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Weirdo

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Trouble dans le genre
Trouble dans le genre
par Judith Butler
Edition : Poche
Prix : EUR 12,50

9 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Utopie postmoderne, 15 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trouble dans le genre (Poche)
Voici un livre déjà ancien sur l'idéologie du genre, une utopie contemporaine qui tente de légitimer l'homosexualité comme norme universelle.
Entre les lignes, on y comprend que :
- Le monde est blanc ou noir, sans nuance,
- Le sexe n’est pas une réalité biologique, mais seulement culturelle et que donc l'inné n'existe pas,
- Les hétérosexuels ont fomenté un complot pour monopoliser le pouvoir en imposant leur norme et spolier de fait les homosexuels...
- Les homosexuels seraient la représentation postmoderne de l'homme nouveau...
- Tout se vaut, tout s'équivaut, toutes choses sont égales,
- Il faut l'égalité de tous en tout, un individu doit pouvoir revendiquer un droit donné à autrui, qu'importe les différences réelles de situation et les moyens puisque...
- ... La fin justifie les moyens,
- Il faut l'extension à l'infini des droits des minorités au détriment de la majorité,
- La liberté c'est faire ce que l'on veut, même au détriment d'autrui,
- les droits individuels (voulus infinis) sont supérieurs à l'intérêt collectif qui a prévalu pendant des millénaires dans les civilisations,
- Toute différence est une inégalité, toute inégalité est une injustice. Il faut donc éradiquer les différences pour ne plus constater d'injustice,
- Toute limite aux droits individuels voulus infinis est une violence intolérable à l'exigence d'égalité et à la volonté d'uniformité,
- L'égalité de tous en tout doit aboutir à l'uniformité de tous,
- Pour mettre en œuvre ces affirmations il faut assujettir le réel à l'utopie désirée,
- La Progrès, véritable culte postmoderne, c'est le Bien,
- La Religion, la Tradition, la transmission, c'est le Mal.

L'idéologie du genre n'est qu'une sous-partie de l'idéologie relativiste aux relents égalitaristes et utilitaristes et ça se sent constamment dans un livre dogmatique à la pauvreté argumentaire récurrente, au vocabulaire pédant et prétentieux probablement là pour cacher la grande faiblesse du propos. Il s'agit simplement dans ce livre sans relief (et tant d'autres) de solder notre héritage, notre Tradition, notre Histoire, tout ce qui fait en particulier l'Occident depuis des millénaires car pour des raisons médiocrement utilitaristes et égoïstes, les cyniques postmodernes voulant absolument détruire ce patrimoine afin d'imposer leur utopie à l'ensemble de l'humanité.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 15, 2014 3:38 PM MEST


La république bobo
La république bobo
par Laure Watrin
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Un nouveau conformisme plagiant l'Eglise et sa doctrine sociale, 29 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La république bobo (Broché)
On reste quelque peu médusé en refermant ce livre. Les auteurs, qui y apparaissent comme des caricatures bobos, c'est-à-dire des caricatures de bourgeois néolibéraux, grands gagnants de la mondialisation, au pouvoir d'achat important, certains d'appartenir à une élite - l'élite qui dicte l'information dans ce pays, sûrs de leur force, tentent de s'auto-justifier en permanence.

Il va de soi que la postmodernité occidentale, libérale et libertaire, grande pourvoyeuse de l'idéologie relativiste, a engendré la fin du primat de l'être humain, la banalisation de l'indifférence à l'Autre, ainsi que le culte du narcissisme, de l'éphémère et du superficiel. Elle est de fait le principal destructeur des piliers de notre civilisation judéo-chrétienne et gréco-latine, en conséquence le premier responsable du délitement du lien social et du vivre-ensemble, dans notre pays en particulier et en Occident en général. Or nos deux bobos, parangons de la postmodernité, nous explique avec aplomb que le "boboïsme" est un grand créteur de lien social en 2014 et qu'il est à même de sauver la situation quelque peu désespérée dans ce pays... Il y a dans la thèse développée par les auteurs un non-sens évident. Mais voyons un peu plus loin leur démarche.

