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Contenu rédigé par Franz
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Franz
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100 Bullets tome 14
100 Bullets tome 14
par Eduardo Risso
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

5.0 étoiles sur 5 Brelan d’as ou branlant d’os ?, 30 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : 100 Bullets tome 14 (Album)
Treize familles mafieuses se partagent les affaires les plus lucratives du pays et les Minutemen assurent le service d’ordre au cas où un des membres du Trust dérape mais la machine de guerre est déréglée et les sept Minutemen survivants agissent au gré de leurs pulsions, de leur ressentiment et d’alliances aussi incertaines qu’imprécises. Augustus Medici, l’agent Graves et Javier Vasco discutent autour d’un bon verre comme si le monde s’écroulant à l’entour n’était pas un chaos de violence, de sexe et de sang dont ils portent une responsabilité accablante. Dans cette démence aveugle où toutes les goinfreries s’expriment, Pippen, tout jeune dealer se voit confier par le caïd du gang un flingue afin de nettoyer la rue de la concurrence.
Brian Azzarello a l’art d’introduire des histoires dans son histoire et de syncoper son récit, passant sans transition d’une situation à l’autre, enjambant d’un coup les distances, télescopant les temporalités dans l’immédiateté de l’action. La difficulté pour le lecteur n’est pas de s’y retrouver dans l’histoire car la narration est fluide mais de connaître les raisons d’agir de chacun. Eduardo Risso est un dessinateur exceptionnel travaillant en symbiose avec son scénariste. Bien que le graphisme de Risso puisse se satisfaire du noir & blanc, la coloriste Patricia Mulvihill participe à la mise en lumière du grand œuvre. Il ne reste plus qu’un album avant que la fin ne sonne pour tous ces êtres de papier mais leurs vices, leurs désirs et leurs élans continueront d’inonder le monde.


Scalped tome 4
Scalped tome 4
par Jason Aaron
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

5.0 étoiles sur 5 « Qui a le temps de se soucier des morts ? », 27 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Scalped tome 4 (Album)
La longue introduction dessinée par Davide Furno allume en clair-obscur les passés conjugués de Carol, la fille de Lincoln Red Crow et de Dash Bad Horse, fils de Gina et d’un père devenu une épave. Le trait anguleux et expressif, les couleurs éteintes exacerbent une descente aux enfers programmée depuis toujours avec au menu le cocktail explosif de sexe et de drogues, de solitude et de déprime. Dash et Carol pourraient se trouver mais ils ne se touchent que pour mieux se repousser.
L’épisode suivant réalisé par R. M. Guéra entre dans le vif des sujets en se recentrant sur Dino Poor Bear que Red Crow avait gratifié d’une grosse somme d’argent lui permettant de fuir la réserve de Prairie Rose afin de concrétiser un rêve. Le geste altruiste de Red Crow n’a pas suffi à tirer Dino de l’engrenage mortel de la délinquance. Rattrapé par deux agents corrompus de la police tribale, Dino est obligé à convoyer de la drogue pour le compte des ripoux. Si les petits manèges s’avèrent lucratifs au début, bien vite la roue dentée de la mort s’active sous le scalpel d’un tortionnaire zélé, Mister Brass, agissant pour le compte de l’investisseur du casino désireux de mettre un peu d’ordre dans une réserve indienne livrée au chaos.
Le 4e volume fait littéralement décoller la série. Red Crow est encore un homme dangereux au corps à corps mais les combats les plus redoutables sont ceux qu’il se livre à lui-même, tenaillé par un passé qui pulse par à-coup dans le contrepoint désenchanté de flashbacks brefs et intenses.


