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Aurelius

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Bach: 75 Cantatas
Bach: 75 Cantatas
Prix : EUR 128,33

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La réédition attendue d'une interprétation mythique, 24 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach: 75 Cantatas (CD)
Les cantates de Bach constituent dans le domaine de l’art un monde à part entière et certainement un des chefs-d’œuvres les plus sublimes de la culture occidentale, parvenant à transcender leur conception religieuse, linguistique et instrumentale pour atteindre la beauté universelle. Aussi ne peut-on qu’être ravi de voir aujourd’hui un nombre croissant d’interprétations différentes, parmi lesquelles des intégrales (Rilling, Leonhardt-Harnoncourt, Leusink, Koopman, Gardiner, Suzuki, et d’autres en cours de réalisation). Le présent coffret rassemble les enregistrements de Karl Richter avec son Münchener Bach-Orchester de 75 cantates sacrées, la mort prématurée du chef légendaire ayant empêché l’achèvement du cycle. 75 cantates sur plus de 200 … mais qui resteront à jamais gravées dans de nombreux cœurs tant leur interprétation demeure inégalée dans l’expressivité musicale. Richter était profondément religieux, et son éducation au chœur de garçons de l'église Sainte-Croix à Dresde puis sa fonction d’organiste à l’église Saint-Thomas de Leipzig dans les traces même du Cantor lui ont apporté cette connaissance profonde des œuvres de Bach. Si ses enregistrements datent du milieu du XXème siècle et font appel à de grandes formations orchestrales et des solistes célèbres, il a su cependant se démarquer de l’influence romantique de l’époque par sa maitrise du tempo et une gestion parfaite des chœurs, tout en conservant une expressivité intacte.

Pour illustrer les différences entre cette version et deux « baroqueuses » à la mode, je vous livre un petit comparatif (qui n'engage que ma sensibilité personnelle !) sur quelques mouvements de la BWV 121 :

- Version Suzuki : la prise de son est impeccable, c’est la meilleure de toutes les versions que j’ai pu entendre avec les enregistrements de Kuijken. Le chœur d’ouverture donne une impression de grande clarté mais toutefois sans entrain, presque mécanique à la longue avec des vocalises beaucoup trop articulées alors qu’elles devraient plus jouer à mon gout un rôle d’accompagnement. Il s’agit néanmoins de la version la plus équilibrée au niveau du mix choeur / orchestre. Après avoir utilisé un tempo lent pour le chœur initial, Suzuki l’accélère dans l’aria qui suit de façon assez déconcertante (chœur/aria 2 :50/4 :17 contre 2 :37/4 :36 pour Gardiner et 2 :30/5 :02 pour Richter). Les solistes des arias et récitatifs sont ici remarquables, bien que rivalisant difficilement avec les légendes de la version Richter, à l’exception peut-être de l’excellente soprano Nonoshita. L’impression générale est celle d’une recherche constante de l’articulation, peut-être au détriment de l’expressivité.

- Version Gardiner : le son est plus lissé ici, un cran en dessous de la version Suzuki. Le chœur d’ouverture fait preuve de retenue tout en montrant plus d’enthousiasme et de légèreté que la version précédente. L’orchestre est traité en mode accompagnateur, ce qui est un peu dommage. Le point faible de cette version réside dans les solistes, qui ne possèdent ni l’articulation de la version Suzuki (on n’entend malheureusement pas certaines notes de « Opfer dar » du dernier récitatif), ni l’expressivité et le timbre fantastique de ceux de Richter. Les tempi restent par contre cohérents et une impression d’équilibre général en ressort.

