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le dernier carré
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Omoide Poroporo (Only yesterday)
Omoide Poroporo (Only yesterday)
DVD ~ Mayumi Iizuka
Prix : EUR 9,99

5.0 étoiles sur 5 Perle cachée, 1 mai 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Omoide Poroporo (Only yesterday) (DVD)
Quelle perte que l’arrêt des studios Ghibli ! On ne verra plus des perles comme celle-ci, tournée en 1991 par le grand Isao Takahata. Un dessin de toute beauté, une histoire simple et belle, des trouvailles, de l’émotion, une sérénité apaisante, une humanité intacte et un hymne au monde rural, échange entre l’homme et la nature, du Japon comme – si l’on aime extrapoler – ailleurs.

Parmi les trouvailles, cette magnifique séquence documentaire consacrée à la fleur de carthame, recherchée par les teinturiers. Magnifique séquence également : le spectacle de théâtre donné par les enfants. Enfin, une bande originale surprenante.

Je crois qu’on peut le dire : ce film, réalisé juste après Le tombeau des lucioles, est certainement un des plus beaux d’Isao Takahata. Accessible dès 8 ans, si les enfants maîtrisent la VO (comme ils le devraient !), car le DVD ne comporte pas de VF.


Comédie française: Choses vues au coeur du pouvoir
Comédie française: Choses vues au coeur du pouvoir
par Georges-Marc Benamou
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

4.0 étoiles sur 5 Regard dans les coulisses du pouvoir, 1 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Comédie française: Choses vues au coeur du pouvoir (Broché)
Les politiques devraient se méfier de ceux qu’ils éconduisent, les femmes comme les courtisans. Car tôt ou tard viendra l’heure des règlements de compte. Georges-Marc Benamou a été de ces courtisans (dit-on, lui s’en défend), du moins des collaborateurs proches, très proches même, de Nicolas Sarkozy. Vint l’heure de sa disgrâce et de son exil, traversée du désert au bout de laquelle ce féru d’Histoire et d’histoires de la République nous laisse ce témoignage, un de plus mais qui n’en perd pour autant ni sa valeur ni sa saveur, des mœurs de la République, et en particulier de celui qui voulait en incarner la Rupture.

Même si une partie de l’ouvrage est consacrée au plaidoyer pro domo obligé, il faut bien panser ses plaies, cette chronique de l’hyper-présidence laisse pantois et passablement inquiétant quant à la qualité de ceux qui nous gouvernent et de ce qui peut se tramer dans les coulisses.


La French [Édition Double]
La French [Édition Double]
DVD ~ Jean Dujardin
Prix : EUR 13,99

Aucun internaute (sur 3) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Tout juste..., 1 avril 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La French [Édition Double] (DVD)
Un énième film de gangsters marseillais. Alors, quel intérêt à celui-ci ? L’unique intérêt (largement suffisant pour certain(e)s, on peut le comprendre) d’arborer en tête d’affiche l’excellent Jean Dujardin, acteur hors pair capable de balayer tous les spectres de jeu, de la comédie au drame, du film d’action au psychologique. Toute la gamme y passe ici : il est impeccable.

A part cela, et à part le fait de mettre en scène le versant français du mythique French Connection de William Friedkin, il n’y a pas grand chose de nouveau dans le monde viril des gangsters urbains. La mise en scène efficace de Cédric Jimenez propose certes quelques jolies séquences (et pas seulement d’action), mais le film est beaucoup trop long et aurait mérité un montage plus sélectif.

Au-dessus de la moyenne, mais tout juste.


White Bird
White Bird
Proposé par CINEBOX
Prix : EUR 13,91

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Bizarre, positivement, 21 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : White Bird (DVD)
Adapté d’un roman de Laura Kasischke (avec lequel le réalisateur a pris quelques libertés), White Bird semble un mix de David Lynch et de John Waters.

David Lynch pour le mystère (à la Twin Peaks) et l’ambiguité, le côté glamour des personnages féminins principaux (Shailene Woodley, excellente comme à chacun de ses films car « vraie » et toujours émouvante, et Eva Green, très à l’aise dans un personnage à la Joan Crawford mais trop conforme à ses dernières apparitions au cinéma).

