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Contenu rédigé par Henri Bès
Classement des meilleurs critiques: 439
Votes utiles : 1509
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Commentaires écrits par Henri Bès "Shaul" (Romans France)
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15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La lecture comme voyage, 19 juillet 2009
On pourrait s'effaroucher à l'idée de lire un volume entier de descriptions de maisons d'artistes et d'écrivains, tant la description a mauvaise presse aujourd'hui. Mais le regard de Renaud Camus, son ton inimitable, sa vaste et précise culture, font de ce volume des "Demeures de l'esprit" un ouvrage délicieux, drôle et instructif. Non seulement on voyage dans l'espace, en Angleterre du nord, Ecosse et Irlande, mais aussi dans le temps et dans une civilisation britannique particulière, peu connue, même du lecteur cultivé. La visite de l'auteur à ces maisons en fait doublement des demeures de l'esprit, et donne envie au lecteur de suivre les traces de Renaud Camus.
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Saisissant, 19 juillet 2009
Pasolini avait déjà tourné de belles scènes de son Oedipe-Roi au Maghreb, et nous avait habitués à voir les oeuvres classiques européennes dans le Tiers-Monde. Son projet d'Orestie, tourné en Afrique noire, est l'occasion de plans saisissants, de scènes et de visages extraordinaires et indéchiffrables. Il sacrifie à la mode moderniste de l'oeuvre inachevée en projet réfléchissant sur elle-même, comme l'indique le titre (Appunti) : on ne verra donc pas l'Orestie, mais Pasolini faisant des repérages pour une Orestie éventuelle. Non moins fascinantes sont les scènes où il s'explique à des étudiants africains de Rome : cet essai de discussion démocratique tourne court, car si Pasolini a un oeil et un flair merveilleux pour les images, son dogmatisme épais l'empêche d'entendre ce que les Africains ont à lui dire. Très significativement d'ailleurs, les scènes tournées en Afrique sont pratiquement muettes, n'étaient la voix off du cinéaste et les bruits. Les suppléments sont extrêmement précieux pour restituer la personne vivante de l'artiste, derrière la carapace et le dialecte marxistes du temps. Fascinant, mais quelque peu daté.
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
2.0 étoiles sur 5
Mal ficelé, 21 mai 2009
La faconde et la joie intelligente de l'auteur présentant son livre à l'émission "Judaïca", m'ont incité à acheter et à lire "Marrakech, le départ". Or Daniel Sibony conte mieux par la parole que par l'écrit, et son livre négligent, dont le style n'évite aucun tic, aucun cliché, du roman commercial contemporain, déçoit beaucoup. Il semble avoir voulu écrire un livre de souvenirs d'une enfance juive à Marrakech, ce qu'il fait avec brio, mais en même temps, composer un roman et transposer toute ce matériau autobiographique dans une fiction, une histoire d'amour quelque peu banale et ennuyeuse. Quelques éclairs de grande sagesse psychanalytique ne rachètent pas cet ensemble composite et surtout, écrit sans aucun soin.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Regrets, 3 mai 2009
Il est bien regrettable que l'ouvrage synthétique si clair et si utile du Père Alexandre Schmemann, théologien russe connu, soit épuisé. Composé d'articles d'une vingtaine de pages chacun, il fait le point sur l'histoire de l'église orthodoxe de Constantinople, puis de Moscou, de ses origines jusqu'à 1917. L'auteur, qui concilie la rigueur de l'historien savant et la foi du prêtre, sait également éviter les écueils inhérents aux deux professions, le scientisme et le piétisme, et donne de l'histoire de l'orthodoxie une image brillante, féconde, issue de l'intérieur de sa tradition. Une réédition s'impose.
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35 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Le choix d'une édition, 30 avril 2009
Le lecteur que "Le Prince" de Machiavel intéresse aura l'embarras du choix, tant le nombre d'éditions et de traductions est grand. N'étant pas un spécialiste, je m'abstiendrai de comparer ces éditions entre elles, mais ayant écouté ce traducteur-ci commenter Machiavel avec compétence et sens pédagogique, j'ai été convaincu que sa traduction se recommande particulièrement. On n'aborde pas "Le Prince" de plain-pied : c'est un texte de la Renaissance, écrit dans des circonstances précises et dans un univers mental qui nous est peu connu. Une édition scolaire destinée à des élèves du secondaire ou à des étudiants est donc le meilleur moyen de bien comprendre ce livre essentiel, et le point de départ d'une série de lectures que la bibliographie, établie par un spécialiste, guidera avec compétence.
