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jacqueslefataliste (Albi, France)
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Haden : In the moment - Live at Bollene
Haden : In the moment - Live at Bollene

5.0 étoiles sur 5 Un grand moment de musique, 25 septembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Haden : In the moment - Live at Bollene (CD)
Pour moi, ce concert enregistré à Bollène le 2 août 1989 constitue une sorte d'idéal. Un format élémentaire: piano et contrebasse. Une musicalité absolue, qui va du lyrisme le plus poignant (Mon amour retrouvé, The golden number) au blues le plus profondément enraciné (Di ba di ba bah, Mistral blues). Un vrai sens de l'aventure, de la recherche, de l'écoute et du partage. Simplicité, intériorité, joie de jouer: ce "In the moment" est un grand moment de musique, qui mériterait vraiment d'être réédité.


Last Dance
Last Dance
Prix : EUR 13,69

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Less is more, 10 juillet 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Last Dance (CD)
J'aime beaucoup Charlie Haden et je possède presque tous ses albums enregistrés en duo, formation intimiste dans laquelle il excelle et qu'il pratique beaucoup (avec Hampton Hawes, Ornette Coleman, Hank Jones, Mike Melvoin, John Taylor, Laurence Hobgood, Kenny Barron, Carlos Paredes, Antonio Forcione, Egberto Gismonti, Pat Metheny, etc.).

J'aime bien aussi Keith Jarrett, à qui je dois quelques grands moments, que ce soit en concert (en trio avec Gary Peacock et Jack DeJohnette, à Strasbourg notamment) ou sur disque (cf. le My Funny Valentine de Still Live). Mais je ne suis pas toujours convaincu par son jeu, qui cède parfois au maniérisme ou à la facilité (cf. Sun Prayer ou U Dance sur Tribute).

Le duo ("Ellen David") gravé par Haden et Jarrett en 1976 sur Closeness Duets était une vraie splendeur.

Mais Jasmine, issu d'une session de 2007, m'avait déçu: terne, trop terne.

Les morceaux contenus sur ce nouvel album sont issus de la même session que Jasmine et obéissent au même art de la litote: "less is more", aller au plus profond par la plus grande retenue et la plus grande économie de moyens.

Pourtant le résultat me semble supérieur: retenu, oui, mais pas terne; minimaliste, mais pas vide. Ecoutez par exemple le dernier morceau, "Goodbye": je trouve cela magnifique; décanté, simple et sans effet, mais splendide. Comparez ensuite cette version de "Goodbye" avec celle retenue sur Jasmine et vous verrez, je pense, la différence.

Un album absolument majeur? Peut-être pas. Mais un très bel album, que je réécoute avec beaucoup de plaisir (alors que j'avais assez rapidement laissé Jasmine de côté).


Abbado - Mahler
Abbado - Mahler
Prix : EUR 36,74

6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Inégal? Oui. Mais une très belle vision et quelques sommets, 4 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Abbado - Mahler (CD)
J'ai acquis un à un chacun des enregistrements contenus dans ce coffret. Abbado est un chef que j'ai toujours aimé et admiré, mais je mentirais en prétendant que j'accorde la même importance à chacun des disques rassemblés ici: certains m'ont plus marqué que d'autres; certaines symphonies me semblent mieux réussies que d'autres (NB: il s'agit à chaque fois d'enregistrements publics, toujours avec les Berliner Philharmoniker, sauf pour la symphonie n°2, enregistrée avec le Lucerne Festival Orchestra). Voici donc le détail de mes impressions, disque par disque:

La symphonie n° 1, gravée à Berlin en décembre 1989, très peu de temps après l'élection d'Abbado à la tête des Berliner Philharmoniker, respire l'énergie et une certaine joie de jouer. Je réécoute pourtant plus souvent celle, si évidente, de Bruno Walter ou bien celle gravée par Boulez à Chicago en 1998, qui me semble particulièrement maîtrisée et éclatante.

La symphonie n° 2, gravée à Lucerne en août 2003, est un exemple de ce qu'on peut faire de mieux dans Mahler lorsque tout s'accorde (le chef, les musiciens, l'occasion). Certes les deux solistes ne sont pas exceptionnelles (en particulier la soprano Eteri Gvazava), mais l'ensemble est vraiment magnifique. Seule réserve, l'album original contenait aussi une très belle Mer de Debussy qui n'a pas été retenue ici.

