Profil de bir-hacheim > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par bir-hacheim
Classement des meilleurs critiques: 62
Votes utiles : 5123

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
bir-hacheim "Le blog de bir-hacheim" (Tourcoing, France)
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20
pixel
Montgomery - Biographie
Montgomery - Biographie
par Daniel Feldmann
Edition : Broché
Prix : EUR 18,05

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'essentiel sur un personnage historique central de la seconde guerre mondiale., 8 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Montgomery - Biographie (Broché)
Tout d’abord, parlons de ce que cet ouvrage n’est pas. Tout comme pour le « Rommel » des deux auteurs, cet ouvrage n’est pas une vraie biographie; le format de la collection (moins de deux cent pages) ne permet pas le travail exhaustif qu’on peut attendre d’un biographe, rarement à moins de 400/500 pages. C’est sûr qu’après le format des mémoires du maréchal (près de 600 pages), on peut trouver ça léger !

Mais non ! Sincèrement l’essentiel y est, je trouve qu’on a bien là de quoi comprendre la carrière de ce personnage hors-norme avec les points saillants suivants:

- une analyse fine des opérations dans lesquelles Montgomery eut un impact décisif ou moteur: la guerre du Désert est la plus brillament exposée d’ailleurs. C’est clair que les Mémoires du maréchal pèchaient de ce côté là.
- une conceptualisation intelligente de sa méthode que les auteurs qualifie de « systémique ». Pour Montgomery, il s’agit de gagner une bataille, une campagne ou la guerre avec rigueur, du fort au fort, en usant l’adversaire par des frappes successives et variées à la manière, bien anglaise, d’épuiser les lignes adverses dans un match de rugby. Chez Montgomery, pas de fioriture, pas de coup de patte de génie, de la méthode, des moyens pour gagner tout en économisant ses propres moyens humains. D’où l’importance de la préparation et des délais. Il ne laisse rien au hasard… ou au génie des batailles ! ;-).
- pour lui tout se résume en un « master plan » qui doit être exécuté à la lettre par des subordonnés qu’il a sélectionné et instruit de ses méthodes. Il leur délégue pleinement l’exécution avec parfois les risques induits d’ailleurs.
- on retrouve bien dans l’ouvrage son appétence pour l’instruction et ses travers nombreux particulièrement ses critiques incessantes de ses pairs et de ses supérieurs,

Franchement, pour tout ça, ne ratez pas cet ouvrage, il vaut franchement le coup ! Mais c’est là aussi où j’en reste sur ma faim car ces points auraient mérité un traitement beaucoup plus profond comme je l’avais déjà signalé sur le « Rommel » sorti précédemment. En fait, le format réduit implique d’être moins démonstratif et plus tranché dans les assertions et les points de vue des auteurs sans motiver par le détail leurs analyses comme ont pu le faire Jean Lopez et Lasha Okthmezuri dans l’excellente biographie de Joukov (pour rappel, plus de 700 pages).

L’ouvrage se termine sur une historiographie et une bibliographie bien complètes.

Au final, un ouvrage, intéressant, pénétrant sur l’art de la guerre de Montgomery. Mais trop court, trop synthétique et parfois abrupt pour en faire une biographie de référence (mais je ne lirai jamais les 2.800 pages, en anglais, de Nigel Hamilton !).

Au final, un ouvrage vivement conseillé dans toute bonne bibliothèque consacrée à l’histoire militaire !


Memoires du marechal montgomery vicomte d'alamein k. g
Memoires du marechal montgomery vicomte d'alamein k. g
par Montgomery
Edition : Broché

4.0 étoiles sur 5 Monty par Montgomery !, 24 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Memoires du marechal montgomery vicomte d'alamein k. g (Broché)
A l'heure où sortent simultanément... et en français, deux biographies du célèbre maréchal britannique Bernard Law Montgomery, vicomte d'Alamein, il m'a semblé opportun de lire les mémoires du dit-maréchal.

Car enfin, ne s'agit-il pas de l'une des personnalités les plus importantes de la seconde guerre mondiale (vainqueur de Rommel en Afrique du Nord, son impact sur les plans d'invasion de la Sicile et de Normandie, commandant des opérations terrestres en Normandie puis de l'un des groupes d'armées à l'assaut de l'Allemagne en 1944-1945 ?).

