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Alastor78 (France)
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Vilaines filles
Vilaines filles
par Megan Abbott
Edition : Broché
Prix : EUR 20,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Grand roman noir adolescent, 9 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vilaines filles (Broché)
Difficile parfois de trouver la perle dans la masse qu'est la littérature adolescente tant celle-ci est galvanisé par des romans formatés, mal écrit, facile et déjà-fait. Permettez moi d'aider en recommandant Vilaines Filles ne serait-ce que pour la plume si différente de Megan Abbott. Abbott vient du roman noir et même si son intérêt pour la jeunesse s'est réveillé avec "La fin de l'innocence" ses influences sont encore là. En fait elle n'a jamais arrêté d'écrire des romans noirs, elle a juste vu ce que d'autre comme Donna Tartt, ou Kasischke ont vu avant elle dans le monde adolescent: un univers extrême et sombre. Vilaines Filles va toujours dans ce sens, les héroïnes n'ont plus 12 ans mais cette question d'innocence et de noirceur est toujours au centre du récit. Abbott n'a pas son pareil pour créée des personnages ambigus, difficilement attachants mais encore plus difficilement détestable et c'est cette tendance au "ni...ni" qui fait de Vilaines Filles en roman aussi déconcertant. Pessimiste, le roman l'est assurément, mais dans un genre remplis d'oeuvres didactiques et moralistes, Abbott apporte alors un véritable vent de fraicheur en proposant une lecture de l'adolescente qui n'est plus soumise à la morale mais simplement à un intérêt esthétique et artistique. Sa vision de la femme (ou des filles dira-t-on) est également plus mûre ou en tout cas moins convenu que ce qu'on peut habituellement lire de nos jours. Si Abbott avait voulu écrire une parodie de roman adolescent, elle n'aurait pas pu mieux s'y prendre! Et Vilaines Filles, aussi court soit-il, mérite sa place au côté d'autres perles du genre comme Virgin Suicides avec qui, pour une fois, la comparaison tient la route.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 26, 2014 6:56 AM CET


La physique des catastrophes
La physique des catastrophes
par Marisha Pessl
Edition : Broché
Prix : EUR 10,60

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'un des jeunes écrivains américains les plus prometteurs de sa génération., 4 août 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La physique des catastrophes (Broché)
A une époque où chaque premier roman d'un nouvel auteur se voit forcément qualifié de chef d'oeuvre absolu pour X raison, il est tout à fait permis d'aborder le premier roman de Marisha Pessl avec scepticisme. Il faut dire que la réputation élogieuse de ce genre de roman est toujours à double tranchant puisqu'elle aura autant fait d'attirer les amateurs de littérature avides de style et d'idées que le grand public cherchant avant tout une bonne histoire racontée si possible de façon concise. Pour le coup, avec ses airs de faux thriller il n'est pas certains que La Physique des catastrophes puisse plaire à un très large public et en particulier à un public français souvent peu intéressé par la thématique de la jeunesse que les auteurs américains ont toujours eu à coeur.

Car oui, dans le fond comme dans la forme, La Physique des catastrophes a tout d'un roman américain et même, dirais-je, d'un grand roman américain. Il est de ces livres qui prend racine dans la littérature du XXème siècle pour en sortir les grandes thématiques avant de mieux se les approprier. Dans un passé récent, le roman de Pessl semble par exemple faire écho au célèbre Secret History de Donna Tartt, ouvrant comme un dialogue entre deux histoires similaires et finalement complémentaires sur l'adolescence et la mort, comme si Pessl rendait hommage au genre du thriller universitaire que Tartt a su dépoussiérer voir même réinventé. Ce n'est pourtant voir là que le sommet de l'iceberg d'un roman qui ne se contente pas de citer des chef d'oeuvre pour se donner de l'importance, ni même de reprendre des grands romans comme titres de chapitre pour faire son petit effet, non La Physique des catastrophes est un vrai roman sur la littérature et sur le pouvoir des livres. Des livres qui à force de s'insinuer dans le récit de Blue, viennent peu à peu le contaminer, le façonner et, au final, le transformer jusqu'à ce que réalité et fiction devienne absolument indissociables. Sans rien en révéler, le dénouement du récit est parfaitement extraordinaire et difficilement croyable mais c'est bien cette maîtrise de la littérature (à la fois la maîtrise de l'auteur et celle de son personnage) qui rend ce final aussi réussi et aussi parfait.

