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Contenu rédigé par Stéphane
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Commentaires écrits par
Stéphane (Chambéry - Paris)
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Les Rois maudits, tome 1 : Le Roi de fer
Les Rois maudits, tome 1 : Le Roi de fer
par Maurice Druon
Edition : Poche
Prix : EUR 5,60

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Passionnant et captivant!, 25 août 2014
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Excellente et passionnante fresque médiévale.
Il est vrai que tous les ingrédients sont ici réunis pour faire un grand roman. Même si l'auteur prend des libertés par rapport à la réalité historique, on sent le très gros travail de documentation qui a été réalisé pour peindre cette splendide fresque médiévale.


Regards sur le Moyen Age : 40 histoires médiévales
Regards sur le Moyen Age : 40 histoires médiévales
par Sylvain Gouguenheim
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Pour un autre regard sur l'époque médiévale, 25 juin 2014
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Sylvain Gouguenheim poursuit l'oeuvre de celles et ceux qui travaillent sans relâche depuis des décennies à nous donner une autre vision du Moyen Age. Il y avait déjà Jacques Heers, Jacques le Goff, Régine Pernoud, et d'autres, il y a désormais Sylvain Gouguenheim. En spécialiste de l'Empire Germanique, il ne se limite pas au Royaume de France, mais couvre également l'Empire, Byzance, l'Angleterre. Venise et Gênes sont également abordées dans le cadre de l'important développement commercial de ces cités avec le reste du monde, et le monde arabe est également évoqué.
En 40 chapitres, assez courts et bien ciselés, l'auteur nous rappelle que décidément, le Moyen Age n'est pas cette époque obscurantiste, repliée sur elle même, qu'on nous vend encore trop souvent. Le Royaume de France, depuis le baptême de Clovis jusque Philippe le Bel se modernise considérablement, gagne en superficie et en influence. L'économie, qui connaît des hauts et des bas, se développe. Les métiers s'organisent, se codifient, la société se hiérarchise, la noblesse apparaît, les villes connaissent une poussée démographique, les villages structurent l'espace au temps de Philippe Auguste. Bref, la société s'organise, de manière complexe. Loin du replis que l'on nous vend, l'économie se mondialise : les foires de Champagne, célèbres dans toute l'Europe, attirent marchands de Flandre, de Scandinavie, d'Italie, et d'au-delà. S'y échangent des produits venant de très loin. Le commerce maritime connaît un développement fulgurant sous l'impulsion des grandes villes italiennes : Venise, Gênes, Pise. Les routes commerciales, qu'elles soient sur terre ou sur mer, couvrent toute l'Europe, et même au delà. L'environnement naturel est maîtrisé, par les défrichements.
Certains mythes sont recadrés, voire mis à bas : l'expansionnisme allemand (Drang Nach Osten), la figure légendaire de Charlemagne, dont l'imaginaire a alimenté tout le Moyen Age allemand et français, Clovis, Jeanne d'Arc, les Vikings, etc.
Le point négatif de ce livre, c'est que cette érudition mise au service de 40 thèmes couvrant beaucoup d'aspects politiques, économiques, sociologiques et religieux, est présentée de manière très technique, et parfois, le style n'est pas captivant, comme peuvent l'être les récits d'André Castelot par exemple (mais qui lui avait une formation de journaliste).


