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Contenu rédigé par Jean Bal
Classement des meilleurs critiques: 17
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Commentaires écrits par
Jean Bal (Conflans-en-Jarnisy, France)
(TOP 50 COMMENTATEURS)   

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Bougies d'oreilles Auri-Clean x 6
Bougies d'oreilles Auri-Clean x 6
Proposé par Vivre Mieux La Boutique - Vivrebio
Prix : EUR 18,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Mitigé, 19 décembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bougies d'oreilles Auri-Clean x 6 (Beauté et hygiène)
Un produit de bonne qualité, mais on a un peu l'impression de payer plus le packaging (qui est joli), que le contenu lui-même. Les bougies d'oreille sont d'une efficacité toute relative par rapport à des modèles plus rustiques, car elles comportent à leur base un "filtre" apparemment censé réduire les risques de recevoir de la cire chaude dans le conduit auditif. En fait, la capacité d'aspiration paraît, elle aussi, notablement réduite...


Crime of the Century
Crime of the Century
Prix : EUR 16,99

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Crime du Nouveau Siècle (2014), 12 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Crime of the Century (CD)
La version Deluxe de Breakfast In America, sortie en 2010 était "bien". Claire, dynamique, agréable. Point.
Là, on pourrait bien tenir LA version ultime de Crime Of The Century!
Ray Staff, le responsable de ce nouveau remastering a fait des prodiges. Comparé avec le précédent remaster que je possède (1997), les améliorations sont évidentes: meilleure séparation des instruments, aigus plus naturels et intégrés à l'ambiance, réverbérations amples et réalistes. Et, surtout: des basses nettes et percutantes! Dougie Thomson avait toujours bien sonné, mais là il est logé pile dans la grosse caisse de Bob C. Benberg. Onctueux, sensuel et pêchu, son instrument confère une nouvelle énergie à cet album qui compte comme l'un des meilleurs du rock/pop des années 70 et comme le chef d'oeuvre du grand producteur Ken Scott (pourtant déjà responsable de Ziggy Stardust).
Bon, comme toujours, rappelons si que vous écoutez des mp3 à 128k sur un Ipod, cette nouvelle édition Deluxe n'aura aucun intérêt pour vous.
Personnellement, j'ai fait la comparaison entre les deux masters sur des moniteurs KRK. Et je me suis régalé.
Et pour ne rien gâcher, nous avons droit sur le dernier CD à l'intégrale (c'est ce qu'ils disent) d'un concert de 75 qui avait déjà fait le bonheur des bootleggers. Le son, sans évidemment être aussi raffiné que COTC, est tout à fait bluffant. C'est un excellent multipistes d'époque, bien équilibré, extrêmement clair et crédible (on a parfois l'impression d'être sur scène avec le groupe). Je le préfère franchement à "Paris", d'autant que même s'il y a quelques "pains" (eh, c'est du vrai live!), on sent que le groupe est encore jeune et plein d'enthousiasme.
On y retrouve quelques morceaux de Crisis, What Crisis? l'album qui a suivi Crime. Et, comme l'a signalé un autre commentateur, une petite chanson anecdotique interprétée par John Helliwell.
Bref: une nouvelle édition indispensable pour les fans, moins pour les admirateurs occasionnels qui privilégient les MP3... et obligatoire pour tous ceux qui ne connaissent pas encore ce disque extraordinaire.
Vous avez demandé quoi au Père Noël?


Relayer
Relayer
Prix : EUR 26,00

9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Quarante ans plus tard, Wilson réveille un tigre endormi, 8 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Relayer (Blu-ray Audio)
Réalisé après le très controversé "Tales from Topographic Oceans", Relayer a toujours eu une place un peu à part dans la discographie de la période classique de Yes.

