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misterjmd

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Hélène Grimaud : Résonances
Hélène Grimaud : Résonances
Prix : EUR 18,00

50 internautes sur 53 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un banquet musical presque parfait, 1 décembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hélène Grimaud : Résonances (CD)
A force de lire critiques et diatribes diverses dirigées contre l'artiste en général et contre ce disque en particulier, j'avais fini par me laisser persuader que cette nouvelle prestation musicale d'HG ne valait pas le détour.

Du coup, je n'avais pas acheté l'album... en revanche, j'ai assisté à son récital au Théâtre des Champs-Elysées, le 26 novembre dernier où là, comme le mistral chasse les nuages, l'évidence musicale de son talent a balayé le doute qui s'était installé en moi.

Je ne pouvais pas être mieux placé pour juger: situé en loge de corbeille, j'avais une très bonne place de laquelle j'ai pu contempler et admirer le jeu prodigieusement virtuose de ses mains et la manière dont la pianiste faisait corps avec l'instrument pour en tirer des sons d'une ferveur parfois quasi religieuse.

Mozart tout d'abord: je ne l'avais encore jamais entendu jouer ce compositeur et ce fut une révélation. Un jeu clair et direct, peut-être un peu trop appuyé par moment: en principe, Mozart se joue sans pédale, enfin, c'est ce qu'il est convenu et de bon ton de dire aujourd'hui. Mais, parmi les gens qui prétendent cela, s'en trouve-t-il un seul qui ait consulté Mozart? Le bon sens nous oblige à répondre: NON. Donc, laissons Hélène Grimaud jouer Mozart comme elle le sent: l'essentiel est qu'elle nous ait fait décoller, ce qui fut mon cas.

Berg ensuite: une musique un peu âpre, difficile à appréhender quand on ne la connaît pas mais qu'il faut sans doute ré-écouter pour apprendre à l'aimer (je n'ai pas aimé Ravel à la première écoute et, à présent, je l'adore).
L'interprétation d'HG que j'ai trouvé remarquable m'a donné envie de mieux connaître Alban Berg, un compositeur assez peu connu dont elle s'est fait pionnière et qu'elle m'a fait découvrir avec bonheur.

Liszt ensuite: dans l'ensemble, je dirais que c'est une très belle interprétation bien que je préfère celles de Marylin Frascone ou de Yuja Wang. Pour deux raisons: dans certains passages de virtuosité, une pédale un peu trop appuyée nuisant à la clarté du discours musical et, en même temps, un jeu qui semble s'emballer, un peu comme une automobile où le conducteur appuierait à la fois sur le frein et sur l'accélérateur. "C'est le trac", m'a confié ma voisine de concert.
Sans doute, mais je crois surtout qu'elle était tellement à fond dans sa musique qu'elle s'est laissée "happer" par la fougue et le désir de trop bien faire. C'est vraiment dommage. C'est la seule raison qui m'empêche, honnêtement, de lui donner 5 étoiles.

Bartok enfin: alors là, rien que pour ces danses roumaines, je les donnerais, les 5 étoiles! Tellement bien dansées par les doigts de l'artiste que j'ai imaginé les danseurs roumains en costume folklorique envahir la scène et danser autour d'elle. Tellement bien jouées que j'ai envie à présent d'explorer, d'expérimenter moi-même au piano cette musique de terroir. Rien que du bonheur.

Enfin, merci, Hélène Grimaud, de ce magnifique cadeau que vous nous avez donné en bis: la Danse des Ames Saintes de Glück, une musique qui vous va à ravir.

Descendu de mon nuage, à l'issue du concert, j'ai repensé à la critique d'un autre internaute: HG serait une pianiste de "seconde zone"? (MDR)

Honnêtement:

Est-il sérieux de croire qu'elle fasse salle comble uniquement grâce au "marketing"?
Est-il sérieux de prétendre que les quelques deux mille personnes qui étaient présentes aient "des oreilles de lavabo"?
Lorsqu'on voit la pianiste enchaîner les traits de virtuosité les plus fous, escalader les quadruples-croches les plus escarpées et brandir les octaves à une vitesse supersonique sans jamais mettre une seule note à côté, lorsqu'on entend, sous ses doigts, l'âme du piano portée à l'indandescence, est-il sérieux de déclarer qu'elle n'est pas à la hauteur?
Est-il sérieux de la comparer à Richard Clayderman? (MDR)

Ma réponse:

Face à un talent insolite et une manière de saisir l'instrument à bras-le-corps qui n'est la copie de personne et dont personne n'est la copie, face à cette lumière sonore venu de l'ailleurs, d'aucuns cherchent à se rassurer en affirmant que tout ce qui ne rentre pas dans le moule habituel est juste bon à jeter.

