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Semper Victor "FB" (France)
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Louis XIV
Louis XIV
par Jean-Christian PETITFILS
Edition : Broché
Prix : EUR 29,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 « Je m'en vais, mais l'Etat demeurera toujours », 2 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Louis XIV (Broché)
Le « Louis XIV » de Jean-Christian Petitfils, biographie très complète de Louis XIV, se distingue par une analyse en profondeur des mécanismes du pouvoir royal. Réédité en prélude au 300e anniversaire de la mort du Roi Soleil, le livre de Petitfils combine les ingrédients classiques que l'on s'attend à trouver généralement dans les biographies consacrées aux rois de France - portrait du roi, récit de son enfance, analyse de son caractère et de son éducation, évocation de ses amours, de ses maîtresses, de son épouse et de sa famille ' et une étude éminemment politique des systèmes de gouvernement adoptés successivement par Louis XIV au cours de son règne exceptionnellement long (72 ans).

Pour l'auteur « la monarchie française apparaît-elle comme une monarchie trifonctionnelle, dotée d'un pouvoir à la fois fédérateur, diviseur et niveleur, sans qu'aucun de ces termes antinomiques ne puisse paraître l'emporter, au moins à courte échéance. Les écrivains et les historiens conservateurs ne verront que le premier aspect du système: la foisonnante diversité des corps, de leurs immunités et privilèges, et, au-dessus, le principe d'unité qui agit comme ciment sur les pierres d'un vieux mur (') Au contraire, les libéraux, derrière Tocqueville, mettront l'accent sur l'empiètement tentaculaire de la bureaucratie royale, le rôle destructeur de l'Etat, ce nouveau Minotaure qui se nourrit de la chair de la nation et annonce le pouvoir jacobin. Dans les deux cas, cette approche unidimensionnelle méconnaît la réalité trivalente du pouvoir. Celle-ci, pourtant, est indéniable : par exemple, le comportement du roi de France à l'égard de la noblesse, de sa noblesse. (') De cette noblesse, il est le rassembleur et le protecteur. Il veille jalousement à sa survie, au maintien des différences de rangs. Il tient à conserver la cloison qui la sépare des autres couches sociales, car la société élitiste est celle dans laquelle il vit, dont il partage pour une bonne part les valeurs et les comportements. Mais, en même temps, il élève contre elle le monde des offices, qu'il encourage dans ses revendications et ses aspirations (') Il divise pour régner, non par machiavélisme, mais parce que sa fonction le veut ainsi, par une nécessité inhérente à sa nature, par égoïsme bien compris ». A l'aide d'un texte très précis et de plusieurs « organigramme » schématiques, Petitfils met en lumière la formation de l'état moderne sous Louis XIV, avec l'âge du ministériat jusqu'en 1661 (mort de Mazarin), l'âge des clans jusqu'en 1691 (Colbert vs. Louvois) puis l'âge de la monarchie administrative ensuite. D'autres schémas illustrent les différentes sphères d'influence à la cour : cabale des seigneurs, cabale des ministres et cabale de Meudon en 1709 ; apparition du « petit troupeau des saints » autour du Duc de Bourgogne en 1711 ; opposition entre gallicans et dévots à la fin du règne. En marge du système, on constate « l'isolement du pouvoir royal, sa difficulté à appréhender les réalités concrètes, à synthétiser une information fiable et exhaustive. Cela tient aux distances, à la lenteur des communications, à l'autonomie laissée aux autorités sur le terrain, mais également à l'extrême discrétion de l'entourage royal. A moins d'avoir des informateurs personnels, Louis XIV ne savait que ce que ses ministres et secrétaires d'Etat voulaient bien lui dire. La monarchie absolue est un pouvoir fermé, davantage par la paralysie et l'impuissance que par le despotisme ».

Tout au long de l'ouvrage, Petitfils monte combien Louis XIV a œuvré sincèrement pour la grandeur de son pays, malgré une des erreurs qu'il a souvent comprises et regretté (guerre de Hollande, dévastation du Palatinat). Le Roi Soleil apparait au fil des pages comme un homme attachant que l'on peut parfois entrevoir derrière sa carapace, par exemple lors de l'hécatombe qui frappe sa famille en 1711-1712. Louis XIV est souvent mal compris par les hommes de son temps (hors de France). Il est aujourd'hui tout aussi caricaturé par ceux qui l'admirent que ceux qui le détestent, qui oublient de concert les réalités du XVIIe siècle du premier XVIIIe siècle. : « Le Dieu du Grand Siècle, ne l'oublions pas, c'est encore - malgré François de Sales, le saint de la douceur de Dieu, et tant d'autres - le Dieu implacable de l'Ancien Testament. Epreuves familiales, séditions, guerres ruineuses, défaites humiliantes, calamités et fléaux en tous genres peuvent s'abattre comme les sept plaies d'Egypte sur un royaume pour punir son mauvais souverain. Afin de châtier le méchant le Seigneur permet aux puissances du Mal de se déchaîner. Louis craint ces terribles perspectives. N'en doutons pas, la peur de la malédiction divine était, au plan politique, un puissant frein aux abus et aux détournements de pouvoir. A contrario, le scepticisme des Lumières, sur lequel s'appuie le « despotisme éclairé » - que l'on présente d'ordinaire comme un régime plus « moderne » et plus rationnel -, a contribué non pas à la limitation de l'arbitraire, mais à son extension. Il était sans doute plus pénible de vivre sous la botte de Frédéric II ou le knout de la Grande Catherine que sous la houlette du Roi Soleil ! ». Comme le rappelle l'auteur dans sa conclusion, Louis XIV n'a d'ailleurs jamais dit « L'Etat c'est moi ! », mais le contraire : « Je m'en vais, mais l'Etat demeurera toujours ».
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 5, 2015 11:51 PM MEST


