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Contenu rédigé par Philiplo
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Commentaires écrits par
Philiplo (France)
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As Long As There's Music
As Long As There's Music
Prix : EUR 32,61

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Denny Zeitlin en rendez vous chez Venus, 7 novembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : As Long As There's Music (CD)
Denny Zeitlin est pianiste à la scène et psychiatre à la ville. Je n'ai rien lu sur sa carrière de psy (mais on peut), j'en ai lu davantage sur le musicien, en particulier sur son site très bien fait. Il a débutté le piano très jeune et a reçu une solide formation musicale à Chicago puis à New York. Vers les années 60 après ses études à Baltimore, il s'installe à San Francisco et joue, entre autre, avec Charlie Haden. Il il s'intéresse ensuite pendant un temps aux expérimentations musicales électroniques, pour revenir ensuite à l'acoustique. Une discographie peu nombreuse mais de qualité depuis son premier album Cathexis en 1964.
Revenons à l'album enregistré chez le label Venus dont j'apprécie particulièrement le soin apporté à l'enregistrement des trios et la très haute qualité de restitution sonore. L' enregistrement sert très bien les interprètes. Ici Denny Zeitlin, enregistré en en 1997, est fort bien accompagné par le batteur Al Foster et le contrebassiste Buster Williams avec qui il a également beaucoup joué. Cela commence fort bien par le titre éponyme de l'album, une pièce sur un tempo médium, un toucher délicat des cymbales par Al Foster, une basse en retrait puis chacun se lance un peu plus, le pianiste développe peu à peu son discours. Deux compositions de Gershwin (dont un subtil "The Man I love"), deux de Denny Zeitlin dont un superbe "Canyon", romantique à souhait. Très innovant sur le "Cousin Mary" de Coltrane. Une très belle interprétation de "Triste" de Jobim. Un très bon trio, un excellent moment à l'écoute de ce disque où la présence des musiciens est fort bien rendue.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 9, 2014 4:02 PM CET


