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Contenu rédigé par Alastor78
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Commentaires écrits par
Alastor78 (France)
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Spring Breakers [Blu-ray]
Spring Breakers [Blu-ray]
DVD ~ James Franco
Prix : EUR 15,00

16 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un des meilleurs films de l'année et un des meilleurs films sur la jeunesse américaine contemporaine, 8 juillet 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Spring Breakers [Blu-ray] (Blu-ray)
Les anciennes critiques du film ayant été déplacé sur un article de décoration en bois (logique n'est-ce pas?) je reposte ma critique du film ici à l'occasion de sa sortie en blu-ray:

Vendu comme un thriller sexy pour ados adeptes de teen-movies corsés, Spring Breakers pouvait au moins compter sur la réputation de Harmony Korine, réalisateur hors norme et porte parole d’une jeunesse marginale et désaxée, pour attirer l’attention. Collaboration entre les starlettes de Disney Selena Gomez et Vanessa Hudgens, Ashley Benson une des vedettes de Pretty Little Liars et le caméléonesque James Franco casté en gangsta-rappeur, Spring-Breakers ne pouvait n’être qu’un film hors norme et si on l’attendait original et déjanté, on ne l’imaginait pas aussi réussi.

Il n’est pas si jeune Harmony Korine mais c’est pourtant l’un des rares cinéastes à avoir parfaitement cerné la jeune génération américaine dans ses travers comme dans ses aspirations pour pouvoir l’illustrer à travers ses modèles les plus exubérants. A divers niveaux les quatre ados de Spring-Breakers sont toutes des marginales en quête d’elles-mêmes, dérives extrêmes d’une génération digitale définit par la pop-culture qu’elle consomme, déconnectée d’une réalité à laquelle elle ne s’identifient plus et en quête d’un impossible espace-temps d’irréalité qui leur ressemble. La Floride du Spring-break leur semble alors être un endroit d’une « grande spiritualité », ironique ? Sans doute mais se serait se méprendre sur les intentions du film que de ne le voir qu’à travers une lecture satirique quand Korine affiche une vraie tendresse pour ses héroïnes hors-normes, préférant plutôt souligner les défauts d’un monde inadapté à ses personnages, déchirés entre ses extrêmes, sex drugs & rock’roll d’un côté, fanatisme religieux de l’autre. Dans cet univers étrange, les trois barbies de la télé font mieux que de casser leurs images à coup de scènes trashs et sexy. Korine choisit plutôt de les afficher dans leurs errances, ivres et à la dérive devant une caméra qui captent chez ces actrices une beauté triste et mélancolique et une détresse émouvante.

On est bien sûre toujours dans le stéréotype et dans le fantasme, comme si les quatre filles étaient entrées dans le petit monde en toc qu’elles regardaient jusqu’à là à travers la lucarne et où le sexe et la violence sont monnaie courante. Même Alien (James Franco), rappeur à ses heures, petit blanc dans une ville noir, forgeant son identité de gangster en regardant Scarface en boucle sur son écran plat, apparaît comme un gamin pommé de plus, ayant perdu le sens des réalités, préférant nager dans ses liasses de billets et jouer avec ses gros flingues de dessin animés sans jamais tirer une seule balle. La violence et la mort, finalement rare dans le film, frappent alors là encore par leur irréalité, apparaissant dans des plans stylisés à l’extrême et dans des séquences au ralenti où les filles canardent la scène comme dans un jeu vidéo tendis que les corps tombent sans qu’on ne voit jamais une goutte de sang. Spring-Breakers est un peu une relecture trash d’Alice au pays des merveilles dans laquelle les filles passent, le temps des vacances, de l’autre côté du miroir, à l’ombre de la réalité et sous la caméra post-moderne et mélancolique d’un Korine pastichant Mallick, faisant fie de l’unité temporelle et de la trame narrative pour s’adonner à de longues séquences quasi-oniriques sur lesquels les pensées de chacunes se mêlent à la bande son electro (sublime com


Dôme tome 1
Dôme tome 1
par Stephen King
Edition : Broché
Prix : EUR 8,90

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Dôme ou écran de fumé?, 20 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dôme tome 1 (Broché)
Stephen King est un écrivain malin. Non pas parce qu'il met ici en scène une histoire particulièrement originale ni même parce que Dôme est un roman bourré de rebondissements inattendus, loin s'en faut, mais tout simplement parce qu'il a compris comment accrocher le lecteur avec un roman qui brasse du vide sur autant de pages. Son truc? Un méchant tellement horrible et tellement fort qu'il saura attiser la haine du lecteur envers lui et créer, par pur esprit d'opposition, un attachement fort avec ses héros, si peu intéressants soient-ils.