- Version Richter : son ADD, remasterisation exceptionnelle pour un vintage années 70 ! Le chœur d’ouverture fait figure par sa puissance d’un tsunami reléguant au rang de vaguelettes les versions précédentes (moyens pré-HIP oblige !). L’orchestre est ici traité à part entière et la phrase musicale introduite à la 22ième seconde apparait dans toute sa splendeur à l’inverse des versions précédentes. Dans l’aria suivante, le haubois d’amour montre une rondeur inégalée, avec un vibrato expressif absent des versions précédentes. Richter a également su s’entourer de solistes qu’on ne présente plus : Mathis, Schreier, Fischer-Dieskau… Ils brillent non seulement par leur timbre exceptionnel, mais aussi par une parfaite connaissance du texte qu’ils accordent avec leur interprétation à l’image ici de la contralto Reynolds qui étire la diction du mot « unermesslichs » (non mesurable, infini) alors qu’il est mal articulé dans la version de Gardiner et prononcé trop rapidement dans celle de Suzuki. Pour ce qui est du continuo, Richter choisit le recitativo accompagnato au lieu du secco. Des recherches récentes ont d’ailleurs montrées qu’il s’agissait probablement de la façon dont Bach opérait, tout en laissant la liberté à l’exécutant d’adapter son interprétation afin de mieux entendre le chanteur (Heinichen 1711). Douce ironie de l’histoire où la version Richter apparaitrait à cet égard plus baroqueuse que les Suzuki/Gardiner ! Dernier détail pour les puristes, le son paraitra sans doute plus juste ici pour ceux d’entre vous habitués au diapason absolu de 440 Hz que les Suzuki/Gardiner accordées un demi-ton plus bas.

Cette interprétation charnière réunit probablement le meilleur des deux mondes entre l’ère romantique aux sentiments extériorisés avec effets de legato parfois employés ad nauseum et l’uniformité voire l’absence de relief souvent imputables aux interprétations « historiquement informées ». Si vous souhaitez une version expressive et maitrisée des cantates de Bach, ne cherchez plus. Vous la trouverez ici, mise en valeur par une dynamique de plans sonores, des voix mythiques, et toute la compréhension profonde de la liturgie luthérienne d’un Karl Richter qui avec son Münchener Bach-Orchester signe là un des plus beaux testament musical légué à l’humanité.


Bach : 75 Cantates / Kantaten / Cantatas
Bach : 75 Cantates / Kantaten / Cantatas

5.0 étoiles sur 5 L’interprétation mythique, maintenant rééditée !, 24 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : 75 Cantates / Kantaten / Cantatas (CD)
Les cantates de Bach constituent dans le domaine de l’art un monde à part entière et certainement un des chefs-d’œuvres les plus sublimes de la culture occidentale, parvenant à transcender leur conception religieuse, linguistique et instrumentale pour atteindre la beauté universelle. Aussi ne peut-on qu’être ravi de voir aujourd’hui un nombre croissant d’interprétations différentes, parmi lesquelles des intégrales (Rilling, Leonhardt-Harnoncourt, Leusink, Koopman, Gardiner, Suzuki, et d’autres en cours de réalisation). Le présent coffret rassemble les enregistrements de Karl Richter avec son Münchener Bach-Orchester de 75 cantates sacrées, la mort prématurée du chef légendaire ayant empêché l’achèvement du cycle. 75 cantates sur plus de 200 … mais qui resteront à jamais gravées dans de nombreux cœurs tant leur interprétation demeure inégalée dans l’expressivité musicale. Richter était profondément religieux, et son éducation au chœur de garçons de l'église Sainte-Croix à Dresde puis sa fonction d’organiste à l’église Saint-Thomas de Leipzig dans les traces même du Cantor lui ont apporté cette connaissance profonde des œuvres de Bach. Si ses enregistrements datent du milieu du XXème siècle et font appel à de grandes formations orchestrales et des solistes célèbres, il a su cependant se démarquer de l’influence romantique de l’époque par sa maitrise du tempo et une gestion parfaite des chœurs, tout en conservant une expressivité intacte. Le coffret, à l’effigie du compositeur (et non du chef d’orchestre, à l’inverse de certaines versions qui semblent avoir perdu depuis longtemps le sens de la devise Soli Deo Gloria…) se compose de 4 sous-coffrets classés et illustrés par évènements représentatifs de l’année liturgique. Inutile de dépenser plusieurs centaines d’euros pour l’acquérir d’occasion, une réédition par DV Archiv est sortie en fin 2013 (coffret d’apparence différente dont j’ignore par contre la qualité de reproduction).

