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Contenu rédigé par Stéphane
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Commentaires écrits par
Stéphane (Chambéry - Paris)
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Napoléon, tome 1 : Le Chant du départ
Napoléon, tome 1 : Le Chant du départ
par Max Gallo
Edition : Poche
Prix : EUR 6,36

5.0 étoiles sur 5 Un regard critique sur Napoléon Bonaparte - complète Castelot, 15 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Napoléon, tome 1 : Le Chant du départ (Poche)
Cette biographie de Napoléon Bonaparte reprend le même but que celui d'André Castelot, initié il y a près d'un demi siècle : donner un portrait vivant, captivant, et surtout accessible à tous, de l'homme Bonaparte, et de son extraordinaire destinée. Mais aussi, de décrire le contexte extrêmement complexe dans laquel cet homme a évolué, quel a été son parcours, en Corse, puis en France, son éducation, son caractère. Bref, comprendre ses choix, comprendre sa personnalité, et comprendre le monde dans lequel il évolue. De ce point de vue, je trouve que cette biographie, qui se lit comme un roman, remplit son but.
On a parlé d'Henri Guillemin dans un des commentaires, disant que celui-ci était plus pertinent dans ses analyses, et beaucoup plus critique que Max Gallo envers le personnage. Certes. Mais je ferais remarquer que tout ce que dit Guillemin (dans la période qui nous intéresse, c'est-à-dire la jeunesse de Bonaparte), est évoqué par Guillemin. Il suffit de faire le tri, mais peu d'éléments sont occultés par Gallo : l'avidité du pouvoir de Bonaparte, sa descrption du petit peuple comme de la "canaille", lors des événements révolutionnaires, le peu d'éclat du Coup d'Etat de Brumaire An VIII, les atrocités commises à Jaffa, la propagande napoléonienne, sa fuite d'Egypte qui ne sera pas sans rappeler sa fuite lors de la campagne de Russie, les protections (voire plus) de Marbeuf en Corse, lors de l'enfance de Napoléon, la haine de Bonaparte envers la France, etc. Je trouve qu'en lisant ce livre avec discernement, on sent une critique du personnage, qui n'atteint pas, certes, les excès de Guillemin, mais on ne peut nier que la matière s'y trouve.
Bref, si j'ai abordé ce livre avec des a priori, je dois dire qu'ils se sont dissipés à la lecture de ce premier volume, qui raconte avec talent l'ascension de Napoléon Bonaparte.

La Guerre et la Paix, tome 1
La Guerre et la Paix, tome 1
par Léon Tolstoï
Edition : Poche
Prix : EUR 8,17

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le roman total de la littérature russe, 30 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Guerre et la Paix, tome 1 (Poche)
La Guerre est la Paix est sans doute à la littérature russe, vue par un francophone, ce que "Les Misérables" sont à la littérature française. Un roman total, un roman-siècle, qui se veut intemporel, éternel. Mais Guerre et Paix est davantage qu'un roman. D'ailleurs, on ne sait dans quelle catégorie le classer. Soit, après tout, faisons fi de ces étiquettes totalement dépourvues de sens. Par moments, on dirait un poème. Le style, les émotions qui se dégagent de ce roman nous donnent l'impression parfois d'être dans un rêve. La traduction est parfaitement bien maîtrisée, ce qui constitue un tour de force pour ce type de roman.
Il serait vain et inutile de vouloir résumer le livre pour en donner l'envie au lecteur. Cependant, ne soyez pas rebuté par le volume des deux pavés, et par une lecture qui, pour ma part, a été plus lente que d'habitude. Lire Guerre et Paix prend du temps, beaucoup de temps, en tout cas, plus d'un week-end (!), mais c'est un réel plaisir que d'être emporté dans le tourbillon des bals, des intrigues, de la guerre, de ces histoires d'amour qui se font et se défont, bref, de sentir le temps d'une lecture ce qu'est "l'âme russe" et ce qu'a pu être la Russie impériale dans ce monde d'hier englouti par...la guerre.

La campagne de Russie : 22 juin-14 décembre 1812
La campagne de Russie : 22 juin-14 décembre 1812
par Curtis Cate
Edition : Poche
Prix : EUR 11,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Campagne de Russie : "c'est le commencement de la fin" (Talleyrand), 26 septembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La campagne de Russie : 22 juin-14 décembre 1812 (Poche)
Une excellente histoire de la Campagne de Russie, qui retrace l'ensemble de cette funeste entreprise, qui coûta son Armée, puis son Empire, à Napoléon. Le texte est bien écrit, le récit est clair, détaillé.

