Profil de Nastasia B > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Nastasia B
Classement des meilleurs critiques: 1.020
Votes utiles : 432

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Nastasia B "le goût des livres en papier" (beaucoup plus de critiques sur babelio)
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10
pixel
UNE POMME PAR JOUR
UNE POMME PAR JOUR
par Keda Black
Edition : Broché
Prix : EUR 16,90

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une ôde à la pomme, 17 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : UNE POMME PAR JOUR (Broché)
Il fut un président qui fit de la pomme un slogan de campagne. Ce n’est pas rien. Heureusement, pour le bien de tous, les présidents passent et leurs slogans avec eux. Mais la pomme, elle, reste. Et c’est bien d’elle qu’il s’agit dans ce livre qui lui est amoureusement dédié par la trublionne des cuisines Keda Black.

La Normande de naissance et de cœur que je suis restée (malgré mon lâche et déchirant abandon de la Basse-Normandie il y a bientôt quinze ans) ne pouvait passer à côté d’une si belle occasion de lui rendre hommage.

Sachez (et je parle sans parti pris puisque mes veines sont baignées pour moitié de sang breton) que lorsque de nos jours, dans beaucoup de régions de France on vous vante les mérites du cidre breton, comme le seul véritable et authentique, ça me fait doucement rigoler. C’est presque comme si l’on vous garantissait l’authenticité d’un camembert des Pays de la Loire ou du Nord-Pas de Calais.

Non, je ne vais pas vous faire un long plaidoyer argumentatif, rassurez-vous, je vais juste vous donner un chiffre (qui en l’occurrence est un nombre) : dans le seul Pays d’Auge, c’est-à-dire un infime trognon de la Normandie puisqu’il couvre, grosso modo, un tiers seulement du département du Calvados, dans ce seul Pays d’Auge donc, au XIXème siècle, on répertoriait non pas 10, non pas 50, non pas 100, non pas 500 mais près de 600 variétés différentes de pommes.

Non, vous ne rêvez pas, 600 variétés de pommes différentes dans le seul Pays d’Auge. Donc la patrie du cidre, sachez-le, n’en déplaise à quelques Bretons de mauvaise foi, c’est bel et bien la Normandie. Une région qui a voué un culte et un savoir-faire à la pomme comme la Bourgogne ou le Bordelais ont voué un culte à la vigne. Mais les Normands ne savent pas vraiment se vendre et ne sont guère les champions de la publicité, domaine où je veux bien reconnaître une forme de supériorité locale à la Bretagne.

Oui, 600 variétés de pommes, dont beaucoup ont disparu ou c’est tout comme. Grâce au gui, aux tempêtes, aux tronçonneuses et à cette manie du XXème siècle de croire qu’il savait tout mieux que les dix siècles qui l’avaient précédé, qui avaient mis sur pied, amélioré et pérennisé un système qui avait fait ses preuves depuis mille ans.

Oui, quand je retourne en Normandie, souvent mon cœur se pince quand je vois ces immenses surfaces dédiées au dieu Productivité, un dieu qui est fâché de longue date avec les dieux Qualité et Goût. Ces immenses surfaces où ont disparu les pâturages traditionnels plantés de pommiers à hautes tiges sous lesquels les vaches paissaient. Ces nouvelles surfaces plantées de pommiers à basses tiges, peuplées de mini-tracteurs et de bombonnes de traitement insecticide, ruisselantes de pommes toutes bien calibrées, jaunes comme des mirabelles et insipides comme des hosties, deux ou trois variétés, pas plus, des variétés… anglaises ! Ouille ! Que j’ai mal à ma Normandie et à son ancestral savoir-faire en matière de pomme !

Eh oui, une pomme — une vraie pomme j’entends — ça a du goût (parfois tonique même), ça dépasse rarement les 5 cm de diamètre, ce n’est jamais brillant, encore moins symétrique et c’est souvent véreux et bourré d’imperfections. Une vraie pomme, comme n’importe quel fruit originaire des régions tempérées du globe, ça a une saisonnalité et ça ne se rencontre pas toute l’année. C’est aussi le pourquoi des 600 variétés du Pays d’Auge.

