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Contenu rédigé par Patrick Bories
Classement des meilleurs critiques: 7.902
Votes utiles : 40
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Commentaires écrits par Patrick Bories
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3.0 étoiles sur 5
Circonstances atténuantes..., 26 avril 2013
Bien sûr la Russie n'est pas le paradis, bien sûr les gens sont durs comme le climat et il n'est pas facile de survivre, mais j'ai du mal à me trouver en empathie avec un loup parmi les loups. Je ressens Nicolaï Lilin comme un de ces truands dont la mauvaise foi cherche à tirer partie de la culpabilité du cave que nous sommes. Quand Vissostski chantait, tous les marins étaient persuadés qu'il avait été marin, les soldats qu'il avait été soldat, les prisonniers qu'il avait été prisonnier... Nicolaï Lilin est peut-être un vrai truand, mais Vissotski était généreux. On partage toujours avec le talent et jamais avec la complaisance. C'est injuste. Et c'est comme ça!’’ Signé : Chablis.
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4.0 étoiles sur 5
On bon polar comme on les aime..., 26 avril 2013
Jacques Bral allie l'agilité de la liberté à la poisseuse pesanteur qui coille à la peau de tous les héros des films noirs. Les siens sont justes et forts comme un café au bout de la nuit, son écriture et sa mise-en-scène sont lumineuses comme un printemps! Signé : Chablis.
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Chaos
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| DVD ~ Catherine Frot |
| Prix : EUR 9,99 |
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5.0 étoiles sur 5
La prostitution sans fantasmes, 26 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chaos (DVD)
Le sang d'une jeune prostituée sur la vitre d'une berline et le conducteur qui verrouille les portes, tout est dit. Chaos est un pavé sanglant dans la mare aux assis. La terreur du trafic des êtres humains y est décrite sans fard dans un scénario bien construit. On rit, on tremble. A voir ne serait que pour la scène de séduction rageuse de Vincent Lindon par Rachida Brakni... Pour Catherine Frot plus lunaire et drôle que toujours;-). Le producteur de Coline Serreau confiait volontiers qu'il travaillait avec la dernière stalinienne du cinéma français. Il faut une volonté d'acier pour s'imposer dans ce monde d'hommes et d'argent, Coline Serreau y a réussi ! Comme son film. Sans doute pour les même raison : "Stal" signifie acier en Russe.;-) Signé : Chablis.
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4.0 étoiles sur 5
Sans précédent..., 26 avril 2013
Une personnalité complexe, beaucoup de courage sans doute, une passion partagée, on veut le croire... Même si les promesses sont contingentées dans l'espace et le temps surtout a vingt ans. Le fonctionnaire modèle y a cru. Il a sacrifié toute ses valeurs sur l'autel d'une passion interdite et payé crânement le prix fort sans se renier. Une exception inouïe dans l'histoire de la pénitentiaire. Florent Gonçalvès, un homme avec ses faiblesses et l'honnêteté d'avouer qu'il a résolu le conflit interne qui le broyait dans le sens de ses désirs. Suffisamment rare pour mériter un livre où l'on choisit la vie! Signé : Chablis.
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3.0 étoiles sur 5
Pour un aperçu..., 26 avril 2013
Avant les Jésuites et après Mao: Confucius... Beaucoup de commentaires, mais tout de même un aperçu de la substantifique moelle d'une philosophie de la tolérance. Signé : Chablis.
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5.0 étoiles sur 5
La vie est un long fleuve cahotique, 26 avril 2013
Un grand auteur se reconnaît à ce que le plus modeste de ses écrits est une oeuvre. La "Lettre ouverte à un Képi blanc" m'avait séduit par l'ouverture d'esprit, la justesse d'analyse et la générosité d'un homme pour son semblable, fût il aux antipodes de ses convictions les plus profondes. Clavel y décrivait sa lutte contre sa fascination des armes à l'heure ou le pacifisme lui semblait la seule issue. Il l'écrivait avec le même respect et la même attention minutieuse qu'il met à décrire les habitants d'un hameau de montagne ou des rives d'un fleuve. Toujours l'appel de l'aventure fascine. Le courant m'a entrainé, le bout du monde a précipité ma chute dans l'univers d'un grand écrivain et d'un bel esprit constamment aux prises avec la contradiction d'être un homme. Signé : Chablis.