Scalped tome 3
Scalped tome 3
par Jason Aaron
Edition : Album

5.0 étoiles sur 5 L’amour flou et la mort convulsive, 26 avril 2016
Ce commentaire fait référence à cette édition : Scalped tome 3 (Album)
Les cauchemars récurrents et morbides réveillent brutalement Dashiell Bad Horse et le laissent seul avec ses souvenirs et ses hantises notamment celle d’être un agent infiltré du FBI découvert par le chef tribal et mafieux Red Crow qu’il doit faire tomber coûte que coûte. Après ce one-shot d’introduction dessiné par John Paul Leon, le récit démarre sous les pinceaux du dessinateur attitré R. M. Guéra. Lincoln Red Crow prévenu par la police tribale s’est assis auprès de la femme scalpée et assassinée qui n’est autre que celle qu’il a aimée, Gina Bad Horse. Dash se désintéresse du sort tragique de sa mère. Il intervient avec pertes et tracas dans un laboratoire clandestin pour y découvrir le cadavre d’une femme. Engine Diesel, l’autre agent infiltré du FBI serait responsable des abus sexuels et du meurtre conclusif. Dashiell est contraint de réfréner sa soif de justice d’autant qu’il semble s’investir auprès des jeunes orphelins laissés sur le pavé. Pour son malheur, il va initier l’aîné au maniement des armes.
La série prend son temps pour creuser les personnages à coup de flashbacks éclairants. Si les dessins de Leon en prologue et de Furno en épilogue ne convainquent pas, le récit principal réalisé par Guéra est dynamique et percutant. Les cadrages variés et les images raccords fluidifient une narration heurtée à travers laquelle éclate à tout instant une violence convulsive mais le dessinateur apporte davantage de force à travers des regards pensifs et des postures accablées loin des éructations grimaçantes et d’une bestialité explosive.


Arthus Trivium - tome 1 - Les anges de Nostradamus
Arthus Trivium - tome 1 - Les anges de Nostradamus
par Raule
Edition : Album
Prix : EUR 13,99

5.0 étoiles sur 5 Centuries gothiques, 16 avril 2016
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Michel de Nostredame (1503-1566), apothicaire, astrologue et prophète est un lettré de la Renaissance française connu encore aujourd’hui pour ses Centuries. Après les délires liés au basculement du deuxième millénaire qui ont remis en lumière la maison natale de Nostradamus à Saint-Rémy-de-Provence, l’astrologue visionnaire méritait un meilleur traitement que la présente bédé semble réparer. Raule, le scénariste espagnol, exploite un riche filon courant sur la période mouvante de la Renaissance. Il plonge dès l’entrée le lecteur dans les cauchemars hallucinés de Nostradamus. L’homme est déjà marqué par l’âge et la fatigue mais il travaille toujours intensément afin d’assurer confort et sécurité à sa famille. Alors que son fils César lui amène un colis contenant deux statuettes, un chat et un hibou, accompagné d’un mot énigmatique : « Bientôt ! », Nostradamus semble terrifié par cette découverte. Le lendemain matin, il décide de dévoiler un pan de son passé à sa femme. Il a dû délaisser sa première femme et leurs deux enfants afin d’aller lutter en tant que médecin contre l’avancée de la peste noire. A son retour, sa famille a disparu, emportée par le fléau. Les deux statuettes appartenaient à ses deux premiers enfants. Pour Nostradamus, le message est clair. Lui et sa nouvelle famille courent un danger mortel. Après les dix pages introductives, l’aventure s’oriente vers les trois disciples du maître, un duo officiant à Vedène, en Avignon, Arthus Trivium et Angulus Dante tentant d’extraire du bûcher une femme innocente accusée de sorcellerie et Angélique Obscura œuvrant à Montélimar, rapidement entraînée dans un traquenard souterrain. Les dernières pages de l’album ramènent à Nostradamus et s’ouvrent sur une perspective fantasmagorique. Construite et maîtrisée, l’histoire est surtout magistralement mise en lumière par le dessinateur basque Juan Luis Landa (né en 1965) dont le talent incendie chaque planche. Ciseleur de lumière, l’ancien chimiste métallurgiste joue avec les ors et les bistres, les noirs d’encre et les bleus crépusculaires. Encore trop rare dans le monde du 9e art, l’artiste espagnol devrait poursuivre sur une lancée lumineuse et irradiante car la série est riche et prometteuse, chargée d’un or alchimique que les pinceaux prodigieux de Juan Luis Landa révèlent.


