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Contenu rédigé par Chauvin
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Commentaires écrits par
Chauvin
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Forêts
Forêts
par David Burnie
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Excellent documentaire sur l'arbre au sens large, 7 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Forêts (Relié)
Voici un livre documentaire à la fois fouillé, diversifié et richement illustré sur "L'arbre" dans toutes les acceptions du terme. Au confluent de la biologie végétale, de son rôle dans la biodiversité, l'environnement et la géographie, de sa représentation dans l'art ou dans les croyances, de son rôle dans l'économie et les activités humaines, sans oublier son rôle de marqueur temporel. Bref, une véritable fontaine d'informations très bien amenées, à la fois abordables, concises et précises sachant que l'illustration complète admirablement le propos.
Au demeurant, des pop-up et des feuillets dupliqués ajoutent encore à l'aspect attrayant de ce livre pour lequel on peut placer une limite inférieure d'âge que je situe autour de 8 ans mais pour lequel je ne vois pas de limite supérieure. Donc, à mettre entre toutes les mains. Bravo aux auteurs de cet excellent ouvrage.


La France expliquée aux enfants: Sa géographie, la nature et les hommes
La France expliquée aux enfants: Sa géographie, la nature et les hommes
par Bernard Kayser
Edition : Relié
Prix : EUR 15,25

7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Excellent livre très didactique pour les 9-14 ans (et même après ce n'est pas interdit), 25 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : La France expliquée aux enfants: Sa géographie, la nature et les hommes (Relié)
Des aquarelles magnifiques, des schémas intéressants et qu'on ne voit pas si fréquemment ailleurs, des définitions claires, bref un vrai panorama géographique de la France métropolitaine (climats, relief, fleuves, types de végétation, littoral, vivre à la campagne, vivre à la ville, qui sont les français, l'environnement), complément très riche et bien construit au programme que les enfants sont sensés acquérir au terme de l'école primaire mais qu'ils auront plaisir à parfaire grâce à cet ouvrage. A mettre entre toutes les mains.


Guide Voir Prague
Guide Voir Prague
par Nathalie Pujo
Edition : Broché
Prix : EUR 21,95

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour donner une idée de cette ville exceptionnelle, 31 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Guide Voir Prague (Broché)
La formule des guides "VOIR" n'est plus à présenter: beaucoup de photos des principales sources d'intérêt de la ville, des dessins d'écorché des principaux monuments incontournables, des circuits piétonniers, des descriptions sobres mais claires, un historique du pays et de la ville en début d'ouvrage, quelques adresses et renseignements utiles en fin d'ouvrage. L'intérêt de ces guides n'est évidemment pas dans la recherche de la bonne adresse ou du bon plan pour dormir, manger ou sortir, il vaut mieux se fier alors aux Lonely Planet, Petit Fûté et autre Routard. Par contre, pour tout le reste, c'est un vrai plaisir: lisibilité, hiérarchie des informations, ordre de présentation de la ville, etc. Un guide à la hauteur de cette ville EX-CEP-TION-NEL-LE.


La Maison Tellier
La Maison Tellier
par Guy de Maupassant
Edition : Poche
Prix : EUR 3,10