Bref, si son action a souvent été critiquée depuis la fin de la guerre, il n'en reste pas moins l'une des personnalités clés de la seconde guerre mondiale. A l'heure où de brillants jeunes hommes aux titres universitaires se penchent sur sa carrière ;-), il me semble de bon aloi de lire l'homme qui fut combattant, instructeur, commandant d'une compagnie à plus de 100.000 hommes au combat !

On entend parfois, de ci, de là, que les mémoires des grands hommes sont de peu d'intérêt car leurs auteurs sont concentrés sur leur petite personne et sur la place qu'ils souhaitent laisser dans l'Histoire. On ne peut objecter ces penchants naturels bien humains mais les mémoires n'en constituent pas moins un matériau de départ bien intéressant quand il s'agit d'nalyser les faits mais aussi les motivations et le contexte dans lesquels des décisions d'importance furent prises. C'est évidemment le cas, ici aussi, pour le maréchal Montgomery.

Parmi les faits saillants de ce dernier, on lui reprochera cette rare capacité à descendre ses collègues, particulièrement ses supérieurs. Il le fait souvent de manière argumentée et soutenue par ses notes personnelles, mémos, télégrammes ou ordres. J'attends d'ailleurs de ses plus récents biographes la réfutation éventuelle de ses arguments ! ;-)

Certains ont pu considérer ces mémoires comme "texte mineur", "curiosité", "texte de peu d'importance", cela me gêne d'autant plus quand il s'agit de l'un de ses biographes, justement ! Si on veut apporter un vrai éclairage sur un tel personnage, n'est-il pas plus efficace de partir de ses mémoires comme l'a fait brillament le colonel Rémy Porte sur les mémoires du général Sarrail ou encore Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri dans la biographie qu'ils ont consacré à Joukov ?

Les points forts du texte du maréchal Montgomery ont été pour moi:

- les deux chapitres où il donne son éclairage (trop court) sur le commandement: "Ma doctrine de commandement", "Réflexions sur le haut commandement"
- ses remarques critiques sur l'armée anglaise (1ère guerre mondiale, armée des Indes, seoncde guerre mondiale et après-guerre)
- son chapitre très personnel sur son épouse
- ses divergences avec Eisenhower quant aux opérations à l'ouest du débarquement en Normandie à l'invasion de l'Allemagne
- ses réflexions sur l'union de l'Occident, la réduction des forces occidentales après guerre et la naissance de l'OTAN

On lui reprochera, c'est un parti pris, de ne pas décrire les opérations sur lesquelles son action a pesé. Il renvoie systématiquement à d'autres ouvrages. Il se place strictement de son point de vue et du haut commandement. On peut le regretter car il ne fait que décrire ses plans, l'exécution étant laissé à ses officiers subalternes. Et pour le reste, on l'a compris, il dort ! ;-)

On notera aussi son intérêt pour les soldats (ces civils en armes) pour leur instruction, pour leur motivation et leur bon moral ainsi que pour la préparation systématiques des opérations pour économiser la vie de ses hommes.

En conséquence, on sera sans doute surpris de sa capacité à passer d'une "vision macro" à des détails parfois intimes. Pour ma part, je pense qu'il s'agit d'une volonté de se rendre "plus humain" que sa réputation ne le laisserait supposer. Il proclame régulièrement ses défauts mais en fait bien souvent des qualités... Ah, vanité humaine !

De fait, Monty est un authentique officier britannique qu'il faut juger (mais peut-on en être juge ?) à l'aune de ses actions.

Pour ma part, je me suis jeté avec délectation sur ses mémoires et cela m'a donné envie désormais de lire celles du général Bradley et d'Eisenhower ! A suivre !

Mais en attendant, sus à ses biographies récentes ! Ah que l'édition française en histoire militaire est prodigue en ce moment !


