Profil de Philiplo > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Philiplo
Classement des meilleurs critiques: 216
Votes utiles : 1320

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Philiplo (France)
(TOP 500 COMMENTATEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Brother In Swing
Brother In Swing
Prix : EUR 23,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La force tranquille; premières prises, 20 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brother In Swing (CD)
En 1950, lors d’une tournée européenne avec le groupe de Benny Goodman, Zoot Sims va réaliser ses premiers enregistrements en leader. Tout d’abord à Stockholm, les 23 et 24 avril 1950; puis quelques semaines plus tard pour les disques Vogue.
Après avoir participé le 9 juin à un enregistrement de Roy Eldridge chez Vogue, le label très dynamique à l’époque dans le domaine du jazz lui propose d’enregistrer son propre disque. Zoot Sims, 25 ans est déjà connu comme l’un des Brothers de l’orchestre de Woody Herman (1947-48), mais il n’a pas encore d’album sous son nom. Quand il rentre en studio le 16 juin il est en compagnie du pianiste Gerald Wiggins, 28 ans (qui accompagnait Lena Horne de passage à Paris), du contrebassiste Pierre Michelot, 22 ans et déjà l’un des piliers du Club St Germain avec le batteur Kenny Clarke 36 ans a la déjà une longue carrière, l’un des pères de la batterie moderne, qui est installé provisoirement à Paris (il reviendra définitivement en 1956).
Zoot Sims possède déjà ce son unique, cette décontraction, cette apparente facilité, ce phrasé très swinguant, cette douce puissance, le «croisement» de Lester Young et de Ben Webster. Les prises alternatives montrent son inspiration et son talent d’improvisateur. Des débuts en leader prometteurs.
___________________________________________
Pour les amateurs il existe aussi cette édition japonaise Goes to Town (vol14). On retrouve également cet album aussi ici avec en plus 6 morceaux enregistrés en 1953 à Paris avec Frank Rosolino.
Les séances suédoise et française de 1950 sont regroupées sur un vinyle Prestige "First Recordings!" (voir site US)
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 20, 2014 5:20 PM MEST


Open Changes
Open Changes
Prix : EUR 9,99

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une réédition bienvenue, 18 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Open Changes (CD)
Voilà une réédition bienvenue d'un très bon disque de Laurent de Wilde plein de sensualité. Il est admirablement soutenu par ses compagnons de route, le contrebassiste Ira Coleman et le batteur Billy Drummond. Deux thèmes de Monk, un d'Ellington. Une superbe interprétation de la composition de Harold Land "Rapture" ainsi qu'une très belle version de "Born to be blue". Onze titres en tout qui raviront les amateurs. Cet enregistrement réalise à New York en décembre 1992 est de très bonne qualité. On goûte en particulier le superbe jeu aérien de Billy Drummond. Un an plus tard la même équipe gravait avec Barney Wilen le superbe Talisman. Entre 4 et 5 étoiles suivant le moment.