La symphonie n° 3, enregistrée à Londres en octobre 1999, est pleine d'une nature bruissante et frissonnante, mais, ici encore, je retourne plus souvent et plus volontiers à l'éblouissante version gravée par Boulez avec les Wiener Philharmoniker et Anne Sofie von Otter.

La symphonie n° 4, enregistrée à Berlin en mai 2005 a été décriée par la critique. Je l'aime pourtant beaucoup en raison de sa poésie et de la présence irradiante de Renée Fleming. Cette chanteuse, dont la voix est si charnelle et non enfantine ou angélique comme le voudrait le texte du 4e mouvement, est évidemment un peu inattendue dans cette oeuvre. Mais elle est tellement splendide! Seule déception, ici encore: les 7 frühe Lieder de Berg, contenus dans l'album d'origine, n'ont pas été retenus. (NB: au sujet de la 4e symphonie, je me permets d'indiquer ici un enregistrement particulièrement cher à mon cœur: le concert d'adieu de Bruno Walter au Philhamonique de Vienne, qui date de mai 1960. La soliste est Elisabeth Schwarzkopf, qui chante aussi 3 lieder. Un moment particulièrement magique.)

La symphonie n° 5, captée à Berlin en mai 1993, a été, elle, saluée par la critique. Mais Chailly n'a-t-il pas fait encore plus fabuleux avec un Concertgebouw Orchestra vertigineux?

Dans la symphonie n° 6 (Berlin, juin 2004), j'aime l'inversion du Scherzo et de l'Andante (Andante en 2e mvt; Scherzo en 3e) et l'interprétation est très belle. Mais la prise de son est malheureusement très terne.

La symphonie n° 7 (Berlin, mai 2001) me semble un peu brouillonne: c'est, selon moi, la symphonie la moins réussie par Abbado. De cette symphonie si étrange, c'est l'interprétation de Klemperer, pourtant totalement hors norme par sa folle lenteur, qui demeure pour moi la pierre de touche (même si elle est bien trop particulière pour constituer une "référence" classique).

La symphonie n° 8 (Berlin, février 1994) est magnifique: c'est la mieux chantée que je connaisse (la distribution est splendide) et le raffinement de la direction est inégalé. Toute la scène de Faust (et en particulier toute la fin) est vraiment extraordinaire.

Enfin la symphonie n° 9 (Berlin, septembre 1999) trône elle aussi sur les sommets: de toutes les versions que je connais de cette oeuvre, c'est vraiment l'une des plus fortes, poignantes et torrentielles.

Cette intégrale des symphonies de Mahler est donc un peu inégale, comme toutes les autres. Mais elle contient quelques vrais sommets et propose une vision d'ensemble d'une grande richesse et d'une grande finesse. Elle a aussi le mérite de n'être constituée que d'enregistrements pris sur le vif (comme celle de Bernstein chez DG).

PS: des symphonies de Mahler, je possède les intégrales suivantes: Haitink, Bernstein chez DG, Inbal et Boulez. Or aucune ne me semble l'emporter décisivement sur les autres: chacune a ses forces incontestables et ses faiblesses. Celle d'Abbado n'échappe pas à la règle.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (7) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 11, 2014 12:33 PM MEST


Bach / Easter Oratorio
Bach / Easter Oratorio
Prix : EUR 23,00

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une version qu'il faut vraiment prendre le temps d'écouter, 13 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach / Easter Oratorio (CD)
Comme beaucoup de mélomanes, j'imagine, je suis particulièrement attaché à l'Actus Tragicus de Bach: j'aime infiniment cette méditation sur la mort, j'aime cette promesse d'un dépassement de la mort non par son abolition (toute la cantate nous rappelle au contraire que nous allons bien mourir et qu'il faut mettre nos affaires en ordre), mais par la loi de l'amour (qui, comme le dit la fin du Cantique des cantiques est "fort comme la mort"), j'aime cette promesse d'un paradis qui n'est pas futur mais présent dès aujourd'hui ("Heute, heute wirst du mit mir") dans l'acceptation d'une vie finie mais élargie par le souffle de l'Esprit.

De cette cantate essentielle, je possède par conséquent plusieurs versions: Rilling, Leonhardt, Gardiner 1989, Koopman, Junghänel et Ricercar Consort.

Dans un premier temps, ce nouvel enregistrement réalisé par Gardiner en juin 2013 m'a, comme Jean-Marie Lambert (dont je salue le commentaire), paru trop terne: climat retenu et voix belles mais non exceptionnelles ou déchirantes.

