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Contenu rédigé par traversay
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Commentaires écrits par
traversay (Orléans, France)
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A moi seul bien des personnages
A moi seul bien des personnages
par John Irving
Edition : Broché
Prix : EUR 20,71

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une odyssée sexuelle, 6 mai 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : A moi seul bien des personnages (Broché)
Passé 70 ans, les écrivains américains deviennent-ils tous des obsédés textuels, euh, sexuels ? La question ne se pose pas pour un Philip Roth ou un Tom Wolfe qui n'ont pas attendu un âge canonique pour s'intéresser à la chose. Le cas de John Irving est différent. Dans A moi seul bien des personnages, l'auteur se lâche totalement et balance un pavé très cru à la face de l'Amérique puritaine. Billy, narrateur et personnage principal, est à la recherche de son identité sexuelle, assumant difficilement son désir pour les femmes, les hommes et les transsexuels. Irving dépeint sa quête, certains diraient son errance, pendant près d'un demi-siècle, au sein d'un roman foisonnant au souffle certain qui ne tire que rarement à la ligne, mais ça lui arrive quand même. Une multitude de personnages, tous ambigus, objets le plus souvent de son désir, croisent la route d'un Billy qui se débat avec les affres de sa conscience dans l'environnement d'une petite ville du Vermont guère habituée aux frasques en tous genres, surtout dans les années 70. Si le livre est teinté d'humour dans sa plus grande partie, il change de ton lorsqu'il s'agit d'évoquer la décennie suivante pendant laquelle le sida fauche les vies en une moisson sanglante. Toutefois, il ne faut pas prendre le dernier livre d'Irving comme un roman d'aventures liées uniquement au sexe. L'amour de la littérature (Flaubert, Goethe, Dickens, Ibsen) y est omniprésent et celui du théâtre permet au romancier de citer abondamment Shakespeare dont il relie superbement l'oeuvre, avec son lyrisme et son inclination pour la tolérance et l'indépendance, au parcours chaotique de son héros. Pulsions, émotions, sensations, frustrations, A moi seul bien des personnages nous emporte dans l'ouragan d'une vie. Il faut bien attacher sa ceinture et garder les yeux ouverts, quitte à être déboussolé et (un peu) scandalisé, le voyage, l'odyssée serait-on tenté de dire, avec ses mille et un détours n'est pas de tout repos. Mais quel paysage, sur sa route !

Le grand ordinaire: roman - traduit de l'anglais (Australie) par Brice Matthieussent
Le grand ordinaire: roman - traduit de l'anglais (Australie) par Brice Matthieussent
par Jeremy Chambers
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

3.0 étoiles sur 5 Les grappes de la désolation, 3 mai 2013
Au confluent de deux afflictions et solitudes. Les deux personnages principaux du premier roman de Jeffrey Chambers, Le grand ordinaire, ont perdu leurs illusions et remballé leurs espoirs de jeunesse. A chacun, l'auteur donne la parole dans des monologues poignants qui suintent la détresse avec l'évanouissement progressif des rêves de bonheur. Ce n'est pas gai ? C'est le moins que l'on puisse dire. Mais avant cela, Le grand ordinaire décrit par le menu la vie des saisonniers pendant la saison viticole en Australie. Un labeur ingrat de jour et le passage obligé par le pub, le soir, avec cuites carabinées quasi systématiques. Une vie rude, âpre et un horizon bouché. Ce n'est pas gai ? C'est le moins que l'on puisse dire. A base de dialogues très brefs, de phrases courtes et coupantes, Chambers raconte leur existence dans un style et une couleur qui le rapproche des écrivains sudistes des Etats-Unis. Ce ne sont pas Les raisins de la colère mais Les grappes de la désolation. Si le changement de ton entre les deux segments du roman s'effectue sans difficulté, l'ensemble, plus triste que mélancolique, est tellement rugueux qu'il en devient pesant et harassant. Ce n'est pas gai ? C'est le moins que l'on puisse dire.