A Class Act
A Class Act
Prix : EUR 21,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Un petit quartier, deux grands pianistes, 30 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : A Class Act (CD)
Dès 1887, le petit quartier de la Petite-Bourgogne (environ 1km2 ) à l'ouest de Montréal est celui de la communauté noire anglophone. Ce quartier, près des gares principales, accueille de nombreux travailleurs du chemin de fer dont des Caribéens britanniques. Cette communauté est à l’époque peu nombreuse. Ce quartier, durant la prohibition aux États-Unis, accueille de nombreuses boîtes de nuit. Deux grands pianistes, Oscar Peterson (1925-2007) et Oliver Jones (né en 1934), sont nés dans cette communauté (la famille Jones vient de la Barbade). Oliver Jones bien connu au Canada (et aux USA), l’est beaucoup moins en France. Dès l’âge de 5 ans, il joue du piano pour son église l'Union United Church. Il étudie le piano classique (jusqu'en 1949) avec tout d’abord Mme Bonner puis avec une voisine, quelques rues plus loin, Mme Daisy Peterson Sweeney, la sœur d’Oscar.
Dans une interview en 2004 au magazine "La scena musicale" Oliver Jones raconte la suite:
«Quand j'avais 16 ou 17 ans, j'ai commencé à jouer régulièrement dans les clubs. À partir de là, je me suis dit que je pourrais devenir professionnel. À l'époque, il était possible de jouer du jazz, mais essentiellement en accompagnant des chanteurs ou des danseurs. Nous avions du succès et l'argent rentrait, mais c'était surtout un excellent apprentissage et j'ai beaucoup aimé cette période de "formation". ... En 1963, un ami m'a présenté à un chanteur de calypso, Kenny Hamilton, et je suis devenu son directeur musical pendant 19 ans. J'ai fait des tournées avec lui, surtout dans les Caraïbes, mais aussi partout aux États-Unis. J'ai pu travailler avec beaucoup de chanteurs et même composer un peu. Je rencontrais beaucoup de musiciens et je jouais du jazz lorsque j'étais à New York, à Las Vegas ou à Chicago. On donnait d'abord notre spectacle, pour l'essentiel les grands succès du jour, puis quand nous avions fini, nous allions dans les clubs de jazz, nous écoutions les autres musiciens et je rêvais d'être un jour à leur place... J'ai probablement passé les 35 premières années de ma vie à jouer de la musique commerciale, mais j'ai toujours écouté ces musiciens avec lesquels j'aurais un jour la chance de travailler, ce qui est pour moi une grande source de fierté. En réalité, je ne pensais jamais que j'aurais un jour cette possibilité».
Il revient à Montréal en 1980 où le contrebassiste Charles Biddle (1926-2003) le convainc de s'associer avec lui et de se produire ensemble. Jones devient le pianiste attitré du club de jazz montréalais «Biddle‘s» de 1981 à 1986. Il se produit dès la deuxième édition du Festival international de jazz de Montréal (en 1981) et il y joue quasiment chaque année. Il était encore sur la scène du Festival en 2014 pour le concert de clôture. Il aura l'occasion d'enregistrer avec son homonyme Hank Jones et de jouer avec son ex-voisin Oscar Peterson.
En parlant d’Oscar Peterson : «Nous avons grandi ensemble dans le même quartier, nous avons tous deux commencé en jouant du boogie-woogie et nos styles ont évolué plus ou moins dans le même sens, même si Oscar jouait toujours tout mieux que n'importe qui. Il a très certainement été ma plus grande source d'inspiration et je suis très heureux de voir qu'un voisin, qui vivait à quelques pas de chez nous, a réussi avec autant de succès.»
Son grand regret n’être pas devenu un pianiste classique : «J'écoute habituellement de la musique classique. Bach, évidemment, et les valses de Chopin. La musique classique a été très importante dans ma formation, elle m'a donné une bonne partie de ma technique. Quand je me prépare pour un concert de jazz, je me retrouve à jouer des choses surtout classiques pour me mettre en forme. Je me suis souvent demandé ce qui serait arrivé si j'avais continué le classique. Mon professeur a toujours pensé que j'aurais pu devenir un pianiste classique. Je pense que j'ai raté ma chance, parce que dans les années 1940 ou 50, comme jeune musicien noir... j'en ai connu deux ou trois autres qui avaient le même potentiel, mais à l'époque il n'y avait pas d'ouverture.»
Cette vocation contrariée ne l’a pas empêché de réaliser de bons disques de jazz dont l'un avec une grande formation From Lush to Lively qui est de loin son préféré (il y est un peu comme un concertiste). Ou bien celui-ci, enregistré en 1991, en compagnie du batteur Ed Thigpen (longtemps compagnon de route d’Oscar) et du contrebassiste de Toronto, Steve Wallace. Un disque personnel aux somptueuses modulations et aux attaques percutantes. Oliver Jones s’avère être aussi un maître de la ballade où son toucher très fin fait merveille comme sur une superbe composition de Kenny Wheeler ou sur Very Early de Bill Evans ou encore sa délicate composition «Peaceful Time» marquant la fin de la (première) guerre du golfe. Ses 3 autres compositions sont dans l’ensemble très enjouées, avec, entre autre, un calypso intitulé «Stan Pat» où Ed Thigpen se régale et nous aussi pour l’occasion. Pour finir un clin d'oeil à Oscar Peterson et à la musique gospel avec «Hymn to freedom», version majestueuse dans l’intro et plus dynamique ensuite qui me conduit à la préférer à celle de l’auteur. Un artiste attachant et d'une grande élégance.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (14) | Permalien | Remarque la plus récente : Nov 2, 2014 6:26 PM CET


Cathexis: Limited Edition
Cathexis: Limited Edition
Proposé par musicjapan
Prix : EUR 8,48

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La double vie du Dr Zeitlin, 26 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Cathexis: Limited Edition (CD)
Denny Zeitlin a commencé le piano à 2 ans. Il étudie la musique classique puis à la fin de ses études secondaires prend goût au jazz. Il commence à jouer dans les clubs de sa ville natale, Chicago. En 1960, à 22 ans, il est admis à l’Université John Hopkins, à Baltimore, pour continuer ses études de médecine. Il continue à jouer le soir, en particulier avec un jeune du cru, le saxophoniste débutant Gary Bartz et un autre novice, originaire de Washington, le batteur Billy Hart. En 1963, il obtient une bourse en psychiatrie à l'Université Columbia à New York. Il fréquente alors George Russell et se perfectionne avec lui en théorie et écriture musicales. Il reçoit aussi les encouragements de Bill Evans. Son ami, le saxophoniste Paul Winter, lui fait rencontrer le légendaire producteur John Hammond chez Columbia Records. Ce dernier lui propose un contrat et lui donne carte blanche pour trois albums.