Cela permettait d’étaler la floraison sur la plus longue période possible au printemps pour arriver à passer au travers des dévastatrices gelées tardives pour les pommiers en fleurs et aussi d’étaler la maturité de juillet pour les pommes dites « pommes de juillet » jusqu’à la variété dite « Noël des champs » et dont le nom parle de lui-même.

D’ailleurs, j’en terminerai dans cette longue digression, en stipulant que le mot argotique ou patoisant pour désigner le cidre dans le Pays d’Auge est le mot « bedan », l’une des stars locales parmi les 600 variétés répertoriées et qui était réputée pour la saveur qu’elle donnait au cidre.

C’est ce qu’exprime, mais de façon moins longue et moins pénible Keda Black, qui centre très intelligemment son ouvrage sur les variétés. Bien sûr ce sont les variétés actuelles qu’on trouve le plus fréquemment sur le marché, les Golden Delicious, les Granny-Smith et autre Jonagold ou Boskoop, des hérésies de la nature toutes nées sur des terres anglo-saxonnes ou des Pays-Bas, mais bon, il faut faire avec ce qu’on a…

L’auteur nous délivre donc des recettes variées sucrées (surtout), salées (un peu) autour de la pomme (beaucoup) ou du cidre (un peu). Pour une même variété de pomme, on vous donne des recettes où elle est utilisée de façon optimale (saveur, tenue à la cuisson, etc.) et par quelle variété elle peut éventuellement être remplacée. Je suis vraiment enthousiasmée par cette tentative pour redonner ses lettres de noblesse à un fruit qu’on ne célèbre pas — ou trop peu — à sa juste valeur.

Ce sont donc des recettes assez ambitieuses. Qui dit " ambitieuses " dit " pas spécialement adaptées aux débutant(e)s ". Un livre qui vous réussira donc d'autant mieux que vous aurez une petite expérience en pâtisserie. C’est à la fois la force et la faiblesse, selon moi, de ce livre. Des recettes plutôt élaborées qui donnent des résultats excellents mais qui sont du coup assez longues et qui nécessitent une certaine logistique. On n’a rien sans rien me direz-vous.

Assurément vous pourrez surprendre positivement vos hôtes avec ces (environ) soixante-dix recettes, (j’en ai déjà essayé quelques-unes qui m’ont satisfaite) mais dites-vous simplement que ce n’est pas de la cuisine pour gens pressés. Hormis ce petit bémol qui peut s’avérer gênant avec le rythme de la vie actuelle, je n’ai que du bien à dire de ce livre objet très beau, très réussi esthétiquement et graphiquement, avec des illustrations et des photographies de qualité.

Je remercie donc vivement les éditions Marabout ainsi que l’opération Masse Critique de Babelio qui m’ont permis de découvrir ce succulent ouvrage. Mais ce n’est bien évidemment qu’un tout petit avis, haut comme trois pommes, c’est-à-dire, très peu de chose.


L'Introuvable
L'Introuvable
par Dashiell Hammett
Edition : Broché
Prix : EUR 7,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un policier écrit par un véritable écrivain, ça fait du bien, 29 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Introuvable (Broché)
AAAAAHHHHH ! Ça c'est du polar comme je les aime ! Le genre de livres qu'on ouvre un soir avant d'aller dormir et qu'on ne referme plus avant d'avoir tourné la dernière page au petit matin et qui vous aura coûté une nuit blanche et énormément de plaisir. D'ailleurs l'appellation roman noir conviendrait peut-être mieux, quoiqu'il s'agisse, au sens le plus noble et le plus strict de l'expression, d'un roman policier.

Aiguisons votre fibre d'enquêteur... voyons, voyons. Si je vous dis qu'il s'agit d'un p'tit gars né exactement le 27 mai 1894, mort en 1961, qui a fait la guerre, qui a eu des démêlés avec les autorités de son pays, hum ?... qu'est-ce que vous me dites ?... Louis-Ferdinand Céline. Ouais, pas mal, tout colle, les indices semblent révélateurs, mais je vous dis non, vous faites fausse route.

Le 27 mai 1894, aux deux antipodes de l'Atlantique sont nés deux monstres de la littérature. L'un s'appelle Céline et l'autre c'est évidemment Dashiell Hammett. Leurs lignes de vie sont incroyablement ressemblantes, si ce n'est qu'on a reproché à l'un d'être un peu trop à gauche et à l'autre un peu trop à droite.