Nos gloires secrètes
Nos gloires secrètes
par Tonino Benacquista
Edition : Broché
Prix : EUR 17,01

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Nos riches paysages intérieurs, 1 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nos gloires secrètes (Broché)
Rien que du plaisir. Celui qu'a eu Tonino Benacquista à ciseler les 6 nouvelles de Nos gloires secrètes, celui du lecteur à s'abandonner à la prose élégante et capiteuse de l'auteur. Les français n'aiment pas les nouvelles ? Ils ont tort, il n'y a rien de plus délectable, quand elles sont aussi réussies, que de passer d'une histoire à une autre. C'est encore meilleur quand il y a une unité de ton et des thématiques que l'on retrouve, peu ou prou, dans chaque récit. C'est le cas dans Nos gloires secrètes qui joue sur l'apparence et l'image que chaque personnage donne au monde extérieur et qui ne reflète en rien son riche paysage intérieur. Benacquista a l'art et la manière de rendre toute vie mélancolique et nostalgique dans l'ensemble de ses nouvelles dont aucune ne montre de signe de faiblesse. Leur chute est tantôt cocasse ou tendre, toujours inattendue. Au point qu'il est difficile d'en choisir une plutôt qu'une autre puisque toutes exhalent un parfum singulier. L'humour et la bienveillance sont omniprésents dans ce recueil qui, sans mièvrerie, et avec malice, explore avec bonheur l'âme et le coeur humains, tout en légèreté, finesse et profondeur. Un vrai régal.

Bloody Miami
Bloody Miami
par Tom Wolfe
Edition : Broché
Prix : EUR 23,27

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Melting pot en fusion, 29 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bloody Miami (Broché)
Bloody Miami est un pavé, dans tous les sens de terme, de 600 pages, que le lecteur se prend en pleine poire, s'il ne demande pas grâce avant d'arriver au terme d'un ouvrage qui procure les mêmes sensations qu'une virée sur les montagnes russes. Tom Wolfe a enquêté pendant 5 ans dans tous les milieux de Miami avant de pondre ce roman vertigineux aussi excitant qu'agaçant. C'est que, tout en citant ses maîtres, Zola et Balzac, le loup blanc des lettres américaines ne conçoit pas la littérature comme un jeu innocent. Ce qu'il aime, c'est l'excès et les turpitudes de personnages plongés dans un bain acide, l'humidité de la Floride achevant de les rincer, physiquement et moralement. Le roman de Wolfe est moite et Chandon et le lire équivaut à se trouver coincé dans un shaker à cocktails. Secoué de bout en bout. Le grand sujet de Bloody Miami, c'est le communautarisme avec ses confrontations et ses haines qui ne sont pas loin de dégénérer en guerre civile. Les cubains tiennent la ville mais les oligarques russes ont débarqué. Haïtiens et wasps se contentent des miettes de ce melting pot mal digéré et brulant comme de l'acier en fusion, transformé par l'auteur en un gigantesque spectacle qui tourne au cirque absurde. Le livre est décapant et abonde en scènes d'anthologie mais, d'un autre côté, Tom Wolfe ne peut s'empêcher d'en faire des tonnes, se délectant d'onomatopées et usant d'une ponctuation en délire. Si l'on applaudit l'artiste qui, in fine, rassemble comme par miracle toutes les pièces de son puzzle narratif, il faut bien avouer que le livre est épuisant et qu'il donne parfois envie de le balancer par la fenêtre sans autre forme de procès. Sauf qu'il est terriblement tentant de savoir jusqu'où le dandy écrivain ira trop loin.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 30, 2013 12:04 PM MEST


Le turbulent destin de Jacob Obertin
Le turbulent destin de Jacob Obertin
par Catalin Dorian Florescu
Edition : Broché
Prix : EUR 20,90

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Survivre dans la tourmente, 22 avril 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le turbulent destin de Jacob Obertin (Broché)
Auteur suisse d'origine roumaine, Catalin Dorian Florescu se définit volontiers comme un "jongleur de mots". On pourrait aussi, avec le turbulent destin de Jacob Oberlin, le qualifier de brillant conteur d'histoires savamment enchâssées dans la grande Histoire. Le roman, centré sur trente ans du XXe siècle, grosso modo entre 1920 et 1950, revient dans plusieurs flashbacks sur une époque plus lointaine, celle où des lorrains fuirent leur terre pour s'installer dans une région de Roumanie, le Banat, non loin de Timisoara, qui devint peu à peu germanophone. Ce que ces colons ignoraient, c'est qu'ils allaient y retrouver au fil du temps les ravages de la guerre, les affres de la famine et le règne de l'arbitraire, jusqu'à l'avènement du communisme. Dans un premier temps, Florescu raconte cette épopée familiale avec truculence dans un récit où le magique s'invente fréquemment. La naissance du héros du livre, Jacob, donne par exemple lieu à plusieurs versions plus ou moins délirantes. Le turbulent destin ..., est aussi marqué par le portrait plein d'empathie que l'auteur trace du peuple tzigane, toujours rejeté et pourchassé sans relâche. Au fil des pages, le livre se fait plus grave et s'il en devient plus réaliste et dramatique, il perd un peu de souffle au passage. N'empêche, le roman est puissant, dense et prenant dans ce récit souvent déchirant d'individus qui doivent survivre dans la tourmente, au gré d'événements qui n'ont d'autre causes que la folie destructrice et le pathétique aveuglement des hommes.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 22, 2013 7:31 PM MEST


