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Contenu rédigé par Constantin Dec...
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Commentaires écrits par
Constantin Declercq "Constantin Declercq"

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Don Quichotte
Don Quichotte
par Alonso Fernandez de Avellaneda
Edition : Broché
Prix : EUR 35,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une curiosité dont le seul défaut est de se mesurer au véritable don Quichotte, 14 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Don Quichotte (Broché)
Le "Don Quichotte" apocryphe est bien sûr d'un intérêt certain même s'il ne remplace pas la deuxième partie du livre de Cervantès.

L'auteur est plus coupant, plus rigide moralement que Cervantès et aime moins ses personnages en particulier Sancho qui devient une sorte de bouffon grossier. La cruauté et la vulgarité, absentes chez Cervantès, reviennent souvent ici. Pourtant, Avellaneda semble plus s'intéresser à Sancho qu'à Don Quichotte qui n'est parfois qu'un fou. La fin est d'ailleurs glaçante car le héros finit dans un asile, ce qui est d'ailleurs un contresens par rapport aux intentions de Cervantès. Son "Don Quichotte" étant un roman sur la littérature et la lecture ainsi que sur leur emprise sur la vie du lecteur, en aucun cas le héros ne pourrait finir enfermé.

Si Avellaneda mène assez bien ses histoires et n'a pas un style désagréable, il n'a pas l'ampleur de Cervantès et ce qui manque surtout à sa suite est la mise en abyme présente dans la véritable seconde partie car c'est là que don Quichotte et Sancho rencontrent des gens qui les ont lus, montrant qu'ils savent donc qu'ils sont des personnages de roman ; à partir du chapitre 59 (d'abord dans l'auberge puis après dans l'imprimerie de Barcelone), Avellaneda est considéré par don Quichotte et Sancho comme un imposteur qui ment et ils n'auront de cesse de différencier leurs vraies aventures des fausses, comme si seules ces dernières étaient du domaine de la fiction. Ce qu'a souligné Thomas Mann, et qui fait de don Quichotte un héros unique dans la littérature (un personnage de fiction qui sait qu'il est un personnage de fiction), est donc, logiquement absent de l'oeuvre d'Avellaneda.

La traduction française que Lesage a faite d'Avellaneda est un bijou de l'époque ; toutefois, on peut en dire autant de celles d'Oudin ou de Viardot qui ont traduit le véritable "Don Quichotte". Et finalement, si l'on aime Lesage, il me semble qu'il vaut mieux lire son roman postérieur "Gil Blas de Santillane" d'autant plus que sa traduction d'Avellaneda est loin d'être fidèle (il retranche des épisodes et en rajoute d'autres).

Enfin, le petit paragraphe introducteur du livre qui commence par "Alors qu'il n'avait pas encore publié, ni peut-être même écrit la Deuxième Partie de " Don Quichotte ", Cervantès..." est absolument faux. La première partie du livre se termine sur une fin ouverte avec de pseudo-épitaphes qui ne rendaient pas forcément nécessaire une deuxième partie mais qui sont en même temps un prologue à une troisième sortie de don Quichotte. Quoi qu'il en soit la deuxième partie a été commencée entre 1606 et 1612, sûrement en 1609 et elle est officiellement annoncée en 1613 dans les "Nouvelles exemplaires". On calcule par ailleurs que Cervantès a lu Avellaneda en septembre 1614 -et comme il en parle au chapitre 59 de la deuxième partie, on suppose généralement qu'il en était à ce stade dans son roman. La phrase qui sert d'introduction à l'édition Cadratin est donc fausse : Avellaneda a accéléré la publication de la deuxième partie, sans plus.

Lire Avellaneda est donc très intéressant mais ne se fait malheureusement pas pour le roman en soi. Il en est de même pour de nombreuses suites apocryphes d'oeuvres littéraires du siècle d'or espagnol, les plus célèbres étant celle-ci et la suite de "Lazarillo de Tormes". Ce n'est donc qu'une curiosité.


