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bir-hacheim "Le blog de bir-hacheim" (Tourcoing, France)
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Omaha Beach, 6 juin 1944 : Le débarquement de Normandie
Omaha Beach, 6 juin 1944 : Le débarquement de Normandie
par Joseph Balkoski
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Vous saurez pourquoi ce 6 juin 1944 fut vraiment "le jour le plus long"..., 19 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Omaha Beach, 6 juin 1944 : Le débarquement de Normandie (Broché)
Cet ouvrage est complètement consacré à la seule journée du 6 juin 1944 sur cette longue plage normande entre Vierville et Coleville qu’on n’allait plus appeler désormais que par son nom de code américain: Omaha, « Omaha la sanglante ».

Ce fut une longue journée de près de 18 heures de clarté qui fut bien , pour l’ensemble des combattants survivants, le « Jour le plus long ».

C’est donc là, sur l’une des cinq plages du D-Day, qu’allait se jouer l’établissement de la tête de pont des forces alliées en Europe de l’Ouest.

L’ouvrage de Joseph Balkoski est réellement impressionnant: en 390 pages, il embrasse toute la réalité du jour J vécue tant par les combattants que par les officiers supérieurs en charge de l’opération, de l’arrivée sur la plage jusqu’à la tombée de la nuit. L’ouvrage fait vraiment la part belle aux témoignages directs. Dans la mesure du possible, l’auteur a repris ces témoignages au plus près des faits vécus dans l’espace mais aussi dans le temps. En conséquence, les dits-témoignages occupent finalement près de la moitié de l’ouvrage global. J’avoue en avoir été parfois gêné dans la lecture mais cela n’enlève rien à l’intérêt du travail de Joseph Balkoski.

L’ouvrage s’ouvre évidemment par le contexte de l’opération Overlord, par la préparation alliée et par les mesures prises par les Allemands pour se défendre et repousser l’invasion attendue.

En fait, Overlord fut une opération sacrément bien préparée à tous points de vue. Ce qui est impressionnant, c’est que finalement, rien ne se déroula comme prévu: ratage des bombardements aériens et navals préalables, dérive des navires de débarquement, mauvais renseignements sur les unités allemandes opposées, échec des blindés amphibies. Bref, le débarquement se réalisa dans des conditions terribles très bien rapportées par Joseph Balkoski. Avec les GI’s, vous allez vraiment vivre sous les tirs directs et indirects allemands, vous comprendrez l’agglutinement mortifère et statique des soldats à l’abri des jetées, le mélange dangereux des unités combattantes, l’impact de la montée rapide de la marée et l’importance des quatre valleuses d’accès hors de la plage.

On a beau connaître l’histoire, il y a un moment où l’on sent vraiment le découragement gagner. Et c’est là qu’on découvre qu’il s’agit finalement d’un combat d’infanterie où les personnalités se révèlent: des sous-officiers, officiers subalternes et supérieurs vont se lever pour mener des combattants apeurés, séparés de leur hiérarchie directe, en dehors des plages tant pour éviter d’être tués que pour permettre à d’autres unités constituées de débarquer.

Au final, on sort de l’ouvrage avec une impression de confusion extrême, de coups du sort, de pertes importantes, d’héroïsme ordinaire et extraordinaire. 18 heures de clarté, ce fut sûrement le Jour le plus long de leur vie pour ceux qui survécurent…

Le texte de Joseph Balkoski est, qui plus est, soutenu par une iconographie nombreuse en n/b dans le texte, 27 cartes bien utiles, des annexes, une bibliographie et un index.

Bref, un superbe ouvrage proposé par les éditions Histoire & Collections indispensable à toute bibliothèque consacrée à la seconde guerre mondiale.