Pas convaincu du tout du travail accompli sur Tales, Rick Wakeman avait finalement claqué la porte et les claviers sont tenus ici par le Suisse Patrick Moraz au style très éloigné de celui du blond british. Un style riche et chaotique qui a contribué rendre le son de Relayer assez confus, comparé aux opus précédents. Un défaut dont souffre notamment la pièce de résistance "Gates of Delirium" - inspirée du Guerre et Paix de Tolstoï - qui est certainement l'une des suites les plus complexes que le groupe ait jamais produites. Privilégiant les sons aigus et agressifs, la composition se noie par moments dans un joyeux désordre harmonique qui - s'il convient bien à une évocation des affres de la guerre - peut à la longue fatiguer l'auditeur.

Steven Wilson a donc entrepris de remixer complètement à partir des bandes studio originales pour donner naissance à la version la plus claire, la plus équilibrée et la plus "intelligible" de Relayer à ce jour. D'autant que le mastering du CD a été fait "à plat", c'est à dire sans bidouillages en post-production, afin de préserver autant que possible les détails de l'enregistrement original.
Pourtant le résultat n'est toujours pas parfait. Si les aigus sont moins criard, le disque ayant été enregistré pour partie dans le home-studio de Steve Howe, le son reste assez "mat" et indistinct par endroit. D'autant plus que le guitariste a privilégié pour ce disque l'utilisation d'une Fender Telecaster, un instrument qu'il réutilisera largement dans "Going For The One", et qui possède un son positionné dans le haut du spectre avec une attaque assez brutale. Ajoutez cela un abus relatif des reverbs pré-numériques qui étaient assez difficiles à contrôler et vous comprendrez pourquoi Relayer ne sonnera JAMAIS comme Close To The Edge.

N'empêche. Si le son des précédentes versions remasterisées (Rhino notamment) méritait un bon 12/20, là on se situe plus près de 17. Une différence qui ne sera évidemment réellement perceptible que sur un système "honorable".

Il y a cependant un grand gagnant dans cette nouvelle version: l'immense Chris Squire!
Ses lignes de basse, inspirées comme jamais, se promènent sur toutes la longueur du manche de sa Rickenbacker (il joue une Jazz Bass sur "To Be Over"), alternant riffs rageurs et langueurs mélodiques. Le brave Chris réalise là sa performance ultime. Un travail génial qui jusqu'alors était largement resté ignoré à cause des problèmes sonores que j'ai évoqués plus haut.

Et puis - mince quoi! - Relayer c'est quand même Yes au sommet de son inspiration et de son génie!

Pour les bonus, le plus intéressant est bien évidemment le remix 5.1 sur le Blu-ray. Il permet d'éclaircir le son encore un peu plus, mais vous ne l'écouterez pas tous les jours. Quant aux versions HD, démos, live, "runthroughs" et autres, elles distrairont les puristes un jour ou deux, mais n'apportent rien de bien significatif à la qualité des compositions elles-mêmes.

PS: Amazon ne le précise pas clairement, mais cette édition est composée d'un Blu-ray ET d'un CD, CD qui est l'élément essentiel pour l'auditeur.


TWENTY FEET FROM STARDOM (OSCAR 2014) : meilleur documentaire
TWENTY FEET FROM STARDOM (OSCAR 2014) : meilleur documentaire
DVD ~ Stevvi Alexander
Prix : EUR 14,12