Le Roman-feuilleton français au XIXe siècle
Le Roman-feuilleton français au XIXe siècle
par Lise Queffélec
Edition : Broché

5.0 étoiles sur 5 Essentiel, 3 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Roman-feuilleton français au XIXe siècle (Broché)
Excellente analyse divisée chronologiquement (1836-1866, 1866-1875, 1875-1914). Les auteurs et leurs oeuvres y sont analysés : Sue, Dumas, Féval, Ponson du Terrail et même des auteurs moins connus comme Frédéric Soulié ou d'autres très connus qui en ont écrit (Balzac, Sand). L'auteur s'intéresse aussi aux formes et contenus du feuilleton ainsi qu'à sa réception critique. Le texte est disponible sur etc.dal.ca/belphegor/vol7_no1/fr/livre.


Le Livre noir de la gastronomie française
Le Livre noir de la gastronomie française
par Aymeric Mantoux
Edition : Broché
Prix : EUR 19,30

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Un catéchisme fait d'une accumulation de poncifs mal écrits et pontifiants, 27 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Livre noir de la gastronomie française (Broché)
Les deux auteurs de ce livre sont des journalistes travaillant pour une obscure revue masculine que vous avez peut-être entr'aperçue chez votre coiffeur, une revue qui n'est guère qu'un nombre impressionnant de publicités parsemé de quelques articles. Nous sommes donc face à un livre très mauvais avant tout parce qu'il est peu étayé et qu'il est mal écrit.

Tout d'abord, en intitulant leur ouvrage « livre noir », ils usurpent une dénomination qui a commencé avec le « Livre noir du communisme » qui était, lui, un véritable travail de recherche. Dans le cas de ce livre-ci, nous sommes simplement face à des opinions de comptoir écrites en gros caractères sur 300 pages, brodées sur le suicide du chef Bernard Loiseau : comme ces messieurs sont des journalistes et qu'ils ont donc des appuis, leurs opinions sont publiées. Malheureusement elles ne sont ni originales ni intéressantes. Pire encore, elles sont d'un conformisme affligeant (les grands chefs, le guide Michelin et les critiques gatronomiques sont pour eux des escroqueries) : nous sommes en plein dans l'idéologie petite-bourgeoise qui n'a de cesse de détruire ce qui est établi car trop « bourgeois ». Bien sûr, ce livre a été publié de nos jours (2011) ce qui fait que son conformisme se doit d'avancer sous le masque de l'anti-conformisme au nom de la modernité. En effet tout défenseur de la cuisine est un lepéniste : Jean-Luc Pettrenaud « grand représentant de cette France cadenassée du saucisson et de la nappe à carreaux » (sic) fait du poujadisme par exemple. Maurras et Barrès sont bien sûr conviés pour appuyer tout cela, alors que l'on peut être sûr que les auteurs n'ont lu ni l'un ni l'autre. Dans cette logique tout ce qui serait perçu comme trop français est alors suspect de tous les crimes. C'est pour cela que l'on a donc Anglais ou Danois portés au pinacle (quand on sait ce que signifie essayer de trouver un bonne table dans ces deux pays, cela laisse rêveur). Ce n'est cependant pas très étonnant : ce genre de personnes roule toujours pour l'Empire du nord, ces pays où la vie est systématiquement érigée en modèle par la petite bourgeoisie française intellectuellement prolétarisée.

Le fait qu'ils pensent informer le lecteur en devient presque touchant : par exemple, le premier chapitre est une longue critique de TF1. Mon Dieu, que c'est original, j'en reste pantois ; comme si dire du mal de cette chaîne n'était pas, justement, le cliché par excellence. Par ailleurs, et cela montre leur déontologie, les auteurs ne reculent pas devant le mensonge en disant que Curnonsky se serait suicidé (ce qui est faux) parce que son époque l'avait ringardisé (ce qui est aussi faux). Et comme les auteurs sont des journalistes incapables de sortir de leur petit monde, on a le droit dans les derniers chapitres aux bons points decernés aux journalistes grastronomiques mais aussi à de la publicité pour un groupe obscur de gastronomes (un des auteurs en est le cofondateur, tiens donc) dont le nom est systématiquement suivi du petit R signifiant « marque commerciale enregistrée ». Délicieux, surtout de la part de gens ayant pourfendu l'orgeuil et la pusillanimité des autres tout au long des pages ayant précédé.