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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Profondément intéressant, 14 mars 2009
Le dialogue sans concession de Manuel Paléologue, prince et théologien orthodoxe otage des Turcs, et d'un religieux musulman, est un document d'un grand intérêt historique et littéraire, rédigé dans un grec impeccable et clairement traduit. Le lecteur contemporain risquerait cependant de mal saisir les enjeux du débat, si le texte original et sa traduction n'étaient précédés d'une lumineuse préface explicative, détaillée et sans le moindre complexe, rédigée en 1966 par Théodore Khoury, théologien libanais au fait de l'islam qui écrit quelques années avant la grande vague d'intimidation qui nous paralyse aujourd'hui devant cette religion conquérante. Aussi le profit de ce volume est-il double : à la fois littéraire, historique, et d'une brûlante actualité.
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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Contenus, 13 février 2009
Le titre de cet irremplaçable ouvrage risque d'induire en erreur : il s'agit moins d'une histoire du V° siècle romain de la plume d'André Chastagnol, que d'un recueil de textes de l'époque, présentés et traduits par lui. En effet, la préface et l'introduction de l'historien occupent 77 pages du livre, et les textes traduits, réunis par thèmes et peu annotés, les 280 pages suivantes. Le grand intérêt de l'ouvrage est qu'il donne accès au public à des textes et à des auteurs rarement, ou jamais, traduits, mais sa difficulté tient à ce que le lecteur doit pouvoir les lire et les interpréter seul, ou bien se référer à d'autres livres d'histoire qui lui donnent accès à ce siècle, le V°, peu connu, peu frayé et donc, fascinant.
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6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Légendaire, 10 février 2009
Le prophète iranien Mani, fondateur du Manichéisme, est un personnage historique qui veilla le premier à la constitution de sa propre légende, car il était aussi bien écrivain et artiste que prophète. Ses fidèles écrivirent beaucoup à son sujet et Amin Maalouf suit une tradition littéraire orientale vénérable, celle de l'hagiographie. Son roman reprend d'ailleurs les grandes lignes de la vie véritable de Mani, mais comme ses disciples antiques, il crée un Mani moderne selon son coeur, selon ses goûts, en faisant de lui un apôtre de la tolérance victime des fanatiques. C'est un anachronisme, bien sûr, mais l'anachronisme est inévitable dans ce genre littéraire-là. Ce bon roman historique est donc d'un intérêt historique limité, mais il est très précieux pour l'histoire des idées contemporaines. Malgré la déformation idéologique due au romancier, et une prose et des dialogues assez pauvres, la personne de Mani, son charisme attachant, parviennent à rayonner jusqu'au lecteur et lui donne envie d'aller voir les sources originales, largement traduites maintenant.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un ouvrage fascinant, 25 janvier 2009
La description précise, qui va dans les plus petits détails matériels, de la pratique culturelle de lecture dans l'Empire Romain d'Orient, aussi appelé empire byzantin, ne lasse jamais et ne perd jamais de son profond intérêt pour le lecteur moderne, qui découvre grâce à ce livre une culture classique originale, érudite, créative, oubliée au profit de la mythologie de la transmission islamique des savoirs grecs. Voilà donc un livre sérieux, sans la moindre intention polémique, qui ruine calmement, par sa seule force scientifique, toutes les fureurs médiatiques, et toutes les polémiques de mauvaise foi, qui ont entouré "Aristote au Mont Saint-Michel".
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15 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Lecture à discuter, 25 janvier 2009
Devinette: quelle sorte de film tournera un cinéaste communiste, de noble origine mais croyant au progrès, aux lendemains qui chantent et à la fin heureuse de l'histoire, à partir d'un roman écrit par un auteur de noble origine aussi, mais ne croyant à rien et d'un pessimisme total, pascalien, sur les choses humaines et sur l'histoire? Visconti, descendant des ducs de Milan, grâce à sa communauté de race et d'origine avec Lampedusa, sent admirablement le monde, les manières, le langage de la noblesse italienne : les images et la bande-son du film sont dignes de figurer dans une anthologie. Le camarade Visconti, qui adapte un roman que ses camarades éditeurs d'Einaudi avaient refusé en 1956, car ils le trouvaient trop pessimiste, ne peut pas être fidèle à l'esprit ni à la vision de l'histoire de Lampedusa. Ainsi, le mensonge de Tancrède sur les religieuses de Palerme devient-il un fait héroïque et vrai dans le film, ce qui dit tout sur son progressisme, comme l'exécution finale des révolutionnaires, totalement absente du livre, ou encore l'épisode de San Cono, si révélateur dans le roman et disparu du film. Ce genre d'oeuvre portera légitimement le nom de "contresens créateur", et personne n'est à blâmer, ni l'admirable romancier qui ne croyait à rien, ni le cinéaste de génie qui croyait aux faux idéaux du PCI.
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