Pour rappel, au delà de son talent d’auteur, Joseph Balkoski est aussi un concepteur de wargames renommé. Sur la bataille de Normandie, il a conçu les simulations suivantes:
- Atlantic Wall (SPI – 1978)
- Omaha Beachhead (Victory Games en 1987)
- St Lô (West End Games – 1986)


La bataille de Normandie 6 juin 25 août 1944
La bataille de Normandie 6 juin 25 août 1944
par Jean Quellien
Edition : Broché
Prix : EUR 21,90

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Normandie 44: un enfer pour les combattants et pour les civils., 3 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La bataille de Normandie 6 juin 25 août 1944 (Broché)
Je n’avais jamais lu un ouvrage de Jean Quellien avant celui-ci. En dehors du 70ème anniversaire, cet ouvrage m’a intéressé car l’auteur a décidé de se concentrer sur les douze semaines de combat que se livrèrent Alliés et Allemands en terre normande. Trop souvent, en France, on passe directement du 6 juin 1944 à la libération de Paris en août oubliant quelque peu le déchainement intense de la guerre durant près de trois mois.

L’ouvrage se compose de quatre grandes parties:

- Clés pour une bataille: moyens humains et matériels (terre, air et mer), commandement et doctrine, importance de la logistique
- Juin, consolidation et extension de la tête de pont: du débarquement du 1er jour à l’attente des contre-attaques allemandes puis à l’extension de la tête de pont vers Caen et vers le Cotentin
- Juillet: le mois le plus noir pour les Alliés. En effet, les Britaniques et leurs Alliés vont s’enferrer dans des opérations sans succès vers Caen qui vont cependant permettre de fixer le gros des forces blindées allemandes. Quant aux Américains, ils vont réellement découvrir un terrain de combat terriblement meurtrier et qui leur est totalement étranger: le bocage normand.
- La percée et la victoire: les Alliés continuant à se renforcer, le rideau défensif allemand, lui, ne fit que s’atrophier. Le succès de l’opération Cobra va faire basculer la bataille statique en une percée majeure que rien ne pourra arrêter jusqu’aux frontières du Reich.

Au delà des aspects stratégiques et opérationnels bien couverts par l’auteur, on appréciera son approche « au raz du terrain » à la « John Keegan »visant à nous faire partager le vécu des combattants des deux camps mais aussi des civils. Sur ces derniers, Jean Quellien s’étend particulièrement pour nous rappeler que la région normande fut particulièrement touchée par la seconde guerre mondiale (20.000 morts et des destructions massives largement du fait des Alliés d’ailleurs).

Sont également bien mis en avant l’efficacité tactique de la défense allemande, les problèmes de coordination inter-armes alliés et les divergences entre Britanniques et Américains, les mois avançant. Le rôle du support allié (artillerie, artillerie de marine, aviation tactique et carpet bombing) est aussi bien décortiqué.

Le tout est rédigé dans un style d’écriture bien agréable.

Sept cartes viennent soutenir un texte dense de 416 pages mais c’est trop peu, à mon sens, vu le détail des opérations présentées. Pour le reste, on bénéficiera de notes nombreuses, d’un index des personnes et des noms de lieux ainsi que d’une bibliographie accessible car principalement francophone.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 14, 2014 3:19 PM MEST


Montgomery
Montgomery
par Antoine Capet
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Au delà d'un titre quelque peu surprenant !, 21 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Montgomery (Broché)
Deux textes de référence sur Montgomery en même temps après des décennies de silence. On peut dire que les éditeurs français nous gâtent en ce moment !

Après les mémoires du maréchal Montgomery et l’ouvrage que lui ont consacré Cédric Mas et Daniel Feldmann, il me restait à lire cet ouvrage d’Antoine Capet. Pour tout vous dire, j’en suis un peu à une « overdose » de Montgomery ! Mais ca valait le détour vu le faible nombre d’ouvrage consacré à celui-ci en français !

Et bien, je trouve que les deux ouvrages se complètent avec bonheur. Là où l’on a, dans l’étude de Mas/Feldmann, une étude très pointue des opérations, de l’art de la guerre et du comandement de Montgomery, on a ici un ouvrage plus global, plus biographique tout en restant concentré, bien évidemment, sur la dimension militaire du personnage. C’est un paradoxe, car la collection « Maîtres de guerre » dans laquelle est édité le texte d’Antoine Capet, ne se veut pas comme rassemblant des biographies !