Enfin, ce qui décribilise encore plus ce qu'ils écrivent est comment ils l'écrivent ; en voici un exemple à propos de la troisième étoile d'un chef : « Laquelle lui permettra de retrouver fissa des partenaires industriels pour créer bistrot, complexe de loisirs, golf et hôtel de luxe. Spirale de la réussite que viendra immédiatement enrayée une nouvelle gamelle en janvier 2007 ». Si la faute « enrayée » vaut son pesant d'or tout comme la structure des deux phrases sans proposition principale, le niveau de langue familier, qui est celui du livre dans son entier, montre sans détour ce à quoi il se réduit : des propos de café du commerce.


Diana Ross [1976]:Special Edit
Diana Ross [1976]:Special Edit
Prix : EUR 25,10

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un superbe écrin pour "Love hangover", 13 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Diana Ross [1976]:Special Edit (CD)
Cet album, un des meilleurs de la chanteuse n'était disponible en cd que dans une édition nord-américaine de 1989 de qualité moyenne. Cette réédition est donc plus que bienvenue.

L'album s'ouvre sur le très beau slow «Do you know where you're going to» extrait du film "Mahogany" que Ross venait de tourner. Il est suivi de «I thought it took a little time» (originellement le premier simple) mais le morceau de résistance est le troisième titre, le magistral «Love hangover» qui commence comme une ballade pendant 2:45 pour devenir une chanson disco pendant un peu plus de cinq minutes. Les trois premières chansons de la face 2 du vinyle forment un tout : «You're good my child», «One love in my lifetime» et «Ain't nothin' but a maybe» sont des chansons rythmées au disco encore très proche du R&B (nous sommes au tout début de 1976). Restent le jazzy «Kiss me now», le slow «After you» et la reprise du broadwayien «Smile». L'album est remarquable de simplicité et d'énergie grâce à la section rythmique dynamique accompagnant la chanteuse qui est, elle, absolument irrésistible, avec cette voix à la fois fragile et assurée parfaitement mise en valeur.

Les 24 titres en bonus sont comme d'habitude chez Hip-O Select destinés aux collectionneurs. Les versions raccourcies pour les 45 tours d'origine sont en fait remixées (même si les différences sont mineures). Chaque titre est redoublé d'une version dite "Alternate version" qui est la version avant le mixage final. Là aussi, les différences ne sont pas fondamentales : les chansons sont un peu plus longues avec plus de parties non-chantées. Dans le cas de "Love hangover", c'est l'inverse puisque l'on a la version d'origine où la chanteuse chante presque de manière ininterrompue, sans les moments purement instrumentaux de la version finalement sortie en 1976. De plus la chanson se termine naturellement (la chanteuse et les instruments s'arrêtent en douceur), sans la réduction progressive du son habituelle. Cette version était partiellement connue puisque c'est celle qui a servi de base à un remix de 10 minutes datant de mars 1979 fait par Bobby Guttadaro pour Disconet (disponible officiellement sur le double cd "diana" dit "Deluxe" de 2003) ; elle a été reprise pour d'autres remixes comme celui de PWL (1988), celui de Frankie Knuckles (1993) et celui de Joey Negro (1993). À mon avis la simple présence de cette version justifie l'achat du double cd. Les titres véritablement inédits sont au nombres de trois et sont plus anecdotiques. Le dernier est un entretien avec Ross enregistré pour occuper les passagers de avions TWA.

1. Theme From Mahogany (Do You Know Where You're Going To) 3:24
2. I Thought It Took A Little Time (But Today I Fell In Love) 3:25
3. Love Hangover 7:49
4. Kiss Me Now 2:45
5. You're Good My Child 3:36
6. One Love In My Lifetime 3:40
7. Ain't Nothin' But A Maybe 3:27
8. After You 4:11
9. Smile 3:00
10. Sorry Doesn't Always Make It Right (Single Version ) 3:33
11. Together (Single Version) 3:18
12. I Thought It Took A Little Time (But Today I Fell In Love) (Single Version Motown A-side M-1387 F, 1976) 3:21
13. Love Hangover (Single Version Motown A-side M-1392 F, 1976) 3:49
14. One Love In My Lifetime (Single Version Motown A-side M-1398 F, 1976) 4:04
15. To Love Again (Alternate Version) 4:34
16. We're Always Saying Goodbye (Alternate Version) 2:36
17. This Christmas (Alternate Version) 4:10
18. Coming Home (from Japanese Coca-Cola promotional flexidisc 5F-5122, 1975) 1:44