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24 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Et le voile se déchire..., 31 octobre 2009
Mon grand-père n'avait jamais compris pourquoi, en 1940, les cartouches n'étaient pas du calibre des fusils en dotation dans son régiment... Pourquoi des chars d'assaut Renault montaient en ligne sans tourelle ? Pourquoi à la suite de la seule contre-offensive victorieuse d'un colonel promu général sur le théâtre des opérations (De Gaulle) sa "haute trahison" lui vaudrait une condamnation à mort... Lui dont les concepts d'utilisation de l'arme blindée et la maitrise du ciel, largement diffusés en Allemagne, mais étouffés par notre Etat-Major, allaient inspirer le Blitz-Krieg. Pourquoi l'armée et le peuple qui avaient été plongés dans la fournaise de la première guerre mondiale et avaient "tenus" jusqu'à la victoire, arrachée sur des monceaux de cadavres, s'étaient-ils "écroulés" en quelques semaines, quelques 20 ans plus tard ?... Annie Lacroix-Riz a patiemment attendu que s'ouvrent les archives pour accomplir un travail remarquable de rigueur qui force l'admiration et fournit une réponse cohérente à toutes ces interrogations."Plutôt Hitler que le front populaire !" le cri du coeur de cet officier, replié sur Bordeaux, qui avait tant surpris mon grand père, en juin 40, s'éclaire d'une documentation minutieusement compulsée sur des milliers de pages. Cet officier m'apparait, après la lecture de "De Munich à Vichy" et "Le Choix de la défaite" comme l'arbre qui cachait une jungle financière et technocratique luxuriante. Annie Lacroix-Riz nous conduit à travers rideaux de camouflage et chausse-trapes d'une plume alerte vers une vérité enfouie dans nos archives. L'Histoire me réconcilie avec notre passé et me donne à lire l'actualité sous un jour nouveau. Avec un regard plus lucide, qui me dévoile aussi la réalité à la lumière de jours désespérants, certes ! mais, sauf à se déshonorer, seule la vérité est digne de mémoire. "De Munich à Vichy" est un livre à lire absolument pour être un peu moins la dupe des travestissements de la réalité par les sempiternels intellectuels aux ordres qui surfaient, surfent et surferont, pour leur plus grand confort, sur tous les révisionnismes, passés, présents et à venir. Merci Madame Lacroix-Riz, vous honorez l'Histoire et l'Université française.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Formidable scénario, 17 août 2009
La précision chirurgicale de l'écriture : de la structure du scénario à la justesse des dialogues, tout m'a enchanté dans ce livre ! J'en ai commencé la lecture pour vérifier le bien fondé des théories d'Yves Lavandier ("La Dramaturgie", éditions "Le Clown et l'enfant") pour en analyser les ressorts dramatiques, donc... Et, bien que j'ai déjà vu le film, je me suis retrouvé captivé par l'intrigue pour la seconde fois, oubliant analyse et structure. A la fin de l'ouvrage, le dialogue entre le réalisateur et son interprète principal est un exemple de respect mutuel en même temps que de complicité artistique qui suscite encore l'admiration. Le journal du tournage écrit par un autre comédien est également un témoignage précieux sur l'apport d'un interprète à un scénario au moment de sa réalisation et une suite d'instants de bonheur. Quand je pense que l'on dénie encore au scénario le statut de genre littéraire (voir les difficultés à s'imposer de la collection "Hors Ecran", par ex. Depuis qu'Otar est parti, L'Etoffe des songes : (Scénario)), la publication de "La Vie Des Autres" est un des meilleurs plaidoyers pour illustrer qu'un film bien écrit est un film à lire. Après avoir été spectateur ou sans avoir vu le film, le plaisir du lecteur est indéniable ! Et pour répondre à mon interrogation initiale : Lavandier aussi avait raison, il existe bien des invariants de structures qui créent un chef d'oeuvre ! La couverture annonce : "Le film qu'il faut lire", je ne saurais dire mieux...
