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Contenu rédigé par mercipourlemorceau
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Commentaires écrits par
mercipourlemorceau "mercipourlemorceau" (Star Acacademy,Resident du château)

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Life Is People
Life Is People
Prix : EUR 16,62

5.0 étoiles sur 5 Toujours de la lumière..., 10 septembre 2013
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Life Is People (CD)
Qu'est ce qu'un album de chevet ? C'est ces rares albums dont vous savez dès la première écoute qu'ils ne vous quitteront plus... C'est ces rares albums de ceux que vous croyez écrits pour vous... C'est de ces rares albums qui arrivent pile au bon moment dans votre vie, qui semblent comme en être un reflet exact mais idéalisé, comme sublimé, comme un révélateur de nous sans artifice...
Ici, il n'était pas forcément nécessaire de coller à une actualité brûlante, d'être dans la "Hype"... Plutôt parler de ces albums qui nous forgent, qui forment notre identité, que l'on peut poser comme des cartes de notre intime pour permettre aux autres de mieux nous trouver...
Ces albums qui parlent de nous, qui parlent pour nous, qui ne s'adressent qu'à nous.
Ce "Life Is People" de Bill Fay, de 2012, est de ceux-là... On rentre dans ce disque comme dans son lit, on y retrouve chaleur et familiarité qui rassurent...

Alors oui, toutes les semaines, l'industrie du disque (Quel vilain accouplement) nous pond le retour ou la découverte d'un énième génie inconnu ou oublié... On se saisit de la galette et on se retrouve confronté à des mélodies sans saveur et rances, comme figées dans la naphtaline...
Avec Bill Fay, pas de malentendu... Il nous revient mais avec de nouvelles substances, de nouveaux titres ancrés dans notre temps produits avec à propos par Jeff Tweedy de Wilco d'où cette reprise de "Jesus, etc" extrait du plus grand album Folk Pop des années 2000, "Yankee Hotel Foxtrot".
Avec Bill Fay, pas de malentendu, il nous donne des envies d'absolu... De prendre toute notre volonté et de traverser la manche à la nage pour le sortir de sa tanière pour mieux le remercier de sa délicatesse musicale.
Ici, je ne parlerai pas de son glorieux passé, de ses albums édités dans les années 70 et de son inexplicable absence de plus de 40 ans loin des studios et de la scène musicale.
Je vous parlerai plutôt de son faux départ de 2010, "Still Some Light", double album qui fit un peu moins de remous... Album qui réunissait un cd d'inédits remontant aux années 70 et un second réunissant de nouveaux titres récents offrant des ouvertures à tous les espoirs...

Derrière ce projet, il y avait David Tibet (Current 93) et Michael Cashmore (Nature And Organization)...
Ce "Still Some Light" sonne aujourd'hui comme une grande répétition générale de ce "Life Is People" qui nous réunit aujourd'hui...
Où cet homme s'est t'il égaré pendant plus de quarante années ? Les choeurs gospel et le texte de "There Is A Valley" nous laissent supposer la piste d'un certain mysticisme à hauteur d'homme.
Où cet homme s'est t'il égaré ? Parmi les siens, parmi les hommes, au milieu d'eux ...

"The never ending happening
of what's to be and what has been
just to be a part of it
is astonishing to me"

Tout Bill Fay est résumé dans ces quelques mots extraits du sublime ""The never ending happening"...
C'est une humilité non feinte et dressée en paravent face au cynisme et au rouleau compresseur du chaque jour... C'est le regard d'un homme qui préfère les grands espaces, le vent et les falaises où l'on se sent vivant...
Grâce soit rendu à Joshua Henry, grand fan des vinyles de Bill Fay entendu dans son enfance sur la platine de son père... Comme quoi le destin des grands disques se vit à presque rien... Si Joshua Henry n'avait pas pris son culot à deux mains... Des titres comme "Cosmic Concerto" (Jason Pierce de Spiritualized court après ce genre de titres depuis des années) ou "The Coast No Man Can Tell" ne seraient jamais arrivés jusqu'à nous... Ils seraient restés prendre la poussière dans le tiroir du bureau de la maison (que l'on imagine cossue) de Bill Fay dans la campagne anglaise.

Où cet homme s'est t'il égaré ? Dans des paysages déserts où la présence humaine sait se faire discrète... Au pied des éoliennes qui chantent de doux murmures...
Où cet homme s'est t'il égaré ? Dans notre temps, dans notre monde moderne, dans l'anonymat des villes qui le soulage.
Où cet homme s'est t'il égaré ? Dans le blanc des marges de cette feuille sur laquelle j'écris, dans ce No man's land où se rencontrent la préméditation de l'idée et la paix intérieure...

