiction pour s'évader sur la base d'un principe trop gros pour être crédible. Cependant tout de suite après, Azzarello réussit le tour de force d'écrire un polar poisseux et crédible où la vengeance côtoie la tragédie avec naturel, où les combines sont crédibles et réalistes. Dans la deuxième histoire, il recommence à insérer des événements trop gros pour être crédibles (badge estampillé XIII, et femme fatale capable de craquer n'importe quel site de banque du bout des ongles), tout en décrivant une réalité sociale glauque et crédible. Le lecteur se régale de ce polar sec et rapide, glauque et noir, tout en fronçant les sourcils devant ces éléments naïfs. Au final le récit est haletant de bout en bout, malgré ces moments où l'exigence du niveau de suspension consentie d'incrédulité devient trop importante. Le lecteur détecte également que ces 2 premières histoires ont pour objet de comparer 2 réactions différentes au cadeau de l'agent Graves (celle de Dizzie, et celle Lee Dolan). Ce premier tome plonge le lecteur dans un roman bien noir, avec des illustrations à la forte personnalité. Il souffre de quelques maladresses scénaristique demandant au lecteur d'avaler quelques couleuvres trop grosses. Néanmoins, il n'y a aucun doute que le lecteur ne pourra pas résister à la tentation de lire la suite : Split second chance (épisodes 6 à 14). Avant de travailler ensemble sur cette série au long cours, Azzarello et Risso avaient déjà réalisé une courte minisérie : Jonny Double.
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4.0 étoiles sur 5
Elizabeth Braddock, 22 mai 2013
Ce tome fait suite à Otherworld (épisodes 20 à 24 et 19.1). Il contient les épisodes 25 à 29. Tous les scénarios sont de Rick Remender. Il vaut mieux avoir commencé la série par le premier tome : The Apocalypse solution. À l'école pour surdoués "Jean Grey" (celle ouverte par Logan dans Wolverine & the X-Men 1), Quentin Quire continue d'asticoter Evan Sabahnur (Genesis) sur sa véritable nature. Wade Wilson (Deadpool) effectue une nouvelle mission de reconnaissance pour le compte d'Uncanny X-Force : il se fait passer pour un client auprès d'une entreprise qui transforme les individus en super-assassins. Elizabeth Braddock et Jean-Philippe ont une discussion à coeur ouvert. Wolverine et Nightcrawler (celui de la dimension d' Age Of Apocalypse) décident d'aller casser du supercriminel pour faire passer leurs frustrations diverses. Au fil des tomes, le lecteur prend conscience que Rick Remender a construit une histoire au long cours pour les personnages d'X-Force (qui s'achève avec l'épisode 35, le dernier de cette série). Chaque phase de son récit grossit les conséquences du principe même de l'équipe : tuer les ennemis les plus dangereux. Au début ce principe ne semble poser de problème à personne ; la logique est évidente et l'efficacité est au rendez-vous. Or dès la première mission (The Apocalypse solution), la décision de tuer n'a rien de simple. Au fil des histoires, plusieurs membres sont confrontés à la décision de tuer ; à chaque fois Remender prend soin de montrer qu'il ne s'agit pas d'un simple coup de griffes, ou de sabre, ou de tout autre instrument tranchant. À chaque fois, il y a des conséquences, un prix à payer pour plusieurs personnages. Dans ce tome, Remender s'attache particulièrement à Elizabeth (Betsy) Braddock et le résultat est ensorcelant. En fait, le récit débute de manière plutôt pataude. Remender reprend le schéma de The Dark Angel saga 1 : Deadpool en mission de reconnaissance et les autres en train