Louis XIV
Louis XIV
par Jean-Christian PETITFILS
Edition : Poche
Prix : EUR 12,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 « Je m'en vais, mais l'Etat demeurera toujours », 2 juillet 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Louis XIV (Poche)
Le « Louis XIV » de Jean-Christian Petitfils, biographie très complète de Louis XIV, se distingue par une analyse en profondeur des mécanismes du pouvoir royal. Avec ses presque 800 pages (dans son format livre de poche), le livre de Petitfils combine les ingrédients classiques que l'on s'attend à trouver généralement dans les biographies consacrées aux rois de France - portrait du roi, récit de son enfance, analyse de son caractère et de son éducation, évocation de ses amours, de ses maîtresses, de son épouse et de sa famille ' et une étude éminemment politique des systèmes de gouvernement adoptés successivement par Louis XIV au cours de son règne exceptionnellement long (72 ans).

Pour l'auteur « la monarchie française apparaît-elle comme une monarchie trifonctionnelle, dotée d'un pouvoir à la fois fédérateur, diviseur et niveleur, sans qu'aucun de ces termes antinomiques ne puisse paraître l'emporter, au moins à courte échéance. Les écrivains et les historiens conservateurs ne verront que le premier aspect du système: la foisonnante diversité des corps, de leurs immunités et privilèges, et, au-dessus, le principe d'unité qui agit comme ciment sur les pierres d'un vieux mur (') Au contraire, les libéraux, derrière Tocqueville, mettront l'accent sur l'empiètement tentaculaire de la bureaucratie royale, le rôle destructeur de l'Etat, ce nouveau Minotaure qui se nourrit de la chair de la nation et annonce le pouvoir jacobin. Dans les deux cas, cette approche unidimensionnelle méconnaît la réalité trivalente du pouvoir. Celle-ci, pourtant, est indéniable : par exemple, le comportement du roi de France à l'égard de la noblesse, de sa noblesse. (') De cette noblesse, il est le rassembleur et le protecteur. Il veille jalousement à sa survie, au maintien des différences de rangs. Il tient à conserver la cloison qui la sépare des autres couches sociales, car la société élitiste est celle dans laquelle il vit, dont il partage pour une bonne part les valeurs et les comportements. Mais, en même temps, il élève contre elle le monde des offices, qu'il encourage dans ses revendications et ses aspirations (') Il divise pour régner, non par machiavélisme, mais parce que sa fonction le veut ainsi, par une nécessité inhérente à sa nature, par égoïsme bien compris » (page 145). A l'aide d'un texte très précis et de plusieurs « organigramme » schématiques, Petitfils met en lumière la formation de l'état moderne sous Louis XIV, avec l'âge du ministériat jusqu'en 1661 (mort de Mazarin), l'âge des clans jusqu'en 1691 (Colbert vs. Louvois) puis l'âge de la monarchie administrative ensuite. D'autres schémas illustrent les différentes sphères d'influence à la cour : cabale des seigneurs, cabale des ministres et cabale de Meudon en 1709 ; apparition du « petit troupeau des saints » autour du Duc de Bourgogne en 1711 ; opposition entre gallicans et dévots à la fin du règne. En marge du système, on constate « l'isolement du pouvoir royal, sa difficulté à appréhender les réalités concrètes, à synthétiser une information fiable et exhaustive. Cela tient aux distances, à la lenteur des communications, à l'autonomie laissée aux autorités sur le terrain, mais également à l'extrême discrétion de l'entourage royal. A moins d'avoir des informateurs personnels, Louis XIV ne savait que ce que ses ministres et secrétaires d'Etat voulaient bien lui dire. La monarchie absolue est un pouvoir fermé, davantage par la paralysie et l'impuissance que par le despotisme » (page 373).

