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Contenu rédigé par MATHONNET STÉPHANE
Classement des meilleurs critiques: 73
Votes utiles : 1165
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Commentaires écrits par MATHONNET STÉPHANE "Musicophage" (Aix-en-Provence)
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4.0 étoiles sur 5
Un assemblage assez représentatif de ce que l'on entendait à Paris vers 1760, 21 mai 2013
Henri-Joseph Rigel (1741-1799) est un compositeur allemand venu s'installer en France vers 1760 et qui y a fait carrière, d'abord comme professeur à l'École royale puis au Conservatoire. Il a, durant la Révolution, composé comme bien d'autres des oeuvres de circonstance. On sait qu'il fut l'élève de Jomelli et de Richter. Ses symphonies, toutes en trois mouvements, contrairement à la tradition viennoise, ressemblent assez à ce que l'on entendait alors en France vers 1760. Elles présentent des relents de France, d'Italie et d'Allemagne, assemblage assez typique de ce que le public parisien écoutait en ce milieu du XVIIIe siècle. L'auditeur apprécie la symphonie n°7 en ré majeur qui fait usage des trompettes et des timbales comme dans une ouverture. La symphonie n°14 est plus mélodieuse et centrée sur la séduction. On goûtera le final particulièrement enivrant de la symphonie n°10. Rigel exploite ce que lui ont appris ses maîtres de Mannheim et et développe ses thèmes dans une perspective Sturm und Drang. Des partitions finalement assez secondaires mais fort bien interprétées par un orchestre nerveux (parfois un peu trop) et sensible où chaque musicien s'implique.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un album qui mécontente les gourmands et ravit les gourmets, 17 mai 2013
La violoniste Deborah Nemtanu et l'Orchestre de Chambre de Paris unissent leurs talents pour nous offrir un beau programme consacré à Camille Saint-Saëns et Gabriel Fauré, compositeurs français prolifiques dont certaines partitions ont parfois été surmédiatisées et dont l'essentiel des oeuvres est si peu connu. Outre l'"Introduction et Rondo cappricioso" très présent au catalogue, la suite "Pelléas et Mélisande" de Fauré (qui surclasse celle remarquable de Sieji Ozawa) et le concerto pour violon et orchestre n°1 de Saint-Saëns ont rarement bénéficié des faveurs du disque. Après l'excellent disque dirigé par Augustin Dumay qui nous a permis de redécouvir quelques oeuvres orchestrales rarement jouées, le présent CD devrait combler les attentes des amateurs de musique française et de musique romantique. Deborah Nemtanu fait preuve d'une stupéfiante sûreté de jeu (marquée par une absence de tout vibrato) mais également d'une élégance de style qui nous séduit dans ses interprétations qui se voient restituer la poésie qui leur fait si souvent défaut au profit de la seule technique. Le dialogue entre les cordes et les vents dans la suite de Fauré est un régal. L'effectif orchestral est allégé : nous sommes éloignés des interprétations fastueuses, brillantes et pour tout dire ronflantes. Attentif et complice, l'Orchestre de Chambre de Paris reste simple, souligne les contrechants des parties intermédiaires et se gardent d'attaques trop mordantes. Le reproche fait à ce disque est le minutage très chiche qui nous est proposé (49') : franchement, Saint-Saëns et Fauré ont écrit d'autres oeuvres pour violon et orchestre (on songe à "La Havanaise" où la comparaison avec l'interprétation superlative de Leonid Kogan en 1958 eût été intéressante ou encore au prélude de l'oratorio "Le déluge" ou encore au concerto pour violon op.14 de Fauré) qu'il est bien dommage que la soliste et le chef ne nous aientpas donné davantage.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Saint-Saëns au féminin, 17 mai 2013
Les concertos pour piano et orchestre de Camille Saint-Saëns ont toujours attiré les pianistes. Les ratages mémorables et les réussites incontestables se sont succédé : parmi ces dernières, j'ai une particulière affection pour les interprétations de Jeanne-Marie Darré et d' Aldo Ciccolini. Brigitte Engerer, qui a souvent interprété le concerto n°2 en concert, nous livre dans cet album deux très belles lectures des concertos n°2 et n°5. 1. Brigitte Engerer fait montre d'une délicate maîtrise du toucher et de la respiration qui situent ces courtes oeuvres à un niveau rarement atteint de qualité. Il nous rend les détails d'articulation, l'ornementation et la découpe irrégulière de la phrase qui caractérise chacune de ces phrases. La sélection est rigoureusement construite, variée dans ses transitions. 2. L'Ensemble orchestral de Paris l'accompagne sans jamais s'opposer à elle : c'est à un véritable dialogue que nous sommes conviés. Son décès prématuré l'aura empêché d'interpréter les trois autres opus de Saint-Saëns. Camille Saint-Saëns n'est pas le compositeur doué injustement décrit comme froid et technique.