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Si proche, et pourtant tellement loin..., 4 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : TWENTY FEET FROM STARDOM (OSCAR 2014) : meilleur documentaire (DVD)
Le film s'ouvre sur une interview de Bruce Springsteen qui explique en quelques mots simples la terrible distance que représentent les quelques mètres qui séparent les choristes des stars.
Ensuite, pendant une heure et demie chargée d'émotion nous découvrons le vécu et les sentiments de quelques unes des plus grandes voix noires de l'histoire de la musique populaire anglo-saxonne des cinquante dernières années.
- Darlene Love, qui débuta à 17 ans sous le contrôle tyrannique du producteur Phil Spector et qui enregistra d'innombrables hits, lesquels étaient ensuite mimés à la télévision par des chanteuses "plus présentables".
- Merry Clayton, la voix mythique du "Gimme Shelter" des Rolling Stones, qui fut à deux doigts de faire une carrière comparable à celle d'Aretha Franklin avant de retomber dans l'anonymat.
- Claudia Lennear - Miss Brown Sugar en personne - choriste et petite amie non-officielle de David Bowie et Mick Jagger, qui enregistra un magnifique album solo en 74... qui ne fut remarqué par personne. Aujourd'hui, elle enseigne l'espagnol pour survivre.
- Et que dire de Lisa Fisher? Une des plus grandes voix qui soit, qui chante encore aujourd'hui derrière Sting et les Stones. Une chanteuse éblouissante, couronnée par un Grammy pour son premier disque solo, avant de faire naufrage avec son second album.
- Enfin, il y a aussi Judith Hill, choisie par Michael Jackson pour son come-back avorté, qui faillit elle aussi franchir les derniers mètres entre la position de choriste et celle de star. Mais le destin est parfois cruel.
Toutes ces artistes merveilleuses sont là, en compagnie d'une dizaine d'autres, pour raconter leur passion, leur peines et leurs immenses bonheurs. Leurs trajectoires sont également commentées par des spécialistes et des artistes comme Stevie Wonder, Mick Jagger, Sting, etc.
Difficile, parfois, de ne pas sentir son cœur se serrer en regardant ce documentaire superbement filmé et monté. A cause des émotions suscitées par ces voix d'exception, et aussi par empathie pour leurs frustrations et leurs rêves brisés. La grande leçon que je retire de tout cela finalement, c'est que les petites chanteuses aux voix trafiquées en studio qui passent fugitivement aux sommets des charts ne seront jamais à la hauteur de ces grandes dames. Il leur manquera toujours une chose primordiale: le vécu viscéral qui fait les vraies stars.
Attention: 20 Feet From Stardom n'est pas pour tout le monde.
Pour pouvoir l'apprécier vraiment, il faut répondre à plusieurs conditions:
- Connaître un peu la production musicale anglo-américaine des dernières décennies.
- Savoir faire la différence entre une "belle" voix et une "grande" voix.
- Accepter de s'émouvoir.
Si c'est votre cas, foncez.

PS: je tiens à préciser, pour répondre à un autre commentateur, que j'adore aussi l'excellent documentaire "Standing in the Shadow of Motown" sur les musiciens de la Motown. Mais je ne comprends absolument pas comment on peut juger qu'il est supérieur à ce film. Les goûts et les couleurs...


Rainbow Bridge
Rainbow Bridge
Prix : EUR 19,08

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Over the rainbow..., 2 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rainbow Bridge (CD)
A la mort d'Hendrix, les fans - et ils étaient nombreux - ont ressenti un immense vide. Je le sais. Je me souviens très bien de l'annonce du décès sur France Inter.
La maison de disques et les héritiers du génial guitariste eurent alors à cœur de sortir de quoi satisfaire le besoin de musique de ses orphelins. Il y eut d'abord The Cry of Love, bancal mais avec de très belles choses (Drifting, Ezy Rider, Angel). Et puis est arrivé cet album, pseudo BO d'un film zarbi qui ne devait être diffusé dans nos contrées que dans des cinémas d'art & essais à des heures impossibles. Un vinyl qui est resté tellement longtemps au catalogue qu'il a fini par devenir "légitime" dans l'esprit des amateurs. Jusqu'à ce qu'il disparaisse pour une sombre affaire de droits.
Comme cela a été dit par ailleurs, tous les morceaux présents ici ont déjà été réédités ailleurs, mais les retrouver tels qu'ils avaient été présentés en 71, ça fait un petit pincement au cœur. D'autant que la remasterisation est absolument splendide.
Bon, soyons franc: il y a à boire et à manger sur cette galette.
Star Spangled Banner n'est guère plus qu'une expérimentation inaboutie à mille lieues de l'enregistrement incandescent de Bethel - New York. Et Look Over Yonder, quoique pas totalement dépourvu d'intérêt, est un rebut datant de 68.
De leur côté, les très "soul & funky" Dolly Dagger, Room Full of Mirrors et Earth Blues (étrenné avec le Band of Gypsys) montrent clairement une des orientations que voulait privilégier le guitariste.
L'instrumental bluesy planant Pali Gap est un délice de feeling.
Comme la version écorchée vive de Hear My Train a Comin' enregistrée live à Berkeley, avec une guitare légèrement désaccordée que le musicien torture en tous sens pour lui faire rendre l'âme dans un torrent de blues.
Et puis il y a le fabuleux Hey Baby (New Rising Sun) qui, s'il n'est pas LE meilleur morceau d'Hendrix, fait assurément partie du trio de tête.
Miles Davis et Gil Evans voulaient absolument travailler avec le kid de Seattle.
Il n'en ont pas eu le temps, mais en réécoutant Hey Baby, on se dit que Jimi avait encore énormément de bonnes choses à nous donner.


