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Contenu rédigé par Barthel Damien
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Commentaires écrits par
Barthel Damien "Rock Fanatic" (Menucourt, Fr)
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Tanz Der Lemminge
Tanz Der Lemminge
Prix : EUR 18,90

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Immense, 8 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tanz Der Lemminge (CD)
Amon Düül II est un groupe de krautrock (rock psychédélique/progressif/expérimental de nationalité allemande), et donc un groupe allemand (RFA), fondé en 1970 sur les ruines d'Amon Düül, premier groupe qui existera encore quelques années avant de se séparer. Le premier groupe Amon Düül était assez spécial et Amon Düül II, bien que parfois plus conventionnel, offre vraiment de grands disques de barges. Comme Yeti, double album sorti en 1970, immense et déjà abordé ici. Ou comme ce Tanz Der Lemminge aussi double (comme Yeti, tout tient sur un seul CD désormais) sorti en 1971, et indéniablement leur deuxième plus grand disque derrière Yeti. Le groupe était alors constitué de Chris Karrer (guitare, violon, chant), Renate Knaup-Krötenschwanz (chant), John Weinzierl (guitare, piano, chant), Falk Rogner (orgue), Lothar Meid (basse, chant) et Peter Leopold (batterie, percussions, piano occasionnel).

Grand disque de barges atteignant 63 minutes (les quatre faces sont constituées de suites, la dernière prend le dernier disque par ailleurs), Tanz Der Lemminge, il suffit de regarder le track-listing plus bas et la dinguerie assumée de certains des titres (Chewing Gum Telegram, Toxicological Whispering, Dehypnotized Toothpaste...) pour s'en convaincre, n'est pas un album destiné aux impatients et aux oreilles bouchées. Difficile d'accès (mais, franchement, l'album se mérite, et n'ayez pas peur de l'écouter plusieurs fois pour bien vous en imprégner), plus que Yeti (qui était déjà assez barge dans le genre), l'album, sous sa pochette inclassable, est un sommet d'expérimentations, qu'elles soient musicales ou vocales (Renate et sa voix comme une Castafiore/Walkyrie, de toute beauté).

Quatre faces, trois suites indépendantes, difficile de dire quelle est la meilleure. Ma préférée est probablement la deuxième, Restless Skylight-Transistor Child (qui atteint, en tout, 19,30 minutes). Ce n'est pas la plus longue (Chamsin Soundtrack fait 34 minutes, divisées en deux faces), mais des quatre faces à part entière, c'est la plus longue (la face C fait 18 minutes, la A et la D en font entre 15 et 16). Contenant 17 ou 4 titres, c'est à vous de voir, Tanz Der Lemminge, désolé de ne pas bien en parler ici (mais que dire devant tel objet musical ?), est un sommet absolu de krautrock. Si vous n'avez pas les oreilles fragiles, vous devriez, vraiment, tenter l'expérience. Mais écoutez Yeti avant, ceci dit !


Goats Head Soup
Goats Head Soup
Prix : EUR 6,99

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Fume, mec, c'est du jamaïcain !, 8 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Goats Head Soup (CD)
Enregistré à la Jamaïque fin 1972 et sorti en 1973, Goats Head Soup est un disque des Rolling Stones. Avec sa très étrange pochette (Jagger au recto, Richards au verso, Taylor, Wyman et Watts dans la gatefold, tous la tête dans une sorte de sac transparent, de cocon) sur laquelle certains on cru voir un symbole satanique, avec son titre étrange ("soupe à la tête de bouc") qui, selon les mêmes certains, serait une autre allusion satanique (Baphomet, un démon a tête de bouc), l'album est assez différent de ce que les Stones faisaient à l'époque. Plus pop et commercial que les précédents albums (l'album précédent, le double Exile On Main St, quand même), Goats Head Soup décevra les fans et les critiques, qui jugeront l'album inférieur aux précédents (bon, c'est le cas, c'est vrai...), sans prise de risques. Pire, selon eux, les Stones cessent de devenir intéressants ici (c'est faux), et offrent, encore pire, leur première ballade FM, j'ai nommé Angie, chanson que Keith dira être en hommage à sa femme de l'époque, Anita Pallenberg (et non pas une chansons sur Angela Bowie, alors femme de David Bowie, contrairement à ce qu'elle dira, elle).