La femme de nos vies
La femme de nos vies
par Didier Van Cauwelaert
Edition : Broché
Prix : EUR 18,53

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Une imposture pour survivre, 18 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La femme de nos vies (Broché)
A tout berzingue. La femme de nos vies est une histoire aussi invraisemblable, malgré sa documentation historique, que diablement culottée. Avec un point de départ qu'affectionne Didier van Cauwelaert, plutôt en forme pour l'occasion : un échange de vies ou comment l'imposture devient une obligation pour survivre. On croise Hitler et Einstein dans cette épopée atomique contée sous forme de monologue, vivant et visuel. Van Cauwelaert ne s'attarde pas sur les détails, dégraisse son style et va à l'essentiel. Il a toujours autant de mal à terminer ses livres mais, pour une fois, le récit n'est pas totalement bâclé, il est juste un peu précipité. L'auteur ferait une bonne publicité pour la lecture rapide. On avance sans se retourner, on abandonne les incrédules en route et on cravache. De la fast littérature à dévorer comme une barre vitaminée entre des nourritures plus consistantes. Au moins, ce n'est pas le genre de roman qui reste sur l'estomac.

Crime d'honneur
Crime d'honneur
par Elif Shafak
Edition : Broché
Prix : EUR 21,85

4.0 étoiles sur 5 De l'ampleur à l'intime, 17 avril 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Crime d'honneur (Broché)
Crime d'honneur : dès les premières pages du dernier livre d'Elif Shafak, il est clair que toutes les pistes narratives de cette immense saga familiale vont mener à cet acte horrible : le meurtre d'une femme par son propre fils décidé à laver un affront indélébile. Patiemment, la romancière remonte tous les fils d'une histoire qui débute dans un petit village du Kurdistan turc, se pose un temps à Istanbul, avant de se déployer dans le Londres de la fin des années 70 alors que le mouvement punk secoue l'Angleterre avec les riffs des Clash pour bande son. Elif Shafak bouscule la chronologie, passe d'un personnage à l'autre, tous en lutte pour échapper à leur destin, les principaux, loin de leur terre natale, se débattant entre le respect des traditions ancestrales et une hypothétique aspiration à la liberté. La tragédie a ses racines et il faut tout le talent d'une conteuse orientale pour entremêler une douzaine d'histoires sans jamais perdre de vue son thème central. Entre l'honneur et l'horreur, celle d'un crime, Elif Shafak s'insinue dans les interstices, donne de l'ampleur à l'intime, cherche et trouve l'empathie avec des hommes et des femmes qui ont tous et toutes leurs raisons d'agir, que l'auteur détaille sans porter le poids du jugement. Avec Crime d'honneur, la romancière se renouvelle, explore de nouveaux rivages, tout en affinant sa plume, et pétrit la pâte des sentiments humains avec virtuosité et maîtrise.

Les rois du Paradis
Les rois du Paradis
par Mark Behr
Edition : Relié
Prix : EUR 19,86