"Life Is People" sonne comme le bilan d'un homme assagi, d'un homme revenu de tout, revenu de lui, revenu à lui

"When it all comes tumbling down
all the palaces and parades...
It'll be okay on the healing day
No more going away on the healing day
Yeah we'll find our way on the healing day"

Il faut entendre "City Of Dreams" et son texte qui nous renvoie à la futilité de nos vie consommables... Il faut entendre ses craintes de voir ses frères hommes transformés en Homo Consommobilis, à travers ces centaines de fenêtres fermées de l'intérieur. Ces faux-semblants de communication accrochées à leurs cellulaires... Rien de moralisateur ici, juste une envie de réveil...
Seulement monter cette colline avec lui, apprendre à ressentir le soleil qui nous réchauffe, à sentir la rosée qui rafraichît nos pieds nus, toujours remonter cette colline avec effort et être enfin en paix avec soi...


Seven Songs [Vinyl LP]
Seven Songs [Vinyl LP]

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Retour d'un gagnant magnifique, 19 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Seven Songs [Vinyl LP] (Album vinyle)
J’ai eu la chance de faire parti de ces heureux qui ont pu assister à la tournée de The Apartments à l’hiver 2012. C’était à Nantes au stéréolux le 05 decembre 2012. Nous attendions religieusement et fébrilement après un concert enthousiasmant de 49 Swimming Pools.

Je me rappelais ma première écoute de The Apartments,c’était en 1985...déjà... Je me rappelais ces premiers sons égrénés dans l’enceinte de cette radio locale brestoise dans laquelle je faisais une émission.... Cette chanson,c’était Mr Somewhere... et à jamais la musique de The Apartments restera liée dans mon esprit à l’intime,au personnel,à ce que l’on ne partage pas,à ce que l’on garde pour soi... Nous sommes beaucoup comme cela dans notre rapport à la musique de Peter Milton Walsh....

Heureusement pour les autres,heureusement pour nous,il existe des exceptions généreuses comme Emmanuel Tellier,amoureux fou de la musique de l’australien. Ce même Emmanuel Tellier qu permit cette tournée et cette session enregistrée dans le cadre de l’excellente émission "Label Pop" présentée par Vincent Théval et diffusée tous les lundis à partir de 22h30 sur France Musique.

Je me rappelle mes larmes dans les yeux durant ce concert,de cette émotion vraie partagée entre Peter Milton Walsh et son public...

Quand on parle de Peter Milton-Walsh,les mots qui reviennent souvent sont "perdant magnifique", "artiste maudit". On parle souvent de lui au passé en se remémorant la beauté intemporelle de ses œuvres sortie il y a tellement longtemps que certains d’entre vous n’étaient même peut-être pas nés à leurs sorties. Avec cette tournée et cette session "Seven songs",Peter Milton-Walsh nous parle au présent et nous affirme qu’il est toujours là et actif.Il nous le prouve par la réinterprétation de ses titres anciens,parfois rares. Il en fait une œuvre nouvelle. Notamment par l’apport crucial d’Amanda Brown (Ex Go Betweens) au violon ou de Fabien Tellier (49 Swimming Pools) au piano. On est surpris par le côté à la fois luxuriant et dépouillé des orchestrations.

Cette session commence par l’immense "Things you’ll keep" ,issu de "A Life Full Of Farewells" avec la voix de Peter Milton-Walsh, toujours pleine de volonté et de douceur qui nous rappelle la puissance de ses qualités d’interprète.

"Thank you for making me beg" est de ces titres qui expliquent cette nature intemporelle de la musique de The Apartments... allant tant chercher du côté d’une certaine Pop soyeuse des années 60,Burt Bacharach en tête que du côté de la Soul...Cette chanson vous tirera des larmes à coup sûr.

Je ne dirai jamais assez l’amour que je voue à "World of liars",issu de l’album "Apart",ici dans une version plus dépouillée où Peter Milton-Walsh chante comme si cela devait être la dernière fois qu’il chantait avec cette voix qui se joue de la brisure,de la cassure pour mieux rejaillir plus belle encore...