Rock or Bust
Rock or Bust
Prix : EUR 12,79

51 internautes sur 63 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les forgerons australiens persistent et signent, 1 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rock or Bust (CD)
N'attendez aucune surprise de Rock or Bust.
Depuis des années, les petits gars d'AC/DC ont pris des habitudes de tueurs en série. Le rituel ne change pas, les ambitions non plus, mais la technique s'affine un petit peu à chaque sortie. Cette fois, les choses ont été un peu compliquées par la démence de Malcolm Young, remplacé par son neveu Stevie Young (58 ans) qui avait déjà assuré l'intérim sur scène à la fin des années 80. Tous les morceaux ici sont encore cosignés Angus/Malcolm, même si le grand frère n'a pas joué les rythmiques lors de l'enregistrement à Vancouver en mai dernier. Des sessions qui ont vu Phil Rudd arriver, sans la moindre excuse, avec 10 jours de retard. Depuis, le batteur a accumulé les ennuis avec la loi et Angus Young a laissé clairement entendre qu'il pourrait être éjecté avant la tournée. Bonjour l'ambiance! Reste la musique:
Elle est bonne. Ouf!

Produit - comme Black Ice - par le canadien Brendan O'Brien (Mastodon, Pearl Jam), cet album a un son à la fois subtil et massif. Le groupe donne l'impression d'avoir été enregistré dans un grand garage. On entend bien tout, Les guitares arrachent le papier peint et la batterie est clouée au plancher. Efficace, rien à dire. Brian Johnson a perdu un peu d'intensité vocale mais il a gagné un peu de "soul", ce qui va bien pour une musique de vieux gangsters estampillée "Classic Rock".

Quant aux morceaux eux-mêmes, s'ils ont parfois des petits riffs qui rappellent des grands moments du passé, ils ont le bon goût d'essayer de varier un peu sans essayer d'être inutilement originaux.
On connaissait Rock or Bust - la chanson - depuis quelques semaines: du pur assdèce avec intro entre Highway to Hell et TNT. On peut découvrir les deux prochains singles: Play Ball avec son petit riff entraînant sur basse mongolienne et le menaçant Dogs of War, bien fait sans être tellement différent de 90% des autres titres. On notera une petite variante sympa avec le zeppelinien Rock The House et ses faux airs de Black Dog à la sauce garage. Baptism By Fire a aussi un petit riff enlevé assez réussi. Et puis, j'aime bien aussi le faux côté bluesy de Hard Times.
Mais bon,pas la peine d'entrer trop dans le détail. Les gars mettent tout leur cœur pour nous faire croire qu'ils ont toujours 20 ans (voire seulement 15). Ils ont la pêche, c'est tout ce qui compte. Ce disque pourrait néanmoins être le dernier des membres de la famille Young. Avec tous les ennuis accumulés ces derniers temps, et l'âge aidant, on voit mal comment ils pourraient continuer bien longtemps encore sur cette lancée.

