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Ben "http://autre.chose.over-blog.com" (France)

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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Catastrophique, 30 novembre 2013
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A fonctionné une semaine, ensuite l'ordinateur se mettait sur secteur mais la batterie ne chargeait plus et a fini par ne plus fonctionner du tout!
Remboursé par Amazon pour acheter un "vrai" adaptateur...


Turn On
Turn On
Prix : EUR 21,56

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Machine à tubes, 4 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Turn On (CD)
En 1965, après avoir été bluffé par "You Really Got Me" des Kinks et "Wild Thing" des Troggs comme beaucoup de gamins américains, Sean Bonniwell forme un groupe garage, The Raggamuffins, à Los Angeles. Mais, plus mature que beaucoup d'autres compositeurs, il est également sous le charme des Beatles et de leur sens mélodique hors du commun.
Rapidement rebaptisé The Music Machine, le groupe californien va vite se démarquer de la scène par la qualité de ses compositions. Pourtant, le premier single du groupe, "Talk Talk", qui atteint tout de même la quinzième place du Billboard, est d'une sauvagerie sans nom et porte toutes les qualités du garage le plus primaire: voix animale, guitare noyée dans la fuzz, Farfisa et rythmique des plus basiques. Pour couronner le tout, Sean Bonniwell impose une dégaine ridicule au groupe: coupe au bol façon Beatles teintée en noir, fringues noires, pendentifs cabalistiques et gant unique en cuir noir. Un avant-goût des affreux gothiques eighties en moins risibles tout de même.
Lors de l'enregistrement du premier album du groupe Turn On, il tente d'ailleurs d'insuffler cette image 'inquiétante' aux morceaux par l'ajout de clavier glauque et de chœurs angoissants. Réussite sur "The People In Me", "Wrong" ou la ballade "Come On In" qui contiennent des paroles au diapason pour couronner le tout. Le but premier du chanteur était de composer des interludes instrumentaux de la même veine à intercaler entre ses morceaux. Refus du label par peur de ce procédé inhabituel à l'époque. Encore une fois, pour remplir le LP, le producteur impose une liste de reprises de tubes reconnus pour viser la sécurité. On retrouve donc des morceaux rebattus tel "96 Tears" de ? And The Mysterians, "Cherry Cherry" de Neil Diamond ou, encore plus saugrenu, "Taxman" des Beatles. Autant de versions totalement inutiles. Exceptionnellement c'est leur version ralentie de "Hey Joe" qui s'avère la plus réussie et qui préfigure à elle seule la quasi intégralité du répertoire des Doors, le groupe de businessmen opportunistes qui pillera le garage quelques années plus tard.
Les compositions de Sean Bonniwell s'avèrent par contre d'une qualité exceptionnelle. Son sens du gimmick qui tue, du refrain entêtant et des ruptures rythmiques rendent tous ses morceaux incontournables. Alors que la plupart des combos garages de l'époque étaient des one-hit wonder, The Music Machine parvient à placer sur "Turn On" sept morceaux originaux parfaits du tube "Trouble" à la ballade teinté folk "Some Other Drum" en passant par le fou furieux "Masculine Intution". Cet album s'inscrit dans le haut du panier de cette scène plus que foisonnante.
Ca sera malheureusement leur premier et dernier disque. Après une tournée promo autour des Etats-Unis, les quatre comparses de Sean Bonniwell mettront les voiles pour cause de "conflits internes". Rien d'étonnant, le chanteur ayant la main mise sur tout le processus créatif du groupe. Après une tentative de carrière solo infructueuse, il partira des mois dans un voyage mystique à la recherche de son âme partout en Amérique.