Mais n'est-ce pas oublier aussi que Martha Argerich, Glenn Gould et bien d'autres ont eux-mêmes été fort controversés avant d'être reconnus comme des "références" par le monde musical? Eux non plus ne rentraient pas dans le moule habituel.

De manière très schématique, je dirais que tout ce qui se coule dans un moule est de l'ordre du banal et de l'industriel: l'art se rit des moules, l'art véritable est unique, insolite et demande au profane un effort pour comprendre son langage et pénétrer son mystère.

La valeur de l'art ne se chiffre pas forcément au nombre d'années passées au conservatoire ni au nombre de concours gagnés!

Les quelques deux mille personnes qui étaient avec moi au concert ont, comme moi, laissé le monde des émotions, des sentiments et de la poésie (leur hémisphère DROIT) s'affranchir du monde des savants, des spécialistes et des disséqueurs de "structuration musicale" (leur hémisphère GAUCHE).

Hélène Grimaud, continuez à vous promouvoir et à nous émouvoir, le ciel musical a besoin de votre étoile!
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : May 28, 2012 7:22 AM MEST


Liszt-Ravel
Liszt-Ravel
Prix : EUR 19,76

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'effervescence d'un piano effrayant de beauté, 7 novembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Liszt-Ravel (CD)
Quels sommets musicaux! Et quel hommage rendu à ces deux immenses compositeurs par cette magicienne du clavier qui laisse loin derrière elle tant d'autres interprètes, pourtant parmi les plus grands, de la sonate en si de Liszt.

Quand à son interprétation du "Gaspard de la Nuit", elle me donne des frissons... de bonheur!

Un piano effrayant, oui, mais dans le sens positif du terme, comme lorsqu'on est frappé par la magnificence des paysages extrêmes.

J'ai découvert Marylin Frascone dans un précédent disque où elle interprétait l'autre sonate de Liszt: "Après une Lecture de Dante". Ce fut pour moi une révélation.

A l'écoute du présent album, je persiste et je signe: ces deux sonates sont des merveilles que je ne me lasse pas d'écouter.

Je trouve que Marylin Frascone possède tout: la puissance de jeu, la clarté des sons couplée à une articulation irréprochable, un sens aigu de la cohérence du discours musical, des nuances et du rubato pur de toute affectation qui font de cette pianiste à la fois une danseuse étoile (avec les doigts!), une peintre et une poétesse.

La question que je me pose est la suivante: comment se fait-il que l'on parle si peu de Marylin Frascone? Pour moi, c'est un vrai mystère!

Marylin, pour le bonheur des mélomanes, faites-vous connaître!

Je la mets au même niveau que Martha Argerich (la relève de cette dernière est ainsi assurée!) ou Arcadi Volodos.

On ne peut mettre que 5 étoiles, pas plus? Dommage, car j'en mettrais bien 10!

Marylin Frascone, une référence musicale à écouter et ré-écouter SANS modération.


Baroque
Baroque
Proposé par Side Two
Prix : EUR 11,40

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 les musiques et les époques se donnent la main, 12 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Baroque (CD)
"du pur bonheur": John Roper a tout dit... que pourrais-je ajouter? Que j'ai fait un merveilleux voyage musical en écoutant ce CD, acheté juste après le concert donné par Martha Argerich "Autour du Tango" le 7 mars dernier à la Salle Pleyel.

Merveilleux: un son d'une clarté éblouissante, un sens du rythme rarement égalé chez un(e) pianiste, un instrument qui chante et qui danse éperduement et qui vous prend aux tripes... merveilleuse, cette improvisation "jazzy" du prélude de Bach, qui doit faire grincer les dents aux puristes, mais tant pis pour eux et tant mieux pour le bonheur de mes oreilles.

Cette artiste (un génie) a su jeter des ponts entre les musiques et les époques dans ses improvisations sur Vivaldi, Albinoni ou Haendel en les colorant de petites touches rappelant Debussy ou Rachmaninov ou en les animant d'un souffle d'influence latino: une démonstration éclatante comme quoi la musique est intemporelle et universelle.

Merci à Gabriela Montero et aussi à Martha Argerich d'avoir révélé au monde cette merveilleuse musicienne, cette magicienne de l'improvisation.


Beethoven - Concerto pour piano n°4 / Sonates pour piano op.109 & 110
Beethoven - Concerto pour piano n°4 / Sonates pour piano op.109 & 110
Prix : EUR 10,64

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le piano, prolongement de son âme, 31 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven - Concerto pour piano n°4 / Sonates pour piano op.109 & 110 (CD)
Ah, ces premiers accords de Sol, divinement joués, comme ils sont prometteurs! Et cette merveilleuse pianiste tient ses promesses jusqu'à l'accord final du dernier mouvement, au-delà duquel le silence lui-même devient musique, comme ému par autant de grâce, de talent... de génie.