En fait, l’auteur, professeur de civilisation à l’université de Rouen, nous apporte un texte bien équilibré sur l’ensemble de la vie et de l’oeuvre du maréchal britannique. J’ai bien apprécié l’utilisation centrale des mémoires de Montgomery et l’éclairage que donne l’auteur au travers des mémoires et des témoignages des contemporains du général britannique. Une approche classique mais qui reste refficace pour l’amateur des mémoires que je suis. Le texte est appuyé régulièrement de notes de bas de page bien utiles également.

Une remarque cependant sur l’ « artiste des batailles », sous-titre de l’ouvrage. On ne peut pas dire qu’il soit clairement démontré dans l’ouvrage d’Antoine Capet. On ressent plutôt chez Montgomery un passionné de l’instruction, de la préparation d’opérations qu’il veut décisives par l’emploi massif de l’équipement dont étaient doté les Alliés, une recherche permanente de l’économie des hommes, ces citoyens-soldats d’une nation qui avait trop subi les hécatombes de la Grande Guerre, l’application et l’adaptation d’un « master plan » prévu à l’avance et qui ne se réalise pas toujours. C’est bien là où l’ « art de la guerre » de Montgomery est à l’opposé des doctrines américaine ou allemande: les Américains n’ont pas eu à supporter les pertes élevées de la 1ère guerre mondiale, ils restent sur une doctrine du mouvement tout napoléonien quant aux Allemands, leur savoir-faire réside toujours dans la recherche de la bataille décisive et l’art de l’encerclement des armées ennemies.

Au delà du fond, l’ouvrage d’Antoine Capet est bien écrit et abondamment illustré, c’est sûrement là l’un des points forts de la collection « Maîtres de guerre » des éditions Perrin. A noter que les cartes, qui sont en couleurs, n’en sont pas moins sommaires et parfois erronées.

On pourra enfin reprocher à l’auteur de n’apporter qu’une bibliographie sélective, très réduite par rapport à celle de l’ouvrage de Mas/Feldmann mais là à nouveau, c’est l’esprit de la collection qui prévaut !

Bref, pour résumer, avec les ouvrages d’Antoine Capet et de Cédric Mas/Daniel Feldmann, vous avez désormais bien de quoi satisfaire votre curiosité sur « Monty » et avoir une opinion bien plus nuancée des talents et défauts de celui qui restera l’un des généraux majeurs de l’histoire de la Grande Bretagne !


Assaut Sur Malte !
Assaut Sur Malte !
par Turquin Charles
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une uchronie pour une opération de l'Axe sur Malte en 1942., 13 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Assaut Sur Malte ! (Broché)
Il s'agit d'un "what-if" comme les aiment les wargamers !

Je l’ai lu rapidement après sa réception pour trois raisons:

- son format (128 pages) propice à une lecture rapide ! ;-)
- son auteur, Charles Turquin, chroniqueur savoureux de la rubrique « D’estoc & de taille » dans le magazine Guerres & Histoire.
- son thème uchronique

En effet, au delà de nous rappeler les circonstances de la guerre en Méditerranée en ces années 1940-1942, Charles Turquin se livre à une « proposition historique » de ce qui aurait pu se passer si les forces de l’Axe italo-allemand avaient tenté l’assaut sur Malte en 1942.

La première partie de l’ouvrage est consacrée aux rappels historiques sur les spécificités de Malte dans la guerre en Méditerranée et son rôle sur la route des approvisionnements tant des Alliés que de l’Axe: à la fois sentinelle et repère de corsaires anglais.

La deuxième partie est, par contre clairement, uchronique avec l’opération d’invasion de l’île à proprement parler mais aussi avec le plan britannique pour la contrer. Ah cette claymore ! ;-)

Globalement, on passe un très bon moment de lecture, l’auteur ayant un talent de narrateur particulièrement truculent.