Gettin' Together ! (1960)
Gettin' Together ! (1960)
Prix : EUR 8,35

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le même coup qu'en 1957!, 14 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gettin' Together ! (1960) (CD)
Miles Davis est en tournée avec sa rythmique et ils arrivent en Californie fin février 1960. Le 27 février ils jouent au Shrine Auditorium. Le producteur Lester Koenig profite de leur passage à Los Angeles pour refaire le même coup qu’en 1957 avec Art Pepper Meets The Rhythm Section, où Red Garland était au piano et Philly Joe Jones à la batterie. Cette fois-ci avec l’assentiment d’Art Pepper il lui propose un disque avec Wynton Kelly au piano, Paul Chambers toujours à la contrebasse et Jimmy Cobb à la batterie.
Début 1960 la situation financière d’Art Pepper s’est améliorée. Après l’enregistrement (en mai 1959) de Art Pepper + Eleven produit par Lester et arrangé par Marty Paich, le succès est de retour. Marty qui l’estime beaucoup et le considère comme «le plus grand saxophoniste» l’associe à pas mal d’albums «commerciaux». Ainsi avec l’orchestre de Marty Paich, Art Pepper enregistre avec les chanteuses (oubliées) Joanie Sommers, Toni Harper ou encore Ethel Azama, également avec un sous clone de Nat King Cole, le chanteur Jesse Belvin. Mais aussi, début 1960 avec Mel Tormé pour l’excellent album Swings Shubert Alley. Art Pepper a aussi participé à des musiques de film comme «Bells are Ringing» ou encore, sous la direction d’Andre Previn avec Gerry Mulligan, la BO de The subterraneans où la musique est considérée comme bien meilleure que le film. Il va d’ailleurs reprendre un des thèmes dans l’album. Il joue également au Lighthouse Café à Hermosa Beach, temple du jazz west coast.
de leur côté, depuis plusieurs mois les hommes de Miles sont super occupés. Wynton Kelly et ses comparses (parfois l’un ou l’autre se fait remplacer) ont enregistré depuis décembre 59 avec John Coltrane (dont une version de Naima), Sonny Red, Frank Strozier, Lee Morgan, Hank Mobley. La rythmique enchaine les tournées avec Miles Davis et Coltrane. Après la Californie,une longue tournée européenne les attend. Voilà donc une rencontre avec un trio rodé qui promet. A cette période, Art est sorti, pour un temps, de la galère et il ne se pique plus (il a trouvé un sirop contre la toux comme substitut). C’est un homme serein, ou presque, qui rentre en studio. Il est heureux de retrouver Paul Chambers qui avait été très sympa lors de la séance de 1957 ; Art lui propose de jouer sa composition Whims of Chambers. Art avait déjà enregistré avec Wynton Kelly, en 1949, pour accompagner le chanteur Babs Gonzalez mais l’un comme l’autre ne s’en souviennent pas. Il fait aussi appel à son partenaire, le trompettiste Conte Candoli, pour 3 morceaux
Sur cet album une composition est dédicacée à son caniche Bijou ainsi qu’une très belle ballade, dédiée à une femme idéale, intitulée Diane pour faire plaisir à son épouse. Dans sa biographie il nuance : «[ce morceau] était bien trop beau pour elle, mais après tout ce n’était qu’un nom». Quand l’amour n’est plus là!
Ils enregistrent une excellente version de «Rhythm a ning» de Monk. Deux prises également du titre éponyme de l’album font partie du disque.
En réécoutant les deux albums, celui de 1957 et celui de 1960, je trouve qu’en 1957 ils se lâchent plus. La batterie de Philly Joe Jones est plus présente que celle de Jimmy Cobb qui parfois se contente d’assurer le tempo. La séance de 1960 est bonne, Art Pepper la trouve même excellente. Mais ma préférence va à celle de 1957 où il y a bien plus d’intensité et d’implication du trio stimulant davantage Art Pepper.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 15, 2014 7:29 AM MEST


Wynton Kelly!
Wynton Kelly!
Prix : EUR 17,72

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le trio se fait rare, 12 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Wynton Kelly! (CD)
Le 20 juillet 1961 en début d’après-midi, le téléphone sonne chez Wynton Kelly.
WK : Allo
PC : Salut, c’est Paul. Pas mal la séance d’hier mais un peu longue. Ce matin cela allait mieux. Mais hier tu as multiplié les prises. On peut dire qu’on l’aura joué « Autumn Leaves », 4 ou 5 fois. Et ta composition « Joe’s Avenue » , 9 fois ! Je la connais par cœur.
WK : Oui je sentais qu’on pouvait mieux faire.
PC : J’ai bien aimé aussi ta version de « Blanche Neige » ; plus rapide qu’avec Miles, cela change un peu.
WK : On a encore le studio cet après-midi pour boucler ; il reste 3 morceaux, dont une petite compo, Sassy, qui va te plaire. On devrait jouer plus souvent ensemble, juste tous les trois, c’est sympa. Mais t’appelles pourquoi ?
PC : J’ai des soucis. Ce c... de taximan m’a refermé la porte sur les doigts. Je ne pourrai pas jouer tout à l’heure.
WK : Tu dois avoir mal ! Mais on ne peut pas remettre. J’appelle Sam pour qu’il te remplace.
PC : Bonne idée. Désolé, tu salues Jimmy pour moi.

