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Franz

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Largo Winch - tome 19 - Chassé-Croisé
Largo Winch - tome 19 - Chassé-Croisé
par Jean Van Hamme
Edition : Relié
Prix : EUR 13,95

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'amour flou, 26 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Largo Winch - tome 19 - Chassé-Croisé (Relié)
Premier volet vaudevillesque d’un diptyque qui n’aboutira que dans deux ans du fait du rythme de parution des aventures de Largo Winch, Chassé-croisé relate la mise en place d’un attentat à l’encontre du milliardaire en blue jeans et de son staff lors du big board se tenant à Londres. Le traquenard qui s’ourdit à l’insu de Largo Winch est à tiroirs dont certains possèdent un double-fond, à l’image d’un amour truqué.
Les personnages cherchent tous l’âme sœur, croient s’en approcher et finissent en solo dans leurs lits, pensifs ou hébétés. Jean Van Hamme est courageux de s’atteler au terrorisme islamiste dans sa bédé et d’évoquer un imam dévoyé mais il amoindrit presque aussitôt sa charge explosive en enclavant sa première machination dans une autre, plus classique et moins brûlante. Le scénariste belge a toujours su recycler à l’envi les clichés les plus éculés mais sa pièce où les ascenseurs se croisent et les cœurs se vident est une réussite. Le peu d’actions et de morceaux de bravoure dans l’album est une belle surprise. L’exposition du vide existentiel des personnages les crédibilise et leur donne de l’épaisseur. Le récit est fluide et lisible ; le graphisme et les couleurs sont de bonne tenue. Avec ce 19e épisode, le lecteur retrouve un peu l’aura des tous premiers volumes qui s’était ensuite dissipée au fil d’aventures convenues.


Le Scorpion - tome 11 - la Neuvième Famille
Le Scorpion - tome 11 - la Neuvième Famille
par Stephen Desberg
Edition : Album
Prix : EUR 11,99

4.0 étoiles sur 5 ¡Caray!, Méjaï, ton sort en est jeté !, 23 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Scorpion - tome 11 - la Neuvième Famille (Album)
La farouche Méjaï tire la couverture à elle, même si son cœur est mis à nu, reléguant le Scorpion au rang d’arthropode fantoche. La beauté de la Gitane se consume en arabesques venimeuses et en courbes sensuelles. Que fait Armando Catalano, plus connu sous le pseudonyme du Scorpion, pendant que la belle empoisonneuse se remet de ses blessures physiques avant d’être atteinte de souffrances autrement inguérissables, les plaies de l’amour bafoué ? L’arthropode brette et roucoule en compagnie d’Ansea Latal dont le nom rime avec fatale et létale. Les Trebaldi ont maille à partir avec un ténébreux tueur en série désirant éliminer tous les rejets de souche de la neuvième famille, la leur. Si le Scorpion ne passe pas l’arme à gauche c’est bien, comme le persifle Charles-Henri, un noble bâtard, parce que l’exterminateur à l’arbalète, bretteur invincible, ne le souhaite pas. Peut-être qu’Armando n’est pas un Trebaldi, après coup ?
La série s’enlisait gentiment malgré le dessin somptueux d’Enrico Marini. Le dessinateur suisse est aussi crédité au scénario pour la première fois. Peut-être a-t-il su booster l’histoire car le 11e volume fait le ménage ? En tout cas, il reste impérial aux pinceaux et à l’aquarelle, excellant dans les décors, les couleurs et les personnages féminins.