Au fond l'audace narrative de Pessl renvoi aussi à cet autre écrivain qui en filigrane imprègne son récit: Nabokov. Quand tant d'auteurs l'ayant mal lu repompe son Lolita pour en livrer des versions plus sordides et plus perverses, Pessl choisit d'explorer comme lui la loufoquerie et la bizarrerie d'une Amérique utilisant légendes urbaines et petites histoires locales pour combler une Histoire aussi jeune que ses protagonistes. Et à travers un rapport père-fille plus complexe qu'ambiguë Pessl revient sur cette image de l'enfance brisée, de l'adolescence volée, dans un univers où la fiction omniprésente détruit autant qu'elle façonne l'identité d'une jeunesse qui s'y confronte en permanence. Pour illustrer son idée, Blue narratrice intelligente et trop cultivée pour son âge agacera peut être un peu jusqu'à ce que derrière les citations et les bons mots transparaisse la fragilité et la personnalité hors du commun d'un personnage qui se cherche à travers sa propre histoire et qui paraît finalement très modeste au vu de l'immensité du récit qu'elle avait a nous raconté. Ce n'est peut être pas un thriller, ce n'est peut être pas une lecture facile, mais ça n'en est pas moins une histoire fascinante.


Spring Breakers [Blu-ray]
Spring Breakers [Blu-ray]
DVD ~ James Franco
Prix : EUR 14,99

16 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un des meilleurs films de l'année et un des meilleurs films sur la jeunesse américaine contemporaine, 8 juillet 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spring Breakers [Blu-ray] (Blu-ray)
Les anciennes critiques du film ayant été déplacé sur un article de décoration en bois (logique n'est-ce pas?) je reposte ma critique du film ici à l'occasion de sa sortie en blu-ray:

Vendu comme un thriller sexy pour ados adeptes de teen-movies corsés, Spring Breakers pouvait au moins compter sur la réputation de Harmony Korine, réalisateur hors norme et porte parole d’une jeunesse marginale et désaxée, pour attirer l’attention. Collaboration entre les starlettes de Disney Selena Gomez et Vanessa Hudgens, Ashley Benson une des vedettes de Pretty Little Liars et le caméléonesque James Franco casté en gangsta-rappeur, Spring-Breakers ne pouvait n’être qu’un film hors norme et si on l’attendait original et déjanté, on ne l’imaginait pas aussi réussi.

Il n’est pas si jeune Harmony Korine mais c’est pourtant l’un des rares cinéastes à avoir parfaitement cerné la jeune génération américaine dans ses travers comme dans ses aspirations pour pouvoir l’illustrer à travers ses modèles les plus exubérants. A divers niveaux les quatre ados de Spring-Breakers sont toutes des marginales en quête d’elles-mêmes, dérives extrêmes d’une génération digitale définit par la pop-culture qu’elle consomme, déconnectée d’une réalité à laquelle elle ne s’identifient plus et en quête d’un impossible espace-temps d’irréalité qui leur ressemble. La Floride du Spring-break leur semble alors être un endroit d’une « grande spiritualité », ironique ? Sans doute mais se serait se méprendre sur les intentions du film que de ne le voir qu’à travers une lecture satirique quand Korine affiche une vraie tendresse pour ses héroïnes hors-normes, préférant plutôt souligner les défauts d’un monde inadapté à ses personnages, déchirés entre ses extrêmes, sex drugs & rock’roll d’un côté, fanatisme religieux de l’autre. Dans cet univers étrange, les trois barbies de la télé font mieux que de casser leurs images à coup de scènes trashs et sexy. Korine choisit plutôt de les afficher dans leurs errances, ivres et à la dérive devant une caméra qui captent chez ces actrices une beauté triste et mélancolique et une détresse émouvante.

On est bien sûre toujours dans le stéréotype et dans le fantasme, comme si les quatre filles étaient entrées dans le petit monde en toc qu’elles regardaient jusqu’à là à travers la lucarne et où le sexe et la violence sont monnaie courante. Même Alien (James Franco), rappeur à ses heures, petit blanc dans une ville noir, forgeant son identité de gangster en regardant Scarface en boucle sur son écran plat, apparaît comme un gamin pommé de plus, ayant perdu le sens des réalités, préférant nager dans ses liasses de billets et jouer avec ses gros flingues de dessin animés sans jamais tirer une seule balle. La violence et la mort, finalement rare dans le film, frappent alors là encore par leur irréalité, apparaissant dans des plans stylisés à l’extrême et dans des séquences au ralenti où les filles canardent la scène comme dans un jeu vidéo tendis que les corps tombent sans qu’on ne voit jamais une goutte de sang. Spring-Breakers est un peu une relecture trash d’Alice au pays des merveilles dans laquelle les filles passent, le temps des vacances, de l’autre côté du miroir, à l’ombre de la réalité et sous la caméra post-moderne et mélancolique d’un Korine pastichant Mallick, faisant fie de l’unité temporelle et de la trame narrative pour s’adonner à de longues séquences quasi-oniriques sur lesquels les pensées de chacunes se mêlent à la bande son electro (sublime com