John Waters pour la galerie de personnages secondaires (en particulier le père moustachu, les amours et les meilleurs amis – parmi lesquels la massive Gabourey Sidibe de Precious) et l’ambiance étriquée d’une zone pavillonnaire dans une petite ville de province.

L’axe principal du film est le rapport conflictuel d’une fille à sa mère. Cette dernière va disparaître et c’est dans la résolution de cette disparition que sa fille va dépasser son rapport à sa mère et naître à elle-même.

L’enjeu, plus que dans l’intrigue proprement dite, est dans l’ambiance étriquée – très années 50, soulignée par des intérieurs dignes de sitcoms, parti-pris certainement volontaire, en fait, comme si la vie s’était arrêtée. La disparition mystérieuse et sa résolution viennent donner une dynamique supplémentaire à l’étrangeté de cette ambiance, démonstration très fidèle à l’esprit du New Queer Cinema dont Gregg Araki est un protagoniste éminent.


L'Ultime auberge
L'Ultime auberge
par Imre Kertész
Edition : Broché
Prix : EUR 22,80

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Triste fin, 17 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ultime auberge (Broché)
J'ai lu presque tous les livres d'Imre Kertesz. Je l'avais remarqué dès Kaddish, texte époustouflant, et je tiens Etre sans destin pour un monument de la littérature de la seconde partie du XXème siècle. Je comprends sa fidélité à sa judéité et l'ancrage de son œuvre dans la Shoah.

Néanmoins, l'âge venant, le Prix Nobel hongrois s'est refermé sur ce qui constitue le cœur, l'âme vive de son identité : Auschwitz. Obsédé par Auschwitz (au point de tenir en piètre estime le « concurrent » Primo Levi), il est tout aussi obsédé par l'antisémitisme, qu'il voit de nouveau déferler sur l'Europe. Si l'on peut partager son appréhension au sujet de la Hongrie ' dont on a vu et déploré l'évolution ' je ne peux qu'émettre des réserves et des regrets sur sa façon de concevoir l'antisémitisme qu'il voit en Occident et qu'il identifie, aveuglement ou mauvaise foi coutumière des faucons, à toute prise de position critique vis-à-vis des agissements de l'Etat israélien.

J'avais du respect pour Imre Kertész, presque de la vénération, mais je dois me rendre à l'évidence, tout en comprenant quelques fulgurances (surtout dans les 60-70 premières pages), ce journal ne plaide pas en sa faveur. Certes, il y a la progression poignante de la déchéance d'un homme rongé à la fois par ses doutes et par la maladie de Parkinson. Mais il y a surtout un texte sans générosité, orienté par un égocentrisme monumental construit autour de son identité juive et par un narcissisme assiégé par le doute et la paranoïa. Ce n'est pas parce qu'il reconnaît ses défauts ou qu'il les met en scène qu'il les atténue (p. 176 : « Je crois être un homme mauvais qui ne se soucie même plus de passer pour un homme bon. »).

Mais venons-en au fait, au texte lui-même et à mes griefs.

Ce Journal traite de la période 2001-2009, dont la première partie avait déjà été couverte par Sauvegarde.

L'homme vieillissant (72 ans au début de ce livre ' est-ce vraiment vieux ? on peut relativiser lorsque l'on est pas soi-même concerné) se referme sur son identité, s'arcboute sur ce qui l'a constitué et fondé son destin.

Il vitupère, aigri. Peu trouvent grâce à ces yeux. Kafka, Nietzsche, Dorst, Unseld, Thomas Bernhard (de l'aveu même d'IK, spiritus rector du Kaddish et du Drapeau anglais, les pages conclusives du texte sont du pur Thomas Bernhard), Améry, Sebald, en musique Mahler et Debussy, Barenboïm, Schönberg.

Allers-retours Berlin (où il s'est établi) ' Budapest, travail (discours, Liquidation, Dossier K., adaptation cinématographique d'Etre sans destin), lectures publiques, obligations post-Nobel, son amitié contrariée avec Ligeti, cancer de sa compagne, vie conjugale, observations urbaines, son Parkinson, commentaire de ses ouvrages. Journal sans dates, mais on identifie aisément.