Ils s'appuient en particulier sur un argumentaire proche de celui de la doctrine sociale de l'Église, ils semblent même pas moment le plagier sans sourciller. Bref, les auteurs se donnent facilement bonne conscience et se rassurent à bon compte alors que leur mode de pensée est le principal responsable des dégâts occasionnés. Mais ce sont là deux des caractéristiques emblématiques du bobo, une troisième étant que ce postmoderne narcissique à tendance nihiliste ne doute décidément de rien puisque Thomas Legrand et sa compagne nous le décrivent quasiment comme l'Homme Nouveau. Petit rappel : l'Homme Nouveau, le vrai, qui a connu la conversion du cœur décrite par le Christ voilà deux mille ans s'est étrangement trouvé récupéré par le communisme soviétique, dans le sillage de diverses influences telles que les plus exaltés des révolutionnaires français, Saint Simon ou Auguste Comte. Et le voilà qui réapparait maintenant que se trouve soldé sans regret notre fabuleux patrimoine intellectuel, spirituel et culturel, à la faveur d'une sécularisation à marche forcée de la société.

Un chrétien avisé sait que Saint François d'Assise a très largement développé une critique de l’avoir, la propriété, le capital, l'argent comme mainmise de l’homme sur les biens matériels, l'argent qui pervertit et engendre la violence, bien avant tous nos idéologues révolutionnaires modernes des XIXè et XXè siècle. Pour les deux auteurs, le bobo jouisseur et hédoniste, individualiste, matérialiste et utilitariste, qui s'identifie avant tout à tout ce qu'il possède, souvent esclave du consommer toujours plus, serait néanmoins un créateur de lien social, un créateur d'amour pour s'approcher de la sémantique chrétienne. Notons que l'on a ici le concept principal du livre sur lequel les auteurs insistent plutôt lourdement.

Or ce qui est visible de façon très crue dans les pages en question est que là où le chrétien aime l'Autre, le bobo aime seulement l'amour qu'il a pour l'autre... Tous ces sentiments factices et simulés ne sont qu'affaire de bonne conscience, une bonne conscience toujours très présente, comme une ombre lancinante qui crée le malaise... Cruel constat, le bobo n'aime donc que lui-même, ce qui n'est au final guère étonnant puisqu'il s'agit de l'injonction majeure de la postmodernité et du néolibéralisme, ces deux termes ayant fini par se confondre, le temps faisant son effet.
... Car qui se ressemble s'assemble et l'on se voit confirmé dans le livre cette conviction bien établie que les bobos adorent l'entre-soi et qu'ils ne tolèrent que ceux qui pourront les rassurer dans l'amour qu'ils se portent à eux-mêmes. Pour être accepté, on comprend entre les lignes qu'il vaudra mieux s'adresser à cet étrange individu d'une façon lisse, policée, lénifiante, bien-pensante et politiquement correcte, autrement dit : exprimer le moins possible le Réel, surtout s'il dérange.

Concrètement, le bobo, c'est le "petit bourgeois gentrifieur". Il pilote l’opération de récupération de l’ancienne identité populaire des centres-villes comme outil de distinction sociale, afin par exemple de créer de toutes pièces un Paris sans le peuple, Paris n'étant pas le pire des exemples actuels. La "diversité" des quartiers "gentrifiés" est un argument de communication qui permet en outre de se donner bonne conscience car les bobos pratiquent plus que quiconque l’entre-soi et, pour ceux qui ont des enfants, l’évitement scolaire. Ainsi, dans les fameux quartiers bobos ou "gentrifiés", la mixité culturelle prime bien entendu sur la mixité sociale, qui elle reste un décor factice permettant avant tout de faire les titres dans Libé et les Inrocks... ou ce livre de Thomas Legrand et sa compagne. Car après le marxisme, le freudisme ou le léninisme, ces cultes religieux issus de la modernité, le boboïsme génère son lot de nouveaux curés qui ont fait main basse sur les médias.