Effectivement, hormis ces quelques points communs, on n'a évidemment pas tout à fait affaire au même bonhomme. Celui qui nous intéresse aujourd'hui avait une paire de couilles absolument énormes et a fait mille trucs dangereux dans sa vie, au premier rang desquels on peut citer le fait de se déclarer communiste en pleine chasse aux sorcières et de refuser systématiquement de balancer des gens et de se trouver des alibis, alors même qu'il n'avait absolument rien à se reprocher, juste par principe, parce qu'il n'aimait pas qu'on l'oblige à dire ce qu'il n'avait pas envie de dire.

Ça lui a coûté à peu près tout ce qu'il possédait, ça lui a flingué sa carrière littéraire, mais, rien à faire, il ne plia pas. Bref, j'ai beaucoup d'admiration pour l'homme, (sauf peut-être son côté alcoolique très prononcé) et peut-être plus encore pour l'écrivain.

J'ai souvent exprimé ici mes regrets de voir des romans policiers au scénario impeccable, avec tous les ferments d'un sublime morceau de littérature, malheureusement gâchés, ou partiellement gâchés, par une écriture trop faible ou des facilités de style.

Ici, rien de tout ça, et c'est ce qui en fait le prix à mes yeux. Vous êtes menés de main de maître tambour battant sur la piste d'un criminel, ça, c'est tout à fait ordinaire de nos jours, mais rien n'est lâché quant au style, nerveux, incisif et pourtant littérairement solide, ce qui est déjà nettement plus rare. Selon moi, la très, très grande classe en matière d'écriture policière.

Le livre a été écrit en 1934. Non, vous ne rêvez pas, 1934, quatre-vingts piges et ça sent encore le frais comme si vous veniez de le déballer. La traduction française de 1950 est elle un peu moins fraîche mais encore très convenable et Gallimard a malgré tout eu l'excellente idée de le faire retraduire récemment pour en restaurer tous les sucs intimes, délicats et inestimables qui avaient passé au soleil. Donc, pourquoi se priver ?

L'Introuvable qui est-ce ? Clyde Wynant. Un original, un inventeur, un fou disent certains. Peut-être un brin timbré, certes, mais suffisamment génial pour gagner grassement sa vie de ses inventions. Son ex-femme, Mimi, et sa fille, Dorothy aimerait bien lui remettre la main dessus, mais depuis que sa secrétaire particulière Julia Wolf a été retrouvée abattue de plusieurs balles de révolver, l'oiseau s'est envolé.

Il ne communique plus que par lettres ou par télégrammes, qu'il fait transiter soit par son avocat Macaulay, soit par son fils Gilbert, soit par quelque autre procédé qui interdit toujours de le localiser.

Heureusement, par hasard, se trouve à New-York un ancien détective, Nick Charles, qui connaissait bien la famille avant le divorce et même l'avocat. L'inspecteur Guild, chargé de l'affaire, aimerait bien que Nick Charles reprenne du service pour l'aider à voir un peu clair dans cet imbroglio.

Or lui aussi paraît louche, car il semble bien avoir fricoté naguère avec Mimi, l'ex-femme, qui s'est remariée avec un certain Jorgensen. Et qui est ce Jorgensen ? Que cherche Dorothy à vouloir allumer Nick ? Quelle relation unissait la victime Julia Wolf et l'introuvable Clyde Wynant ? Nunheim, un trois-quarts malfrat de troisième zone semble avoir accidentellement appris quelque chose sur l'affaire. Pourra-t-il monnayer ces informations ? En aura-t-il le temps et le loisir ? Qui d'autre avait intérêt au meurtre ? Pour quel mobile ? C'est ce qu'évidemment, je ne veux à aucun prix vous révéler.

Du grand Dashiell Hammett, du grand polar, avec des dialogues excellents, une peinture sociologique et psychologique des plus raffinées mais ce n'est bien évidemment que mon avis, et j'ai bien conscience qu'il vaut mieux parfois qu'il soit introuvable car il ne signifie pas grand-chose.