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le premier et probablement le meilleur des quinze recueils de Maupassant, 12 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Maison Tellier (Poche)
Avec ce livre, vous avez entre les mains, à mon humble avis, le meilleur recueil constitué par Guy de Maupassant lui-même. Hormis les nouvelles « Sur l'eau » et « Au printemps » que je trouve un peu inférieures, les autres flirtent véritablement avec les sommets. On n'y rencontre pas encore trop de ces nouvelles au kilomètre comme il lui est arrivé plus tard d'en écrire pour s'assurer une rente commode. L'essentiel des thèmes-phares de l'auteur est déjà présent (prostitution, adultère, angoisse, parenté non assumée, piège du mariage, duplicité, appât du gain) dans ce recueil qui chronologiquement arrive en premier dans la production de l'auteur (je mets de côté le cas un peu particulier de « Boule-de-suif »).
« La Maison Tellier » est une nouvelle de la transgression, du renversement complet et volontaire des codes moraux communément admis, et en particulier, à l'époque de Maupassant. Celui-ci s'exposait donc sciemment à choquer, à indigner son lectorat. Dans cette nouvelle, la maison close est présentée comme une institution de salut public, les notables comme une espèce de vermine prête à s'adonner aux plus viles débauches et dont la fréquentation assidue des prostituées permettrait le maintien dans les limites acceptables de leurs tendances bestiales. Les cocottes prennent, dans la modeste église de campagne où est célébrée une communion, le statut de dévotes exemplaires suscitant la piété du restant de la population, peu encline à la béatitude. Le prêtre lui-même, le plus ancien du diocèse, prétend n'avoir jamais rencontré, en sa longue carrière, pareil moment de grâce. Sorties de « leur jus » citadin, auprès des humbles ruraux, le bataillon bigarré de prostituées prend des allures d'opulence et de respectabilité et Maupassant ironise à fond sur la célèbre maxime attribuée à l'empereur Vespasien : « l'argent n'a pas d'odeur ».
« Les tombales » s'aventure dans les allées ombragées des cimetières et des étranges rencontres qu'on y peut faire. Cette nouvelle annonce la succulente « La morte » dans le recueil La Main gauche. Maupassant y laisse couler son penchant pour la nécrologie et surtout son intarissable dénonciation de l'hypocrisie tant des messages gravés dans le marbre que des attitudes savantes adoptées par les pleureur(euse)s.
« Sur l'eau » est une insertion dans le domaine de l'angoisse et de la peur, voire, de la paranoïa. On peut probablement soutenir que ce conte est loin d'être le meilleur que l'auteur ait écrit dans ce registre. Personnellement je le trouve poussif et artificiel. Il explore les mille imaginations effrayantes que peut nourrir notre cerveau quand la nuit tombe et qu'elle nous laisse seul au bord des eaux (d'ailleurs ici sur l'eau en canot) parmi le fourmillement de la nature nocturne. Ce thème a été exploité avec peut-être plus de bonheur dans l'album pour enfant Scritch scratch dip clapote !.
« Histoire d'une fille de ferme » est une nouvelle un peu plus longue que la moyenne chez Maupassant, retraçant le destin malheureusement assez commun des filles mises enceintes par des gaillards incapables d'assumer leurs ébats, quitte à faire payer à vie durant le prix de la passade. Ici, l'auteur nous offre un dénouement plutôt inattendu et, une fois n'est pas coutume (c'est surtout la marque du Maupassant jeune, pas encore complètement pessimiste), une fin heureuse.
« En famille » est une somptueuse nouvelle, au ton caustique, sarcastique et grinçant, à faire baver d'envie un Balzac de la meilleure heure. L'auteur nous y relate des relations familiales dénuées d'amour (mais pas du sens du profit) à l'occasion du décès d'une vieille grand-mère acariâtre. Tour à tour, tout le monde y passe à la grande moulinette, au premier rang duquel, la belle-fille, pingre et mauvaise, qui rivalise de stratagèmes pour plumer la vieille tout en roulant sa belle-sœur. Le fils, gros pansu qui a raté sa vie comme gratte-papier dans un ministère, n'est pas non plus épargné par l'ami Maupassant qui a séjourné un certain nombre d'années dans une telle administration (à ce propos, je trouve qu'il existe une véritable similitude avec le parcours de Gogol et ses merveilleuses Nouvelles de Petersbourg). J'oublie bien sûr le docteur, notoirement incompétent, et les petits-enfants. Bien que loin d'être la plus connue du recueil, si je devais n'accorder mon suffrage qu'à une seule, je choisirais celle-là. Drôle, fine et satirique, du Maupassant comme on le rêve.
« Le papa de Simon » est une autre excellente nouvelle, acide et émouvante, sur le fardeau posé sur les épaules d'un enfant naturel, risée de ses petits camarades parce qu'il n'a pas de papa. Sublime.
« Une partie de campagne » raconte la conquête plus ou moins aisée (selon qu'il s'agit de l'une ou l'autre) d'une mère et de sa fille par deux beaux jeunes canotiers lors de ces fameux week-ends sur la Seine dont Maupassant était si friand et qu'il nous fait vivre si fréquemment.
« Au printemps » est l'une des nombreuses déclinaisons de Maupassant sur le thème : "ne vous mariez jamais" et que l'on peut probablement rapprocher de Balzac et ses comiques Petites misères de la vie conjugale.
« La femme de Paul » aborde, avec les conceptions de l'époque, la question de l'homosexualité (féminine de surcroît).