Avec "On every corner" et la trompette de Gaël Riteau,c’est The Apartments, le groupE qui vient à notre rencontre. On est stupéfait par la cohérence et la maîtrise de l’ensemble surtout quand on se rappelle que le groupe fraîchement formé pour la tournée n’a pu répéter qu’un ou deux jours avant leur concert inaugural à Allones. C’est l’interprétation d’un collectif,d’un groupe qui s’affirme...

Ensuite il y a.... Mr Somewhere dans cette interprétation qui me fît monter les larmes aux yeux lors de ce fameux concert à Nantes.... Je peux vous dire que je n’étais pas seul,loin de là... Ce violon d’Amanda Brown comme une réminiscence mélée de John Cale et de Nico du temps du Velvet. Entendre cet homme chanter ce titre 28 ans après sa création,se retourner vers ce jeune homme qu’il était alors et lui parler devant nous...

"Everyday will be new" nous emporte avec ces notes de piano qui s’écoulent comme des lignes de fuite quand "All You Wanted" clôture cette session comme dans une forme d’au revoir.

"Seven songs" jouent avec nos frustrations... Frustrations car on aurait voulu le voir plus long cet enregistrement de Peter Milton-Walsh,car on aurait aimé entendre d’autres versions d’autres titres que l’on adore... Nous avons tous des tas de morceaux préférés du groupe comme cette perle,"She sings to forget you", version plus intime du "Goodbye Train".

On aurait aimé y entendre des titres inédits comme cette sublime chanson "21" sur l’errance imaginaire et impossible dans New York avec son fils disparu. Ces titres nous donnent envie de retourner aux albums... Ils nous donnent envie de voir une suite à cette discographie exemplaire. On sait qu’il reviendra,on en est sûr. Il ne peut en être autrement... Nous refusons l’absence intolérable de la musique de Peter Milton-Walsh et de ses Apartments.

Je sais qu’un jour,je reviendrai à ce moment perdu dans mon adolescence en écoutant les nouvelles chansons de ce gagnant magnifique que sera Peter Milton-Walsh


Tomorrow's Harvest (+3 Art Cards Bonus)
Tomorrow's Harvest (+3 Art Cards Bonus)
Proposé par FLASH
Prix : EUR 18,12

20 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Comme des miroirs de nos moi intimes, 19 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tomorrow's Harvest (+3 Art Cards Bonus) (CD)
Eté 2011... Fort de Saint-Père prés de Saint-Malo... Route Du Rock d’été... Une montée de nostalgie m’envahit face à ce retour de sauvagerie brute et poétique que nous assène Richard D.James alias Aphex Twin lors d’un set magistral.

Le public se clairsème face à ce revenant qui nous prouve avec force et violence qu’il bouge encore et qu’il est bien vivant, en pleine possession de ses envies de créateur...

Ce soir-là, je me prends à rêver à un retour discographique de Boards Of Canada, autres artistes affiliés à l’exigeant label Warp... Nous sommes en 2011 et le duo écossais n’a rien sorti depuis le mini-album "Trans Canada Highway" en 2006, une éternité...
Je me plais à me rappeler l’apport de l’Ecosse à la chose musicale, d’Alexander Mackenzie à Robert Carver, d’Aztec Camera à The Blue Nile, de Jesus And The Mary Chain à The Pastels... Et Boards Of Canada qui fait partie de cette histoire avec des albums indispensables, certes pas toujours faciles à apprivoiser mais foisonnants pour qui se laisse porter et emporter...

Boards Of Canada nous a toujours habitué à la rareté, à l’excellence. Mais le plus endurci des passionnés de leur musique s’était fait une raison et se croyait à jamais orphelin d’une Ambient exigeante et atmosphérique, poétique et abstraite. Il y a quelques mois,il y eut ces rumeurs sur les réseaux sociaux de nouveaux titres, ce fameux EP lors du Disquaire Day avec ces codes étranges qui renvoyaient à l’annonce sybilline et mystérieuse d’un nouvel album à paraître en juin 2013, "Tomorrow’s Harvest".

Enfin, il y eut cette vidéo, "Reach For The Dead" qui reveilla tous les espoirs et aiguisa nos envies... Cette vidéo avec ces espaces ouverts et ces lieux clos comme des symboles de nos angoisses enfouies. Il y a ces lumières qui nous guident dans un entre-monde à la fois inquiétant et accueillant, comme ce mourant qui s’accroche à la vie mais que cette pleine lumière apaisante attire comme du fer tend vers l’aimant... Nos repères s’effritent, nous sommes comme submergés par ces lumières aveuglantes en fin de parcours...