Beaucoup de personnages se trouvent brasser dans ce roman en forme de série télé qui en mime les mécaniques jusqu'aux fameux cliffhangers de fin d'épisodes. Beaucoup de personnages marquants mais peu de figures réellement intéressantes dans ce qui prend très vite des allures de galerie des stéréotypes. Ancien soldat torturé par son passé en irak, journaliste tenace et à fort caractère, médecin courageux et bande de gamins intrépides tout droit sortis d'un film des années 80-90, les héros de King ont tous un air de déjà-vu que l'auteur ne prend pas la peine de gommé voir même qu'il amplifie à travers des dialogues ringards au possible avec en prime des punch-lines de mauvais téléfilms. En tant normal on se serait vite moquer du sort de ces clichés ambulants mais c'est comme je le disais sans compter sur l'arme secrète de King: Big Jim, élu local et vendeur de voitures, le grand méchant de l'histoire. Non pas que Big Jim soit un méchant particulièrement fouiller bien au contraire, King a réussi l'exploit de lui coller à peu près tous les crimes possibles sur le dos (magouilles politiques, manipulation de masse, meurtre mais aussi trafic de drogue, et j'en passe) tous les défauts possible chez un être humain (hypocrisie, égocentrisme, sadisme, mensonge, racisme, intolérance, etc.) et puis pour parfaire le tableau Big Jim a aussi les trais physiques d'un méchant de dessin animé hormis la moustache du dictateur type. Un stéréotype ambulant mais un stéréotype qui sert parfaitement l'intérêt de l'auteur puisqu'en tenant pendant les 3/4 du récit les héros en échec Big Jim parvient à générer un tel sentiment de haine et de frustration qu'on se sent dans l'obligation de tourner les pages pour voir enfin le Dark Vador du Maine détrôné par cette autre bande de stéréotypes qui paraissent soudainement si attachants.

Malin le Stephen King car avec ce simple tour de passe passe il parvient à étirer une intrigue extrêmement mince sur plus de 800 pages (en anglais) sans jamais avoir à renouveler l'intrigue ou à multiplier les rebondissements. Arrivé en fin de livre on se rend en effet compte qu'il ne sait pas passé grand chose dans Dôme une fois franchis les 300 premières pages relativement prometteuses en la matière. Peu de péripéties et surtout peu de surprise dans un roman qui annonce assez vite l'origine supposé du Dôme et ne prévoit aucun coup de théâtre à ce sujet. Pour un roman qui se nourrit à se point des codes des séries B de S.F un peu kitch mais pourtant si sympathiques, Dôme n'a finalement que peu d'estime pour son propre mystère.
Pire encore, le roman pourtant si caricatural, se prend tellement au sérieux qu'il se rêve en parabole politique/écologique et bien sûre satirique. Dans une certaine mesure l'humour noir de Stephen King fera encore une fois mouche mais pour ce qui est de l'engagement politico-écologique, la métaphore est tellement grossière et ses méchants tellement surréalistes et bêtes que le résultat en est contre-productif. En place du grand roman satirique promis, Dôme ne sera qu'une belle farce bien orchestré par un auteur qui part d'une bonne idée mais prouve très rapidement son incapacité à rebondir sur celle-ci pour proposer un déroulement intéressant. Reste les ficelles grossières mais terriblement efficaces évoquées plus haut qui suffisent à nous faire tourner les pages jusqu'à une conclusion là encore sans surprise. Bref j'attendais mieux d'un auteur aussi adulé et qui à dans sa carrière écris quelques belles œuvres.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 27, 2015 9:49 AM MEST


God bless america [Blu-ray]
God bless america [Blu-ray]
DVD ~ Joel Murray
Prix : EUR 24,90

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Loin de n'être qu'une "série B décomplexé", L'un des meilleurs films de 2012., 7 février 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : God bless america [Blu-ray] (Blu-ray)
Avec sept participations dans des festivals et aucun prix jusqu’à là, God Bless America n’a à priori rien d’une sensation. Sans doute pas assez sérieux pour convoiter un prix dans des festivals rarement favorables à des oeuvres trop ironiques, God Bless America devrait sans doute finir sa carrière comme petite série B décalée mais inoffensives qu’on se passe entre potes dans une soirée télé-pizza. C’est dommage car c’est se méprendre sur les intentions, l’ambition et la qualité d’un vrai film générationnel qui raconte la société hyper-médiatique et les angoisses adolescentes d’aujourd’hui.