Dôme tome 1
Dôme tome 1
par Stephen King
Edition : Broché
Prix : EUR 8,90

5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Dôme ou écran de fumé?, 20 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Dôme tome 1 (Broché)
Stephen King est un écrivain malin. Non pas parce qu'il met ici en scène une histoire particulièrement originale ni même parce que Dôme est un roman bourré de rebondissements inattendus, loin s'en faut, mais tout simplement parce qu'il a compris comment accrocher le lecteur avec un roman qui brasse du vide sur autant de pages. Son truc? Un méchant tellement horrible et tellement fort qu'il saura attiser la haine du lecteur envers lui et créer, par pur esprit d'opposition, un attachement fort avec ses héros, si peu intéressants soient-ils.

Beaucoup de personnages se trouvent brasser dans ce roman en forme de série télé qui en mime les mécaniques jusqu'aux fameux cliffhangers de fin d'épisodes. Beaucoup de personnages marquants mais peu de figures réellement intéressantes dans ce qui prend très vite des allures de galerie des stéréotypes. Ancien soldat torturé par son passé en irak, journaliste tenace et à fort caractère, médecin courageux et bande de gamins intrépides tout droit sortis d'un film des années 80-90, les héros de King ont tous un air de déjà-vu que l'auteur ne prend pas la peine de gommé voir même qu'il amplifie à travers des dialogues ringards au possible avec en prime des punch-lines de mauvais téléfilms. En tant normal on se serait vite moquer du sort de ces clichés ambulants mais c'est comme je le disais sans compter sur l'arme secrète de King: Big Jim, élu local et vendeur de voitures, le grand méchant de l'histoire. Non pas que Big Jim soit un méchant particulièrement fouiller bien au contraire, King a réussi l'exploit de lui coller à peu près tous les crimes possibles sur le dos (magouilles politiques, manipulation de masse, meurtre mais aussi trafic de drogue, et j'en passe) tous les défauts possible chez un être humain (hypocrisie, égocentrisme, sadisme, mensonge, racisme, intolérance, etc.) et puis pour parfaire le tableau Big Jim a aussi les trais physiques d'un méchant de dessin animé hormis la moustache du dictateur type. Un stéréotype ambulant mais un stéréotype qui sert parfaitement l'intérêt de l'auteur puisqu'en tenant pendant les 3/4 du récit les héros en échec Big Jim parvient à générer un tel sentiment de haine et de frustration qu'on se sent dans l'obligation de tourner les pages pour voir enfin le Dark Vador du Maine détrôné par cette autre bande de stéréotypes qui paraissent soudainement si attachants.

Malin le Stephen King car avec ce simple tour de passe passe il parvient à étirer une intrigue extrêmement mince sur plus de 800 pages (en anglais) sans jamais avoir à renouveler l'intrigue ou à multiplier les rebondissements. Arrivé en fin de livre on se rend en effet compte qu'il ne sait pas passé grand chose dans Dôme une fois franchis les 300 premières pages relativement prometteuses en la matière. Peu de péripéties et surtout peu de surprise dans un roman qui annonce assez vite l'origine supposé du Dôme et ne prévoit aucun coup de théâtre à ce sujet. Pour un roman qui se nourrit à se point des codes des séries B de S.F un peu kitch mais pourtant si sympathiques, Dôme n'a finalement que peu d'estime pour son propre mystère.
Pire encore, le roman pourtant si caricatural, se prend tellement au sérieux qu'il se rêve en parabole politique/écologique et bien sûre satirique. Dans une certaine mesure l'humour noir de Stephen King fera encore une fois mouche mais pour ce qui est de l'engagement politico-écologique, la métaphore est tellement grossière et ses méchants tellement surréalistes et bêtes que le résultat en est contre-productif. En place du grand roman satirique promis, Dôme ne sera qu'une belle farce bien orchestré par un auteur qui part d'une bonne idée mais prouve très rapidement son incapacité à rebondir sur celle-ci pour proposer un déroulement intéressant. Reste les ficelles grossières mais terriblement efficaces évoquées plus haut qui suffisent à nous faire tourner les pages jusqu'à une conclusion là encore sans surprise. Bref j'attendais mieux d'un auteur aussi adulé et qui à dans sa carrière écris quelques belles œuvres.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 27, 2014 2:04 PM MEST


