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Contenu rédigé par D. Dequidt
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Commentaires écrits par
D. Dequidt "entre deux pages" (Sud de la France)
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Histoire de Lisey
Histoire de Lisey
par Stephen King
Edition : Broché
Prix : EUR 22,80

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'amour de l'art., 9 janvier 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Histoire de Lisey (Broché)
Lire un Stephen King, c'est comme se promener sur des chemins connus, riches de souvenirs. Celui-là nous emmène sur un sentier déjà partiellement exploré dans Sac d'Os, seulement, cette fois-ci, l'écrivain est mort, à moins que le narrateur ne soit Scott Landon, dont l'esprit soupire dans sa grange surchauffée. La structure est habile, réjouissante même pour les amateurs de narratologie, ou tout simplement ceux qui aiment jouer avec leur auteur préféré. L'écrivain qui se volatilise est une "image" qui existe dans un roman de Paul Auster, "La nuit de l'oracle". Là, cette image devient motif, puis leitmotiv.
Lire King c'est aussi accepter de se faire embarquer dans ses idées jusqu'à l'absurde, l'incroyable. Son talent est aussi là, qu'on accepte de le suivre aussi loin que ça, sans réticence ni soupir. Celui-là résulte d'un travail de langage impressionnant. Les accents, les expressions personnelles, caractérisent les personnages, mais surtout les relations qui existent entre eux. Lisey dit "toufu" au lieu de "Foutu", de la même façon que le vieux Landon bouffé de crapouasse. Les mots sont donnés et transmis, comme des héritages fabuleux.
L'environnement des personnages est fait de lieux, mais aussi d'expressions d'écrivains, qui sont autant d'effets de réalisme.
Comme pour 'La petite fille qui aimait Tom Gordon', L'auteur est parti d'un présupposé simple et familier, voire ennuyeux, un schéma basique et anodin autour duquel il a construit un édifice complexe et brillant. Il n'y a pas de vrai "grand méchant" personnifié dans ce roman. Le fanatique est un leurre, il n'est que le vecteur de la catharsis de l'héroïne, celui qui la libèrera, non pas des fantômes du passé, mais de ceux de l'avenir. (pour qui a lu Dickens)
Il est vrai qu'il est plus simple de faire de l'horreur ou de l'angoisse avec des vampires, loups garous ou autres morts vivants assoiffés de sang. Merci de ne pas avoir cédé à la tentation de la facilité, Mr King.


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