Walking Dead 25 Sang pour sang
Walking Dead 25 Sang pour sang
par Robert Kirkman
Edition : Broché
Prix : EUR 14,95

5.0 étoiles sur 5 Le goût des autres, 10 avril 2016
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Hébétés face à la macabre mise en scène de leurs amis étêtés et fichés sur une rangée de piques qui marquent une limite de territoire infranchissable, Rick Grimes et ses proches doivent arriver à contenir leur colère pour ne pas céder à des pulsions meurtrières les condamnant à court terme. Alpha, les Chuchoteurs et l’armée de zombis représentent une menace d’une envergure telle que Rick n’arrive à la circonscrire. De retour au sein de sa communauté, Rick annonce l’étendue du massacre. L’impossibilité d’agir face à un ennemi méconnu exacerbe la peur primale et la haine aveugle.
Alors que la traduction française privilégie un titre évoquant la loi du talion : « Sang pour sang », l’édition américaine intitule le 26e recueil de Walking Dead : « No Turning Back » pouvant se traduire par « Sans retour » bien plus en phase avec le dilemme auquel Rick Grimes est confronté. Ce nouvel opus est passionnant dans la confrontation de plusieurs leaderships possibles face à une crise majeure, celui d’Alpha, inflexible meneuse, de Rick Grimes, doutant, tergiversant, cherchant une solution juste, de Dwight, remplaçant au pied levé de Negan, littéralement écrasé par son rôle de chef, de Maggie n’hésitant pas à user de la peine de mort à travers une justice expéditive. L’intelligence du scénariste consiste à instiller un rapport pervers avec l’exercice du pouvoir lorsque Rick est acculé à demander conseil à Negan, machiavélique en diable, véritable homme clé des situations verrouillées. L’éditeur français aurait aussi été plus inspiré de choisir la superbe couverture du fascicule 149 de l’édition d’origine où Negan apparaît en pied et mangé d’ombres telle une sardonique éminence noire derrière Rick trônant, accablé et les mains crispées sur les accoudoirs de son fauteuil de style fin d’empire. Néanmoins, ce volume n’en constitue pas moins un nouveau jalon dans une œuvre cohérente, intrigante et souvent poignante.


Invincible, Tome 1 : Affaires de famille
Invincible, Tome 1 : Affaires de famille
par Robert Kirkman
Edition : Album

3.0 étoiles sur 5 Boom !, 19 mars 2016
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Apprenti super-héros assis sur le trône des toilettes, une bédé à la main, le jeune homme Mark Grayson a tout d’un lycéen ordinaire. Sa mère derrière la porte le rappelle à ses devoirs scolaires mais opportunément, Mark découvre sa force extraordinaire et sa capacité à voler. Costumé, il devient « Invincible ». Son père, moustache en brosse, est un extraterrestre venant de l’exo planète Viltrum peuplée d’humains dont certains sont dotés de super pouvoirs. Entre les cours à suivre, l’amour à vivre, la vie de famille et la lutte contre les super méchants, l’emploi du temps est chargé et détonant.
Premier volume d’une série en cours de Robert Kirkman, Invincible prend agréablement le contrepied des comics avec humour et couleurs franches. Si le graphisme de Cory Walker n’est pas renversant, le trait net, les cadrages et la mise en page dynamiques sont entraînants. La série va probablement se bonifier au fil des épisodes même si son entame ne met pas complètement le lecteur en appétit, les visages manquant de relief et d’émotions, la succession d’histoires semblant décousue.