C’est donc avec plus qu’un sentiment d’impatience que je lancais sur mon vieil ordinateur ronronnant ce premier titre, "Gemini", toute en dissonance qui campe des les premières .notes les tracés d’un univers ample et pourtant comme enfermé, cloisonné, comme claustrophobique et haletant.

Puis vient le fameux "Reach For The Dead", déjà cité plus haut, somptueuse mise en images musicales, somptueuse sublimation de nos inquiétudes tues....

"White Cyclosa" nous renvoie vers ces terres d’enfances dérangées, déja parcourues dans "Music Has Right To Children" ou "Geogaddi"... C’est dissonant et plein d’un desespoir qui n’ose pas s’affirmer mais que l’on sent là, tapi et prêt à nous saisir....

"Jacquard Causeway" se rapproche du très beau "Oversteps" d’Autechre, autre machine électronique poétique qui aida d’ailleurs en son temps Boards Of Canada à intégrer Warp par le soutien indéfectible de Rob Brown et Sean Booth. Le morceau prend son envol doucement et nous noie dans une torpeur inconfortable.

Il y a cette voix métallique qui égrène des chiffres dans "Telepath" comme une séance d’hypnose qui virerait mal.

"Cold Earth" nous ramène au meilleur du "Low" de David Bowie, autre revenant de cette année 2013 riche en retrouvailles...

Savez-vous ce qu’est l’hantologie ? Mot barbare, savant, énigmatique, abstrait, ésotérique me direz-vous... Pas tant que ça à l’écoute de la musique des Boards Of Canada qui se réclament d’ailleurs de cette fameuse hantologie...

Cette fameuse hantologie, théorie initiée par Derrida,ce n’est rien de plus que l’expression d’oeuvres prenant pour racine des traces culturelles du passé, comme des empreintes invisibles qui permettent aux fantômes d’époques révolues de s’exprimer, de remonter à la surface, de s’affirmer dans notre modernité.

Il en est ainsi de Leyland Kirby et de son projet "The Caretaker" plus particulièrement, autre faiseur de belles pièces musicales qui semblent convoquer les Ballrooms des années 30, ou encore Ariel Pink et Boards Of Canada bien sûr... On ressent l’apport hantologique sur "Transmisiones Ferox" et ses tonalités analogiques comme sorties d’un vieux Popol Vuh ou Tangerine Dream au son craquant.

"Sick Times" décline sa mélodie malade avec ces voix mélées, indiscibles,hantées. Avec "Collapse", nous perdons nos perspectives avec ce décor en perpétuel érosion qui ne parvient pas à choisir entre des ascensions verticales et des chutes horizontales.C’est comme un dédale qui se cherche.

"Palace Cosy" nous transporte dans une fausse impression de légereté qui se joue de nous et qui est vite détrompée par l’atonalité de l’ensemble, comme une comptine désaccordée pour enfants perdus...

"Split Your Infinities" est ce morceau que l’on attend, celui d’une quiétude tranquille.. C’est comme un voyage de 4 minutes 28 qui nous fait vivre toutes les facettes des sentiments à travers un prisme déformant mais rassurant.

Le répit est de courte durée.La noirceur nous attaque à nouveau avec le minimal "Uritual" tout en boucles obsessionnelles qui referme l’espace sur nous.

"Nothing Is Real" sonne comme un manifeste étrange avec cette voix comme égarée et organique dans cet univers cérébral, abstrait .

Avec "Sundown", nous voyons le soleil se coucher pour la dernière fois et nous le savons avec cette assurance comme une conjugaison du désespoir. Nous savons que nous entrons dans une nuit qui ne s’arrêtera plus. Nous savons que nous aurons pour compagnons de voyage les ombres et l’obscurité. "New Seeds" nous présente ces nouveaux amis nocturnes, cette étrange union entre nos terreurs enfantines et nos déambulations imaginaires.

"Come To Dust" remet les choses en perspective, marque notre finitude en jalon d’un aprés en attente, en gestation, notre état de perpétuel enfant tremblant face au destin. Un des sommets de "Tomorrow’s Harvest" assurément !!!!

Peu de place pour la lumière ou alors de ces lumières aveuglantes qui brûlent et réduisent les contours à peu de choses, à presque rien... "Semena Mertvykh",qui clot ce voyage,ressemble à s’y méprendre à un inédit d’Angelo Badalamenti. Les spectres s’effacent petit à petit, la lumière s’estompe et petit à petit,il n’y a plus rien,tout juste des stases lumineuses,puis plus rien,le noir et... nous... Juste nous comme saisis dans une immobilité fragile qu’on ne veut pas gâcher...