Le meilleur de son livre : le doute, une certaine forme d'amertume. Le moins bon : l'obsession de l'antisémitisme dans lequel s'est mué son Auschwitz-centrisme. Cela commence p.71 : « L'antisémitisme tenu en bride pendant longtemps remonte du bourbier de l'inconscient, comme une éruption de lave et de soufre. »

Le pire : sa paranoïa de l'antisémitisme, à l'aune duquel il juge toute manifestation critique envers Israël. Il adopte le sophisme de base : Israël est la cause ; les Juifs sont la cause d'Israël ; donc les Juifs sont la cause. Tellement élémentaire et tellement facile, indigne de l'écrivain et de ses grands livres d'antan. Evidemment, si des Juifs critiquent Israël, on retrouve l'argument habituel de la haine de soi. Mieux, p. 74 : « Les nombreux juifs internationaux qui se retournent contre Israël, rageurs, écumants, pour échapper à la haine [c'est moi qui souligne] qui s'abat sur les juifs. »

Monomaniaque, il ajoute, p. 74 : « Je suis presque curieux de savoir ce qu'ils vont inventer après Auschwitz. »

Il éructe encore et toujours contre ceux qu'il accuse de peur et de haine de soi, donc de mauvais goût. P. 87, on peut lire ceci : « Je voudrais poser une question à ces juifs pieux et stupides qui se renient eux-mêmes et vomissent des insultes contre Israël : « En quoi est-ce que ça te gêne, espèce de crétin ? ['] » J'en arrive à conclure que le juif d'Europe est effectivement un personnage nuisible qui déteste voir des armes de défense entre les armes de juifs et voit dans sa propre extermination l'unique solution à sa vie vécue avec une conscience abjecte et confuse. Il ne s'arrêtera pas tant qu'il n'aura pas atteint son but, tant qu'il n'aura pas été déporté dans un nouvel Auschwitz, battu, dépouillé, tant qu'il n'aura pas creusé sa propre tombe, etc. »

De l'antisémitisme, on passe fatalement et fort logiquement à son appréciation de ceux qui sont la cause de toute cette critique envers l'Etat d'Israël. Allons-y gaiement ! Haro ! « Je dirais comment les musulmans envahissent l'Europe, se l'accaparent, bref, la détruisent » (p. 176), « Les peuples vaincus ont besoin de s'attaquer à quelqu'un pour que leur âme abjecte trouve une compensation. » (p. 217), « la puissance orientale la plus indigne (les Palestiniens) » (p. 245)

Enfin, que penser de cette phrase ignoble, ouvertement raciste, p. 173 ? : « Le vol du soir est rempli d'Arabes miséreux en route pour le Proche-Orient, qui font escale à Budapest. Familles bizarres, misérables, avec des femmes, des enfants à grosse tête qui poussent des cris agressifs ; au lieu d'avoir le cœur fendu, je les associe aux bombes et à la terreur. » Il ajoute : « L'Europe périra bientôt à cause de son libéralisme puéril et suicidaire. »

Je me sens abandonné par un esprit auquel je croyais. Un piédestal est vide. Moi aussi, je suis tombé de haut. Tristesse.


Bête à bon dieu: Une enquête de Lew Griffin
Bête à bon dieu: Une enquête de Lew Griffin
par James Sallis
Edition : Poche
Prix : EUR 7,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Au-delà du polar, polar de l'au-delà, 1 mars 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bête à bon dieu: Une enquête de Lew Griffin (Poche)
« Goutte après goutte au fond du cœur, la douleur de la douleur remémorée nous revient. La mémoire vous plaque au sol tandis que le regret et le chagrin vous tabassent à mort. Des minutes comme des cerises mûres, tombent de mes flancs. »

Avec Bête à bon dieu se conclut le cycle des enquêtes de Lew Griffin, conclusion somptueuse, blues et jazzy, à une série très noire, mélancolique, désespérée, érudite (ici, ouverture avec rien moins qu’Apollinaire, autant dire aux antipodes des chemins battus aux Etats-Unis), humaniste. Ce dernier volet plane loin au-dessus de la série noire habituelle, bien plus vers la grande littérature.