Les puristes de l’histoire militaire regretteront le manque de profondeur dans l’analyse de la guerre en Méditerranée. Pour cela, il faudra s’en reporter à l’ouvrage de Vincent Arbarétier, « Rommel et la stratégie de l’Axe en Méditerranée » , chez le même éditeur Economica. A noter, une bibliographie assez datée pour les sources en français notamment.

Pour ma part, j’ai passé un excellent moment de lecture, bien dans l’esprit de la collection « Mystères de guerre » qui est, faut-il le rappeler, sous-titrée « Enigmes – controverses – uchronies ». Dans ce cadre, l’ouvrage atteint sa cible.


Montgomery - Biographie
Montgomery - Biographie
par Daniel Feldmann
Edition : Broché
Prix : EUR 19,00

2 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'essentiel sur un personnage historique central de la seconde guerre mondiale., 8 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Montgomery - Biographie (Broché)
Tout d’abord, parlons de ce que cet ouvrage n’est pas. Tout comme pour le « Rommel » des deux auteurs, cet ouvrage n’est pas une vraie biographie; le format de la collection (moins de deux cent pages) ne permet pas le travail exhaustif qu’on peut attendre d’un biographe, rarement à moins de 400/500 pages. C’est sûr qu’après le format des mémoires du maréchal (près de 600 pages), on peut trouver ça léger !

Mais non ! Sincèrement l’essentiel y est, je trouve qu’on a bien là de quoi comprendre la carrière de ce personnage hors-norme avec les points saillants suivants:

- une analyse fine des opérations dans lesquelles Montgomery eut un impact décisif ou moteur: la guerre du Désert est la plus brillament exposée d’ailleurs. C’est clair que les Mémoires du maréchal pèchaient de ce côté là.
- une conceptualisation intelligente de sa méthode que les auteurs qualifie de « systémique ». Pour Montgomery, il s’agit de gagner une bataille, une campagne ou la guerre avec rigueur, du fort au fort, en usant l’adversaire par des frappes successives et variées à la manière, bien anglaise, d’épuiser les lignes adverses dans un match de rugby. Chez Montgomery, pas de fioriture, pas de coup de patte de génie, de la méthode, des moyens pour gagner tout en économisant ses propres moyens humains. D’où l’importance de la préparation et des délais. Il ne laisse rien au hasard… ou au génie des batailles ! ;-).
- pour lui tout se résume en un « master plan » qui doit être exécuté à la lettre par des subordonnés qu’il a sélectionné et instruit de ses méthodes. Il leur délégue pleinement l’exécution avec parfois les risques induits d’ailleurs.
- on retrouve bien dans l’ouvrage son appétence pour l’instruction et ses travers nombreux particulièrement ses critiques incessantes de ses pairs et de ses supérieurs,

Franchement, pour tout ça, ne ratez pas cet ouvrage, il vaut franchement le coup ! Mais c’est là aussi où j’en reste sur ma faim car ces points auraient mérité un traitement beaucoup plus profond comme je l’avais déjà signalé sur le « Rommel » sorti précédemment. En fait, le format réduit implique d’être moins démonstratif et plus tranché dans les assertions et les points de vue des auteurs sans motiver par le détail leurs analyses comme ont pu le faire Jean Lopez et Lasha Okthmezuri dans l’excellente biographie de Joukov (pour rappel, plus de 700 pages).

L’ouvrage se termine sur une historiographie et une bibliographie bien complètes.

Au final, un ouvrage, intéressant, pénétrant sur l’art de la guerre de Montgomery. Mais trop court, trop synthétique et parfois abrupt pour en faire une biographie de référence (mais je ne lirai jamais les 2.800 pages, en anglais, de Nigel Hamilton !).

Au final, un ouvrage vivement conseillé dans toute bonne bibliothèque consacrée à l’histoire militaire !