Une fois de plus, on ne peut lire sans une certaine émotion les douloureuses épreuves auxquelles ont dû faire face les centaines de milliers de soldats de cette armée de "vingt nations". Sur ces routes de Russie, couvertes de cadavres, d'agonisants, ne reste qu'une horde débandée après près de 6 mois d'épreuves. Le froid, les combats, la faim, entraînant bien d'autres maux encore, ont eu raison de cette si glorieuse et héroïque Grande Armée. Que reste t'il aujourd'hui dans les mémoires, de cette campagne? La mémoire défaille, peu se souviennent qu'il y a deux siècles, leurs aînés étaient à Moscou. Un vain sacrifice, inutile, et qui, au final, ne verra même pas la confrontation tant attendue des deux Empereurs.
Une boucherie qui préfigure déjà celle de 1914 par certains aspects.

Le point faible de ce livre, ce sont les coquilles de traduction ou de relecture que l'on trouve au hasard des pages, mais qui sont touefois suffisemment rares pour ne pas gêner la lecture.

Sinon, une fresque remarquable pour qui s'intéresse à la campagne de Russie.

L'aiglon : Napoléon II
L'aiglon : Napoléon II
par André Castelot
Edition : Broché
Prix : EUR 22,32

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La biographie de référence de Napoléon II..., 8 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'aiglon : Napoléon II (Broché)
Quel triste sort que celui de Napoléon II...
Né le 20 mars 1811, l'enfant est ardemment désiré par son père, qui, ne pouvant avoir d'enfant avec Joséphine de Beauharnais, décide de divorcer pour se remarier avec Marie Louise de Habsbourg. Le fils tant attendu voit le jour, et est titré Roi de Rome, mais déjà l'empire de son père est vacillant. Les fêtes fastueuses du baptême (plus de 1,8 millions de francs de l'époque!), ne réjouissent guère les parisiens... Un an plus tard, c'est la retraite de Russie, et en 1813, c'est la fin du Grand Empire, en attendant l'abdication sans condition de 1814. Celui qui n'aurait eu "qu'à tendre les bras pour saisir le monde", quand son père, auteur de ces mots, avait dû porter le fer en Europe pour construire son Empire, s'enfuit avec sa mère. Direction : Vienne, la capitale de l'Empire des Habsbourg, qu'il ne quittera plus de toute sa vie. Il y sera constamment épié, surveillé. Enfant, on le détache petit à petit des français exilés qui font son éducation. L'allemand remplace le français. On le germanise. Son précepteur, Dietrichstein lui mène la vie dure, avec une discipline de fer, et une exigence de chaque instant. Les Cents-Jours ne changent en rien son sort. Il est toutefois, sans le savoir, proclamé Empereur des Français sous le nom de Napoléon II... du 22 juin au 7 juillet 1815... L'enfant grandi, ses souvenirs ne se sont pas effacés. Il devient Prince de Parme, puis Prince Autrichien, avant d'être titré Duc de Reichstadt. Il lit avec enthousiasme les récits de la vie de son père, de sa captivité, des derniers jours d'un père qui n'a jamais pu revoir son fils. Petit à petit, il recolle les morceaux de son passé. Il sait qui il est. Et pour cela, il est hors de question qu'il remonte sur un trône, a fortiori, sur le trône de France. On l'imagine Roi des Belges, ou bien Roi de Pologne. Mais le puissant Metternich veille au repos de l'Europe : il est totalement exclu qu'une dynastie "napoléonide" s'établisse en Europe. La mélancolie, la frustration de n'être qu'un petit "colonel à l'uniforme blanc", le ronge. Il n'a le droit de quitter Vienne, et bien sûr, il lui est totalement inconcevable de se rendre en France. Rongé par le dépit, la mélancolie, la frustration, abîmé par une santé fragile et une croissance trop rapide, c'est la tuberculose qui le frappe, dès 1826. Il se consumme très lentement. Les années passent, sa mélancolie, son repli sur lui même, ses déceptions, ses frustrations ne l'abandonnent pas... Le mal empire, et les médecins ne devinent rien du mal qui le ronge. On le pense victime d'un mal d'estomac, ce mal qui a emporté son père, alors qu'il est phtisique depuis de nombreuses années déjà. Il est trop tard. Le fils de l'Aigle s'éteint le 22 juillet 1832...