Du grand, du très grand Sallis. Allez, encore une rasade ? Chapitre 9, page 70 (hommage aux traducteurs, qui ont fait un superbe boulot) :

« Les choses sont le reflet silencieux de l’âme, disait Walter de la Mare, l’un de ces innombrables auteurs oubliés. Et Whitman, que les choses, les objets constituent un monde cohérent en soi, les « muets et magnifiques ministres de la réalité. »

Tel est en tout cas leur devenir lorsque vous avez bu. Vous contemplez pendant des heures les ombres des palmiers ou des bananiers qui dodelinent de la tête, se balancent et balaient de leurs ailes le mur à côté de votre lit, avec une créativité que vous devriez être en train d’exercer. Les serviettes jetées sur le sol près de la baignoire semblent soudainement receler à la fois une grande beauté et des codes jusqu’alors non suspectés, des connaissance tout juste hors de portée, les plis et les convolutions des serviettes reproduisant ceux de votre esprit, comme un disque phonographique le fait du son.

Boire, c’est aussi s’échouer sans vivres sur l’îlot du moi. Comme la plupart de ses promesses, le serment de fraternité de l’alcool, qui anéantira les fossés entre votre vie et celle des autres et adoucira le chemin, se révèle faux. Nouvelle erreur : vous êtes seul. Le chemin demeure traître - des pierres sur votre passage, comme dirait Robert Johnson. Et pas une seule autre trace de pas sur toute l’île. »

Chaque livre est comme une île. De celle-ci, on n’a pas vite fait le tour.


Un été sans les hommes
Un été sans les hommes
par Siri Hustvedt
Edition : Broché
Prix : EUR 7,70

5.0 étoiles sur 5 Femme, soeur, mère, amante, 26 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un été sans les hommes (Broché)
Que dire de plus, alors que trente-huit autres commentateurs ont laissé ici leur témoignage ? Il me semble d’abord important de dire que ce très beau texte est un vrai livre féministe, non pas au sens d’un ouvrage militant, de combat et de règlements de comptes mais un livre qui témoigne au féminin de l’état de la femme aujourd’hui (dans le milieu socio-culturel blanc, protestant et de classes moyennes supérieures des Etats-Unis), et qu’il le fait avec autant de sensibilité que d’intelligence.

Ce texte ne s’adresse pas aux seules femmes. Bien au contraire, tout comme il prend ancrage sur une crise conjugale, ce texte est autant un retour sur soi qu’il est une adresse aux hommes, un appel au partage.

Le récit de Siri Hustvedt est habité par la poésie, le pouvoir des mots, le désir d’analyse (philosophie, psychanalyse). La multiplicité des personnages féminins propose un gynécée où se reflètent les facettes de l’âme et de la psychologie féminines. Et que de personnages attachants ! Pour ne citer que quelques-uns, la vieille Abigaïl et ses amusements secrets, la petite Alice, Lola la voisine et sa fille Flora avec son monde imaginaire, évidemment la mère…

Peut-être une petite citation, pour terminer : « Trente ans, c’est long, et un mariage s’enracine, prend un aspect presque incestueux, soumis au rythme complexe des sentiments, du dialogue et des associations. Nous étions arrivés au point ou une histoire, une anecdote entendue lors d’un dîner faisait naître simultanément la même pensée dans nos deux têtes, et la question était simplement qui de nous deux l’exprimerait à haute voix. » (p. 92) Extrait auquel fait écho un peu plus loin, p. 121, ceci : « Te rappelles-tu (écrivis-je à Boris) ce soir, il y a deux ans, où nous nous sommes rendu compte que nous venions de penser exactement la même chose, pas du tout évidente, une idée plutôt excentrique qui avait surgi en nous sous l’effet de quelque catalyseur commun, et tu m’as dit : « Tu sais, si nous vivions ensemble pendant encore cent ans, nous deviendrions la même personne. » ?