Décoration - Lettre en bois w
Décoration - Lettre en bois w

20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un des meilleurs films de l'année et un des meilleurs films sur la jeunesse américaine contemporaine., 10 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Décoration - Lettre en bois w (Jouet)
Vendu comme un thriller sexy pour ados adeptent de teen-movies corsés, Spring Breakers pouvait au moins compter sur la réputation de Harmony Korine, réalisateur hors norme et porte parole d’une jeunesse marginale et désaxée, pour attirer l’attention. Collaboration entre les starlettes de Disney Selena Gomez et Vanessa Hudgens, Ashley Benson une des vedettes de Pretty Little Liars et le chaméléonesque James Franco casté en gangsta-rappeur, Spring-Breakers ne pouvait n’être qu’un film hors norme et si on l’attendait original et déjanté, on ne l’imaginait pas aussi réussi.

Il n’est pas si jeune Harmony Korine mais c’est pourtant l’un des rares cinéastes à avoir parfaitement cerné la jeune génération américaine dans ses travers comme dans ses aspirations pour pouvoir l’illustrer à travers ses modèles les plus exubérants. A divers niveaux les quatre ados de Spring-Breakers sont toutes des marginales en quête d’elles-mêmes, dérives extrêmes d’une génération digitale définit par la pop-culture qu’elle consomme, déconnectée d’une réalité à laquelle elle ne s’identifient plus et en quête d’un impossible espace-temps d’irréalité qui leur ressemble. La Floride du Spring-break leur semble alors être un endroit d’une « grande spiritualité », ironique ? Sans doute mais se serait se méprendre sur les intentions du film que de ne le voir qu’à travers une lecture satirique quand Korine affiche une vraie tendresse pour ses héroïnes hors-normes, préférant plutôt souligner les défauts d’un monde inadapté à ses personnages, déchirés entre ses extrêmes, sex drugs & rock’roll d’un côté, fanatisme religieux de l’autre. Dans cet univers étrange, les trois barbies de la télé font mieux que de casser leurs images à coup de scènes trashs et sexy. Korine choisit plutôt de les afficher dans leurs errances, ivres et à la dérive devant une caméra qui captent chez ces actrices une beauté triste et mélancolique et une détresse émouvante.

On est bien sûre toujours dans le stéréotype et dans le fantasme, comme si les quatre filles étaient entrées dans le petit monde en toc qu’elles regardaient jusqu’à là à travers la lucarne et où le sexe et la violence sont monnaie courante. Même Alien (James Franco), rappeur à ses heures, petit blanc dans une ville noir, forgeant son identité de gangster en regardant Scarface en boucle sur son écran plat, apparaît comme un gamin pommé de plus, ayant perdu le sens des réalités, préférant nager dans ses liasses de billets et jouer avec ses gros flingues de dessin animés sans jamais tirer une seule balle. La violence et la mort, finalement rare dans le film, frappent alors là encore par leur irréalité, apparaissant dans des plans stylisés à l’extrême et dans des séquences au ralenti où les filles canardent la scène comme dans un jeu vidéo tendis que les corps tombent sans qu’on ne voit jamais une goutte de sang. Spring-Breakers est un peu une relecture trash d’Alice au pays des merveilles dans laquelle les filles passent, le temps des vacances, de l’autre côté du miroir, à l’ombre de la réalité et sous la caméra post-moderne et mélancolique d’un Korine pastichant Mallick, faisant fie de l’unité temporelle et de la trame narrative pour s’adonner à de longues séquences quasi-oniriques sur lesquels les pensées de chacunes se mêlent à la bande son electro (sublime composition de Cliff Martinez et de Skrillex), revenant en boucle jusqu’à ce qu’elles sonnent comme un refrain dans ce qui n’est plus qu’un clip-vidéo de leur vie déréalisée.