Capitaine de corvette Kieffer. Béret vert
Capitaine de corvette Kieffer. Béret vert
par Philippe Kieffer
Edition : Reliure inconnue

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'esprit commando !, 3 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Capitaine de corvette Kieffer. Béret vert
L’actualité du 70ème anniversaire du D-Day m’a amené à relire ce texte du commandant Kieffer qui, pour rappel, commadait les 177 Français qui débarquèrent en Normandie, un certain 6 Juin 1944. Il n’étaient pas nombreux, intégrés aux forces britanniques et quand on pense que certains d’entre eux n’avaient même pas 20 ans…

Le texte de Philippe Kieffer date de l’immédiat après guerre mais il est intéressant à plus d’un titre:

- il rappelle le contexte de la création de l’unité de comandos français, au sein de l’armée britannique – utile à préciser car ils ne firent pas partie de l’organigramme des Forces Françaises Libres.
- l’enrôlement et l’entraînement des commandos sont succintement présentés
- le D-Day et les opérations statiques en Normandie sont décrites. On est d’ailleurs extrêmement surpris que la brigade des Commandos eut à tenir un front fixe, comme les Airborne britanniques. On est bien loin de l’utilisation intelligente de forces spéciales dans des opérations commandos ou en troupes de choc; ce pour quoi ces unités étaient formées.
- j’ai particulièrement apprécié la relation des opérations sur l’île de Walcheren aux Pays-Bas. C’est pour moi, l’essentiel de l’intérêt du texte du commandant Kieffer d’ailleurs.
- J’ai bien aimé, sur la fin, la réflexion opérationnelle sur l’emploi des commandos au début de la guerre d’Indochine et sur quelques parcours d’anciens, la guerre une fois terminée.

Bref, un texte direct, concis, d’un officier qu’on savait meneur d’hommes.

Avec en annexe, force lettres amicales mais aussi d’hommage rendus aux commandos français et à leur chef par des officiers britanniques.

On ne peut se passer de ce texte quand on s’intéresse aux fusiliers marins « bérets verts ».
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 9, 2014 9:29 AM MEST


Les services secrets israéliens : Aman, Mossad et Shin Beth
Les services secrets israéliens : Aman, Mossad et Shin Beth
par Eric Denécé
Edition : Broché
Prix : EUR 21,50

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage bien équilibré et actualisé., 27 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les services secrets israéliens : Aman, Mossad et Shin Beth (Broché)
Toute personne s’intéressant au renseignement et à l’espionnage, ne peut que porter un regard sur les compétences de l’état d’Israël en la matière, tant elles sont renommées.

J’en étais resté pour ma part au travail important réalisé par le journaliste britannique Gordon Thomas sur le sujet:

- Histoire secrète du Mossad
- Mossad: les nouveaux défis

Malgré un style très agréable, on peut cependant parfois reprocher à ce dernier une approche parfois sensationnelle et peu sourcée (mais faut-il s’en étonner ?)

L’ouvrage d’Eric Dénécé et de David Elkhaïm semble bien plus équilibré et il est surtout bien actualisé également. En effet, l’analyse porte tant sur l’histoire des services de renseignement israéliens que sur la géopolitique actuelle et les nouvelles menaces (développement des ennemis non étatiques, effets des « printemps arabes », le nucléaire iranien, la menace cyber-terroriste).

Evidemment, les trois grands services israéliens (Shin Beth pour le renseignement intérieur, Aman pour le renseignement militaire et Mossad pour le renseignement extérieur) constituent le coeur de l’ouvrage mais les services nouveaux traiatnt de la guerre électronique ou les interactions avec les unités de forces spéciales de Tsahal donnent un vrai plus à l’ouvrage portant ainsi un regard très exhaustif sur le renseignement israélien.

La critique argumentée n’est pas absente non plus de l’ouvrage: erreurs, excès, limites, déontologie, éthique, relations avec le pouvoir, démocratie.

Enfin, comme souvent dans ce type de travail sur le renseignement, on a de l’information récurrente, sans doute aussi des approximations, voire des intoxications. Mais comment y échapper sur un sujet aussi discret que sensible ?

Au final, j’ai bien apprécié ce livre de synthèse, bien écrit, abondamment sourcé avec organigrammes en annexes et bibliographie.

Recommandé si vous vous intéressez au renseignement, à l’état d’Israël et à la géopolitique du Proche-Orient !