Là où dansent les morts
Là où dansent les morts
par Tony Hillerman
Edition : Poche
Prix : EUR 8,15

5.0 étoiles sur 5 Paradis perdu, 19 mars 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
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Ernesto Cata, jeune Amérindien Zuni, s’entraîne dur pour être à la hauteur du rôle qu’il devra tenir lors de la cérémonie de Shalako à l’approche de l’hiver. Chargé d’incarner Shulawitsi, le Petit Dieu du Feu, Ernesto devra chanter et danser toute la nuit sans défaillir. Presque assuré maintenant de pouvoir endosser cette lourde charge, Ernesto Cata est ragaillardi par ses progrès lors des préparations physiques. Alors qu’il va retrouver son ami Navajo George Bowlegs, il croise un Salamobia, guerrier masqué et armé. Ernesto sait alors qu’il va mourir.
Dépêché sur les lieux du crime, le lieutenant navajo Joseph Leaphorn est chargé de retrouver le jeune George Bowlegs qui a disparu après le meurtre. Mystique, George est insondable et introuvable. Joe Leaphorn reprend les pistes sur le terrain et dans sa mémoire, cherchant les indices à partir de fragments épars et minuscules, reconstituant à partir de souvenirs la cosmogonie zuni. Cecil, frère cadet de George fournira au lieutenant quelques bribes. Shorty, le père alcoolique des deux enfants ne sera d’aucun secours d’autant qu’il sera retrouvé mort, assassiné à son tour. La logique de Leaphorn est mise à mal car le mobile et l’intéressé lui échappent. Il s’approche d’une communauté hippie, d’un archéologue fouillant à proximité du Pueblo Zuni. Parallèlement, le FBI soupçonne un important trafic de drogues et interfère dans l’enquête des meurtres et de la disparition. Le meurtrier rôde, agit dans l’ombre, sous un masque et frappe inexorablement.
Si la religion des Zunis demeure absconse au profane et quelque peu ennuyeuse par manque de repère lors du déroulement de l’enquête policière, elle est néanmoins très bien instillée et le roman de Tony Hillerman (1925-2008) se révèle captivant, le lieutenant Joseph Leaphorn créant une forte empathie. Le suspense est présent, tendu comme un arc prêt à décocher une flèche mortelle, chargé comme un fusil hypodermique prêt à paralyser toute proie saisie dans le périmètre du tueur. Le croisement des pistes ne dilue pas l’intrigue dénouée par un limier Navajo au fait des coutumes indiennes et doté d’une logique cartésienne. Paru aux Etats-Unis en 1973, publié en France en 1986, le roman ethnologique est le second de la trilogie Joe Leaphorn, après « La Voie de l’ennemi » (1970) et avant « Femme qui écoute » (1978). Une carte et un glossaire utiles complètent l’édition française dont la couverture met en avant par erreur un tipi des Indiens des plaines bien loin de l’habitat troglodyte des Indiens Pueblos ou du hogan de bois et d’argile des Navajos.


Elégies pour le temps de vivre / Dans les méandres des saisons / Elle était là...
Elégies pour le temps de vivre / Dans les méandres des saisons / Elle était là...
par Richard Rognet
Edition : Poche
Prix : EUR 9,90