Yvette
Yvette
par Guy de Maupassant
Edition : Poche
Prix : EUR 4,10

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un bon recueil injustement méconnu, 3 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Yvette (Poche)
"Yvette" est un recueil savoureux, solide, travaillé et très, trop peu célébré de Guy de Maupassant. Aucune nouvelle n'y est peut-être exceptionnelle, mais le niveau d'ensemble est vraiment très bon et homogène. Il ne contient que huit nouvelles car la nouvelle titre est incomparablement plus longue qu'à l'habitude. Ma favorite, si je devais en sortir une du lot, serait sûrement celle intitulée « Le retour ».
La nouvelle titre, « Yvette », reprend et enrichit la nouvelle « Yveline Samoris » que l'auteur n'avait pas fait figurer dans un recueil de son vivant et qui fut finalement reprise après sa mort dans Le Père Milon et autres nouvelles. Elle nous dévoile le chemin fait d'ombres et de lumières d'un surprenant couple mère/fille. Nouvelle copieuse de quatre chapitres, au style peaufiné, où l'on observe un habile glissement de la narration qui nous fait adopter au départ les vues du viveur Servigny, principal prétendant d'Yvette pour progressivement nous amener dans la tête de la jeune convoitée. Celle-ci, éclose dans le temple de la débauche et des dérives mondaines tenu par sa mère, et dont nous allons être témoins de l'édification, du passage du stade de la jeune fille insouciante au stade de la femme qui va devoir s'assumer. La réalité va donc brusquement lui sauter au visage, emportant du même coup pas mal de ses illusions et de ses convictions qu'elle pensait intangibles. Je n'en dirai pas plus mais je ne résiste pas au plaisir de vous offrir cet extrait :

"Eh bien, oui, je suis une courtisane. Après? Si je n'étais pas une courtisane, moi, tu serais aujourd'hui une cuisinière, toi, comme j'étais autrefois, et tu ferais des journées de trente sous, et tu laverais la vaisselle, et ta maîtresse t'enverrait à la boucherie, entends-tu? Et elle te ficherait à la porte si tu flânais, tandis que tu flânes toute la journée parce que je suis courtisane. Voilà. Quand on n'est rien qu'une bonne, une pauvre fille avec cinquante francs d'économies, il faut savoir se tirer d'affaire, si on ne veut pas crever dans la peau d'une meurt-de-faim; et il n'y a pas deux moyens pour nous, il n'y en a pas deux, entends-tu! Quand on est servante! Nous ne pouvons pas faire fortune, nous, avec des places, ni avec des tripotages de bourse. Nous n'avons rien que notre corps, rien que notre corps. (...) Tant pis! Quand on est belle fille, faut vivre de ça, ou bien souffrir de misère toute sa vie... toute sa vie... pas de choix."

« Le retour » est un conte particulièrement bien soigné sur le plan de l'écriture. Un effort manifeste a été fait par son auteur pour cerner le ton juste, le plus neutre, le moins dans le pathos possible afin de nous servir aux petits oignons l'histoire émouvante des retrouvailles chez ces petites gens qu'il aimait tant, humbles pêcheurs de Normandie, pas latins pour deux sous, pas démonstratifs mais au cœur généreux et vaste comme l'océan des terre-neuvas. À noter, le cafetier de la fin de l'histoire ne saurait être autre que Toine, héros magistral d'une autre nouvelle publiée deux ans plus tard. Chapeau pour le style, sans fioriture, millimétrique où chaque mot fait mouche.
« L'abandonné » revisite un thème souvent exploité par Maupassant (voir « un parricide » dans Contes du jour et de la nuit ou « Duchoux » dans La Main gauche) à savoir celui de l'enfant illégitime abandonné puis rencontré par ses parents bien des années plus tard, pour le meilleur ou pour le pire...
« Les idées du Colonel » sont une sorte d'ode à l'étrange pouvoir de la femme, apte, selon le colonel en question, à revigorer et transfigurer n'importe quel homme (mais seulement s'il est français, histoire de faire un peu dans le chauvinisme bon marché en ces années post 1871 et du même coup séduire les lecteurs des journaux plutôt conservateurs dans lesquels paraissaient les nouvelles en première publication).
« Promenade » raconte l'édification subite d'un gratte-papier d'une soixantaine d'années qui, exceptionnellement, va déroger à son train-train réglé comme du papier à musique au geste près depuis quarante ans. Je vous laisse en découvrir le résultat...
« Mohammed-Fripouille » est un étonnant conte, dans la lignée de ceux qu'il a écrit après ses voyages en Algérie. Mais ici, ce conte revêt un caractère plus original. Il nous dresse le tableau d'une sorte d'« Inglourious Basterds », conduit par le fameux Mohammed-Fripouille, sorte de mercenaire de l'armée française (qu'on appellerait de nos jour plutôt une légion étrangère), allant faire une expédition punitive auprès d'un groupe d'autochtones en bordure du désert suite à l'assassinat d'un touriste anglais.
« Le garde » est une sorte de fusion entre deux caractères déjà explorés par l'auteur : le vilain garnement de la nouvelle « Coco » dans Contes du jour et de la nuit et de la droiture morale du « Père Milon » dans le recueil éponyme. L'oncle, garde-chasse zélé, ancien gendarme, se fait une fierté de protéger des braconniers les terres de son employeur, l'autre, le neveu fourbe, en profite pour se faire quelques francs en allant poser des collets quand son oncle revient harassé de ses rondes. Tous les ingrédients pour une fin détonante !
Enfin « Berthe » nous plonge dans le destin sordide d'une fille de bonne famille née handicapée mentale mais belle comme une déesse.