Kinks
Kinks
Prix : EUR 10,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Des débuts laborieux, 4 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Kinks (CD)
Eté 1964, après deux 45 tours n'étant même pas entrés dans les charts anglais, les Kinks sont à deux doigts d'être jetés manu-militari par leur label Pye. Leur troisième single sera celui de la dernière chance. Le morceau c'est "You Really Got Me". On connait sa destiné: numéro 1 des charts anglais, un ouragan sonore qui traverse l'Atlantique pour atterrir à la septième place du Billboard, sonnant ainsi l'arrivée de la British Invasion et dont la simplicité jubilatoire provoque des milliers de formations de groupes chez les ados américain, la naissance du garage.
Les Kinks deviennent d'emblée la poule aux œufs d'or du label qui leur demande d'enregistrer un LP au plus vite. Ce format encore minoritaire était alors réservé aux groupes les plus prometteurs mais Ray Davies, seul compositeur, n'a pas la matière pour remplir deux faces. Les londoniens n'ont pas le choix, on leur fait bien comprendre la chance qui est la leur et, de toute manière, un studio est booké pour la semaine suivante. Ray Davies fourmille d'idées mais tout est refusé en bloc, par faute de temps. Pye veut profiter du buzz de "You Really Got Me" avant que le groupe ne sombre à nouveau dans l'oubli.
Leur producteur Shel Talmy leur donne donc une liste de reprises pour compléter les cinq compositions de Ray Davies. Il n'oublie pas au passage d'y glisser deux morceaux traditionnels dont il se crédite les arrangements afin de toucher des royalties sur l'album. Les membres du groupes étant également trop jeune à ses yeux, il engage Bobby Graham à la batterie et Perry Ford au piano. Jon Lord (futur Deep Purple, Whitesnake et autres bouses) et Jimmy Page sont engagés pour tenir l'orgue Hammond et la douze cordes sur quelques morceaux.
Le résultat est à l'image des premiers albums de la majorité des groupes anglais de l'époque: un mélange de compositions hésitantes et de reprises r&b inutiles. Si on sent déjà le talent de composition de Ray Davies sur des morceaux pops inspirés des Beatles ("Stop Your Sobbin'" et "Just Can't Go To Sleep"), du premier album des Rolling Stones sorti trois mois plus tôt ("So Mystifying") ou encore sur l'excellente pique r&b "I Took My Baby Home". Le reste s'avère ennuyeux et inutile. Shel Talmy, en tout bon producteur qui se respecte, affiche son manque d'originalité par une sélection de morceaux sans surprise. Deux Chuck Berry et un Slim Harpo pour copier son confrère Andrew Loog Oldham et ses poulains les Rolling Stones. Le reste est du réarrangement de blues en r&b sans saveur ("Long Tall Shorty", "Got Love If You Want It") ou l'inévitable Bo Diddley ("Cadillac").
Tout cela tranche misérablement à côté du brûlot "You Really Got Me". Ce premier album aurait été transfiguré si le label avait eu un peu confiance en Ray Davies en ajoutant ses excellentes premières compositions sorties peu de temps auparavant en 45 tours telles "You Do Something To Me", "You Still Want Me" ou encore "It's Alright", la fiévreuse face B de "You Really Got Me".


Fugazi
Fugazi

5.0 étoiles sur 5 Mise à mort du hardcore, 2 mars 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fugazi (Album vinyle)
Derrière cette pochette à l'esthétique typiquement punk-hardcore, se cache ironiquement le premier EP d'un groupe désirant démontrer le manque d'ambition et de renouveau de cette scène. Fugazi donc, fondé par Ian MacKaye, ex-Minor Threat, et rassemblant le bassiste Joe Lally et le batteur Brendan Canty, ex-Rites Of Spring. Dégoûté par la scène hardcore, sa violence inutile et son manque d'ouverture d'esprit, le trio envisage de repartir de zéro. Son ambition première est d'associer la base punk à une rythmique dub.
La recette fonctionne plutôt bien et le trio est bientôt rejoint par Guy Picciotto, ex-Rites Of Spring lui aussi, désirant apporter un flow inspiré hip-hop à ces rythmiques tribales. Mais l'apport principal de ce dernier sera le chant intense de son ancien groupe et son jeu de guitare tranchant inspiré de la scène no-wave. Cet apport supplémentaire va permettre à Fugazi de devenir l'un des groupes majeurs de la scène alternative américaine des décennies 1980-1990.
Basse ronde, groove énorme, riffs saccadés, breaks multiples, "Waiting Room" devient le premier morceau marquant du groupe. Le rythme entraînant et les paroles inspirées et adultes rendent la chose instantanément incontournable. La même mixture fonctionne à merveille "Suggestion" ou "Bad Mouth".
Le reste de ce premier EP dévoile l'inspiration urbaine de Fugazi. "Give Me The Cure" ou "Bulldog Front" alternent passages calmes aux notes égrainées et climax libératoires faits de riffs tendus. Le chant sur la brèche de Guy Picciotto, emo, même si il renie ce terme devenu galvaudé, apporte la touche mélancolique nécessaire. La fascination du béton, de la ferraille mêlée à la pression d'une chape urbaine dense et avilissante explose au travers du style du groupe.
Avec Fugazi, le punk retourne à nouveau dans la rue. Exécuté comme un échappatoire, une libération et avec comme seul désir de dresser une gangue protectrice permettant de se prémunir des pétages de plombs, de la déprime. Une sorte de thérapie insufflée par des paroles d'une justesse et d'une intelligence rares et assenées avec les tripes par des personnes tournant le dos obstinément à toute reconnaissance et tout star-system.