C'est toute cette histoire que nous fait revivre André Castelot, sous sa plume talentueuse. Auteur des deux tomes remarquables, Bonaparte et Napoléon, il nous fait revivre, non sans émotion, ni colère parfois, la vie éphémère de l'Aiglon. Nous découvrons également ceux qui le cotoient, ses relations distantes avec sa mère, l'affection que lui portait son grand-père paternel, l'Empereur d'Autriche François Ier, mais aussi ses gouvernantes, ses precepteurs, les hommes de sa maison, etc. Tout cela, au travers d'une correspondance riche et bien choisie. La vie de l'Aiglon, on l'aura compris, fut fort triste. Une vie d'enfant prisonnier, tant physiquement que moralement... Un livre à lire, pour découvrir qui était celui qui aurait dû régner sur le plus vaste empire d'Europe...

Les Cent-Jours ou l'esprit de sacrifice
Les Cent-Jours ou l'esprit de sacrifice
par Dominique de Villepin
Edition : Relié
Prix : EUR 24,22

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Avant Grenoble, j'étais aventurier, après Grenoble, j'étais prince", 9 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Cent-Jours ou l'esprit de sacrifice (Relié)
Un excellent ouvrage, dans la lignée des deux précédents (même si ils n'ont pas été écrits effectivement dans cet ordre), servi par une excellente plume.
Dominique de Villepin retrace ici la fantastique épopée des Cents-Jours, avec le cas, unique dans l'Histoire de France, d'un souverain qui retrouve son trône par la seule évocation de son nom. Sans tirer un seul coup de feu, Napoléon, qui débarque à Golfe Juan le 1er Mars 1815 retrouve son trône le 20 Mars. Entre les deux dates, des moments gravés à tout jamais dans la geste napoléonienne, comme la rencontre de Laffrey avec le 5° de ligne, ou le ravisement de Ney, parti de Paris pour ramener l'Empereur dans une "cage de fer" à Louis XVIII, et qui finalement se ralliera à Napoléon.
Mais, si l'enthousiasme est palpable au sein de la population, celui-ci retombe vite. L'Assemblée du Champ de Mai, qui voit la proclamation de "l'Acte additionnel aux Constitutions de l'Empire", n'est pas comprise par le peuple, et les notables semblent se détourner de celui qui symbolise la guerre donc l'incertitude, quand le conservatisme de Louis XVIII est garant de paix, donc de stabilité. Sans oublier que l'Europe, encore réunie en Congrès à Vienne n'est absolument pas disposée à négocier avec le nouveau pouvoir.
Commence alors la Campagne de Belgique, en 1815. Malgré les premiers succès à Ligny notamment, la défaite de Waterloo sonne le glas de l'Empire français. Rentrant à Paris, Bonaparte est menacé par les Chambres. Deux choix s'imposent à lui : s'emparer de tous les pouvoirs par le biais d'une "dictature de Salut Public", soit rechausser les bottes de 1793, déclarer la patrie en danger, effectuer une levée en masse pour défendre les frontières, ou bien se soumettre, accepter d'être déposé par les Chambres, et abandonner (sans grande illusion...) le pouvoir à son fils. C'est ce dernier choix qu'il préférera, ne voulant faire couler inutilement le sang français. Napoléon abdique une sconde fois, le 22 juin 1815, sous la pression de chambres hostiles, qui manifestaient encore au souverain un soutien indéfectible quelques jours auparavant. Cette abdication se fait en faveur de son fils, Napoléon II, le petit Roi de Rome... Pouvoir bien illusoire, puisque celui-ci est prisonnier à Vienne, et dont il sera démis très rapidement, suite aux manoeuvres de Fouché.
Napoléon s'est sacrifié, et prend le chemin de l'exil, après quelques jours à Malmaison, Rochefort et l'île d'Aix. Le gouvernement provisoire, assumé par Fouché, cède sa place aux Bourbons restaurés.
Napoléon, quant à lui, débarque à Sainte Hélène le 15 octobre 1815...Une autre page de la légende va s'écrire...
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La chute ou l'Empire de la solitude : 1807-1814
La chute ou l'Empire de la solitude : 1807-1814
par Dominique de Villepin
Edition : Broché
Prix : EUR 24,22

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La fin de la Grande Armée et du Grand Empire... 1807-1814, 31 mai 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La chute ou l'Empire de la solitude : 1807-1814 (Broché)
Un très bon récit, tout autant complet et mesuré que le premier opus, Le soleil noir de la puissance, 1796-1807, et tout aussi riche en informations.