2013 sera sans aucun doute l’année des retrouvailles souvent attendues,parfois inespérées... Il y eut le retour d’un Bowie en demie-teinte qui ne parvient pas à convaincre complètement, d’un My Bloody Valentine anachronique mais bienvenu et celui de Boards Of Canada qui nous rappelle ô combien les musiques de Labradford, Gastr Del Sol,Mark Hollis,Stars of the lid,Aphex Twin,Tim Hecker et les écossais de Warp nous sont précieuses...

D’ailleurs savez-vous ce que signifie "Warp" ? Il y a deux hypothèses , la première, "Weird And Radical Projects, la seconde, "We Are Reasonable People". En 2013, Boards Of Canada sort un album somptueux et exigeant comme un pied de nez honorable et malicieux à des machines commerciales comme Daft Punk.
Michael Sandison et Marcus Eoin sont des gens raisonnables qui proposent des projets étranges et radicaux et c’est tant mieux car on ne se priverait pas d’aller s’aventurer dans des voyages tortueux et saisissants comme ce "Tomorrow’s Harvest",comme une promesse tenue de belles moissons du lendemain que nous garderons en nous comme des miroirs révélateurs de nos intérieurs...
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 4, 2013 9:23 PM CET


Antique Melodies
Antique Melodies
Prix : EUR 8,99

5.0 étoiles sur 5 A l'ouest de nous mêmes..., 19 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Antique Melodies (Téléchargement MP3)
Il est des musiques qui prêtent à ces errances proches du rythme de la flanerie du pas, du vagabondage qui prend le temps de s'emerveiller des paysages qu'il traverse, d'observer les ombres sur les cimes, de ces voyages quasi-immobiles dans ces forêts ensoleillées où pointent des zones de fraîcheur bienveillante.
Il en est ainsi de la musique d'Henri Crolla, de celle de Nino Rota, de celle de Gianluigi Trovesi ou encore de celle de Gianmaria Testa... Olivier Longre vient rejoindre ce cercle très privé de ces peintres d'une lenteur onirique et solaire...

Vous ne connaissez pas Olivier Longre et pourtant vous le connaissez sûrement sans le savoir...
Vous connaissez Amélie les crayons ? Sa chanson aux références tant Seventies (Catherine Sauvage,Moustaki,Anne Sylvestre,Barbara) que furetant du côté du folk lunaire des Innocence Mission....
Et bien si vous connaissez Amélie les crayons, vous connaissez Olivier Longre.
En effet, le guitariste de formation a fait les arrangements de "La Porte Plume", travail pour lequel il a d'ailleurs été récompensé du grand prix de l'académie Charles Cros en octobre 2007.I l a également apporté sa touche au dernier album d'Amélie paru en 2012, "Jusqu'à la mer".

Il sort ces jours-ci ce premier album solo, "Antique Melodies", un album très court de moins de 30 minutes...Un album qui fait appel à tous les sens, qui met notre vision en eveil... On ne sera pas surpris d'apprendre qu'en plus de ses activités de musicien,Olivier Longre est également photographe ... Pour preuve,cette belle photographie fantomatique en couverture de l'album qui donne envie de s'y plonger...
Il est parvenu d'ailleurs à unir ses deux activités en une seule à travers des chroniques qu'il propose régulièrement chez nos confrères de l'excellente "Oreille absolue"... Ces chroniques, "l'epreuve du son" ont pour but de mettre en sons les sensations ressenties à la vision d'une image....
Je crois bien que tout le postulat de départ d'"Antique Mélodies" est résumé dans cette démarche.... Evoquer par le son des images....

L'album s'ouvre d'ailleurs sur "Song Of Green Valley" qui marqua le début de ces chroniques dont l'idée était de faire se confronter et la musique et l'image dans un enlacement qui brise les frontières. Ce morceau nous baigne dans un univers nocturne et agréable, comme utérin.

"The Migrant" est la réorchestration de l'ouverture du spectacle "La porte plume" d'Amélie Les Crayons...
Avec ce titre, nous rentrons dans un espace temps indistinct où arrivent pêle-mêle des images sépia et presque effacées de personnes qui nous regardent du haut de l’exubérance de leur jeunesse éteinte.