Négrologie: Pourquoi l'Afrique meurt
Négrologie: Pourquoi l'Afrique meurt
par Stephen Smith
Edition : Poche
Prix : EUR 9,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Intéressant mais trop confus., 24 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Négrologie: Pourquoi l'Afrique meurt (Poche)
J’avais une petite appréhension avant de lire cet ouvrage du journaliste Stephen Smith. En amoureux de l’Afrique, j’avais suivi, de loin sa sortie en 2003 qui avait fait grand bruit.

Stephen Smith est un journaliste américain écrivant en français. Il fut membre du service « Afrique » de Libération de 1986 à 2000 puis à la tête du département « Afrique » du Monde à partir du 2002. Bref, un connaisseur du continent mais je suis peu porté sur les ouvrages de journalistes en général.

Je savais également que l’ouvrage était particulièrement critique sur le rôle des Africains dans l’état actuel du continent. Il fut d’ailleurs lourdement critiqué à sa sortie en 200; certains allant jusqu’à taxer son auteur de raciste, ce qui est un comble qund on connaît les lignes éditoriales du Monde ou de Libé… Bref, je m’étais dit que je le lirai un jour mais il avait rejoint les piles, trop nombreuses, en attente de lecture.

Les 20 ans du génocides rwandais me l’ont fait récemment ressortir car Smith avait également une position tranchée sur le sujet, particulièrement en ce qui concerne la responsabilité du FPR.

Avant tout, c’est sur la forme que je voudrais commencer.

Comme attendu, il s’agit d’une rédaction journalistique, intéressante, argumentée, sourcée mais terriblement confuse à la lecture. Le texte est très dense, apparemment structuré mais avec des redites, des développement parallèles, bref, je l’ai trouvé confus. Ce qui n’enlève rien d’ailleurs à l’intérêt du texte particulièrement du fait que son approche dépasse la francophonie et qu’il s’intéresse aussi aux autres parties de l’Afrique sub-saharienne, souvent négligées dans l’édition française.

Stephen Smith ne propose pas de solutions, Pour l’essentiel, l’ouvrage est une anayse, assez clinique, de l’ensemble des maux de l’Afrique: les guerres, les famines, l’impact de la colonisation, de la décolonisation et de la guerre froide, la démographie, l’urbanisation, les pandémies, la pauvreté généalisée et les fortunes individuelles, le rôle de la mondialisation et des matières premières, la fonction publique, l’impact des aides nord-sud, corruption et prévarication, le rôle des religions, les systèmes politiques, le particularisme mais aussi les problèmes de l’Afrique australe. Ce qui fait au final beaucoup de matière pour un ouvrage de seulement 250 pages.

Avec une bibliographie francophone et anglophone bien complète.


J'ai serré la main du diable : La faillite de l'humanité au Rwanda
J'ai serré la main du diable : La faillite de l'humanité au Rwanda
par Roméo Dallaire
Edition : Broché
Prix : EUR 26,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le récit de l'échec de l'ONU au Rwanda., 10 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : J'ai serré la main du diable : La faillite de l'humanité au Rwanda (Broché)
Rwanda 1994.

Le lieutenant-général canadien Roméo Dallaire a commandé les forces militaires de la MINUAR d’octobre 1993 à juin 1994. La MINUAR était la Mission des Nations-Unies pour l’assistance au Rwanda. Composée de plus de 2.000 soldats, elle était chargée d’assurer la sécurité lors du processus de transition politique consécutif aux accords d’Arusha.

Le témoignage de Roméo Dallaire, publié dix ans après les événements, couvre donc à la fois: les prémices et le déroulement du génocide ainsi que la constitution de la zone de sécurité sous contrôle des forces françaises de l’opération Turquoise.

Avant le Rwanda, Dallaire nous raconte son histoire personnelle, celle de sa famille et de son engagement dans les forces armées canadiennes. Très proche des anglophones dans une période de tension interne au Canada, l’auteur est particulièrement sensible à la situation des minorités. Il a une méconnaissance totale du Rwanda mais aussi des spécificités africaines lors de sa prise de commandement sous le pavillon de l’ONU. Il en est de même concernant les process de l’ONU et visiblement ses attributions exactes, ce qui entrainera bien des difficultés avec sa hiérarchie et tout particulièrement avec le diplomate camerounais Booh Booh, chef de la mission de l’ONU pour le Rwanda et son supérieur hiérarchique. Sa mise en cause par Dallaire dans le présent ouvrage amènera d’ailleurs Booh Booh à faire une réponse cinglante dans « Le patron de Dallaire parle » en 2005.