100 Bullets tome 8
100 Bullets tome 8
par Vertigo Classiques
Edition : Album
Prix : EUR 15,00

5.0 étoiles sur 5 En plein dans le Miles, 11 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : 100 Bullets tome 8 (Album)
Quand le gnome Marty joue de la trompette, il devient Gabe, un ange céleste aux yeux d’April, la petite amie du patron du How Bar, un beauf nommé Harry. Comme il le dira plus tard à Wylie Times, un Minuteman sur le réveil : « Un jour, M. Harry a dit qu’à me voir, c’était la preuve que Dieu n’existait pas ! Mais April a dit que m’écouter prouve qu’il existe. […] Il n’y a pas un gars qui craque pour elle… mais quand je porte ma trompette à mes lèvres, tous les autres gars n’ont plus une chance. Je sais que je suis moche. Je ne toucherai jamais sa peau mais ma musique caresse son âme ». L’ange Marty est condamné à une fin tragique et déchirante comme sa musique capable de réveiller la mémoire de Wylie Times. Contacté par l’agent Graves, Wylie connaît l’assassin de Rose et dispose des 100 balles pour passer à l’action mais sa mémoire à trou le fait douter de tout et de tous, à commencer par lui-même. Alors il boit afin que des souvenirs douloureux n’émergent pas mais le processus est en marche et Wylie Times retrouve ses réflexes de tueur à la solde du Trust.
L’intrigue se dénoue à la Nouvelle-Orléans. La guerre larvée entre Shepherd et Graves par le biais des Minutemen, avec les grandes familles composant le Trust chapeautant l’ensemble, devient visible, chaque personnage composant une partition macabre même si elle est jazzy. Le 8e tome tourne autour de Wylie Times, de son retour conscient dans la noirceur du monde affairiste et mafieux. La résurrection de Wylie passe par un chemin de croix semé de trahison, de perversité et de cruauté avec une rédemption par l’amour qui ne pourra que lui échapper puisque sa femme aimée est déjà morte.
Dès lors où le lecteur admet que des hommes aguerris puissent devenir amnésiques et être réveillés ensuite par un mot de passe, qu’il comprenne la style narratif de Brian Azzarello fait d’ellipses constantes et de flash-back à répétition, il peut s’immerger dans une intrigue d’apparence complexe mais élémentaire à sa source, un Trust désirant racketter l’humanité. L’osmose entre le scénariste et le dessinateur est évidente à chaque instant. Parfois le dessin est légèrement en retrait afin que les dialogues jaillissent et à d’autres instants Eduardo Risso empoigne l’histoire et la met magistralement en image. La fin de l’ange trompettiste alors qu’il tient le poignet de son exécuteur est bouleversante. Cet ascenseur pour l’échafaud condamne Wylie à une peine de vie.


Walking Dead, Tome 21 : Guerre totale
Walking Dead, Tome 21 : Guerre totale
par Robert Kirkman
Edition : Broché
Prix : EUR 13,95

3.0 étoiles sur 5 Blabla crash, 9 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Walking Dead, Tome 21 : Guerre totale (Broché)
La guerre est sans merci entre les Sauveurs (des loubards parasites) et la bande à Rick (la civilisation phénix) mais les forces en lutte sont inégales. Les guerriers post-apocalyptiques de Negan restent redoutables et déterminées derrière leur chef inquiétant, violent et charismatique. Les soldats de Rick ne sont que des gens ordinaires acculés. Après la trêve où chaque camp compte ses abattis, le carnage reprend, vicieux, mortel et sans repentir.
Étonnamment, ce 21e volume déçoit. Alors que la tension aurait dû être à son comble avec l’affrontement entre le roué et le floué, le scénariste a trop étiré son récit et les fils distendus flottent comme des élastiques mous. La trouvaille létale de Negan sent le besogneux empirique. Bien sûr, et heureusement, il y a le duel entre Rick et Negan où le discours contrecarre la méthode et biaise l’action à venir. Negan est un grand comédien et il demeure un personnage captivant, effaçant par sa faconde, son discours, sa perspicacité, son humour et sa force brutale imprévisible tous les autres protagonistes transformés en simples figurants. Walking Dead marque le pas et développe beaucoup trop d’incohérences scénaristiques. Si la viande putride n’était pas aussi juteuse, il serait honorable pour les auteurs de clore la série assez rapidement.


L'Écho des morts
L'Écho des morts
par Johan Theorin
Edition : Poche
Prix : EUR 7,60