Nous suivons l'épopée impériale, et les fissures ouvertes lors de la période précédente s'ouvrent plus largement encore.
C'est la fin de la paix de Tilsit, actée à Erfurt en 1808 par les manœuvres ambigües de Talleyrand.
C'est l'exaspération des populations locales, victimes du Blocus Continental qui prive les populations de tout commerce.
C'est l'enlisement dramatique de nos troupes en Espagne, campagne presque aussi dure et meurtrière que la Campagne de Russie.
C'est l'ébranlement de tout l'Empire, qui, à mesure qu'il gagne en superficie, perd en profondeur.
Même si en 1810 l'Empire Français est à son apogée, même si Napoléon domine littéralement toute l'Europe et aura, l'année suivante, un héritier, la fin de l'aventure semble proche. Certes, les victoires sont encore là, telle celle de Wagram en 1809 contre les Autrichiens, mais Essling voit la perte de Lannes. La bataille même de Wagram est une victoire qui n'a plus le même éclat, la même saveur, le même caractère décisif et forçant l'admiration que les victoires précédentes d'Austerlitz ou d'Iéna.

Se lance alors la campagne contre la Russie, en 1812. Une immense armée (600 000 hommes, mais aussi des femmes, des enfants, d'interminables wagons de fournitures de toutes sortes) franchit le Niémen en juin 1812 et cherche désespérément la bataille décisive contre un ennemi qui sans cesse se dérobe, ne laissant derrière lui que ruines et cendres. Il y aura bien des victoires, Smolensk, ou Borodino durant laquelle Ney sera titré "Prince de la Moskova", mais celles-ci ne sont nullement décisives. Après un mois passé à Moscou, la Grande Armée prend le chemin d'une retraite douloureuse, atroce. La retraite de Russie ne s'achèvera au final qu'une fois l'entrée des Alliés dans Paris : 1812, fin de la Grande Armée avec la terrible retraite de Russie, 1813, fin du Grand Empire avec, entres autres, la perte de la Prusse et la défection de la Saxe, 1814, abdication de l'Empereur, avant les Cents Jours dont il sera question dans le dernier ouvrage de Dominique de Villepin consacré à cette période. Défections, trahisons, défaites, conduiront l'Empereur à l'abdication, malgré une Campagne de France héroïque, ou l'Empereur Napoléon retrouve le Général Bonaparte.

Un excellent ouvrage, servi par une plume admirable.
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L'effroyable tragédie : Une nouvelle histoire de la campagne de Russie
L'effroyable tragédie : Une nouvelle histoire de la campagne de Russie
par Marie-Pierre Rey
Edition : Broché
Prix : EUR 22,80