Début 1964, Denny Zeitlin enregistre son premier album en tant que leader avec Cecil McBee à la contrebasse et le tout jeune Freddie Waits à la batterie qui jouaient à l’époque avec Paul Winter. Un disque très original (dont c'est ici la réédition japonaise) avec de nombreuses compositions du leader (7) et quelques standards comme Nica’s Tempo, fort bien revisité, ou ‘Round Midnight aux accents ténébreux. Une variété de tempos, une musique vivifiante, stimulante. "Cathexis", comme son nom le laisse présager, est tout en pulsion. Sa belle composition, «Blue Phoenix», est une exploration du mythe égyptien qui pousse au début à la rêverie et part ensuite dans une course effrénée.

Par la suite, il continuera de mener de pair avec réussite sa carrière de psychiatre à San Francisco et de musicien de jazz (dont j’ai bien apprécié son album As Long As There's Music).
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (9) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 28, 2014 11:40 AM CET


Brother In Swing
Brother In Swing
Prix : EUR 16,62

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La force tranquille; premières prises, 20 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brother In Swing (CD)
En 1950, lors d’une tournée européenne avec le groupe de Benny Goodman, Zoot Sims va réaliser ses premiers enregistrements en leader. Tout d’abord à Stockholm, les 23 et 24 avril 1950; puis quelques semaines plus tard pour les disques Vogue.
Après avoir participé le 9 juin à un enregistrement de Roy Eldridge chez Vogue, le label très dynamique à l’époque dans le domaine du jazz lui propose d’enregistrer son propre disque. Zoot Sims, 25 ans est déjà connu comme l’un des Brothers de l’orchestre de Woody Herman (1947-48), mais il n’a pas encore d’album sous son nom. Quand il rentre en studio le 16 juin il est en compagnie du pianiste Gerald Wiggins, 28 ans (qui accompagnait Lena Horne de passage à Paris), du contrebassiste Pierre Michelot, 22 ans et déjà l’un des piliers du Club St Germain avec le batteur Kenny Clarke 36 ans a la déjà une longue carrière, l’un des pères de la batterie moderne, qui est installé provisoirement à Paris (il reviendra définitivement en 1956).
Zoot Sims possède déjà ce son unique, cette décontraction, cette apparente facilité, ce phrasé très swinguant, cette douce puissance, le «croisement» de Lester Young et de Ben Webster. Les prises alternatives montrent son inspiration et son talent d’improvisateur. Des débuts en leader prometteurs.
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Pour les amateurs il existe aussi cette édition japonaise Goes to Town (vol14). On retrouve également cet album aussi ici avec en plus 6 morceaux enregistrés en 1953 à Paris avec Frank Rosolino.
Les séances suédoise et française de 1950 sont regroupées sur un vinyle Prestige "First Recordings!" (voir site US)
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (13) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 31, 2014 7:53 PM CET


Open Changes
Open Changes
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une réédition bienvenue, 18 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Open Changes (CD)
Voilà une réédition bienvenue d'un très bon disque de Laurent de Wilde plein de sensualité. Il est admirablement soutenu par ses compagnons de route, le contrebassiste Ira Coleman et le batteur Billy Drummond. Deux thèmes de Monk, un d'Ellington. Une superbe interprétation de la composition de Harold Land "Rapture" ainsi qu'une très belle version de "Born to be blue". Onze titres en tout qui raviront les amateurs. Cet enregistrement réalise à New York en décembre 1992 est de très bonne qualité. On goûte en particulier le superbe jeu aérien de Billy Drummond. Un an plus tard la même équipe gravait avec Barney Wilen le superbe Talisman. Entre 4 et 5 étoiles suivant le moment.