4.0 étoiles sur 5 Les résonances d'Öland, 2 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Écho des morts (Poche)
Posée dans la Baltique, l’île suédoise d’Öland revient hanter le 2e roman que Johan Theorim consacre aux lieux sauvages et austères où il passe ses étés depuis son enfance. Après L’heure trouble (2009) et avant Le sang des pierres (2011), L’écho des morts (2010) réactive des légendes qui s’immiscent dans l’esprit des familiers de l’île comme si les défunts venaient chuchoter aux vivants des histoires à vivre debout. Joakim Westin ne peut se résigner à la disparition tragique de ses proches. Venu s’installer en famille dans la propriété d’Aludden sur l’île d’Öland, il fouille les recoins de sa maison, entend des chuchotements, sent des froissements et finit par se faire à la présence des fantômes dont il attend des réponses. En parallèle à cette dérive mentale, trois cambrioleurs visitent les résidences secondaires de l’île à la recherche de butins faciles mais les dissensions surgissent entre les deux frères Serelius, Freddy et Tommy et Henrik au moment du partage. La possibilité d’un cambriolage lucratif chez les Westin fait converger les frères Serelius dopés aux amphétamines et aux racontars d’une table tournante. La police de proximité suédoise a dépêché sur Öland Tilda Davidsson dont les grands-parents sont originaires. D’abord incrédule, la jeune femme policière va enquêter sur les disparitions et les vols. Tout se dénouera le jour de la tempête quand les fantômes s’inviteront aux fêtes de Noël. Alors Joakin obtiendra des réponses, confondra les assassins, trouvant peut-être la paix de l’âme et le repos des morts.
Le roman de Johan Theorim est lent, ouaté et laisse insidieusement les revenants grignoter l’espace. L’histoire baigne dans le fantastique et n’apporte jamais d’explication rationnelle aux phénomènes paranormaux vécus par les principaux personnages bourrés de remords et pétris de repentirs. La venue de Gerlof Davidsson presque en filigrane du roman est appréciable tant le vieil homme respire la sagacité et la malice. C’est lui qui dénouera en partie l’intrigue avec un brio nappé de modestie. L’auteur suédois ne dit pas tout et n’appuie pas son propos. Au lecteur de raccorder les éléments et de donner du sens aux comportements des protagonistes. La fin accélère le pouls et joue habilement sur les nerfs une partition réussie. Ce 2e opus incite vivement à lire le 3e tome de la trilogie.


Quelques pas vers la lumière, Tome 1 : La géométrie du hasard
Quelques pas vers la lumière, Tome 1 : La géométrie du hasard
par Bruno Marchand
Edition : Album
Prix : EUR 14,30

4.0 étoiles sur 5 La diagonale du flou, 16 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Quelques pas vers la lumière, Tome 1 : La géométrie du hasard (Album)
Marianne Bell, née de père anglais et de mère française, s’est établie à Paris et travaille au Muséum d’histoire naturelle à la fin des années 1950. Sensible à une chronologie personnelle orientant sa vie tous les cinq ans et sept mois, Marianne est aux aguets car un changement déterminant va avoir lieu de façon imminente. En effet, elle rencontre par destins croisés Peter Banning, ami de son défunt père qui était un aviateur chevronné, accusé de collaboration avec l’Allemagne. Marianne et Peter s’unissent afin d’éclaircir ce pan de mémoire douloureux. Ils partent en quête d’anciens témoins et cherchent à mettre la main sur un carnet que le père de Marianne avait confié à Gurkha, un Népalais retourné depuis longtemps dans son pays. Le carnet pourrait lever des zones d’ombre sur le passé de l’officier déchu et peut-être l’innocenter.
Premier tome d’une trilogie intitulée Quelques pas vers la lumière, La géométrie du hasard étonne à plus d’un titre. L’histoire est étonnamment statique. Le mouvement est peu restitué. L’album manque ainsi parfois de rythme. Les personnages semblent comme amidonnés. Les visages sont peu travaillés. Les réflexions des personnages montrent une prédominance de la psychologie sur l’action. En revanche, les cadrages, les vues d’ensemble et les couleurs sont remarquables d’ingéniosité, de lisibilité et de beauté. L’auteur emprunte à la ligne claire que l’école franco-belge a imposée mais qui semblait avoir vécu depuis. Une fois passé la relative inertie de la narration et s’être imprégné de l’atmosphère contemplative qui baigne l’histoire, la singularité de l’album apparaît et l’intérêt s’amorce.


