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Marketing Professionnel "Marketing Professionnel" (France)

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Le marketing de la peur
Le marketing de la peur
par Serge Michels
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

4.0 étoiles sur 5 Peur sur le marketing ?, 10 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le marketing de la peur (Broché)
La peur « s’est installée très haut dans l’échelle de valeur de notre société » (préface de Bernard Sananes).

Les défiances verticales et horizontales servent de caisse de résonance (13) à ces peurs et installent le repli sur soi. Ces défiances sont fondées sur un conflit de visions du monde, parfaitement expliqué au chap. 1, où s’affrontent un capitalisme « devenu fou » désincarné, décrédibilisé, et un citoyen érigeant la nature en nouvelle religion (ch. 2), en droite ligne de la post modernité. L’ensemble est agité par des courants mélangeant croyances et connaissance, d’où de nombreux emprunts, certes à propos, à Gérald Bronner (La démocratie des crédules) dès la p. 40, dont il reprend par ailleurs l’exemple sur l’homéopathie (129).

En affirmant que « la santé et la protection de l’environnement deviennent donc naturellement les deux forces de régulation du capitalisme » (18, 49 sq et partie 1), Serge Michels rejoint Jean-Louis Servan-Schreiber dans Aimer (quand même) le XXIe siècle.

LA FABRIQUE DE LA PEUR

Serge Michels dénonce « le zéro risque, une utopie qui fait le tour du monde » et aborde finement le risque choisi vs. subi, la notion de danger et de risque (d’ailleurs, « plus le risque est rare, moins nous l’acceptons »), mais aussi la défaillance des politiques et le déni des experts. Ces éléments mènent à un affrontement entre précaution et innovation (73). Et les entreprises peuvent utiliser le doute ainsi créé, ce que l’ouvrage ne développe pas, à la différence de Les marchands de doute, que nous avons récemment chroniqué sur Marketing Professionnel.

Le communicant lira avec intérêt « Lanceurs d’alertes et allumeurs de feu » (79 sq.) qui illustre les frictions entre légitimité scientifique et légitimité sociétale (87) remettant en cause la science (117 sq.). Le lecteur enchaînera avec la troisième partie, « Agir et communiquer pour renforcer la confiance », point de bascule de l’ouvrage qui, désormais, intéressera plus les spécialistes en communication de crise et les « utilisateurs » de lobbying.

Enfin, pour la réédition de l’ouvrage, nous apprécierions l’allègement (ah, la santé du lecteur !) des auto citations multiples (25, 26, 33, 37 et 37…).


La fabrique de l'ennemi - Comment réussir son storytelling
La fabrique de l'ennemi - Comment réussir son storytelling
par Georges Lewi
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

4.0 étoiles sur 5 Tissez vos marques avec des mythes dedans, 23 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La fabrique de l'ennemi - Comment réussir son storytelling (Broché)
Nul peuple n’est sans récit, affirmait Roland Barthes en 1966. Ces histoires, « déviation installée volontairement entre le réel et le fantasme » (45), « transforment un objectif commercial en grande cause » (12), font comprendre et imposent par la séduction ou la persuasion (45), en s’appuyant sur des mythes, qui sont « la chose » de Georges Lewi.

Le mythe, précisait Lévi-Strauss (la définition de Barthes est abordée p. 50), est « un récit qui vient de nulle part et que les hommes croient vrai » (142) ; « il s’efforce de rendre le monde intelligible » (143).

Tout récit s’appuie pour ce faire sur des constantes (21), dont l’opposition à un ennemi, et se trame selon un schéma narratif précis (cf. l’approche de Greimas, claire, p. 31 et 145) et sur 24 mythèmes fondamentaux proposés par Georges Lewi (55). Ils permettent au marketeur de savoir comment utiliser les mythèmes dans la construction d’un récit (ces derniers s’interrogeront cependant sur les « oppositions de nature », p. 62) et créer un storytelling efficace (bien défini p. 24 sq.), véritable machine à « raconter une histoire pour faire passer un message, des idées, en vue de convaincre et de faire adhérer à une conclusion qui se veut définitive » (25) et plus efficace que les techniques traditionnelles car « les communicants finissent par croire à l’aspect performatif de leur discours » (36).