19. Theme From Mahogany (Do You Know Where You're Going To) (Alternate Version #1) 3:26
20. I Thought It Took A Little Time (But Today I Fell In Love) (Alternate Version) 3:58
21. Love Hangover (Alternate Version) 8:17
22. Kiss Me Now (Alternate Version) 2:59
23. You're Good My Child (Alternate Version) 4:37
24. One Love In My Lifetime (Alternate Version) 4:41
25. Ain't Nothin' But A Maybe (Alternate Version) 4:01
26. After You (Alternate Version) 5:01
27. Sorry Doesn't Always Make It Right (Alternate Version) 3:36
28. Together (Alternate Version) 4:20
29. Theme From Mahogany (Do You Know Where You're Going To) (Alternate Version #2) 4:06
30. Harmony 3:45
31. Le Lo Li 3:26
32. Go Where Your Mind Is 3:24
33. Diana Ross Interview 15:50
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Le Grand Remplacement
Le Grand Remplacement
par Renaud Camus
Edition : Broché

59 internautes sur 64 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une lucidité aiguë et courageuse, 16 novembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Grand Remplacement (Broché)
Au nom du capitalisme sauvage le plus cynique et d'une idéologie prétendument progressiste poussée à ses extrêmes, ceux qui nous gouvernent ainsi que leurs valets des médias et de la publicité ont imposé au peuple français ce que Camus appelle d'une formule brechtienne « le Grand Remplacement », c'est-à-dire le remplacement d'un peuple (les Français) par les autres (tous, ceux du Tiers-Monde essentiellement) sur son propre territoire, historiquement et culturellement défini (la France donc, ce territoire sur lequel sont morts 15 milliards de personnes depuis le début de l'histoire d'après Chaunu). Saluons le courage de Camus de s'élever contre l'idéologie régnante et de s'y tenir avec le talent et la lucidité que nous lui connaissons. Il fait ici une synthèse claire, lumineuse et admirablement construite de la situation dramatique actuelle, avec des exemples et des arguments indiscutables qui illustrent l'immense mensonge qu'un peuple est obligé d'ingurgiter, préparé en cela dès l'école (qui ne lui enseigne plus l'histoire pour mieux le décérébrer) et forcé d'utiliser une langue qui en ne voulant plus rien dire est paradoxalement révélatrice.

Ce livre, parce qu'il froisse plus d'un petit maître prêchant le dogme établi, est difficile à obtenir. En ce qui me concerne, je ne l'ai trouvé que sur Amazon. Je suis allé dans plusieurs grandes librairies parisiennes qui ne le distribuent évidemment pas : comme me l'a dit un vendeur boulevard Saint-Michel (chez « JG le bleu »), « on n'est pas obligé de tout vendre », litote délicieuse, et tellement dans l'air du temps, établissant clairement que certaines censures sont meilleures que d'autres.
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Décivilisation
Décivilisation
par Renaud Camus
Edition : Broché
Prix : EUR 17,30

72 internautes sur 75 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Des analyses toujours très pertinentes, 5 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Décivilisation (Broché)
Cet essai reprend des idées que l'auteur a déjà énoncées dans les volumes de son journal et prolonge certains de ses livres comme "La Grande déculturation", "La Dictature de la petite bourgeoisie" ou le "Répertoire des délicatesses du français contemporain". Il est écrit d'une seule traite, sans divisions ni chapitres, un sujet en amenant un autre. Contrairement à d'autres livres de l'auteur, il est dépourvu d'index : retrouver un passage précédemment lu est donc relativement moins aisé.

Camus fait partie de ces rares intellectuels qui ont le courage de dénoncer l'idéologie de plomb qui régente implacablement la vie des Français actuels, idéologie dont les quatiers généraux se trouvent entre autres à la Maison de la Radio ou dans les couloirs du "Monde" mais aussi dans chacun des établissements scolaires de France. L'auteur décrit parfaitement la régression que nous sommes en train de vivre, ces reculs de civilisation que nous avons tous constatés au quotidien et qui forment un tout. Il nomme cette régression et ses différentes manifestations de manière sobre, réfléchie, lumineuse, sans tomber dans une analyse idéologique politiquement marquée. Bête noire de la bien-pensance, Camus est sûrement l'auteur qui en décrit le mieux les mécanismes destructeurs : j'irais jusqu'à dire que son acuité en fait le Saint-Simon de notre époque (les 24 + 4 volumes de son journal en sont l'illustration). Le livre est dédié à Millet, qui comme lui dénonce la dictature idéologique actuelle ; cependant, contrairement à Millet, Camus n'est pas catholique (ou du moins dans ses livres il apparaît comme athée ou agnostique).