Tout au long de l'ouvrage, Petitfils monte combien Louis XIV a œuvré sincèrement pour la grandeur de son pays, malgré une des erreurs qu'il a souvent comprises et regretté (guerre de Hollande, dévastation du Palatinat). Le Roi Soleil apparait au fil des pages comme un homme attachant que l'on peut parfois entrevoir derrière sa carapace, par exemple lors de l'hécatombe qui frappe sa famille en 1711-1712. Louis XIV est souvent mal compris par les hommes de son temps (hors de France). Il est aujourd'hui tout aussi caricaturé par ceux qui l'admirent que ceux qui le détestent, qui oublient de concert les réalités du XVIIe siècle du premier XVIIIe siècle. : « Le Dieu du Grand Siècle, ne l'oublions pas, c'est encore - malgré François de Sales, le saint de la douceur de Dieu, et tant d'autres - le Dieu implacable de l'Ancien Testament. Epreuves familiales, séditions, guerres ruineuses, défaites humiliantes, calamités et fléaux en tous genres peuvent s'abattre comme les sept plaies d'Egypte sur un royaume pour punir son mauvais souverain. Afin de châtier le méchant le Seigneur permet aux puissances du Mal de se déchaîner. Louis craint ces terribles perspectives. N'en doutons pas, la peur de la malédiction divine était, au plan politique, un puissant frein aux abus et aux détournements de pouvoir. A contrario, le scepticisme des Lumières, sur lequel s'appuie le « despotisme éclairé » - que l'on présente d'ordinaire comme un régime plus « moderne » et plus rationnel -, a contribué non pas à la limitation de l'arbitraire, mais à son extension. Il était sans doute plus pénible de vivre sous la botte de Frédéric II ou le knout de la Grande Catherine que sous la houlette du Roi Soleil ! » (page 222). Comme le rappelle l'auteur dans sa conclusion, Louis XIV n'a d'ailleurs jamais dit « L'Etat c'est moi ! », mais le contraire : « Je m'en vais, mais l'Etat demeurera toujours ».


La Ligne Rouge [Édition Digibook Collector + Livret]
La Ligne Rouge [Édition Digibook Collector + Livret]
DVD ~ Sean Penn
Prix : EUR 16,85

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 De la lumière à la poussière, 1 juillet 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Ligne Rouge [Édition Digibook Collector + Livret] (Blu-ray)
« La ligne rouge » est le troisième long-métrage de Terrence Malick, sorti en 1998, vingt années après son film précédent (« Les moissons du ciel »).

Le film, qui alterne des scènes quasi-contemplatives, commentées en voix-off par les acteurs du film qui expriment ainsi leurs pensées intérieures, et des scènes de guerre d'un réalisme impressionnant s'inscrit pleinement dans le style lumineux et énigmatique de Terrence Malick. En près de trois heures, « La ligne rouge » pose un regard interrogatif sur la guerre qui « transforme les hommes en chiens ». Le réalisateur, via ses héros, questionne sans cesse le sens de la vie, et illustre avec des images fortes, la violente et permanent compétition qui règne entre les espèces dans la nature avec celle que se livre les hommes entre eux : comment un monde aussi magnifique peut-il abriter dans ses fondements autant de violence ? Cette dualité du monde est par exemple mise en lumière via l'imbrication des scènes onirique pendant lesquelles le sergent Bell (Ben Chaplin) revoit les moments d'une extrême douceur passés aux côté de sa femme alors qu'il est confronté aux horreurs des combats.

Le scénario raconte l'engagement de la compagnie C du 1er bataillon du 27e régiment d'infanterie à Guadalcanal, pendant la Guerre du Pacifique. Il envisage le comportement, les réactions et le rôle de chacun face à la guerre, du général de division, au simple soldat, en passant par les sergents, les lieutenants, les capitaines ou le lieutenant-colonel. La façon dont Malick restitue la nature réelle de la guerre est fantastique. On y comprend les motivations et les préoccupations très différentes de chacun, tout au long de la chaîne de commandement qui va du général Quintard (John Travolta) au soldat Witt (Jim Cazaviel) qui se retrouve presque malgré lui comme le personnage central du film. On voit également dans le film les soldats japonais, mais aux travers des yeux des G.I. américains, sans jamais les comprendre ou percevoir leurs sentiments autrement que dans leurs yeux hagards ou dans les manifestations de leur peur ou de leur courage souvent aussi insensés l'un que l'autre.

Tant dans la forme - une réalisation au plus près des hommes, dans les hautes herbes des collines ondoyantes de Guadalcanal ou dans la jungle épaisse et humide de l'île - que dans le fond, « La ligne rouge » est un film génial et lumineux. La lumière justement, y tient un rôle capital, tant par l'espérance qu'elle représente pour les soldats collé au sol pour se protéger de l'ennemi, que dans la photo flamboyante qui caractérise tous les films des Terrence Malick. Cette lumière est discrètement mais magnifiquement soulignée par la bande son parfaite d'Hans Zimmer.

« La ligne rouge » est pour toutes ces raisons un chef d'œuvre au casting aussi prestigieux qu'improbable tant grands et seconds rôles sont tous tenus par d'immense acteurs (Nick Nolte, Sean Penn, John Cusak, Adren Brody, Woody Harreslon, Jared Leto, ou George Clooney pour n'en citer que quelques-uns). Réflexion profonde et intense sur la guerre, le film regarde la mort comme la vie dans le fond des yeux et sonde l'âme humaine avec toute la sensibilité et la lucidité que l'on retrouve de manière récurrente dans le travail de Terrence Malick.

La présente édition Collector Digibook se présente comme une indispensable édition « définitive » de ce grand film : version Blu-ray, version DVD, de très nombreux bonus sur le film, sa musique, sa réalisation et sur Guadalcanal et un très intéressant livret en couleur sur la « petite histoire » du film.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 1, 2015 9:48 PM MEST


Super Blonde [Blu-ray]
Super Blonde [Blu-ray]
DVD ~ Anna Faris
Prix : EUR 14,75

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 « La gentillesse, c'est l'amour qui met son bleu de travail », 28 juin 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Super Blonde [Blu-ray] (Blu-ray)
« Super Blonde » raconte l'alliance improbable entre une Shelley (Anna Faris), une Bunny Girl expulsée malgré elle du Manoir Play Boy de Hugh Hefner et Natalie (Emma Stone), la responsable d'une sororité étudiante Zeta qui rassemble tous les cas sociaux et les filles complexées du la fac.