Cet album, je le trouve personnellement un poil supérieur à Black Ice, dans le sens où il se concentre exclusivement sur les fondamentaux définis depuis High Voltage, pour produire des trucs en acier plombé sur tempo moyen, dorés sur tranche et bien mijotés en studio.
Rock or Bust fait un peu moins de 35 minutes, mais il tient plutôt bien la route du début à la fin, sans baisse de régime ni compromis trop ouvertement commercial (les gars n'ont pas besoin de réinventer une recette qui a fait ses preuves). Vous n'y trouverez aucun hymne immortel à la Back in Black ou Thunderstruck. Il n'y a pas non plus de balade acoustique ou de reprise de Céline Dion. Bref, cette brave petite galette à l'ancienne devrait vous aider considérablement à supporter les fêtes en famille chez mémé Jacqueline.
C'est-y pas une bonne nouvelle, ça?


Avonmore
Avonmore
Prix : EUR 14,99

23 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Av-al-on more ?, 24 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Avonmore (CD)
En elle-même, la pochette d’Avonmore est un vrai manifeste (Manifesto?).
Bryan Ferry, bientôt septuagénaire, y apparaît en jeune homme propre sur lui, comme il apparaissait en public à la fin des années 70. C’est clair : le vieux musicien a décidé cette fois de se souvenir du temps où il était un créateur de pop « branchée » et, de fait, avec cet album il ressuscite bien des sonorités entendues dans sa discographie il y a longtemps… très longtemps.

Les deux premiers morceaux Loop de Li (écoutable sur Youtube depuis des mois) et Midnight Train sonnent d'ailleurs comme des outtakes de la période Flesh & Blood/Boys & Girls. Mélodies élégantes, élégamment rythmées servies sur nappes synthétiques soyeuses avec bribes de guitares racées. Les réminiscences sonores ne doivent rien au hasard, puisque Nile Rodgers et Marcus Miller, qui avaient collaboré avec Ferry au milieu des 80s, ont été invités au cocktail musical. (Avec Flea, Maceo Parker, Mark Knopfler et Ronnie Spector).
Vient Soldier of Fortune, co-écrit avec Johnny Marr, dont la six cordes est également de la party. La voix se fait plus fatiguée, plus « âgée », mais l’élégance est là, teintée de spleen et de lassitude aristocratique.
Driving Me Wild, qui vient ensuite, conserve un peu de cette tonalité désabusée, même si les rythmes – légèrement empreints de reggae – sont cette fois résolument tournés vers la New Wave à l’ancienne. Agréable, mais un peu convenu.
A Special Kind of Guy, avec ses claps synthétiques et ses nappes synthétiques évoquent un peu plus Avalon, malgré une production moins aérienne que sur le disque de Roxy. La voix très grave, se perd dans un souffle, mais le refrain s’imprime bien dans les neurones embrumés par le champagne. Joli coup !
Avonmore, le morceau éponyme, nous livre un riff de guitare manzaneresque en delay staccato plus vrai que nature (est-ce vraiment Manzanerra ? Gilmour ?). Le beat orienté dancefloor se fait plus nettement disco, mais les nappes de synthé en arrière-plan nous maintiennent malgré tout en apesanteur.
Et puis il y a Lost. LA balade ferryenne incontournable. Sortez les chaussons, les slows sont annoncés dans le salon. Vous allez pouvoir emplir vos poumons de ce délicat mélange de transpiration et de Channel N°5 que dégage votre partenaire à la chevelure peroxydée. Rien de bien nouveau évidemment, mais comment voudriez-vous que Ferry fasse l’impasse sur ce genre de morceau de tendresse sous cellophane ?
One Night Stand, avec son riff de bass funk primitif et efficace (Miller ou Flea ?) nous ramène ensuite à la période Manifesto. Une impression confirmée par des cœurs féminins estampillés pures seventies. Des éclats de "Casanova" et de "Don’t Stop The Dance" flottent dans l’air.
Et l’album s’achève sur deux reprises. Send In The Clowns tout d'abord, le classique de 73 signé Stephen Sondheim (repris notamment par Streisand, Sinatra et bien d’autres). La modernisation de ce tube de broadway n’est pas totalement convaincante, mais le morceau reste agréable et Ferry – malgré une voix très voilée – se l’approprie avec talent.
Enfin, Johnny & Mary, le hit du regretté Robert Palmer - immortalisé en France par la publicité pour une grande marque de voiture - a droit à une magnifique reprise rêveuse et délicate en forme de crescendo, dans un style qui rappelle Angelo Badalamenti. Une collaboration réussie avec le producteur norvégien Todd Terje.