Quant au style, il est moins classique qu'il n'y paraît à première vue : sous les différentes strates de perfection lexicale* et grammaticale, poignent irrémédiablement les souvenirs de l'avant-garde littéraire des années 70 de laquelle il faisait partie. Camus n'est pas un réactionnaire stylistique (ni même idéologique) comme voudraient le faire croire ses détracteurs -qui ne l'ont pas lu- à un public qui tombe plus facilement sur leurs opinions que sur ses livres : "Décivilisation" est fidèle à ses prédécesseurs et s'inscrit dans un œuvre dédié à la réécriture et à ses prolongements.

Toutes ces raisons font de Camus le meilleur écrivain actuel et (il me semble) celui que la postérité retiendra comme le plus important.

*Notes désagréables de bas de page :
Les seuls défauts que je trouve à ce livre sont de l'ordre du détail : une utilisation abusive de l'adverbe « assez » (« assez inquiétante », « assez rare », « assez typique ») et beaucoup trop de mots en anglais dans le texte (que sont les « lower orders » ?) y compris des citations (Gracián est traduit mais pas Ph. Sidney ; doit-on donc être anglophone pour lire un livre en français ?). Et puisque j'y suis, j'ai toujours trouvé Camus étonnamment indulgent avec le monde anglophone et en particulier avec les États-Unis, alors que leur rôle dans la débâcle actuelle n'est sûrement pas négligeable. Pour en revenir au vocabulaire qui m'a étonné sous sa plume, Camus utilise une fois l'inexcusable anglicisme "en charge de" et le très connoté "malpoli(es)".

Enfin, il y a deux fautes de frappe, qui ne sont pas dues à l'auteur, mais qu'un livre de cet auteur doit justement éviter : « moyen âge » s'écrit traditionnellement sans majuscule et le poète Sidney n'a qu'un seul "y" à son nom.
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The Right Combination
The Right Combination
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 31,95

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Panachage de soul et de disco, 12 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Right Combination (CD)
"The right combination", l'album de duos entre Linda Clifford et Curtis Mayfield, sorti à l'origine début 1980, a été réédité en un double cd par Sequel en 1999. Il contient les sept chansons d'origine et onze bonus (des chansons de Clifford comme de Mayfield) et sur un autre cd un entretien avec Mayfield. Parmi les bonus concernant Clifford il y a un titre de 1973 écrit par Mayfiled, deux de 1975, «Broadway gypsy lady» (écrite par Mayfiled), une version courte de «Gypsy lady» (inédite), «You are you are» (les trois de 1978), le très bon «Hold me close» (écrite par Mayfiled) et «I can't let this good thing get away» (toutes deux de 1979). Concernant Mayfield, il y a sa propre version de «You are you are», «This year», un 45 tours de 1979 (sur aucun album) et «Tomorrow night for sure», un très bon titre disco de 1979 qui n'avait pas été inclus sur son album de 1979 et qui n'avait refait surface que sur une compilation de 1990. Le second cd est un entretien radiodiffusé de 25 minutes que Mayfield avait donné en 1972.


Runaway Love
Runaway Love

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 De l'excellent disco, 12 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Runaway Love (CD)
"Runaway love, the Curtom anthology" est le troisième double cd des rééditions des albums disco de Linda Clifford par Sequel. Le premier cd se présente comme une compilation de 45 tours. On y trouve donc 15 versions courtes, y compris deux chansons de 1973, deux de 1975 et deux duos avec Curtis Mayfield. En plus «From now on» et «Runaway love» sont en version longue (ce qui fait 17 chansons en tout). Les grands succès "If my friends could see me now", "Bridge over troubled water" et "Shoot your best shot" y sont en version courte (mais la dernière est en version longue sur le second cd).

Le second cd est dévolu à l'album de 1980," I'm yours" réalisé en majeure partie par Isaac Hayes. Il inclut aussi "Red light", chanson à l'origine sur la B.O. de "Fame" en version longue. Cette chanson écrite par Dean Pitchford et Michael Gore a une petite sœur, "All the man I need", disponible sur l'album suivant de Clifford, "I'll keep on loving you" (et devenue un gros succès pour Whitney Houston en 1990). On ne trouve l'album "I'm yours" en cd que sur cette réédition.