5.0 étoiles sur 5 Le temps à vivre, 13 mars 2016
Placée sous le patronage de son éditeur, l’œuvre est dédicacée à Antoine Gallimard. Cela pourrait sentir le renvoi d’ascenseur par un groom des lettres mais dans les pages liminaires, trois superbes épigraphes de Francis Jammes, Robert Walser et Sandro Penna donnent le ton. Débutent ensuite les poèmes de Richard Rognet, sans titre, sans rime, emplissant les pages. Immédiatement, le lecteur pressent qu’il entame une œuvre bouleversante, d’une densité inouïe que la limpidité de l’écriture rend accessible et percutante sous le poli des mots. Le poète tout en retenue est lyrique, élégiaque sans lamento. Il use de l’anaphore en maître, place des enjambements et des rejets en fin limier, se pose aux lisières du monde, écoute l’indicible et met en correspondance le cosmos et le microcosme : « Le moindre détail découvert porte en lui les remous du monde ». Déjà la préface de Béatrice Marchal éclaire l’œuvre mais comme tout apparat critique, elle gagne à se lire en postface. Le volume n° 505 de la collection Poésie Gallimard paru en octobre 2015 assemble deux livres de poèmes liés entre eux, édités précédemment dans la collection Blanche : « Elégies pour le temps de vivre » (2012) ; « Dans les méandres des saisons » suivi de « Elle était là quand on rentrait » (2014). Les derniers poèmes consacrés à la mère défunte donne à sentir l’abîme de la perte et le vertige de l’oubli. Lus et relus sans en épuiser la quintessence, ils fouaillent le cœur et font invariablement couler les larmes de la compassion. Richard Rognet est un poète humble et immense : « le petit garçon accroupi se relève,/[…] il enjambe un ruisseau, s’arrête,/hésite avant d’entrer dans la cour/où sa maison paraît, au-delà de la vie ».


Scalped tome 2
Scalped tome 2
par Jason Aaron
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

4.0 étoiles sur 5 Rouge, impasse et perd !, 4 mars 2016
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Le casino voulu par Red Crow sur la réserve indienne de Prairie Rose est inauguré. Ordre est donné à Dash Bad Horse d’éviter tout désordre. Red Crow tient à rassurer les clients Blancs afin de les plumer en toute légalité. Bad Horse s’attelle à la tâche avec toutes les prises de risque qui le caractérisent : coups de poing, de savate, gros calibre, nunchaku et macchabées… Il finit par museler les fomenteurs d’une manifestation contre l’ouverture du casino et maîtriser le colosse métis Engin Diesel, leader du groupe contestataire mais rien ne va plus car le bureau de Red Crow a été dévasté, ses mâtins égorgés et le mafieux et chef tribal est maintenant menacé au nez et à la barbe de ses nervis par Catcher, ermite lettré et visionnaire à la recherche de Gina Bad Horse, mère de Dash.
Tous les personnages se cherchent, se heurtent et portent leur passé comme une charge accablante. Les six épisodes réunis dans le second volume de la série sont axés autour de l’inauguration du casino et développent chacun le point de vue d’un personnage en l’étoffant à l’aide de retours en arrière. Ainsi le passé éclaire en partie les actes de chacun, accentuant l’aspect pathétique, conditionné, dérisoire des vies vouées à la déglingue et au chaos. Aucun personnage ne sort grandi de ses confrontations avec ses démons intérieurs. La vision développée par le scénariste est apocalyptique. Les terres sont dévastées, encombrées de carcasses rouillées et désossées. Les tares humaines liées à l’alcool, aux drogues, à l’alimentation, au vice sont exposées. Rien ne va plus au Nouveau-Monde sur les terres indiennes. Comme le dit Catcher : « Si vous écoutez les chrétiens, ils vous diront que tout ce qui est mal en ce monde est la faute d’un serpent, d’une pomme et d’un petit diable rouge… mais le serpent est un animal sacré, un symbole de renaissance, les pommes c’est bon et le diable… ? A ma connaissance, y a pas d’autre foutu diable que celui qu’un homme porte en lui.


Tarzan: The Complete Russ Manning Newspaper Strips Volume 1 (1967-1969)
Tarzan: The Complete Russ Manning Newspaper Strips Volume 1 (1967-1969)
par Russ Manning
Edition : Relié
Prix : EUR 46,99