"Silent Movie", c'est comme la rencontre de Pascal Comelade et de The Innocence Mission... Et puis, il y a ce travail riche et soyeux sur les arrangements avec cette Lyre, cet harmonica, cette Sanza...

Avec "Sur Les Toits", c'est comme si nous rentrions dans l'écran d'un cinéma qui jouerait "La Rose Pourpre Du Caire" ou "L'illusionniste" de Sylvain Chaumet.
Dans un coin, il y a Django qui fait le bœuf avec des vieux tziganes avinés et hilares tandis que des enfants dansent dans une ronde joyeuse....

"Smoking Eyjafjallajökull", c'est comme si Marc Ribot s'apaisait pour assister à l'éruption grandiose du géant insolent et présomptueux.

"Morning notes" brouille une fois de plus les frontières du temps, entre la convocation de la Damia, chanteuse parisienne des années 30 et des bruitages sans substances (Parfait exemple d'hantologie si cher aux Boards Of Canada...)
C'est comme une minute et trente secondes en apesanteur qui vous met ce frisson exquis le long du dos... Je pense parfois à Matt Elliott dans l'utilisation des voix réverbérées.

"29" est d'une beauté qui ose le lyrisme...Il ne se passe presque rien et pourtant nous sommes happés par ces notes graciles de Glockenspiel... C'est une musique de rien, de l'infiniment petit, du détail que l'on oublie, du presque tu, du presque rien...

"La routine" est une musique écrite à l'origine pour un duo de danseurs... Et nous les voyons là devant nous qui s'égarent dans des mouvements volatiles avec ce sourire éclatant d'un optimisme assumé.

"The Earliest Land" nous transporte vers d'autres deltas où un vieux noir émacié joue de la guitare slide un soir d'été dans un vieux rocking-chair qui suit le rythme du balancement de la nuit qui tombe.

"West" qui clôt "Antique Melodies" nous met les sens à l'ouest...
Nous voila partis dans la quête éternelle d'un ailleurs accueillant, d'un havre de paix, d'un lieu où nous pouvons poser nos fardeaux. Nous le sentons là, presque suffisamment prés pour le toucher mais à chaque approche il s'éloigne dans une frustration douce.

Nous revoyons nos jeux d'enfants dans ces mouvements fragiles de guitare qui rappellent les lignes douces de Don Peris,guitariste du déjà cité Innocence Mission.
Nous traversons à bicyclette ces paysages de fin de journée de Toscane avec cette torpeur bienvenue qui nous envahit et nous ramène à notre unité. Nous réapprenons la lenteur, non pas comme synonyme d'ennui mais comme un retour à soi. Nous réapprenons à vivre sereinement avec nous-mêmes, à écouter nos images défuntes qui s'animent devant nos yeux....

Rien que pour cela, Olivier Longre et ses "Antiques Melodies" sont à remercier...
Rien que pour ces trente minutes qui nous permettent de n'être qu'Un face à ce soleil de fin de journée qui nous réchauffe quelque part à l'ouest de nous-mêmes...


Vallisa
Vallisa
Prix : EUR 18,79

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un moment rare, 13 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Vallisa (CD)
Certains moments ne sont précieux que parce qu'on ne les vit qu'une fois. C'est la magie de l'instant, une chance pour l'auditeur : se trouver au bon endroit, au bon moment. Que dirions-nous alors d'un concert à trois ? Violoncelle et piano, un peu de guitare, une chanson pourquoi pas. Un disque document, pour les fans de Dakota Suite mais pas seulement.

La scène se passe un soir de novembre 2009 dans une petite chapelle italienne et il y a véritablement quelque chose d'émouvant à lire la genèse de Vallisa. Certains en feraient un argument de vente. Chris Hooson lui en est juste persuadé : ce concert est la plus belle chose qu'il ait jamais produite.

Ici, trois hommes se découvrent pour la première fois : Chris Hooson (piano, guitare), David Darling(violoncelle) et Quentin Sirjacq (piano). Le premier publie des disques sous le nom de Dakota Suite depuis plus de 10 ans - une écriture intarissable mais économe, un éloge de la lenteur et de l'introspection. Le second est une légende vivante pour le premier et dispose à 70 ans d'un CV très impressionnant : un parcours solo chez ECM, de multiples expériences et des musiques de films (Wim Wenders ou Jean-Luc Godard, pour ne citer que les plus pertinents). Le troisième n'est pas en reste quoique beaucoup plus jeune - un album parait ces jours-ci chez Brocoli, La Chambre Claire, compositions pour piano et invités.