Le film n'a aucune autre prétention que de faire rire. L'argument est simple : Shelley va apprendre à Natalie et ses amies de chez Zeta à devenir des filles populaires et sexy en devenant leur « matriarche », en retour, elles vont l'aider à ne plus être qu'une simple potiche qui se fait prendre en photo. La naïveté rafraichissante de Shelley, sa gentillesse sans arrière-pensée et se répliques désarmantes font généralement mouche. Le film ne sombre pas, et cela mérite d'être souligné, dans la vulgarité ou la facilité. Comme dirait Shelley : « la gentillesse, c'est l'amour qui met son bleu de travail ».

Avec des acteurs sympathiques, signalons au passage la présence du fils de Tom Hanks et la fille de Bruce Willis et Demi Moore, le film se joue des codes des comédies américaines de campus pour porter un regard plein de second degré sur l'ambiance festive des facs américaines.


Imitation Game [Blu-ray]
Imitation Game [Blu-ray]
DVD ~ Benedict Cumberbatch
Prix : EUR 19,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 « Parfois les personnes capables de rien sont celles capables de faire ce que personne n'aurait imaginé », 26 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Imitation Game [Blu-ray] (Blu-ray)
« Imitation game » aborde plusieurs sujets en un seul film. Le scénario traite de la vie d'Alan Turing (Benedict Cumberbatch), de la difficulté d'être à la fois un mathématicien de génie et un homosexuel dans l'Angleterre de la première moitié du XXe siècle, tout en prenant comme axe principal de l'intrigue l'épopée scientifique qui a abouti au décryptage du code d'Enigma pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le film est construit sur la base d'un récit entremêlé d'événements se déroulant au cours de trois périodes distinctes de la vie de Turing : le temps présent (1951), avec le cambriolage de l'appartement de Turing, désormais professeur à Cambridge, et l'enquête menée par la police à son sujet, le temps principal du film (de 1939 à 1945) consacré à l'équipe de cryptanalyse dirigée par Lering à Bletchley Park et à ses travaux sur Enigma, enfin des flash-back sur l'adolescence de Turing (1927). Parler de mathématique, raconter l'histoire d'un prodige en la matière et de la portée de ses recherches n'est jamais évident au cinéma. Le film de Morten Tyldum y parvient néanmoins en mettant l'accent sur la complexité des relations entre Lering, être asocial et obsédé par ses recherches, et son entourage. Le film met en lumière son attitude avec son chef, le commandant Denniston (Charles Dance), avec Menzies (Mark Strong) le patron du MI6, avec les membres de son équipe et avant tout avec la brillante mathématicienne et cryptologue Joan Clarke (Keira Knightley). Différent des autres, isolé par son intelligence et son homosexualité refoulée, Turing parvient faire avancer ses travaux, à l'origine de l'invention des ordinateurs, en grande partie grâce à son sens profond de la mission sur Enigma : écourter la guerre, sauver des vies et combattre la monstruosité nazie.

Sobre et efficace, presque trop convenu, « Imitation game » sert très bien son message à défaut de le sublimer : « parfois les personnes capables de rien sont celles capables de faire ce que personne n'aurait imaginé » affirme d'ailleurs Lering à plusieurs reprises, pour bien enfoncer le clou. La manière dont le film montre la mobilisation des scientifiques anglais pour craquer Enigma est plus réussie que la dénonciation, sur un mode très classique, de l'intolérance de la société britannique il y a 70 ans de cela. On aurait sans doute aussi aimé plus de détails sur le fond, pour comprendre un peu plus la manière dont les travaux de Turing sont venus à bout d'Enigma (les explications données étant vraiment très simplistes). L'interprétation, globalement de très grande qualité, rehausse enfin le niveau du film.

Note importante sur le Blu-ray : la qualité sonore de la VF est particulièrement mauvaise comparée à la VO et la version commentée pour malvoyants.' Le son est étouffé et sans relief et oblige à pousser plus qu'il ne le faudrait le volume. L'édition spéciale de la FNAC en ma possession propose un second disque avec documentaire très complet sur Enigma.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 5, 2015 5:54 PM MEST


Laudato si' : Encyclique sur l'écologie - La sauvegarde de la maison commune
Laudato si' : Encyclique sur l'écologie - La sauvegarde de la maison commune
par Pape François
Edition : Broché
Prix : EUR 4,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Prendre ce soin de ce monde que Dieu nous a confié, 26 juin 2015
Avec cette lettre encyclique intitulé « Loué sois-Tu (Laudato Si) » donné à Rome le 24 mai 2015, solennité de la Pentecôte, jamais l'Eglise n'aura autant donné l'impression de se fondre dans l'air du temps et de céder à la mode. Pourtant, une lecture attentive de ce texte de 200 pages nous prouve finalement le contraire : le pape François replace en effet l'écologie dans une vision globale et universelle de l'humanité, nous invitant à prendre nos responsabilités en tant que chrétiens, ou simplement en tant que personnes de bonne volonté, pour vivre avec simplicité et générosité, dans notre « maison commune », en accord avec les valeurs que nous ne cessons de proclamer, sans pour autant les appliquer au quotidien : «Il n'y a pas de frontières ni barrières politiques ou sociales qui permettent de nous isoler, et pour cela même il n'y a pas non plus de place pour la globalisation de l'indifférence ».