A la tête d’une troupe disparate (Tunisie, Ghana, Bangladesh et Belgique pour les contingents principaux), Dallaire va nous livrer sa relation des événements de son arrivée au Rwanda à sa relève.

Pour être très clair, ce récit d’un acteur et témoin des faits est intéressant. Il est aussi indispensable au niveau de la perception qu’a pu en avoir l’auteur avec le recul de dix années avant la rédaction de son ouvrage. Il s’agit aussi, et on peut le comprendre, d’un plaidoyer pro domo de celui qui commandait une MINUAR qui a échoué.

Les points qui m’ont le plus interpellé ont été les suivants:

- une admiration à peine voilée de Dallaire pour le FPR et ses dirigeants (et en particulier de Paul Kagame)
- une méfiance permanente vis à vis des Hutus au pouvoir et en particulier des officiers des FAR et de la gendarmerie rwandaise
- une critique permanente de ses supérieurs civils et militaires
- une défiance, et c’est le moins de le dire, vis à vis des troupes mais aussi des motivations politiques belges et françaises.

Mon incompréhension est quand même, avant tout et dix ans après les effets, que Dallaire ne s’interroge toujours pas sur l’origine de l’attentat, fait déclencheur du génocide, à savoir le tir de missiles qui a abattu l’avion qui transportait les présidents du Rwanda et du Burundi mais également le chef d’état-major des armées rwandais.

Au delà des questions toujours posées sur le sujet depuis 20 ans, l’ouvrage établit aussi clairement les dysfontionnements de l’ONU, l’équipement indigent, le manque de préparation de certaines unités (pour ne pas dire plus), les procédures d’engagement quelque peu aberrantes. Après les difficultés en Yougoslavie et au Rwanda, les nations occidentales pencheront désormais bien plus souvent pour des interventions sous drapeau national avec des troupes compétentes et des règles d’engagement claires.

Je concluerai par mon avis personnel: dans les situations explosives, il vaut mieux confier les opérations d’interposition à des unités professionnelles dirigées par un commandement expérimenté.

Quant au sous-titre, « la faillite de l’humanité au Rwanda », je changerais plutôt pour « la faillite de l’ONU au Rwanda ».


Auguste, maître du monde. Actium, 2 septembre 31 av. J.-C
Auguste, maître du monde. Actium, 2 septembre 31 av. J.-C
par Pierre Cosme
Edition : Broché
Prix : EUR 16,90

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le contexte plus que la bataille en elle-même., 7 mai 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Auguste, maître du monde. Actium, 2 septembre 31 av. J.-C (Broché)
Cet ouvrage est publié dans la collection « L’histoire en batailles » des éditions Tallandier.

J’avais déjà apprécié Pierre Cosme au travers de la biographie qu’il avait consacrée à l’un des deux protagonistes de la bataille d’Actium, à savoir: Octave, Octavien, le futur Auguste !

Il nous livre ici un texte surprenant où la bataille d’Actium n’occupe qu’une dizaine de pages d’un format réduit (144 pages). De fait, l’auteur, spécialiste de la période, ne nous cache pas le peu de sources sur cet événement majeur, acte fondateur de l’empire romain et avis de décès de la dynastie des Lagides en Egypte. Bref, un moment essentiel de l’antiquité méditerranéenne. C’est ce qui justifie le texte réalisé par Pierre Cosme, centré sur le contexte géopolitique de la bataille, sur les méandres de la politique et des règles du pouvoir qui prévalaient à Rome à l’époqu et sur le contexte des opérations militaires qui précèdèrent Actium et ses conséquences. Bon ok, nous avons les histoires d’Antoine et de Cléopâtre, les relations entre beaux-frères de Marc-Antoine et Octave, l’ombre du grand César…

Si l’ouvrage reste bien intéressant pour cela, il faut noter qu’on reste sur sa faim en ce qui concerne l’art de la guerre navale des Romains et la bataille en elle même. Un comble aux vues du titre de la collection !