Prince Valiant T01
Prince Valiant T01
par Hal Foster
Edition : Relié
Prix : EUR 24,95

5.0 étoiles sur 5 L’éternelle jeunesse, 12 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prince Valiant T01 (Relié)
Si loin si proche, venu de la lointaine Thulé, île mythique des confins de l’archipel britannique, un roi déchu (Aguar, de son nom, le bien nommé) débarque avec une cour réduite, sa femme et son fils, le fougueux et jeune Valiant, sur la côte anglaise pour trouver refuge, contraint, dans des marécages insalubres. Valiant y découvre la vie dans le labyrinthe des canaux saumâtres. A la mort de sa mère, Valiant veut fuir des lieux qu’il juge dorénavant maudits et part sur la terre ferme. Croisant la route du chevalier Lancelot, Val en découd avec son écuyer qu’il malmène durement. Il décide ensuite de s’armer et de s’aguerrir afin de devenir à son tour chevalier à la cour du roi Arthur sise à Camelot. Ami du preux chevalier Gauvain, il va l’extirper des geôles d’un châtelain retors et plus encore des griffes de la belle et maléfique fée Morgane. Valiant découvre l’amour avec Ilène dont il délivre la famille prisonnière en son château mais la merveilleuse princesse est déjà promise au beau et valeureux Arn. Jaloux et déterminé, Valiant décide d’aller à l’encontre de son rival mais il trouve un homme courageux et nanti de nobles sentiments. Une amitié indéfectible se noue entre les deux prétendants à mesure qu’ils avancent ensemble afin de délivrer Ilène des mains des Vikings venus de Thulé. Retour aux sources pour Valiant, à Thulé mais chagrin d’amour éternel à la clé, la quête pour délivrer la belle s’avère bien amère et sévèrement cornélienne avant l’heure. Faudra-t-il tuer son nouvel ami pour accéder à la femme qu’il aime et vivre avec le regret d’avoir sacrifié l’amitié à l’amour ? Arn, tout autant dépité que Val, lui remet son épée magique, Flamberge, en gage d’amitié et de respect.
Les planches hebdomadaires dessinées par Harold Foster courent de 1937 à 1938 pour ce premier volume d’une intégrale annoncée. Une de plus mais peut-être pas des moindres ! Les affreuses couleurs des éditions Zenda, par exemple, ne sont plus de mise ici et l’impression des noirs est plus nette et plus dense que l’édition américaine en cours, pourtant exigeante. Le format classique de l’album ne rend toutefois pas totalement grâce à la beauté des planches conçues pour un plus grand format, celui des journaux américains d’époque que Fantagraphics restitue idéalement. Il ne faut pourtant pas bouder son plaisir car les couleurs sont fort bien restaurées et elles n’épuisent jamais le trait précis, d’une finesse parfois extraordinaire d’un génie du 9e art qui débuta son grand œuvre la quarantaine passée. Les pages préliminaires sont très intéressantes et l’entretien accordé par Harold Rudolf Foster en 1969 est d’un grand intérêt. Une fois la lecture débutée, il est difficile de s’arrêter tant tout tient le lecteur en haleine, histoire documentée et dessin inégalable. On comprend, plus de soixante-dix ans plus tard, pourquoi la saga eut un tel succès. Les scènes de bataille sont époustouflantes ; les étoffes chatoient à la cour de Camelot ; les visages irradient ; la légende s’ancre dans l’époque ; le fabuleux flirte avec la réalité. Les mages ne se sont pas encore éteints. Les épées sifflent et chantent la mort. La vie palpite et brûle de toute sa hardiesse.


Prince Valiant T03: Integrale 1941-1942
Prince Valiant T03: Integrale 1941-1942
par Hal Foster
Edition : Cartonné
Prix : EUR 24,95

