Profil de traversay > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par traversay
Classement des meilleurs critiques: 37
Votes utiles : 4114

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
traversay (Orléans, France)
(TESTEURS)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Les lance-flammes: Traduit de l'anglais (Etas-Unis) par Françoise Smith
Les lance-flammes: Traduit de l'anglais (Etas-Unis) par Françoise Smith
par Rachel Kushner
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Une traversée des années 70, 25 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les lance-flammes: Traduit de l'anglais (Etas-Unis) par Françoise Smith (Broché)
Le deuxième roman de Rachel Kushner, Les lance-flammes, a été porté aux nues par plusieurs auteurs anglo-saxons parmi les plus célèbres. Ce qui, au demeurant, est plutôt inquiétant : quand des écrivains adoubent l'un des leurs, le lecteur lambda se sent un peu prisonnier d'opinions de gens qui savent mieux que lui ce qu'est un bon livre. Non ? Non, pas forcément, puisque tous les avis se valent. Les Lance-flammes contient de très bonnes choses à commencer par un portrait très dense d'une héroïne, Reno, qui traverse les années 70 à grande vitesse entre les ateliers d'artistes de New York et une villa bourgeoise dans les environs du lac de Côme, en passant par la Rome des "années de plomb" et le Grand Lac Salé, à moto s'il vous plait. Dans ses meilleurs moments, le livre va à toute berzingue et il est passionnant à lire. Mais, oui car il y a un mais, Rachel Kushner s'arrête parfois à des feux rouges virtuels et nous inflige de longues conversations fastidieuses ou encore s'empêtre dans des digressions sur l'air du temps. On a franchement l'impression que la romancière en remet un peu pour "faire" plus littéraire au point que le style dépasse le fond. A la lire, on se sent un peu comme le cachet d'aspirine au contact de l'eau : effervescent un temps et puis impuissant une fois l'effet initial absorbé. Des qualités d'écrivain, Rachel Kushner en possède, c'est irréfutable, et un remarquable sens du découpage narratif (voir les flashbacks sur le grand-père du fiancé de Reno, qui a fait fortune avec le caoutchouc, du Brésil à l'Italie fasciste). Porté par un bel élan, Les lance-flammes est parfois freiné par un excès de travail sur la forme. Mais Rachel Kushner a le feu sacré, il faudrait aveugle pour ne pas le voir. Et on est curieux de voir l'adaptation que Jane Campion tirera de cette somme de près de 550 pages s'il se confirme qu'elle la tourne bien.


Danser les ombres
Danser les ombres
par Laurent Gaudé
Edition : Broché
Prix : EUR 19,80

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Quand la terre s'est ouverte, 21 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Danser les ombres (Broché)
Il n'est surtout pas question de remettre en cause la sincérité et l'honnêteté de Laurent Gaudé, pas plus que son humanité profonde. Pareillement, lui reprocher de ne s'intéresser qu'à des tragédies est ridicule, le fait-on pour Modiano, cantonné à son périmètre parisien ? Ceci dit, écrire sur Haïti et plus particulièrement sur le tremblement de terre de 2010 est risqué. On a déjà beaucoup lu sur le sujet et les auteurs haïtiens, nombreux et talentueux, sont les mieux placés pour décrire les malheurs de leur pays. Danser les ombres est un roman choral dans lequel on retrouvera sans peine le style et les qualités littéraires de Gaudé. Il est fendu en deux comme quand la terre s'est ouverte ce maudit jour du tremblement de terre. Une première partie pour planter le décor, une deuxième pour évoquer les moments d'après le choc, ceux de la dévastation, de la colère puis de la fraternité. Rien à dire sur cette construction si ce n'est que les personnages sont peut-être trop nombreux, le lyrisme parfois un peu appuyé et le passage au fantastique vaudou moins convaincant que les pages simplement "réalistes". On a bien le droit d'être (un peu) déçu quand on attend toujours beaucoup d'un écrivain que l'on apprécie. Et auquel on restera fidèle, de toutes manières.