Western Digital My Book Essential 3.0 Disque dur externe 3,5" USB 3.0 / USB 2.0 3 To
Western Digital My Book Essential 3.0 Disque dur externe 3,5" USB 3.0 / USB 2.0 3 To
Proposé par Novum_Distribution
Prix : EUR 113,90

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le troisième WD que j'achète..., 25 avril 2014
Fiable, peu bruyant, USB 2 et 3, protection par mot de passe et un bon rapport qualité/prix.
Design standard mais satisfaction globale évidente.


L'ennemi utile : 1946-1954, des vétérans de la Wehrmacht et de la Waffen-SS dans les rangs de la Légion étrangère en Indochine
L'ennemi utile : 1946-1954, des vétérans de la Wehrmacht et de la Waffen-SS dans les rangs de la Légion étrangère en Indochine
par Pierre THOUMELIN
Edition : Broché
Prix : EUR 14,90

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un peu aride mais intéressant., 14 avril 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Pierre Thoumelin est officier de gendarmerie. Il se livre ici à une enquête sur les légionnaires de nationalité allemande engagés dans la guerre d’Indochine.

On savait que le recrutement germanique avait été important sur la période 1945-1954. Bien des légendes et clichés ont été régulièrement évoqués concernant ces légionnaires allemands: repère de criminels de guerre, chiens de guerre, soldats colonialistes…

Pierre Thoumelin a croisé les données des archives françaises et allemandes pour mieux connaître ces soldats: leurs effectifs, leurs origines, leur expérience militaire préalable, leurs motivations à l’engagement, leurs spécialités ainsi que le problème du retour à la vie civile en France ou dans les Allemagnes (RFA et RDA…).

Et bien dans un petit format (165 pages), l’essentiel y est avec force notes, sources, bibliographie (parfois surprenante avec, par exemple, les mémoires de Bernard Cabiro en « roman historique »).

Le style est parfois un peu aride mais l’ouvrage reste de lecture facile avec son cahier photos et ses graphiques représentatifs.

J’attends avec intérêt la thèse de doctorat en cours de rédaction sur le sujet ! A suivre.

Indispensable pour les passionnés de la Guerre d’Indochine ou de la Légion !


Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands
Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands
par Benoît Rondeau
Edition : Broché
Prix : EUR 23,90

13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un très bon moment de lecture., 10 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Invasion ! : Le débarquement vécu par les Allemands (Broché)
J’avais vraiment apprécié l’ouvrage précédent que Benoît Rondeau avait consacré à l’Afrika Korps. Originaire de la Normandie, il nous propose ici un ouvrage sur le Débarquement et la bataille de Normandie de juin et juillet 1944.

Evidemment, il existe déjà beaucoup d’ouvrages sur le débarquement des Alliés sur les plages Normandes en 1944. De cette bibliographie importante, je ressors volontiers:

- L’histoire du Débarquement en Normandie d’Olivier Wieviorka
- D-Day et la bataille de Normandie d’Anthony Beevor
- Six armées en Normandie de John Keegan

Devant une pléthore d’ouvrages disponibles, Benoît Rondeau a pris l’angle d’attaque de traiter le sujet du point de vue allemand, reprenant là ce qui avait fait le succès d’édition de Paul Carrell dans les années 1975 avec son célèbre « Sie kommen – Ils arrivent« . Un texte certes biaisé et daté mais qui a apporté un éclairage unique à l’époque sur le point de vue des combattants d’en face.

Benoît Rondeau aborde donc son sujet par le même angle d’attaque mais avec les connaissances actuelles et sans complaisance pour l’un ou l’autre belligérant; ce qui n’était clairement pas le cas de Paul Carrell, il y a près de 40 ans.