5.0 étoiles sur 5 Saga Africa, 12 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prince Valiant T03: Integrale 1941-1942 (Cartonné)
Fuyant Rome et ses ennemis, Prince Valiant va franchir le détroit de Messine mais la rencontre avec le pirate Angor Wrack va le mener au-delà de Charybde et de Scylla jusqu’en mer Egée. Son épée confisquée, devenu galérien, le jeune homme n’est plus libre dans ses errances. Il s’échappe pourtant dans une barque et dérive, épuisé. L’apparition d’une samaritaine magnifique trouble Valiant au-delà du raisonnable car il ignore où se situe le rêve et où commence la réalité. Sa quête de la belle Aleta débute. Valiant n’a de cesse de la retrouver afin de confronter son désir d’absolu à l’image irréelle qui le taraude. Son parcours est semé de tourbillon, de poulpe, de traque. Il atteint Jérusalem, combat les Arabes, est fait prisonnier avec son ennemi Angor Wrack, s’échappe, devient esclave, s’épuise, est fouetté à sang, devient pirate. Il ignore que son équipage va piller l’île d’Aleta et que leur châtiment sera à la hauteur de leurs forfaits criminels. Valiant arrivant après-coup soupçonne Aleta d’être le cruel commanditaire du meurtre de son équipage. Terrassé, il reprend la mer, débarquant au Pirée, le port d’Athènes. Sa rencontre avec Boltar le Viking, « respectable pirate et honnête marchand » l’entraîne en Afrique équatoriale. Les gorilles et les pachydermes terrorisent les hommes du Nord. Le retour sur Camelot se fait par de nombreux détours en compagnie de Gauvain, joyeux drille prompt à pousser la chansonnette et à trousser le cotillon. Pourtant, le royaume d’Arthur est une nouvelle fois menacé par les Vikings qui ont fait alliance avec les Pictes. Prince Valiant envoyé en mission pour jauger les forces ennemies est capturé et vilainement torturé. Sa convalescence sera longue mais sa vengeance se trouvera aiguillonnée par les sévices endurés.
Les aventures de Valiant sont riches et variées. A la recherche de Flamberge, son épée chantante, Val y adjoint la quête de la belle Aleta. Les contrées traversées se multiplient permettant au génial Foster de déployer des palettes de couleur chatoyantes dans la péninsule arabique. Son graphisme n’est jamais pris en défaut. Les atmosphères marines sont époustouflantes. La représentation des mers démontées est un régal visuel. Il serait possible de faire des parallèles avec d’autres œuvres ultérieures ainsi de celle de Frank Frazetta, notamment lorsque Val est cerné par les Pictes. La mise en page inventive, la représentation magistrale des paysages, celle, sidérante, des visages, la beauté des couleurs enfin perceptible dans une édition française, la finesse des hachures, leur régularité et les masses d’ombre superbement distribuées, tout relève de la haute voltige dans des éthers aujourd’hui inatteignables. L’œuvre est une splendeur enfin perceptible et accessible au lecteur francophone.


Prince Valiant T04: Integrale 1943-1944
Prince Valiant T04: Integrale 1943-1944
par Hal Foster
Edition : Cartonné
Prix : EUR 24,95

5.0 étoiles sur 5 Pictes et Pictes, bour et bour et ratatam !, 12 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prince Valiant T04: Integrale 1943-1944 (Cartonné)
Le rusé, courageux et dévoué Prince Valiant a donné la victoire au roi Arthur, contenant au-delà du mur d’Hadrien l’invasion des Vikings alliés aux Pictes. Sire Valiant pourrait profiter de sa jeunesse et de son prestige mais Aleta, la reine des Îles Brumeuses, le hante. Se croyant victime d’un sortilège, il retourne dans les marais consulter la sorcière Horrit puis en son château le magicien Merlin qui lui dénient tous deux le bonheur. Prince Valiant éprouve alors le besoin de partir pour Thulé revoir Aguar, son père. La traversée maritime est mouvementée et l’arrivée à la cour du roi de Thulé compromise par un complot contre le monarque. La politique d’Aguar défavorise marins et pirates au profit des commerçants et des usuriers. La prise de pouvoir du roi rival Valgrind déjouée par Valiant n’est pas du goût des Vikings. Val demande à son père Aguar de revoir ses prises de position vis-à-vis des marins vikings. La paix sociale pourrait être acquise mais les rivaux écartés du trône fomentent leur revanche. Einar le Rouge, vil châtelain félon, arrive à piéger Prince Valiant pour le torturer puis exiger une rançon auprès d’Aguar. Le chemin de Valiant jusqu’à Aleta semble sans cesse se dérober.
Les éditions françaises Soleil continuent d’exploiter le gisement remis à jour par l’éditeur américain Fantagraphics en reproduisant le matériel américain avec de notables différences, un format plus réduit qui ne rend pas grâce à la planche du dimanche de l’immense dessinateur Harold R. Foster, des couleurs plus franches apportant une meilleure visibilité du graphisme et une lisibilité de l’ensemble plus évidente. Alors que l’édition américaine apparaît splendide et somptueuse, une lecture plus exigeante pourrait pointer sur l’impression de flou des planches. Si seulement Soleil avait pris le parti d’un format supérieur de quelques centimètres et le choix d’un papier granuleux rappelant les journaux d’antan, le résultat eût été stupéfiant. Il ne faut surtout pas bouder son plaisir car la lecture d’une histoire pourtant stéréotypée à l’extrême est sans cesse enthousiasmante. Trappeur, boxeur, chercheur d’or, Foster a eu maintes casquettes dans son existence et sa sensibilité aux grands espaces sauvages se retrouve dans les renversantes compositions de ses planches. Fantagraphics ne s’y est d’ailleurs pas trompé en reproduisant en couverture du volume 4 le fameux franchissement du raz-de-marée par le canot du Poséidon. Soleil a été beaucoup plus plan-plan en la matière mais rien de bien fâcheux. Dès le premier sniff pris à la colle entre deux pages, le lecteur peut être durement drogué à Prince Valiant. C’est sans gravité et on a la garantie d’un strip de bon aloi.