Robert Le Pieux
Robert Le Pieux
par Laurent THEIS
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le pieux roi Robert - 996-1031, 28 mai 2014
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Laurent Theis est déjà l'auteur d'une excellente biographie sur le père de Robert le Pieux, dans la collection des Trente journées qui ont fait la France (le 3 juillet 987, sacre d'Hugues Capet). Il signe là une biographie d'un roi méconnu, le fils d'Hugues Capet. Sitôt celui-ci sacré à Senlis, il couronne son seul et unique fils la même année.
Nous avons là la chronique d'un long règne : associé au trône de son père le 25 décembre 987, il s'éteint en 1031. 35 années de règne personnel (996-1031). Son fils et son petit fils, Henri Ier et Philippe Ier régneront eux aussi très longtemps.
Que retenir de ce règne sur lesquelles les sources sont rares, et ne se prêtent pas vraiment à la rigueur historique, mais plutôt à l'hagiographie?Si la succession d'Hugues Capet s'est faite sans trop de difficulté, il faut néanmoins lutter contre l'impudent Charles de Basse Lorraine, dernier descendant des Carolingiens. Mais celui-ci est rapidement mis au pas. A l'inverse d'Hugues Capet, qui ne savait vraisemblablement ni lire ni écrire le latin, Robert a été doté d'une éducation excellente, par l'intermédiaire de la plus haute sommité intellectuelle de l'époque, Gerbert d'Aurillac, futur pape Sylvestre II. Le royaume est très étriqué. Senlis au Nord, Orléans au sud, voilà à quoi se réduit le domaine royal. Quelques grandes villes, dans l'Ile de France actuelle. Le pouvoir, au-delà, et parfois au sein même du domaine royal, est aux grands comtes, qui sont toutefois vassaux de Robert. Toutefois, les liens vassaliques sont loin, très loin d'être synonyme de soumission au suzerain, et il faudra que le roi Robert guerroie tout au long de son règne contre les velléités d'indépendance des comtes et autres châtelains, qui donneront du fil à retordre à ses descendants.
Pourquoi ce surnom de "Pieux", qualificatif que l'on ne retrouvera plus après lui? Robert, s'il n'est pas saint (il faudra attendre Louis IX, Saint Louis), est avant tout un chef religieux, et d'une piété sans faille. Les donations, aumônes, abondent. Il n'hésitera pas à dresser le bûcher contre les hérétiques à Orléans en 1022. On retrouve aussi en lui l'un des premiers rois thaumaturge. Ce fin lettré est enfin très lié avec les moines, abbés, évêques, qui, à l'époque détiennent l'essentiel du savoir (donc du pouvoir), et qui sont très proches de lui.
Les sources sont minces à cette époque, rongées par le temps, détruites par les hommes, perdues, à tout jamais. Il est de plus extrêmement difficile de pouvoir se plonger dans l'état d'esprit de ce siècle si différent du nôtre... Comment juger des hommes et des institutions à près d'un millénaire d'intervalle. Néanmoins, ce livre tente, avec succès, de nous éclairer sur ces hommes qui ont construit la France.


1789 : silence aux pauvres!
1789 : silence aux pauvres!
par Henri Guillemin
Edition : Broché
Prix : EUR 14,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un intellectuel comme il n'en existe plus..., 15 avril 2014
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C'est un réel plaisir que d'écouter les conférences d'Henri Guillemin, qui abondent sur le Net. Et c'est un plaisir plus grand encore que de lire ses récits. La lecture est assez déroutante après des heures passées à visionner ses conférences, car on veut lire Guillemin comme on l'entend... Le style d'ailleurs est très "parlé".
Qu'en est il de cet opuscule? Un peu plus d'une centaine de pages, où l'auteur se livre à un dynamitage de l'oeuvre révolutionnaire, et à une réhabilitation de Robespierre. Guillemin est un homme de gauche, mais un homme de gauche très exigeant avec ses valeurs. Autant dire, à des années lumières de la gauche actuelle. Alors, bien entendu, quand on a grandi bercé dans le mythe de la Révolution, avec sa geste héroïque et "désintéressée", on ne peut qu'être troublé face à ce qu'on lit. On se rend compte qu'au final, la Révolution a consacré le triomphe de ceux qu'il appelle les "honnêtes gens, les gens de bien, les gens qui ont du bien", face à la plèbe... Et encore, le Directoire n'est que peu évoqué! Historiquement, la démonstration est très rigoureuse, appuyée par des citations édifiantes, des faits, mais on regrette que tout cela soit très (trop) court.


C'était Versailles
C'était Versailles
par Alain DECAUX de l'Académie Française
Edition : Broché
Prix : EUR 8,00

4.0 étoiles sur 5 Un petit livre très plaisant à lire, 10 avril 2014
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Ce livre est très agréable à lire, car en peu de pages, sur des thèmes bien choisis, Alain Decaux insère dans la grande Histoire, une multitude de petits détails et autres anecdotes qui s’intègrent parfaitement bien dans le récit, comme cette visite des ambassadeurs de Siam en France, qui nous emmène à la découverte de la machine de Marly, qui joua pour Versailles un grand rôle. Autre anecdote, la « suite » de la célèbre déclaration de Mirabeau « nous sommes ici par la volonté du peuple, nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes ». Il serait intéressant de rajouter dans les livres d’Histoire, la suite, que Mirabeau prononça « à mi-voix », mais qui change complètement le sens de la phrase : « et si les baïonnettes viennent, eh bien nous foutrons tous le camp ».
Le style est proche de celui que l’on retrouve chez André Castelot. A lire donc, tant pour le fond que pour la forme.