Creezy
Creezy
par Félicien Marceau
Edition : Broché

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Et derrière le vernis..., une femme?, 1 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Creezy (Broché)
Creezy est un petit livre tonique écrit d'une manière assez étrange, tout à la fois récit et forme désincarnée. Jacques, le narrateur, un député en relation avec les hautes sphères de la finance, nous raconte son idylle avec Creezy, un mannequin de mode très tendance dont l'image s'affiche à tous les murs. Cette femme, comble de superficialité, prend vie peu à peu. Félicien Marceau ouvre, ou plutôt entr'ouvre, le voile qui la drape et essaie de nous faire sentir sa vérité derrière le vernis, à savoir une femme plutôt paumée malgré les comptes bien tenus et seule malgré les "milliers" de relations. En somme, je ne dirais pas un chef-d'œuvre, mais un petit récit qui nous fait réfléchir sur le mode de vie actuel, tout en immédiateté et en image. Personnellement, j'y ai perçu peut-être un clin d'œil à la vie de Brigitte Bardot, mais c'est tout-à-fait personnel, je n'ai aucun élément précis pour étayer cette impression. A l'heure actuelle, on pourrait penser davantage à Natalia Vodianova (avant qu'une autre prenne sa place dans très peu de temps).
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 19, 2011 4:26 PM CET


Funkier Than A Mosquito's Tweeter
Funkier Than A Mosquito's Tweeter
Prix : EUR 9,46

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Quand Tina s'appelait vraiment Turner et qu'elle faisait de la vraie musique, 28 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Funkier Than A Mosquito's Tweeter (CD)
On sait tous plus ou moins qu'Ike Turner était un homme violent et dangereux, bastonneur invétéré de l'infortunée Tina, mais lorsqu'il utilisait ses mains pour autre chose que pour gifler, c'était un tout grand. Je pense ne pas trahir qui que ce soit en affirmant que le meilleur tant d'Ike que de Tina Turner se trouve compilé dans ce disque vraiment pêchu, inspiré, à n'en pas douter une référence du funk. On ne sait trop dire si la voix de Tina magnifie la guitare d'Ike ou si c'est le contraire, en tous les cas, l'ensemble fonctionne à merveille pour produire de la dynamite. Beaucoup de compositions propres soit d'Ike, soit de Tina, soit des deux, mais aussi quelques reprises, notamment celle de Led Zeppelin "Whole lotta Love". Bien sûr, Tina sans Ike reste une grande, une immense chanteuse dans son style, mais musicalement, le compte n'y est pas toujours, et l'ensemble fait très, trop, "variétoche". Ici, vous ne serez pas déçus, c'est du lourd, c'est du granite, c'est du funk dans l'acception la plus noble du terme. Allez-y les yeux fermés.


Chronicle: The 20 Greatest Hits
Chronicle: The 20 Greatest Hits
Prix : EUR 13,99

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Tiens!? Un best of des Rolling Stones pas fait par les Stones! (sans rire, c'est vraiment de la pépite), 26 septembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chronicle: The 20 Greatest Hits (CD)
Toute une époque. Groupe assez éphémère mais ô combien marquant. Une usine à tubes, sorte de symétrique américain du meilleur des Stones avec un petit côté plus terreux (au sens terroir), plus Easy Rider que les orfèvres anglais. On y lit aussi des influences plus complexe: blues, soul, rhythm & blues, rock des origines. On se sent instantanément plongé dans l'esprit Woodstock.
Juste un conseil: par une belle journée ensoleillée, rien de spécial à faire, le réservoir plein, mettez les CCR dans l'auto-radio et drôlement fort si vous arrivez à vous arrêter avant de vous en être mis plein les mirettes et d'avoir taillé la route jusqu'à la panne sèche. Pour information, vous aurez hurlé avec eux toute fenêtre ouverte sur "I put a spell on you", "Fortunate son", "Proud Mary", "Down on the corner", "Susie Q" et tellement d'autres qu'il serait long de toutes les énumérer. Bref, un vrai bonheur qui devrait être remboursé par la sécurité sociale tellement ça fait du bien.


