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Contenu rédigé par zybine, amateu...
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Commentaires écrits par
zybine, amateur éclairé (Paris)
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Two O' Clock Courage
Two O' Clock Courage
DVD ~ Tom Cornway
Prix : EUR 9,99

6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Who done it ?, 24 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Two O' Clock Courage (DVD)
L'histoire commence comme un film noir : un inconnu se retrouve sur les lieux d'un crime et frappé d'amnésie. il ignore son identité et ne peut garantir qu'il n'est pas le coupable. Le motif du meurtre semble avoir trait au manuscrit d'une pièce de théâtre intituée "Two o'clock courage" qui aurait été volée à son auteur pour en faire le scénario d'un film à succès. Qui du producteur, du scénariste, des acteurs est à l'origine du crime ? Aidé d'une jeune et pimpante chauffeure de taxi, l'amnésique va mener l'enquête...
Si la réalisation reste assez impersonnelle (difficile de pronostiquer Anthony Mann si on ne le sait pas avant) et la distribution très inégale (même à Hollywood, il y a de mauvais acteurs), le scénario d'inspiration hitchcockienne est admirablement huilé et soutient l'intérêt. Mélange convaincant de comédie de moeurs et d'intrigue policière à la Agatha Christie, le film satisfera tous les amateurs de séries B hollywoodiennes.
Dans le rôle du héros, taillé à la mesure d'un Cary Grant, Tom Conway est brillantissime. Si vous lui trouvez des airs de George Sanders, rien de plus normal : c'est son frère. Il aura une carrière moins brillante et décédera précocément d'une cirrhose (dont il paraît superflu de préciser l'origine).

Les Forestiers
Les Forestiers
par Thomas Hardy
Edition : Poche
Prix : EUR 11,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Malheurs d'un jeune homme pauvre, 3 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Forestiers (Poche)
On retrouve ici le cadre familier des romans de Thomas Hardy. L'Angleterre rurale du Sud-Ouest chère à l'auteur s'incarne ici dans une petite communauté qui se consacre à l'exploitation de bois. Grace Melbury est promise à son ami d'enfance Giles Winterbone, qui figure ici le jeune homme pauvre mais méritant cher à l'auteur (c'est quasiment le même personnage que Gabriel Oak dans Loin de la foule dechainee ou que Jude l'obscur). Mais M. Melbury a fait faire à sa fille des études et souhaite lui donner un mari digne de ce nom. Or le village compte depuis peu un séduisant médecin, Dr Edred Fitzpiers, qui va bientôt convoler, pour le malheur de tous, avec Grace...
Poète autant que romancier, Hardy est un peu le plus moderne des victoriens et son romantisme discret, sa peinture sans fard des affres amoureux font davantage penser à DH Lawrence ou EM Forster qu'à ses plus immédiats contemporains. Après une mise en place qu'on pourra trouver un rien laborieuse ou languissante, le roman se précipite progressivement vers le drame et la conclusion du livre est d'une beauté et d'une tristesse assez miraculeuses - et digne des plus grand artistes.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 20, 2012 9:25 PM MEST


Quelle époque !
Quelle époque !
par Anthony Trollope
Edition : Poche
Prix : EUR 9,02