Angie, donc, en fin de face A, est la première ballade des Stones. Il y en aura d'autres (Streets Of Love, par exemple), mais c'est la première fois que le groupe adoucit sa musique. Temporairement : le reste de l'album, bien que moins agressif que pour Sticky Fingers ou Exile On Main St, est loin d'être reposant. Dancing With Mr D (le D en question est sans aucun doute le Diable, autre allusion que les fondus d'occulte ne louperont pas), Doo Doo Doo Doo Doo (Heartbreaker), Coming Down Again, le grandiose Winter ou le très salace Star Star (Starfucker) sont les meilleurs moments de l'album. Et j'aime vraiment bien Angie, malgré son côté trop soupe commerciale pour ménagères de moins de 50 ans, chanson commerciale effectivement difficile à pardonner au groupe qui, la même année que l'enregistrement de cette chanson, se défonçait la gueule dans une cave de Villefranche-sur-Mer en enregistrant un des albums les plus quintessentiels de l'histoire de la musique enregistrée (Exile On Main St). Passer de Rocks Off à Angie, y à un petit malaise quand même, non ?

Bon, sinon, pas de quoi avoir honte, Goats Head Soup est vraiment un bon disque, 47 minutes rock et pop, bien interprétées, et si certaines chansons ne sont pas aussi immenses que Winter ou Dancing With Mr D (par exemple, Can You Hear The Music ? et Hide Your Love), l'ensemble est vraiment de bonne facture. L'avant-dernier album du groupe avec Mick Taylor, qui est assez en forme ici, mais se lâchera encore plus sur le suivant, It's Only Rock'n'Roll de 1974, que je trouve un peu supérieur (et que je préfère) à ce disque de 1973.


Voodoo Lounge
Voodoo Lounge
Prix : EUR 6,99

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Irrésistible loge vaudoue, 8 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voodoo Lounge (CD)
Coup dur pour les Rolling Galets : en 1993, Bill Wyman, leur historique bassiste (là depuis le début) fout le camp. Pour la première fois de leur carrière (et c'est toujours le cas actuellement), les Stones n'ont plus de bassiste. Pendant l'enregistrement de Voodoo Lounge, leur album qui sortira en 1994, premier sans Wyman, la basse sera tenue par Darryl Jones (qui sera présent en concerts), ainsi que par Keith Richards. On se démerde comme on peut, pas vrai ? D'une durée de 62 minutes, Voodoo Lounge est, à l'époque de sa sortie, l'album studio le plus long du groupe depuis Exile On Main St (cette durée de 62 minutes sera dépassée de 2 minutes par A Bigger Bang en 2005). Gros succès à sa sortie, l'album est une réussite (supérieur à n'importe quel album stonien depuis Some Girls, mais en-deça de Some Girls quand même), et on y trouve trois immenses chansons du groupe : Mean Disposition, Thru And Thru (magnifique chanson interprétée par Richards) et You Got Me Rocking, devenu un essentiel en concerts.

15 chansons, c'est sans doute l'album studio des Stones qui utilise le mieux le format CD (à l'époque). C'est la première fois, excepté pour le double Exile On Main St de 1972 (18 titres), que les Cailloux mettent autant de chansons sur un album studio. A part Thru And Thru (6,15 minutes) et Out Of Tears (5,30 minutes), les chansons sont assez courtes. Ce qui ne veut pas dire bâclées, même si je trouve que The Worst mérite bien son nom ("Le pire"), car franchement médiocre. De même que Sparks Will Fly, que je n'aime pas trop. Mais le reste vaut carrément le coup. Voodoo Lounge est le meilleur Stones depuis Some Girls, il est d'un niveau un peu inférieur au futur A Bigger Bang, mais meilleur que Bridges To Babylon et Steel Wheels.