Pour illustrer les différences entre cette version et deux « baroqueuses » à la mode, je vous livre un petit comparatif perso sur quelques mouvements de la BWV 121 :

- Version Suzuki : la prise de son est impeccable, c’est la meilleure de toutes les versions que j’ai pu entendre avec les enregistrements de Kuijken. Le chœur d’ouverture donne une impression de grande clarté mais toutefois sans entrain, presque mécanique à la longue avec des vocalises beaucoup trop articulées alors qu’elles devraient plus jouer à mon gout un rôle d’accompagnement. Il s’agit néanmoins de la version la plus équilibrée au niveau du mix choeur / orchestre. Après avoir utilisé un tempo lent pour le chœur initial, Suzuki l’accélère dans l’aria qui suit de façon assez déconcertante (chœur/aria 2 :50/4 :17 contre 2 :37/4 :36 pour Gardiner et 2 :30/5 :02 pour Richter). Les solistes des arias et récitatifs sont ici remarquables, bien que rivalisant difficilement avec les légendes de la version Richter, à l’exception peut-être de l’excellente soprano Nonoshita. L’impression générale est celle d’une recherche constante de l’articulation, peut-être au détriment de l’expressivité.

- Version Gardiner : le son est plus lissé ici, un cran en dessous de la version Suzuki. Le chœur d’ouverture fait preuve de retenue tout en montrant plus d’enthousiasme et de légèreté que la version précédente. L’orchestre est traité en mode accompagnateur, ce qui est un peu dommage. Le point faible de cette version réside dans les solistes, qui ne possèdent ni l’articulation de la version Suzuki (on n’entend malheureusement pas certaines notes de « Opfer dar » du dernier récitatif), ni l’expressivité et le timbre fantastique de ceux de Richter. Les tempi restent par contre cohérents et une impression d’équilibre général en ressort.

- Version Richter : son ADD, remasterisation exceptionnelle pour un vintage années 70 ! Le chœur d’ouverture fait figure par sa puissance d’un tsunami reléguant au rang de vaguelettes les versions précédentes (moyens pré-HIP oblige !). L’orchestre est ici traité à part entière et la phrase musicale introduite à la 22ième seconde apparait dans toute sa splendeur à l’inverse des versions précédentes. Dans l’aria suivante, le haubois d’amour montre une rondeur inégalée, avec un vibrato expressif absent des versions précédentes. Richter a également su s’entourer de solistes qu’on ne présente plus : Mathis, Schreier, Fischer-Dieskau… Ils brillent non seulement par leur timbre exceptionnel, mais aussi par une parfaite connaissance du texte qu’ils accordent avec leur interprétation à l’image ici de la contralto Reynolds qui étire la diction du mot « unermesslichs » (non mesurable, infini) alors qu’il est mal articulé dans la version de Gardiner et prononcé trop rapidement dans celle de Suzuki. Pour ce qui est du continuo, Richter choisit le recitativo accompagnato au lieu du secco. Des recherches récentes ont d’ailleurs montrées qu’il s’agissait probablement de la façon dont Bach opérait, tout en laissant la liberté à l’exécutant d’adapter son interprétation afin de mieux entendre le chanteur (Heinichen 1711). Douce ironie de l’histoire où la version Richter apparaitrait à cet égard plus baroqueuse que les Suzuki/Gardiner ! Dernier détail pour les puristes, le son paraitra sans doute plus juste ici pour ceux d’entre vous habitués au diapason absolu de 440 Hz que les Suzuki/Gardiner accordées un demi-ton plus bas.

Cette interprétation charnière réunit probablement le meilleur des deux mondes entre l’ère romantique aux sentiments extériorisés avec effets de legato parfois employés ad nauseum et l’uniformité voire l’absence de relief souvent imputables aux interprétations « historiquement informées ». Si vous souhaitez une version expressive et maitrisée des cantates de Bach, ne cherchez plus. Vous la trouverez ici, mise en valeur par une dynamique de plans sonores, des voix mythiques, et toute la compréhension profonde de la liturgie luthérienne d’un Karl Richter qui avec son Münchener Bach-Orchester signe là un des plus beaux testament musical légué à l’humanité.