Un petit mot sur le titre, "la république bobo", qui est trompeur et même falsificateur car des dizaines de millions de Français, tout à fait républicains, ne se reconnaissent absolument pas dans la mentalité bobo et la bobo way of life. "Le microcosme bobo" eut été un titre mieux indiqué comme décrire le phénomène. Les auteurs tentent de se justifier, comme d'habitude, on reste dubitatif, comme trop souvent.

Avec ce livre pas toujours très bien écrit, assez brouillon, plutôt pauvre parce que possédant un argumentaire redondant qui repose en plus sur un non-sens, on s'ennuie quand même pas mal. D'autant que le phénomène bobo est désormais bien connu et que le livre ne révèle rien de bien nouveau. Il n'a pas d'intérêt majeur mais au final, on sort renforcé dans la conviction qu'avec ce prêchi-prêcha aux connotations explicitement religieuses par moment, le socialisme s'est toujours pris pour l'Église et aurait même beaucoup aimé la remplacer. Cela reste l'un des seuls points positifs en refermant l'ouvrage, à ceci près que cette conviction, on l'a depuis bien longtemps au regard de l'histoire, la petite comme la grande.


Causes toujours
Causes toujours
par Philippe Muray
Edition : Broché

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 On rit beaucoup de cette anti-pensée unique, 27 août 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Causes toujours (Broché)
Pour l'individu postmoderne, celui qui est issu de camp du Bien, du Beau et du Juste, tout se vaut et s'équivaut, il faut l'égalité de tous en tout sinon il y a discrimination, il faut l'extension à l'infini des droits des minorités au détriment la majorité et des plus faibles de la majorité.
Philippe Muray n'est évidemment pas du tout d'accord avec ces lieux communs issus de la pensée contemporaine. Dans ce livre de chroniques, il étrille une fois de plus les tenants de la pensée unique et du politiquement correct. Il lâche ses coups sur les idéologues du relativisme, de l'individualisme, du communautarisme et de l'égalitariste. Il achève sans sourciller les chantres de la bien-pensance et des bons sentiments.

Si vous voulez comprendre les raisons du délitement du lien social mais aussi de la société toute entière, de la décadence avancée de l'Occident, du remplacement du triptyque républicain "liberté, égalité, fraternité" par le triptyque postmoderne "docilité, contrôle social, terrorisme intellectuel", lisez donc ces chroniques dont certaines sont à hurler de rire et lisez d'autres ouvrages de Muray, un auteur brillant injustement blacklisté parce que non-politiquement-correct et anti-pensée-unique.


A Decade of Steely Dan
A Decade of Steely Dan
Prix : EUR 18,18

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Du talent à revendre, 15 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Decade of Steely Dan (CD)
La musique de Steely Dan possède d'évidentes influences du blues dont ont été extraites les aspérités un brin crasseuses ihnérentes à ce style. Ceci pour y ajouter au contraire des sonorités sophistiquées et jazzy de la West Coast. La description peut paraître surprenante mais Steely Dan a vraiment inventé un style. Ayant cessé tout concert dès 1974, après deux années d'existance, Steely s'impose comme un véritable groupe de studio qui a produit nombres d'albumes exceptionnels dus au talent du duo Becker/Fagen. Difficile de réunir le meilleur sur un seul CD, mais le choix des morceaux est judicieux même si discutable pour d'autres. A acheter les yeux fermés tellement c'est bon et pour récouvrir que les 70s, ce n'est pas simplement les immenses groupes de rock dont tout le monde se souvient d'emblée.