The Northern Soul Story /Vol.1 : The Twisted Wheel
The Northern Soul Story /Vol.1 : The Twisted Wheel
Prix : EUR 9,43

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Etape à Manchester, 2 mars 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Northern Soul Story /Vol.1 : The Twisted Wheel (CD)
Cette série de compilations northern soul a la particularité de dédier chacun de ses quatre volumes à un club mythique du nord de l'Angleterre. C'est en ces lieux que des dizaines de morceaux soul oubliés retrouvèrent une seconde jeunesse grâce aux DJs mods.
Le premier volume, compilé et annoté par Ian Dewhirst, grand collectionneur de 45 tours depuis le milieu des années 1960, est dédié au Twisted Wheel de Manchester. Ce club ouvert en 1963 accueille tout d'abord des groupes r'n'b anglais et américains. Transformé ensuite en dance-hall, c'est le DJ Roger Eagle qui anime les soirées. Expert en jazz, blues et r'n'b, la clientèle de l'établissement lui demande de plus en plus de tempos rapides qu'il n'a pas en stock. Il est remplacé lors du déménagement du club en 1966.
De nouveaux DJs spécialisés northern soul prennent alors le relai. Ces collectionneurs traquent sans relâche des 45 tours oubliés, des éditions limitées à 500 ou 1000 copies pour les radios et donnent une notoriété à des morceaux passés inaperçus à leur sortie. Avides de ces 'nouveautés', ils rendent rapidement le Twisted Wheel incontournable. Les mods font alors des centaines de kilomètres pour y venir. Le club devient la référence du nord de l'Angleterre en soirée all nighter.
On retrouve sur cette compile des pépites provenant de défunts labels tels Okeh, Elf, Mala, Big Hill, Epic, Goldwax... Le son est parfait et, malgré quelques doublons avec d'autres compilations costaudes comme The In Crowd, la sélection est démentielle.
Au milieu d'une kyrielle d'inconnus trônent tout de même de grands noms. James Carr avec "That's What I Want To Know". Al Green et sa formation post Creations les Soul Mates avec "Don't Leave Me", titre fortement teinté Motown. Ou encore Little Richards avec "A Little Bit Of Something (Beats A Whole Lot Of Nothing)", étonnante incursion dans la soul qui dévoile les capacités méconnues de son étourdissante voix. Major Lance, gros pourvoyeur de tubes du label Okeh, est également présent à deux reprises: avec le bien nommé "It's The Beat" à la grosse basse fuzzée et "Ain't No Soul (In These Old Shoes)". Mais la palme revient à Shirley And The Shirelles avec l'énorme tube "Look What You've Done To My Heart" écrit par la merveilleuse Ellie Greenwitch.
Hormis ces pointures, le reste est de l'outsider. Ou du loser patenté tel Lou Johnson qui avait le don pour enregistrer des morceaux avant de les voir cartonner chez les autres, Sandie Shaw ou Dionne Warwick entre autres. Il entame cette compilation par "Magic Potion", morceau early soul de 1963 écrit par Burt Bacharach et Hal David et joliment teinté de violon et de vibraphone. Phénomène inverse: la version définitive de "Shake A Tail Feather" d'Andre Williams par James & Bobby Purify qui cartonna dans le top U.S. et trouvera une seconde jeunesse chanté par Ray Charles dans le film Blues Brothers.
On trouve également une pelleté des one-hit wonder habituels, auteurs d'un seul tube à tomber à la renverse. Le genre de pépites qui valent à elles seules l'achat de ce genre de compilations. Le duo masculin-feminin Peaches & Herb avec l'enjoué "I Need Your Love So Desperately". Le classique "There's Nothing Else To Say" des Incredibles, classique northern découvert par un DJ du Twisted Wheel et présent sur une compile sur deux. "The Cheater", une curiosité blue-eyed soul de Bob Kuban & The In-Men. The Vibrations avec l'infernal "'Cause You're Mine" au rythme cassé et à la voix cinglante (le chanteur solo fera partie des Temptations par la suite). Et, immense coup de coeur, "I Can't Get A Hold Of Myself" de Clifford Curry: voix hésitante, choeurs féminins, violons dégoulinants. Le pied absolu.
Gravite là autour les traditionnels morceaux fortement influencés par les deux mamelles de la soul américaine Motown et Stax. Oscar Toney Jr. se prend pour Otis Redding sur "No Sad Songs" alors que Moses & Joshua Dillard singent eux Sam & Dave avec "My Elusive Dreams". Côté Motown, on trouve Johnny Johnson & The Bandwagon avec un "Breakin' Down The Walls Of Heartache" typiquement Four Tops ou Sandi Sheldon dans un registre proche de Brenda Holloway sur "You're Gonna Make Me Love You". La palme du décalquage revient sans conteste à Bob Brady, un blanc qui chante comme Smokey Robinson(!) et dont l'excellent "Everybody's Goin' To The Love-In" est à se méprendre.
Le tout est correctement emballé. Malheureusement pas de photos d'artistes mais des flys des soirées du club et quelques clichés des soirées. Le livret assez bien annoté fourni les renseignements complémentaires.