Memoires du marechal montgomery vicomte d'alamein k. g
Memoires du marechal montgomery vicomte d'alamein k. g
par Montgomery
Edition : Broché

4.0 étoiles sur 5 Monty par Montgomery !, 24 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Memoires du marechal montgomery vicomte d'alamein k. g (Broché)
A l'heure où sortent simultanément... et en français, deux biographies du célèbre maréchal britannique Bernard Law Montgomery, vicomte d'Alamein, il m'a semblé opportun de lire les mémoires du dit-maréchal.

Car enfin, ne s'agit-il pas de l'une des personnalités les plus importantes de la seconde guerre mondiale (vainqueur de Rommel en Afrique du Nord, son impact sur les plans d'invasion de la Sicile et de Normandie, commandant des opérations terrestres en Normandie puis de l'un des groupes d'armées à l'assaut de l'Allemagne en 1944-1945 ?).

Bref, si son action a souvent été critiquée depuis la fin de la guerre, il n'en reste pas moins l'une des personnalités clés de la seconde guerre mondiale. A l'heure où de brillants jeunes hommes aux titres universitaires se penchent sur sa carrière ;-), il me semble de bon aloi de lire l'homme qui fut combattant, instructeur, commandant d'une compagnie à plus de 100.000 hommes au combat !

On entend parfois, de ci, de là, que les mémoires des grands hommes sont de peu d'intérêt car leurs auteurs sont concentrés sur leur petite personne et sur la place qu'ils souhaitent laisser dans l'Histoire. On ne peut objecter ces penchants naturels bien humains mais les mémoires n'en constituent pas moins un matériau de départ bien intéressant quand il s'agit d'nalyser les faits mais aussi les motivations et le contexte dans lesquels des décisions d'importance furent prises. C'est évidemment le cas, ici aussi, pour le maréchal Montgomery.

Parmi les faits saillants de ce dernier, on lui reprochera cette rare capacité à descendre ses collègues, particulièrement ses supérieurs. Il le fait souvent de manière argumentée et soutenue par ses notes personnelles, mémos, télégrammes ou ordres. J'attends d'ailleurs de ses plus récents biographes la réfutation éventuelle de ses arguments ! ;-)

Certains ont pu considérer ces mémoires comme "texte mineur", "curiosité", "texte de peu d'importance", cela me gêne d'autant plus quand il s'agit de l'un de ses biographes, justement ! Si on veut apporter un vrai éclairage sur un tel personnage, n'est-il pas plus efficace de partir de ses mémoires comme l'a fait brillament le colonel Rémy Porte sur les mémoires du général Sarrail ou encore Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri dans la biographie qu'ils ont consacré à Joukov ?

Les points forts du texte du maréchal Montgomery ont été pour moi:

- les deux chapitres où il donne son éclairage (trop court) sur le commandement: "Ma doctrine de commandement", "Réflexions sur le haut commandement"
- ses remarques critiques sur l'armée anglaise (1ère guerre mondiale, armée des Indes, seoncde guerre mondiale et après-guerre)
- son chapitre très personnel sur son épouse
- ses divergences avec Eisenhower quant aux opérations à l'ouest du débarquement en Normandie à l'invasion de l'Allemagne
- ses réflexions sur l'union de l'Occident, la réduction des forces occidentales après guerre et la naissance de l'OTAN

On lui reprochera, c'est un parti pris, de ne pas décrire les opérations sur lesquelles son action a pesé. Il renvoie systématiquement à d'autres ouvrages. Il se place strictement de son point de vue et du haut commandement. On peut le regretter car il ne fait que décrire ses plans, l'exécution étant laissé à ses officiers subalternes. Et pour le reste, on l'a compris, il dort ! ;-)

On notera aussi son intérêt pour les soldats (ces civils en armes) pour leur instruction, pour leur motivation et leur bon moral ainsi que pour la préparation systématiques des opérations pour économiser la vie de ses hommes.