Prince Valiant T05 - Intégrale 1945-1946
Prince Valiant T05 - Intégrale 1945-1946
par Hal Foster
Edition : Cartonné
Prix : EUR 24,95

5.0 étoiles sur 5 Ma sorcière bien-aimée, 12 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prince Valiant T05 - Intégrale 1945-1946 (Cartonné)
Prince Valiant traverse le désert libyen enchaîné à la reine des îles brumeuses, Aleta qu’il veut traiter comme une esclave mais la jeune femme se joue de sa condition et finit par inverser les rôles. Valiant tombe sous sa coupe et se croit perdu, victime d’un ensorcellement invincible. Plus mature que son prince, Aleta tire les ficelles dès le départ et finit par enchaîner Valiant à son cœur. Même en haillons, égaré dans le désert, loin des siens, un chevalier de la cour du roi Arthur se doit d’être courtois. Tout pourrait enfin entrer dans l’ordre de la bienséance et de l’amour partagé où « même les dieux de l’Olympe les épient et les jalousent » mais ce serait sans compter sur le bellâtre empereur voleur de Saramande, Donardo. L’infatué séducteur découvrant les deux tourtereaux roucoulant décide de faire main basse sur Aleta. Ses soldats jettent Valiant d’une falaise, le laissant pour mort mais l’amoureux transis se relève et décide d’aller délivrer Aleta quels que soient les obstacles, à commencer par la forteresse et l’armée de Donardo. La quête du Graal donne des forces presque surnaturelles.
Le bonheur du lecteur francophone continue avec l’édition d’un cinquième volume de l’intégrale Prince Valiant couvrant les années 1945 et 1946. Hal Foster a débuté sa saga en 1937 pour passer le relais et les pinceaux en 1971. Si Soleil éditions vise une intégrale dessinée par Foster, au moins douze autres volumes pourraient suivre dans la foulée des éditions américaines Fantagraphics. Chaque case dessinée est un enchantement visuel qu’une seule lecture ne peut épuiser. Revenir sur les expressions des visages, le chatoiement des étoffes, le grain des pierres, la mer écumante, la profondeur des forêts, la science des cadrages, l’utilisation des couleurs révèlent toujours un peu plus la maestria de l’artiste américain composant parfaitement chaque vignette en ayant pris soin dès le départ de ne pas insérer de phylactères. L’image est reine et trône sans partage dans la planche dominicale que livre sans faillir le héraut de la bédé américaine durant plus de trente-cinq ans. On pourrait penser a priori que la mise en scène d’une fresque épique allait engendrer des combats et des batailles à répétition mais si les scènes de bravoure émaillent la quête du Graal, le héros est souvent livré à lui-même, malmené par les coups du sort, sombrant dans la mélancolie, parfois à deux doigts de la folie. L’apparition d’Aleta est une source de fraîcheur et d’émerveillement tant sa beauté et sa sensualité sont magnifiées par les hachures ailées d’Harold Foster. La reine des îles brumeuses va orienter durablement la vie de Prince Valiant. Dire qu’Aleta est un personnage glamour n’est pas usurpé surtout si l’on se réfère à l’étymologie du terme dérivant de « grimoire », porteur de charmes puis de « grammaire » consignant des conjugaisons ésotériques qui, prononcé par un anglophone, perd ses petits « r » et ses grands airs et revient dans la langue française enrubanné de mystère tout comme cette épopée mythique intemporelle.


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