Cette "loge vaudou" (titre) est donc un très bon cru pour les Rochers, un album pas parfait (comme je l'ai dit, deux -trois titres anodins), mais d'un niveau franchement réjouissant. Grammy Award du meilleur album rock en 1995, l'album sera l'objet d'une phénoménale tournée (un live sortira, Stripped, en 1995, album contenant des titres acoustiques et des reprises blues, mais, gag, aucun titre de Voodoo Lounge, bien que datant de la tournée de l'album), et reste un disque très apprécié des fans. Bref, très bon disque.


A Bigger Bang
A Bigger Bang
Prix : EUR 22,97

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Retour en force, 8 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Bigger Bang (CD)
Sorti en 2005, actuellement le dernier album studio du groupe, A Bigger Bang est aussi le second album studio le plus long (64 minutes) des Rolling Stones après Exile On Main St. de 1972 (67 minutes). Et il a été souvent dit (et c'est totalement juste) que c'est aussi leur meilleur album depuis Some Girls (1978). Le fait est que A Bigger Bang est en effet vraiment réussi, et parvient à faire oublier tous ces disques décevants que sont Steel Wheels, Emotional Rescue, Undercover, Bridges To Babylone ou Dirty Work. L'album a été enregistré en France dans la propriété (un château) de Mick Jagger, avec seulement le groupe (agrémenté de Darryl Jones à la basse et de claviéristes comme Chuck Leavell ou Matt Clifford). 16 titres dont un grand paquet de réussites. En fait, il n'y à, selon moi, que trois chansons moyennes ici : Rain Fall Down, le bluegrass/country Back Of My Hand (qui me rappelle le ratage You Gotta Move de 1971) et She Saw Me Coming, assez anodine et irritante.

Le reste est franchement fantastique. Keith Richards a droit au chant sur deux chansons : This Place Is Empty, déchirante et émouvante (ne parlerait-elle pas de Brian Jones ?) et le très funky et étrange morceau final Infamy, vraiment sympathique. Le reste est chanté par le Jagg', qui nous offre un Streets Of Love magnifique, leur meilleur slow depuis 1973 et Angie. Sweet Neo-Con, chanson qui assassine, par la virulence des paroles, le Président US de l'époque fera parler d'elle et de l'album avant même sa sortie. La chanson la plus politisée des Rolling Galets depuis 1991 et Highwire qui en avait contre la Guerre du Golfe. Rough Justice ouvre l'album sur une note on ne peut plus prometteuse, d'autant plus prometteuse que le morceau suivant, Let Me Down Slow, est sur un tempo nettement plus calme (l'album est une sorte de roller coaster musical, on passe de la furie à la douceur en un titre). Entre des chansons bien rock comme Look What The Cat Dragged In, It Won't Take Long ou Dangerous Beauty, des merveilles douceâtres comme Laugh, I Nearly Died (magnifique) ou Biggest Mistake (quasiment aussi grandiose).

Efficace et jouissif, A Bigger Bang s'impose effectivement comme le meilleur Stones depuis Some Girls. Quasiment aucun répit, juste deux chansons assez anodines, pas de quoi se lamenter donc. En tout, A Bigger Bang redonne espoir dans le groupe le plus mythique du rock (parmi ceux qui sont toujours en activité, je veux dire) et dans le rock en général. Je ne sais pas si les Stones referont un nouvel album studio (peu de chances), mais si c'est le cas, espérons qu'il soit de ce niveau. Sinon, quelle fin de carrière studio, ce disque, bon Dieu !!
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 6, 2013 1:13 PM CET


Some Girls
Some Girls
Prix : EUR 6,99

8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Remarquable !!!, 8 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Some Girls (CD)
Attention, chef d'oeuvre : Some Girls, sorti en 1978, est indéniablement un des sommets de la discographie des Rolling Stones. Sorti sous une pochette chatoyante que l'on pouvait modifier (trous à la place des visages, lesquels sont imprimés sur les deux côtés de la sous-pochette, en normal ou en 'maquillé'), l'album contient une chanson faisant partie des plus connues du groupe, j'ai nommé Miss You, tentative amusante et franchement réussie de rock disco pour le groupe de Mick Jagger et Keith Richards. Mais limiter cet album, le dernier des années 70 pour le groupe et leur deuxième avec le guitariste Ron Wood, à cette chanson serait faire franchement preuve de négligence. Some Girls, en effet, bien que possédant une ou deux chansons moyennes, est rempli de super titres. Je pense, personnellement, que c'est un disque digne de figurer dans le Top 10 du groupe, et pendant longtemps (jusqu'à A Bigger Bang de 2005), cet album sera même leur dernier grand disque. Les années 80, en effet, seront aussi rudes que les Ibères (jeu de mots astérixien).