20 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une histoire bien documentée de la Campagne de Russie de 1812, 28 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'effroyable tragédie : Une nouvelle histoire de la campagne de Russie (Broché)
1812 - 2012 : l'année du bicentenaire de la Campagne de Russie va sûrement voir l'éclosion de livres relatifs à ce qui restera une des plus grandes tragédies de l'épopée napoléonienne.
Cette campagne, ce n'est pas une campagne comme les autres, et l'auteur nous le fait bien savoir. Ce n'est pas une campagne éclair, ponctuée d'une victoire décisive sur un adversaire qui demanderait aussitôt la paix... Ce n'est pas seulement l'armée russe qui est en guerre, mais toute la Nation russe, qui entre dans une sorte de transe mystique. Qui sont les soldats russes? Ce sont des fantômes, c'est tout le monde et personne à la fois. Le moujik misérable du village le plus reculé, en incendiant son isba et privant ainsi le grognard d'un abri, participe autant au combat que le fier Cosaque qui harcèle les arrières de la Grande Armée. Multiplié à l'infini, l'incendie se fait ouragan. Car c'est cela qui attendra Napoléon : des cendres, un territoire vidé de ses habitants qui reculent à chaque fois que la Grande Armée avance. Le combattant russe est rude : l'indécise bataille de Borodino (restée connue sous le nom de la Bataille de la Moskova chez nous, avec son Prince, le Maréchal Ney) est une victoire à la Pyrrhus... L'Aigle a reçu un coup fatal, il se vide de son sang jusqu'à Moscou, et c'est les ailes brisées qu'il prendra le chemin de la retraite. L'armée française occupe Moscou un peu plus d'un mois, puis c'est le calvaire du retour. La retraite de Russie, la Bérézina, "le tombeau de la Grande Armée" à Vilnius, où les épidémies, la faim consécutive à la désorganisation achèvent les derniers rescapés. 1812, c'est la fin de la Grande Armée, 1813, la fin du Grand Empire, 1814, la fin de l'Empereur...
Ce livre permet de retracer toute la campagne, depuis les relations houleuses consécutives à l'entrevue d'Erfurt de 1807, la réticence grandissante des Russes à appliquer le blocus continental voulu par Napoléon afin de porter un coup fatal à l'Angleterre, la question de la Pologne, et surtout, la haine des russes envers "l'Ogre", Napoléon, objet de haine de la part de la Cour Impériale, même si le tsar Alexandre Ier ne cache pas une certaine admiration pour son homologue français. Les témoignages sont issus des deux camps, français et russe. C'est un point très intéressant. Les batailles sont bien retranscrites, de même que la "psychologie" guerrière russe. Nous comprenons qu'il s'agit là d'une guerre "nationale", "patriotique" pour les russes. Chacun à son rôle à jouer, et cela est en écho avec la guerre d'Espagne : une guerre qui ne mobilise pas seulement une armée, mais toute une population qui prend les armes. Le rôle de la terre brûlée, incompréhensible pour les français, est aussi clairement souligné. C'est aussi, et l'auteur insiste sur ce point, l'époque où la guerre de masse, utilisant ce qui sera appelé plus tard "la chair à canon", apparaît : jusqu'à présent, les batailles faisaient un nombre relativement peu élevé de victimes (moins de 1500 morts du côté français à Austerlitz), à l'exception d'Eylau. Mais l'utilisation croissante de l'artillerie qui décime les bataillons, est clairement mise en avant à Borodino. Les récits de survivants, qui sont abondamment repris, sont absolument poignants à lire.
Un tel sacrifice, pour un résultat tragique : non seulement le tsar n'a cédé à aucune exigence de l'Empereur, mais pire, la Grande Armée n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle se trouve très affaiblie, de nombreux généraux sont morts aux combats, les souffrances ont été terribles, et surtout, la popularité de Napoléon s'en trouve gravement ressenti.
Au final, cet ouvrage, à la suite de biens d'autres, permet de bien cerner le conflit sous tous ses aspects. Cartes, illustrations, témoignages de soldats, citations de Mémoires permettent également d'appréhender, dans la mesure du possible bien évidemment, ce qu'a été cette horrible tragédie.

Le soleil noir de la puissance, 1796-1807
Le soleil noir de la puissance, 1796-1807
par Dominique de Villepin
Edition : Broché
Prix : EUR 24,22

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une synthèse complète et mesurée de la période 1796-1807, 5 mars 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le soleil noir de la puissance, 1796-1807 (Broché)
Un politique qui écrit un ouvrage sur un personnage historique... La première réaction : méfiance. Parfois, l'auteur cherche à rattacher son action à celle d'un nom illustre, à légitimer son action, ou à servir de publicité. Le livre de notre ancien Premier Ministre n'échappe pas à ce premier jugement, d'autant que celui-ci, lorsqu'il était à Matignon, n'a pas daigné commémorer le bicentenaire de ce qui restera sans aucun doute la plus belle victoire de la Grande Armée : Austerlitz.

Mais, dans ce cas, les masques tombent: "le Soleil Noir de la puissance" est un écrit remarquable en tout point.