Alors ?
Alors, oui, Avonmore est un excellent album de Bryan Ferry. Un peu dans la même lignée que le précédent – Olympia – mais je le trouve personnellement un peu plus abouti.
Avec la complicité de son producteur historique Rhett Davies, le dandy confirme qu’il ne cherche plus à se faire passer pour l’artiste qu’il n’est pas. Il sait désormais dans quel genre musical il excelle vraiment. Et si ce disque évoque souvent le Roxy Music d'antan, l'évocation n'a jamais rien de forcée.
Rappelez-moi encore qui était le leader de Roxy ?...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 27, 2014 8:06 AM CET


More (Discovery Edition)
More (Discovery Edition)
Prix : EUR 12,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Toujours plus..., 19 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : More (Discovery Edition) (CD)
Quand ce disque est sorti, en 69, je n'étais encore qu'un gosse.
Mais, semaine après semaine, je l'ai entendu passer et repasser sur l'électrophone de mon grand frère, le gars aux cheveux longs que tout le monde regardait bizarrement. Et, petit à petit, j'ai appris à l'adorer et il s'est inscrit dans mes gènes. A tel point que plus de 40 ans plus tard, je finissais par me demander si tout l'amour que je portais à cette bande originale de film, un pur produit de commande, n'était pas qu'une séquelle de ma nostalgie. Alors, je l'ai réécouté.
La réponse est non.
Ce disque est magnifique... même si ce n'est pas une oeuvre "typique" du Pink Floyd acclamé par les médias grand public.
Sorti juste après Saucerful Of Secrets, à une période ou David Gilmour s'était résolu finalement - avec plus ou moins de réserve - à remplacer Syd Barrett, More est un album de transition. Il est aussi la preuve absolue que le groupe pouvait survivre à la perte de son leader.
Le Floyd ne savait pas très bien où il allait et il tâtonnait dans l'obscurité, essayant tout et n'importe quoi. Échouant parfois. Réussissant souvent.

Une réussite qui commence par le bouleversant Cirrus Minor qui ouvre la face un. Une pastorale aérienne à la guitare sèche, bercée par des chants d'oiseaux, qui s’abîme dans de longues nappes de l'orgue Farfisa de Rick Wright. Sublimissime.
Puis arrive le morceau le plus "rock" jamais enregistré par le groupe: The Nile Song. Une chanson presque "metal" chantée à tu-tête par un Gilmour qui fracasse l'air d'accords distordus.
En contraste total, c'est alors que le vibraphone brumeux de Crying Song prend le relais pour une balade lysergique, tellement psychédélique que de l'eau pure en deviendrait hallucinogène.
Puis, on a droit à la première "expérience" sonore, censée servir d'accompagnement au film de Barbet Schroeder pour lequel les musiciens travaillaient. Up The Khyber. Pas inintéressant, pas passionnant, mais correspondant à une époque. Le disque propose une kyrielle de morceaux de ce genre, plus ou moins bruitistes, bluesies ou hispanisants qui sont à considérer un peu comme des compositions "pré ambient", à consommer dans une douce quiétude ad hoc, sans trop d'exigence.
Après cette pause en demi-teinte, on a aussitôt droit à un double uppercut, avec deux des meilleures balades composées par le Floyd au cours de toute sa carrière: l'acoustique et tendre Green is The Colour chantée par Waters et l'atmosphérique Cymbaline portée par la voix de Gilmour (avec ce refrain fabuleux "It's high time, Cimbaline, please wake me."). J'en ai toujours des frissons après toutes ces années.
Alors, oui, le reste de l'album est plus dispensable, malgré un excellent rock psyché avec des lignes de guitare en fusion (Ibiza Bar). Mais cela ne retire rien au charme absolu de ce disque, symbolique de la fin des années soixante, une période où les drogues dures commençaient à gagner du terrain et à entraîner insensiblement les utopies hippies vers le chaos d'Altamont.
More, le film de Barbet Schroeder, malgré ses maladresses, a conservé un certain charme grâce à la beauté à couper le souffle de l'actrice Mimsy Farmer et aux paysages sauvages d'Ibiza écrasés de soleil.