Grâce à cette conversation, rapportée par mon grand-père (qui la tenait de je ne sais plus qui), vous savez tout ou presque de cet album, une des rares fois où l’on peut entendre Wynton Kelly, Paul Chambers (même si Sam Jones le remplace sur 3 titres) et Jimmy Cobb strictement en trio. En effet ils ont réalisé une pléthore d’enregistrements comme rythmique la plus recherchée au début des années 60, mais pas grand-chose en trio. A part cet album, je n’en vois que trois autres : 5 plages sur l’excellent Kelly Blue en 1959 (à qui va ma préférence), puis en 1965, un live Blues on Purpose au Half Note à New York (à la même période que le légendaire album avec Wes Montgomery), et enfin, plus tardif, en 1968 à Chicago, Last Trio Session.

Kelly! est un double CD du label Vee Jay* avec dix titres sur le premier et un paquet de prises alternatives sur le second. Un trio super rôdé qui se comprend au quart de tour. Un véritable plaisir de jouer. Cela ronronne comme un gros matou heureux. Un peu trop peut-être !
_____________________________________________
* Cet album est repris dans un double CD Lone Hill, et dans un coffret Mosaic probablement épuisé.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 13, 2014 10:11 AM MEST


All Members [180 Gram]
All Members [180 Gram]
Prix : EUR 25,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Perdu dans la cour des grands, 10 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : All Members [180 Gram] (Album vinyle)
Ce matin du jeudi 16 mars 1961 le téléphone sonne dans la chambre de Paul. Il décroche en bougonnant:
«PC:-Ouais ! C’est qui?
WK:-C’est Wynton. Tu dors encore?
PC:-Crevé. C’est pourquoi ?
WK:- Rappelle-toi ; on est attendu au studio. On doit accompagner le jeune trompettiste que cherche à pistonner Orrin Keepnews. Il veut la rythmique à Miles ; ‘c’est vendeur’ m’a-t-il dit ! Mais je ne sais pas comment ce gars joue, ni ce qu’on va jouer. J’en ai un peu assez de servir de faire-valoir !
PC:- Oui. Il paraît qu’il veut en faire le nouveau Chet. Tiens, à propos, on n’entend plus parler de lui !
WK:- Chet ! Il est en Italie. J’ai entendu dire qu’il était en taule. Mais dépêche-toi, Jimmy doit passer nous prendre et il n’aime pas attendre ; il veut être dans les temps.
PC:- Désolé, j’avais complètement oublié cette séance. Je ne peux pas venir, je suis en studio toute la journée avec Red Garland. Appelle de ma part le petit jeune, celui qu’on a croisé avant hier, Ron Carter, ça peut l’intéresser. Et puis on ne sait jamais, peut-être qu’un jour il jouera avec Miles.
WK:- Merci. De toute façon, on se voit lundi au studio avec Miles.
PC:- À propos, il m’a appelé pour me dire de revoir "Blanche Neige et les 7 nains", je n’ai pas compris pourquoi !
WK: - T’inquiètes ! N’oublie pas, lundi 3 heures. Teo n’aime pas qu’on soit en retard. Salut.»
Paul Chambers raccroche en se disant dans son for intérieur "Je ne loupe rien".

Je ne garantis pas l’entière véracité des propos lors de cette conversation tenue le matin de l’enregistrement de cet album. Toujours est-il que le pianiste Wynton Kelly et le batteur Jimmy Cobb retrouvent au studio le contrebassiste Ron Carter ainsi que le saxophoniste et arrangeur Jimmy Heath, convoqué pour la circonstance. Orrin Keepnews, le producteur, présente Don Sleet (22 ans) aux musiciens. C’est son premier disque (et le dernier, mais il ne le sait pas encore). Le producteur avait remarqué le jeune trompettiste en écoutant le disque Lenny McBrowne and the Four Souls. Don Sleet est un musicien de la côte Ouest, qui entre autres, avec son groupe (où Mike Wofford tenait le piano) a gagné un concours réservé aux « collégiens » lors d’un festival organisé par Howard Rumsey dans son club au Lighthouse.
Lors de la séance de mars 1961, sept morceaux sont mis en boîte. Le trompettiste donne l’impression de manquer de puissance et d’inventivité, le contraste est saisissant quand Jimmy Heath enchaîne au ténor avec sureté et maturité. Quant à Wynton Kelly, il délivre un discours impeccable dans de belles phrases sans fioritures inutiles. Ron Carter, déjà très à l’aise (son solo piste 4 par exemple) et Jimmy Cobb, maître du tempo, assurent chacun leur partie. Qui est le maillon faible du quintet ? Vous avez deviné, je suppose. On ne s’aventure pas impunément dans la cour des grands. Même si Don Sleet est bien meilleur dans sa composition "Fast Company", on reste sur faim en ce qui concerne le trompettiste. Mais heureusement, il n’est pas seul et, évidemment, avec un tel équipage, la mise est largement sauvée et le disque, agréable, se laisse écouter et peut faire illusion. Mais dans le genre Wynton Kelly et ses complices ont participé à de bien meilleures séances (sans parler de celles avec Miles).
Sur le site Jazzwax, Jimmy Heath se souvient vaguement de la séance et témoigne «Bien sûr Don savait jouer. Je me souviens qu'il n'était pas exceptionnel, mais c’était un bon instrumentiste. Mais il y avait beaucoup de bons joueurs, c’était un parmi d’autres».