God bless america [Blu-ray]
God bless america [Blu-ray]
DVD ~ Joel Murray
Prix : EUR 24,90

5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Loin de n'être qu'une "série B décomplexé", L'un des meilleurs films de 2012., 7 février 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : God bless america [Blu-ray] (Blu-ray)
Avec sept participations dans des festivals et aucun prix jusqu’à là, God Bless America n’a à priori rien d’une sensation. Sans doute pas assez sérieux pour convoiter un prix dans des festivals rarement favorables à des oeuvres trop ironiques, God Bless America devrait sans doute finir sa carrière comme petite série B décalée mais inoffensives qu’on se passe entre potes dans une soirée télé-pizza. C’est dommage car c’est se méprendre sur les intentions, l’ambition et la qualité d’un vrai film générationnel qui raconte la société hyper-médiatique et les angoisses adolescentes d’aujourd’hui.

Remonté contre l’idiotie et la méchanceté contemporaine, God Bless America imagine un quadragénaire dépressif et une adolescente atypique embarqués dans un road-movie sanguinaire, tuant les crétins et les égoïstes qui se dressent sur leur passage, chassant les candidats de télé-réalités insupportables et les politiciens haineux. Pour peu qu’on aime l’humour noir, l’idée sadique du film paraît géniale mais c’est aussi une idée difficile à mettre en scène parce qu’on aurait vite fait de se limiter à un enchaînement de morts sordides et bêtes. C’est sans compter sur le talent et la lucidité du réalisateur Bob Goldthwait qui dépasse très vite les limitations d’une simple série B violente et décalé pour faire de God Bless America un film rock à part entière. Drôle et provocateur, le film n’en est en effet pas pour autant léger, c’est au contraire le cris de colère et de désespoir de deux marginaux dépassés par leur monde et désespérément seuls dans leurs univers respectifs.

Bob Goldthwait choisit de mettre en parallèle deux mondes ou plutôt deux crises, celle de l’adolescence à travers l’expérience de Roxy interprété par l’impertinente Tara Lynn Barr à côté de qui Chloé Moretz en Hit-girl dans Kick-ass semble un personnage bien fade, et celle de la quarantaine à travers l’expérience de Frank incarné par un Joel Murray, éternel second rôle finalement très bon en tête d’affiche. Soit deux acteurs et deux personnages qui n’ont pas les mêmes références mais qui parlent le même langage lorsqu’ils échangent pendant de longues minutes sur le monde, leur vie et tout le reste. C’est alors l’occasion d’apprécier les talents impressionnants de dialoguiste de Goldthwait et le jeu complice de Tara Barr et Joel Murray "crachant" pêle-mêle sur le système, Juno, la télé-réalité, la France, Woody Allen et Alice Cooper. Des dialogues toujours brillants, pertinents et hilarants entre-coupés de scènes où les personnages listent tous ce qu’ils détestent dans ce monde, des représentant des tea-party à ceux qui font des high-fives, et de scène où ils s’entraînent au tir sur des ours en peluche. Les meurtres et autre scènes d’actions sont finalement rares et ce sont véritablement ces temps calmes là qui constituent le coeur du film. God Bless America est avant tout un film cultivé qui s’apprécie grâce à son vrai-faux couple bavard.

Oui, au fond God Bless America est une histoire d’amour amorale qui hésiterait presque entre la romance et l’histoire de famille. Il y a d’un côté l’énergie et les vannes des couples d’une rom-com et de l’autre la complicité presque père-fille d’un homme que sa vraie fille déteste et d’une fille qui se sent incomprise par ses parents. Ambigüe, le film interroge avec ironie et intelligence les conventions et les certitudes d’un homme qui tout en s’en prenant à l’hyper-sexualisation de son époque prend conscience de ses propres faiblesse et de son attirance improbable pour une adolescente qui lui ressemble. Une relation hors norme que Goldthwait dénoue le temps d’un final drôle et touchant qui rend un bel hommage à Bonnie & Clyde.

Malin et critique jusqu’au bout, God Bless America réussit son pari parce que son réalisateur n’a pas l’arrogance de survoler son monde de haut. Ses deux personnages, fous, et violents sont avant tout lancés dans une quête d’eux même qui passe par l’acceptation de leur anormalité et par celle, plus compliqué, de leurs propres limites. God Bless America est alors un vrai film rebelle qui, sans jamais se trahir, parvient à poser un regard aussi intelligent que drôle sur l’Amérique. C’est drôle, touchant, audacieux, particulièrement bien écris et résolument moderne!


