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Contenu rédigé par Alex Terrieur
Classement des meilleurs critiques: 455.345
Votes utiles : 67

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Commentaires écrits par
Alex Terrieur (Paris)

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Ashes & Fire
Ashes & Fire
Prix : EUR 10,40

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Lumineux, aérien, onirique, 7 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ashes & Fire (CD)
Oh mais qu'il est doux cet écrin...

C'est un album automnal : pluvieux, déclinant, crépusculaire.
Un long decrescendo paisible et apaisé.
Un vrai ensemble de ballades folk sobrement enregistrées et joliment écrites.

Un opus où Ryan Adams se pose en observateur des autres et de lui-même, sans jugements de valeur et explore les thèmes du temps qui passe, du changement, des regrets, de l'amour, des autres, de l'autre, l'acceptation, l'espoir, la confiance, la difficulté d'exprimer ses sentiments.

C'est tristoune parfois, mais ce n'est ni pathétique ni dramatique.
Non, c'est délicieusement mélancolique.

Un régal de mélancolie.


III & IV
III & IV
Prix : EUR 20,02

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Sympatoche, 6 janvier 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : III & IV (CD)
En fait d'album, ce n'en est pas vraiment un, plutôt des prises des enregistrements d'Easy Tiger (Couché Rex!), que Ryan Adams a laissé de côté à l'époque car elles ne devaient pas être dans le "ton" de celui-ci.
Certaines pistes sympathiques auraient pris place sans encombre dans pas mal d'albums, mais sans toutefois faire d'elles des chansons marquantes.

Voilà, c'est sympatoche. Très léger, guilleret, presque rock californien pour teenagers par moment, du coup ça manque un peu de profondeur, les sujets abordés tiennent plus des blagues de potaches que du malheur d'aimer, et le tout prend donc une tonalité plus pop que folk.
Ça a un p'tit côté easy-listening, simple voire simplet, entre le j'm'en foutisme et le foutage de gueule.
Mais après 3-4 écoutes, ça se tient, y'a pas grand chose de mauvais à jeter sur-le-champ, ça manque juste de petites pépites, le genre qu'on a envie de réécouter immédiatement.


Magic
Magic
Prix : EUR 11,72

29 internautes sur 35 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Do you believe in Magic?, 5 octobre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Magic (CD)
Magic est tout sauf rock.
C'est de la pop, de la vraie, de la bonne en plus. Attention, les guitares sont partout, mais elles ne mordent pas, pas plus qu'elles n'aboient.

Ce qui se dégage d'abord de cet album dès les premières écoutes, c'est son côté homogène.
La ligne directrice est clairement identifiable, l'album est un bloc harmonieux, dans lequel, chose rare, il n'y a rien à jeter, absolument rien. Ce coup-ci, pas de morceau catastrophique comme Let's be friends : Skin to Skin (The Rising) qui vient saloper tout l'ensemble et qui donne furieusement envie de zapper. Tous les titres s'enchaînent avec une aisance unique.

Certains diront que rien ne se détache.
C'est vrai. En tout cas pour les premières écoutes. Mais malheur à ceux qui portent un jugement hâtif et péremptoire sur Magic : la première impression (sensée être toujours la bonne...), est trompeuse : tant la difficulté est grande à différencier "You'll be coming down" de "Livin' in the future", "Your own worst enemy" de "I'll work your love", "Gypsy Biker" de "Girls in their summer clothes" et "Last to die" de "Long walk home"...
Le tout, avec un fort sentiment de déjà entendu quelque part mais on ne sait plus trop où...

Oui, mais reste cette envie irrésistible de remettre l'album.
S'il faut du temps pour être surpris par Magic le jeu en vaut largement la chandelle. Magic prend de l'ampleur au fur et à mesure qu'on le réécoute. Chaque écoute enrichie la précédente d'un détail auquel on n'avait pas accroché, plus on se nourri de Magic, moins on en est rassasié. Là où on entendait d'abord de la facilité, la légèreté prend place, pas de simplicité, au contraire, l'album ne cesse de jouer la carte de cette dualité : apparence légère, profondeur âpre.