Remonté contre l’idiotie et la méchanceté contemporaine, God Bless America imagine un quadragénaire dépressif et une adolescente atypique embarqués dans un road-movie sanguinaire, tuant les crétins et les égoïstes qui se dressent sur leur passage, chassant les candidats de télé-réalités insupportables et les politiciens haineux. Pour peu qu’on aime l’humour noir, l’idée sadique du film paraît géniale mais c’est aussi une idée difficile à mettre en scène parce qu’on aurait vite fait de se limiter à un enchaînement de morts sordides et bêtes. C’est sans compter sur le talent et la lucidité du réalisateur Bob Goldthwait qui dépasse très vite les limitations d’une simple série B violente et décalé pour faire de God Bless America un film rock à part entière. Drôle et provocateur, le film n’en est en effet pas pour autant léger, c’est au contraire le cris de colère et de désespoir de deux marginaux dépassés par leur monde et désespérément seuls dans leurs univers respectifs.

Bob Goldthwait choisit de mettre en parallèle deux mondes ou plutôt deux crises, celle de l’adolescence à travers l’expérience de Roxy interprété par l’impertinente Tara Lynn Barr à côté de qui Chloé Moretz en Hit-girl dans Kick-ass semble un personnage bien fade, et celle de la quarantaine à travers l’expérience de Frank incarné par un Joel Murray, éternel second rôle finalement très bon en tête d’affiche. Soit deux acteurs et deux personnages qui n’ont pas les mêmes références mais qui parlent le même langage lorsqu’ils échangent pendant de longues minutes sur le monde, leur vie et tout le reste. C’est alors l’occasion d’apprécier les talents impressionnants de dialoguiste de Goldthwait et le jeu complice de Tara Barr et Joel Murray "crachant" pêle-mêle sur le système, Juno, la télé-réalité, la France, Woody Allen et Alice Cooper. Des dialogues toujours brillants, pertinents et hilarants entre-coupés de scènes où les personnages listent tous ce qu’ils détestent dans ce monde, des représentant des tea-party à ceux qui font des high-fives, et de scène où ils s’entraînent au tir sur des ours en peluche. Les meurtres et autre scènes d’actions sont finalement rares et ce sont véritablement ces temps calmes là qui constituent le coeur du film. God Bless America est avant tout un film cultivé qui s’apprécie grâce à son vrai-faux couple bavard.

Oui, au fond God Bless America est une histoire d’amour amorale qui hésiterait presque entre la romance et l’histoire de famille. Il y a d’un côté l’énergie et les vannes des couples d’une rom-com et de l’autre la complicité presque père-fille d’un homme que sa vraie fille déteste et d’une fille qui se sent incomprise par ses parents. Ambigüe, le film interroge avec ironie et intelligence les conventions et les certitudes d’un homme qui tout en s’en prenant à l’hyper-sexualisation de son époque prend conscience de ses propres faiblesse et de son attirance improbable pour une adolescente qui lui ressemble. Une relation hors norme que Goldthwait dénoue le temps d’un final drôle et touchant qui rend un bel hommage à Bonnie & Clyde.

Malin et critique jusqu’au bout, God Bless America réussit son pari parce que son réalisateur n’a pas l’arrogance de survoler son monde de haut. Ses deux personnages, fous, et violents sont avant tout lancés dans une quête d’eux même qui passe par l’acceptation de leur anormalité et par celle, plus compliqué, de leurs propres limites. God Bless America est alors un vrai film rebelle qui, sans jamais se trahir, parvient à poser un regard aussi intelligent que drôle sur l’Amérique. C’est drôle, touchant, audacieux, particulièrement bien écris et résolument moderne!


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5.0 étoiles sur 5 Une très bonne tondeuse à cheveux., 11 janvier 2013
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Une très bonne tondeuse qui bénéficie mine de rien d'un design de qualité. La tondeuse est élégante et surtout très ergonomique. Les options de réglages sont nombreuses, la tondeuse ne fait pas beaucoup de bruit, dispose d'une bonne autonomie et à l'avantage de fonctionner en mode filaire (ce qui n'était pas le cas de mon ancien modèle). En bref un très bon produit.


TRITTON Detonator Casque Gaming Stéréo officiel Xbox 360 - compatible Xbox 360
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4.0 étoiles sur 5 Un bon casque pour le jeu et la musique., 11 janvier 2013
Amusant:4.0 étoiles sur 5 
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Un casque de qualité pour le jeu comme pour la musique. Le son est suffisamment bon et bien isolé pour permettre les deux types d'utilisation même si le casque est un peu trop encombrant pour être transporter avec son lecteur mp3 (ce n'est de toute manière pas pour cela qu'il a été conçu mais il est bon de savoir qu'il peut remplacer des écouteurs ou un casque audio h.s par exemple). Le casque est plutôt confortable mais il reste conçu pour des joueurs occasionnels, les autres seront sans doute gêné par le fil et le micro de faible qualité et préféreront investir dans un casque plus confortable sur le long terme. Mais vu le prix relativement faible, le Detonator remplit plutôt bien son rôle.