La Guerre et la Paix tome 2
La Guerre et la Paix tome 2
par Léon Tolstoï
Edition : Poche
Prix : EUR 8,10

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 S’il n’en restait qu’un…, 17 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Guerre et la Paix tome 2 (Poche)
Tout a déjà été dit ou presque sur ce roman grandiose.
Du temps ? Il en faut bien-sûr, pour absorber les 1800 pages en format de poche tout en dessinant au brouillon un petit organigramme afin de ne pas être trop perdu dans la multitude des personnages. De la volonté ? Certes, pour refuser de visionner les innombrables films sur le sujet avant d’avoir ingurgité soi-même le roman, et ainsi se forger sa propre image des caractères. De toute manière, même le sommet cinématographique de Bondartchouk (évitez les autres, surtout ceux qui veulent vous faire gober le casting d’une Natacha blonde ou d’un Pierre svelte sans aucun respect pour les personnages du roman !) ne saurait rendre justice à un tel chef-d’œuvre.

Donc lisez-le, LISEZ LE !! Pas pour l’immense fresque historique avec son lot d’officiers aux costumes étincelants et ses jeunes femmes aux regards, coiffes et décolletés tout aussi éblouissants, ni pour la virtuosité de description de toute la palette sentimentale humaine avec ses caractères si attachants, ni pour l’analyse subtile de la vacuité du pouvoir, ni encore pour le fait que Tolstoï s’exprime à l’évidence mieux en français que la plupart de nos romanciers contemporains (pour les passages en russe la traduction de Guertik présentée dans cette édition poche est insurpassable), mais peut-être simplement pour l’expression de la noblesse de l’humanité qui ne se révèle que dans la bonté…


La Guerre et la Paix tome 1 de Tolstoï. Léon (2010) Poche
La Guerre et la Paix tome 1 de Tolstoï. Léon (2010) Poche
par Tolstoï. Léon
Edition : Poche

5.0 étoiles sur 5 S’il n’en restait qu’un…, 17 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Guerre et la Paix tome 1 de Tolstoï. Léon (2010) Poche (Poche)
Tout a déjà été dit ou presque sur ce roman grandiose.
Du temps ? Il en faut bien-sûr, pour absorber les 1800 pages en format de poche tout en dessinant au brouillon un petit organigramme afin de ne pas être trop perdu dans la multitude des personnages. De la volonté ? Certes, pour refuser de visionner les innombrables films sur le sujet avant d’avoir ingurgité soi-même le roman, et ainsi se forger sa propre image des caractères. De toute manière, même le sommet cinématographique de Bondartchouk (évitez les autres, surtout ceux qui veulent vous faire gober le casting d’une Natacha blonde ou d’un Pierre svelte sans aucun respect pour les personnages du roman !) ne saurait rendre justice à un tel chef-d’œuvre.

Donc lisez-le, LISEZ LE !! Pas pour l’immense fresque historique avec son lot d’officiers aux costumes étincelants et ses jeunes femmes aux regards, coiffes et décolletés tout aussi éblouissants, ni pour la virtuosité de description de toute la palette sentimentale humaine avec ses caractères si attachants, ni pour l’analyse subtile de la vacuité du pouvoir, ni encore pour le fait que Tolstoï s’exprime à l’évidence mieux en français que la plupart de nos romanciers contemporains (pour les passages en russe la traduction de Guertik présentée dans cette édition poche est insurpassable), mais peut-être simplement pour l’expression de la noblesse de l’humanité qui ne se révèle que dans la bonté…


Le Beau Danube jaune
Le Beau Danube jaune
par Jules Verne
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 le premier policier vernien!, 16 juillet 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Beau Danube jaune (Poche)
Le Pilote du Danube est la parution originale remaniée par Michel Verne du premier jet inédit « Le Beau Danube Jaune » rédigé par son père Jules quelques 28 ans plus tôt. Lorsque Michel le publie chez Hetzel en 1908, il a effectué de nombreuses retouches au roman, y compris le titre jugé vieillot à l'époque et trop proche du « Beau Danube Blond » de Lavergnolle paru en 1904. L'œuvre devra d'ailleurs connaître un ultime remaniement où le nom d'un protagoniste peu aimable, Jackel Semo, sera changé en Yacoub Ogul du fait de la plainte du réel Jackel Semo habitant de Roustchouk !