En conséquence, on sera sans doute surpris de sa capacité à passer d'une "vision macro" à des détails parfois intimes. Pour ma part, je pense qu'il s'agit d'une volonté de se rendre "plus humain" que sa réputation ne le laisserait supposer. Il proclame régulièrement ses défauts mais en fait bien souvent des qualités... Ah, vanité humaine !

De fait, Monty est un authentique officier britannique qu'il faut juger (mais peut-on en être juge ?) à l'aune de ses actions.

Pour ma part, je me suis jeté avec délectation sur ses mémoires et cela m'a donné envie désormais de lire celles du général Bradley et d'Eisenhower ! A suivre !

Mais en attendant, sus à ses biographies récentes ! Ah que l'édition française en histoire militaire est prodigue en ce moment !


Capitaine de corvette Kieffer. Béret vert
Capitaine de corvette Kieffer. Béret vert
par Philippe Kieffer
Edition : Reliure inconnue

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'esprit commando !, 3 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Capitaine de corvette Kieffer. Béret vert
L’actualité du 70ème anniversaire du D-Day m’a amené à relire ce texte du commandant Kieffer qui, pour rappel, commadait les 177 Français qui débarquèrent en Normandie, un certain 6 Juin 1944. Il n’étaient pas nombreux, intégrés aux forces britanniques et quand on pense que certains d’entre eux n’avaient même pas 20 ans…

Le texte de Philippe Kieffer date de l’immédiat après guerre mais il est intéressant à plus d’un titre:

- il rappelle le contexte de la création de l’unité de comandos français, au sein de l’armée britannique – utile à préciser car ils ne firent pas partie de l’organigramme des Forces Françaises Libres.
- l’enrôlement et l’entraînement des commandos sont succintement présentés
- le D-Day et les opérations statiques en Normandie sont décrites. On est d’ailleurs extrêmement surpris que la brigade des Commandos eut à tenir un front fixe, comme les Airborne britanniques. On est bien loin de l’utilisation intelligente de forces spéciales dans des opérations commandos ou en troupes de choc; ce pour quoi ces unités étaient formées.
- j’ai particulièrement apprécié la relation des opérations sur l’île de Walcheren aux Pays-Bas. C’est pour moi, l’essentiel de l’intérêt du texte du commandant Kieffer d’ailleurs.
- J’ai bien aimé, sur la fin, la réflexion opérationnelle sur l’emploi des commandos au début de la guerre d’Indochine et sur quelques parcours d’anciens, la guerre une fois terminée.

Bref, un texte direct, concis, d’un officier qu’on savait meneur d’hommes.

Avec en annexe, force lettres amicales mais aussi d’hommage rendus aux commandos français et à leur chef par des officiers britanniques.

On ne peut se passer de ce texte quand on s’intéresse aux fusiliers marins « bérets verts ».
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 9, 2015 12:47 PM MEST


Les services secrets israéliens : Aman, Mossad et Shin Beth
Les services secrets israéliens : Aman, Mossad et Shin Beth
par Eric Denécé
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage bien équilibré et actualisé., 27 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les services secrets israéliens : Aman, Mossad et Shin Beth (Broché)
Toute personne s’intéressant au renseignement et à l’espionnage, ne peut que porter un regard sur les compétences de l’état d’Israël en la matière, tant elles sont renommées.

J’en étais resté pour ma part au travail important réalisé par le journaliste britannique Gordon Thomas sur le sujet:

- Histoire secrète du Mossad
- Mossad: les nouveaux défis

Malgré un style très agréable, on peut cependant parfois reprocher à ce dernier une approche parfois sensationnelle et peu sourcée (mais faut-il s’en étonner ?)

L’ouvrage d’Eric Dénécé et de David Elkhaïm semble bien plus équilibré et il est surtout bien actualisé également. En effet, l’analyse porte tant sur l’histoire des services de renseignement israéliens que sur la géopolitique actuelle et les nouvelles menaces (développement des ennemis non étatiques, effets des « printemps arabes », le nucléaire iranien, la menace cyber-terroriste).