La Révolution française : La chute de la royauté, la Gironde et la Montagne, la Terreur
La Révolution française : La chute de la royauté, la Gironde et la Montagne, la Terreur
par Albert Mathiez
Edition : Broché
Prix : EUR 24,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La Révolution Française sans concession, 1 avril 2014
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Très bon livre. Je regrette qu'il soit parfois assez complexe, notamment la partie sur la Terreur et en particulier l'affaire de la Compagnie des Indes, qui mériterait de s'y plonger davantage.
A la lecture de ce livre, on ressort quelque peu désabusé sur la Révolution, qui en prend un sacré coup. On se rend compte à quel point sont rares, trop rares, les révolutionnaires sincères, désintéressés. Il y a bien sûr Saint Just, et surtout Robespierre, injustement chargé de toutes les atrocités de la Révolution et de la Terreur par la suite, et dont le nom, encore aujourd'hui, inspire le rejet. Et puis il y a tous les autres, les fripons, les corrompus, les fournisseurs aux armées, les Tallien, Fouché, Hérault de Séchelles, Fabre d'Eglantine, Danton, Barras, Fréron, les traîtres, innombrables, et tous leurs nombreux protecteurs. Ceux-ci auront leur heure de gloire sous la Convention Thermidorienne, le Directoire, certains (ceux qui n'ont pas été guillotinés) jusque sous l'Empire et même la Restauration. Les "Affaires" sordides sont légion. Mais quel régime n'en est pas épargné?
Loin d'être dépassée, cette masse sur la Révolution française, fruit d'un travail considérable, très dense, est d'une remarquable actualité.
Alors oui, Albert Mathiez a adhéré au Parti Communiste Français dès sa création en 1920, mais il l'a quitté en 1922 voyant sa soumission trop forte à Moscou. On peut penser que cela biaise son récit. C'est loin d'être le cas. Il n'y a pas de côté hagiographique dans cette histoire de la Révolution, bien au contraire. Pas plus d'ailleurs que la "Révolution Française" de Gaxotte est un pamphlet monarchiste. Les deux personnages, Mathiez et Gaxotte, se tenaient d'ailleurs en haute estime.
Venant de la gauche, d'un homme de gauche très exigeant sur ses valeurs, son regard est très lucide, et au final, très critique sur les événements et surtout sur les hommes.
Finalement, une histoire de la révolution française sans concession.


Napoléon. Empereur de l'île d'Elbe: Avril 1814 - Février 1815
Napoléon. Empereur de l'île d'Elbe: Avril 1814 - Février 1815
Prix : EUR 12,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un Empire en miniature, 11 février 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Napoléon. Empereur de l'île d'Elbe: Avril 1814 - Février 1815 (Format Kindle)
L’île d'Elbe n'est pas, contrairement à ce que l'on pourrait penser, un minuscule rocher en méditerranée comme peut l'être le non moins romantique îlot de Monte Cristo, à quelques encablures de là. Sa superficie est de 224 Km², soit environ deux fois plus que Sainte Hélène, et l'île est bien plus vaste que le Liechtenstein, dont la superficie est de 160 Km². Rien à voir avec Monaco et ses 2,02 Km²...
Il y a des routes, des villes importantes, les mines de fer de Rio Marina qui rapportent des sommes importantes et qui furent encore récemment exploitées, des vignes. En bref, un petit royaume que Napoléon Ier ne va pas tarder à transformer en Empire en miniature. Comme en France, Napoléon veut tout savoir, tout réglementer, tout régenter. Il est très intéressant, mais pas étonnant, quand on connait le personnage, de noter à quel point l'Empereur s’immisce dans les moindres détails de la vie de l’île, allant jusqu'à conseiller son jardinier sur les légumes à planter en fonction de la saison! Tout le caractère de l'Empereur est là, contenu sur ce royaume qui lui a été donné suite à son abdication en avril 1814. En quelques mois, il transformera complètement l’île. De nombreux travaux sont entrepris, de la transformation de ses villas, à l'aménagement des routes, en passant par les fortifications, l'administration, l'armée qui sont réorganisées, avec la création d'un Conseil d'Etat et, bien sûr, d'une Garde Impériale. L'étiquette subsiste, certes, avec moins de faste et de contraintes qu'aux Tuileries... Si les "Mulini" ne sont pas tout à fait "les Tuileries", si Portoferraio n'est pas Paris, si l’île d'Elbe n'est pas le Grand Empire, et si les conquêtes de Napoléon se bornent à l'îlot de Pianosa, tout est reconstitué en miniature avec le même soucis du détail.