En attendant demain
En attendant demain
par Nathacha Appanah
Edition : Broché
Prix : EUR 17,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Espoirs blessés, 17 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : En attendant demain (Broché)
Le créole mauricien est la langue maternelle de Natacha Appanah. Et comme tous les écrivains qui ont apprivoisé un autre idiome, elle emploie le français avec amour, nous en faisant déguster chaque nuance, le faisant rouler sous sa plume avec une délicatesse et une élégance infinies. Ce qu’elle raconte, dans En attendant demain, est pourtant triste et fort dramatique. Elle ne nous le cache pas dès l’entame du livre : la tragédie sera au bout de la route. Adèle, Anita et Adam : trois prénoms qui commencent par la même lettre (s’y ajoute Laura la fille des deux derniers)et dont l’alchimie heureuse va vaciller parce que l’équilibre de cette vie, de notre vie, tient finalement à peu de choses, à la confiance, à la bienveillance et à l’amour, lesquelles sont trahies parfois, ne serait-ce que par maladresse. Par petites touches, Natacha Appanah s’approche du cœur intime de ses personnages, tous blessés et dont l’écorce apparente n’est pas si solide que cela. En attendant demain est aussi le roman des espoirs déçus, de l’existence décevante que l’on n’a pas su rendre pleinement heureuse par manque de ténacité ou de courage. La romancière est très fine dans l’analyse psychologique et sociale d’un milieu provincial où l’apparition d’une peau cuivrée (celle d’Anna et d’Adèle) provoque des réactions étonnées. On ne va pas appeler de racisme, non, mais quelque chose qui est comme son antichambre, une couleur de peau différente qui est acceptable si elle correspond aux clichés qu’on lui accole volontiers. En attendant demain peut être qualifié de beau roman, un brin trop mélodramatique peut-être, dans ses dernières pages, sentiment compensé par le moelleux et le capiteux de son style.


Les coqs cubains chantent à minuit
Les coqs cubains chantent à minuit
par Tierno Monénembo
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 L'africanité d'une île, 15 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les coqs cubains chantent à minuit (Broché)
Après un long exil français,Tierno Monénembo est revenu vivre dans son pays natal, à Conakry. En attendant d'écrire à nouveau sur la Guinée, son dernier livre, Les coqs cubains chantent à minuit, explore l'africanité de Cuba à travers une histoire passablement embrouillée dans ses débuts avant de révéler sa vraie nature au fil des pages. L'occasion pour le romancier de tracer un portrait chaleureux et moqueur d'une île dont les racines noires sont souvent peu évoquées (si ce n'est dans le récent Negra de Wendy Guerra). Récit haut en couleurs qui, mine de rien, capte la singulière atmosphère de Cuba : sensualité de la salsa et des corps, amour immodéré pour le rhum, liberté surveillée dans un climat paranoïaque, pénurie de vivres et optimisme mélancolique d'habitants qui ont fait de la survie un réflexe quotidien. On y croise un poète qui ne jure que par Omar Khayyam, un détrousseur de touristes qui espionne pour le compte du régime et même, le temps d'un flashback ironique, Castro au milieu de ses barbudos en route vers le pouvoir. Il ne faut pas se laisser tromper par l'apparente confusion qui règne dans les premières pages de Les coqs cubains chantent à minuit, le talent de conteur de Tierno Monénembo ne se dément pas, une fois de plus.