Dans le 2ème mouvement en particulier, la pianiste déploie une profondeur d'interprétation quasi-mystique; grâce à un jeu de pédale savamment dosé, le piano n'est plus un instrument à percussions: il devient instrument à vent, harpe éolienne, presqu'une voix humaine!

Hélène Grimaud et Kurt Masur, une association de bienfaiteurs pour mon bonheur de mélomane.

Et les opus 109 et 110 sont de la même veine: exaltants.

Possédant également de ces oeuvres les CDs de Claudio Arrau, je me plais souvent à écouter alternativement l'un et l'autre interprète: tout en reconnaissant que la technique de Claudio Arrau est supérieure à celle d'Hélène Grimaud, le jeu de cette dernière, sa "sensibilité à fleur de peau" (comme disent certains) m'accrochent irrésistiblement le coeur, comme si le piano devenait un prolongement d'elle-même, le langage de son âme, son chant primordial.

Ce CD est une petite pierre (précieuse) dans mon édifice musical.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 5, 2010 4:40 PM CET


Tchaïkovski : Concerto pour piano n°1
Tchaïkovski : Concerto pour piano n°1
Prix : EUR 18,00

19 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Martha Argerich, la Musique faite femme, 11 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tchaïkovski : Concerto pour piano n°1 (CD)
L'une des plus grandes, pour ne pas dire LA plus grande! Cet album, que je viens d'acheter et d'écouter, çà été un coup de coeur, un coup de foudre pour mes oreilles qui en sont restées "bouche-bée". Du coup et de manière compulsive, je l'ai ré-écouté cinq fois de suite, sans me lasser.

1) Concernant le Concerto, même si je dis qu'il ne faut pas comparer les artistes, je déroge pour une fois et place Martha Argerich au même niveau que Sviatoslav Richter dont je possède également l'interprétation de ce Concerto en vinyl (ce rapprochement est purement personnel et subjectif). J'ajouterai même que je trouve le jeu de Martha moins dur, plus riche en couleurs, à la fois plus aérien et plus fougueux: j'ai été bluffé par le jaillissement virtuose et sauvage des lignes mélodiques dans certains traits de virtuosité (notamment dans la partie centrale si difficile du 2ème mouvement) et cependant, la grande pianiste a su comme personne préserver partout et même mettre en relief l'aspect musical, la respiration et l'âme de l'oeuvre: elle lance un défi à tous les pianistes, car Dieu sait que virtuosité et musicalité sont d'ordinaire chez beaucoup antinomiques!

2) Son interprétation du Casse-Noisette, en association de bienfaiteurs avec Nicolas Economou, c'est un véritable petit chef d'oeuvre, une plénitude de son, un ensemble polyphonique d'une perfection absolue qui n'ont rien à envier à la version orchestrale que je possède aussi et que je vais avoir tendance à oublier à partir de maintenant!

Cet album, il est beau, beau, beau...

Martha Argerich, c'est la Musique descendue sur terre et faite femme...
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Hélène Grimaud joue Rachmaninoff, Chopin, Liszt, Schumann, Brahms, Ravel (Coffret 5 CD)
Hélène Grimaud joue Rachmaninoff, Chopin, Liszt, Schumann, Brahms, Ravel (Coffret 5 CD)
Prix : EUR 19,48

13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La valeur n'attend pas le nombre des années, 10 décembre 2009
Dans cet album, douée d'une foudroyante virtuosité et d'un sens aigü du phrasé, du discours musical et du sens des oeuvres, fougueuse à l'égal d'un Beethoven ou d'un Liszt, la jeune Hélène Grimaud (17 ans) nous offre les heures de dépaysement d'un merveilleux voyage musical.

Que ce soit Chopin dans sa 1ère Ballade magistralement jouée, Rachmaninov dans ses deux merveilles d'interprétation des opus 18 et 36, Brahms dans ses Sonates, Schumann dans Kreisleriana, Liszt dans sa monstrueuse et splendide Fantaisie-Sonate ou Ravel dans son bondissant Concerto, cette pianiste me surprend à chaque audition par la perfection, la délicatesse, le caractère et l'intensité de son jeu qui nous conduit à deux cents à l'heure vers le seul but qui est de nous faire participer à une extase quasi mystique, vers un autre monde où les petites voix multiples de son piano nous invitent pour nous révéler la voix secrète des compositeurs.

Cet album, je l'écoute en boucle...

Et bien que ce soit un avis personnel, j'ai dit "nous" car, en l'ayant fait écouter et en en discutant autour de moi, j'ai constaté que beaucoup partagent cet avis.