Et bien cet ouvrage est une vraie réussite. Car il fait, de manière très vivante, le point sur les clés essentielles de l’ Invasion vécue du côté allemand:

- les Allemands étaient conscients qu’un front allait s’ouvrir en France
- la fortification des côtes et la préparation des troupes étaient engagées mais le poids de la guerre à l’est ralentit les travaux et ponctionna régulièrement les moyens disponibles pour faire face à l’invasion
- la troupe, si elle restait motivée et idéologiquement très engagée (particulièrement les Waffen SS et les parachutistes), manquait d’effectifs, d’équipement (armement et mobilité) et d’entraînement
- si le commandement restait de qualité, les strates superposées et la « gestion serrée » de Hitler allaient mener à des analyses « courte vue », faussées tant sur le lieu ou les lieux visés que sur la compréhension de l’adversaire ou même sur la stratégie à adopter pour défaire l’opération alliée. Il est à noter que sur ces deux points, il faudra que la bataille de Normandie soit bien engagée avant que les Allemands ne comprennent le potentiel allié et que la Normandie n’était pas une « diversion »…
- le rôle du terrain: si les moyens de débarquement alliés ont été une vraie surprise, les Allemands ont utilisé au mieux le terrain pour contenir longuement les poussées alliées: bocage, villes et villages. A noter aussi tant la souplesse de l’organisation en groupes de combat que le moral de la troupe (et pas seulement celui des unités d’élite) qui va rester élevé et impressionner les Alliés
- il y a eut également l’incapacité stratégique et opérationnelle à monter une opération qui pouvait réellement basculer l’issue en faveur des Allemands: il y a à là un vrai échec du commandement.
- l’importance des difficultés de transport, de transfert d’unités et de la logistique de la Wehrmacht est également bien soulignée. Ça ne suivait clairement pas. L’auteur aurait peut-être pu insister sur le rôle de la Résistance en ce domaine mais ce n’était pas l’axe central de l’ouvrage.
- on est impressionné également par l’importance des moyens alliés engagés particulièrement en ce qui concerne l’impact de l’artillerie alliée, qu’elle soit navale ou terrestre, et le rôle joué par l’avion d’attaque ou sol ou de bombardement qui, au delà de son efficacité directe, géna considérablement les combattants et la logistique.

Benoit Rondeau n’oublie pas de nous proposer, en contrepoint, l’essentiel des efforts faits par les Alliés bien évidemment.

Mais c’est aussi sur le style que cet ouvrage présente un intérêt majeur car si l’auteur navigue régulièrement du niveau du combattant à celui des généraux dans leur QG, il le fait dans un style d’écriture vivant et particulièrement efficace. Pour tout dire, j’y ai retrouvé un mix de Paul Carrell pour l’angle de vue, de Cornelius Ryan (Le jour le plus long) ou d’un Anthony Beevor pour le récit. Bref, un style qui veut faire ressentir les doutes, les angoisses, la dûreté des combats, l’omniprésence de l’aviation alliée, le vent de l’échec. Bref, l’auteur nous immerge dans les événements comme ont su le faire avant lui ses devanciers de référence cités plus haut.

J’avais précédemment souligné que l’auteur fait appel dans ses notes à des témoignages recueillis par Paul Carrel mais aussi par des auteurs d’articles dans les revues d’histoire militaire. Ces emprunts sont fréquents et j’entends déjà quelques machoires grincer quand ils verront les références aux écrits de Paul Carrel mais aussi de Georges Bernage ou d’Yves Buffetaut. Benoît Rondeau prend ici le risque de se faire désavouer par quelques historiens patentés ! Pour ma part, je le soutiens dans cette démarche qui, si elle est osée, n’en est pas moins une preuve de respect pour le travail réalisé par ces auteurs durant les 40 dernières années. Référence aux témoignages n’est pas reconnaissance ni des thèses ni de la narration des dits auteurs.

Si on ajoute à tout ça, huit bonnes cartes dans le texte, des notes abondantes, une belle bibliographie , des annexes utiles et un index des noms et des lieux, j’ai là, pour moi et avec la biographie de Joukov par Lopez/Othkmezuri, l’un des ouvrages les plus intéressants que j’ai lu ces six derniers mois. Evidemment, j’en recommande bien évidemment la lecture à l’aube du 70ème anniversaire de la bataille de Normandie.

En fait, pour tout dire et pour le lecteur que je suis depuis plus de 40 ans, je me dois de reconnaître que la scène d’histoire militaire française est particulièrement active et de qualité en ce moment. Ce qui m’enthousiasme !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 4, 2014 12:53 PM MEST


Page : 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11-20