Linda/If My Friends Could See Me Now
Linda/If My Friends Could See Me Now
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 75,95

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 De l'excellent disco, 12 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Linda/If My Friends Could See Me Now (CD)
Cette réédition britannique propose simplement les deux albums tels qu'ils sont sortis en 1977 et 1978. Ni versions courtes ni versions longues supplémentaires donc.

"Linda" (1977) est le premier album de la chanteuse, un disque essentiellement de reprises (Al Green, Stevie Wonder mais aussi les Bee Gees et Rod Stewart). «From now on» (reprise de Lou Rawls) est le meilleur titre de l'album, superbement réalisé : sur un rythme entraînant de disco orchestré mais qui sait rester authentiquement râpeux, Clifford chante ou parle avec sensualité et expressivité, relayée par ses choristes, les Jones Girls. «You can do it», «One thing on my mind» et «I'm still in love with you» (reprise du succès d'Al Green) sont aussi des réussites.

L'album suivant est "If my friends could see me now" de 1978. Il s'ouvre sur «If my friends could see me now» un des sommets du genre, magistralement disco. Cette reprise de la comédie musicale "Sweet Charity" (une adaptation broadwayienne des "Nuits de Cabiria" de Fellini sortie en 1966), est à cet égard un des plus beaux morceaux de soul-disco où sur un rythme entraînant (128 bpm) encadré par les violons et les cuivres et souligné d'effets synthétiques, la chanteuse déploie toutes les nuances de sa voix en crescendo. «Runaway love» est lui un grand classique beaucoup plus soul avec des paroles en partie parlées. Curtis Mayfield a écrit deux titres réussis : «Broadway gypsy lady» et «You are you are» (qu'il enregistrera lui-même peu après sur son album "Do it all night"). «You are you are» a connu une seconde carrière en 1984 en Angleterre.


Let Me Be Your Woman/Heres My Love
Let Me Be Your Woman/Heres My Love
Proposé par FRMusicFiendz
Prix : EUR 98,92

4.0 étoiles sur 5 De l'excellent disco, 12 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Let Me Be Your Woman/Heres My Love (CD)
Linda Clifford est une des grandes chanteuses du disco les plus appréciées des initiés surtout qu'elle a refait surface à partir de 1999 avec de réguliers succès de discothèque. Sequel a donc profité de cela pour rééditer ses excellents albums de la période Curtom. Chaque précieuse réédition fait deux cd (un par album réédité) et possède un livret complet. Les deux albums de 1979 (printemps et automne) de Clifford sont disponibles sur ce double cd.

"Let me be your woman" est un véritable brulôt disco avec quatre chansons très longues («Bridge over troubled water» 10:20, «Don't give it up» 9:20 «Sweet melodies» 7:55 et «One of those songs» 11:40). Il s'agit de celles sorties à l'époque sur une des deux versions de l'album, le double vinyle. "Let me be your woman" contient donc la reprise réussie de "Bridge over troubled water", sa face 2 d'origine écrite par Curtis Mayfield, le très bon "Hold me close" et l'excellent «One of those songs». Cette chanson est à l'origine une chanson composée par le Français Gérard Calvi sur son album "Le bal de Mme de Mortemouille" qui avait été traduite pour Broadway en 1958. Elle est ici traitée dans le style de "If my friends could see me now" sur l'album de 1978 de Clifford. "Don't give it up" est elle dans la lignée de "Runaway love" (1978 aussi) et a des paroles en partie parlées. La version de «Don't give it up», bien que longue, n'est pas la version promotionnelle du maxi d'origine qui a une minute d'introduction en plus.

"Here's my love", qui a eu moins de succès en son temps, n'a été réédité en cd que sur ce double cd. L'album est plus varié que le précédent en particulier grâce à Norman Harris et Ronald Tyson, réalisateurs artistiques de «Repossessed», «Bailin' out» et «King for a night» (seulement en version courte et pas en version longue). Curtis Mayfield a lui réalisé la chanson-titre.

Un défaut de taille : les chansons de "Let me be your woman" ont chacune perdu une seconde d'introduction quand on les passe une par une (mais bizarrement pas si on les écoute toutes les unes à la suite des autres).


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