Le marketeur relèvera les incursions de l’auteur dans le brand content (défini p. 38 et 65), dans l’expérience de marque (39) et butinera la seconde partie de l’ouvrage, stratégiquement plus légère, portant sur le storytelling des entreprises, marques, territoires et personnalités publiques (bonus, deux pages sur le personal branding).

Mais la fine mouche regrettera de ne rien apprendre sur les entreprises et marques citées dans le 2e chapitre. Elle notera aussi la tendance de l’auteur à substituer le storytelling à la stratégie marketing ou de communication. En somme, le storytelling semble exprimer, dans cet ouvrage, une vision du monde en proposant d’expliquer des choses parfois inexplicables. Un mythe en somme car, effectivement, « une marque et son storytelling construisent des archétypes » (119).

Enfin, s’il est exact que « par sa puissance narrative (lorsque l’histoire est bien construite), le storytelling raconte, prouve, convainc et protège » (147), comment expliquer, si ce n’est pas des raisons extérieures aux mythes, le génocide de L’Alsacienne, Chambourcy, Solex (Phénix qui cherche sa réincarnation), Topset, Amstrad… Un nouveau Ronceveaux (19) ?


Le marketing: (sans s'emmerder)
Le marketing: (sans s'emmerder)
Prix : EUR 15,99

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2.0 étoiles sur 5 Ne pas s'emm****r ne suffit pas. Construire sur un socle solide s'impose (Maître Yoda), 15 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le marketing: (sans s'emmerder) (Format Kindle)
Le marketing sans s'emm****r. Pas de surpromesse. Un ton alerte, de l'humour. Nous avons ri à la lecture du verbatim illustré en mode Franck Ribéry (p. 349) : "Le Bescherelle est un outil fantastoc" (verbatim qui ne fonctionne pas) ; "Dans les chaussures, les pieds sont plus à l'aise pour penser" (verbatim qui fonctionne).

En somme, Le marketing sans s'emm****r a un ton proche de celui de la collection Pour les Nuls de la maison d'en face. Les newsbies en marketing passeront un bon moment.

Justement, Le marketing sans s'emm****r a pour ambition d'apprendre le marketing à ceux qui ne le connaissent pas (p. 7). C'est louable. Tout comme "le but de ce livre n'est pas d'exclure" (répété) ou l'ambition de ne pas faire "un livre en chinois pour apprendre le chinois". Mais je doute que l'on apprenne une langue en lisant un dictionnaire. Car Le marketing sans s'emm****r est un dictionnaire. Et là, aucune précision sur le "produit" en couverture. Passe encore. Mais la promesse "ne pas s'emm****r" ne peut servir d'excuse à...

1 - Des énormes confusions qui emmerdent
Rahh, l'autoroute des confusions a été souvent prise à... contresens :
- Les catégories sociales (PCS) p. 15 sont en fait des classes sociales
- Le prix psychologique abordé p. 270 est un prix magique
- Les groupes de pairs n'ont pas à être mélangés avec un groupe de référence (167)
- "Le click and mortar est aussi appelé "pure player"" (48). Sans commentaire
- Les prix discriminatoires comme les tarifs de l'électricité n'ont rien à voir avec le yield qui, lui, se base sur des prix dynamiques (363). Même si tous les deux permettent un ajustement des prix.

2 - Des erreurs et des raisonnements hâtifs
Franchement, nous n'avons pas eu la force de lire l'ouvrage avec toute l'attention qu'il aurait mérité dans le cadre d'un "test & recette". Mais voici ce qui nous a sauté aux yeux...
- Un panel avec 100.000 panélistes (19). Le premier qui en voit un nous contacte !
- Le prix de vente consommateur n'est pas en relation directe avec l'ajout d'une TVA (ou alors l'expression est peu claire), p. 270, mais doit plutôt se concevoir par opposition au prix de vente au distributeur par exemple
- Le native advertising : "la publicité est insérée dans le fil d'actualités de Facebook, pas à côté" (p. 275). Sans commentaire ici non plus
- Le bounce rate (p. 45) peut aussi être dû à un très bon SEO : les lecteurs accèdent à la page par un outil de recherche, la lisent car c'est ce qu'ils cherchaient, puis s'en vont...

Rendre les choses plus pédagogiques peut passer par des simplifications. Jamais par des contresens, des oublis, des erreurs, surtout lorsque l'on se qualifie de "formateur réputé" (4e de couverture) et d'"expert dans le digital" (ibid. et p. 272).