de papoter avec plus ou moins de conviction. Le lecteur a l'impression d'une structure artificielle, avec un scénario joué par des acteurs pas très convaincus. Les combats arrivent exactement au moment prévu pour introduire un peu d'action. Ils sont peu palpitants avec des ennemis dérivatifs au point d'en devenir fades. Le deuxième épisode arrive déroulant son histoire qui semble aussi convenue : Fantomex trimballe son spleen à Paris dans une soirée décadente, Wolverine et Nightcrawler reprennent le dessus grâce à la force de leur détermination (cliché insipide vidé de sens par des années d'usage répété, à commencer par Stan Lee et Chris Claremont). Ce n'est pas franchement mauvais, mais ça n'a rien de mémorable. Remender ressert sa méthode habituelle : pas d'invention de nouveaux personnages, mais du recyclage d'ennemis déjà vus. Et comme dans "The Dark Angel saga", c'est en réutilisant et recyclant qu'il bâtit de nouvelles situations, qu'il développe les personnages, qu'il trouve le ton juste pour exposer l'aspect dramatique de la situation, totalement envoutant. Alors qu'il refait le coup d'un énième futur dystopique (avec une idée de base déjà utilisée en 1987 par Claremont dans New Mutants Classic 7), il trouve l'équilibre parfait pour faire partager le dégoût existentiel de Betsy Braddock, sa lassitude, sa prise de conscience de ses errements, de son choix de vie en impasse. Il n'est plus possible de lâcher ce tome avant la fin. Au-delà de la structure mal équilibrée du récit, il faut dire également que Remender voit défiler les illustrateurs les uns près les autres : Mike McKone (épisode 25), Phil Noto (épisodes 26 & 27) et Julian Totino Tedesco (épisodes 28 & 29). Ça n'aide pas à construire une ambiance homogène. C'est Dean White (le metteur en couleurs) qui est chargé d'assurer une unité visuelle tout du long du tome. Le constat est que Mike McKone a un style propre sur lui, bien adapté aux scènes se déroulant dans l'école JeanGrey, par contre trop gentil pour rendre compte de la fureur de Wolverine passant ses nerfs sur ses ennemis en les découpant à grands coups de griffes. Le résultat est plat, en toc, sans transcrire la dangerosité du petit mutant râblé et en colère. Ça s'améliore avec Phil Noto qui reste encore un peu propre sur lui, mais dont les décors disposent de plus de personnalité, et les personnages ont un langage corporel moins convenu. Heureusement Tedesco utilise un encrage plus marqué, moins joli dans son apparence et il sait transcrire l'âpreté de ce futur dystopique. Ce qui n'aurait pu être qu'un cliché visuel de plus sans substance se transforme en un décor empruntant un peu à Blade Runner et un peu à Minority Report, pour un résultat acceptable, à défaut d'être tout à fait original. Du coup cette séquence fortement chargée en émotions devient crédible pour le lecteur qui en ressent tous les effets. Avec ce tome, il devient apparent que Rick Remender a conçu son récit avec un début et une fin. De manière improbable, c'est en réutilisant ce que les autres ont fait avant lui que ce scénariste s'avère le plus original et que son histoire prend aux tripes, implique le lecteur dans le devenir des personnages. Les tomes précédents ont bâti peu à peu une trame dans laquelle les personnages se débattent avec la réalité des actes qu'ils ont accomplis. Ils ont évolué à leur insu, en parfaite continuation des choix qu'ils ont fait au début de la série. Ce tome souffre plus que les précédents de la valse des dessinateurs due à une publication bimensuelle des épisodes.