Thirteen
Thirteen

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Retour vers le futur, 23 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Thirteen (CD)
Catapulté groupe noisy pop de 1991 à la sortie de Bandwagonesque et instantanément catalogué dans ce style, Teenage Fanclub décontenança tout le monde avec Thirteen. Point de passage abstrait ici, ni larsen, ni bruit inutile mais un hommage appuyé au sacro-saint panthéon des groupes power-pop en B: Beatles, Byrds, Big Star, Beach Boys.
Thirteen, hommage à la ballade mélancolique à pleurer de Big Star, et son intro heavy metal! Montée en puissance qui retombe brusquement en une cascade pop voluptueuse. Voix veloutée, harmonies vocales à gogo et mélodie limpide, les écossais tirent un trait sur l'indie pop contemporaine pour regarder dans le rétroviseur. Car c'est bien les recettes sixties qui sont réutilisées ici. Les écossais, déjà lassés des dictats de l'indé, décident de partir en quête de la pop song parfaite. Ne s'appelant pas Teenage Fanclub pour rien, ils cimentent désormais leurs compositions sur les fondations des groupes fétiches de leur adolescence. Au même moment, ce désir de repartir ses des bases saines se fait également ressentir en Angleterre quand Blur sort son Modern Life Is Rubbish. Deux pierres fondatrices d'une britpop alors en plein boum créatif.
Si le virage stylistique effectué sur Thirteen pouvait paraître saugrenu à l'époque, il représente aujourd'hui un nouveau départ qui débouchera sur les chefs d'oeuvre à venir. Alors qu'une bonne partie du révéré Bandwagonesque est aujourd'hui inécoutable, rendant l'album plutôt embarrassant, Thirteen n'a par contre rien perdu de sa fraîcheur. La décontraction est de mise et des tubes comme "Escher", "The Cabbage" ou "Norman 3" dispensent encore aujourd'hui une naïveté jubilatoire, un sourire benêt sur le visage.
Les ballades font, elles, poindre le bourdon des jours écossais brumeux. Cette chape glauque qui mine le moral et sur laquelle sont façonnées "Song To The Cynic" ou "120 Mins". Les paroles basculent alors l'ambiance du côté de la nostalgie adolescente, de la déprime des hivers pluvieux. Le groupe termine en beauté par un hommage au grand Gene Clark des Byrds, décédé quelques temps auparavant d'une crise cardiaque, avec un morceau du même nom qui ressemble à s'y méprendre à du... Neil Young.