Alors que le monde croule sous la musique disco et (pour les fans de rock qui n'en avaient rien à secouer du disco), de la musique punk et pré-new-wave, les Cailloux qui Roulent sont menacés par ces deux courants. C'est sans doute la raison principale de ce Miss You anthologique qui ouvre l'album sur un tempo disco. Mais disco ou pas disco, cette chanson, franchement, déchire le caleçon fleuri du Père Noël avec des ciseaux pour gauchers. Et puis on leur pardonne, aux Stones, d'avoir sacrifié à la mode de l'époque, parce que le reste de l'album est un programme de démolition : When The Whip Comes Down, Lies, Shattered, Before They Make Me Run (une des meilleures chansons interprétées par le capitaine des pirates, Keith Richards). En revanche, Some Girls, la chanson, est assez moyenne.

Beast Of Burden est une superbe ballade, Just My Imagination (Running Away With Me) est une reprise d'une chanson de Whitfield et Strong, et est correcte, la face B s'ouvre très bien sur Far Away Eyes, chanson un peu country, tandis que Respectable envoie tout... En tout, en 40 petites minutes, Some Girls envoie la patate d'enfer et, sous une pochette aussi culte que ludique (sur laquelle on voit les Stones maquillés, mais aussi Brigitte Bardot, Marilyn Monroe ou Dirk Bogarde), s'impose franchement comme un des albums les plus essentiels du groupe anglais. Chronologiquement parlant, même si Tattoo You et Steel Wheels contiendront de bonnes chansons, c'est le dernier album du groupe à posséder jusqu'à A Bigger Bang de 2005.


Black and Blue
Black and Blue
Prix : EUR 6,99

3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Mineur, pas honteux, 8 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Black and Blue (CD)
En 1974, Mick Taylor (guitare) quitte les Rolling Stones, qu'il avait incorporé en 1969 pour prendre la place de Brian Jones après sa noyade la même année. Il est immédiatement remplacé par Ron Wood, ex-bassiste du Jeff Beck Group et guitariste des Faces (deux groupes dans lesquels Rod Stewart, son pote, a chanté), qui est toujours dans le groupe à l'heure actuelle, et a donc définitivement gagné sa place de Stones à part entière (place qu'il a mis un peu de temps à acquérir). Selon moi, un guitariste assez bon, mais pas un virtuose non plus. En 1976, le premier album des Stones avec Wood sort, il s'appelle Black And Blue, et il fait partie des albums les moins bien estimés des fans. Pas parce que c'est le premier avec Wood, mais parce qu'après une série d'albums aussi quintessentiels que ceux sortis entre 1966 et 1974 (excusez du peu, mais c'est une période très longue et vraiment parfaite), un disque tel que Black And Blue a vraiment de quoi décevoir.

En seulement 8 chansons (pour 41 minutes, soit une durée nettement moins imposante que celle des précédents albums depuis Sticky Fingers), Black And Blue offre un condensé de rock mâtiné de reggae et de funk. Déjà, à lire ceci, on se dit qu'on a mal lu. Les Stones faire du reggae et du funk, deux styles alors ayant totalement le vent en poupe (les Stones, deux ans plus tard, feront une chanson disco, en pleine ère disco) ? Heu, y à pas un malaise quelque part ? Un vaisseau qu'a pété, Keith ? Mais n'empêche, l'album offre quelques chansons très réussies : Fool To Cry, Hand Of Fate sont des classiques, mineurs certes, mais classiques tout de même, et le morceau qui ouvre l'album, Hot Stuff (rien à voir avec la chanson du même nom de Donna Summer), est très réjouissant, avec sa rythmique funky/groovy à la Sly Stone blanc. J'adore littéralement cette chanson.