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4.0 étoiles sur 5
Un duo dynamique : Red She-Hulk & Machine Man, 22 mai 2013
D'une certaine manière, ce tome est la suite de Mayan rule (épisodes 53 à 57) dont le personnage principal était Red Hulk. Ce tome contient les épisodes 58 à 62 parus en 2012/2013, avec un scénario de Jeff Parker, et des dessins de Wellington Alves et Carlo Pagulayan. Mais, comme son titre l'indique, le personnage principal est maintenant Red She-Hulk (apparue pour la première fois dans Hulk vs. X-Force, en réalité Betty Ross-Banner). Quelque part dans une zone naturelle aux États-Unis, le général Reginald Fortean a convoqué des représentants du gouvernement pour leur faire la démonstration de l'utilisation des fonds publics : des super-soldats, sous l'appellation de Projet Échelon, à partir des recherches effectuées par June Covington. La démonstration de leur pouvoir (contre un tank et un avion de chasse) est interrompue par l'arrivée de Red She-Hulk qui casse tout et qui prouve que les super-soldats sont incapables de l'arrêter. Son objectif est de montrer que le résultat n'est pas viable et qu'il ne reste plus qu'à abandonner ce projet Échelon. Après cette action d'éclat, elle s'attaque à une base militaire. Mais Captain America (Steve Rogers) et Machine Man sont sur ses traces. Avant d'être rattrapée, Betty Ross a le temps d'aller consulter Eleanor Bennett et un individu qui ressemble à Nikola Tesla. Jeff Parker s'est spécialisé dans les séries de second ordre se nourrissant de la mythologie de l'univers partagé Marvel, telles que Agents of Atlas ou Thunderbolts. À l'occasion de l'opération "Marvel NOW", l'éditeur décide que Red Hulk (Rulk pour les intimes) fera partie de la nouvelle équipe des Thunderbolts écrite par Daniel Way (à commencer dans No quarter). Qu'à cela ne tienne, Jeff Parker se rabat sur un autre membre de la famille des Hulk. Il n'est pas besoin d'avoir suivi les précédentes apparitions de Red She-Hulk pour s'immerger dans les présentes aventures. Parker évoque bien sûr les relations de Betty Ross avec Bruce Banner, ou avec son père. Ceux qui ont suivi la série de Rulk voient réapparaître le général Fortean. Les lecteurs attentifs peuvent également reconnaître Aaron Stack, précédemment compagnon de Rulk, Nikola Tesla (apparu dans Architects of Forever), et même June Convington (également connue sous le nom de Toxie Doxie, apparue pour la première fois dans New Avengers 03). Mais le lecteur novice pourra tout autant apprécier l'histoire, sans rien connaître de ces personnages. Le fond de commerce de Jeff Parker est l'aventure de type pulp, avec des morceaux de violence (normal quand le personnage principal est un hulk), et des morceaux fleurant bon les romans d'aventure de la fin du dix-neuvième siècle (avec cité cachée dans la jungle, machine à prédire l'avenir, tunnels secrets souterrains, voiture volante, etc.). Parker écrit ça d'une manière premier degré, sans aucune trace de moquerie ou de dérision. Toutefois ce récit comprend des éléments qui lui permettent de sortir de la production habituelle de ce type d'aventures. Pour commencer il y a cet art consommé avec lequel il va piocher dans les riches recoins de cet univers partagé pour réemployer des éléments ayant peu servi. Ensuite, il y a l'idée d'adjoindre un compagnon de route à Red She-Hulk, qui sort de l'ordinaire. Finalement ses actions sont vues et commentées d'un point de vue extérieur par Machine Man que Parker écrit comme un croisement d'intelligence artificielle dépourvue d'émotion, et comme un individu pince-sans-rire. Parker trouve le ton juste pour transformer cet artifice narratif qu'est le duo mal assorti, en un révélateur des spécificités de Red She-Hulk. Il insère également une ou deux surprises bien trouvées relatives à ce personnage, et les innovations technologiques de Machine Man valent le déplacement. Les dessins sont réalisés par Carlo Pagulayan et Wellington Alves, dans un style assez réaliste, avec des raccourcis propres aux comics de base. Parmi leurs points forts, le lecteur trouvera leur volonté de donner une apparence travaillée à Machine Man, une bonne capacité à représenter des éléments ordinaires de manière convaincante (les soldats de l'armée américaine, les modèles de voiture, la pièce de jeu d'Eleanor Bennett, l'intérieur d'une cafétéria), des mises en page de combat vivantes. Parmi leurs points faibles, le lecteur pourra remarquer leur tendance marquée à ne pas représenter les arrières plans pendant les scènes de combat (quel que soit l'environnement, il n'a aucune influence sur les mouvements ou les stratégies des personnages), une incapacité à gérer les déchirures dans le vêtement de Betty Ross quand elle est en She-Hulk, un décolleté trop prononcé pour Betty Ross qui ressort comme une titillation gratuite incohérente avec l'aspect fonctionnel de sa tenue. Avec ce tome, Jeff Parker continue à faire ce qu'il sait faire de mieux : prendre un personnage de second plan et le plonger dans des aventures divertissantes qui n'exigent pas une connaissance étendue de la continuité de l'univers partagé Marvel pour comprendre les enjeux. Cette première histoire atteint son objectif et comprend plusieurs trouvailles réjouissantes. Les dessins réussissent à transmettre les sensations d'aventure, même s'ils souffrent de quelques imperfections habituelles dans la production de masse.