L'encyclique traite à la fois de la nature et des conséquences de la crise écologique, qui met en péril la Création, tout en proclamant un hymne à celle-ci. « Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2,7). Notre propre corps est constitué d'éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure », rappelle le Pape François, tout en soulignant la soumission croissante des hommes politiques aux technologies et au pouvoir financier. Cette perte de sens, ce relativisme, cet individualisme égoïste, le Souverain pontife la dénonce avec vigueur comme la source majeure des problèmes de notre temps : « l'humanité post-moderne n'a pas trouvé une nouvelle conception d'elle-même qui puisse l'orienter, et ce manque d'identité est vécu avec angoisse. Nous possédons trop de moyens pour des fins limités et rachitiques ». Mais, le pape François s'inquiète aussi des orientations prises par ceux qui prétendent corriger les désordres du monde : « il est préoccupant que certains mouvements écologistes qui défendent l'intégrité de l'environnement et exigent avec raison certaines limites à la recherche scientifique, n'appliquent pas parfois ces même principes à la vie humaine. En général, on justifie le dépassement de toutes les limites quand on fait des expérimentations sur les embryons humains vivants. On oublie que la valeur inaliénable de l'être humain va bien au-delà de son degré de développement. Du reste quand la technique ignore les grands principes éthiques, elle finit par se considérer comme légitime n'importe quelle pratique ».

Le ton de l'encyclique est particulièrement sévère vis-à-vis de ceux qui nous gouvernent. Le Souverain pontife met véritablement les points sur les i en évoquant « le drame de l'immédiateté politique, soutenue par des populations consuméristes, conduit à la nécessité de produire de la croissance à court terme. Répondant à des intérêts électoraux, les gouvernements ne prennent pas facilement le risque de mécontenter la population avec des mesures qui peuvent affecter le niveau de consommation ou mettre en péril des investissements étrangers. La myopie de la logique du pouvoir ralentit l'intégration de l'agenda environnemental aux vues larges, dans l'agenda public des gouvernements » (page 136). Il préconise ensuite une véritable « conversion écologique » et une « écologie intégrale » qui ne peut donc être que globale ' politique, sociale et environnementale - et s'appuie sur un nouveau mode d'organisation et de vie. Il nous rappelle que les créatures de ce monde ne peuvent pas être considérées comme un bien sans propriétaire : « tout est à toi, Maître, ami de la vie (Sg 11, 26) » et met en avant le message de bon sens des textes bibliques et le modèle que constitue l'Incarnation : « Jésus travaillait de ses mains la matière créée par Dieu pour lui donner forme avec son habileté d'artisan. Il est frappant que la plus grande partie de sa vie ait été consacrée à cette tâche, dans une existence simple qui ne suscitait aucune admiration. N'est-il pas le charpentier, le fils le Marie (Mc, 6,3). Il a sanctifié de cette manière le travail et lui a conféré une valeur particulière pour notre maturation ».

François mise donc sur un autre style de vie et une éducation pour l'alliance en l'humanité et l'environnement. Il faut pour cela « entendre chaque créature chanter l'hymne de son existence, c'est vivre joyeusement dans l'amour de Dieu et dans l'espérance » (page 69) et prendre conscience que « les Sacrements sont un mode privilégié de la manière dont la nature est assumée par Dieu et devient médiation de la vie surnaturelle. A travers le culte, nous sommes invités à embrasser le monde à un niveau différent ».

Reprenant et réexpliquant la portée de certaines vérités déjà énoncées dans « Evangelii gaudium » comme « la réalité est supérieur à l'idée », « l'unité est supérieur au conflit » ou « le temps est supérieur à l'espace », le Souverain pontife s'inscrit dans les lignée de celui qui lui a inspiré son nom, Saint François d'Assise : « Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures ».


Loué sois-tu. Lettre encyclique Laudato si' sur l'écologie
Loué sois-tu. Lettre encyclique Laudato si' sur l'écologie
par Pape François
Edition : Broché
Prix : EUR 4,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Prendre soin de ce monde que Dieu nous a confié, 26 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Loué sois-tu. Lettre encyclique Laudato si' sur l'écologie (Broché)
Avec cette lettre encyclique intitulé « Loué sois-Tu (Laudato Si) » donné à Rome le 24 mai 2015, solennité de la Pentecôte, jamais l'Eglise n'aura autant donné l'impression de se fondre dans l'air du temps et de céder à la mode. Pourtant, une lecture attentive de ce texte de 200 pages nous prouve finalement le contraire : le pape François replace en effet l'écologie dans une vision globale et universelle de l'humanité, nous invitant à prendre nos responsabilités en tant que chrétiens, ou simplement en tant que personnes de bonne volonté, pour vivre avec simplicité et générosité, dans notre « maison commune », en accord avec les valeurs que nous ne cessons de proclamer, sans pour autant les appliquer au quotidien : «Il n'y a pas de frontières ni barrières politiques ou sociales qui permettent de nous isoler, et pour cela même il n'y a pas non plus de place pour la globalisation de l'indifférence ».