Le disque du Floyd, lui, est resté un trip intégral, jailli d'une époque où la jeunesse de 68 croyait encore pouvoir changer le monde par l'amour, alors que les marchands du temple se préparaient déjà à prendre le pouvoir.
A l'époque, Gilmour, Waters, Wright et Mason incarnaient un idéal et beaucoup de jeunes de leur âge les voyaient comme des chercheurs sonores - un peu fous et totalement désintéressés - en quête d'une pierre philosophale psychédélique.
Depuis, ils sont devenus milliardaires.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : May 5, 2015 1:36 PM MEST


Rock 'N Roll Outlaw
Rock 'N Roll Outlaw
Prix : EUR 14,63

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Heavy Slide'n'Punk!, 14 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Rock 'N Roll Outlaw (CD)
Oui, il est possible de marier une slide guitar blues avec des rythmiques punk tout en produisant un des rocks heavy les plus revigorants qu'ait jamais connu la planète natale de Nadine Morano.

En pointe de ce mythique combo de kangourous énervés, on trouve l'immense (mais tout petit) Angry Anderson. Un gars qui s'est essayé au cinéma (on le voit en chef de gang malpoli dans Mad Max et le Dome du Tonnerre), mais dont le premier talent est de s'arracher la gorge en hurlant des insanités. Un teigneux dont on se dit qu'il pourrait déraciner un séquoia s'il en éprouvait l'envie.
Car Angry Anderson est - lui-même - un géant du rock dur. Il y a eu de meilleurs vocalistes, de plus belles voix, des poumons plus puissants, mais jamais autant de rage n'a été concentrée dans un aussi minuscule bloc de muscles couvert de tatouages.
Derrière lui, une rythmique simpliste et efficace, façon AC/DC des débuts. Normal puisque Rose Tatoo partage le même management.
Mais il y a aussi le deuxième élement-clé de ce gang de tueur: Peter Wells, l'homme qui utilise son bottleneck comme un tranchoir à viande. Ses riffs sont des rasoirs rouillés, ses solis des pals en acier inoxydable. Ce mec est incroyable.

Le répertoire, maintenant:
Le disque s'ouvre avec "Rock'n'roll Outlaw" un morceau de rock presque normal, avec un riff un peu déséquilibré et un refrain entêtant juste comme il faut.
Vient ensuite "Nice Boys", un beat punky qui ferait pleurer les Supersuckers et un son de slide qui rappelle George Thorogood en 1000 fois plus méchant.
En troisième place, le fabuleux "The Butcher and Fast Eddy", le récit sur fond de blues pesant et cradingue d'une bagarre entre deux horribles des bas-fonds de Sidney. Une bagarre qui va se finir en massacre et dont le vainqueur sera le plus horrible des deux.
Pour le reste, je vous laisse découvrir. Suffit de dire qu'il n'y a pas de déchet, pas de filler dans cette grenade à fragmentation datant de 1978.