Malgré des séjours à Synanon, Don Sleet ne vaincra pas sa toxicomanie. Sa carrière tourna court. Il décède à Los Angeles, en 1986.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 11, 2014 4:29 PM MEST


Fantastic Frank Strozier
Fantastic Frank Strozier
Prix : EUR 11,86

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Deux jeunes musiciens de Memphis prometteurs, 8 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Fantastic Frank Strozier (CD)
Memphis, Tennessee, tous les amateurs de musique connaissent! Mais chacun a le sien. En effet, suivant ses gouts musicaux, ce ne sont pas les mêmes musiciens qui viennent en tête quand on évoque cette ville. Pour les uns, Elvis, sa maison et le Sun studio qui a vu défiler maints musiciens de rock et de country. Pour d’autres, le label Stax, rival dans le domaine de la soul de la Motown, avec pour principaux interprètes Wilson Pickett, Sam & Dave ou Otis Redding. Ou encore Beale Street, la rue du blues, où se produit dès 1909 W.C. Handy, et où de nombreux artistes viendront par la suite, en introduisant un blues de plus en plus électrique comme John Lee Hooker, Junior Wells, B.B King, et bien d’autres. Sans oublier un autre natif de la ville, John "Peter" Chatman, plus connu sous le nom de Memphis Slim et devenu parisien d’adoption.
Dans cette ville sont nés également plusieurs jazzmen: les pianistes Phineas Newborn et Harold Mabern, le saxophoniste George Coleman, le contrebassiste Jamil Nasser ainsi que le saxophoniste Frank Strozier et le trompettiste Booker Little. Leurs talents respectifs ne vont pas éclore dans cette ville mais à Chicago où la plupart se retrouveront et démarreront leur carrière. Ils enregistrent ensemble, en 1959, sous le nom "Young Men From Memphis"; dans ce groupe Frank est le seul blanc, passant outre la ségrégation encore importante dans les états du Sud*.
En 1960, pour le label Vee Jay, Frank fait parti de ces Young Lions avec Lee Morgan et Wayne Shorter. Il retrouve aussi Harold Mabern au sein du quintet créé par Walter Perkins MJT + 3. De son côté, Booker Little est choisi par Max Roach pour succéder au défunt Clifford Brown (c’est Sonny Rollins qui les a présentés l’un à l’autre). En 1958, Frank joue sur 2 morceaux de l’album de Booker Little. Un peu plus tard, Booker s’associera au saxophoniste Eric Dolphy notamment sur Far Cry, en décembre 1960, où tous deux s’aventurent vers de nouveaux horizons musicaux.
Rien de surprenant donc que Frank (23 ans) sollicite son copain Booker (22 ans) pour cet album enregistré principalement à Chicago en février 1960. Pour la section rythmique il fait appel à ce qui se fait de mieux à l’époque, la «dream team», les gars qui jouent avec Miles Davis : Wynton Kelly au piano, Paul Chambers (à peine plus âgé qu’eux) à la contrebasse et Jimmy Cobb à la batterie. Face à des musiciens aussi expérimentés, les deux jeunots ont intérêt à assurer. C’est ce qu’ils vont faire, parfois dans un déluge de notes, dans un post-bop novateur. Les styles de Frank et Booker se marient fort bien avec des phrases longues et sinueuses. Dans ce disque Frank montre ses talents de compositeur (5 titres). C’est un saxophoniste alto qu’on dit à la fois influencé par Charlie Parker et Lee Konitz. Son jeu est très fluide et ses solos magnifiquement construits. Ceux de Booker Little luminescents. Les solos de Wynton Kelly sont limpides, comme ceux à l’archet (ou non) de Paul Chambers. Mes titres préférés sont une composition de Booker Little «Waltz of the demons», un morceau intitulé « Off Shore » pris sur un tempo médium avec un long et beau solo de Frank, ainsi qu’un blues glacial «Luck a Deuce ». Une musique pas toujours facile pour un disque qui mérite plusieurs écoutes attentives.
En 1960, Frank et Booker sont deux jeunes musiciens prometteurs, mais le destin en décidera autrement. La maladie emportera Booker Little en octobre 1961 à l’âge de 23 ans. Sa très courte carrière, ses albums avec Max Roach et Eric Dolphy en particulier, et sa mort prématurée, contribue à en faire un musicien de légende. Frank lui est toujours vivant, mais son image s’est peu à peu estompée. Dans les années soixante il a travaillé avec Roy Haynes, avec Miles Davis très brièvement (juste après Hank Mobley), un peu avec Chet Baker. Il s’installe quelque temps à Los Angeles et joue avec Shelly Manne. Frank Strozier continue à se produire et à enregistrer comme sideman dans les années 1970, souvent avec son compatriote George Coleman. Mais depuis 1962 aucun disque en leader, en 1976, chez Steeple Chase, il lance un touchant appel avec l’album Remember Me, resté sans écho. Il devient de plus en plus difficile pour lui d’exercer son talent. Il arrête le saxophone alto et reprend le piano, sans grand succès ; peu à peu il tombe dans l’oubli. Il a quitté le métier, il y a une vingtaine d’années, pour devenir professeur de mathématiques près de New York.
______________________________________
* Memphis est resté dans l’histoire avec l’assassinat de Martin Luther King le 4 avril 1968 au Lorraine Motel. Ce motel, reconstruit, a été transformé en musée des droits civiques.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 10, 2014 9:47 AM MEST