Mais j'ai ensuite réécouté chacune des versions, lu l'excellente analyse de Gardiner présente dans le livret et réécouté encore et encore cette nouvelle captation. Résultat? Cette version me semble finalement l'une des plus justes et abouties qui soient. Oui, le climat est retenu, intériorisé, mais il s'agit d'une méditation sur la mort, à la fois infiniment douloureuse et apaisée; or, douleur et paix ont rarement été aussi bien mêlées et restituées. Certes les chanteurs ne sont pas aussi charismatiques que ceux de Koopman (Schlick, Wessel, De Mey, Mertens) ou du Ricercar Consort (ah! l'alto sublime de Carlos Mena), mais tout est absolument juste dans leurs interventions. Quant au choeur, il est proprement éblouissant: a-t-on jamais chanté le dernier chorale avec une telle maîtrise rythmique dans la précipitation finale (la répétition du "Amen")?

En formation réduite (un chanteur seulement par partie), ma préférence va au magnifique enregistrement du Ricercar Consort, dont le recueillement me semble bien plus profond que celui du Cantus Cölln de Junghänel (pourtant toujours cité comme la référence incontournable). A cause des voix d'enfants et du remarquable climat, je garde une tendresse profonde pour l'enregistrement de Leonhardt. Mais ce nouvel enregistrement occupe désormais une place décisive dans ma hiérarchie personnelle et je le remercie du fond du coeur d'avoir approfondi mon écoute et ma compréhension de cette oeuvre si marquante (NB: la prise de son est aussi excellente).

Un dernier mot: l'Oratorio de Pâques, qui constitue l'autre moitié du CD, est lui aussi de très haute volée, mais je reconnais ne pas avoir mené ici une écoute comparative approfondie avec les deux versions qui constituaient jusqu'à présent mes références personnelles: Herreweghe et Koopman.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 19, 2014 7:45 AM MEST


Trinity Cantatas II
Trinity Cantatas II
Prix : EUR 21,66

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Kožená illumine Bach, 25 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trinity Cantatas II (CD)
Enregistré en septembre 2000 dans la cathédrale de Saint David's dans le Pembrokeshire, ce disque consacré aux cantates destinées au 11e dimanche après la Trinité fait partie du "Bach Cantata Pilgrimage" réalisé sous la direction de John Eliot Gardiner. Ainsi, même s'il a été publié à l'origine par Deutsche Grammophon, il constitue désormais le CD 37 du coffret intégral publié par Soli Deo Gloria.

Ce qui le met à part et en fait toute la valeur, c'est la voix splendide et la présence vraiment magnétique de Magdalena Kožená dans les airs "Liebster Gott, erbarme dich" (BWV 179) et "Tief gebückt und voller Reue" (BWV 199).

Les trois autres chanteurs (William Towers, Mark Padmore et Stephan Loges) sont eux aussi excellents dans leurs interventions, mais les airs qui reviennent à la soprano sont clairement les plus beaux et les plus riches. Et puis Kožená est vraiment rayonnante.

Un disque peu connu, qui mérite vraiment d'être découvert.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 16, 2014 7:13 PM MEST


Réminiscences
Réminiscences
Prix : EUR 18,91

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Émouvant mais disparate, 21 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Réminiscences (CD)
Aimant beaucoup l'alto et admirant l'art de Yuri Bashmet, j'ai acheté ce récital il y a plusieurs années maintenant (l'enregistrement date de septembre 2007).

En le réécoutant aujourd'hui, je reste touché par la sonorité fabuleuse de Bashmet et par le charme, parfois profond, de la plupart des pièces retenues. Mais l'inconsistance de ce programme hétéroclite (qui va de Marais à Prokofiev, qui ne contient que des transcriptions et dont plusieurs pièces sont destinées à n'être jouées qu'en bis) me semble toujours constituer la limite de ce disque.

Beau, émouvant, mais un peu disparate et pas toujours complètement essentiel.


Liszt / Chopin: Balladen und Walzer
Liszt / Chopin: Balladen und Walzer
Prix : EUR 16,04

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Passionnante confrontation Chopin/Liszt, 9 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Liszt / Chopin: Balladen und Walzer (CD)
Pour son 2e album, Dora Deliyska choisissait de « confronter » deux valses (n° 10 et 14) et deux ballades (n° 1 et 4) de Chopin aux deux ballades de Liszt et à deux de ses valses (Valse Impromptu et Valse du Faust de Gounod).