Au-delà de la performance, c'est avant tout une rencontre qui dépasse toutes les espérances. Il fallait un certain culot pour approcher un maitre tel que David Darling. Il fallait aussi une étincelle, aussi intriguant soit le casting. Ce sera chose faite dès la première pièce, Very Early One Morning On Old Road. Le titre lui-même s'échappe des musiques de chambre et le reste est presque toujours à l'avenant : comme autant d'instants arrachés à la solitude, la perte, l'absence.


High Violet
High Violet
Prix : EUR 15,88

2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De plus en plus pop, 9 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : High Violet (CD)
Voici la cuvée 2010 des New Yorkais National et c'est certainement leur opus le plus spontané mais également le plus accessible de tous...
On pourrait presque le qualifier de Pop par ses mélodies accroccheuses,sa rythmique (basse et batterie) omniprésente... mais une Pop qui se serait frottée aux sables mouvants de l'After Punk et de la Cold Wave plus précisément...

On retrouve trés souvent des réminescences des Chameleons et du superbe Script Of The Bridge décidément trés en vogue ces derniers temps dans le Landerneau musical(en effet,nous avons pu les entendre plagier chez Interpol,transcender chez Iliketrains...)
On croit reconnaitre des effluves brumeuses de la bande à Stuart Staples ou encore de l'australien aux mauvaises graines.

Voici un groupe qui fait son petit bout de chemin au fur et à mesure des années en élargissant de manière exponentielle sans pour autant se corrompre.
Et puis il y a la voix de Matt Berninger,une voix limitée qui sait se dépasser par ses talents d'interprétation...
Et il y a encore cette batterie toujours présente à un tel point que l'on croit les morceaux construits autour de sa base (D'ailleurs quel batteur)

Et puis il y a aussi les invités discrets comme excusons du peu,Sufjans Stevens,Justin Vernon (alias Bon Iver),Nico Mulhy,Padma Newsome de Clogs,l'autre projet musical de Bryce Dessner.

Voici un album long en bouche qui se retrouvera surement dans les bilans des albums de l'année...

Bonne découverte !!!


Avatar
Avatar
DVD ~ Sam Worthington
Prix : EUR 8,30

26 internautes sur 55 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Comme ces lampes à filaments fluorescents des années 70...., 18 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Avatar (DVD)
Ca y est j'ai vu le phénomène cinématographique de l'année...Qu'en dire ?? Pas grand chose

Avatar m'a fait penser pendant ses 02h40 à ces lampes à filaments fluorescents si typiques des années 70... Au début,on trouve celà joli,inventif et magique mais trés vite on se rend compte que c'est vide,creux et kitsch et encore plus vite on n'en peut plus de cet esthétisme flashy.
James Cameron nous sert un gloubiboulga politico-écologique qui ne rappelle pas Yann Arthus-Bertrand ou Hulot mais plutôt des niaiseries New Age... On est ici à un croisement entre la sainte parole de Maitre Yoda et des réminiscences du plus mauvais Boorman,La Forêt d'émeraude.
De plus,Cameron nous ressert des ingrédients déjà utilisés comme cet automate dans lequel peut s'intégrer un être humain que l'on trouve originellement dans la scène finale D'Aliens, le retour le retour qui nous annonce de manière lourdaude par là-même la scène finale d'Avatar,l'aspect visuel fluorescent d'Abyss que l'on retrouve ici...
Je m'attendais à voir un avion à réaaction passer contre un building comme dans True Lies....

Alors d'accord les effets spéciaux sont de toute beauté,bluffants de réalisme mais un film peut t'il se passer de scénario ?
J'avais apprécié Abyss qui trouvait la juste équation entre un scénario bien ficelé et des effets spéciaux de pure beauté à l'époque.
Alors je me doute bien que mon commentaire va en faire bondir plus d'un mais à chacun ses avis...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (6) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 7, 2010 9:52 AM MEST


Spirit Guides
Spirit Guides
Prix : EUR 8,91

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un coup de maître, 4 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spirit Guides (Téléchargement MP3)
Voici un jeune freluquet canadien de Toronto pour être plus précis,âgé de 28 ans qui nous sort un album magistral,percutant et incisif qui nous rappelle la majesté passée du divin premier album de Lloyd Cole And The Commotions,l'insurpassable Rattlesnakes mais aussi par sa perfection et aussi par sa capacité à tirer de recettes maintes fois goûtées des chansons sublimes et originales...