Evidemment, les trois grands services israéliens (Shin Beth pour le renseignement intérieur, Aman pour le renseignement militaire et Mossad pour le renseignement extérieur) constituent le coeur de l’ouvrage mais les services nouveaux traiatnt de la guerre électronique ou les interactions avec les unités de forces spéciales de Tsahal donnent un vrai plus à l’ouvrage portant ainsi un regard très exhaustif sur le renseignement israélien.

La critique argumentée n’est pas absente non plus de l’ouvrage: erreurs, excès, limites, déontologie, éthique, relations avec le pouvoir, démocratie.

Enfin, comme souvent dans ce type de travail sur le renseignement, on a de l’information récurrente, sans doute aussi des approximations, voire des intoxications. Mais comment y échapper sur un sujet aussi discret que sensible ?

Au final, j’ai bien apprécié ce livre de synthèse, bien écrit, abondamment sourcé avec organigrammes en annexes et bibliographie.

Recommandé si vous vous intéressez au renseignement, à l’état d’Israël et à la géopolitique du Proche-Orient !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 23, 2014 4:31 AM MEST


Négrologie: Pourquoi l'Afrique meurt
Négrologie: Pourquoi l'Afrique meurt
par Stephen Smith
Edition : Poche
Prix : EUR 9,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Intéressant mais trop confus., 24 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Négrologie: Pourquoi l'Afrique meurt (Poche)
J’avais une petite appréhension avant de lire cet ouvrage du journaliste Stephen Smith. En amoureux de l’Afrique, j’avais suivi, de loin sa sortie en 2003 qui avait fait grand bruit.

Stephen Smith est un journaliste américain écrivant en français. Il fut membre du service « Afrique » de Libération de 1986 à 2000 puis à la tête du département « Afrique » du Monde à partir du 2002. Bref, un connaisseur du continent mais je suis peu porté sur les ouvrages de journalistes en général.

Je savais également que l’ouvrage était particulièrement critique sur le rôle des Africains dans l’état actuel du continent. Il fut d’ailleurs lourdement critiqué à sa sortie en 200; certains allant jusqu’à taxer son auteur de raciste, ce qui est un comble qund on connaît les lignes éditoriales du Monde ou de Libé… Bref, je m’étais dit que je le lirai un jour mais il avait rejoint les piles, trop nombreuses, en attente de lecture.

Les 20 ans du génocides rwandais me l’ont fait récemment ressortir car Smith avait également une position tranchée sur le sujet, particulièrement en ce qui concerne la responsabilité du FPR.

Avant tout, c’est sur la forme que je voudrais commencer.

Comme attendu, il s’agit d’une rédaction journalistique, intéressante, argumentée, sourcée mais terriblement confuse à la lecture. Le texte est très dense, apparemment structuré mais avec des redites, des développement parallèles, bref, je l’ai trouvé confus. Ce qui n’enlève rien d’ailleurs à l’intérêt du texte particulièrement du fait que son approche dépasse la francophonie et qu’il s’intéresse aussi aux autres parties de l’Afrique sub-saharienne, souvent négligées dans l’édition française.

Stephen Smith ne propose pas de solutions, Pour l’essentiel, l’ouvrage est une anayse, assez clinique, de l’ensemble des maux de l’Afrique: les guerres, les famines, l’impact de la colonisation, de la décolonisation et de la guerre froide, la démographie, l’urbanisation, les pandémies, la pauvreté généalisée et les fortunes individuelles, le rôle de la mondialisation et des matières premières, la fonction publique, l’impact des aides nord-sud, corruption et prévarication, le rôle des religions, les systèmes politiques, le particularisme mais aussi les problèmes de l’Afrique australe. Ce qui fait au final beaucoup de matière pour un ouvrage de seulement 250 pages.