En résumé, un très bon livre, riche en anecdotes et en sources d'époque qui nous permet de suivre, quasiment au jour le jour, l'intense activité de l'Empereur.
Les points positifs : des chapitres très intéressants, et très bien découpés. De très nombreux extraits de mémoires de contemporains (l'administrateur des mines de fer Pons de l'Hérault, le mamelouk Ali, Marchand, son valet de chambre, etc.) viennent compléter le texte en s'y insérant habilement.
Les points négatifs : une carte plus détaillée n'eut pas été superflue, et il aurait été intéressant, même si cela n'entre pas strictement dans le cadre de cet ouvrage, de voir ce qu'est devenu l’île d'Elbe après le départ de l'Empereur (pérennité des institutions créées, développement des infrastructures).


Révolution française
Révolution française
par Max Gallo
Edition : Poche
Prix : EUR 7,70

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une bonne introduction à l'Histoire de la Révolution française (2/2), 3 février 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Révolution française (Poche)
Suite du premier tome, qui s'arrêtait le 21 janvier 1793 avec la mort de Louis XVI, ce second volume s'attache à la période allant de 1793 à 1799, soit de la mort de Louis XVI à l'avènement de Bonaparte et le coup d'Etat du 18 brumaire an VIII.
Tout aussi bien écrit que le tome précédent, l'auteur nous décrit avec une très grande clarté les événements qui ont secoué notre pays pendant ces six années terriblement troublées.


Révolution française
Révolution française
par Max GALLO
Edition : Poche
Prix : EUR 7,70

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une bonne introduction à l'Histoire de la Révolution Française (1/2), 14 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Révolution française (Poche)
La Révolution, période fondatrice de l'histoire moderne de la France, n'est pas un événement facile à appréhender. On s'y perd entre Assemblée Constituante, Législative, Convention, les différentes constitutions, les Girondins, les Montagnards, les Enragés, et autres factions qui se livreront par la suite à une guerre féroce. Max Gallo a le mérite de rendre accessible et vivant un récit pas toujours facile à suivre et à comprendre.

Attention: ce n'est pas là à proprement parler un livre d'Histoire, mais plutôt de l'Histoire romancé, où l'auteur laisse aller sa plume à imaginer les sentiments des personnages. Mais disons, pour débuter, cela reste tout de même bien.

Le récit est objectif, l'auteur ne prend pas parti pour l'un ou pour l'autre, même si, il est vrai, il insiste davantage sur les souffrances du Roi et sa fin tragique.
Néanmoins, il s'agit sans aucun doute d'un très bon livre pour appréhender la période révolutionnaire, à compléter bien évidemment, pour qui souhaite pousser ses connaissances, par les livres d'Albert Mathiez, Albert Soboul, ou de Pierre Gaxotte pour avoir des points de vue complémentaires et qui eux sont de vrais livres d'Histoire.

Les idées sont fixées, les grands événements rappelés. Un livre qui remplit la fonction des romans historiques de cet Académicien : rendre accessible au plus grand nombre les principaux événements de l'Histoire de France. Un seul point négatif : l'auteur ne parle pas du tout des assignats, qui pourtant me paraissent un élément fondamental de la Révolution, car ne l'oublions pas, ce sont les questions d'argent, qui sont directement à l'origine de la convocation des Etats Généraux du 5 mai 1789, même si, bien sûr, les causes proprement dites de la révolution sont multiples et cheminent dans les décennies voire les siècles précédents.