Mais l'album, il est vrai, est quand même furieusement inégal : Cherry Oh Baby, Hey Negrita, Crazy Mama et Melody sont assez longuettes et/ou inégales, l'alchimie ne prend pas ici. Memory Hotel, d'une durée de 7 minutes (la plus longue), est trop longue, mais pas mal du tout, ce qui fait qu'on a exactement 4 bonnes chansons et 4 ratages (enfin, ratages...plus ou moins) sur l'album. Si on additionne, ça fait 22 minutes (soit un peu plus de la moitié) de réussites. Bilan mitigé, mais qui penche plus vers le positif, de justesse, mais quand même. De toute façon, les Stones, s'ils ont fait mieux auparavant (et feront mieux avec l'album suivant, que j'ai abordé ici hier), feront aussi et surtout bien pire, avec Undercover et Dirty Work, notamment. Black And Blue ne s'impose pas dans leur discographie, sauf pour les fanatiques absolus, mais n'est pas si honteux que ça. Il est juste mineur.


Dirty Work
Dirty Work
Prix : EUR 6,99

4 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Toujours un ratage (ça commence à devenir une sale habitude), 8 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dirty Work (CD)
Et voici, taga-tsoin-tsoiiiin, le pire album jamais enregistré par les Rolling Stones : Dirty Work, album sorti en 1986 (premier album du groupe à sortir directement en CD en plus du vinyle) et qui mérite vraiment bien son titre ("sale boulot"). Malgré des participations de musiciens et d'artistes de grand standing (Jimmy Page sur le premier titre, mais aussi Patti Scialfa, Tom Waits, Bobby Womack ou Jimmy Cliff aux choeurs, Chuck Leavell aux claviers, Ian Stewart - pour sa dernière collaboration avant sa mort brutale par arrêt cardiaque avant la sortie du disque - au piano), Dirty Work ne mérite strictement rien, ni amour, ni respect. Rien que la pochette ne donne pas envie. Typiquement années 80, cette pochette, encore pire que celle d'Undercover, dans un sens. Sur un fond bleu criard, les Stones, plus ou moins avachis sur un canapé, habillés de couleurs criardes qui jurent avec le fond bleu (tenues roses ou bleues, pantalon jaune vif). Ca fait mal aux yeux. Et on sent que la tension était à son comble au sein du groupe (entre Jagger et Richards, c'était quasiment la guerre), ce qui n'arrange rien quant au niveau de l'album. Qui, heureusement, est court, 40 minutes.

L'album se termine par 33 secondes sur lesquelles on entend Ian Stewart interpréter, au piano, le standard blues Key To The Highway. Ce morceau est plus ou moins caché, et est un hommage du groupe envers leur pianiste attitré, mort après les sessions d'enregistrement de l'album. Sinon, l'album a été précédé du single Harlem Shuffle, une reprise qui obtiendra un assez beau succès à l'époque. Mais l'album en lui-même ne contient rien de vraiment potable, ni Dirty Work, ni Sleep Tonight, ni Fight, ni même One Hit (To The Body) avec la participation de Jimmy Page (de Led Zeppelin) ne sont écoutables. L'album est heureusement court, le supplice est donc de courte durée.

Entre Jagger et Richards (qui s'essaieront tous deux à une carrière solo juste après), une tension palpable, qui fera que le groupe ne rentrera en studio pour enregistrer un nouvel album qu'en 1989. Ca sera Steel Wheels, album nettement plus réussi (mais inégal), qui sera suivi d'une tournée monstrueuse immortalisée par le live Flashpoint. De toute façon, bien qu'inégal (mais j'y reviendrai), Steel Wheels ne pouvait être que supérieur à ce Dirty Work vraiment honteux. A côté, Undercover et Emotional Rescue paraissent grandioses !


Emotional Rescue
Emotional Rescue
Prix : EUR 6,99

2 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Un ratage, 8 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Emotional Rescue (CD)
Avec sa terrible, son horrible pochette qui me fait penser, un peu, à une version 'négatif' de celle du Let It Be des Beatles, Emotional Rescue, sorti en 1980 (premier album de la terrifiante et dramatique décennie 80), est un des pires des Rolling Stones. L'album a reçu un accueil public assez bon, il s'est bien vendu, mais côté critiques, il a été copieusement assaisonné, considéré comme fade, terne, inégal (pour le moins...), raté. Incohérent, même. L'album, qui mérite effectivement toutes ces critiques, ne sera pas défendu sur scène, une première en 10 ans pour les Stones. Il faut dire qu'il n'y à pas vraiment matière à défendre ce disque en live : les classiques n'abondent pas, le groupe semble, pour la première véritable fois, en perte de vitesse.