Le Rosier de Madame Husson et autres nouvelles
Le Rosier de Madame Husson et autres nouvelles
par Guy de Maupassant
Edition : Poche
Prix : EUR 6,20

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le savoir-faire de Monsieur de Maupassant, 23 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rosier de Madame Husson et autres nouvelles (Poche)
Voici un bon recueil, dans la moyenne, pas le meilleur, pas le moins bon. J'y ai particulièrement savouré les trois nouvelles consécutives « Une vente », « L'assassin » et « La Martine ».
La nouvelle titre explore deux directions distinctes. Tout d'abord le sujet principal, à savoir, selon l'auteur, le ridicule des « prix de vertu » (je n'ose même pas imaginer ce que Maupassant aurait pu écrire des concours de Miss...) et du côté labile que peut prendre la vertu, surtout lorsqu'elle est exposée sous les projecteurs (voir à ce propos la fameuse chanson de Brassens, « trompettes de la renommée, vous êtes bien mal embouchées »). Et puisque je suis dans la comparaison avec l'ami Brassens, l'autre axe majeur de cette nouvelle est la dénonciation du chauvinisme exacerbé du narrateur qui s'admire dans Gisors, modeste ville de l'Eure, comme dans la plus grande mégapole de tous les temps et qui ne peut que me faire songer à la chanson « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part ».
« Un échec » raconte la déconvenue (un bon vieux râteau des familles !) d'un dragueur auprès d'une femme mariée (petites remarques misogynes au passage, merci M. Maupassant).
Puisqu'on est dans le registre de la misogynie, l'auteur en remet une petite couche avec « Enragée ? » qui nous conte la nuit de noces d'une naïve persuadée d'avoir contracté la rage et qu'il fait passer pour une cruche des plus mémorables.
« Le modèle » est une forme de n-ième jugement du mariage comme un enfermement que rien ne justifie (l'auteur était personnellement contre cette institution et prétendait comme la chanson des Rita Mitsouko que « les histoires d'amour finissent mal en général »).
« La baronne » est une sorte d'addendum à la nouvelle « Yveline Samoris » recueillie après la mort de l'auteur dans Le Père Milon. Il y est encore question de femmes à la vertu douteuse et intéressée.
« Une vente », est la vraie nouvelle originale du recueil et elle se situe dans la lignée de « la bête au Maît' Belhomme » ou des « tribunaux rustiques ». Maupassant y emploie, comme il sait si bien le faire, le patois haut normand dans une histoire rocambolesque et franchement drôle. Je vous laisse vous délecter de ce conte sans vous en dire plus, mais je vous offre ce passage pour vous mettre l'eau à la bouche :

"Il réfléchit ou bien il fait semblant. Quand on est bu, on n'est pas clair, et il me répond: "Je te la vends au mètre cube." Moi, ça m'étonne pas, vu que j'étais autant bu que lui, et que le mètre cube ça me connaît dans mon métier. Ça fait mille litres, ça m'allait. Seulement le prix restait à débattre. Tout dépend de la qualité. Je lui dis: "Combien ça, le mètre cube?" Il me répond: "Deux mille francs." Je fais un saut de lapin, et puis je réfléchis qu'une femme ça doit pas mesurer plus de trois cent litres. J' dis tout de même: "C'est trop cher." Il répond: "J' peux pas à moins. J'y perdrais." Vous comprenez, on n'est pas marchand de cochons pour rien. On connaît son métier. Mais s'il est ficelle, le vendeur de lard, moi je suis fil, vu que j'en vends Ah! ah! ah! Donc je lui dis: "Si elle était neuve, j'dis pas: mais a t'a servi, pas vrai, donc c'est du r'tour. J' t'en donne quinze cents francs l' mètre cube, pas un sou de plus. Ça va-t-il?" Il répond: "Ça va. Tope là!"