Freakangels - tome 2 - Freakangels 2
Freakangels - tome 2 - Freakangels 2
par Warren Ellis
Edition : Cartonné
Prix : EUR 16,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La traque, 23 février 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Freakangels - tome 2 - Freakangels 2 (Cartonné)
Si le premier tome était l'introduction à ce nouvel univers élaboré par Warren Ellis, le récit prend ici une forme bien plus palpitante. Présentés sans véritables liens, les douze surhumains vont être contraints ici de collaborer face à une nouvelle menace.
Alors que la plupart des Freak Angels se réunissent dans un lieu tenu secret, la fonderie de cloches de Whitechapel, Kirk en poste à la vigie du quartier détecte deux personnes en train d'installer un mortier. Premier tir: direct sur le bâtiment abritant la réunion. La coïncidence étant impossible, les héros partent à la recherche des commanditaires de l'attentat. Alice, désormais intégrée au groupe et étant présente à la réunion, traque également les terroristes.
Cet évènement sollicitant tous les Freak Angels est l'occasion, sous la pression, d'avoir une vue d'ensemble des relations qui régissent leur organisation. Points de vue, but ou désirs différents, affinités culturelles, sociales voire sexuelles échafaudent un imbroglio de personnalités complexes. Cette description établie d'une manière aussi claire que rapide, Freak Angels devient instantanément fascinant. Chaque personnage prend de l'ampleur, la série se trouve alors pourvue d'une bonne dizaine de personnages principaux. Warren Ellis prouve à nouveau son incroyable faculté à faire exploser la complexité de ses récits en quelques pages.
D'une histoire post-apocalyptique classique, l'auteur façonne lors de ces quelques épisodes un survival intense. Le prétexte classique pour permettre aux personnages de sortir de leurs gonds et révéler leurs caractères enfouis. Cette traque collaborative nocturne va révéler des sentiments enfouis, des frictions, des affinités. Ce déluge devra être mis de côté, la survie de l'organisation étant pour la majorité des héros la priorité absolue.
On découvre par la même occasion des capacités et des pouvoirs particuliers chez certains personnages. Utilisés ici de manière honnête, ces dons pourraient par contre devenir destructeur en cas de conflit externe ou interne. Des suspicions de plus ajoutées à certains Freak Angels extrapolant encore la complexité de leurs relations. Si l'intention de Warren Ellis est de donner une suite contemporaine aux Coucous de Midwich de John Wyndham (roman rebaptisé Le Village Des Damnés après ses deux adaptations cinématographiques), on devine ici qu'il inscrit Freak Angels dans la lignée des grands romans anthropologiques et sociologiques tels les classiques Sa Majesté Des Mouches ou Les Garennes de Watership Down.