Colianni & Company
Colianni & Company
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 12,81

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Délicieusement rétro, 3 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Colianni & Company (CD)
Le pianiste John Colianni a étudié le piano avec un élève de Teddy Wilson ; il a débuté avec l’orchestre de Lionel Hampton (qui a des mots agréables à son égard sur la pochette). Avec de telles références, vous vous doutez bien qu’on ne va pas écouter un groupe avant-gardiste. On reste dans une tradition swing agréable à écouter avec un pianiste talentueux et qui fait preuve de dextérité. Mention particulière pour le clarinettiste Joe Midiri (je ne connaissais pas ; et vous ?) qui nous charme dans les ballades comme «Indian Summer» et sait nous entrainer dans la danse sur les morceaux plus vifs. A découvrir. Le batteur Joe Ascione, qui joue avec Eddie Higgins et sideman sur le label Arbors, Karl Schloz à la guitare et le contrebassiste Wayne Roberts sont de la compagnie. Une ambiance plus R&B sur les quelques morceaux chantés par Kelly Bell avec d’excellents solos au sax alto de Joe Midiri (je vais finir par fonder un fan-club) qui possède aussi des talents de chanteur-imitateur (#14). Une nette joie de jouer. Un bon enregistrement, délicieusement rétro, de 1998.