Ce que les fans craignaient avec Black And Blue (que le groupe s'effondre) est finalement arrivé, malgré le gros sursaut d'orgueil et de créativité de l'album suivant, Some Girls, qui précède Emotional Rescue de deux ans. Déjà, le groupe ne sort plus un album que tous les deux ans depuis Black And Blue, alors qu'avant, c'était une fois par an (entre 1964 et 1974, ce fut le cas). Ce ralentissement est aussi arrivé à AC/DC, dès 1981, et on a vu ce que ça a donné, en terme d'albums, le plus souvent... Pour en revenir aux Galets, ce disque, malgré la participation de très bons musiciens (Nicky Hopkins, Billy Preston, Ian Stewart aux claviers, Michael Shrieve - ex de Santana - aux percussions, Bobby Keyes au saxophone) et un She's So Cold efficace, est franchement pitoyable. Bon, je reconnais que Dance (Pt1), honnêtement, j'aime bien. Ils en feront une suite (Dance (Pt 2), forcément) qui sera correcte, dans le même ordre. Mais ça ne suffit pas à faire de l'album un disque à écouter.

Pour être honnête, le reste, de Summer Romance à All About You en passant par Where The Boys Go et Emotional Rescue, est vraiment mauvais. Le groupe est en perte de vitesse, et, curieusement, les morceaux non retenus pour l'album sont meilleurs (Little T&A, No Use In Crying, présents sur Tattoo You), sans pour autant faire sauter les auditeurs de joie. Non, vraiment, les années 80 démarrent on ne peut plus mal avec cet album à oublier. Les Stones feront quand même pire avec Undercover et le bien-nommé Dirty Work, ceci dit. Oui, ils parviendront à faire pire que cet Emotional Rescue pourtant très médiocre ! Quand je disais, plus haut, que les années 80 seraient dures, pour la bande à Jagger !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 24, 2012 7:18 PM MEST


Steel Wheels
Steel Wheels
Prix : EUR 6,99

1 internaute sur 4 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un de mes préférés, même si ce n'est pas un des sommets, 8 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Steel Wheels (CD)
Après un tel couplé d'albums merdiques (Undercover et Dirty Work), rien n'était moins sûr, concernant les Stones, qu'ils ne nous pondent pas un troisième album du même (très faible, pléonasme) niveau. Jamais deux sans trois. Mais, heureusement, Steel Wheels, l'album faisant suite (avec trois ans d'écart) à Dirty Work, est largement supérieur...même s'il reste quand même assez inégal et loin d'égaler l'album qu'ils feront par la suite, Voodoo Lounge. Quant aux albums des années 60-70, inutile d'en parler, Steel Wheels n'arrive vraiment pas à leurs chevilles. Au moment de l'enregistrement de Dirty Work, la tension est très forte entre Jagger et Richards. Le groupe n'en est pas à se séparer, mais honnêtement, ce n'est pas loin. Les deux font une carrière solo (du moins, essaient...). En 1989, sentant que le pire de la crise est passé, les deux se retrouvent, avec Charlie Watts, Bill Wyman et Ron Wood, afin d'enregistrer un nouvel album, pour 'panser les plaies'. Ca sera Steel Wheels, avec sa pochette hideuse, qui sera suivi d'une faramineuse tournée illustrée par le live Flashpoint.