L'Audience
L'Audience
par Oriane Jeancourt-Galignani
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

3.0 étoiles sur 5 Dérive sexuée, 22 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Audience (Broché)
Après son premier texte autour de Sylvia Plath, Oriane Jeancourt Galignani poursuit ici son intérêt pour les Etats-Unis. Cette fois, le personnage féminin dont elle reproduit les traits est issu d’un fait divers, un fait divers absurde comme en produit l’Amérique profonde, un fait divers sordide aussi, moins dans ces développements que dans la façon avec laquelle une société hypocrite fait étalage de la vie privée de petites gens qu’elle épie, qu’elle étouffe, qu’elle tue à petit feu. Après une pertinente exergue (La Lettre écarlate de Hawthorne semble malheureusement garder toute son actualité), on s’engage dans un reportage classique, fictionnalisé et très cinématographique. On est plus dans le journalisme que dans la littérature. En ce sens, le texte ce lit aisément, trop aisément pour un personnage dont on ne comprend finalement ni l’attitude ni les motivations. (Dommage ! : certains mystères n’ont pas besoin d’être percés, mais cette fois, l’absence de clefs de lecture dessert la protagoniste, que l’on sent au mieux dans un élan d’autodestruction, au pire incompréhensiblement abrutie.)

« Style sec » ai-je lu quelque part, journalistique dirais-je : direct , énergique, factuel. C’est moins heureux lorsque l’auteur s’essaie au lyrisme (p. 238 : Ce déchiffrement fera de leur adolescence l’étreinte du vent.

Il reste que la sexualité féminine est ici dépeinte sans détours, aussi avide, gourmande et désespérée que sa contrepartie masculine.

Après un premier livre réussi, celui-ci semble vite écrit comme pour conjurer la malédiction du second roman. Attendons maintenant le troisième – et la barre est placée haut, quand on lit les écrits de l’auteur chaque mois dans l’indispensable Transfuge.


Cette nuit je l'ai vue
Cette nuit je l'ai vue
par Drago JANCAR
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

4.0 étoiles sur 5 Remember Veronika, 21 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cette nuit je l'ai vue (Broché)
Il est des livres qui, une fois qu’on en a tourné la dernière page, méritent qu’on en reprenne les premières : ils nous administrent alors une nouvelle piqûre d’émotion, puisque l’on relit à la lumière de ce que l’on sait déjà… Ce roman est évidemment de ceux-ci, qui certes commence comme l’idée que je me fais d’un Collection Harlequin ou, encore mieux, d’un avatar de L’Amant de Lady Chatterley. On comprend d’emblée que l’histoire que l’auteur slovène nous propose se meut sous un éclairage tragique – pour se diriger vers une fin poignante. Cinq récits se succèdent, autant de témoignages qui dressent le portrait d’un magnifique personnage féminin, libre et vivant, extraordinairement romanesque. Mais les contrées tourmentées où se déroule cette histoire, quel destin implacable ont-elles prévu pour Veronika ? Lisons ces pages – belle traduction – et nous ne pourrons que rendre hommage à un auteur à retenir.


La vie aux aguets
La vie aux aguets
par William Boyd
Edition : Broché
Prix : EUR 7,80

3.0 étoiles sur 5 Entre Graham Greene et John Le Carré, 11 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie aux aguets (Broché)
Les anglophones ont un mot pour ces livres que l’on ne peut plus lâcher, une fois qu’on en a commencé la lecture : page-turner. On est alors tellement accroché par les péripéties du récit et par ses personnages que l’on ne peut plus arrêter avant de connaître la suite. Celui-ci en est un bon exemple, où alternent le passé et le présent dans une tension crescendo.

Mais en même temps, ce n’est qu’un page-turner. J’avais apprécié, il y a trente ans, les premiers livres de William Boyd, Un Anglais sous les tropiques et Comme neige au soleil. Ils avaient cette fraîcheur et cette spontanéité qui maintenant se sont mués en solide professionnalisme, en un savoir-faire gravé dans le marbre, en un formatage de bestseller attendant son adaptation cinéma (à ce propos, j’y verrais bien Cate Blanchett dans le rôle d’Eva/Sally et Gwyneth Paltrow dans celui de sa fille, Ruth, Colin Firth dans celui de Romer.

Alors, si on veut lire quelque chose d’inoubliable, ce n’est peut-être pas tout à fait cela. Mais si on cherche du solide pour passer un bon moment, voilà bien ce qu’il faut.


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