La véridique histoire de la fée Melusine
La véridique histoire de la fée Melusine
par Michèle Perret
Edition : Broché
Prix : EUR 14,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un classique du Moyen Âge bien revisité mais avec un vocabulaire un peu trop difficile pour les jeunes d'aujourd'hui, 26 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La véridique histoire de la fée Melusine (Broché)
C'est un exercice toujours très délicat que de faire la critique d'une œuvre écrite par une personne pour laquelle on a à la fois de la sympathie, de l'estime et de l'admiration. J'ai pris cet engagement auprès d'elle d'en faire une critique la plus impartiale et objective possible.

Pour ce faire, j'ai pris le temps au préalable d'étudier le livre in-extenso avec une classe de CM1/CM2 d'un niveau correct, pas exceptionnel, loin s'en faut, mais pas non plus aussi bas qu'il m'est arrivé d'en croiser. L'avis qui va suivre est donc une espèce de fusion de mon ressenti propre de lecture, de mon ressenti d'enseignante ayant eu à faire étudier ce livre à des élèves et des remarques mêmes des élèves, qui restent les principaux intéressés dans cette expérience.

Le livre se présente sous forme de dix-neuf chapitres allant de 2 à 8 pages (4 à 5 pages de moyenne). Certains chapitres présentent une illustration de pleine page en noir et blanc de Sylvain Bourrières. Autant régler tout de suite leur sort à ces illustrations. Personnellement, elles ne m'ont pas convaincu et ne me semblent rien apporter à l'histoire, mais les élèves, eux, semblent les avoir appréciées et les trouver importantes.

L'histoire est une double adaptation de l'œuvre de Jean d'Arras intitulée Mélusine ou la noble Histoire des Lusignan, datant de la fin du XIVème siècle. Adaptation en français moderne, tout d'abord, et adaptation pour les enfants d'autre part.

Cette histoire de Jean d'Arras est complexe car à cheval sur différents genres : le récit merveilleux, tout d'abord, quasiment récit mythique fondateur car on retrouve des avatars de Mélusine dans beaucoup de folklores indo-européens depuis des temps immémoriaux. C'est aussi un roman de chevalerie comme il s'en faisait à l'époque et c'est encore une manière de biographie généalogique sur la famille de Lusignan, originaire du Poitou et dont des représentants seront rois qui à Chypre, qui à Jérusalem, qui en Arménie, qui en Bohème ou au Luxembourg, sans oublier une myriade de comtés ou d'autres type de provinces françaises.

Selon moi, il convient d'examiner séparément les deux types d'adaptations que propose Michèle Perret de cette œuvre. Tout d'abord, l'adaptation en français moderne, qui, je ne pense pas faire vraiment débat là-dessus est très réussie. En rafraîchissant la langue, les cheminements ou des détails tels que les unités de mesure, on a affaire à un texte réellement intelligible au XXIème siècle. L'auteur propose également fréquemment, en bas de page des éléments d'éclaircissement quant au texte même de Jean d'Arras.

Donc, pour le lecteur actuel, une adaptation parfaite en français moderne. En revanche, si je dois donner sincèrement mon opinion sur l'adaptation destinée à des enfants de 9 à 13 ans, la fenêtre d'âge qui semble le cœur de cible de l'ouvrage, mon éloge sera plus mesuré pour les raisons suivantes :

1) En premier lieu, la richesse et la complexité du vocabulaire employé a très fortement nuit à la compréhension. Les élèves n'ont pas décroché parce que je les ai tenus à bout de bras (et un peu menacé, faut être sincère jusqu'au bout). Je ne sais pas si en lecture libre, un seul de mes élèves serait allé au bout. C'est particulièrement vrai pour les termes propres à la chevalerie ou à la religion, deux domaines où les enfants actuels sont quasi vierges de connaissances et de vocabulaire spécifique.

2) En second lieu, la multiplication des personnages, les descendants de Mélusine, dans la seconde moitié du livre, personnages auxquels on n'a pas vraiment le temps de s'habituer ni de s'identifier me semble également un frein. J'ai perçu un net déclin d'intérêt dans cette phase alors que la première partie, ayant le couple Mélusine et Raymondin pour centre, les avait, elle, captivés.