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4.0 étoiles sur 5
Adaptabilité, 21 mai 2013
Ce tome fait suite à The future (épisodes 521 à 527), le dernier réalisé par Matt Fraction et Salvador Larocca. Il comprend les épisodes 1 à 5 de la nouvelle série qui a débuté en 2013, dans le cadre de l'opération Marvel NOW. Le scénario est de Kieron Gillen (un scénariste qui avait déjà succédé à Matt Fraction sur Uncanny X-Men), les dessins de Greg Land, l'encrage de Jay Leisten, et les couleurs du studio GURU-eFX. Le tome s'ouvre avec Tony Stark dans une armure noir & or survolant New York et faisant partager sa profession de foi par le biais de sa voix intérieur : il ne croit pas en Dieu, il croit dans le futur. Peu de temps après il reçoit un appel de Maya Hansen lui indiquant qu'il s'agit d'un message pré-enregistré, qu'elle est vraisemblablement morte et que des individus aux objectifs criminels ont mis la main sur la technologie Extremis (une technologie à base de nanites programmables que Stark avait utilisé pour sa dernière armure). Première objectif pour Tony Stark : s'immiscer dans une vente secrète animée par l'AIM (Advanced Idea Mechanics) pour détruire les exemplaires d'Extremis, et déterminer combien en ont déjà été vendus. Réponse : 4. Il ne reste plus qu'à Iron Man de récupérer ces 4 souches ce qui va l'emmener de la Colombie au vide spatial en passant par les catacombes parisiennes. Passée la première scène, le lecteur peut avoir l'impression de lire la suite des épisodes de Fraction, sans solution de continuité. La première scène dépare un peu parce que Tony Stark avait dû reconnaître l'existence de notions échappant à la science pendant Fear itself. Passé cet étrange credo, le lecteur retrouve un Tony Stark hâbleur, sûr de son génie (non sans raison), séducteur (il commence avec une belle blonde), toujours angoissé à l'idée que sa technologie puisse être employée à des fins criminelles, avec une capacité intellectuelle impressionnante pour changer de système de références (penser en dehors de la boîte). La structure de l'histoire est un peu plus traditionnelle que celle de Matt Fraction qui visait une épure, et donc plus facilement accessible. Une fois les détenteurs illégaux d'Extremis identifiés, Stark apporte des aménagements à son armure pour s'adapter à l'environnement et à l'ennemi et il affronte le criminel (et ses hommes de main). Du fait qu'il s'agit de la technologie Extremis, Gillen reprend l'idée de Fraction : Iron Man se bat exclusivement contre des individus dotés d'armure technologique, ou améliorés par la technologie. Le lecteur retrouvera même Firebrand et le Living Laser (dont Greg Land donne une interprétation encore plus élégante que celle de Larocca). Les dessins clairs, réalistes et très propres sur eux de Land, sont encrés avec minutie et un grand sens du trait joli, pour un rendu très léché qui met aussi bien en valeur le monde de la haute société que fréquente Stark, que la haute technologie lisse et impeccable. Le tome comprend quelques pages de crayonnés de Land, en vis-à-vis des mêmes pages une fois encrées, en noir & blanc. Le lecteur peut apprécier le travail de chacun des artistes et l'importance de la mise en couleurs pour l'aspect final. Il émane des images un fort pouvoir de séduction qu'il s'agisse des personnages féminins (avec cette charmante blonde qui explique qu'elle fait semblant d'avoir un QI moitié moindre, ou encore Pepper Potts et ses moues méprisantes), ou des scènes d'action. Greg Land sait rendre les combats visuellement intéressants, sans donner dans le surenchérissement d'effet spéciaux. Il sait aussi s'appuyer sur eux pour les capacités spécifiques de l'armure furtive, très bien rendues par GURU-eFX. Land prend le temps de s'appesantir sur un ou deux décors par épisode pour donner plus de crédibilité à ces endroits. Il ne généralise pas ce dispositif à tous les lieux. D'un coté le bureau de Potts dispose d'une magnifique bibliothèque et d'une belle baie vitrée ; de l'autre