Finalement, le Mercator n'est pas si risible que cela (vs. ce qu'en dit l'auteur p. 309).

3 - Typo, orthographe

Enfin, sans tomber dans une longue litanie, pour une prochaine édition, merci de retravailler les pages 8 (jolie faute sur "exclure") 30, 43, 48, 274, 277, 283, 290, 310, 355. Et pourquoi ne pas inclure un Qr Code (p. 284) non en direction de Wikipedia, mais d'un site compagnon qui, entre-temps, aura été créé... sans oublier de mentionner Marketing Professionnel dans les références p. 369 ;)
Car nos lecteurs aussi font du marketing sans s'emm****r.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 30, 2014 1:06 PM CET


Distribution : Inventer le commerce de demain
Distribution : Inventer le commerce de demain
par Cédric Ducrocq
Edition : Broché
Prix : EUR 26,00

4.0 étoiles sur 5 Un ouvrage de bon commerce et de bon conseil ;), 9 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Distribution : Inventer le commerce de demain (Broché)
Dans Distribution, sous titré "inventer le commerce de demain", Cédric Ducrocq est "heureux d'offrir ce livre à [ses] collègues et à [ses] clients" (208).
Marketing Professionnel n'est ni l'un ni l'autre...
Tâchons cependant de repérer les points d'intérêt de cet ouvrage émaillé à chaque page du nom du cabinet créé par l'auteur qui, pourtant, n'a pas besoin de cela pour montrer son expertise car la teneur du propos, la pertinence des exemples, l'actualité des sujets et les approches prospectives constituent les atouts de ce livre bien documenté, chiffré, étayé, réflexif et opérationnel dans lequel nous avons particulièrement apprécié...
- La réinvention des vieux modèles est-elle possible ?
- Les tendances d'innovation dans la distribution
- Les points de crispation des clients : jouissance et frustration (13 sq), changement des comportements d'achat ; la nécessaire écoute du client (85 sq)
- Les enseignes doivent devenir des marques (27 sq). Notons ici un bon aiguillage des planneurs stratégiques avec le positionnement, la plateforme de marque, l'identité...
- L'offre et les prix (53 sq)
- La formation de la préférence (104 sq)
- Le multicanal et le crosscanal (121 sq), précédant ce que les pure players apprennent au retail (133 sq)
- Le point de vente de demain sera identitaire, marchand, crosscanal, multicanal et placera les hommes au centre de l'organisation (151 sq).

Par contre, p 194, l'ode aux distributeurs (clients du cabinet, donc) nous interroge. D'ailleurs, qui a le plus bénéficié des accords de Matignon depuis 2008 ? Les industriels ou les distributeurs ? Repenser l'histoire est-il un commerce ?

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Le guide du Financial Times : 60 modèles de management
Le guide du Financial Times : 60 modèles de management
par Marcel Van Assen
Edition : Relié
Prix : EUR 27,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Riche, encyclopédique, sourcé, objectif et accessible, 9 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le guide du Financial Times : 60 modèles de management (Relié)
Riche, encyclopédique, sourcé, objectif et accessible, 60 modèles de management se pose comme une compilation de modèles opérants (du moins ceux antérieurs à 2006) permettant d'exprimer la complexité des situations stratégiques et de mieux éclairer les activités des entreprises à l'aide d'outils qui "fournissent des moyens utiles pour ordonner le réel. Ils proposent un langage commun à l'aide duquel comparer des performances et des difficultés, et résoudre des problèmes" (3).

Le marketeur aura plaisir à retrouver, organisés autour d'un plan homogène (le modèle en bref, quand l'utiliser, comment l'utiliser, analyse finale comprenant les limites) ces outils et concepts stratégiques cachés derrière des acronymes (ABC, EFQM, BCG -d'ailleurs merci d'avoir mis la matrice à l'endroit...) ou de leurs auteurs : Ansoff, Porter, Covey, Curry, Belbin, Mintzberg, Pareto, de Bono, Deming, DuPont, Kay, Greiner...

Embarquez-vous dans pour une découverte de 60 modèles de management sans contrainte, butinée au gré de vos envies. En toute sérendipité.