Wilson
Wilson
par Daniel Clowes
Edition : Relié
Prix : EUR 22,50

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Chroniques d'un asocial, 23 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wilson (Relié)
Wilson est une tête à claque, un donneur de leçons insupportable, un blaireau imbu de lui-même, surmonté d'un misanthrope détestable. Le genre de gros con que l'on a envie de baffer dès qu'il ouvre la bouche. Stupide, acariâtre et désagréable, il casse les bonbons de chaque personne qu'il croise dès qu'il en a l'occasion dispensant ce qu'il croit être de bons conseils. La seule 'personne' qui trouve grâce à ses yeux et sa chienne Pepper.
La mort de son père qu'il avait perdu de vue depuis des années va miraculeusement lui faire prendre conscience qu'il lui reste un mince espoir d'accéder au bonheur en retrouvant son ex-femme, perdue elle aussi pour cause d'intolérance carabinée. Un bouleversement dans sa vie merdique qui va le mener à renouer le contact avec sa belle-famille, voyager, apprendre qu'il est peut-être père tout en continuant à donner des leçons de morale insupportables dès qu'il le peut.
Même si ce personnage pathétique amène surtout un sentiment de moquerie et d'exaspération, on fini par désirer, par pitié, qu'il parvienne à renouer avec une vie plus normale. Mais, proche du but, son incapacité à tolérer la moindre différence fini tout de même par le conduire en tôle. Expérience qui l'oblige un tant soit peu à une introspection le menant enfin à regretter certains de ses actes passés.
Cet humour noir fait donc rire bien grassement. Mais quelques fois pourtant, certaines planches s'avèrent moins drôles. Pas que le propos diffèrent ou que le personnage change de registre. Mais soudain, une impression de déjà vu transforme la moquerie envers le personnage en une désagréable projection. Eh oui, chacun contient un bout de Wilson plus ou moins enfui. Tout le monde possède son côté gros con intolérant. On jubile même parfois lorsqu'il se moque d'un yuppie obsédé du travail ou qu'il s'en prend à des cailleras aussi intolérantes que lui. Actes que beaucoup rêveraient inconsciemment d'accomplir malgré une éducation et un sens civique nous dictant le contraire.
Un retournement malicieusement amené par Daniel Clowes, auteur particulièrement habile pour dresser des fables sociologiques et cyniques criantes de vérité et lourdes de sens. Pour couronner le tout, la multiplicité des styles graphiques old-school intensifie les péripéties de Wilson. L'auteur en choisissant traits cartoons ou réalistes, perpectives exagérées ou proportions déformées renforce la dérision ou la gravité de certaines planches.
A noter la maquette, le papier et la reliure tissu toujours impeccables des éditions Cornélius qui rendent l'objet particulièrement luxueux.


New Day Rising
New Day Rising
Prix : EUR 14,58

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dépasser le hardcore, 23 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : New Day Rising (CD)
New Day Rising, l'aube d'une nouvelle ère pour Hüsker Dü. La splendide pochette en dit long: fini de patauger dans la fange, un soleil inquiétant se lève, il est temps de se diriger vers de nouveaux horizons. Le groupe de Minneapolis vient de redéfinir de fond en comble les bases de toute la scène indie américaine avec Zen Arcade tout en portant un coup fatal au hardcore originel et à sa violence vaine. Rester jeune éternellement bien sûr, mais la maturité fait rapidement prendre conscience que la violence revendicatrice ne mène nulle part. "You grow up, you change your perspective" souligne à l'époque Bob Mould. L'introspection sous-jacente du narrateur de Zen Arcade doit s'appliquer en premier lieu à la musique du groupe. Des morceaux tels "Never Talking To You Again" ou "Pink Turns To Blue" se révélant bien plus percutants et pertinents que des joutes ultraviolentes, Hüsker Dü tire un trait sur son passé hardcore, sur les essais no-wave ("Reoccurring Dreams") et sur les plages d'abstraction ("Hare Krsna") pour suivre la piste de ce punk mélodique à l'efficacité musicale et à la puissance revendicatrice sans égales.
Le morceau titre en introduction incruste le message pour les plus récalcitrants. Deux minutes trente durant lesquels Bob Mould et Grant Hart martèlent cette phrase en rythme avec la batterie marteau-piqueur. Le hardcore est dépassé, place à la suite. La phase d'élaboration de Zen Arcade, en plus d'aiguiser leur talent de composition, a permis aux musiciens de s'affirmer techniquement. Plus besoin de jouer rapidement pour cacher le manque de technique. Les tempos s'amoindrissent décuplant l'impact des morceaux et permettant un développement des mélodies. Chaque titre de New Day Rising complète les fondations d'un nouveau style comblant le vide existant entre la rugosité punk et la douceur pop. Un nouveau départ sans renier ses aînés ni ses racines tout en conservant un statut underground pour un contrôle artistique total.
Hüsker Dü - New Day RisingGrant Hart ouvre la boîte de Pandore avec "The Girl Who Lives On Heaven Hill": enchaînement d'accords élaboré, rythme martial, chant étranglé, refrain en choeurs, breaks multiples. D'entrée, le groupe dévoile de toutes nouvelles capacités. New Day Rising fourmille de morceaux mélodiques de cette trempe. Les accents pops de "Powerline", "I Apologize" ou "If I Told You" s'inscrivent dans l'héritage du punk originel des Ramones. Bob Mould franchit un cap sur "Celebrated Summer": structure mille-feuilles, parties de guitare acoustique douze cordes et un chant dosé renforçant l'aspect mélancolique. Il intensifie l'effort sur "Perfect Example" avec des arrangements acoustiques omniprésents et un chant susurré. Grant Hart franchit lui un cap sur "Books About UFOs" dont le piano et le chant glam tout en nuance apporte une touche quelque peu anglaise.
Demandé par SST dès la sortie de Zen Arcade, New Day Rising est composé et enregistré à la va-vite. Le groupe étant moins enclin à se laisser dicter la manière de faire, ils refusent de retourner enregistrer en Californie et demande même de s'auto-produire. Une première. SST enverra tout de même Spot, le producteur maison, à Minneapolis pour l'enregistrement. Les engueulades vont bon train et le résultat final n'est pas terrible: trop d'écho sur les voix et les cymbales, beaucoup trop d'effets sur les guitares, basse et grosse caisse quasi inexistantes... L'album pâti vraiment de ce son pourri. Le torchon brûlant déjà avec SST, Hüsker Dü refusera désormais catégoriquement de se faire enfiler n'importe quoi.