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5.0 étoiles sur 5
Sigiswald Kuijken et sa (Grande) Petite Bande continuent de nous enchanter, 13 mai 2013
Coincées entre les "Parisiennes" et les "Londoniennes", les symphonies n°88-92 ont été rarement portées au disque. Cette interprétation dirigée par Sigiswald Kuijken fait partie, comme son interprétation antérieure des "Parisiennes", des révisions dites "baroquisantes" de référence. Et quel régal : les mouvements rapides sont traités avec énergie tel l'Allegro chantant de la n°88 (sans la puissance sonore qui tétanise les interprétations romantiques) où le début de la symphonie "Oxford" qui commence par un Adagio chambriste avant de se lancer à brise abattue dans un splendide Allegro spiritoso, tranchants et percutants et les mouvements lents particulièrement adoucis et traités avec la poésie souhaitée par le compositeur (adagio de la symphonie n°90). Il est possible de se procurer les mêmes interprétations de référence dans une édition bien plus économique
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5.0 étoiles sur 5
Sigiswald Kuijken et sa Petite Bande rendent une nouvelle jeunesse aux "Parisiennes" de Joseph Haydn, 13 mai 2013
Qu'elles portent ou non un sous-titre, les six symphonies parisiennes anticipent sur ce que sera le XIXe siècle symphonique. Cette interprétation dirigée par Sigiswald Kuijken fait partie des révisions dites "baroquisantes" de référence. Et quel régal : les mouvements rapides sont traités avec énergie (sans la puissance sonore qui tétanise les interprétations romantiques), tranchants et percutants et les mouvements lents particulièrement adoucis et traités avec la poésie souhaitée par le compositeur. Tout est dit dès les premiers mouvemenst (Vivace assai rehaussé par les trompettes et les timbales) de la symphonie n°82 "L'Ours", Allegro spiritoso de la symphonie n°83 "La Poule") et se poursuit sur deux CD jusquà la symphonie n°87 (Finale : Vivace). ll est possible de se procurer les mêmes interprétations de référence dans une édition bien plus économiqueLes partisans d'une vision "classique" se tourneront vers George Szell à la tête de son orchestre de Cleveland et les tenants d'une vision plus "romantique" vers Leonard Berstein et son New York Philharmonic.
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5.0 étoiles sur 5
Romantiques, les dernières symphonies de Joseph Haydn? Classiques, assurément, 13 mai 2013
Qu'elles portent ou non un sous-titre, les douze symphonies londoniennes anticipent sur ce que sera le XIXe siècle symphonique. Cette interprétation des symphonies 103 et 104 dirigée par Sigiswald Kuijken fait partie des révisions dites "baroquisantes" de référence. Et quel régal : les mouvements rapides sont traités avec énergie (sans la puissance sonore qui tétanise les interprétations romantiques) notamment le roulement de timbales dans la n°103 et les mouvements lents particulièrement adoucis et traités avec la poésie souhaitée par le compositeur. Tout est dit dès les premiers mouvement de la 104 : un Adagio liminaire spectaculaire suivi d'un Allegro où les rebonds ne connaissent pas de répit mais Kuijken les fait respirer, Un Andante, chantant, voit s'épanouir les mélopées du violon solo et de la flûte, le Menuet pas rapide est dominé par les vents tandis que le Finale (indiqué spiritoso) voit l'alternance de danses (qui peut préfigurer la Septième de Beethoven). En attendant une réédition à prix doux de cette intégrale haydnienne de référence, l'amateur pourra se tourner vers cette pépite de la regrettée (Grande) Petite Bande.