More Party Time
More Party Time

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Sax Texan, 3 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : More Party Time (CD)
Originaire de Houston, Arnett Cobb (1918-1989) est un vétéran du saxophone ténor avec un gros son dur et rauque, à l’accent texan. Puisqu’on parle des Texans, comme Buddy Tate, Illinois Jacquet (né en Louisiane, mais arrivé tout jeune à Houston), David Newman, etc., à leur sujet, Jacques Réda faisait remarquer qu’on ne retient souvent que la véhémence de ces ténors et qu’on oublie de souligner leur délicatesse sensuelle contrastant avec la mâle ampleur de leur sonorité. Cela s’applique très bien à Arnett Cobb.
Il a fait ses débuts avec des orchestres de Houston à partir de 1936 (Chester Boone, Milt Larkin) puis, au début des années 40, il rejoint l'orchestre de Lionel Hampton, voisin de pupitre de Illinois Jacquet, auquel il succède, comme soliste, à son départ en 1942. Sa carrière a connu des hauts et des bas causés par ses problèmes de santé. Une opération de la colonne vertébrale en 1948 l'a contraint à suspendre ses tournées et un accident d'automobile en 1956 l'a sérieusement atteint aux deux jambes. Même pendant ses périodes de retrait, il n'a jamais cessé de jouer de son saxophone alternant déchaînement et tendresse. L’album ‘More party Time’ en apporte la preuve. En compagnie de Tommy Flanagan au piano (Bobby Timmons le remplace sur la plage 4), Sam Jones à la contrebasse et Art Taylor à la batterie ainsi que Danny Barrajanos aux congas, il swingue à merveille. Des phrases courtes, bien calées sur le tempo, qui cherche à faire bouger l’auditoire, transcendant ainsi son handicap. Agréable à écouter, tant dans les tempos rapides que dans les ballades bluesy. Enregistré en février 1960, cet album s’inscrit dans la lignée de Party Time, datant de mai 1959 avec, cette fois, Ray Bryant au piano.
Ces 2 albums, ainsi qu’un troisième, sont rassemblés dans cette édition(2CD) plus abordable.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 3, 2014 11:32 AM MEST


Montreux'77
Montreux'77
Proposé par EliteDigital FR
Prix : EUR 19,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Ray brillant, 1 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Montreux'77 (CD)
Le pianiste Ray Bryant (1931-2011) est présent sur un paquet d’albums, surtout entre 1955 et le début des années 60. Regardez dans votre discothèque vous en avez certainement plusieurs où il joue. Il est avec Sonny Rollins, Max Roach, Lee Morgan, Benny Golson, Dizzy Gillepsie, Coleman Hawkins, Jo Jones, etc. Il a accompagné Carmen McRae. Il est moins renommé que les Oscar Peterson , Ahmad Jamal, ou encore Hank Jones ou Tommy Flanagan et ses nombreux disques sous son nom sont moins connus. Pianiste venu du bebop, le gospel et le blues sont présents dans son jeu.
Bien servi par une main gauche énergique qui donne maintient le tempo, Ray brille en solo. A part deux compositions du pianiste que des airs très connus mitonnés par le pianiste. Une bonne prise de son pour cet excellent concert donné à Montreux le 13 juillet 1977.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 2, 2014 6:16 PM MEST


The Fabulous Sidney Bechet
The Fabulous Sidney Bechet
Prix : EUR 9,29

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Tout est dans le titre, 30 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Fabulous Sidney Bechet (CD)
Comment traduire "Fabulous"? Formidable, sensationnel? C'est vrai que ces qualificatifs s'appliquent tout à fait à ce disque. Le mot convient bien aussi pour caractériser le musicien. Doublement fabuleux Sidney Bechet, musicien de légende et extraordinaire instrumentiste. C'est un extraterrestre qui joue, son soprano est aérien, virevoltant, insaisissable, léger comme la plume, vif comme la truite, étincelant. Dès qu'il joue, il éclipse ses partenaires qui ne sont pourtant pas manchots.
Deux sessions new-yorkaises, l'une de 1951, l'autre de 1953. La première avec le trompettiste Sidney DeParis, le tromboniste Jimmy Archey, le pianiste Don Kirkpatrick, le contrebassiste Pops Foster et Manzie Johnson à la batterie. La seconde avec l'excellent Jonah Jones à la trompette, Jimmy Archey au trombone, Buddy Weed au piano, Walter Page à la basse et le batteur Johnny Blowers.
Laissez vous porter par Sidney, toutes vos idées noires s'envolent, vous voilà remis sur pied. Une prescription efficace contre la neurasthénie et, par ricochet, un moyen de combler le déficit de la Sécu.
Avant de me dire que cela a vieilli, écoutez donc!
Vous n'aurez qu'un seul regret, pourquoi avant tant tardé à écouter Sidney Bechet?
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 1, 2014 6:31 PM MEST


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20