Avec une bibliographie francophone et anglophone bien complète.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 27, 2014 9:33 PM MEST


J'ai serré la main du diable : La faillite de l'humanité au Rwanda
J'ai serré la main du diable : La faillite de l'humanité au Rwanda
par Roméo Dallaire
Edition : Broché

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le récit de l'échec de l'ONU au Rwanda., 10 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : J'ai serré la main du diable : La faillite de l'humanité au Rwanda (Broché)
Rwanda 1994.

Le lieutenant-général canadien Roméo Dallaire a commandé les forces militaires de la MINUAR d’octobre 1993 à juin 1994. La MINUAR était la Mission des Nations-Unies pour l’assistance au Rwanda. Composée de plus de 2.000 soldats, elle était chargée d’assurer la sécurité lors du processus de transition politique consécutif aux accords d’Arusha.

Le témoignage de Roméo Dallaire, publié dix ans après les événements, couvre donc à la fois: les prémices et le déroulement du génocide ainsi que la constitution de la zone de sécurité sous contrôle des forces françaises de l’opération Turquoise.

Avant le Rwanda, Dallaire nous raconte son histoire personnelle, celle de sa famille et de son engagement dans les forces armées canadiennes. Très proche des anglophones dans une période de tension interne au Canada, l’auteur est particulièrement sensible à la situation des minorités. Il a une méconnaissance totale du Rwanda mais aussi des spécificités africaines lors de sa prise de commandement sous le pavillon de l’ONU. Il en est de même concernant les process de l’ONU et visiblement ses attributions exactes, ce qui entrainera bien des difficultés avec sa hiérarchie et tout particulièrement avec le diplomate camerounais Booh Booh, chef de la mission de l’ONU pour le Rwanda et son supérieur hiérarchique. Sa mise en cause par Dallaire dans le présent ouvrage amènera d’ailleurs Booh Booh à faire une réponse cinglante dans « Le patron de Dallaire parle » en 2005.

A la tête d’une troupe disparate (Tunisie, Ghana, Bangladesh et Belgique pour les contingents principaux), Dallaire va nous livrer sa relation des événements de son arrivée au Rwanda à sa relève.

Pour être très clair, ce récit d’un acteur et témoin des faits est intéressant. Il est aussi indispensable au niveau de la perception qu’a pu en avoir l’auteur avec le recul de dix années avant la rédaction de son ouvrage. Il s’agit aussi, et on peut le comprendre, d’un plaidoyer pro domo de celui qui commandait une MINUAR qui a échoué.

Les points qui m’ont le plus interpellé ont été les suivants:

- une admiration à peine voilée de Dallaire pour le FPR et ses dirigeants (et en particulier de Paul Kagame)
- une méfiance permanente vis à vis des Hutus au pouvoir et en particulier des officiers des FAR et de la gendarmerie rwandaise
- une critique permanente de ses supérieurs civils et militaires
- une défiance, et c’est le moins de le dire, vis à vis des troupes mais aussi des motivations politiques belges et françaises.

Mon incompréhension est quand même, avant tout et dix ans après les effets, que Dallaire ne s’interroge toujours pas sur l’origine de l’attentat, fait déclencheur du génocide, à savoir le tir de missiles qui a abattu l’avion qui transportait les présidents du Rwanda et du Burundi mais également le chef d’état-major des armées rwandais.

Au delà des questions toujours posées sur le sujet depuis 20 ans, l’ouvrage établit aussi clairement les dysfontionnements de l’ONU, l’équipement indigent, le manque de préparation de certaines unités (pour ne pas dire plus), les procédures d’engagement quelque peu aberrantes. Après les difficultés en Yougoslavie et au Rwanda, les nations occidentales pencheront désormais bien plus souvent pour des interventions sous drapeau national avec des troupes compétentes et des règles d’engagement claires.

Je concluerai par mon avis personnel: dans les situations explosives, il vaut mieux confier les opérations d’interposition à des unités professionnelles dirigées par un commandement expérimenté.

Quant au sous-titre, « la faillite de l’humanité au Rwanda », je changerais plutôt pour « la faillite de l’ONU au Rwanda ».
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