Bitches Brew
Bitches Brew
Prix : EUR 21,66

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Nouvelle direction, 10 juin 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bitches Brew (CD)
Nouvelle direction une nouvelle fois pour Miles Davis. Les explications fournies sur la page amazon en disent déjà pas mal. Avec une bonne douzaine de musiciens dont Joe Zawinul, Wayne Shorter, Airto, John McLaughlin, Chick Corea, Jack DeJohnette, Dave Holland, Don Alias, Bennie Maupin, Larry Young ou Lenny White, le maître dessine de longs morceaux de jazz-fusion groovy et psychédéliques dans un style plutôt révolutionnaire pour l'époque. La patte Zawinul et Shorter est évidente, peu avant la mise en route de Weather Report. Le tout est déjanté, hypnotique, cérébral et sophistiqué, ne renie pas l'influence d'Hendrix à certains égards. Ce disque exceptionnel a dû être un véritable coup de tonnerre en 1970. Je reste admiratif du Miles fin des années 50, début des années 60 façon Kind of Blue, Round About Midnight, ou Sketches of Spain avec Gil Evans mais dans un style parfaitement renouvelé et maîtrisé, Bitches Brew est hallucinant de beauté et d'originalité.


Tant Que Les Heures Passent
Tant Que Les Heures Passent
Prix : EUR 13,79

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Expérience, 31 mai 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tant Que Les Heures Passent (CD)
Ce disque est une véritable expérience musicale, à tonalité electro-acoustique et fort de bidouillages expérimentaux en tous genre. On est ici dans la musique concrète et expérimentale, libre et libérée beaucoup plus qu'écrite, aux sonorités originales, fortes, nuancées, contrastées, très hétérogènes, organiques, surprenantes, voire jouissives. "Ce corps vil" est par exemple une pièce d'un quart d'heure où la voix de Bérangère Maximin nous transporte dans un tourbillon de pensées abstraites, au détour de paysages sonores étonnants. L'ensemble du disque se tient, avec une créativité intéressante en matière d'assemblage de sonorités en tous genres, telles que des bruits d'écoulement d'eau, des chants d'oiseaux, des ressorts mécaniques, des grincements, des crépitements, des bouillonnements, des tensions palpables, pour une fête sonore toujours maîtrisée.


Warrior Dubz
Warrior Dubz

4.0 étoiles sur 5 Un bon panorama, 31 mai 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Warrior Dubz (CD)
Certes, tout n'est pas Dubstep mainstream (si l'on peut dire) sur cette compilation de Mary Anne Hobbs, la papesse du genre. La musique vire parfois au Garage et au Grime, mais pour le meilleur ou pas loin. Les styles y sont au final variés, étonnement variés, même si les basses sont évidement omniprésentes. On peut regretter tout au plus une certaine agressivité sur certains morceaux, une agressivité qui peut lasser certaines oreilles. Les artistes présents sont des artistes accomplis de la discipline et c'est un bon achat au final.


Sexe, genre et sexualités
Sexe, genre et sexualités
par Elsa Dorlin
Edition : Broché
Prix : EUR 12,50

25 internautes sur 44 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Manque cruel de neutralité, 31 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sexe, genre et sexualités (Broché)
Un panorama de toutes les théories contemporaines qui visent à expliquer que le genre est la notion majeure et indépassable dans notre civilisation et non le sexe biologique qui ne représenterait pas grand-chose au final. La théorie du genre a pour objectif politique « la libération d’une hétérosexualité fabriquée par les hommes pour mieux exercer leur domination masculine ». Elle affirme privilégier le "genre" considéré comme une pure construction sociale sur la différence sexuelle des personnes à la naissance. L'identité masculine ou féminine, selon cette théorie, n'est donc pas une donnée anthropologique mais une orientation tout à fait choisie par chacun d'entre nous. Ce qui permet à Monique Wittig d'écrire entre autres choses dans La Pensée Straight que le mot lesbienne est le seul concept qui soit au-delà des catégories femme et homme parce que la lesbienne n'est pas une femme, ni économiquement, ni politiquement, ni idéologiquement. Cette théorie insiste par exemple sur le fait que si dans un groupe social il existe une valorisation de l'hétérosexualité et de l'homophobie, la probabilité est grande que les jeunes apprennent en majorité des scénarios hétérosexuels. Elle prend entre autres exemples la ville de Hambourg dans les années de la révolution sexuelle où 18% des adolescents auraient eu des activités homosexuelles alors qu'avec le sida et les changements culturels, ils n'auraient plus été que 2% voilà moins de vingt ans.