5.0 étoiles sur 5 Painted Plates, 12 février 2016
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tarzan: The Complete Russ Manning Newspaper Strips Volume 1 (1967-1969) (Relié)
La première aventure de Tarzan dessinée par Russ Manning (1929-1981), « Jad-Ben-Otho » paraissant en strips (une bande dessinée souvent de quatre cases en noir & blanc à chaque livraison) dans les journaux de l’époque débute le 11 décembre 1967 et se clôt le 5 octobre 1968. S’enchaîne « Tarzan and the Renegade » (7-/10/68-18/10/69), toujours en noir & blanc. Inédit en France, la langue américaine ne fait pas obstacle à la lecture car le texte n’est pas prédominant, les dessins étant suffisamment évocateurs. Tarzan ne peut toutefois occulter la production antérieure et conséquente du talentueux dessinateur américain. Russ Manning est en pleine possession de son art. Dès la première case, Tarzan vole dans les airs sous les frondaisons. Il rentre chez lui, désireux de retrouver les siens. Il croise la route de Jad-Bal-Ja, un lion ami. Jane a disparu et Korak, leur fils, s’est lancé sur sa piste. 86 pages vont défiler et l’aventure sera sans répit. Il s’agit de tenir le lecteur du quotidien en haleine. L’histoire est limpide même si elle est méandreuse, pleine de fantasy avant l’heure (Edgar Rice Burroughs (1875-1950), romancier prolifique et créateur de Tarzan, 22 romans, 15 nouvelles, etc. invente des mondes et des lieux oubliés, Opar, Pal-Ul-Don, pose les rudiments de langages inouïs, croise les époques modernes, préhistoriques, antiques, etc.). Le dessin est lisible, d’une beauté formelle indéniable. Tout doit être saisi au premier coup d’œil ce qui n’empêche pas une relecture émerveillée. Tarzan retourne à Opar, cité oubliée, avec ses hommes simiesques, ses joyaux inestimables et ses prêtresses superbes puis pénètre dans Pal-Ul-Don, continent enfoui où les reptiles préhistoriques côtoient des hommes en lutte pour les terres et le pouvoir. Tarzan, Jane et Korak participent séparément aux évènements à leur corps défendant, saisissant toutes les opportunités pour s’extirper indemnes des conflits, retourner chez eux, tentant au passage de redresser quelques injustices. Les rencontres sont stupéfiantes, extraordinaires : un tigre à dents de sabre, un tylosaure [reptile marin préhistorique], des mutants cannibales dépigmentés dans une grotte de cristal qu’une vieille Anglaise, Twilla, commande, un trio d’aventuriers, Marta, N’Dema et Chulai, Auric, un Blanc sanguinaire chef d’une bande de pillards… Pressé par Jane de retrouver Korak laissé seul dans Pal-Ul-Don, Tarzan repart vers le continent oublié par la voie des airs, en construisant une montgolfière avec les cavités abdominales des dinosaures morts. Auric surgit, entraîne de force Jane et Chulai sur la montgolfière de fortune, laissant Tarzan au sol. Jane est enlevée en vol par un homme ailé à crête de punk et introduite dans un nid alvéolaire. Elle sera fécondée ainsi que toutes les autres femmes déjà kidnappée. Tarzan devra agir vite, fort et juste s’il veut retrouver les siens indemnes. Si les strips quotidiens sont en noir & blanc, les pages du dimanche qui s’ensuivent sont en couleur. Avec son format à l’italienne, l’édition américaine déroule trois récits somptueux publiés entre le 14/01/68 et le 11/05/69. Tarzan retrouve tout d’abord les hommes-fourmis en guerre, lutte ensuite contre un homme-hyène puis perce le mystère des femmes-éléphants. Les treize pages introductives sont d’un grand intérêt et complètent utilement, après lecture de la bande dessinée, le premier volume de l’œuvre intégrale de Tarzan par Russ Manning. On peut imaginer que le lecteur d’aujourd’hui n’ait pas les repères suffisants pour décoder les aventures de « Jungle Man ». Les histoires linéaires sans début ni fin, sans sexe et sans hémoglobine peuvent apparaître bien fades. Pourtant, à s’y pencher d’un peu plus près, la magie émane toujours des planches et opère ses envoûtements. Le graphisme élégant de l’auteur, le trait précis, délié, totalement lisible confère aux strips et aux planches du dimanche un plaisir de lecture intense et durable.


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