Les revenants
Les revenants
par Laura Kasischke
Edition : Broché
Prix : EUR 22,30

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un des meilleurs romans américain sur la jeunesse, 26 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les revenants (Broché)
(critique extraite de mon blog http:[...])
Les oeuvres méconnus de Laura Kasischke, écrivaine, poète et professeur à l'université du Michigan, ont toujours été méconnus en France. Il faut dire que l'auteur traite de la jeunesse américaine, thème central dans la littérature américaine mais qui n'a jamais vraiment suscité l'intérêt du public français. Dommage car peu d'auteurs ont traités le sujet avec autant de pertinence et de lucidité, focalisant ses récits sur ce qui semble définir la jeunesse contemporaine, l'angoisse d'être une génération sans Histoire, sans avenir et sans passé. L'angoisse d'être une génération mort-né.

Cette peur là a sans doute définit les auteurs de la génération X à laquelle Kasischke appartient. On se souvient que Bret Easton Ellis avait percé sur un thème similaire avec Less Than Zero et The Rules of Attraction ou que Jay McInerney en avait fait de même avec Bright Lights, Big City avant que Douglas Coupland synthétise les idées d'une décennie dans son admirable Generation X - A tale for an Accelerated Culture. En vieillissant la plupart de ces auteurs se sont néanmoins intéressés à des personnages de leur âge et ce avec plus ou moins de succès. Kasischke, plus discrète, n'a elle jamais renié ses jeunes personnages. Bien sûre elle n'exclu pas les plus vieux de ses histoires mais la jeunesse intemporelle de ses premiers romans continue semble-t-il de la hanter.

Elle hante aussi les personnages des Revenants, son dernier roman parut en 2011 et dans lequel Craig est à la poursuite du fantôme de sa petite-amie Nicole tuée dans un accident de la route alors qu'il était au volant. Morte depuis un an Nicole est partout sur le campus ou vit Craig, il ne cesse de la voir dans le visage des étudiantes qu'il croise un peu partout et Perry, son colocataire et ami, l'imagine sur des photos quand ce n'est pas un autre étudiant qui prétend avoir couché avec elle des mois après son enterrement. Puis bientôt ce sont des lettres étranges, des coups de téléphone mystérieux et des apparitions impossibles qui font douter les personnages du roman de leur sanité.

Les Revenants fonctionne à la frontière entre le fantastique et le thriller et conjugue avec une certaine maestria l’atmosphère des histoires de fantômes sur un campus parfaitement moderne et parfaitement aseptisé. Bien sûre on doutait qu'un tel transfert soit possible car, comme les personnages, on était convaincu d'être au dessus des superstitions et du romantisme de la mort mais ce que Kasischke parvient à démontrer avec talent en 500 pages c'est que ce n'est pas le cas. Ces personnages en quête de fantôme, obsédée par une Mort trop abstraite pour être vraie et en même temps trop fascinante pour ne pas être attiré par elle, sont le portrait d'une jeunesse vulnérable mais convaincu de son invulnérabilité dans une époque ou la mort elle même est une incompréhension, pire une abberation.

Mais Kasischke convoque aussi des professeurs dans sa galerie de personnages et dispense aux personnages comme au lecteur des cours d'anthropologie sur la mort et les croyances folklorique. Elle y explore la durabilité de nos croyances et la puissance de nos instincts puis, dans une dimension plus sociale, la perte d'identité et le sentiment d'interchangeabilité d'une jeunesse qui trouve dans l'uniformité et les étiquettes un subterfuge à la toute puissance de la mort. Les revenants ne donne pourtant jamais de réponse définitive au mystère de la disparition de Nicole, au grand désarrois des amateurs de Thriller qui se seront pris au piège du pastiche de style orchestré par l'auteur. Elle maîtrise et utilise tous les codes du genre et compte sur une narration extrêmement morcelée, complexe, pleine de cliffhangers et de flashbacks pour mieux diffuser son suspense mais au dernier moment elle laisse les clés du récit au lecteur et le laisse libre de choisir ce qu'il a comprit de l'histoire et de former ses propres théories.

En cela le roman rappelle un autre très bon roman sur la jeunesse, le fameux Virgin Suicides de Jeffrey Eugénides qui lui aussi laissait le lecteur libre d'interpréter l'histoire et les cause du suicide des adolescentes. C'est aussi dans les deux cas une manière de marquer notre impuissance face à la mort et d'abdiquer devant le glamour d'un évènement qu'on aura beau essayé de démystifier encore et encore en vain. La mort exercera toujours cette même fascination mêlée de peur et d'envie, surtout qu'en on a 20 ans. Parce qu'à 20 ans on est peut être immortel, mais dans un monde où l'on a pas l'impression d'avoir vécu, la mort ou la vie quelle différence?