Il faut lire ce livre pour comprendre comment mais aussi pourquoi de telles théories ont été échafaudées. La théorie du genre est issue de l'utilitarisme hédoniste et bourgeois de Jeremy Bentham, d'un postmarxisme manipulé et dévoyé, ainsi que de la French Theory, c'est à dire la réception des pensées de Deleuze, Derrida et Foucault dans les universités américaines au plus fort de la contre-culture. C'est une théorie qui se sait située et se sait dans un champ en conflit : elle ne prétend donc pas à la neutralité. Cette théorie se veut une réflexion sur les enjeux et les luttes de pouvoir entre identités telles que théorisées. De fait, pour des raisons éminemment idéologiques, le terme de "genre" a été préféré à ceux de "sexe" ou de "féminin" selon les contextes, en arguant de la non validité des catégories homme/femme. En d'autres termes, la notion de femme n'aurait pas été assez précise pour étudier les rapports de domination entre les deux sexes, eu égard aux 2 à 3 % d'homosexuels et d'une poignée de transsexuels. Sur un plan pratique, pour les tenantes du gender la famille en tant que modèle sociétal universel est une construction sociale qui permet aux hommes de dominer les femmes.

Avec le grand renoncement des années 70 et 80, la gauche mondiale s'est inventé de nouveaux combats, car se révélant incapable d'agir sur les historiques et définitifs enjeux de domination : la lutte des classes et l'égalité homme-femme. Elle a donc repris cette théorie du genre, parmi d'autres étrangetés, une théorie qui n'est au final qu'une idéologie dans l'acception marxiste du terme : elle masque les vrais enjeux de domination rappelés plus haut dans ce paragraphe. Cette idéologie est aussi une croyance, avec ses moines-soldats et ses curés prosélytes dont fait partie l'auteur de ce livre. Elle n'est qu'une théorie de circonstance élaborée par une lesbienne, Judith Butler, qui trouvait mal sa place dans notre société évidemment hétéronormée ; Butler eut été hétérosexuelle qu'on eut regardé de plus près ses propos et hypothèses. Avec elle, Pierre Bourdieu, Michel Foucault ou Herbert Marcuse, la gauche prolo a été progressivement remplacée par la gauche bobo, utopiste, bien pensante et pleine de bons sentiments. En conséquence de cette mutation historique, c'est aujourd'hui la moitié des ouvriers en France qui vote à droite et à l'extrême-droite parce que les classes populaires se sentent mieux écoutées, représentées, protégées et défendues par ces camps politiques.

Au final, les postulats sont ici nombreux et me paraissent donc pleinement idéologiques, les conclusions donnent le sentiment d'être écrites à l'avance, quant à la méthode, elle ne se veut pas neutre mais engagée, bien plus basée sur des croyances que sur des faits... Bien trop de raisonnements semblent avoir peu de prises sur la réalité (telle que communément acceptée) et sont construits comme de banales vérités assénées comme autant de fausses évidences. Les quelques exemples qui viennent illustrer le tout sont généralisés de façon abusive, ce qui est fort commode mais laisse vraiment sur sa faim. On ressent quand même une forte gêne devant ce que je considère personnellement comme de véritables arnaques intellectuelles.