Magic, c'est un savant mélange de tout ce que Springsteen a fait jusqu'à présent.
Les grincheux diront qu'on a déjà ça entendu mille fois chez Bruce. Magic a avant tout réussi le pari de sonner totalement nouveau tout en tutoyant une bonne partie de la discographie du Boss. Springsteen évite à la fois la redite, la copie, la parodie, la comparaison avec son histoire et son mythe ... tout en ne cessant d'éveiller le souvenir de ses productions passées. Impossible qu'une chanson de cet album n'éveille pas chez l'auditeur une ambiance, une atmosphère, un parfum oublié.
Les clins d'aeil sont légion : "Tenth Avenue freeze out" , "Thunder Road" , "Open all night", "Hungry Heart", "Sherry Darling", "Cover Me", "Land of hope and dreams", "Paradise", "Waitin' on a sunny day", "Long time comin'"... Springsteen fait du Springsteen bien mieux que tous ceux qui s'y sont essayé. Certains morceaux donnent l'impression d'avoir été écrits il y a 25-30 ans (c'est peut-être le cas) sans pour autant dépareiller avec le reste de l'album.

Springsteen a toujours été plus ou moins fâché avec le studio.
Mais là, mais c'est bon ! L'organisation des morceaux arrive à la fois à être originale (pour Springsteen tout du moins) et à passer inaperçue. Les harmonies, les voix doublées, les échos, les enrichissements, les breaks, les choeurs, les chutes, les changements de rythmes, les montées harmoniques... C'est tout sauf orthodoxe, c'est chiadé, c'est propre, ça retombe sur ses pattes. C'est suffisamment rare dans les productions du monsieur pour le souligner. Le son est très clair, direct, net, brut.

Le travail sur les voix est remarquable.
On n'entend ni sa femme, Patti, ni son pote Steve, deux nasillards en moins (ouf). Et la voix de Springsteen, alors ? Simple, il se contente de chanter : posé, doux, moins tendu, moins tiraillé... Ce coup-ci, pas d'effet surfait à la Devils & Dust, Springsteen ne joue pas avec sa voix, c'est la voix de Springsteen qui joue.

Mais le lyrisme, le romantisme, la poésie n'ont pas été sacrifié pour autant.
Les mélodies sont accrocheuses, l'ambiance est estivale. La fraîcheur d'une brise d'été, la légèreté d'un acidulé fondant dans la bouche. C'est plaisant, sucré, digeste. La sémantique employée, les thèmes abordés, les tons employés n'ont jamais été aussi variés.

Tout est à double tranchant.
Le petit côté easy-listening pop sans prétention peut inviter l'auditeur à ne pas se plonger dans les textes, ou à simplement les prendre au premier degré. Ce serait bien dommage. Les grands renforts de la, la, la ; na, na, na et laï, laï, laï sont encore un tour de passe-passe. Parce que derrière les airs légers, se cachent des textes beaucoup plus engagés qu'ils n'y paraissent. Paroles ironiques, sardoniques, presque méphistophéliques parfois.

C'est un vrai changement dans le songwriting de Springsteen.
Parce que jusqu'ici, on le connaissait surtout pour ses qualités de storyteller, domaine où il excellait dans sa capacité à raconter une histoire à la première personne sans jugement de valeur. Mais là, Springsteen fait dans le mystique, l'allégoriste. C'est f(i)lou, parce qu'aucun de ses textes n'est relié explicitement à un événement précis, ce n'est pas American Skin : 41 Shots , où le Boss dénonçait les violences policières en racontant un tragique fait divers par la voix de la mère de la victime, ni Born in the USA où Springsteen se mettait à la place d'un vétéran du Vietnam de retour au pays souffrant du manque de reconnaissance de ses compatriotes...
Tout est laissé à l'interprétation de l'auditeur et permet plusieurs niveaux d'écoutes (de lectures), c'est évidement l'actualité riche en drames qui permet de saisir les rapprochements et de voir dans "The last to die" ou "Livin' in the future" ou même dans "Gypsy Biker" des dénonciations de la guerre, de l'incompétence des politiques à prévenir et maîtriser une catastrophe écologique, des appréciations sur la situation de l'Amérique et du monde actuel. Même si on connaît la façon dont Springsteen a l'habitude d'écrire, ici, chaque chanson d'apparence gentillette devient suspecte.

« It's a kind of Magic » moi je vous le dis.