La Cabane dans les bois
La Cabane dans les bois
DVD ~ Chris Hemsworth
Prix : EUR 9,99

54 internautes sur 65 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dans la continuité des oeuvres de Joss Whedon, 8 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Cabane dans les bois (DVD)
L''année 2012 sera décidement l''année de Joss Whedon car, hasard du calendrier ou non, se sont deux films chapotés par le créateur de Buffy qui débarquent coup sur coup sur les toiles hexagonales. S'il vous sera bien difficile de passer à côté de Avengers en raison du tapage médiatique et du succès critique et public qu'il a généré, La cabane dans les bois est lui un film bien plus confidentiel et qui compte beaucoup sur le buzz qu''il a su suscité. Réalisé par Drew Goddard, scénariste de Cloverfield mais aussi colaborateur de Whedon depuis qu'il travailla sur les séries Buffy et Angel, La Cabane dans les bois est en fait un film d'horreur sur les films d'horreurs. L'exercice n'est pas nouveau, mais il a surtout était accompli sur un ton comique (on se souvient par exemple qu'en Février un certain Tucker & Dale fightent le mal était passé par là) alors que Drew Goddard et Joss Whedon nous proposent une révision plus expérimentale.

Difficile d''en dire plus sans gâcher l'effet de surprise même si forte heureusement La Cabane dans les bois ne repose pas uniquement sur ses twists. Bien sûre il y a une volonté de surprendre, d'emmener le spectateur dans des directions inattendues et de lui montrer que le cinéma d'horreur peut être plus riche qu'il n'y parait, mais plutôt que de lancer ça et là des révélations qui change la donne, les scénaristes ont préférés construire leur film comme des poupées russes. L'intrigue se dévoile à plusieurs niveaux dont les personnages ne prennent conscience qu'au fur et à mesure tendis que le spectateur a lui toujours un coup d'avance. La Cabane dans les bois ne va par exemple pas s''ouvrir sur une scène présentant le groupe d'adolescents en route pour la fameuse cabane, il va s''ouvrir avec une scène présentant deux employés (les excellents Richard Jenkins et Bradley Withford) en pleine discussion sur l'expérience du jour, celle-ci étant le massacre qui va avoir lieux en forêt. C'est donc leur point de vue et non celui des adolescents que l''on partage et il faut dire que les spectateurs se retrouvent facilement en eux. Désensibilisés à la douleur des victimes, parfois même moqueurs et souvent cruels, ils nous renvoient quelque part nos propres tendances voyeuristes. C'est là un élément avec lequel les deux scénaristes jouent énormément pour faire rire ou pour nous interpeller sur notre rapport au cinéma d'horreur.

Il y a en effet quelque chose de quasi sociologique dans la démarche de Joss Whedon et Drew Goddard. Ces deux là conçoivent le cinéma d'horreur comme une sorte de rituel qui évolue et s'adapte aux époques mais continue de nous renvoyer à notre besoin de nous confronter à la violence, à la mort et au sordide. Pourtant si le film est réussi c''est parce qu'il arrive à mener cette analyse abstraite sur le cinéma d''horreur tout en mettant en scène des personnages et une histoire intéressante et riche. On est toujours amené à regarder le film et ses clichés avec un certains recul, à s''interroger sur leur nécessité pour pouvoir ensuite les prendre à contre pied. Par exemple le film joue avec le caractère stéréotypé des personnages de film d''horreur mais il finit par dépasser ces stéréotypes en transformant au moins deux des victimes en rebelles. Dana (Kristen Connolly), l''héroïne, ne jure d'ailleurs pas dans l'univers de Whedon est reste dans la droite lignée des héroïnes débrouillardes, fortes et moralement ambigus de ses précédentes productions tendis que Marty (Fran Kranz, un habitué des séries de Whedon) est un anti-héros que l''on n'attend pas et qui entre deux joints se permet des commentaires particulièrement lucides sur ses amis et sa situation. Des commentaires qui à leur manière contribuent à la tendance post-moderne du film d'ailleurs renforcée par les nombreuses notes d'humour et d'ironies qui parsèment le récit sans pour autant le transformer en farce.