Car à chacun ses vérités au final et à mon sens, ce livre relate une longue liste de convictions et d'hypothèses qui ne reposent sur aucune preuve scientifique étayée (on connaît la réticence des sciences humaines au sens large pour la preuve scientifique), montrent une valeur limitée et se signalent par une faible portée scientifique et philosophique. Ces convictions et ces hypothèses qui concernent une population fortement éloignée de la norme et particulièrement non conforme au modèle courant sont présentées par les théories du genre comme universelles, rien de moins... Tout cela n'est pas très sérieux et on a véritablement le sentiment qu'on se moque de nous.

Ce courant de pensée n'est toutefois pas à négliger dans la mesure où il est symptomatique et emblématique de notre époque où beaucoup, pour diverses raisons pas uniquement liées à l'orientation sexuelle, cèdent à la tentation d'imposer leur marginalité au sens de la loi bien entendu, mais également parce qu'ils souhaiteraient ériger cette marginalité en norme. On se rend bien évidemment compte que l'important pour ces marges n'est pas d'atteindre cet objectif rigoureusement inatteignable, car la marge n'est pas la norme et vice-versa, mais de s'assurer un surcroît de médiatisation et de légitimité.

Ce courant de pensée, il est vrai dans un champ conflictuel et volontairement non-neutre, donne l'impression d'être comme en suspension, autonome par défaut parce que regardant et écoutant peu autour de lui les études qui viennent depuis longtemps le contredire. Entre contrepoint, il est très fortement conseillé de se plonger dans Femmes entre sexe et genre de Sylviane Agacinski, un ouvrage sérieux et de qualité qui démonte avec brio les désormais fameuses et controversées théories/idéologies/croyances du genre. On pourra aussi lire l'essai de Catherine Vidal Hommes, femmes, avons-nous le même cerveau ? qui explique que les cerveaux masculins et féminins sont morphologiquement différents, l'ethnologue Françoise Héritier qui rappelle les différences homme-femme dans ses travaux, par exemple Hommes, femmes : la construction de la différence ou La différence des sexes ou enfin Boris Cyrulnick qui tente de distinguer chez l'humain la part donné par la génétique de celle donnée par l'environnement, avec Sous le signe du lien.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Feb 27, 2014 12:37 PM CET


For Bunita Marcus
For Bunita Marcus
Prix : EUR 21,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Méditatif et exemplaire, 28 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : For Bunita Marcus (CD)
Une très belle version du "For Bunita Marcus" de 71 min 34 s, tant dans l'exécution que dans la qualité du son. "For Bunita Marcus" avait été retitrée avec humour par un critique "1001 manières de jouer 3 notes". Cette pièce donne un rapport au silence, au temps et même à l'espace bien particulier. Si elle est écoutée à faible volume, elle peut avantageusement remplacer le silence pour la personne qui a besoin de calme, de quiétude et désire se plonger dans une phase méditative. En effet, Feldman attache une grande importance aux silences entre les notes, des notes qui semblent comprimées par rapport au temps et à l'espace qui eux semblent s'agrandir. Il me semble qu'on retrouve cet esprit à l'écoute des Triadic Memories. L'artiste suisse doit être particulièrement habitée pour jouer une telle oeuvre dans toute sa longueur et avec talent, car l'écoute est au final vraiment agréable. Il existe bien d'autres versions, l'achat alternatif serait Feldman, For bunita marcus, palais de mari, enregistrement très apprécié de la critique. A signaler également une version de Louis Goldstein de 2010 qui a fait parler d'elle en bien, que je n'ai pas trouvé sur Amazon.


Dukas : L'’Apprenti Sorcier - Ravel : Ma Mère l’'Oye - Koechlin : Les Bandar-Log
Dukas : L'’Apprenti Sorcier - Ravel : Ma Mère l’'Oye - Koechlin : Les Bandar-Log
Prix : EUR 22,97

5.0 étoiles sur 5 Une référence, 25 avril 2012
De part l'interprétation de l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg, la direction de Marc Albrecht, la relecture brillante de certaines oeuvres, la prise de son qui restitue avec finesse de nombreux détails, cet enregistrement faits de compostions françaises inspirées par la littérature fantastique est une référence.


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