La Révolution française
La Révolution française
par Pierre Gaxotte
Edition : Relié
Prix : EUR 28,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La révolution sans concession, 5 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Révolution française (Relié)
La Révolution est une période de l'Histoire de France extrêmement complexe, confuse, surtout pour la période 1789-1794, mais ô combien capitale pour comprendre toute l'Histoire de France depuis cette période jusque quasiment nos jours. Le talent de Gaxotte est d'en faire un récit aussi simple que possible, avec, à l'appui de ses dires, des faits précis, sourcés et pertinents, et des idées directrices claires quant aux événements. On y retrouve, certes, certains thèmes chers aux royalistes, tel que la fameuse guerre de vingt trois ans (1792-1815), mais est-ce si éloigné de la réalité ? Ou le bienfaiteur restaurateur de la Monarchie, Louis XVIII. Quant à la vision d'un royaume florissant sous Louis XVI, sans doute faut il nuancer le tableau. Mais Gaxotte ne tombe jamais dans l'excès ou la caricature. Il s'en tient toujours aux faits, même s'il ne peut gommer son attachement à la monarchie, ce qui peut se comprendre, car, outre le fait que la vision d'un monarchiste sur ces événements n'est pas plus à jeter aux orties que la vision d'un marxiste, la France a été plongée pendant ces années dans une misère profonde : la Terreur, la guerre, la destruction de la religion, qui, et Napoléon l'avouera, constituait un ciment de la nation française, la banqueroute (mais était elle évitable sous Louis XVI ?), la vile monnaie, l'instabilité, la perte de crédit de la France, etc.
Il est également curieux de constater à quel point, si l'interprétation des faits diffère d'un auteur à l'autre, pour cause « d'école de pensée », les conclusions peuvent se rejoindrent. Pour ne citer que le talentueux Guillemin, qui, dans un essai, « Silence aux pauvres », résume de façon vive, concise et pertinente le processus révolutionnaire en s'appuyant - entres autres - sur Soboul et Mathiez (Guillemin est un homme de gauche), on voit que les hommes de tout bord qui ont étudié et disséqué la Révolution Française arrivent à cette conclusion : la révolution sociale a échoué (Robespierre, Saint Just, et une poignée d'autres, seuls authentiques révolutionnaires ont été liquidés), et la révolution politique a triomphé. Qui a triomphé ? Les Thermidoriens (la fameuse Convetion Thermidorienne, qui devient la réaction Thermidorienne chez les auteurs "de gauche"), la gauche bourgeoise, qui saura se servir de l'armée pour éliminer l'extrême gauche, la plèbe des faubourgs, et la droite, nottamment le 13 Vendémiaire, grâce à un jeune général, Bonaparte, et asseoir son pouvoir. Ceux qui ont gagné, ce sont les possédants, « les gens de biens », comme dit Guillemin. Rapidement enrichis grâce à la mise en vente des biens nationaux, ils feront tout pour déclarer la propriété sacré, et redouteront, toujours, la réaction. Minés par des problèmes d'argents insolubles (ce sont ces problèmes d'argent qui ont déclenché la Révolution) c'est le sabre qui sauve, provisoirement d'abord, les Thermidoriens et le Directoire de la faillite, en charriant par les conquêtes, le numéraire dont la France avait terriblement besoin. Le côté "obscur" de la Révolution ne peut être nié, la Terreur, les executions sommaires, la corruption du Directoire, les massacres de Vendée, la misère (qui n'est pas non plus le propre de cette période, ce que Gaxotte ne rappelle pas assez), etc. ont bien eu lieu. De là à dire que l'auteur dépeint les révolutionnaires comme uniquement préocuppés d'extermination et d'exécution, Gaxotte ne tombe pas dans cette caricature. Certes, il y a des lacunes, dans cet ouvrage comme dans tout autre, je pense nottamment aux conquêtes "civiles" de la Révolution. Ce n'est pas non plus un monarchiste fanatique : il reconnaît l'erreur de la proclamation de Vérone de Louis XVIII en 1795, promettant vengeance et retour à la France d'avant 1789, et voit avec bienveillance, comme certains proches de Louis XVIII qui l'ont finalement convaincu, une monarchie acquise aux idées de la Révolution, car, comme le rappelle l'auteur, la monarchie a constamment évolué depuis Hugues Capet. C'est finalement ce qui se produira lors du retour du Roi en 1814.

La conclusion de Gaxotte est finalement implacable : la Révolution, qui se voulait humaniste, égalitaire, fraternelle, a connu un chemin bien tortueux, pour finalement, à bout de souffle, se donner à un sabre.

En bref, un livre très intéressant, à lire avec discernement, et à compléter par les études d'un Mathiez, d'un Soboul, d'un Guillemin, pour un point de vue différent, et autres études plus récentes sur la période, mais qui présente des pistes de réflexion très intéressantes.


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