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 The way we live now, 3 septembre 2012
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Quelle époque ! (Poche)
Il s'agit d'un des plus massifs romans victoriens - et d'un des plus délectables. Comme toujours chez Trollope et ses collègues, le thème principal s'enrichit de multiples sous-intrigues tout-à-fait adaptées à l'origine feuilletonnesque de la chose et qui rendent l'exercice du résumé délicat. Disons que le roman tourne autour de l'ascension et de la chute d'Augustus Melmotte, un financier aux origines incertaines et qui vient de mettre la City (l'argent) et Westminster (le pouvoir) à ses pieds. Cette réussite attire l'appétit d'une multitude d'écornifleurs en manque d'argent et de titres. Ces jeunes gens se réunissent dans un club qui leur est réservé : on y trouve Sir Felix Carbury, oisif qui rêve d'épouser la fille de Melmotte (et ses millions), Paul Montague, associé au grand homme dans un fumeux projet de chemins de fer mexicains et amoureux de la soeur de Sir Felix, Miles Grendall, qui est le chef de cabinet de Melmotte, Lord Nidderdale qui n'a de qualité que son beau lignage (que convoite Melmotte pour sa fille) et M. Longestaffe, qui compte bien vendre cher à l'homme du jour sa belle propriété hypothéquée.
Dès la première scène qui voit Lady Carbury tenter de soudoyer des responsables de journaux pour avoir une critique (même défavorable) de son pathétique ouvrage historique sur les grandes dames de l'histoire, le ton est donné. Corruption et hypocrisie, foire des vanités à la Thackeray - et des constats toujours d'actualité ... Trollope propose donc un réjouissant panorama de la "morale victorienne" en application : ne pas payer ses dettes et trouver un pigeon pour maintenir son train de vie, tenir son rang et sauver les apparences, tenter de percer et de monter cette foutue échelle sociale. Les passages consacrés à Georgina Longestaffe, prête à épouser un Juif veuf, chargé de famille et obèse uniquement pour conserver une résidence à Londres pour la saison, sont peut-être les plus terribles. Cet étonnant "page-turner" se lit, jusqu'à sa très morale conclusion, avec délectation !

Ainsi va toute chair
Ainsi va toute chair
par Samuel Butler
Edition : Poche
Prix : EUR 10,36

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Anti-victorien, 2 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ainsi va toute chair (Poche)
Conscient du caractère abrasif de ce roman semi-autobiographique, Samuel Butler avait prévu qu'il fût publié à titre posthume - et, de fait, le livre sortit en 1903, soit à une époque où les corsets du victorianisme avait déjà été un desserrés. Car c'est une attaque en règle contre la famille et l'église, ou plus exactement de l'obéissance aveugle aux prêtres et pères, que propose ce roman étrange. Homme d'idées, Butler a d'abord voulu faire passer un message. C'est au fil de quatre générations que va s'éclairer celui-ci : l'arrière grand-père était un paysan-artisan madré, le grand-père un commerçant avisé, le père sera un écclésiastique étriqué qui va soumetre son fils, le dernier de la lignée, à une vie de tortures et de soumission, ayant pour le père tous les aspects de la bienveillance et de la sollicitude, pour le fils (et les lecteurs), tous les traits du sadisme et de la volonté d'écrasement. Mais, à l'aide du narrateur (un ami de la famille), notre dernier né parviendra à rompre son enfermement et à penser par lui-même.
Butler n'était pas un romancier professionnel et il ne faut donc pas s'attendre à trouver ici l'art de la composition et la subtilité des sentiments des grands victoriens de sa génération (Trollope, Eliot, Hardy). Le père a vu sa volonté brisée, a choisi à contre-coeur la carrière de ministre de l'Eglise anglicane et il va reproduire à l'encontre de son fils tous les mauvais traitements qu'il a subis - en pire. Et ceci, de l'enfance jusqu'à sa libération, avec le précieux relais des éducateurs des écoles privées. La doucereuse rigueur des parents Pontifex a peu d'équivalents dans une littérature anglaise qui ne manque pourtant pas de mauvais parents. On pardonnera du coup à Butler ses maladresses - notamment dans le regard d'entomologiste que porte le narrateur sur son élève.

La Foire aux Vanités
La Foire aux Vanités
par William Makepeace Thackeray
Edition : Poche
Prix : EUR 10,93