Kill To Get Crimson
Kill To Get Crimson
Prix : EUR 23,00

10 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Le remède contre l'insomnie, 5 octobre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kill To Get Crimson (CD)
« Kill to get Crimson » est la suite (logique) de « Shangri-la », qui répondait lui-même à « The Ragpicker's dream ».
Knopfler aurait appelé « Shangri-La II » qu'on n'aurait pas été surpris.
Mark Knopfler fait du Mark Knopfler.
Au menu : ballades fadasses, mais pas désagréables, ambiance apaisante, mais un tantinet anesthésique.
Le résultat est à la hauteur de l'énergie investie dans l'enregistrement : Gnan-gnan. Pas cul-cul. Juste chiant. Honnêtement, ce disque est un véritable laxatif.
Ce n'est pas agaçant, ce n'est pas mauvais, non, c'est ennuyeux.

C'est surtout très ennuyant pour toute l'estime qu'on porte à ce guitar-heroe.

Y'a même un moment ou deux où on se dit que le Mark a fini par trouver le remède à l'insomnie (je déconseille vivement l'écoute au volant à des heures tardives ou après déjeuner).

A la différence des précédentes galettes, je ne trouve pas de chanson qui relève la sauce bien fade que nous sort Mark Knopfler depuis le splendide « Sailing to Philadelphia ».
Le titre qui transporte, l'emballage final qui change tout, le tout petit accord de derrière les fagots qui fait sourire les oreilles.

Au lieu de ça, un enchaînement de piste cohérent mais sans relief.
Le plus embêtant dans tout ça, c'est qu'on sent que Mark avait la possibilité de faire ce qu'on aime tant chez lui. Pas forcément du Dire Straits, non, mais du Mark Knopfler qui ne se fout pas allégrement de ce qu'il a été et de ce pourquoi il été tant aimé : un guitariste de génie.
Au lieu de ça, il a délibérément voulu faire ce qu'il aime.
Mark Knopfler aime la musique qu'il veut, ça ne me pose pas plus de soucis que ça, il peut même être fan d'André Rieu, tant que ça ne se ressent pas dans « sa » musique, je m'en moque.
Mais là, je ne peux pas lui reprocher la démarche, m'enfin, je regrette amèrement le résultat.

A ce rythme, un jour Knopfler enregistrera un album où on l'entend s'endormir...


The Road To Hell & Back
The Road To Hell & Back
Prix : EUR 17,00

25 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 You're a Fool (If You Think it's Over) !, 23 février 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Road To Hell & Back (CD)
Un bon live, c'est à la fois un exercice indispensable et jubilatoire dans la carrière d'un bon artiste.

Et là, faut dire que ça manquait vraiment au personnage.

Des années, qu'on attendait un petit live du Mr Rea.

Chris Rea.

Non, ce n'est pas uniquement un chanteur ringard des années 80, qui a connu ses heures de gloire grâce à des tubes parfaitement calibrés « FM ».

Non, Chris Rea c'est aussi et surtout une voix, une guitare, et une vraie « bête de scène », à sa manière...

A sa manière, sans acrobatie, sans blabla inutile, mais avec humour et tempérament.

Eh bah, pour un premier exercice tardif, c'est fait.

Et plutôt bien, il faut l'avouer.

Tout le monde y retrouvera son compte : les nostalgiques des eighties où Chris enchaînait les tubes comme des perles...

...comme ceux qui apprécient son virage « jazzy blue » abouti.

Car le Chris Rea, il a longtemps caché son amour pour le blues, le vrai, celui qui vient des tripes.

Les tripes, il sait de quoi il parle, le Chris, il a bien failli les perdre ! (et du même coup prendre direct la « Road To Hell »).

Alors quand il chante, quand il joue, putain, ça s'entend.

Et c'est bon, c'est sincère, ça prend aux tripes, quoi.

Toute la magie est là, la rencontre, l'union improbable du Rock « FM » bien huilé et pasteurisé avec ce petit supplément d'âme de blues et de rock...

Rea a cette incroyable capacité à revisiter ses propres « standards », les sublimer en formidables apologies rock.

C'est la force du Rea en live, qui un peu comme un Springsteen, arrive à transformer un morceau studio apparemment insipide...

...en petit bijou live !

Tout y est :

Une formidable version suave de "Josephine" en crescendo lent mais enjoué,

Un "I Can Hear Your Beat" qui ne veut pas, qui ne peut s'arrêter,

Un "The Road To Hell" qui laisse la place au talent de cet amoureux transi de guitare,

Un "On The Beach" langoureux, drôle, mélancolique...

Let's Dance !


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