Gettin' Together ! (1960)
Gettin' Together ! (1960)
Prix : EUR 10,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le même coup qu'en 1957!, 14 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gettin' Together ! (1960) (CD)
Miles Davis est en tournée avec sa rythmique et ils arrivent en Californie fin février 1960. Le 27 février ils jouent au Shrine Auditorium. Le producteur Lester Koenig profite de leur passage à Los Angeles pour refaire le même coup qu’en 1957 avec Art Pepper Meets The Rhythm Section, où Red Garland était au piano et Philly Joe Jones à la batterie. Cette fois-ci avec l’assentiment d’Art Pepper il lui propose un disque avec Wynton Kelly au piano, Paul Chambers toujours à la contrebasse et Jimmy Cobb à la batterie.
Début 1960 la situation financière d’Art Pepper s’est améliorée. Après l’enregistrement (en mai 1959) de Art Pepper + Eleven produit par Lester et arrangé par Marty Paich, le succès est de retour. Marty qui l’estime beaucoup et le considère comme «le plus grand saxophoniste» l’associe à pas mal d’albums «commerciaux». Ainsi avec l’orchestre de Marty Paich, Art Pepper enregistre avec les chanteuses (oubliées) Joanie Sommers, Toni Harper ou encore Ethel Azama, également avec un sous clone de Nat King Cole, le chanteur Jesse Belvin. Mais aussi, début 1960 avec Mel Tormé pour l’excellent album Swings Shubert Alley. Art Pepper a aussi participé à des musiques de film comme «Bells are Ringing» ou encore, sous la direction d’Andre Previn avec Gerry Mulligan, la BO de The subterraneans où la musique est considérée comme bien meilleure que le film. Il va d’ailleurs reprendre un des thèmes dans l’album. Il joue également au Lighthouse Café à Hermosa Beach, temple du jazz west coast.
de leur côté, depuis plusieurs mois les hommes de Miles sont super occupés. Wynton Kelly et ses comparses (parfois l’un ou l’autre se fait remplacer) ont enregistré depuis décembre 59 avec John Coltrane (dont une version de Naima), Sonny Red, Frank Strozier, Lee Morgan, Hank Mobley. La rythmique enchaine les tournées avec Miles Davis et Coltrane. Après la Californie,une longue tournée européenne les attend. Voilà donc une rencontre avec un trio rodé qui promet. A cette période, Art est sorti, pour un temps, de la galère et il ne se pique plus (il a trouvé un sirop contre la toux comme substitut). C’est un homme serein, ou presque, qui rentre en studio. Il est heureux de retrouver Paul Chambers qui avait été très sympa lors de la séance de 1957 ; Art lui propose de jouer sa composition Whims of Chambers. Art avait déjà enregistré avec Wynton Kelly, en 1949, pour accompagner le chanteur Babs Gonzalez mais l’un comme l’autre ne s’en souviennent pas. Il fait aussi appel à son partenaire, le trompettiste Conte Candoli, pour 3 morceaux
Sur cet album une composition est dédicacée à son caniche Bijou ainsi qu’une très belle ballade, dédiée à une femme idéale, intitulée Diane pour faire plaisir à son épouse. Dans sa biographie il nuance : «[ce morceau] était bien trop beau pour elle, mais après tout ce n’était qu’un nom». Quand l’amour n’est plus là!
Ils enregistrent une excellente version de «Rhythm a ning» de Monk. Deux prises également du titre éponyme de l’album font partie du disque.
En réécoutant les deux albums, celui de 1957 et celui de 1960, je trouve qu’en 1957 ils se lâchent plus. La batterie de Philly Joe Jones est plus présente que celle de Jimmy Cobb qui parfois se contente d’assurer le tempo. La séance de 1960 est bonne, Art Pepper la trouve même excellente. Mais ma préférence va à celle de 1957 où il y a bien plus d’intensité et d’implication du trio stimulant davantage Art Pepper.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 15, 2014 7:29 AM MEST