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Vanity fair, 30 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Foire aux Vanités (Poche)
Ce monument du roman victorien - et donc du roman classique - met en scène les destinées diverses de deux amies de pensionnat, Amelia Sedley et Rebecca Sharp, la première aussi naïve et soumise que la seconde est manipulatrice et ambitieuse.
Au début de notre histoire, pendant les guerres napoléoniennes, le sort a apparemment placé Amelia dans une situation plus favorable : un père aisé, dans le commerce, un frère aîné, couard et grotesque, en service aux Indes et bientôt un mari, en la personne de George Osborne, jeune officer aussi beau que transparent - et dont le meilleur ami, le placide et fiable William Dobbin est également amoureux d'Amelia. Rebecca, elle, n'a pas de fortune : après avoir caressé l'idée d'épouse le frère d'Amelia, elle s'introduit modestement dans la famille aristocratique des Crawley avant d'y épouser le mauvais garçon, le colonel Rawdon Rawley. Elle va s'appuyer sur lui pour tenter de gravir les marches de la gloire et de la fortune - aussi vite qu'Amelia les descendra.
Ce foisonnant roman de 1000p., publié comme c'était la règle en feuilleton, ne saurait naturellement être résumé mais telle est la trame de départ qui va offrir à Thackeray l'occasion de proposer un réjouissant jeu de massacres. Car c'est bien l'hypocrite et manipulatrice Rebecca qui va mener la danse et semer ruine, mort et malheur sur son passage quand la pâle et vertueuse Amelia devra endurer pauvreté et solitude. De quoi justifier un jugement sévère sur une société qui se pare de vertu et de morale - mais promeut le vice ? Sans doute. Mais Thackeray ne prêche nulle morale - et n'épargne personne : jeunes et vieux, pauvres et riches, hommes et femmes ne semblent mûs que par la recherche de leur intérêt personnel ou, quand ils affectent comme Amelia ou la vieille douairière Crawley un certain désintéressement, ne semblent agir que pour contempler (et faire vanter par autrui) leur propre élévation d'esprit. Il n'y a donc pas de vrai héros dans le spectacle pathétique que nous dévoile Thackeray - sinon l'auteur lui-même, présent à chaque page, Dieu en son petit royaume de marionnettes, infaillible et inflexible maître du sort de ses assez misérables petites créatures. Un chef d'oeuvre élégant et cruel, dont on ne se lasse pas.

La Roue rouge : Premier Noeud - Août 14
La Roue rouge : Premier Noeud - Août 14
par Alexandre Soljénitsyne
Edition : Relié
Prix : EUR 46,26

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un maître à l'écoute de son pays, 27 août 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Roue rouge : Premier Noeud - Août 14 (Relié)
Absence de disponibilité en poche oblige, on ne lit guère 'La roue rouge' de Soljenitsyne, qui n'est accessible que dans d'onéreux et massifs formats cartonnés. De surcroît, l'oeuvre a été repensée et partiellement réécrite par Soljenitsyne pendant son exil américain et, pour ce qui concerne ce premier volume, il faut veiller à acquérir l'édition Fayard de 1984 - et oublier celle des années 1970 qui se concentre sur les combats de Prusse orientale d'août 1914 sans proposer les admirables retours en arrière de l'édition définitive sur Stolypine et Nicolas II. Roman polyphonique qui met en scène des acteurs divers de la société russe de l'époque au moment où se tiennent les premières batailles de la première guerre mondiale, 'Août 14' comprend trois parties assez distinctes : i) un aperçu de quelques personnages (que l'on retrouvera ultérieurement dans le cycle) et de leurs espoirs et aspiration à ce moment (ce "noeud") de leur vie et de leur pays. Saisissant de brio dans la grande tradition russe classique, amorçant une foule de pistes qui feraient la carrière littéraire de nombreux romanciers, ce prologue cède la place à ... ii) un compte-rendu quasi exhaustif des combats qui se tiennent en Prusse Orientale lors des six premières semaines du conflit. L'accent est mis par Soljenitsyne sur l'impréparation de l'armée impériale et et l'incompétence de sa chaîne de commandement. On rentre dans un niveau d'analyse assez pointu qui ravira les élèves de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr comme les officiers de l'Ecole de guerre. iii) un retour en arrière sur l'échec de la dernière tentative de réforme du régime menée par Stolypine - qui représente pour l'auteur un peu le modèle de ce qu'il convenait de faire : une modernisation autoritaire, par le haut, centrée sur l'amélioration de la condition paysanne et qu'a condamnée à la fois la pusillanimité du tsar Nicolas II (admirablement dépeint par Soljenitsyne) et de sa cour et l'extrémisme d'une partie de l'intelligentsia (qu'exprimaient à la fois les radicaux de la Douma et les étudiants terroristes). On peut ne pas partager cette vision et être admiratif devant la maîtrise littéraire exceptionnelle dont fait preuve Soljenitsyne pour défendre sa thèse.