3) Troisièmement, en regard des connaissances limitées des enfants en géographie, une carte présentant les différents lieux de l'histoire aurait été plus que nécessaire. Les élèves n'arrêtaient pas de me demander : c'est où la Marche ? c'est où l'Arménie ? c'est ou Parthenay ? etc., etc.

4) Enfin, pour des enfants de cet âge, le mélange des genres à quelque chose de frustrant et de déroutant. Je m'explique. Ils ont, vers 10 ans, une expérience à la fois des œuvres de fiction et également des documentaires (historiques ou autres). Ici, du fait que des informations réelles sont constamment entremêlées d'événements peu crédibles, ils ont eu tendance à se sentir menés en bateau et à ne plus croire à rien du tout. C'est susceptible un enfant à cet âge-là, et c'est assez manichéen aussi : soit c'est faux, soit c'est vrai. Quand c'est entrecroisé, ça dérange.

Je vais donc conclure avec cette dernière adaptation, celle destinée spécifiquement à la jeunesse, en disant qu'il aurait très certainement fallu une simplification du vocabulaire et des tournures trop éloignées du quotidien des enfants (ex : vint à passer, eut-on dit, chapellenie, etc.), un débroussaillage plus approfondi sur les descendants de Mélusine sur lesquels on souhaitait se focaliser, une carte des lieux mentionnés, et un documentaire réel, en fin d'ouvrage où les enfants auraient pu avoir accès à " ce qui est vrai " dans l'histoire qu'ils viennent de lire. Le simple " repères chronologiques " en fin d'ouvrage ne me semble pas suffisant pour gommer les interrogations germées tout au long du livre.

Bien évidemment, ceci n'est que la véridique histoire de mon avis, qui ne signifie pas grand-chose.


Un amour bon comme le sel
Un amour bon comme le sel
par Mariana Cojan-Negulesco
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un conte moderne original et plutôt réussi, 26 août 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un amour bon comme le sel (Album)
Voici un conte moderne de l'auteur roumaine Mariana Cojan-Negulesco qui est assez différent de ceux auxquels on est habitué.

Tout ressemble pourtant : un empereur, trois filles à marier, une infortunée qui deviendra servante, un prince charmant, bing ! le grand amour. On se dit qu'on a affaire à Cendrillon.

Et pourtant non, loin s'en faut. Car ici, s'il est effectivement question d'amour, c'est d'amour filial. Il n'y a aucune marâtre jalouse, aucune opposition entre les sœurs. Le nœud de l'histoire réside dans la relation entre un père et sa fille.

Un jour que l'empereur veuf demande à ses trois filles chéries comment elles l'aiment, elles, les deux premières répondent avec des comparatifs sucrés et la dernière, trop jeune, peut-être, ou trop franche, lui avoue qu'elle l'aime comme le sel.

C'est vrai que dit comme cela, ce n'est pas hyper sexy. Imaginez Lou Reed en train de chanter, à la place de " Sugar " : ♫ " Hey Salt, ♪ take a walk on the wild side. " ♫ Tout de suite, ça le fait moins... et c'est précisément ce que s'est dit son père, l'empereur Rouge, qui pour le coup, a bien porté son nom et qui a expédié l'insolente au diable vauvert.

Ce n'est que péniblement, avec beaucoup d'humilité, que la jeune princesse bannie retrouvera par un heureux mariage la majesté due à son rang. Que décidera-t-elle alors vis-à-vis de son vieux père et de ses sœurs ? C'est ce que je vous propose de découvrir par vous-même.

Ce conte de sagesse est intéressant de mon point de vue car il montre, par le biais d'une expérience vécue par tous les enfants, l'expérience culinaire, que tout ne réside pas dans l'immédiateté et dans la facilité et que, selon l'expression consacrée, c'est même parfois ce qui fait le sel de l'existence.

Donc, un livre bien agréable à proposer à la lecture à partir de 8 ans environ et à lire par l'adulte un peu plus tôt mais probablement pas à la maternelle où le vocabulaire employé et la longueur de l'histoire seront des obstacles trop important. Mais ce n'est là qu'un avis, peut-être bien insipide, c'est-à-dire, pas grand-chose.