D'accord,parfois on croit reconnaitre des accents de l'Hospice de The Antlers, des trompettes au faux accent balkanique qui n'est pas sans nous remettre en mémoire le meilleur de Beirut

Mais ce qui s'insinue clairement dans nos oreilles,c'est cette référence à Hayden,Phosphorescent,Mount Eerie ,à du folk boisé et inventif qui ne s'englue pas dans les habitudes propres au genre (autoapitoyement,voix plaintive pour ne pas dire chialeuse,dépouillement austère,pose de bucheron...)

2 sommets de l'album à écouter en priorité, Cedars qui commence comme un mantra et qui n'est pas sans rappeler l'album de Bonnie Prince Billy avec le Marquis De Tren et Tumultuous Sea à la beauté vénéneuse...

Je crois bien que l'on tient déjà l'album de l'année 2010 avec ce Spirit Guides...

Bonne découverte à vous


Et Après (B.O.F.)
Et Après (B.O.F.)
Prix : EUR 14,82

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Belle B.O comtemplative qui sauve le film, 14 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Et Après (B.O.F.) (CD)
Aprés un livre sans grand intérêt à mon goût,un film proche du vide avec une Evangeline Lilly belle à se tuer mais sans profondeur,un Romain Duris trop jeune pour le rôle... On se dit que rien ne sera sauvable de ce film mais ce qui nous fait tenir tout au long de ce film interminable et prévisible,c'est la musique.
Une musique belle et comtemplative qui rappelle parfois par des échos légers le travail de Stars Of The Lid qui sauve à elle toute seule ce film...

Mélancolique et douce,on croit parfois également reconnaître la patte de Nicola Piovani et du Alina D'Arvo Part....

A découvrir


When the Detail Lost Its Freed
When the Detail Lost Its Freed
Prix : EUR 17,08

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Le premier album solo d'un des membres de Stars Of The Lid, 13 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : When the Detail Lost Its Freed (CD)
En 2004 sortait l'album solo d'Adam Wiltzie , somptueux disque paru sous le nom de The Dead Texan ; En 2005, Brian Mcbride(l'autre moitié de Stars Of The Lid) propose à son tour un long-format en solitaire mais sous son nom propre. Et, à l'instar de notre réaction enchantée d'il y a un an, on se trouve ébahi devant une ambient aussi attachante.

Plus dépouillé que celui de son compère, l'album de l'états-unien met en place une musique à l'instrumentation relativement légère (quelques notes de piano, une lointaine nappe de guitare, des cordes intermittentes) mais à la délicatesse constamment mise en avant.

S'il ne se révèle pas forcément aussi immédiatement captivant que le disque de The Dead Texan, ne reposant pas sur de prenantes superpositions de nappes, celui de Brian McBride opère en douceur, préférant agir par petites touches, ne faisant intervenir que peu d'instruments en même temps, créant des atmosphères ouatées propres au laisser-aller. Pour autant, le musicien sait également proposer des morceaux plus riches comme Our Last Moment in Song, ses deux guitares et le chant voilé de Cheree Jetton (membre de The Pilot Ships ) ; mais ce très relatif foisonnement n'empêche pas l'ensemble de conserver une dimension extrêmement gracile, toujours en retenue.

De fait, c'est ce qui pourrait aisément être reproché à When The Detail Lost Its Freedom : une forme de discrétion légèrement maniérée. Mais, en réalité, Brian McBride a fait le choix de laisser les instruments s'épanouir dans un cadre épuré afin qu'ils puissent prendre toute leur ampleur ; par conséquent, cette absence d'un drone d'arrière-plan ensorcelant qui aurait attirer sur lui l'attention s'avérait nécessaire.

Au demeurant, dans I Will, le musicien tord le cou à ces éventuelles critiques avec des nappes en flux et reflux tout à fait passionnantes soulignées d'un bruit de ressac.

Plus encore, The Guilt of Uncomplicated Thoughts apparaît comme le sommet du disque : mélodie de guitare émouvante aux larmes, seconde six-cordes installant une plage accueillante, voix évanescente de Cheri Keating remplacée pour les deux dernières minutes par une trompette ravissante, bref huit minutes de pure beauté. L'album peut alors se clore avec trois derniers morceaux dans la lignée de celui-ci, mais moins ébouriffants. Reste que ce disque est tout à fait enthousiasmant annonciateur du sublime ...And Their Refinement of The Decline de STOL


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