Un tel programme, assez original me semble-t-il (je n’avais en tout cas jamais croisé une semblable « confrontation »), suscite d’autant plus l’intérêt que la première ballade et les deux valses de Liszt qui ont été retenues sont très rarement jouées. De plus, il est assez passionnant de voir comment ces deux géants se sont appropriés ces genres (valse et ballade) de façon totalement personnelle, malgré un même élan romantique.

Chez Liszt, les contrastes sont puissants (du chant le plus tendre aux grondements les plus menaçants) et la démesure affleure parfois (en particulier dans la Ballade en si mineur, composée peu après la Sonate écrite dans la même tonalité, ainsi que dans la valse du Faust de Gounod). Chez Chopin, en revanche, l’intensité de l’épanchement et de la narration est toujours intégrée à une unité de ton et de structure. En pensant à la distinction que Kant fait entre le sublime et le beau, je serais tenté de dire, au risque de caricaturer ou de simplifier un peu, que Liszt se tient plutôt du côté des déchirements du sublime, tandis que Chopin, lui, se tient plutôt dans le souverain rayonnement du beau.

Dora Deliyska interprète ce programme sur un Bösendorfer Imperial datant de 1965 et appartenant à la collection privée de Paul Badura-Skoda. Son jeu est particulièrement beau et convaincant, même s’il n’atteint pas toujours tout à fait le suprême degré d’engagement et de puissance que les plus grands ont su mettre dans certaines de ces oeuvres (je pense en particulier aux oeuvres de Chopin).

Un très beau disque (avec une très bonne prise de son), qui confirme le talent d’une pianiste encore jeune (née en 1980) dont on peut attendre beaucoup. 5 étoiles plutôt que 4? Oui, car même si on a parfois entendu telle valse ou telle ballade de Chopin jouées avec une autorité encore supérieure, la force globale du programme et de sa réalisation finit par emporter les réserves.

Enregistrement: Mai & Juin 2010, Studio Paul Badura-Skoda, Vienne.


Weber : Sonates Pour Piano (Intégrale)
Weber : Sonates Pour Piano (Intégrale)
Prix : EUR 21,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les sonates de Weber: une grandeur un peu extérieure, 8 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Weber : Sonates Pour Piano (Intégrale) (CD)
Avant d'acheter cet album, je ne connaissais que la 2e sonate de Weber, enregistrée par Alfred Brendel dans un disque peu connu et depuis longtemps indisponible. Souhaitant donc découvrir les trois autres, je me suis tourné vers ces enregistrements réalisés par Garrick Ohlsson en 1987/88 pour Arabesque et réédités par Hyperion en 2011.

Ohlsson interprète ces oeuvres avec le talent qu'on lui connaît: grande clarté, belle fermeté dans la conduite de la ligne, parfaite maîtrise sonore de son Bösendorfer (même si les prises de son, tout en étant bonnes, n'ont rien de particulièrement exceptionnel).

Mais ces sonates, pourtant admirées par Stravinsky en raison de leur parfaite conciliation des exigences conflictuelles de Dionysos et d'Apollon, sont-elles vraiment convaincantes? Eh bien, pour moi, pas complètement! En intégrant les élans romantiques dans une sorte de souveraineté classique, Weber crée une musique qui, j'en conviens, ne manque ni de charme, ni d'une certaine grandeur. Mais à aucun moment on n'est vraiment bouleversé: les mouvements et les épisodes se succèdent en restant toujours un peu extérieurs, quel que soit par ailleurs l'intérêt qu'ils suscitent. Beaux exercices de style? Ce jugement est peut-être un peu sévère, mais c'est personnellement ce que je ressens parfois en écoutant ces sonates (et les 3 pièces enregistrées en complément).

Bref, cet album a plus contribué à étendre ma culture musicale (ce qui n'est pas négligeable, d'où mes 4 étoiles) qu'à approfondir vraiment mes émotions musicales!


Griffes : Musique pour piano
Griffes : Musique pour piano
Prix : EUR 21,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Très beau portrait d'un compositeur américain peu connu, 6 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Griffes : Musique pour piano (CD)
Sans ce disque de Garrick Ohlsson, je n'aurais sans doute pas découvert l'existence de Charles Tomlinson Griffes (1884-1920). Ce compositeur américain a fait une partie de ses études en Allemagne, mais son style semble surtout influencé par des compositeurs comme Debussy, Ravel, Scriabine ou encore Busoni.