L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir
L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir
par Rosa Montero
Edition : Broché
Prix : EUR 17,00

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 L'hommage fait à Marie, 13 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir (Broché)
"Une femme honorable" : c'est sous ce titre que Françoise Giroud a en son temps titré sa biographie de Marie Curie. Un bon livre d'ailleurs, très complet, pour raconter le destin hors normes de cette petite polonaise deux fois nobelisée et très mal traitée par la société française lorsqu'elle tomba amoureuse de Langevin, alors marié. Mais ceci n'est qu'une petite partie de la vie de Marie dont le grand amour fut Pierre, son époux avec lequel elle travailla comme une damnée pour découvrir le radium. L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir n'est pas une énième biographie de la scientifique la plus célèbre de son temps. Plutôt un commentaire sur son existence à travers ses recherches mais surtout la perte de l'être tant aimé, son Pierre, et du deuil impossible, doux et cruel à la fois. Pour une préface, Rosa Montero a reçu le journal que tint Marie pendant un an après l'accident qui coûta la vie à son mari et cette découverte suscita chez la romancière espagnole une incroyable émotion, elle qui venait également de perdre Pablo, l'homme de sa vie, après une maladie au dénouement inexorable. Comme l'un des amis de Rosa Montero lui fit remarquer à sa lecture avant publication, il y a dans le livre "beaucoup de Marie, de Pierre et de Rosa et moins de Pablo." C'est vrai, L'idée ridicule ... en dit finalement peu sur lui, par pudeur et parce qu'il lui était impossible d'en dévoiler davantage. Et sa douleur, Rosa Montero sait la tenir en laisse comme le fit Marie Curie, l'une trouvant dans la littérature l'équivalent de l'autre pour la science. Le livre n'a rien d'un requiem, il est intime, sincère, espiègle parfois, très personnel mais sans la complaisance que l'on trouve souvent dans les confessions. Avec hauteur d'âme et capacité à sa tenir droite dans les tempêtes de l'affliction tout en chuchotant à l'oreille du lecteur. La Marie Curie de Rosa Montero est une combattante, une femme dans un monde d'hommes qui ne lui font aucun cadeau et la martyrisent à la moindre faiblesse. Pas une sainte mais une pionnière très dure avec les autres et encore davantage avec elle-même. Son portrait aurait pu être une hagiographie, il est bien plus un hommage et un exemple de courage conté de manière bienveillante et souvent très touchante. Rosa Montero a puisé dans sa vie et dans ses mots une force et une conviction qui l'ont aidée à surmonter sa peine. Et à accepter de voir en face la mort, et pire encore, l'absence définitive de l'être que l'on a chéri le plus au monde.


Les Druzes de Belgrade
Les Druzes de Belgrade
par Rabee Jaber
Edition : Broché
Prix : EUR 22,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 L'odyssée du vendeur d'oeufs, 11 février 2015
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Druzes de Belgrade (Broché)
Auteur extrêmement prolifique, le libanais Rabee Jaber a encore été peu traduit en français. En 2013, Amerika avait séduit de nombreux lecteurs, par son caractère épique et très documenté et Les Druzes de Belgrade, couronné par le "Goncourt arabe", n'est pas en reste en termes de péripéties, s'appuyant sur l'histoire mouvementée des Balkans entre 1860 et 1870. le livre est cependant en deçà d'Amerika, moins dense, plus répétitif dans son déroulement. Il n'en reste pas moins un roman de qualité, nerveux et tranchant, récit de l'odyssée tragique d'un vendeur d'oeufs de Beyrouth, emmené par "erreur" très loin de chez lui (Belgrade, donc) vers des cachots putrides au sein d'une communauté qui n'est même pas la sienne, lui, le "chrétien de malheur", qui a au pour seul tort de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Au sein de ce périple à travers la Bosnie, l'Herzégovine, la Bulgarie et l'Albanie, fait de souffrances entre emprisonnements, brimades, maladies et combats cruels, notre héros va cependant trouver des frères de douleur dont le courage et la ténacité lui éviteront de périr malgré le découragement et les coups du sort. Un hymne à la tolérance et à la solidarité qui dépasse les religions et les croyances quand la survie ne tient plus qu'à un fil. Celui de l'espoir de revoir un jour sa ville, son épouse (une Pénélope fière et obstinée) et sa fille tant aimée. Les reverra t-il un jour ? Réponse à la page 334, pas avant.