Wynton Kelly!
Wynton Kelly!
Prix : EUR 17,72

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le trio se fait rare, 12 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wynton Kelly! (CD)
Le 20 juillet 1961 en début d’après-midi, le téléphone sonne chez Wynton Kelly.
WK : Allo
PC : Salut, c’est Paul. Pas mal la séance d’hier mais un peu longue. Ce matin cela allait mieux. Mais hier tu as multiplié les prises. On peut dire qu’on l’aura joué « Autumn Leaves », 4 ou 5 fois. Et ta composition « Joe’s Avenue » , 9 fois ! Je la connais par cœur.
WK : Oui je sentais qu’on pouvait mieux faire.
PC : J’ai bien aimé aussi ta version de « Blanche Neige » ; plus rapide qu’avec Miles, cela change un peu.
WK : On a encore le studio cet après-midi pour boucler ; il reste 3 morceaux, dont une petite compo, Sassy, qui va te plaire. On devrait jouer plus souvent ensemble, juste tous les trois, c’est sympa. Mais t’appelles pourquoi ?
PC : J’ai des soucis. Ce c... de taximan m’a refermé la porte sur les doigts. Je ne pourrai pas jouer tout à l’heure.
WK : Tu dois avoir mal ! Mais on ne peut pas remettre. J’appelle Sam pour qu’il te remplace.
PC : Bonne idée. Désolé, tu salues Jimmy pour moi.

Grâce à cette conversation, rapportée par mon grand-père (qui la tenait de je ne sais plus qui), vous savez tout ou presque de cet album, une des rares fois où l’on peut entendre Wynton Kelly, Paul Chambers (même si Sam Jones le remplace sur 3 titres) et Jimmy Cobb strictement en trio. En effet ils ont réalisé une pléthore d’enregistrements comme rythmique la plus recherchée au début des années 60, mais pas grand-chose en trio. A part cet album, je n’en vois que trois autres : 5 plages sur l’excellent Kelly Blue en 1959 (à qui va ma préférence), puis en 1965, un live Blues on Purpose au Half Note à New York (à la même période que le légendaire album avec Wes Montgomery), et enfin, plus tardif, en 1968 à Chicago, Last Trio Session.

Kelly! est un double CD du label Vee Jay* avec dix titres sur le premier et un paquet de prises alternatives sur le second. Un trio super rôdé qui se comprend au quart de tour. Un véritable plaisir de jouer. Cela ronronne comme un gros matou heureux. Un peu trop peut-être !
_____________________________________________
* Cet album est repris dans un double CD Lone Hill, et dans un coffret Mosaic probablement épuisé.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 13, 2014 10:11 AM MEST


All Members [180 Gram]
All Members [180 Gram]
Prix : EUR 25,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Perdu dans la cour des grands, 10 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : All Members [180 Gram] (Album vinyle)
Ce matin du jeudi 16 mars 1961 le téléphone sonne dans la chambre de Paul. Il décroche en bougonnant:
«PC:-Ouais ! C’est qui?
WK:-C’est Wynton. Tu dors encore?
PC:-Crevé. C’est pourquoi ?
WK:- Rappelle-toi ; on est attendu au studio. On doit accompagner le jeune trompettiste que cherche à pistonner Orrin Keepnews. Il veut la rythmique à Miles ; ‘c’est vendeur’ m’a-t-il dit ! Mais je ne sais pas comment ce gars joue, ni ce qu’on va jouer. J’en ai un peu assez de servir de faire-valoir !
PC:- Oui. Il paraît qu’il veut en faire le nouveau Chet. Tiens, à propos, on n’entend plus parler de lui !
WK:- Chet ! Il est en Italie. J’ai entendu dire qu’il était en taule. Mais dépêche-toi, Jimmy doit passer nous prendre et il n’aime pas attendre ; il veut être dans les temps.
PC:- Désolé, j’avais complètement oublié cette séance. Je ne peux pas venir, je suis en studio toute la journée avec Red Garland. Appelle de ma part le petit jeune, celui qu’on a croisé avant hier, Ron Carter, ça peut l’intéresser. Et puis on ne sait jamais, peut-être qu’un jour il jouera avec Miles.
WK:- Merci. De toute façon, on se voit lundi au studio avec Miles.
PC:- À propos, il m’a appelé pour me dire de revoir "Blanche Neige et les 7 nains", je n’ai pas compris pourquoi !
WK: - T’inquiètes ! N’oublie pas, lundi 3 heures. Teo n’aime pas qu’on soit en retard. Salut.»
Paul Chambers raccroche en se disant dans son for intérieur "Je ne loupe rien".