1Q84 Livre 3, octobre-décembre
1Q84 Livre 3, octobre-décembre
par Haruki MURAKAMI
Edition : Broché
Prix : EUR 23,50

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Auto-caricature et auto-destruction d'un auteur talentueux., 12 janvier 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : 1Q84 Livre 3, octobre-décembre (Broché)
Il y a un an, en faisant la critique du premier livre de 1Q84 j'avais pris des pincettes. Principalement parce que les éloges ininterrompus et les ventes vertigineuses de cette trilogie en devenait un peu intimidante. Je n'ai jamais été un partisan de l'argument du nombre (et je n'ai jamais compris en quoi marquer "best-seller" sur une couverture est un argument de vente) mais pour une fois je l'admets, j'avais l'impression de ne pas avoir compris 1Q84 et je n'osais pas en dire du mal. Les gens ont certes tendance à lire n'importe quoi et à faire l'éloge des écrivains les moins talentueux de leur génération mais Murakami était pour moi l'exception qui confirmait la règle, le "grand" écrivain qui avait réussi à séduire le grand public.
Deux tomes et quelques autres romans de Murakami plus tard mon opinion de 1Q84 ne s'est pourtant pas amélioré bien au contraire et à force d'entendre des pseudos-critiques clamer que l'auteur mérite le prix nobel et des lecteurs du dimanche nous faire passé 1Q84 pour de la grande littérature je me sens le besoin de donner mon avis car non, je n'ai pas mécompris le roman, il est simplement ce que Murakami a écris de plus fade, de plus ennuyeux, de moins ambitieux et surtout de plus facile.

En substance la formule Murakami n'a pourtant pas vraiment changé. 1Q84 s'encre toujours dans le courant du réalisme magique et met toujours en scène des personnages brisés en quête d'amour et en quête d'eux même. 1Q84 est enfin toujours un roman à voix, plus intéressés par les personnages et leurs anecdotes que par l'intrigue en tant que tel. En théorie il n'y a là encore rien à reprocher puisque l'auteur a toujours réussi à donner de l'intérêt à ses anecdotes, du relief à des personnages secondaires et de la poésie à des éléments en apparence banal faisant ainsi en sorte que le lecteur ne s'ennuie jamais.
L'ennui s'est pourtant mêlé à la trame narrative de ce gros pavet de 1500 pages. S'il ne se passe pas grand chose dans le roman les événements annexes et autres anecdotes qui faisaient la richesse des premiers livres de l'auteur sont ici d'une banalité et d'une facilité qui laisse perplexe. Malgré de nombreuses tentatives on ne retrouvera jamais cette force et cette intensité avec laquelle Murakami parvenait à transformer un simple puit en un univers mystérieux dans L'oiseau à ressort. Ici les images sont trop superficiels ou trop abstraites pour marquer le lecteur et ce n'est pas la plume de l'auteur qui aidera. Non pas que Murakami est été un grand styliste, mais son écriture est soudainement devenu très plate. Le roman est rempli de répétitions, et les descriptions souvent pauvres sont bourrés de métaphores faciles et de lieux communs éculés. Quand aux dialogues ils sont si fades, si froid et si sérieux que les personnages ressemblent à des robots, en particulier ses deux (puis trois) héros.

Certes, Murakami n'a jamais brillé de part sa capacité à mettre en scène des personnages principaux particulièrement intéressants (il ne sont généralement qu'un vecteur par lequel on découvre l'univers et l'histoire) mais ceux-ci demeuraient toujours plus ou moins attachant. Difficile d'en dire autant de Tengo et Aomamé auxquels Murakami n'arrive jamais à donner une étincelle de vie crédible. Les deux personnages sont brisés et en quête d'eux même certes, mais cela ne justifie pas qu'ils soient si plat. C'est un problème de taille dans un roman qui tente avant tout de raconter une grande histoire d'amour. Les mauvaises histoires d'amour mettent en scène des personnages qui prennent vie uniquement à travers le couple qu'ils composent, ils ne vivent que pour et par l'amour qu'ils nourrisent, les belles histoires d'amour décrivent quand à elles des personnages uniques et déjà bien consistant qu'on encourage à aimer et à s'aimer parce qu'ils nous ont prouvés qu'ils existent déjà par eux même. 1Q84, comme la plupart des page-turners et autres romans populaires et dénués de qualités littéraires fait malheureusement parti de la première catégorie.