Ainsi c''est en développant son histoire sur plusieurs front simultanément que La Cabane dans les bois parvient à capter l''attention du public. L'intrigue au départ simpliste s'ouvre sur un univers riche et passionnant dans lesquels les deux scénaristes se montrent parfaitement à l'aise, surtout que certaines idées sont dans le prolongement de séries comme Angel et Dollhouse. Sans tout miser sur les rebondissements mais en se montrant inventif, Whedon et Goddard sont parvenu à faire un film qui fait la synthèse d'un genre et sa critique en même temps. La Cabane dans les bois se veut à la fois film d'horreur et alternative au genre et parvient à exceller dans les deux rôles. Rien que pour ça : chapeau.


Chronicle [Combo Blu-ray + DVD - Édition Limitée boîtier SteelBook]
Chronicle [Combo Blu-ray + DVD - Édition Limitée boîtier SteelBook]
DVD ~ Dane DeHaan
Prix : EUR 9,00

11 internautes sur 40 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 De la poudre aux yeux qui cache l'un des plus mauvais films de l'année., 13 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chronicle [Combo Blu-ray + DVD - Édition Limitée boîtier SteelBook] (Blu-ray)
Chronicle à commencer à faire parler de lui il y a quelques mois grâce à une bande-annonce qui détourné les vidéos humoristiques qu'on peut voir sur des sites comme YouTube en y introduisant des superpouvoirs. L'histoire en elle-même ne sort guère des sentiers battus : trois adolescents, Andrew, Matt et Steve tombent sur un objet extraterrestre et acquièrent des superpouvoirs dont ils font d'abord usage de façon innocente. À mesure que leurs pouvoirs grandissent, Andrew décide pourtant de s'en servir pour se venger de ceux qui lui ont fait du mal. Les trois adolescents découvrent alors que leurs nouveaux pouvoirs ne sont pas sans conséquence '

Souvenez-vous : nous sommes en 1999 et un petit film d'horreur nommé Le Projet Blair Witch fait le buzz sur les écrans en inventant une nouvelle façon de filmer 'le found footage' soit un moyen d'immerger davantage le spectateur dans un récit surnaturel à l'aide d'une caméra embarquée à une époque ou le spectateur connait toutes les ficelles du genre et peut donc difficilement être surpris. Le Projet Blair Witch n'a pourtant rien inventé, il ne faisait que détourner les techniques du documenteur au profit du cinéma de genre, ce qu'il y a en revanche de vraiment surprenant avec ce film, c'est plutôt le fait que personne n'ait décidé de surfer sur la vague qu'il venait de générer. Il faudra en effet attendre 7 ans pour qu'une autre équipe tente l'expérience (en tout cas en ce qui concerne le cinéma mainstream) avec le très intense Cloverfield qui pour le coup donnait un peu de fraicheur au cinéma catastrophe. Cette fois-ci le succès de J.J Abrams et Matt Reeves n'échappe pas aux regards des majors hollywoodiens et celles-ci une à une aligne des projets du même genre: paranormal activity, diaries of the dead, district 9 (film d'ailleurs complètement incohérent dans sa mise en scène) projet x et bien sûr chronicle.

Difficile de ne voir autre chose dans la mode du found footage qu'un argument marketing bas de gamme et plutôt facile et c'est tout le problème de Chronicle, le film renie toute ambition artistique au profit d'intérêts mercantiles. La caméra embarquée n'apporte pour ainsi dire rien au film sinon un nombre étonnant d'incohérences et de scènes mal raccordées, mais elle donne au spectateur l'illusion de regarder quelque chose de nouveau. On pourrait faire à Chronicle exactement les mêmes reproches qu'au film District 9 qui avait lui aussi eu droit à son petit quart d'heure de gloire malgré le fait qu'il était dépourvu d'ambitions et d'originalité. L'idée de documenter le moindre instant de la vie du personnage principal se justifie au début du film car Andrew est malheureux et veut à la fois communiquer sa détresse au monde et se protéger derrière la caméra en se détachant des soucis du quotidien, mais plus on avance dans l'histoire et plus la caméra embarquée devient un prétexte sinon une gêne que le réalisateur essaye de gérer au mieux.