Land n'a pas du passer beaucoup de temps à chercher des références visuelles pour les catacombes. Globalement les illustrations permettent au lecteur d'accompagner Tony Stark dans un monde glamour et high-tech, et d'être aux coté d'Iron Man dans les affrontements entre coups assénés avec force, et fournaise générée par les décharges d'énergie. Kieron Gillen et Greg Land relancent la série en conservant l'ambiance installée par Fraction et Larocca dans la précédente. Le récit est plus premier degré et moins épuré, avec affrontements en bonne et due forme, et Tony Stark conservant toujours une longueur d'avance sur ces opposants. Ces derniers réservent plusieurs surprises au lecteur, Gillen ayant pris soin de présenter 4 cas de figure différents. Contrairement à ce que laissait croire la fin de la série précédente, Iron Man ne s'élance pas tout de suite dans l'espace à la recherche de nouveaux stimuli. Le lecteur peut supposer que Gillen a dû concocter une histoire intermédiaire pour que l'éditeur Marvel coordonne les différents plannings de sortie des séries, afin d'avoir une concomitance entre la série Iron Man, et la participation du personnage à la nouvelle série des Guardians of the Galaxy de Brian Michael Bendis et Steve McNiven. Stark va à la recherche de nouveaux défis dans Secret origin of Tony Stark (épisodes 6 à 11).
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Iron Man 1
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par Greg Land Edition : Relié |
| Prix : EUR 19,48 |
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4.0 étoiles sur 5
Adaptabilité, 21 mai 2013
Ce tome fait suite à The future (épisodes 521 à 527), le dernier réalisé par Matt Fraction et Salvador Larocca. Il comprend les épisodes 1 à 5 de la nouvelle série qui a débuté en 2013, dans le cadre de l'opération Marvel NOW. Le scénario est de Kieron Gillen (un scénariste qui avait déjà succédé à Matt Fraction sur Uncanny X-Men), les dessins de Greg Land, l'encrage de Jay Leisten, et les couleurs du studio GURU-eFX. Le tome s'ouvre avec Tony Stark dans une armure noir & or survolant New York et faisant partager sa profession de foi par le biais de sa voix intérieur : il ne croit pas en Dieu, il croit dans le futur. Peu de temps après il reçoit un appel de Maya Hansen lui indiquant qu'il s'agit d'un message pré-enregistré, qu'elle est vraisemblablement morte et que des individus aux objectifs criminels ont mis la main sur la technologie Extremis (une technologie à base de nanites programmables que Stark avait utilisé pour sa dernière armure). Première objectif pour Tony Stark : s'immiscer dans une vente secrète animée par l'AIM (Advanced Idea Mechanics) pour détruire les exemplaires d'Extremis, et déterminer combien en ont déjà été vendus. Réponse : 4. Il ne reste plus qu'à Iron Man de récupérer ces 4 souches ce qui va l'emmener de la Colombie au vide spatial en passant par les catacombes parisiennes. Passée la première scène, le lecteur peut avoir l'impression de lire la suite des épisodes de Fraction, sans solution de continuité. La première scène dépare un peu parce que Tony Stark avait dû reconnaître l'existence de notions échappant à la science pendant Fear itself. Passé cet étrange credo, le lecteur retrouve un Tony Stark hâbleur, sûr de son génie (non sans raison), séducteur (il commence avec une belle blonde), toujours angoissé à l'idée que sa technologie puisse être employée à des fins criminelles, avec une capacité intellectuelle impressionnante pour changer de système de références (penser en dehors de la boîte). La structure de l'histoire est un peu plus traditionnelle que celle de Matt Fraction qui visait une épure, et donc plus facilement accessible. Une fois les détenteurs illégaux d'Extremis identifiés, Stark apporte des aménagements à son armure pour s'adapter à l'environnement et à l'ennemi et il affronte le criminel (et ses hommes de main). Du fait qu'il s'agit de la technologie Extremis, Gillen reprend l'idée de Fraction : Iron Man