Atmosphères proches d'un certain impressionnisme, titres souvent évocateurs et à caractère parfois pictural (par exemple, pour les Three Tone-Pictures, op. 5: The Lake at Evening, The Vale of Dreams, The Night Winds): les pièces de Griffes déploient un univers incertain et rêveur, jouant parfois avec les limites de la tonalité. Ça fonctionne vraiment et on est vite imprégné en profondeur par ces microcosmes baignés d'images et vibrants de sensations.

Plus abstraite (ou moins imagée), la Sonate composée en 1917-18 semble marquer une sorte de tournant par rapport aux compositions précédentes (les op. 5, 6 et 7, ainsi que le De Profundis et A Winter Landscape) et mêle une certaine férocité (qui fait un peu penser à Prokofiev) à la dimension plus onirique héritée de l'impressionnisme.

Quant aux Three Preludes, dernières pièces pour piano composées par Griffes en 1919, elles empruntent le chemin d'une concision à la fois énigmatique et colorée.

Garrick Ohlsson défend cette musique avec son immense talent et avec cette maîtrise du poids sonore qui rappelle celui dont il fut l’élève tardif: Claudio Arrau.

Un disque généreux (79 min.) et vraiment précieux parce qu'il nous permet de découvrir un compositeur largement méconnu, dont Aaron Copland célébrait pourtant l'importance le 19 mars 1952 en déclarant: "Charles Griffes est un nom dont il faut se souvenir... À ceux qui vinrent après lui, il montra comment être audacieux en composition, comment être profondément sensible aux tout nouveaux courants du monde musical et à l'impulsion qui a pu naître de ce contact."

Enregistrement: Monmouth, Juin 2012 (sur un piano Steinway).


Beethoven / Schubert / Liszt : Meeresstille
Beethoven / Schubert / Liszt : Meeresstille
Prix : EUR 18,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un disque souverain, 6 février 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven / Schubert / Liszt : Meeresstille (CD)
Dora Deliyska, pianiste bulgare née en 1980, semble aimer les sommets escarpés: après avoir enregistré la Sonate de Liszt pour son premier disque il y a cinq ans (cf. Franz Liszt: Klavierwerke), elle propose ici, pour son 5e album, les dernières sonates de Schubert (D.960) et de Beethoven (op. 111).

Inconscience? Il suffit d'écouter pour comprendre que non. Vraiment, je ne m'attendais pas, connaissant de nombreuses et éminentes versions de ces deux sonates, à une telle maîtrise et à une telle splendeur. Que dire, sinon que tout est juste et souverain, que rien n'est ni forcé, ni fade? A la fin de l'Arietta de l'op. 111, j'ai même entendu pour la première fois un contrechant habituellement masqué par les trilles: c'est dire le niveau d'aboutissement. Quant au travail sur le son du piano (un Bösendorfer Impérial) et à la prise de son, c'est vraiment extraordinaire: chaque registre (grave, médium, aigu) est d'une beauté à couper le souffle.

Le précédent album de Dora Deliyska, exclusivement consacré à Schubert (cf. Schubert: Klavierwerke) m'a semblé moins audacieux par son programme et un peu trop uniformément retenu, comme si la pianiste ne parvenait pas à s'engager pleinement. Mais ici, il me semble difficile de ne pas être saisi dès la première écoute.

Autre point: fidèle à son amour pour les transcriptions de Schubert par Liszt (cf. son 3ème album, Schubert/Liszt: Doppelgänger), Deliyska a placé entre les deux sonates la transcription du lied "Meeresstille". Pour justifier ce choix, elle note dans le livret que Beethoven et Schubert ont l'un et l'autre mis en musique ce poème de Goethe en 1815 (pour ce qui concerne Beethoven, il s'agit de l'op. 112 "Meeresstille und glückliche Fahrt", enregistré, par exemple, par Abbado en 1986).

Enfin, ce CD est accompagné d'un DVD qui constitue un assez sérieux supplément: après une interview qui ne me semble pas constituer l'essentiel, on peut voir Deliyska interpréter trois très belles pièces: l'op. 129 de Beethoven "The Rage over the Lost Penny" (je ne connaissais cet opus que par Brendel) et deux Paraphrases de Liszt: celle sur Rigoletto (S 434) et celle sur la "Isoldes Liebestod" (S 447).

5 étoiles? Sans aucune hésitation, tant ce disque confirme le réel talent d'une pianiste encore très peu connue.


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