Je ne garantis pas l’entière véracité des propos lors de cette conversation tenue le matin de l’enregistrement de cet album. Toujours est-il que le pianiste Wynton Kelly et le batteur Jimmy Cobb retrouvent au studio le contrebassiste Ron Carter ainsi que le saxophoniste et arrangeur Jimmy Heath, convoqué pour la circonstance. Orrin Keepnews, le producteur, présente Don Sleet (22 ans) aux musiciens. C’est son premier disque (et le dernier, mais il ne le sait pas encore). Le producteur avait remarqué le jeune trompettiste en écoutant le disque Lenny McBrowne and the Four Souls. Don Sleet est un musicien de la côte Ouest, qui entre autres, avec son groupe (où Mike Wofford tenait le piano) a gagné un concours réservé aux « collégiens » lors d’un festival organisé par Howard Rumsey dans son club au Lighthouse.
Lors de la séance de mars 1961, sept morceaux sont mis en boîte. Le trompettiste donne l’impression de manquer de puissance et d’inventivité, le contraste est saisissant quand Jimmy Heath enchaîne au ténor avec sureté et maturité. Quant à Wynton Kelly, il délivre un discours impeccable dans de belles phrases sans fioritures inutiles. Ron Carter, déjà très à l’aise (son solo piste 4 par exemple) et Jimmy Cobb, maître du tempo, assurent chacun leur partie. Qui est le maillon faible du quintet ? Vous avez deviné, je suppose. On ne s’aventure pas impunément dans la cour des grands. Même si Don Sleet est bien meilleur dans sa composition "Fast Company", on reste sur faim en ce qui concerne le trompettiste. Mais heureusement, il n’est pas seul et, évidemment, avec un tel équipage, la mise est largement sauvée et le disque, agréable, se laisse écouter et peut faire illusion. Mais dans le genre Wynton Kelly et ses complices ont participé à de bien meilleures séances (sans parler de celles avec Miles).
Sur le site Jazzwax, Jimmy Heath se souvient vaguement de la séance et témoigne «Bien sûr Don savait jouer. Je me souviens qu'il n'était pas exceptionnel, mais c’était un bon instrumentiste. Mais il y avait beaucoup de bons joueurs, c’était un parmi d’autres».

Malgré des séjours à Synanon, Don Sleet ne vaincra pas sa toxicomanie. Sa carrière tourna court. Il décède à Los Angeles, en 1986.
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Fantastic Frank Strozier
Fantastic Frank Strozier
Prix : EUR 15,19