L'encyclique traite à la fois de la nature et des conséquences de la crise écologique, qui met en péril la Création, tout en proclamant un hymne à celle-ci. « Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2,7). Notre propre corps est constitué d'éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure », rappelle le Pape François, tout en soulignant la soumission croissante des hommes politiques aux technologies et au pouvoir financier. Cette perte de sens, ce relativisme, cet individualisme égoïste, le Souverain pontife la dénonce avec vigueur comme la source majeure des problèmes de notre temps : « l'humanité post-moderne n'a pas trouvé une nouvelle conception d'elle-même qui puisse l'orienter, et ce manque d'identité est vécu avec angoisse. Nous possédons trop de moyens pour des fins limités et rachitiques ». Mais, le pape François s'inquiète aussi des orientations prises par ceux qui prétendent corriger les désordres du monde : « il est préoccupant que certains mouvements écologistes qui défendent l'intégrité de l'environnement et exigent avec raison certaines limites à la recherche scientifique, n'appliquent pas parfois ces même principes à la vie humaine. En général, on justifie le dépassement de toutes les limites quand on fait des expérimentations sur les embryons humains vivants. On oublie que la valeur inaliénable de l'être humain va bien au-delà de son degré de développement. Du reste quand la technique ignore les grands principes éthiques, elle finit par se considérer comme légitime n'importe quelle pratique ».

Le ton de l'encyclique est particulièrement sévère vis-à-vis de ceux qui nous gouvernent. Le Souverain pontife met véritablement les points sur les i en évoquant « le drame de l'immédiateté politique, soutenue par des populations consuméristes, conduit à la nécessité de produire de la croissance à court terme. Répondant à des intérêts électoraux, les gouvernements ne prennent pas facilement le risque de mécontenter la population avec des mesures qui peuvent affecter le niveau de consommation ou mettre en péril des investissements étrangers. La myopie de la logique du pouvoir ralentit l'intégration de l'agenda environnemental aux vues larges, dans l'agenda public des gouvernements » (page 136). Il préconise ensuite une véritable « conversion écologique » et une « écologie intégrale » qui ne peut donc être que globale ' politique, sociale et environnementale - et s'appuie sur un nouveau mode d'organisation et de vie. Il nous rappelle que les créatures de ce monde ne peuvent pas être considérées comme un bien sans propriétaire : « tout est à toi, Maître, ami de la vie (Sg 11, 26) » et met en avant le message de bon sens des textes bibliques et le modèle que constitue l'Incarnation : « Jésus travaillait de ses mains la matière créée par Dieu pour lui donner forme avec son habileté d'artisan. Il est frappant que la plus grande partie de sa vie ait été consacrée à cette tâche, dans une existence simple qui ne suscitait aucune admiration. N'est-il pas le charpentier, le fils le Marie (Mc, 6,3). Il a sanctifié de cette manière le travail et lui a conféré une valeur particulière pour notre maturation ».

François mise donc sur un autre style de vie et une éducation pour l'alliance en l'humanité et l'environnement. Il faut pour cela « entendre chaque créature chanter l'hymne de son existence, c'est vivre joyeusement dans l'amour de Dieu et dans l'espérance » (page 69) et prendre conscience que « les Sacrements sont un mode privilégié de la manière dont la nature est assumée par Dieu et devient médiation de la vie surnaturelle. A travers le culte, nous sommes invités à embrasser le monde à un niveau différent ».

Reprenant et réexpliquant la portée de certaines vérités déjà énoncées dans « Evangelii gaudium » comme « la réalité est supérieur à l'idée », « l'unité est supérieur au conflit » ou « le temps est supérieur à l'espace », le Souverain pontife s'inscrit dans les lignée de celui qui lui a inspiré son nom, Saint François d'Assise : « Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures ».


Loué sois-tu. Laudato si
Loué sois-tu. Laudato si
par Pape François
Edition : Broché
Prix : EUR 4,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Prendre ce soin de ce monde que Dieu nous a confié, 26 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Loué sois-tu. Laudato si (Broché)
Avec cette lettre encyclique intitulé « Loué sois-Tu (Laudato Si) » donné à Rome le 24 mai 2015, solennité de la Pentecôte, jamais l'Eglise n'aura autant donné l'impression de se fondre dans l'air du temps et de céder à la mode. Pourtant, une lecture attentive de ce texte de 200 pages nous prouve finalement le contraire : le pape François replace en effet l'écologie dans une vision globale et universelle de l'humanité, nous invitant à prendre nos responsabilités en tant que chrétiens, ou simplement en tant que personnes de bonne volonté, pour vivre avec simplicité et générosité, dans notre « maison commune », en accord avec les valeurs que nous ne cessons de proclamer, sans pour autant les appliquer au quotidien : «Il n'y a pas de frontières ni barrières politiques ou sociales qui permettent de nous isoler, et pour cela même il n'y a pas non plus de place pour la globalisation de l'indifférence ».