Le musée de l'Innocence
Le musée de l'Innocence
par Orhan Pamuk
Edition : Broché
Prix : EUR 24,13

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Maladie d'amour, 2 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le musée de l'Innocence (Broché)
Istanbul, quartier de Beyoglü, années 1970. Lorsque sa fiancée et bientôt épouse Sibel remarque un sac à main à son goût dans une boutique, Kemal, riche fils de commerçants, en prend bonne note mais, au moment de l'achat, il tombe amoureux de la vendeuse, Füsun, qui se trouve être sa cousine éloignée. Commence une double vie pour Kemal entre la fascinante et excessive Füsun et la sage et épatante Sibel. Kemal sera finalement abandonné par Sibel, mais sans pouvoir reconquérir Füsun.
Etrange, étrange roman que ce 'Musée de l'innocence', ample étude de la passion amoureuse qui frappe surtout par son aspect funèbre et mémoriel. Les jours heureux de la passion de Kemal n'auront guère excédé quelques mois, mais toute sa vie durant, il va courir après le temps perdu de son idylle magnifique : d'abord, en s'incrustant dans le quotidien de Füsun, mariée après leur rupture à un aspirant cinéaste, puis en créant un musée en forme d'hommage à la femme chérie autant qu'à sa passion, enfin en confiant à l'auteur Orhan Pamuk le soin de coucher leur histoire sur le papier. Difficile de ne pas songer à Nerval, Flaubert ou Proust, qui sont abondamment cités par Pamuk dans cette odyssée intime de la passion amoureuse. Comme ses modèles, Pamuk ignore ou presque le monde extérieur et n'évoque qu'à peine les toubles internes à la Turquie de l'époque (bagarres de rue entre extrêmistes de droite et de gauche, coup d'Etat militaire). En revanche, il nous livre de nombreux développements (assez répétitifs, j'ai trouvé) sur la virginité des jeunes filles et les différences de comportements entre Européens et Orientaux en ce domaine - différences qui demeurent fortes même dans le milieu privilégié, non pratiquant et occidentalisé qui est celui de ses héros.
L'aspect qui m'a le plus touché - et que souligne brutalement la conclusion où Pamuk, l'auteur-acteur des événements, reprend la main au détriment de son commanditaire Kemal - tient au narcissisme et à la myopie du héros - et de l'Amoureux en général. Kemal est en fait un type qui n'est ni digne ni aimable. Il ne comprend ni ne veut entendre les aspirations de ses deux amantes ou les conseils de ses amis et familiers; il va accepter le rôle de bouffon dont se moquent les voisins et les relations d'affaires en poursuivant Füsun jusque chez elle et dans son intimité conjugale; il va construire un musée sur l'illusion qu'il pourrait intéresser d'autres personnes que lui. L'art brillant de Pamuk est de nous rendre attachant ce pauvre type - à la fois détruit et transfiguré par son Grand Amour.

Chronique de la ville de pierre
Chronique de la ville de pierre
par Ismaïl Kadaré
Edition : Poche
Prix : EUR 7,12

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Mon petit village albanais, entre Grèce et Italie, 30 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chronique de la ville de pierre (Poche)
Ce roman de presque jeunesse d'Ismaïl Kadaré (1970) commence comme une de ces fables dont il s'est ultérieurement fait la spécialité (ou rappellera un peu aux amateurs de science-fiction le Le monde inverti de christopher Priest) : soit un petit village albanais à flanc de montagne et soumis à une pente tellement raide que les toits des maisons siuées en bas touchent les conduits d'évacuation et terrasses des maisons siuées en bas. Las, l'idée n'est pas exploitée puique Kadaré abandonne cette intrigante construction pour nous délivrer une chronique (le titre a rarement été aussi justifié) de ce village à l'heure de la Seconde guerre mondiale. Tantôt occupé par les Italiens, tantôt par les Grecs, bientôt libéré par des partisans autochtones, le petit village connaît des jours en fin de compte relativement tranquilles et le roman offre à Kadaré l'occasion de nous livrer quelques petits contes, lâchement reliés les uns aux autres, et mettant en scène les histoires de famille et gros sous de ses concitoyens, dans une veine à mi-chemin des souvenirs d'enfance et de l'anthropologie. Une lecture agréable.