Le Jour des corneilles
Le Jour des corneilles
par Jean-François Beauchemin
Edition : Poche
Prix : EUR 8,10

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un beau style comme on en n'avait plus fait depuis Rabelais mais d'un glauque déprimant, 26 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Jour des corneilles (Poche)
Le Jour Des Corneilles m'a été chaudement conseillé par l'une de mes plus proches amies qui, connaissant mes affinités pour le style, m'a assurée que " tu vas adorer, j'en suis sûre ".

Et effectivement, dès les premières lignes vous êtes embarqués dans un français incroyable, comme surgit d'outre-tombe, un françois comme Français Rabelois l'eût probablement escrit et appresté, si agréable à l'esgourde par sa sonnaillerie plaisante et insolite.

Cet effet très maîtrisé par Jean-François Beauchemin est rendu presque naturel par le fait que le narrateur et protagoniste principal de l'histoire a vécu, complètement isolé et reclus avec son père dans une cabane au fond des bois depuis sa plus tendre enfance.

Ainsi, ce langage bourré d'archaïsmes québécois, lesquels archaïsmes ressemblent comme deux gouttes d'eau au moyen français qui se pratiquait à l'époque de Rabelais, est censé coller à l'archaïsme du mode de vie, loin de la civilisation et des mœurs de notre époque.

Donc, sur le volet du style, je trouve ce petit roman très réussi et très dépaysant, vous transportant en moins de cinq lignes à cinq siècles en arrière, comme au temps du bon roi François, premier du nom.

Il me faut maintenant parler des choses qui fâchent, à savoir que, malgré cette grande originalité de style, je n'ai pas goûté cette romance au ragoût de chipmonque et d'atrabile. Si vous aimez le glauque de chez glauque assaisonné au gore de chez gore, alors vous aimerez très certainement Le Jour Des Corneilles.

En revanche, si comme moi vous n'affectionnez ni glauque ni gore, vous risquez d'éprouver quelques malaises durant cette lecture. De quoi est-il question ?

Dans ce récit à la première personne, le fils Courge explique à un juge tout son parcours, depuis sa naissance jusqu'à cette session devant le tribuneau. Il y fait donc la longue litanie des mauvais traitements semi-sadiques qu'il a subit de la part de son père, faute d'avoir connu sa mère, décédée à sa naissance.

Ce père, véritable brute des bois, qui a tout fait pour le faire périr, volontairement ou involontairement, avec ou sans le recours d'un fort dérangement cérébral est le véritable héros (anti-héros) de cette histoire.

Tout du long, on essaie de comprendre les motivations de cet homme, d'une part à vivre à l'écart du monde et à interdire à son fils tout contact avec ses semblables. Ensuite, l'origine de l'espèce de culte sacrificiel païen qu'il voue à sa défunte épouse, ainsi que quelques uns de ses dérangements psychiatriques.

Dans l'ombre du père Courge, vivote — survit plutôt que vit — son frêle fils, qui passe lui son temps à se demander si son père éprouve quoi que ce soit d'affection envers sa personne.

On peut lire en quatrième de couverture une citation de Martine Laval dans Télérama qui dit : " Ici, l'horreur flirte avec la grâce. " Tout dépend comment l'on entend le mot flirte, si comme moi, l'on considère que cela signifie " qui s'en approche sans jamais l'atteindre ", alors oui, je suis d'accord.

Pour ma part, j'écrirais plutôt que l'horreur flirte avec le morbide et roule un patin à l'immonde. Les scènes de dépeçage de créatures diverses, animales ou humaines, viennent à l'appui de ce sentiment.

Bref, très belle rencontre quant au style, mais grande déception quant au fond. Je pense qu'il est possible de parler d'amour filial sans aller dans des terrains aussi glauques et bourbeux, d'où cette appréciation mitigée et assez généreuse par rapport au plaisir réel que j'y ai pris à la lecture.

Mais ce n'est là que mon avis de sinistre corneille, un avis qui volera en fumée, c'est-à-dire, pas grand-chose.