L'encyclique traite à la fois de la nature et des conséquences de la crise écologique, qui met en péril la Création, tout en proclamant un hymne à celle-ci. « Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2,7). Notre propre corps est constitué d'éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure », rappelle le Pape François, tout en soulignant la soumission croissante des hommes politiques aux technologies et au pouvoir financier. Cette perte de sens, ce relativisme, cet individualisme égoïste, le Souverain pontife la dénonce avec vigueur comme la source majeure des problèmes de notre temps : « l'humanité post-moderne n'a pas trouvé une nouvelle conception d'elle-même qui puisse l'orienter, et ce manque d'identité est vécu avec angoisse. Nous possédons trop de moyens pour des fins limités et rachitiques ». Mais, le pape François s'inquiète aussi des orientations prises par ceux qui prétendent corriger les désordres du monde : « il est préoccupant que certains mouvements écologistes qui défendent l'intégrité de l'environnement et exigent avec raison certaines limites à la recherche scientifique, n'appliquent pas parfois ces même principes à la vie humaine. En général, on justifie le dépassement de toutes les limites quand on fait des expérimentations sur les embryons humains vivants. On oublie que la valeur inaliénable de l'être humain va bien au-delà de son degré de développement. Du reste quand la technique ignore les grands principes éthiques, elle finit par se considérer comme légitime n'importe quelle pratique ».

Le ton de l'encyclique est particulièrement sévère vis-à-vis de ceux qui nous gouvernent. Le Souverain pontife met véritablement les points sur les i en évoquant « le drame de l'immédiateté politique, soutenue par des populations consuméristes, conduit à la nécessité de produire de la croissance à court terme. Répondant à des intérêts électoraux, les gouvernements ne prennent pas facilement le risque de mécontenter la population avec des mesures qui peuvent affecter le niveau de consommation ou mettre en péril des investissements étrangers. La myopie de la logique du pouvoir ralentit l'intégration de l'agenda environnemental aux vues larges, dans l'agenda public des gouvernements » (page 136). Il préconise ensuite une véritable « conversion écologique » et une « écologie intégrale » qui ne peut donc être que globale ' politique, sociale et environnementale - et s'appuie sur un nouveau mode d'organisation et de vie. Il nous rappelle que les créatures de ce monde ne peuvent pas être considérées comme un bien sans propriétaire : « tout est à toi, Maître, ami de la vie (Sg 11, 26) » et met en avant le message de bon sens des textes bibliques et le modèle que constitue l'Incarnation : « Jésus travaillait de ses mains la matière créée par Dieu pour lui donner forme avec son habileté d'artisan. Il est frappant que la plus grande partie de sa vie ait été consacrée à cette tâche, dans une existence simple qui ne suscitait aucune admiration. N'est-il pas le charpentier, le fils le Marie (Mc, 6,3). Il a sanctifié de cette manière le travail et lui a conféré une valeur particulière pour notre maturation ».

François mise donc sur un autre style de vie et une éducation pour l'alliance en l'humanité et l'environnement. Il faut pour cela « entendre chaque créature chanter l'hymne de son existence, c'est vivre joyeusement dans l'amour de Dieu et dans l'espérance » (page 69) et prendre conscience que « les Sacrements sont un mode privilégié de la manière dont la nature est assumée par Dieu et devient médiation de la vie surnaturelle. A travers le culte, nous sommes invités à embrasser le monde à un niveau différent ».

Reprenant et réexpliquant la portée de certaines vérités déjà énoncées dans « Evangelii gaudium » comme « la réalité est supérieur à l'idée », « l'unité est supérieur au conflit » ou « le temps est supérieur à l'espace », le Souverain pontife s'inscrit dans les lignée de celui qui lui a inspiré son nom, Saint François d'Assise : « Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures ».


Loué Sois-Tu -- Laudato Si. Sur la sauvegarde de la maison commune -- Lettre encyclique du Souverain Pontife François
Loué Sois-Tu -- Laudato Si. Sur la sauvegarde de la maison commune -- Lettre encyclique du Souverain Pontife François
par Pape François
Edition : Broché
Prix : EUR 3,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Prendre ce soin de ce monde que Dieu nous a confié, 26 juin 2015
Avec cette lettre encyclique intitulé « Loué sois-Tu (Laudato Si) » donné à Rome le 24 mai 2015, solennité de la Pentecôte, jamais l'Eglise n'aura autant donné l'impression de se fondre dans l'air du temps et de céder à la mode. Pourtant, une lecture attentive de ce texte de 200 pages nous prouve finalement le contraire : le pape François replace en effet l'écologie dans une vision globale et universelle de l'humanité, nous invitant à prendre nos responsabilités en tant que chrétiens, ou simplement en tant que personnes de bonne volonté, pour vivre avec simplicité et générosité, dans notre « maison commune », en accord avec les valeurs que nous ne cessons de proclamer, sans pour autant les appliquer au quotidien : «Il n'y a pas de frontières ni barrières politiques ou sociales qui permettent de nous isoler, et pour cela même il n'y a pas non plus de place pour la globalisation de l'indifférence » (page 45).