Les Tatoo auraient dû être aussi grands que le groupe des frères Young.
Cela n'a pas pas été le cas.
La faute à pas de chance, à une propension exagérée à rechercher systématiquement le coma éthylique, à une incapacité à rester ensemble... et aux rêves de cinéma d'Anderson.
Depuis 78, les Rose Tatoo ont sorti une grosse poignée d'autres disques, souvent assez sympas. Mais aucun n'a jamais retrouvé la furie brutale de cette première fois. Des anciens membres se sont effondrés, d'autres sont morts.
Et il ne reste finalement que ce disque au goût de gnôle et de sang en témoignage d'un temps où le monde aurait très bien pu se couvrir de tatouages.

Et comme le dit Angry Anderson dans "Nice Boys":
"Nice boys don't play rock'n'roll. I'm not a nice boy!"
Right on, man.


Storytone (Edition limitée 2cd)
Storytone (Edition limitée 2cd)
Prix : EUR 15,99

14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Neil que j'aime... mais seulement en Edition Limitée!, 8 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Storytone (Edition limitée 2cd) (CD)
Après un enregistrement malheureusement anecdotique avec Jack White, Neil Young se lance à nouveau sur la grande piste de la découverte et il nous (me) donne un disque remarquable comme on n'osait plus en espérer. Émouvant, intimiste, nostalgique (mais pas trop) et tout simplement enchanteur.
Il faut dire que Young traverse une nouvelle étape importante de sa vie. Il s'est une nouvelle fois brouillé avec Crosby, il vient de se séparer de sa femme Peggi, avec laquelle il était marié depuis 36 ans. On lui prête une histoire avec une actrice nettement plus jeune que lui. Et il vient de sortir un second bouquin autobiographique qui parle surtout d'automobiles.
Le vieil ours a encore un cœur qui bat!
Si vous avez lu les autres commentaires, vous savez déjà que dans cette "Edition limitée", le vieux briscard nous offre des morceaux en version solo, dénudés à l'extrême, avec guitare, ukulélé, banjo, piano, harmonica.
Cela va de la "réflexion pop" (Plastic Flowers) à la chanson folk façon années 20, jusqu'au blues crasseux (Like You Used to Do), sans oublier le folk sixties (le magnifique When I Watch You Sleeping).

Pour moi, c'est CE disque qui est le VRAI Storytone. L'autre disque (la version normale) étant plutôt un bonus, dépourvu de la puissance brute de cette galette en solitaire.

Le chanteur a une voix plus fragile et le guitariste ne tente plus trop des prouesses en picking. Mais il y a une force dans ces interprétations qui prouvent que l'interprète, s'il a le visage ridé et des cheveux gris de plus en plus rare, possède toujours une réelle conviction dans son art.

Contrairement à d'autres, je ne retrouve pas le Neil Young d'Harvest, un disque où les morceaux étaient plus léchès et aussi foncièrement "juvéniles". Je perçois plus le Young mélancolique de Journey Through The Past, sans les délires de Jack Nitsche.
Les morceaux sont pratiquement tous poignants et évocateurs des grandes années du Canadien. Sans faire pour autant "remake".
Après l'excellent Croz de Crosby, Young démontre qu'il est loin de n'être qu'une gloire passée.

Maintenant ajoutez à ça un album avec des versions "accompagnées" des mêmes morceaux, avec soit un orchestre symphonique, soit un big band/groupe rock (façon "This Note's For You").
Et ces versions remaniées n'ont rien d'artificielles, mêmes quand elles sont un peu maladroites (Say Hello To Chicago), elles ajoutent de nouvelles facettes aux versions acoustiques (ex.: All Those Dreams ou encore Tumbleweed avec cette phrase "I'm glad I've found you" qui semble directement faire référence à son vécu actuel).
Magnifique!

Vous n'attendiez plus rien du vieux Neil?
Vous auriez dû vous méfier.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (15) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 20, 2014 12:11 PM CET


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