Le Génie des alpages, tome 1
Le Génie des alpages, tome 1
par F'Murr
Edition : Cartonné
Prix : EUR 11,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Complètement déjanté, comique de l'absurde, BD très spéciale mais finalement sympa, 25 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Génie des alpages, tome 1 (Cartonné)
Attention ! accrochez-vous ! vous êtes dans Le Génie Des Alpages. C'est un OVNI à base d'OVIN. C'est une bande dessinée vraiment difficile à définir car hors norme sur toute la ligne, décalée sur tous les codes. Dites-vous déjà que cette BD ne peux pas être consensuelle car elle est trop typée, trop barrée, trop déjantée pour plaire à un large public.
Vous rencontrerez donc des fans morts de rire et des gens qui détestent en criant au foutage de gueule, rarement entre ces deux extrêmes. C'est donc tout à fait involontairement que, pour ce qui me concerne, je me situe à peu près entre les deux, disons " moyen + ". Je ne peux pas dire que j'adore, en revanche, je ne trouve pas ça nul du tout. C'est juste très spécial.
Imaginez un comique de l'absurde, mais pas juste un peu absurde, de l'absurde total, du non-sens absolu. Mettez-vous dans l'ambiance bouillonnante et délirante des années 1970, période de tous les excès, où l'on osait tout et vous comprendrez comment une telle bande dessinée a pu voir le jour (l'émergence d'une telle curiosité me paraît peu probable dans le climat éditorial actuel, sauf à considérer l'auto-publication).
Ne cherchez pas de scénario ou de thème, car il n'y en a pas. L'album est une suite de situations distinctes jouant sur les registres loufoque et burlesque, se limitant à des doubles pages. Ces situations ne se suivent pas, mais il y a régulièrement des rappels, des gags récurrents ou des personnages secondaires qui poursuivent d'une histoire sur l'autre leurs interrogations complètement déjantées.
Vous avez donc un berger qui ressemble à un retraité anglais confortablement installé dans le jardin de son cottage, un chien de berger qui parle avec son maître et qui mène des réflexions philosophiques avec lui, un troupeau de brebis qui fait sa vie sans les deux précédents ou qui interagit telle une assemblée démocratique face à ses dirigeants.
On retrouve certaines personnalités parmi le troupeau comme Einstein et Rostand, ou encore le bélier Romuald et quelques autres brebis au caractère bien trempé. On y rencontre également des personnages plus surprenants, tel un lion engagé par le chien pour l'aider à garder le troupeau, un sphinx égyptien, pour les mêmes raisons, un Saint-Bernard idiot, un aigle malchanceux et quelques autres personnages, tous aussi délirants et absurdes les uns que les autres.
Le sport local pour le berger et son chien est de faire le décompte des touristes morts en montagne dans les gazettes du pays. L'humour est vraiment très particulier, bourré de calembours, de second degré ou de références à d'autres œuvres, de la littérature, du cinéma, de la BD, etc.
Ce n'est pas toujours à hurler de rire mais il y a de bons gags et des trucs totalement débiles qui finissent par être drôles au millième degré quand on rentre dans le jeu. C'est donc une expérience de BD assez spéciale, pas désagréable pour moi, mais, je le répète, certainement pas grand public donc, c'est à chacun de se positionner par rapport à l'humour et l'univers de F'murr. Mais ceci n'est bien évidemment que mon avis ovin, une brebis égarée, c'est-à-dire, bien peu de chose.


Le Génie des alpages, tome 4 : Un Grand Silence frisé
Le Génie des alpages, tome 4 : Un Grand Silence frisé
par F'Murr
Edition : Album
Prix : EUR 11,99

3.0 étoiles sur 5 Dans la lignée des trois premiers mais avec l'apparition définitive d'Athanase, 25 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Génie des alpages, tome 4 : Un Grand Silence frisé (Album)
Avec ce quatrième tome du Génie Des Alpages, vous pénétrez dans une nouvelle ère de la série. Le style et le contenu ne sont pas fondamentalement différents de ce qu'ils étaient aux trois premiers tomes : c'est toujours aussi déjanté, toujours aussi décalé, toujours aussi spécial au niveau de l'humour (quoique un peu moins dans l'absurde que dans le tome précédent).

Ce qui change notablement, c'est que désormais le berger principal, à partir de cet album et par la suite, sera le taciturne Athanase (son nom de famille est Percevalve nous a-t-on appris à la toute fin du tome 3), à la fois rêveur et dubitatif, peut-être même mélancolique. Exit l'ancien berger qui ne fera plus que des apparitions sporadiques dans les albums suivants.