L'encyclique traite à la fois de la nature et des conséquences de la crise écologique, qui met en péril la Création, tout en proclamant un hymne à celle-ci. « Nous oublions que nous-mêmes, nous sommes poussière (cf. Gn 2,7). Notre propre corps est constitué d'éléments de la planète, son air nous donne le souffle et son eau nous vivifie comme elle nous restaure » (page 7), rappelle le Pape François, tout en soulignant la soumission croissante des hommes politiques aux technologies et au pouvoir financier. Cette perte de sens, ce relativisme, cet individualisme égoïste, le Souverain pontife la dénonce avec vigueur comme la source majeure des problèmes de notre temps : « l'humanité post-moderne n'a pas trouvé une nouvelle conception d'elle-même qui puisse l'orienter, et ce manque d'identité est vécu avec angoisse. Nous possédons trop de moyens pour des fins limités et rachitiques » (page 154). Mais, le pape François s'inquiète aussi des orientations prises par ceux qui prétendent corriger les désordres du monde : « il est préoccupant que certains mouvements écologistes qui défendent l'intégrité de l'environnement et exigent avec raison certaines limites à la recherche scientifique, n'appliquent pas parfois ces même principes à la vie humaine. En général, on justifie le dépassement de toutes les limites quand on fait des expérimentations sur les embryons humains vivants. On oublie que la valeur inaliénable de l'être humain va bien au-delà de son degré de développement. Du reste quand la technique ignore les grands principes éthiques, elle finit par se considérer comme légitime n'importe quelle pratique » (page 107).

Le ton de l'encyclique est particulièrement sévère vis-à-vis de ceux qui nous gouvernent. Le Souverain pontife met véritablement les points sur les i en évoquant « le drame de l'immédiateté politique, soutenue par des populations consuméristes, conduit à la nécessité de produire de la croissance à court terme. Répondant à des intérêts électoraux, les gouvernements ne prennent pas facilement le risque de mécontenter la population avec des mesures qui peuvent affecter le niveau de consommation ou mettre en péril des investissements étrangers. La myopie de la logique du pouvoir ralentit l'intégration de l'agenda environnemental aux vues larges, dans l'agenda public des gouvernements » (page 136). Il préconise ensuite une véritable « conversion écologique » et une « écologie intégrale » qui ne peut donc être que globale ' politique, sociale et environnementale - et s'appuie sur un nouveau mode d'organisation et de vie. Il nous rappelle que les créatures de ce monde ne peuvent pas être considérées comme un bien sans propriétaire : « tout est à toi, Maître, ami de la vie (Sg 11, 26) » (page 72) et met en avant le message de bon sens des textes bibliques et le modèle que constitue l'Incarnation : « Jésus travaillait de ses mains la matière créée par Dieu pour lui donner forme avec son habileté d'artisan. Il est frappant que la plus grande partie de sa vie ait été consacrée à cette tâche, dans une existence simple qui ne suscitait aucune admiration. N'est-il pas le charpentier, le fils le Marie (Mc, 6,3). Il a sanctifié de cette manière le travail et lui a conféré une valeur particulière pour notre maturation » (page 79).

François mise donc sur un autre style de vie et une éducation pour l'alliance en l'humanité et l'environnement. Il faut pour cela « entendre chaque créature chanter l'hymne de son existence, c'est vivre joyeusement dans l'amour de Dieu et dans l'espérance » (page 69) et prendre conscience que « les Sacrements sont un mode privilégié de la manière dont la nature est assumée par Dieu et devient médiation de la vie surnaturelle. A travers le culte, nous sommes invités à embrasser le monde à un niveau différent » (page 174).

Reprenant et réexpliquant la portée de certaines vérités déjà énoncées dans « Evangelii gaudium » comme « la réalité est supérieur à l'idée », « l'unité est supérieur au conflit » ou « le temps est supérieur à l'espace », le Souverain pontife s'inscrit dans les lignée de celui qui lui a inspiré son nom, Saint François d'Assise : « Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures ».


TaoTronics ® Lampe de bureau,de lecture, de table, bras rotatif, non scintillement, (argent et noir, aluminium)
TaoTronics ® Lampe de bureau,de lecture, de table, bras rotatif, non scintillement, (argent et noir, aluminium)
Proposé par Sunvalley-FR
Prix : EUR 100,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une lampe pour (grand) bureau, 23 juin 2015
Dès son installation, cette lampe TaoTronics m'a semblé trop grande, avec son très long bras articulé, pour l'usage que j'aurai souhaité en faire. Son design, très moderne, ses couleurs (gris métal et noir) en font un objet mieux adapté au milieu professionnel qu'à un intérieur chaleureux. Elle a besoin d'espace et le fait savoir...

Le cache qui recouvre la lampe LED est en plastique et ne dégage pas plus une impression de qualité que de solidité, de même que les fragiles vis de serrage qui servent à bloquer le bras dans la position souhaitée. L'interrupteur, placé sur la tête de l'abat-jour, n'est guère élégant. Seul la base de la lampe, très lourde et très stable, inspire réellement confiance.

Le point fort de ce produit vient sans aucun doute de sa lampe LED 6W qui procure un très bon éclairage, à la fois économique et performant, bien canalisé et facilement orientable. Il s'agit néanmoins pour moi d'un réelle déception par rapport à d'autres modèles de lampes du même fabriquant.


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