LoveStar
LoveStar
par Andri Snaer Magnason
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Dystopie conceptuelle, 8 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : LoveStar (Broché)
Imaginez un monde où l'homme, désormais sans fil, ne communique plus que par des connexions invisibles, débarrassé de tout appareillage électronique (à l'image des oiseaux, si l'on veut). L'oeuvre d'un savant fou et visionnaire qui ouvre la voie d'une société qui ressemble à un "paradis" infernal lequel n'a pas grand chose à envier à Orwell dans sa monstruosité fasciste au service du bonheur de l'humanité. LoveStar, de l'islandais Andri Snær Magnason est une dystopie abracadabrante qui, treize ans après sa parution d'origine est enfin traduite en français. Pourquoi tant de temps ? Trop dingue, trop barrée, trop visionnaire ? Euh, non, trop conceptuelle peut-être malgré tous les efforts de l'auteur pour y insuffler un brin d'humanité. LoveStar est un objet très brillant qui fourmille d'idées, certaines déjà contenues dans d'autres romans de SF, mais on n'y est jamais vraiment très à l'aise et en étant bien en peine d'en expliquer la raison. Déjà, Magnason adopte une construction bancale où alterne le portrait évolutif du dénommé LoveStar (celui qui est à l'origine de tout), dépassé par les applications pratiques de ses théories, avec la description d'un couple mis en péril par la désignation d'une âme soeur pour l'un des deux; à laquelle il est impossible de s'opposer sous peine de désocialisation. Pour être honnête, le livre contient des moments hilarants avec des personnages devenus des publicités vivantes, conditionnés à "aboyer" à chaque coin de rue des slogans pour une marque de bière ou de lessive à des individus ciblés. C'est absurde mais il y a bien davantage dans ce roman où l'on peut "rembobiner" son enfant s'il se montre trop rebelle et susceptible de mal tourner. Malgré l'ironie et l'humour noir, LoveStar a quelque chose d'agressif et de corrosif dans sa forme quand il ne se perd pas dans des explications longuettes et parfois peu compréhensibles sur les différents systèmes qui régissent cet univers. Peut-être, pour l'apprécier pleinement, faut-il être en pleine forme et se laisser totalement aller ? Peut-être. C'est tout de même une bizarrerie que ce LoveStar.


Americanah
Americanah
par Chimamanda Ngozi Adichie
Edition : Broché
Prix : EUR 24,50

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 50 nuances de noir, 7 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Americanah (Broché)
En débarquant en Amérique, en provenance de son Nigeria natal, Ifemelu, l'héroïne d'Americanah, découvre avec stupéfaction qu'elle est noire ! Une "couleur" de peau qui ne va cesser de la faire réfléchir et parfois déprimer, au point de lui consacrer un blog d'une lucidité tranchante et sans concession, alors qu'elle se bat pour s'intégrer dans une société qui la juge et la jauge d'après son apparence. Au fil de son formidable roman, Chimamanda Ngozi Adichie décline 50 nuances de noir -rien à voir par exemple entre une noire américaine, une caribéenne ou une africaine- à travers l'existence d'une jeune femme qui va tracer sa route, malgré le racisme et le politiquement correct, bien plus sournois et dangereux. Americanah est un superbe livre de combat, sur l'exil et l'entraide, sur la solitude et le courage, d'une richesse et d'une densité étonnantes. Des salons de coiffure aux dîners chez des amis blancs, en passant par les relations sentimentales qu'Ifemelu entretient sans y trouver de vraie harmonie, la romancière reste au plus près de son personnage, touchant petit soldat qui s'américanise pour survivre sans oublier ses racines. Son retour au Nigeria, que l'on attend sans impatience pendant près de 500 pages sera l'occasion de renouer (ou pas) avec l'homme de sa vie. Car au-delà de ses considérations sur la race et sur l'American Way of Life, Americanah est aussi un somptueux roman d'amour. L'oeuvre d'un écrivain qui confirme très largement, et avec quel brio, les espoirs placés en elle depuis L'hibiscus pourpre.