« L'assassin » se présente sous la forme d'une plaidoirie de procès. J'ai cru y lire en filigrane le propre jugement de Maupassant sur la société et je ne résiste pas à l'envie de vous faire goûter à l'extrait que voici :

"Là est son crime: le respect! C'est un sentiment, messieurs, que nous ne connaissons plus guère aujourd'hui, dont le nom seul semble exister encore et dont toute la puissance a disparu. Il faut entrer dans certaines familles arriérées et modestes pour y retrouver cette tradition sévère, cette religion de la chose ou de l'homme, du sentiment ou de la croyance revêtus d'une caractère sacré, cette foi qui ne supporte ni le doute ni le sourire, ni l'effleurement d'un soupçon. On ne peut être un honnête homme, vraiment un honnête homme, dans toute la force de ce terme, que si on est un respectueux. L'homme qui respecte a les yeux fermés. Il croit. Nous autres, dont les yeux sont grands ouverts sur le monde, qui vivons ici, dans ce palais de la justice qui est l'égout de la société, où viennent échouer toutes les infamies, nous autres qui sommes les confidents de toutes les hontes, les défenseurs dévoués de toutes les gredineries humaines, les soutiens, pour ne pas dire souteneurs, de toutes les drôlesses, depuis les princes jusqu'aux rôdeurs de barrière, nous qui accueillons avec indulgence, avec complaisance, avec bienveillance souriante tous les coupables pour les défendre devant vous, nous qui, si nous aimons vraiment notre métier, mesurons notre sympathie d'avocat à la grandeur du forfait, nous ne pouvons plus avoir l'âme respectueuse. Nous voyons trop ce fleuve de corruption qui va des chefs du Pouvoir aux derniers des gueux, nous savons trop comment tout se passe, comment tout se donne, comment tout se vend. Places, fonctions, honneurs, brutalement en échange de titres et de parts dans les entreprises industrielles, ou plus simplement contre un baiser de femme."

« La Martine » est probablement une des plus belles illustrations du génie littéraire de Maupassant. Il y décrit, tout en émotion, tout en délicatesse, tout en subtilité, tout en suggestion la passion d'un brave gars de la ferme, Benoist, pour une belle paysanne qui, ayant un temps fait écho à ses avances, choisira d'en épouser un autre.
« Une soirée » se présente sous forme d'une petite farce sans prétention. Un soldat en permission chez sa sœur dans une ville inconnue, jouissant d'une tendance affirmée pour le goulot essaie de trouver des filles afin de prendre du bon temps et tombe nez-à-nez avec son beau-frère au beau milieu d'une réception mondaine.
« La confession » explore le contraste entre un époux et sa femme. L'un militaire, vertueux, l'autre, rieuse, de mœurs faciles. Au soir d'un repas arrosé, le vertueux va fauter...
« Divorce » déploie, dans le registre de l'anecdote, la trame d'un notaire qui a « recruté » sa femme par petite annonce en examinant le montant de la dot apportée par l'épouse. Mais d'où provient cet argent ?...
« La revanche » fait une nouvelle fois l'apologie de la relation extraconjugale au détriment de la légale.
« L'odyssée d'une fille » raconte la suite de déboires liés au hasard qui ont conduit une fille pauvre vers les chemins de la prostitution. Ce thème sera repris et enrichi dans la nouvelle « Le port » publiée dans le recueil suivant La Main gauche.
Enfin, « Une fenêtre » dévoile les dessous d'un procédé original de mise à l'épreuve d'un futur mari. Mesdames, si vous en avez les moyens...


L'Atelier de Lecture CM1
L'Atelier de Lecture CM1
par Martine Descouens
Edition : Broché
Prix : EUR 7,50

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Toujours aussi bien fait, 20 septembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Atelier de Lecture CM1 (Broché)
Voici la nouvelle mouture des ateliers de lecture CM1 (voir l'ancienne). Les exercices sont tous nouveaux mais dans la même veine que l'ancienne génération. L'ouvrage est divisé en 8 compétences spécifiques: identifier les mots, enrichir son vocabulaire, comprendre les phrases (niveau 1 & 2), repérer les informations principales d'une histoire, comprendre le sens d'une histoire, repérer des informations dans un document, comprendre et utiliser les informations d'un document.
Si vous avez besoin d'un outil fiable pour catégoriser les difficultés en lecture, l'Atelier lecture, tests, CM1, cycle 3. Evaluation, aide à la remédiation ancienne version reste valable et beaucoup plus abordable que la version "tout électronique" suivante : Atelier lecture CM1 fiches évaluations (1Cédérom).


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