Le 'found footage' avait apporté avec lui un certain nombre de règles informelles qui à terme constituaient presque un dogme. Ainsi, la présence d'une caméra embarquée forçait les cinéastes à jouer avec l'idée que l'on ne voit pas tout ce qui se passe autour des personnages et qu'on ne peut donc se focaliser que sur le point de vue de l'un d'entre eux. La caméra embarquée devait aussi marqué de façon logique la réintroduction des trois unités dans le cinéma : à savoir l'unité de temps, de lieu et d'action d'une part parce que le found footage n'a aucun intérêt s'il ne témoigne pas d'un imprévu d'où la nécessité de se concentrer sur un évènement en particulier et d'autre part parce qu'il aura l'air 'fabriqué' s'il y a de trop nombreuses coupes dans le récit et que l'action n'est pas resserrée dans le temps et dans l'espace. Ces règles sont pourtant dynamitées par le cinéaste qui n'hésite pas à faire léviter la caméra autour des personnages (télékinésie oblige) et coupe dans les séquences donnant l'impression que l'ensemble a été monté et qu'il n'est donc pas authentique. Le réalisme du film en pâtit encore davantage quand Josh Tank doit ruser pour filmer certaines séquences. Ainsi dans la dernière séquence particulièrement musclée du film, il mélange les scènes filmés par Andrew (le personnage principal) celles filmées par une blogueuse du lycée qui ne lâche jamais sa caméra même lorsqu'elle fait une chute dans le vide de plusieurs centaines de mètres, et d'autres scènes filmées par les téléphones portables et caméras de témoins directs dont on aurait récupéré les enregistrements on ne sait comment. Dès lors, tout est bon pour justifier de la présence d'une caméra à l'écran et suite à l'hospitalisation d'Andrew, on ne s'étonnera même pas d'entendre un policier dire 'on à laisser la caméra tournée dans sa chambre d'hôpital, c'est pour les besoins de l'enquête' et de découvrir la minute suivante une caméra bien cadrée sur le lit d'hôpital du jeune homme. Concrètement Chronicle est un film mal mis en scène parce qu'il fait tout son possible pour contourner les limites qu'il s'est lui-même fixées. Le 'found footage' devient un tel prétexte qu'on rabiboche des bouts de séquences entre elles par tous les moyens, le comble étant atteint lorsqu'on nous apprend qu'Andrew a perdu sa première caméra lorsque les trois adolescents ont découvert l'objet extraterrestre qui leur a donné leurs pouvoirs. D'où proviennent donc les images que nous avons vues durant le premier tiers du film?

Chronicle prend ses spectateurs pour des idiots, mais pense à esquisser une sorte de satire de notre société ultra connectée et ultra documenté pour justifier encore une fois ses choix de mise en scène. Encore aurait-il fallu que le discours ne soit pas aussi usé et simpliste. On peut même s'inquiéter de la thèse du déterminisme social défendu par le film qui présente donc le supervilain Andrew comme un pur produit de son environnement. Justifier des crimes par un milieu difficile, un père alcoolique et une absence de vie social est un raccourci facile, entendre le 'héros' du filme crier à la caméra qu'Andrew n'est pas quelqu'un de méchant alors qu'il vient de ravager une ville et de tuer des centaines d'innocents devrait aussi provoquer la stupeur des spectateurs. Alors bien sûre le filme à le mérite de faire le portrait d'un personnage assez sombre et d'être moins naïf que certains films de super-héros qu'on a pu voir récemment, mais il n'en reste pas moins un film facile et déjà fait. Des quatre fantastiques à Superman en passant par les x-men, quel comics ou licence cinématographique tirée de ces univers-là n'a-t-il pas traité de l'ambivalence du pouvoir et de la facilité de sombrer du côté obscur de la force ? Andrew et ses amis n'ont rien d'adolescents réalistes, ils ne sont que des stéréotypes habilement cachés par la présence d'une caméra embarquée dont la seule utilité réelle est sans doute de cacher la laideur des effets numériques bas de gamme que l'on voit dans le film.

Chronicle n'est pas représentatif de la science-fiction d'aujourd'hui ni même de la richesse potentielle des films de superhéros. C'est un produit téléphoné, sans âme, sans ambition, mal filmé, mal joué et mal écrit. Un nanar en sous-marin qui use d'une caméra embarquée pour cacher la médiocrité de son contenu. Dans le jargon, on appelle ça de la poudre aux yeux.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (16) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 25, 2012 11:10 PM CET


Catherine
Catherine
Proposé par Econline
Prix : EUR 49,99

16 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un jeu unique, 10 février 2012
Amusant:5.0 étoiles sur 5 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Catherine (Jeu vidéo)
Déjà sorti il y a plus d'un an au japon, Catherine est un jeu qui aura sans doute beaucoup de mal à trouver son public en France. Alors que la production nippone, toujours aussi originale mais très éloignés de nos standards reste de plus en plus souvent inédite en Europe, le dernier né des studios Atlus (l'un des meilleurs studios japonais) nous arrive miraculeusement et sans doute en grande partie grâce à sa réputation sulfureuse.