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5.0 étoiles sur 5
Un enregistrement somptueux de ce splendide enregistrement de Haendel, 13 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Solomon (CD)
L'oratorio "Solomon" composé par Haendel et interprété par John Eliot Gardiner en 1985 demeure à ce jour une interprétation de référence malgré la version dirigée par Paul McCreesh en 1999. 1. Le chef britannique dispose d'un splendide plateau vocal, des premiers rôles (Carolyn Watkinson, Nancy Argenta, Anthony Rolfe-Johson) aux seconds coûteaux (Barbara Hendricks en reine de Saba). 2. Il fait de cet oratorio méconnu un flot continu de musique : il a pratiqué de larges coupes dans les récitatifs (ce qui ne lui ressemble pas) et utilise l'orchestre étoffé qui était celui de Haendel : on est dans les passages virtuoses à la limite de la symphonie, en particulier dans l'ouverture, les sinfonie et les ballets.
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5.0 étoiles sur 5
Splendide "Festin d'Alexandre", 13 mai 2013
"Alexander's Feast or The Power Of Music" est une oeuvre délicate de Heandel composée en 1736. En 1988, John Eliot Gardiner nous en donnait une version superlative. 1. Il dispose d'un magnifique plateau vocal (Donna Brown, Carolyn Watkinson, Ashley Stafford, Nigel Robson, Stephen Varcoe) et du soutien de son légendaire Monteverdi Choir. 2. Il restitue la somptuosité de l'orchestre étoffé de Haendel et fait de cet oratorio un flot continu de musique : les arias sont splendides, les choeurs imposants et les récitatifs accompagnés somptueux (la place laissée aux recitatifs secs, plaie de l'opéra italien, est très faible). Le seul regret provient de l'oratorio grosso qui accompagne l'oeuvre, sorte de rab voulu par le compositeur et joué avec une relative indifférence (une rareté chez Gardiner).
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5.0 étoiles sur 5
Pour faire connaissance avec un pianiste d'exception, 13 mai 2013
Leif Ove Andsnes s'est affirmé album après album comme l'un des pianistes les plus doués de sa génération, à l'aise aussi bien dans les répertoires classique que romantique et postromantique. EMI a réuni dans un coffret cinq de ses opus majeurs à un prix défiant toute concurrence. On appréciera d'autant plus que, pour une fois, il ne s'agit d'une énième indigente compilation. Dans l'album consacré à Rachmaninov, il nous propose une excellente version des concertos pour piano et orchestre n°1 et 2 du compositeur russe qui renouvelle notre connaissance de ces oeuvres archi-connues. Cette interprétation tourne le dos à tout ce qui pourrait alourdir le propos. Le jeu du pianiste norvégien est parfait de la première à la dernière note : on admire sa précision, ses articulations, ses attaques qui donnent une extrême lisibilité à sa musique. Sa ductilité est telle qu'il semble caresser les touches sans jamais s'appesantir. On se réjouit d'écouter un pianiste qui laisse parler les oeuvres avec effacement mais sans le moindre détachement. - Le concerto n°1 retrouve, par la justesse de sa lecture, le charme d'une oeuvre de jeunesse. - Le concerto n°2, le plus célèbre de Rachmaninov, est animé d'une grande variété de thèmes : le piano est intégré à l'orchestre avec lequel il ne s'affronte pas mais avance avec lui dans une sorte d'enlacement perpétuel. Le soliste et l'orchestre nous éloignent de la "grande pièce de concert romantique brillante" et, de celà, il faut s'en réjouir. Il nous propose une excellente version des concertos pour piano et orchestre de Robert Schumann et d'Edvard Grieg dans un répertoire où brillent les réussites incontestables. Cette interprétation tourne le dos à tout ce qui pourrait alourdir le propos. Le jeu du pianiste norvégien est parfait de la première à la dernière note : on admire sa précision, ses articulations, ses attaques qui donnent une extrême lisibilité à sa musique. Sa ductilité est telle qu'il semble caresser les touches sans jamais les brusquer : le concerto de Schumann est tout entier empreint de la présence de Clara et celui de de Grieg tout entier empreint de la présence des paysages norvégiens). Après une version remarquée (et remarquable) des Concertos Pour Piano n°9 K271 et n°18 K456 de Mozart, il nous propose une suite avec les concertos n°17 et n°20 composés respectivement en 1784 et 1785. Cette interprétation est pour moi idéale car elle tourne le dos à tout ce qui pourrait alourdir le propos. 1. Le fait de savoir si les concertos de Mozart doivent être interprétés sur pianoforte ou sur un piano moderne me paraît vain tant le jeu du pianiste norvégien est parfait de la première à la dernière note : on admire sa précision, ses articulations, ses attaques qui donnent une extrême lisibilité à sa musique. Sa ductilité est si fine et si délicate qu'il semble caresser les touches sans jamais s'appesantir. Les attaques qui animent les trois mouvements du concerto n°17 et les différents climats qui habitent le concerto n°20 (quelle Romanze) sont parfaitement restituées. 2. Le Norwegian Chamber Orchestra, dirigé du piano par Andsnes, surprend par sa vivacité mais ne se montre jamais envahissant, accompagnant le soliste sans s'opposer à lui. Les contradicteurs d'Andsnes lui reprochent toujours un manque de fièvre et d'imprévu voire une certaine neutralité pour les plus sévères mais c'est précisément cette puissance sans insistance et cette pudeur classique qui me séduisent tant chez lui. En 1998, il nous proposait une excellente version de trois concertos pour piano et orchestre de Joseph Haydn peu représentés au disque, en-dehors du n°11 et de son troisième mouvement "all' Ungarese"). Cette interprétation est pour moi idéale car elle tourne le dos à tout ce qui pourrait alourdir le propos. Le fait de savoir si les concertos doivent être interprétés sur pianoforte ou sur un piano moderne me paraît vain tant le jeu du pianiste norvégien est parfait de la première à la dernière note : on admire sa précision, ses articulations, ses attaques qui donnent une extrême lisibilité à sa musique. Sa ductilité est telle qu'il semble caresser les touches sans jamais s'appesantir. Le Norwegian Chamber Orchestra, dirigé du piano par Andsnes, surprend par sa vivacité mais ne se montre jamais envahissant, engageant un dialogue avec le soliste sans jamais s'opposer à lui.
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5.0 étoiles sur 5
Un splendide album du label Riverside Records qui en compte pourtant des centaines, 9 mai 2013
"Boss Guitar" est le neuvième album enregistré en 1963 par Wes Montgomery pour le label d'Orrin Keepnews. Il reprend une formule éprouvée en trio dès 1959 avec "The Wes Montgomery Trio" comprenant Melvin Rhyne à l'orgue Hammond et Jimmy Cobb à la batterie (ce dernier étant l'arrangeur de l'album). Conforméùment aux souhaits de Wes Montgomery de jouer un jazz "cosmopolite", Les styles jazzistiques en vogue à l'époque nous sont donnés à entendre : des morceaux mélangeant rythmes latins et funky (le standard "Besame Mucho" et "Candian Sunset"), des bops ("Dearly Beloaved") et du blues ("Fried Pies" et "The Trick Bag" tous deux composés par Montgomery) ou deux ballades mélancoliques ("Days Of Wine And Roses" et "For Heaven's Sake"). Les tros musiciens mettent davantage l'accent sur l'interaction et le groove cleectif plutôt que sur leur virtuosité respective. On appréciera l'excellence de la restitution sonore et le fait que les prises alternatives soient placées à la fin de l'album : libre à chacun de les écouter ou non.
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