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E-mailing - Fidélisation, acquisition : réussir ses campagnes marketing
E-mailing - Fidélisation, acquisition : réussir ses campagnes marketing
par Emmanuel ROBIN
Edition : Broché
Prix : EUR 29,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Simple et accessible, 1 novembre 2014
E-mailing, d'Emmanuel Robin, est un ouvrage simple, accessible, lisible et orienté Do It Yourself. Il saura vous inciter à optimiser votre politique email dans le cadre de "bonnes pratiques" juridiques, techniques (clair développement sur le html p. 149 sq.), marketing (calcul du ROI, 208), communicationnelles (conseils rédactionnels et d'amélioration de la délivrabilité 114 sq.), et à vous mesurer aux principaux standards d'ouverture, de taux de clics (206 sq.).

Le marketeur aurait apprécié des développements approfondis ou plus précis sur
- Le eye tracking en matière d'email (122)
- La classification des solutions ESP (dont le terme reste à définir) gratuites vs payantes (189)
- L'assignation d'un objectif Analytics à des liens inclus dans un email.

Nous aimerions que la prochaine édition puisse inclure...
- Le remplacement de "carotte" par le terme plus professionnel de "dotation" (50)
- La réécriture de la dernière phrase de la p. 95
- Le mot cookie dans l'index (abordé p. 99)
- Un amincissement des témoignages, trop orientés plaquette ("pouvez-vous nous présenter votre structure"...)
- Un lexique

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Tout savoir sur... Art et Communication - Un mariage d'amour et de raison
Tout savoir sur... Art et Communication - Un mariage d'amour et de raison
par Alexandre Kson
Edition : Broché
Prix : EUR 31,60

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Pétillant parfois, plat souvent, 17 octobre 2014
Art et communication est un livre érudit. Fourmillant d'exemples, de marques, d'artistes, de créas et de mises en application, il intéressera le marketeur en recherche d'inspiration, de croisements, d'hybridations culturo-commerciales.

Mais l'ouvrage a aussi ses travers. Desservi par l'absence de plan (ou d'un plan solide), le balayage fait la place belle à l'anecdote, met de côté l'analyse, passe outre la déconstruction des stratégies et des applications.

Le lecteur sent l'intérêt de l'auteur, mais ce n'est pas suffisant pour nous "faire entrer" dans un livre qui promet beaucoup (mot du directeur de collection, éloges de la préface, avant-propos, couverture) mais qui finalement ne nous emmène pas aussi loin qu'il aurait pu.

Tout d'abord, qu'est-ce que l'art ? La communication et la publicité, intuitivement, on sait ce que c'est et ce que cela recouvre. Mais l'art ? Plus difficile !

Peut-on tout assimiler à de l'art ? A ce titre, il aurait aussi été intéressant de classer le développement en fonction de critères (certes classiques) : les productions ou les objets techniques (qui peuvent être reproduits), les créations (résultat d'un travail original et en exemplaire unique), les œuvres, qui n'ont pour seule vocation que d'être... des œuvres d'art. Car tout n'est pas comparable. Tout ne peut être mis sur le même plan et abordé indifféremment.

1 - Marques et communication

Ensuite, pourquoi les marques utilisent-elles l'art dans leur communication ? La réponse de ce livre tient dans les outils, abordés un par un : le street art, le cinéma, la photo..., pas dans l'adéquation des fonctions traditionnelles de l'art : sociales, politiques, techniques, psychologiques, métaphysiques, économiques, religieuse, magique... aux les marques.

L'art possède une fonction religieuse et magique ? Les marques se veulent parfois totem, repère, Dieu tout puissant. Alors comment utilisent-elles l'art pour se différencier ? S'affirmer ? Remporter l'adhésion, la sympathie, l'implication des cibles ? Pas de mention des objectifs de communication.

L'art comporte aussi des fonctions sociales de soumission (aux donneurs d'ordre, aux mécènes, aux familles "qui comptent"...), de révolte (Zevs par exemple), d'évasion d'un quotidien morose ? Alors, quelles sont les marques qui s'en sont prévalues ? Dans quels objectifs communication ? Et, au-delà, pour quels objectifs stratégiques ?

2 - Dépublicitarisation ?

Art et communication n'aborde donc pas les aspects stratégiques. Regrets.