Marie Stuart
Marie Stuart
DVD ~ Katharine Hepburn
Prix : EUR 9,99

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Mary Stuart et Elisabeth I : je t'aime moi, non plus, 26 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Marie Stuart (DVD)
L'histoire de la rivalité des reines d'Ecosse et d'Angleterre, qui devait se terminer par l'exécution de la première sur l'ordre de la seconde, a naturellement vivement stimulé l'imagination des poètes, dramaturges et scénaristes (Schiller, Walter scott, Stefan Zweig). Ces deux personnages (comme l'époque qui les a vues vivre, d'ailleurs) possédant de multiples facettes, les uns et les autres ont choisi des angles d'attaque différents ou les ont modulé selon leur sensibilité. Dans cette version d'avant-guerre signée de John Ford, l'accent a été placé sur deux aspects : i) la lutte de Mary Stuart pour s'imposer face aux chefs de clans écossais, ii) l'opposition entre la femme politique (Elisabeth) prête à tout sacrifier pour son trône et la femme passionnée, mue avant tout par l'amour. Choix du romanesque apparemment, mais erreur au final : tout au long du film, Stuart apparaît comme une petite chose fragile, contrainte à exercer un rôle trop grand pour elle et ne pouvant le faire en définitive que par l'intermédiaire du bouillant Bothwell (excellent Frederic March). En réalité, Mary Stuart avait la peau dure : elle avait su survivre à la cour des Valois et même y régner comme épouse de François II, se tenait à son choix de conserver la foi catholique et était même une experte de l'art du Chiffre... Cette fragilité féminine sied au goût de John Ford comme au tempérament de Katerine Hepburn mais conduit assez vite à faire de Mary Stuart une victime d'une hostilité universelle (du ténor protestant écossais John Knox, des chefs de clans écossais, de la reine d'Angleterre) en oubliant qu'elle portait aussi ses combats et ses choix, dans ce temps de lutte et d'intolérance que furent les guerres de religion.
Cela n'empêche cependant de prendre un grand plaisir à cette magnifique reconstitution qui bénéficie notamment d'une photographie magnifique, de quelques choix de direction artistique audacieux (l'incroyable siège des magistrats qui la jugent) et d'une distribution masculine remarquable (John Carradine fait un Rizzio qui évoque Iago, Douglas Walton est assez remarquable dans le rôle du débauché premier époux de Mary, Darnley). Le trépas final de Mary est également émouvant - même si Hollywood n'a pas eu le courage de montrer qu'il fallut au bourreau, ivre, trois coups pour trancher la tête de la reine d'Ecosse.

Voyage autour de mon crâne
Voyage autour de mon crâne
par Frigyes Karinthy
Edition : Poche

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Saisissant journal médical, 24 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Voyage autour de mon crâne (Poche)
Ecrivain et humoriste reconnu, Karinthy apprend qu'il est atteint d'une tumeur au cerveau. Il décide de faire oeuvre d'écrivain et nous livre ici le journal de bord de sa maladie : des premiers symptomes au diagnostic, de la recherche d'un traitement à la dispensation de celui-ci, qui prendra la forme d'une opération du cerveau accomplie par un ponte scandinave, avec ouverture de la boîte crânienne sous anesthésie locale (l'auteur entend le bruit de la scie qui met à jour ses méninges...). Ce qui vaut au livre de conserver sa renommée, c'est l'étonnant détachement de notre malade et l'humour totalement décalé avec lequel il appréhende son infortune - et les réactions de ses proches à celle-ci. On rit beaucoup. L'ironie de l'histoire est qu'il devait, après avoir été soigné, succomber deux ans plus tard à une attaque cardiaque.

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