Ce roman co-rédigé père et fils constitue le premier « policier » vernien à proprement parler. Sur fond de crises nationales identitaires dans les Balkans, de meurtres inexpliqués et de contrebande indécelable, un pilote de chaland voyageant sous fausse identité va côtoyer un détective qui cache également bien son jeu. Le tout au fil du superbe fleuve, véritable trait d'union entre les peuples d'Europe Centrale et d'Europe de l'Est. D'inspiration typiquement vernienne, les personnages revêtent des traits de caractère manichéens, et les considérations détaillées sur la géopolitique du Danube en cette période historiquement troublée sont malheureusement sacrifiées au profit de la seule aventure. Que le lecteur ne s'étonne donc pas des descriptions peu amènes voire inexistantes de capitales traversées ou de sites géographiques marquants! L'intérêt de l'histoire réside en fait plus dans l'abondance des quiproquos d'influence théâtrale que dans son dénouement, bien prévisible par ailleurs. Quant au style policier du récit, Jules Verne innove une fois de plus. On quitte ici le territoire du « roman à problème » de Conan Doyle ou d'Edgard Poe, car l'instinct du détective prime sur ses facultés de déduction qui peuvent s'avérer bien trompeuses. Mais sans entrer encore dans le « roman noir » imprégné de réalisme social, les Vernes nous ont gratifié d'une œuvre « transition », où le roman d'aventure s'approprie le policier.


La Débâcle
La Débâcle
par Emile Zola
Edition : Poche
Prix : EUR 7,40

20 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 le Rougon-Macquart de la "guerre", 2 juin 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Débâcle (Poche)
Guerre franco-prussienne de 1870, effondrement du Second Empire à Sedan et instauration de la IIIième République sur les cendres rougeoyantes de la Commune constituent la trame de l'avant-dernier roman des Rougon-Macquart.

Au cours de cette grande fresque socio-romanesque, les protagonistes principaux d'opposition quasi manichéenne - Jean Macquart, paysan sage et bourru, héros de « La Terre », et Maurice Levasseur, intellectuel parisien emprunt d'un idéal passionné - vont s'enrichir mutuellement de leurs différences apparemment inconciliables. Le récit est parfois entâché de quelques rencontres improbables et certaines répétitions, mais dans son ensemble cette œuvre devrait plaire à tout amateur du XIXème siècle, ou d'histoire militaire voire médicale. Lire ce roman ne peut en effet qu'augmenter notre reconnaissance envers la révolution apportée par l'avènement de la chimie des antibiotiques ! Quant aux imprécisions historiques, elles ont été relevées avec bonheur dans les notes de l'édition Folio de H. Mitterand.

Cette œuvre-opéra n'a certes pas l'envergure d'un « Guerre et Paix », cependant au-delà des envolées lyriques d'un Zola dans la plénitude de son art (à lire absolument la fantastique traversée prussienne de Beaumont !), elle met en lumière quelques thèmes universels comme l'inutilité de l'héroisme face à une puissance de feu supérieure ou encore la possible vertu purificatrice d'une guerre envers une société frivole et corrompue.


Sur les pas de Jules Verne
Sur les pas de Jules Verne
par Gonzague Saint Bris
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Enfin un livre sur J. Verne pas comme les autres!, 14 mai 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sur les pas de Jules Verne (Relié)
Ce petit ouvrage très divertissant sur la vie de Jules Verne mêle citations, trame historique et anecdotes croustillantes. Le tout est illustré par de jolis aquarelles et croquis, et le fond de papier beige est une réussite. Hormis quelques omissions où le lecteur reste un peu sur sa faim (Qu'en est-il exactement de la polémique sur les « 500 Millions de la Bégum », un roman qui ne serait pas né de l'imaginaire de notre grand romancier ? Quid d'Honorine et de ses sentiments envers son mari à la fin de sa vie ?), le style est plaisant et réussi - tout comme les romans de Verne - à concilier instruction avec plaisir. A consommer sans modération !


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