Il ne se penche pas non plus sur un concept que les planneurs stratégiques adorent : la dépublicitarisation*. Le consommateur, lassé par l’hyperpublicitarisation de l’espace public (la publicitarisation désigne le mimétisme du système médiatique au système publicitaire), est de plus en plus difficile à toucher dans son quotidien comme le note l'auteur p. 22 sq. Avec la dépublicitarisation, il s’agit de dissimuler le discours publicitaire pour laisser place à un contenu culturel attractif. Le message passe toujours, mais de façon détournée. Il est donc plus efficace.

Comme nous aurions aimé que Art et communication croise ces éléments, nous aurions eu affaire à une mine d'art !

En somme, le marketeur ressort de ce livre avec un sentiment mitigé : le sujet est bon, le titre est bon, le contenu pour le moment décevant et pas stratégique. Quant à Séguéla, il reste égal à lui même.

Les critiques de livres de Marketing (et Communication !) sont à lire sur Marketing Professionnel !


Marketing digital
Marketing digital
par Dave Chaffey
Edition : Broché
Prix : EUR 49,00

3.0 étoiles sur 5 Poussif au départ, performant sur la fin, 15 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Marketing digital (Broché)
Marketing Digital est à recommander pour sa troisième partie : "Marketing digital, exécution et pratique", qui ravira les utilisateurs d'outils digitaux, les férus d'UX, les planificateurs de campagnes digitales, les tombeurs de ROI ou les lustreurs de KPI et les mesureurs de tout poil. Ils apprécieront la complétude des développements et l'orientation décisionnelle de l'ouvrage.

Par contre, le marketeur regrettera la faiblesse des approches et de la connaissance des consommateurs, des internautes. 16 lignes seulement sont accordées aux comportements en ligne (p. 24) et pas un mot sur les insights consommateurs. Mais un développement sur les "insights de campagnes" (ah, bon, cela existe ?) p. 361.

Le stratège du digital ne trouvera pas non plus dans ce livre d'indications sur la déclinaison en digital de stratégies off line (ou leur contraire) ni même des tours de mains pour que la marque digitale soit créatrice de valeur (voire qu'elle puisse compenser son handicap éventuel du fait de sa digitalisation) et porteuse d'identité (155). D'ailleurs, où est passé le concept d'identité de marque, décliné en digital ? Marketing digital tombe dans le travers classique des livres US adaptés : la faiblesse des sources académiques françaises. Et cela nous navre, surtout avec la nobélisation de JeanTirole ;)

En somme, Marketing Digital performe sur les aspects quantitatifs, mais reste très incomplet et poussif sur la connaissance des consommateurs, des marques, et la réflexivité générale.

Les critiques de livres de Marketing sont à lire sur Marketing Professionnel.


L'art du marketing to women - On a assassiné la ménagère !
L'art du marketing to women - On a assassiné la ménagère !
par Marie- Laure Sauty de Chalon
Edition : Broché
Prix : EUR 25,00

2.0 étoiles sur 5 L'art, ce n'est pas de l'à-peu-près. Le marketing non plus, 15 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'art du marketing to women - On a assassiné la ménagère ! (Broché)
1 - Une marque a-t-elle un sexe ?
Avant d’y répondre, Marketing to Women cherche tout d’abord à étudier les consommatrices, les acheteuses, que le livre regroupe sous le chapitre "segmenter la population féminine". Il nous rappelle, s’il en était nécessaire, que les femmes se segmentent par âge et que "les adolescentes sont un public volage difficile à fidéliser" (20). Sic.

En observant les femmes via une méthode "top down" sans valeur ajoutée autre que d’énormes truismes, les auteurs oublient de réellement développer les valeurs (l’autorité, le progrès, le lien, le rapport à l’argent…), la famille, la culture, l’image de soi, la personnalité, les insights principaux des femmes… Pourquoi laisser de côté l’observation, l’humain, l’ethnologie et l’anthropologie (la place de la femme dans la société est un fait culturel qu’il convient d’analyser avant de chausser les gros sabots du marketing) qui auraient pu expliquer avec une réelle granularité, dans le cadre d’approches typologiques, la cible des femmes. Je parle d’approches typologiques solides, pas de vagues études réalisées pour ouvrir les portes des annonceurs peu critiques, comme avec l’incunable (et poussiéreuse ?) étude des Digital Mums (pour rire un peu, regardez cette vidéo) citée p. 35. Je parle aussi d’approches moins globalisantes… qui permettraient de penser les cibles des femmes (oui, il en existe plusieurs) comme n'étant pas seulement des shoppeuses invétérées : demandez à votre mère si elle serait intéressée par un shopping entre copines (126). Cela a au moins le mérite de faire sourire le marketeur critique.