Non il n'y a vraiment pas grand chose à sauver de ce qui ne semble au final qu'être une vaste opération commerciale décidée à surfer sur le succès d'un nom en tentant tant bien que mal de dupliquer la formule qui avait fait le succès du meilleur livre de son auteur: L'oiseau à ressort. Il est d'ailleurs intéressant de voir que les deux romans entretiennent des liens et partagent même un personnage : Ushikawa, mais la comparaison s'arrête là. L'oiseau à ressort était une chronique maitrisée, une grand oeuvre fantastique à l'univers Lynchéen envoûtant et un roman sociétal ambitieux et remplis d'allusions historiques qui donnait enfin à l'oeuvre de Murakami la dimension socio-historique qui lui manquait, 1Q84 n'est rien de tout ça.
Non pas que 1Q84 soit détestable à lire et il faudra citer quelques jolies passages presques tous concentrés dans le livre 2 (le plus réussi à mon sens) mais il ne reste plus grand chose de cette belle époque ou l'auteur pouvait se vanter d'écrire de façon simple et élégante, sans jamais abaisser son niveau ou simplifier son style pour plaire au plus grand nombre possible. Murakami était un véritable écrivain, ambitieux, doué et plein d'idées. Soit autant de chose qui manquent à 1Q84 et dont on aurait pu douter de la paternité si en quelques occasions Murakami ne retrouvait pas un peu de la force et de la poésie qui imprégner ses grands romans d'avant. L'originalité formelle et l'excentricité de ses oeuvres plus récentes et moins ambitieuses comme le mésestimé Le Passage de la nuit est en revanche parfaitement absente.
Cerise sur le gateau 1Q84 se paye même le luxe d'une fin sans intérêt. Murakami a toujours été adepte des fins ouvertes et celles-ci ont toujours été plutôt réussi mais celle de 1Q84 ne prend même pas la peine de conclure ses intrigues secondaires et donne l'impression que tout ce qui s'est passé dans le roman n'était qu'un prétexte ou un moyen de passer le temps. Passer le temps c'est d'ailleurs le seul objectif du troisième livre ou Murakami va même jusqu'à introduire un nouveau personnage qui a un train de retard sur le lecteur pour étirer un peu plus l'histoire sans ajouter quoique ce soit de pertinent. Les trois personnages, séparés et isolés semblent alors attendre passivement un dénouement qui tarde à venir et qui ne sera motivé que par la chance ou le destin, appelez le comme vous voulez. Oui l'intrigue de 1Q84 se repose beaucoup sur la chance et cela n'aurait pas choqué dans une tragédie mais lorsque seul la chance intervient pour garantir aux héros un happy-ending l'effet tombe à plat. En un sens c'est pourtant une façon logique de conclure un livre qui a fait de la platitude sa raison d'être. 1Q84 est alors si simple a résumé. C'est un livre fidèle à son auteur oui, mais un livre qui n'a pas d'âme.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 26, 2013 8:43 PM CET


Philips - QC5550/15 - Tondeuse Cheveux - Tête pivotante 180° - Sans fil
Philips - QC5550/15 - Tondeuse Cheveux - Tête pivotante 180° - Sans fil

5.0 étoiles sur 5 Une très bonne tondeuse à cheveux., 11 janvier 2013
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Une très bonne tondeuse qui bénéficie mine de rien d'un design de qualité. La tondeuse est élégante et surtout très ergonomique. Les options de réglages sont nombreuses, la tondeuse ne fait pas beaucoup de bruit, dispose d'une bonne autonomie et à l'avantage de fonctionner en mode filaire (ce qui n'était pas le cas de mon ancien modèle). En bref un très bon produit.


TRITTON Detonator Casque Gaming Stéréo officiel Xbox 360 - compatible Xbox 360
TRITTON Detonator Casque Gaming Stéréo officiel Xbox 360 - compatible Xbox 360
Prix : EUR 54,81

4.0 étoiles sur 5 Un bon casque pour le jeu et la musique., 11 janvier 2013
Amusant:4.0 étoiles sur 5 
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
Un casque de qualité pour le jeu comme pour la musique. Le son est suffisamment bon et bien isolé pour permettre les deux types d'utilisation même si le casque est un peu trop encombrant pour être transporter avec son lecteur mp3 (ce n'est de toute manière pas pour cela qu'il a été conçu mais il est bon de savoir qu'il peut remplacer des écouteurs ou un casque audio h.s par exemple). Le casque est plutôt confortable mais il reste conçu pour des joueurs occasionnels, les autres seront sans doute gêné par le fil et le micro de faible qualité et préféreront investir dans un casque plus confortable sur le long terme. Mais vu le prix relativement faible, le Detonator remplit plutôt bien son rôle.