DMZ, Tome 8: Notes de l'autre monde
DMZ, Tome 8: Notes de l'autre monde
par Brian Wood
Edition : Album

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Pompeux et inutile, 20 février 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : DMZ, Tome 8: Notes de l'autre monde (Album)
Après une montée en puissance sur une quarantaine épisodes, Brian Wood fourni ici le traditionnel bilan de l'épisode 50. Les personnages principaux sont ici laissés de côté au profit d'une mise en lumière des à-cotés. On rencontre surtout des protagonistes mettant à profit l'anarchie régnant dans la DMZ comme un collectionneur de tableaux de maîtres s'approvisionnant dans les musées abandonnés ou un entrepreneur extérieur pensant profiter de cette anarchie. On découvre également l'envers du décor des cuisines de Chinatown dirigées par Wilson ainsi que l'identité et les buts du commandant suprême des Etats Libres. Des scénettes qui s'entrecroisent avec des planches de présentation de certains des héros de la série. Chaque scénette est dessinée par un dessinateur différent.
Alors qu'on attendait une redistribution des rôles et une relance de la série suite aux évènements forts ayant touché Matty Roth dans le dernier story-arc du tome 7, Brian Wood profite de l'opportunité du numéro 50 pour proposer un épisode censé permettre à de nouveaux lecteurs de rejoindre DMZ en cours de route. Résultat: une cinquantaine de pages inutiles. Non seulement rien d'important n'est dévoilé, une honte pour un épisode anniversaire, la mise de côté des héros fait stagner la narration et l'apport artistique des dessinateurs est nul. Difficile pour les nouveaux lecteurs visés de prendre en route les pérégrinations de Matty alors qui celui-ci est totalement absent!
"No Future", le story-arc suivant, en trois épisodes, est du même tonneau: on découvre que les ex-policiers du NYPD se sont regroupés dans l'Empire State Building en une sorte de secte de justiciers sans limite terrorisant la DMZ. Ces bourrins, sous le joug d'un chef fou furieux, s'échinent en général à empêcher tout intrus de pénétrer dans Manhattan, en particulier des journalistes. Une toile narrative permettant à Brian Wood de raconter l'histoire d'un de ces justiciers ayant perdu sa famille. Celui-ci se faisant manipuler par leur chef deviendra une espèce de Punisher sans pitié avant d'accomplir un attentat kamikaze. Une métaphore à peine travaillée de l'embrigadement des groupes terroristes en général et islamistes en particulier. Intérêt? Néant. Trois épisodes pompeux et vides qui enfoncent les portes ouvertes avec un discours pour mongolien.
On reste donc sur sa faim. Le suspens narratif des épisodes du tome précédent n'évolue pas d'un poil. Un tome complètement inutile à oublier en espérant que Brian Wood se ressaisira par la suite.


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