Sur la forme, le style est fluide, incisif, la langue est belle et sert merveilleusement bien les propos de l'auteur.
Sur le fond, ce livre est très riche, trop peut être à en juger les très nombreux renvois en bas de page, qui parfois prennent la moitié d'une page...alors qu'ils auraient tout à fait pu être intégrés au texte. Les références sont pertinentes, et bien choisies : Dominique de Villepin puise tant chez les mémorialistes contemporains de l'Empereur, qu'ils soient ses soutiens ou ses adversaires, Benjamin Constant, Mme de Staël, Chateaubriand en particulier, qui reveniennent très souvent au fil des pages. Sont également convoqués des historiens, tels Bainville, Soboul, Sorel, Michelet et d'autres soit des horizons idéologiques très différents. Le tout s'intègre parfaitement bien au récit.
Ensuite, le livre en lui-même : Villepin n'est pas un admirateur inconditionnel de l'Empereur. Les faiblesses de l'homme Napoléon sont clairement mises à jour, les ambiguïtés qui mineront son règne également. Ambiguïtés de Brumaire, du sacre, de la création d'une noblesse d'Empire, mais aussi ambiguïtés de la Révolution française elle même qui a permis à un tel homme de se révéler. Sans oublier la question lancinante de la légitimité. Il lui faudra constamment faire le grand écart entre Louis XIV, qu'il admire, et Robespierre, qui lui a donné un sérieux coup de pouce à ses débuts.
Un jugement mesuré donc, qui n'exclut évidemment pas de souligner le génie de l'homme, génie militaire et politique, très clairement mis en avant sous le Consulat.

En bref, un livre à lire pour tout amateur de la période napoléonienne.

Napoléon : Les grands moments d'un destin
Napoléon : Les grands moments d'un destin
par Jean Tulard
Edition : Broché
Prix : EUR 26,98

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 La pertinence des moments, un livre bien écrit, mais un manque de souffle..., 17 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Napoléon : Les grands moments d'un destin (Broché)
Ce livre est très intéressant pour qui souhaite s'initier à la vie passionnante de Napoléon Bonaparte, et à l'aventure extraordinaire qu'a été le Premier Empire ainsi que les périodes qui le précède immédiatement : le Directoire, et le Consulat.
Les moments choisis ne sont pas tous des moments décisifs où le destin de Napoléon s'est véritablement joué. Ce sont également des jalons posés pour la postérité. Je pense notamment à la création du Louvre par Vivant Denon, qui ne constitue pas en soi un moment où le destin de l'Empire a basculé, mais qui n'en reste pas moins un acte clé dans la période impériale.
Parfois, l'auteur cherche à tout prix à rattacher les événements entre eux, ou à considérer ceux-ci comme des "coups de poker". On peut en discuter...
A l'inverse, il manque selon moi un élément fondateur, qui aurait dû faire l'objet d'un chapitre entier, c'est l'exécution du Duc d'Enghien le 21 mars 1804, qui a été un moment décisif pour justifier l'Empire et le Sacre.
Néanmoins, je dois dire qu'il s'agit là d'un livre d'une grande clarté, abordable par tous, et chacun y trouvera son compte, le débutant par sa simplicité, l'initié pour certaines anecdotes ou la bibliographie de référence.
Au final, une bonne synthèse, qui se lit très rapidement, et qui embrasse toute la vie de l'Empereur, et les principaux faits de l'Empire.

Herbert Von Karajan : Beethoven - Les Symphonies
Herbert Von Karajan : Beethoven - Les Symphonies
DVD ~ Herbert von Karajan
Prix : EUR 37,99

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un coffret d'exception, 15 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Herbert Von Karajan : Beethoven - Les Symphonies (DVD)
Quoi de plus exceptionnel que les 9 symphonies de L.V. Beethoven, jouées par un Orchestre Philarmonique de Berlin à son apogée et dirigé par l'un des plus grands chefs d'orchestre du monde?
Le résulat est à la hauteur des attentes.

Le format de tournage peut paraître déroutant au début : les enregistrements sont, pour certains, effectués dans de petites salles, il n'y a bien souvent aucun public, et quand il y en a, ce ne sont que quelques invités.
Mais au final, on n'est pas déçu, car la musique, les instruments, l'orchestre, tout s'offre à nous dans sa plus simple expression. Les plans rapprochés sont fascinants, et le tout est filmé de manière exceptionnelle, ce qui rend l'émotion intacte! La façon dont cela a été réalisé tient véritablement de la prouesse.

Je recommande vivement ce coffret pour tout amateur de musique classique, et de musique tout court...

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