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Deux jeunes musiciens de Memphis prometteurs, 8 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fantastic Frank Strozier (CD)
Memphis, Tennessee, tous les amateurs de musique connaissent! Mais chacun a le sien. En effet, suivant ses gouts musicaux, ce ne sont pas les mêmes musiciens qui viennent en tête quand on évoque cette ville. Pour les uns, Elvis, sa maison et le Sun studio qui a vu défiler maints musiciens de rock et de country. Pour d’autres, le label Stax, rival dans le domaine de la soul de la Motown, avec pour principaux interprètes Wilson Pickett, Sam & Dave ou Otis Redding. Ou encore Beale Street, la rue du blues, où se produit dès 1909 W.C. Handy, et où de nombreux artistes viendront par la suite, en introduisant un blues de plus en plus électrique comme John Lee Hooker, Junior Wells, B.B King, et bien d’autres. Sans oublier un autre natif de la ville, John "Peter" Chatman, plus connu sous le nom de Memphis Slim et devenu parisien d’adoption.
Dans cette ville sont nés également plusieurs jazzmen: les pianistes Phineas Newborn et Harold Mabern, le saxophoniste George Coleman, le contrebassiste Jamil Nasser ainsi que le saxophoniste Frank Strozier et le trompettiste Booker Little. Leurs talents respectifs ne vont pas éclore dans cette ville mais à Chicago où la plupart se retrouveront et démarreront leur carrière. Ils enregistrent ensemble, en 1959, sous le nom "Young Men From Memphis"; dans ce groupe Frank est le seul blanc, passant outre la ségrégation encore importante dans les états du Sud*.
En 1960, pour le label Vee Jay, Frank fait parti de ces Young Lions avec Lee Morgan et Wayne Shorter. Il retrouve aussi Harold Mabern au sein du quintet créé par Walter Perkins MJT + 3. De son côté, Booker Little est choisi par Max Roach pour succéder au défunt Clifford Brown (c’est Sonny Rollins qui les a présentés l’un à l’autre). En 1958, Frank joue sur 2 morceaux de l’album de Booker Little. Un peu plus tard, Booker s’associera au saxophoniste Eric Dolphy notamment sur Far Cry, en décembre 1960, où tous deux s’aventurent vers de nouveaux horizons musicaux.
Rien de surprenant donc que Frank (23 ans) sollicite son copain Booker (22 ans) pour cet album enregistré principalement à Chicago en février 1960. Pour la section rythmique il fait appel à ce qui se fait de mieux à l’époque, la «dream team», les gars qui jouent avec Miles Davis : Wynton Kelly au piano, Paul Chambers (à peine plus âgé qu’eux) à la contrebasse et Jimmy Cobb à la batterie. Face à des musiciens aussi expérimentés, les deux jeunots ont intérêt à assurer. C’est ce qu’ils vont faire, parfois dans un déluge de notes, dans un post-bop novateur. Les styles de Frank et Booker se marient fort bien avec des phrases longues et sinueuses. Dans ce disque Frank montre ses talents de compositeur (5 titres). C’est un saxophoniste alto qu’on dit à la fois influencé par Charlie Parker et Lee Konitz. Son jeu est très fluide et ses solos magnifiquement construits. Ceux de Booker Little luminescents. Les solos de Wynton Kelly sont limpides, comme ceux à l’archet (ou non) de Paul Chambers. Mes titres préférés sont une composition de Booker Little «Waltz of the demons», un morceau intitulé « Off Shore » pris sur un tempo médium avec un long et beau solo de Frank, ainsi qu’un blues glacial «Luck a Deuce ». Une musique pas toujours facile pour un disque qui mérite plusieurs écoutes attentives.
En 1960, Frank et Booker sont deux jeunes musiciens prometteurs, mais le destin en décidera autrement. La maladie emportera Booker Little en octobre 1961 à l’âge de 23 ans. Sa très courte carrière, ses albums avec Max Roach et Eric Dolphy en particulier, et sa mort prématurée, contribue à en faire un musicien de légende. Frank lui est toujours vivant, mais son image s’est peu à peu estompée. Dans les années soixante il a travaillé avec Roy Haynes, avec Miles Davis très brièvement (juste après Hank Mobley), un peu avec Chet Baker. Il s’installe quelque temps à Los Angeles et joue avec Shelly Manne. Frank Strozier continue à se produire et à enregistrer comme sideman dans les années 1970, souvent avec son compatriote George Coleman. Mais depuis 1962 aucun disque en leader, en 1976, chez Steeple Chase, il lance un touchant appel avec l’album Remember Me, resté sans écho. Il devient de plus en plus difficile pour lui d’exercer son talent. Il arrête le saxophone alto et reprend le piano, sans grand succès ; peu à peu il tombe dans l’oubli. Il a quitté le métier, il y a une vingtaine d’années, pour devenir professeur de mathématiques près de New York.
______________________________________
* Memphis est resté dans l’histoire avec l’assassinat de Martin Luther King le 4 avril 1968 au Lorraine Motel. Ce motel, reconstruit, a été transformé en musée des droits civiques.
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Colianni & Company
Colianni & Company
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 11,86

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Délicieusement rétro, 3 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Colianni & Company (CD)
Le pianiste John Colianni a étudié le piano avec un élève de Teddy Wilson ; il a débuté avec l’orchestre de Lionel Hampton (qui a des mots agréables à son égard sur la pochette). Avec de telles références, vous vous doutez bien qu’on ne va pas écouter un groupe avant-gardiste. On reste dans une tradition swing agréable à écouter avec un pianiste talentueux et qui fait preuve de dextérité. Mention particulière pour le clarinettiste Joe Midiri (je ne connaissais pas ; et vous ?) qui nous charme dans les ballades comme «Indian Summer» et sait nous entrainer dans la danse sur les morceaux plus vifs. A découvrir. Le batteur Joe Ascione, qui joue avec Eddie Higgins et sideman sur le label Arbors, Karl Schloz à la guitare et le contrebassiste Wayne Roberts sont de la compagnie. Une ambiance plus R&B sur les quelques morceaux chantés par Kelly Bell avec d’excellents solos au sax alto de Joe Midiri (je vais finir par fonder un fan-club) qui possède aussi des talents de chanteur-imitateur (#14). Une nette joie de jouer. Un bon enregistrement, délicieusement rétro, de 1998.


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