4.0 étoiles sur 5 Bref retour au pays natal, 13 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les rois du Paradis (Relié)
Les premières pages sont déroutantes : nous sommes dans la tête de Michiel Steyn et nous allons suivre le fil de ses pensées sur près de 400 pages, glissant d'une ligne à l'autre du présent (l'enterrement de sa mère et le retour en Afrique du Sud post-Apartheid), au passé récent (dans ses conversations avec son psychanalyste, dans sa relation avec son compagnon à San Francisco) et plus lointain (depuis l'enfance dans la ferme familiale). Les rois du Paradis (la majuscule a son importance) est un roman puzzle dans lequel il fait bon se caler, une fois assimilés le style délié de Mark Behr et la construction gigogne de son livre. Le nombre de thèmes brassés par l'auteur est impressionnant : l'intime se mêlant au politique et au social. Le racisme ordinaire, l'homosexualité honnie dans l'Afrique du Sud des années 80, les ravages du sida en sont quelques uns. Mais Behr parle avant tout de nostalgie, cette vénéneuse drogue, de lâcheté, de rédemption et de pardon. Et comment vivre avec sa propre culpabilité, affronter les fantômes de la mémoire, panser les blessures infligées aux autres sans se faire trop d'illusions : le mal est fait et la réparation trop tardive. Enfin, faire le deuil des défunts (une mère, un frère) sans pouvoir se débarrasser des souvenirs. Bref, affronter le regard de ceux que vous avez trahis et continuer tant bien que mal. Mark Behr use de toute sa palette : les scènes s'enchaînent, brutales, délicates ou élégiaques. Le puzzle mental de son héros s'assemble peu à peu. On ne sait s'il aura gagné en sérénité mais il aura eu le courage de ne pas fuir ses démons, le temps d'un bref retour au pays natal. Les rois du Paradis est un livre complexe comme l'âme humaine, lucide, étouffant et finalement apaisé. Magistral de sensibilité.

Petit art de la fuite
Petit art de la fuite
par Enrico Remmert
Edition : Broché
Prix : EUR 17,10

3.0 étoiles sur 5 Allegro molto vivace, 10 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Petit art de la fuite (Broché)
Il est évident qu'avec ses allures de road-movie, Petit art de la fuite ferait un excellent film, une comédie douce/amère à l'italienne, vive et mélancolique, loufoque et grave. Le roman à trois voix d'Enrico Remmert est déjà découpé comme un scénario avec des dialogues cinglants, des situations biscornues et des personnages de trentenaires à la croisée des chemins qui se demandent encore, adolescents attardés, quoi faire de leur vie. Rêver d'avenir ou en avoir peur ? Enrico Remmert se moque gentiment de leur égoïsme, de la confusion de leurs sentiments, de leur manque de maturité, de leurs angoisses existentielles. Entre miel et fiel, ce voyage qui traverse l'Italie, de Turin aux Pouilles, ne laisse pas le temps de regarder le paysage. Allegro molto vivace, le roman adopte un rythme rapide qui rend la lecture très agréable. Toutefois, en ralentissant dans les virages, il aurait pu gagner en profondeur. A l'image de son titre, le livre s'échappe vite de peur de se faire attraper.

Un fleuve de fumée
Un fleuve de fumée
par Amitav Ghosh
Edition : Broché
Prix : EUR 22,32

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Saga opiacée, 9 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un fleuve de fumée (Broché)
Un fleuve de fumée est la suite d'Un océan de pavots mais les deux romans d'Amitav Ghosh peuvent se lire de façon indépendante. Plusieurs voix interviennent dans le récit qui se concentre sur la communauté étrangère de Canton, autour de 1840, alors que les autorités chinoises ont décidé de s'attaquer aux trafiquants d'opium qui s'enrichissent en toute illégalité. Riche en détails, parfois trop, Un fleuve de fumée ne décevra pas les amateurs de sagas historiques. Le style fouillé de Ghosh, son talent à capter l'essence d'une époque et à camper des personnages plus vrais que nature font merveille. Le ton est souvent ironique, épinglant sans aménité la morgue occidentale, un colonialisme sans vergogne qui finit par se heurter à une culture orientale incompréhensible pour ces capitalistes du XIXe siècle dont l'humilité n'est pas la qualité première. Outre Canton, l'opium est l'autre "star" du livre, son commerce dûment décrit à travers une kyrielle de personnages qui n'ont guère de moralité à exploiter cette manne. Le roman est bigarré, nourri d'un nombre incalculables de termes obscurs que Ghosh n'a pas souhaité expliciter dans un lexique, la lecture n'en étant d'ailleurs pas affecté. Dense, romanesque, intimiste, fluide : Un fleuve de fumée est l'oeuvre d'un écrivain qui marie grande Histoire et fiction avec un rare bonheur. Vivement la dernière partie de cette trilogie opiacée !

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