Catherine n'a pourtant rien du titre érotique qu'on voudrait nous vendre (ou si peu) c'est l'histoire d'un jeune trentenaire pommé hésitant entre l'envie de rester libre et célibataire ou d'épouser sa copine de longue date et de grandir. Deux choix de vies incarnés par deux filles, Katherine sa petite amie et Catherine la tentatrice et se sera au joueur d'influé sur la destinée du héros en répondant la plupart du temps à des sms ou à des questions à choix multiples. La nuit, toutes les pressions du quotidien que ressent le personnage se matérialise dans ses cauchemars dans lesquels lui et des moutons doivent grimper un mur de bloc qui s'écroule afin de survivre, une métaphore aussi drôle qu'impitoyable de l'échelle sociale. Le problème c'est que ces cauchemars ne sont pas que des cauchemars et que mourir ici revient à mourir dans la vraie vie.

Ce récit de trentenaire pommé évoluant dans un monde aux frontières du fantastique n'est pas sans rappeler l'univers des romans d'Haruki Murakami. On y retrouve le même type de situation, le même soupçon d'érotisme, la même mélancolie...Pour le reste Catherine s'inspire autant des animes japonais que des séries feuilletonesques des années 50-60. Le jeu est d'ailleurs introduit par une jeune femme à la coupe improbable qui présente Catherine comme "l'épisode de ce soir". Les fans de la quatrième dimension et des autres séries du style apprécieront.

Vous l'aurez sans doute compris, Catherine est un jeu ambitieux. Une oeuvre (une vraie!) bourrée de références cinématographique et littéraires, qui baigne dans une ambiance unique et mélange les styles de jeux. C'est aussi un jeu très difficile et qui devrait donc plaire à ceux qui recherche un challenge à une époque ou les jeux sont de plus en plus accessibles. Catherine se réserve donc aux 18-35 ans qui se retrouveront surement dans cet anti-héros et qui aiment les puzzle-game ou, de façon plus général, à tous ces joueurs qui aiment être surpris et qui seront apprécié l'ambition d'un soft qui prouve que le jeu vidéo n'est pas toujours un art immature.


Blade Runner
Blade Runner
par Philip K. Dick
Edition : Broché

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bien plus riche que le film, 12 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blade Runner (Broché)
Petit j'ai découvert Blade Runner par le biais du célèbre film de Ridley Scott que j'avais trouvé un peu ennuyeux à l'époque. J'étais jeune et ainsi j'ai récemment revu l'adaptation et en dépit de la beauté de certaines scènes, je continue de trouver l'oeuvre de Scott un peu ennuyeuse et surtout beaucoup moins riche que le roman qu'il adapte. (On dira plutôt que Scott s'en est inspiré).

Blade Runner est une oeuvre qui s'interroge sur la frontière entre l'homme et la machine, une thématique simple et qui a donné lieux à des oeuvres souvent pessimistes et effrayés qui mettaient la plupart du temps en scène la perte de contrôle des machines (terminator par exemple). Il est intéressant de noter que dans les philosophies occidentales l'idée de machine de plus en plus humaine n'est pas populaire, alors que les amateurs de culture asiatique et nippone auront souvent retrouvé cette idée dans les oeuvres littéraires et cinématographiques d'une culture il est vrai très intéressé par les défis de la robotique et des nouvelles technologies (on citera ghost in shell par exemple). Ainsi Philip K.Dick fait presque figure de précurseur quand il écrit Blade Runner au milieu du XXème siècle et en dépit d'un contexte complètement différent de notre époque, ce roman reste tout à fait d'actualité.

Sauf que Blade Runner est plus qu'un simple roman d'anticipation, c'est aussi une réflexion sur la religion et sur le rapport de l'homme à dieu et un tel questionnement est d'autant plus agréable dans une oeuvre de science fiction, que la plupart des auteurs de S.F contemporains sont maintenant athées et ne s'intéresse plus du tout aux questions théologiques et spirituelles dans leur oeuvre. C'est ce qui fait de Philip K.Dick un auteur à part.

Blade Runner se démarque aussi par son ton tragi-comique qui concrètement se traduit par l'introduction d'éléments absurdes dans le texte mais traité avec beaucoup de sérieux, je pense tout particulièrement aux animaux. Dans l'univers de blade runner ceux-ci sont rares et le héros ne rêve que de pouvoir remplacer son mouton électrique par un vrai (le titre original est d'ailleurs "est ce que les androïdes rêvent de moutons électriques?). L'idée fait rire tant elle paraît absurde mais il s'en dégage quelque chose de pathétique et d'émouvant. Deux adjectifs qui collent plutôt bien à la description, pourtant jamais profondément nihiliste, que l'auteur fait du monde de Blade Runner. La terre y est ravagé par la guerre et sur laquelle des humains contaminés par les pluies radioactives tentent de survivre et pourtant, loin d'insisté sur cet état de fait, Philip K.Dick met en scène des personnages qui se raccrochent à leur vie. Le plus ordinaire des détails en devient alors émouvant et Blade Runner finit de s'imposer comme une oeuvre fascinante.
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