Le castor
Le castor
par Mohammed Hasan Alwan
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Rongé par l'indécision, 31 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le castor (Broché)
Las de la vie à Riyad, Ghâled, fils d'un homme d'affaires saoudien, s'est installé provisoirement à Portland dans l'Oregon, où il passe son temps à tromper l'ennui en pêchant, jusqu'au jour où il tombe nez à nez avec un gros rongeur dont il ne connait pas le nom et qui, bizarrement, lui rappelle par ses traits l'ensemble de sa parentèle. Ainsi commence Le castor, premier roman de Mohammed Hasan Alwan à paraître en français (l'excellente traductrice, Stéphanie Dujols, est celle de La maison de Schéhérazade). Exilé volontaire, notre héros, féru de plaisirs halieutiques, va dès lors voir refluer les souvenirs de sa vie dans son pays natal à travers le portrait des membres de sa famille. Son père, bien peu aimant et désespéré par l'oisiveté et le célibat prolongé de son fils, sa mère, divorcée et toujours de mauvaise humeur, ses frères et ses soeurs, certains étant des "demi" qui n'ont jamais pris au sérieux cet aîné inconstant et incapable de décider ce qu'il pourrait bien faire de sa vie alors qu'il a largement dépassé la quarantaine. Alwan s'y entend pour nous décrire une comédie sociale saoudienne, loin des clichés qu'on lui accole généralement, mais il est vrai que le récit se déroule dans un milieu où l'argent n'est pas un problème. Tout à fait irrésolu, Ghâleb maintient également depuis 20 ans une relation amoureuse avec une femme désormais épouse de diplomate. Ses rapports avec cette maîtresse "libérée", de plus en plus espacés dans le temps (elle vit à Londres) sont terriblement frustrants. "Ne m'aime pas, s'il te plait, mais continue de penser que je vaux la peine d'être aimée", lui dit-elle en substance. Bien que le récit soit quelque peu désordonné, Le castor se lit avec plaisir pour l'ironie grinçante de l'auteur et son humour omniprésent y compris dans la dépression.


Madame Zou
Madame Zou
par Yihe Zhang
Edition : Broché
Prix : EUR 17,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Femmes en prison, 28 janvier 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Madame Zou (Broché)
Après Madame Liu et Madame Yang, Madame Zou est le troisième récit de Zhang Yihe consacré à sa série "femmes en prison", largement inspirée de sa propre incarcération pour avoir critiqué l'épouse de Mao dans son journal intime (sic). Moins poignant que son livre précédent, Madame Zou reste un témoignage de première main sur ces camps de détention où régnait l'arbitraire, les brimades, la faim, les conflits entre détenues et aussi la plus grande solidarité. La plume de la romancière est toujours agile. Elle écrit simple, brute et dans une veine de ce que l'on appelait autrefois le néo-réalisme au cinéma. A l'instar de la plupart des écrivains chinois, la grossièreté ne fait pas peur à Zhang Yihe à partir du moment où elle sert d'exutoire à des conditions d'existence particulièrement précaires. Malgré la teneur des événements, elle ne cède jamais au mauvais mélodrame et l'auto-apitoiement n'est certes pas sa tasse de thé. Le récit est même gai parfois, c'est dire, et toujours alerte. Il se fait délicat dès lors qu'est abordé un sujet hautement tabou en Chine, encore aujourd'hui d'ailleurs, mais surtout à l'époque : celui de l'homosexualité féminine. Cela nous vaut des pages tendres et sereines, oasis de douceur dans ce monde ô combien brutal. Un seul mot d'ordre, camarades lecteurs et lectrices, il faut lire Zhang Yihe ! Allez, Zou !


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20