Steel Wheels, bien accueilli et par les critiques, et par les fans, sera l'écrin de plusieurs chansons qui marcheront bien en radio : Terrifying, Mixed Emotions, Rock And A Hard Place, Sad Sad Sad. Personnellement, si j'ai du mal avec Mixed Emotions, j'adore les autres titres cités, et j'aime encore plus Can't Be Seen et Slipping Away, deux très bonnes chansons interprétées par Keith Richards. Le son est bien rock (le producteur est Chris Kimsey, déjà producteur du ratage Undercover), les chansons de l'album, en live, seront trèsbien interprétées, bien défendues (sur Flashpoint, versions excellentes de Rock And A Hard Place et Can't Be Seen, et un Sad Sad Sad d'enfer). Malgré ces chansons franchement bonnes (mais simplistes : du rock couillu, juste ça), l'album offre aussi des chansons nettement moins convaincantes : Hold On To Your Hat, Break The Spell, Blinded By Love et (me concernant) Mixed Emotions sont franchement d'un niveau très inférieur. L'album, assez long par rapport aux précédents (53 minutes, à l'époque leur plus long depuis les 67 minutes - ça reste leur plus long - de Exile On Main St), est donc inégal.

Oui, il est inégal, ce Steel Wheels, mais ça ne m'empêche pas de vraiment bien l'aimer, c'est mon Stones préféré des années 80 (qui, heureusement pour eux, se terminent). Hé oui, je le préfère à Tattoo You ! Par la suite, le groupe sortira le live Flashpoint, qui sera mon premier album des Stones, acheté alors que j'avais 9 ans (au moment de sa sortie, donc, en 1991), en même temps que le 45-tours Highwire qui était proposé en bonus-track dessus. Rien que parce que ce fut mon premier Stones, vous comprenez donc que Flashpoint, mais j'y reviendrai, est un disque qui compte pour moi ! Et si Steel Wheels, découvert bien plus tard (mais avant Sticky Fingers, Exile On Main St et Let It Bleed) compte moins pour moi, c'est quand même un album que j'aime ! Un album loin d'être grandiose, mais marquant le retour des Stones avec de la qualité.


Tattoo You
Tattoo You
Prix : EUR 6,99

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Grand cru, 8 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tattoo You (CD)
Sorti en 1981, Tattoo You est le premier grand album des Stones pour la décennie maudite des années 80. Leur seul grand album des 80's, même. L'album est un peu particulier, car seulement deux chansons (Neighbours et Heaven) ont été enregistrées spécialement pour l'album, les neuf autres étant des chutes de studio issues des sessions d'enregistrement des albums précédents du groupe. Malgré cela, l'album est très réussi (sans pour autant être grandiose, il faut bien avouer qu'il est, quand même, de bonne qualité, nettement supérieur au précédent album, Emotional Rescue, et au suivant, Undercover), et on y trouve quelques très grandes chansons, notamment le hit Start Me Up, chanson qui, à la base, a été créée en 1975 pendant les sessions de Black And Blue (la chanson était très reggae à la base, mais la version rock telle qu'on la connaît date de l'enregistrement d'Emotional Rescue).

Worried About You (une de mes chansons préférées du groupe) et Slave datent aussi des sessions de Black And Blue, tandis que Black Limousine et Hang Fire (deux chansons, ma foi, plus que correctes) datent des sessions de Some Girls. Elles ont été retravaillées pendant l'enregistrement du disque suivant (Emotional Rescue donc). Little T&A date des sessions d'Emotional Rescue, et est interprétée par Keith Richards (qui a vraiment fait bien mieux, vocalement parlant), et le moyen No Use In Crying provient aussi des mêmes sessions. Les chansons les plus anciennes datent de 1972-1973, pendant les sessions jamaïcaines de Goats Head Soup, il s'agit de Waiting On A Friend et Tops. Bien entendu, période oblige, ce n'est pas Ron Wood mais Mick Taylor qui joue de la guitare avec Richards sur ces deux morceaux qui sont assez bons.

Très populaire et apprécié parmi les fans du groupe, Tattoo You, malgré son côté un peu décousu (rapport au fait que les morceaux datent de périodes différentes), malgré son statut d'album de chutes de studio, reste un des meilleurs crus stoniens de la décennie 80 avec Steel Wheels (1988). Supérieur à Steel Wheels, aussi. Les classiques sont là, Start Me Up et ce riff tueur, Worried About You, Neighbours, Hang Fire, et l'album est franchement intéressant et sympathique. Les fans apprécieront, et pour découvrir le groupe, c'est plutôt un excellent choix !


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