se bat exclusivement contre des individus dotés d'armure technologique, ou améliorés par la technologie. Le lecteur retrouvera même Firebrand et le Living Laser (dont Greg Land donne une interprétation encore plus élégante que celle de Larocca). Les dessins clairs, réalistes et très propres sur eux de Land, sont encrés avec minutie et un grand sens du trait joli, pour un rendu très léché qui met aussi bien en valeur le monde de la haute société que fréquente Stark, que la haute technologie lisse et impeccable. Le tome comprend quelques pages de crayonnés de Land, en vis-à-vis des mêmes pages une fois encrées, en noir & blanc. Le lecteur peut apprécier le travail de chacun des artistes et l'importance de la mise en couleurs pour l'aspect final. Il émane des images un fort pouvoir de séduction qu'il s'agisse des personnages féminins (avec cette charmante blonde qui explique qu'elle fait semblant d'avoir un QI moitié moindre, ou encore Pepper Potts et ses moues méprisantes), ou des scènes d'action. Greg Land sait rendre les combats visuellement intéressants, sans donner dans le surenchérissement d'effet spéciaux. Il sait aussi s'appuyer sur eux pour les capacités spécifiques de l'armure furtive, très bien rendues par GURU-eFX. Land prend le temps de s'appesantir sur un ou deux décors par épisode pour donner plus de crédibilité à ces endroits. Il ne généralise pas ce dispositif à tous les lieux. D'un coté le bureau de Potts dispose d'une magnifique bibliothèque et d'une belle baie vitrée ; de l'autre Land n'a pas du passer beaucoup de temps à chercher des références visuelles pour les catacombes. Globalement les illustrations permettent au lecteur d'accompagner Tony Stark dans un monde glamour et high-tech, et d'être aux coté d'Iron Man dans les affrontements entre coups assénés avec force, et fournaise générée par les décharges d'énergie. Kieron Gillen et Greg Land relancent la série en conservant l'ambiance installée par Fraction et Larocca dans la précédente. Le récit est plus premier degré et moins épuré, avec affrontements en bonne et due forme, et Tony Stark conservant toujours une longueur d'avance sur ces opposants. Ces derniers réservent plusieurs surprises au lecteur, Gillen ayant pris soin de présenter 4 cas de figure différents. Contrairement à ce que laissait croire la fin de la série précédente, Iron Man ne s'élance pas tout de suite dans l'espace à la recherche de nouveaux stimuli. Le lecteur peut supposer que Gillen a dû concocter une histoire intermédiaire pour que l'éditeur Marvel coordonne les différents plannings de sortie des séries, afin d'avoir une concomitance entre la série Iron Man, et la participation du personnage à la nouvelle série des Guardians of the Galaxy de Brian Michael Bendis et Steve McNiven. Stark va à la recherche de nouveaux défis dans Secret origin of Tony Stark (épisodes 6 à 11). - ET LE FORMAT ? - Pour ce tome Marvel a utilisé une nouvelle présentation pour la version en cartonné dur (hardcover), déjà testée sur Sabretooth reborn, The first X-Men et All-new X-Men 1. La principale modification du format pour la version cartonnée dur est la suppression de la jaquette amovible, et l'impression de l'image directement sur la première de couverture sur une surface mate. En regardant de plus près, le lecteur découvre que la reliure est à base de colle, et plus de couture. De fait, chaque épisode comporte des illustrations à cheval sur les 2 pages en vis-à-vis, et cette forme de reliure ne permet pas d'ouvrir à fond le livre de peur d'occasionner un décollement ou une déchirure. Il n'est donc pas possible de contempler l'image dans son intégralité car elle est "mangée" dans la pliure, parfois ce sont les phylactères dont il n'est pas possible de voir l'intégralité (bord mangé dans la pliure également). On a donc un objet de qualité inférieure au format précédent, à 25$ pour 5 épisodes de 20 pages (à comparer à 20$ pour 6 épisodes de 22 pages il y a 1 an).
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