En somme, rien de neuf, rien de précis mais de nombreuses "impasses" : la consommation de médias off line par les femmes, la séparation des attentes et comportements pour les produits grande conso et de luxe, de l’achat réfléchi et d’impulsion, du cycle d’achat court ou long… Bref, de vraies questions que les marketeurs se posent et qui ne trouvent pas ici réponse.

La cible des femmes mérite une approche plus fine, plus personnelle. Et les marques des solutions sur-mesure et moins sexwashing. Oui, tiens, nous venons d’inventer le mot. Cela consiste, pour une marque, à se faire voir sous un sexe qui n’est pas le sien, à se parer d’atours qui ne sont pas ceux de son sexe, pour mieux vendre et mentit au consommateur uniquement considéré comme un acheteur. La conclusion de l’ouvrage est d’ailleurs évocatrice : la recherche du bonheur (197 sq.) ne passerait que par la consommation. Maintes fois déconstruit depuis les années 80… Ce n’est donc pas un "on" impersonnel qui a "assassiné la ménagère" comme le vante la couverture, ce sont les auteurs qui sont passés à côté des finesses du marketing et utilisé une "déclinaison" du marketing pour mettre en avant ce qui n’aurait pas dû l’être.

2 - Le Marketing to Women : sans raison d’être ?

"Le sexe social n’existe pas sauf pour ce qui relève du corps, et donc des seuls jeux de séduction et de reproduction" comme le citent les auteurs p. 82. La différence entre sexes n’existe donc pas, en dehors d’une différence physique. En conséquence, le marketing en direction des femmes n’a aucun fondement. Par contre, le marketing différencié sur la cible des femmes peut en avoir un, en plus d’une réelle utilité opérationnelle. Il ne s’agit donc pas de réaliser un gender marketing, mais d’appliquer un marketing différencié.

Je l’anticipe, la critique de cet ouvrage va me conduire à être, au mieux, taxé de macho (pas pire que le slogan de Numericable : "Téléchargez aussi vite que votre femme change d’avis", p. 140). Alors je l’encense et je dis oui au marketing to women, oui au marketing to kids, to seniors, to célibataires bretons (?) et oui au marketing to baldheads ! Car oui, les chauves (baldheads) ont aussi droit à leur marketing. Un marketing au poil qui segmenterait les cheveux en quatre. N’oublions pas, on ne naît pas chauve, on le devient !

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Entreprises, gérez votre e-reputation : Les nouveaux outils pour être connu et reconnu
Entreprises, gérez votre e-reputation : Les nouveaux outils pour être connu et reconnu
par Loïc Bodin
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un livre de plus sur la e-réputation ? Voici ce qu'il apporte..., 22 mai 2014
Stratégie et transversalité (168) guident Entreprises, gérez votre e-réputation, ouvrage aux méthodes intéressantes et simples (ch. 6, Les parties prenantes, ch. 7 sur les circuits d’information, ch. 8 Les outils de veille), appuyées par des contributions et citations pertinentes (merci de ne pas avoir sacrifié à la mode des guest-stars aux interviews fleuve) et par quatre études de cas... qui contrebalancent des chapitres au contenu souvent connu des marketeurs (ch. 2, 3, 10).

Marketing Professionnel a apprécié...

- La reprise des approches de Gérald Bronner dans la formation de l’opinion (et surtout des croyances vs. la raison), 20 sq.
- Les communautés sur Internet et la notion de minorité agissante, 32 sq. à l’heure où « les tribus deviennent des hordes » (8) : plus violentes, plus nomades et sans chef.
- Les rappels sur la transformation du temps et de l’image (69 sq.), notion-clé car « le temps de l’entreprise ne peut pas être celui de l’opinion ni du digital » (70).
- Les diverses identités de l’entreprise (ch. 5) et leur articulation avec l’image et la réputation
- La reprise des typologies d’influenceurs selon Edelman (qui prend un seul N, au passage), 119 sq. qui nous change des Mass mavens et Mass connectors. Nous continuons cependant à douter de la pertinence de Klout.

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