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Enfin un scénario dans sa version "Avance sur Recettes", 29 avril 2009
Sous quelle forme est présenté un scénario sur lequel va se jouer l'existence d'un film ? Que lisent les décideurs qui président à la mise en images ou à la mort d'un script ? Comment sont agencés ces mots auxquels on va donner une chance de remplir les salles ? Parce que le financement du cinéma a changé, le scénario est passé du statut de document technique à celui d'objet de plaisir. Aujourd'hui si vous voulez avoir une chance d'accrocher un acteur bankable, un décideur, les lecteurs d'une commission, le responsable de fiction d'une chaîne, des producteurs ou des diffuseurs vous avez intérêt à les faire TOUS rêver. Le scénariste doit prendre son lecteur par la main, gentiment, mais ne pas le laisser zapper entre 2 pages. Les lignes sont des plans, les paragraphes des séquences. Vous avez 90 minutes, 90 pages au format A4 pour convaincre. Décrivez l'essentiel. N'écrivez rien d'inutile. N'oublier rien de nécessaire. Une scène d'action ? Des phrases courtes ! Installer un climat, camper un personnage ou décrire un décor ? Prenez le temps : un peu de musicalité dans les sonorités, un balancement dans la phrase, quelques adjectifs. Choisis. Bien choisis. Toujours. Rien de trop ! juste de quoi plonger le lecteur dans l'ambiance... et puis Cut ! Une autre scène. Et vous VOYEZ le film. Si les scénaristes ont du talent il vous feront rire et pleurer. Bernard Renucci et Julie Bertuccelli m'ont fait rire et pleurer. Si les scénaristes ont su stimuler votre imaginaire vous VERREZ très précisément quel type d'homme était cet Otar, quels sont les sentiments complexes qu'ont pu éprouver pour lui ces trois femmes en apparence si différente. En apparence... "Depuis qu'Otar est Parti..." est un des deux scénarios parus à ce jour d'une collection qui aimerait vous donner l'envie d'essayer, pour le plaisir. La recette est simple : comme en rêve, visualiser toute l'histoire puis choisir le mot juste. Un mot après l'autre. Un peu tous les jours. Première question à se poser : commencer par Extérieur ou Intérieur ? Puis Jour ou Nuit ?... La Collection HORS ECRAN nourrit l'ambition de donner à VOIR ce qui est écrit pour être filmé. Alors essayez et dites-nous si ça a marché ? Si vous avez accroché ? Dites-nous ce que vous avez ressenti, éprouvé, entre-VU ? " VOIR ", encore une fois... Au cinéma : le maître mot !"
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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
S'effacer derrière Jasmila Zbanic, scénariste et réalisatrice, 13 novembre 2007
Ours d'Or à Berlin, "Sarajevo, mon amour" est le premier film d'une cinéaste de 33 ans qui a quelque chose à dire : « Lorsque la guerre a éclaté, j'étais adolescente, ce qui m'intéressait le plus c'était le sexe, ou plutôt parler de sexe, rêver de sexe comme la plus haute manifestation de l'amour. Mais en 1992, tout a changé brusquement et j'ai réalisé que je vivais une guerre, dans laquelle le sexe était utilisé comme une arme pour humilier les femmes et provoquer la destruction d'une communauté ethnique ! 20 000 femmes ont été systématiquement violées pendant la guerre en Bosnie. Je vivais à cent mètres de la ligne de front et pourtant c'était cette facette du conflit qui m'effrayait le plus. Dès lors, le viol et ses conséquences sont devenues pour moi une obession. Lorsque mon enfant est né, fruit de l'amour, j'ai reçu un immense choc. Je me suis demandée quel sens émotionnel cette maternité pouvait avoir pour une femme dont l'enfant avait été conçu dans la haine. C'est à ce moment là que j'ai compris ce que j'attendais de "Sarajevo, mon amour", et je l'ai écrit, entre deux tétées. » Jasmila Zbanic, scénariste et réalisatrice. Autant d'intelligence et de sensibilité autour d'un tel sujet forcent l'admiration. Ici, comme dans "Hiroshima, mon amour" la guerre ce n'est plus "là-bas", ce n'est plus "il y a longtemps", ce n'est plus "chez l'autre"... L'histoire se déroule de nos jours, dans un pays où la paix est revenue et qui se trouve à 2 heures d'avion de Paris... Vous ne sortirez pas de ce film indemme, vous en sortirez transformé. Tant d'énergie intériorisée et l'espoir de tout un peuple sont servis par une artiste et des interprètes remarquables. A voir.
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