Un autre changement notable de cet album par rapport aux autres est le fait qu'on passe provisoirement du format d'une saynète par double page au format de plusieurs histoires courtes sur six ou sept pages. Dans les albums suivants, cette tendance s'évanouira à nouveau pour retrouver le plus souvent la forme standard d'une saynète par double page.

Avec la venue d'Athanase et sa personnalité d'ermite mélancolico-poétique, je trouve que le propos se teinte d'une tendance écologiste plus marquée (n'oublions pas que l'album est sorti en 1978).

Alors bien sûr, tous les éléments constitutifs de l'identité de la série sont là : un troupeau de brebis aux personnalités et aux préoccupations les plus atypiques, voire, totalement débiles ; un chien de berger toujours aussi philosophe et hors de la réalité ; des personnages secondaires toujours aussi improbables et incongrus ; des jeux de mots, des références multiples, des clins d'œil... bref, le Génie Des Alpages, quoi !

Un côté de ma personnalité me dit que j'aime bien, un autre que c'est un gros délire de l'auteur qui ne mène pas bien loin. J'ai toujours un peu de mal à me positionner, je ne suis certes pas emballée mais je continue à lire, c'est donc que cela ne doit pas être si mal que ça. D'ailleurs, ceci n'est que mon avis, et ça ne vaut pas beaucoup plus qu'un grand silence, frisé ou pas frisé, ça c'est à vous de voir...


Forêts
Forêts
par David Burnie
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Excellent documentaire sur l'arbre au sens large, 7 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Forêts (Relié)
Voici un livre documentaire à la fois fouillé, diversifié et richement illustré sur "L'arbre" dans toutes les acceptions du terme. Au confluent de la biologie végétale, de son rôle dans la biodiversité, l'environnement et la géographie, de sa représentation dans l'art ou dans les croyances, de son rôle dans l'économie et les activités humaines, sans oublier son rôle de marqueur temporel. Bref, une véritable fontaine d'informations très bien amenées, à la fois abordables, concises et précises sachant que l'illustration complète admirablement le propos.
Au demeurant, des pop-up et des feuillets dupliqués ajoutent encore à l'aspect attrayant de ce livre pour lequel on peut placer une limite inférieure d'âge que je situe autour de 8 ans mais pour lequel je ne vois pas de limite supérieure. Donc, à mettre entre toutes les mains. Bravo aux auteurs de cet excellent ouvrage.


La France expliquée aux enfants: Sa géographie, la nature et les hommes
La France expliquée aux enfants: Sa géographie, la nature et les hommes
par Bernard Kayser
Edition : Relié

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Excellent livre très didactique pour les 9-14 ans (et même après ce n'est pas interdit), 25 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : La France expliquée aux enfants: Sa géographie, la nature et les hommes (Relié)
Des aquarelles magnifiques, des schémas intéressants et qu'on ne voit pas si fréquemment ailleurs, des définitions claires, bref un vrai panorama géographique de la France métropolitaine (climats, relief, fleuves, types de végétation, littoral, vivre à la campagne, vivre à la ville, qui sont les français, l'environnement), complément très riche et bien construit au programme que les enfants sont sensés acquérir au terme de l'école primaire mais qu'ils auront plaisir à parfaire grâce à cet ouvrage. À mettre entre toutes les mains.


Guide Voir Prague
Guide Voir Prague
par Collectif
Edition : Broché

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour donner une idée de cette ville exceptionnelle, 31 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Guide Voir Prague (Broché)
La formule des guides "VOIR" n'est plus à présenter: beaucoup de photos des principales sources d'intérêt de la ville, des dessins d'écorché des principaux monuments incontournables, des circuits piétonniers, des descriptions sobres mais claires, un historique du pays et de la ville en début d'ouvrage, quelques adresses et renseignements utiles en fin d'ouvrage. L'intérêt de ces guides n'est évidemment pas dans la recherche de la bonne adresse ou du bon plan pour dormir, manger ou sortir, il vaut mieux se fier alors aux Lonely Planet, Petit Fûté et autre Routard. Par contre, pour tout le reste, c'est un vrai plaisir: lisibilité, hiérarchie des informations, ordre de présentation de la ville, etc. Un guide à la hauteur de cette ville EX-CEP-TION-NEL-LE.


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10