Les revenants
Les revenants
par Laura Kasischke
Edition : Broché
Prix : EUR 22,30

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un des meilleurs romans américain sur la jeunesse, 26 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les revenants (Broché)
(critique extraite de mon blog http:[...])
Les oeuvres méconnus de Laura Kasischke, écrivaine, poète et professeur à l'université du Michigan, ont toujours été méconnus en France. Il faut dire que l'auteur traite de la jeunesse américaine, thème central dans la littérature américaine mais qui n'a jamais vraiment suscité l'intérêt du public français. Dommage car peu d'auteurs ont traités le sujet avec autant de pertinence et de lucidité, focalisant ses récits sur ce qui semble définir la jeunesse contemporaine, l'angoisse d'être une génération sans Histoire, sans avenir et sans passé. L'angoisse d'être une génération mort-né.

Cette peur là a sans doute définit les auteurs de la génération X à laquelle Kasischke appartient. On se souvient que Bret Easton Ellis avait percé sur un thème similaire avec Less Than Zero et The Rules of Attraction ou que Jay McInerney en avait fait de même avec Bright Lights, Big City avant que Douglas Coupland synthétise les idées d'une décennie dans son admirable Generation X - A tale for an Accelerated Culture. En vieillissant la plupart de ces auteurs se sont néanmoins intéressés à des personnages de leur âge et ce avec plus ou moins de succès. Kasischke, plus discrète, n'a elle jamais renié ses jeunes personnages. Bien sûre elle n'exclu pas les plus vieux de ses histoires mais la jeunesse intemporelle de ses premiers romans continue semble-t-il de la hanter.

Elle hante aussi les personnages des Revenants, son dernier roman parut en 2011 et dans lequel Craig est à la poursuite du fantôme de sa petite-amie Nicole tuée dans un accident de la route alors qu'il était au volant. Morte depuis un an Nicole est partout sur le campus ou vit Craig, il ne cesse de la voir dans le visage des étudiantes qu'il croise un peu partout et Perry, son colocataire et ami, l'imagine sur des photos quand ce n'est pas un autre étudiant qui prétend avoir couché avec elle des mois après son enterrement. Puis bientôt ce sont des lettres étranges, des coups de téléphone mystérieux et des apparitions impossibles qui font douter les personnages du roman de leur sanité.

Les Revenants fonctionne à la frontière entre le fantastique et le thriller et conjugue avec une certaine maestria l’atmosphère des histoires de fantômes sur un campus parfaitement moderne et parfaitement aseptisé. Bien sûre on doutait qu'un tel transfert soit possible car, comme les personnages, on était convaincu d'être au dessus des superstitions et du romantisme de la mort mais ce que Kasischke parvient à démontrer avec talent en 500 pages c'est que ce n'est pas le cas. Ces personnages en quête de fantôme, obsédée par une Mort trop abstraite pour être vraie et en même temps trop fascinante pour ne pas être attiré par elle, sont le portrait d'une jeunesse vulnérable mais convaincu de son invulnérabilité dans une époque ou la mort elle même est une incompréhension, pire une abberation.

Mais Kasischke convoque aussi des professeurs dans sa galerie de personnages et dispense aux personnages comme au lecteur des cours d'anthropologie sur la mort et les croyances folklorique. Elle y explore la durabilité de nos croyances et la puissance de nos instincts puis, dans une dimension plus sociale, la perte d'identité et le sentiment d'interchangeabilité d'une jeunesse qui trouve dans l'uniformité et les étiquettes un subterfuge à la toute puissance de la mort. Les revenants ne donne pourtant jamais de réponse définitive au mystère de la disparition de Nicole, au grand désarrois des amateurs de Thriller qui se seront pris au piège du pastiche de style orchestré par l'auteur. Elle maîtrise et utilise tous les codes du genre et compte sur une narration extrêmement morcelée, complexe, pleine de cliffhangers et de flashbacks pour mieux diffuser son suspense mais au dernier moment elle laisse les clés du récit au lecteur et le laisse libre de choisir ce qu'il a comprit de l'histoire et de former ses propres théories.

En cela le roman rappelle un autre très bon roman sur la jeunesse, le fameux Virgin Suicides de Jeffrey Eugénides qui lui aussi laissait le lecteur libre d'interpréter l'histoire et les cause du suicide des adolescentes. C'est aussi dans les deux cas une manière de marquer notre impuissance face à la mort et d'abdiquer devant le glamour d'un évènement qu'on aura beau essayé de démystifier encore et encore en vain. La mort exercera toujours cette même fascination mêlée de peur et d'envie, surtout qu'en on a 20 ans. Parce qu'à 20 ans on est peut être immortel, mais dans un monde où l'on a pas l'impression d'avoir vécu, la mort ou la vie quelle différence?


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