Rachmaninov : Concerto pour piano n°2, Prélude op.32 n°12; Etudes-Tableaux op.33
Rachmaninov : Concerto pour piano n°2, Prélude op.32 n°12; Etudes-Tableaux op.33
Prix : EUR 14,59

9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une polyphonie d'étoiles sonores, 3 décembre 2009
... ou comment Rachmaninov devrait toujours être joué...

Le piano d'Hélène Grimaud, ce n'est jamais une voix qui s'impose et tonitrue, c'est une multitude de petites voix mélodieuses qui nous appellent à crever le ciel trop bas de notre monde banal, triste et morose pour entrer dans un nouveau monde et accéder au grand air des contrées musicales inédites qu'elle explore avec talent et inspiration.

C'est ce que j'entends à l'audition de ce magnifique opus 18: le jeu de la pianiste se fond admirablement avec l'orchestre, fait osmose avec lui au lieu de vouloir à tout prix le couvrir et l'éclipser.

Je réponds ainsi à la fois à ceux qui qualifient son jeu de "narcissique" et au camarade internaute qui parle de "piano sans sonorité".

Je dirai plutôt qu'il s'agit d'un piano sobre, racé, précis, expressif et pénétrant, au discours musical unique et qui me parle au coeur, comme en confidence: bref un piano de grande classe!

Et, bien que le son y soit plus ample, plus "lâché", les oeuvres qu'elle interpréte derrière le concerto ne feront que confirmer mon jugement:

Aussi bien dans le Prélude, qui m'entraîne dans le mouvement tourbillonnant d'une émouvante danse des notes, que dans les Etudes-Tableaux, la pianiste allie à la fois douceur et puissance, rubato et sens aigu du rythme: elle déploie des lignes mélodiques tendues entre l'alpha et l'oméga de ces oeuvres et qui me tiennent en haleine.

Sous ses doigts, le piano chante éperduement.

Quand aux Variations Corelli, je ne sais s'il s'agit de synesthésie: elle ne joue plus... elle peint des fresques sonores aux toiles de mystère de mon imagination et je rentre en hypnose.

Bref... ce précieux album que je suis heureux de posséder est un fidèle compagnon que j'écoute et ré-écoute... sans jamais me lasser!
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Chopin / Rachmaninov: Piano Sonatas
Chopin / Rachmaninov: Piano Sonatas
Prix : EUR 7,99

6 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La musique de l'essentiel, 30 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chopin / Rachmaninov: Piano Sonatas (Téléchargement MP3)
J'ai attendu presque 2 ans pour déposer ce commentaire: je fus d'emblée enthousiasmé par ce CD, mais j'avais peur de changer d'avis, de me lasser...

A ce jour, je constate que mon enthousiasme est resté intact!

Et je me refuse ici à comparer Hélène Grimaud, en bien ou en mal, avec d'autres très grands pianistes dans la cour desquels j'estime qu'elle est cependant tout-fait-digne de jouer.

Comme si l'opus 35 et l'opus 36 se donnaient la main à près d'un siècle de distance, l'âme de Chopin rencontre celle de Rachmaninov au travers de la même tonalité de si bémol mineur et de ces mêmes colorations à la fois sombres et flamboyantes.

Dès les premiers accords de la Sonate Funèbre, Hélène annonce la couleur et donne le ton: cette liberté de ton, cette dureté douce de diamant qui lui va si bien: un jeu à la fois souple et nerveux, structuré et tendu vers le seul but qui compte: l'éclosion d'une émotion unique, nouvelle pour moi à chaque audition à travers des fractales de musique qu'avec une incandescente générosité elle déploie et sculpte en notre ciel intérieur.

De la première note de l'opus 35 à la dernière de l'opus 36, j'ai traversé des paysages d'une intense beauté, j'ai lavé la grisaille des jours dans la nuit des sonates où s'allument des constellations de notes, j'ai prié face au regard mystique des occidents de fin du monde, je me suis baigné dans des golfes de nostalgie et de mystère, j'ai senti sur l'épiderme du coeur le souffle de l'hiver glacé de la mort...

Et au bout de ce voyage, la Berceuse et la Barcarolle m'ont offert le calme des soirs de sérénité estivale et le charme des gondoles sur la moire des canaux, comme pour m'inviter à l'apaisement, au balancement rythmé des flots, à la contemplation, au recueillement.

Les oeuvres qu'elle nous offre à travers ce CD, loin de simples musiques pour nous divertir ou pour nous distraire, je les considère comme des chemins sonores qui nous conduisent à la source qui jaillit au tréfonds de notre être pour nous remplir de l'essentiel.

Que puis-je faire d'autre que la remercier pour cette musique de l'essentiel?


Beethoven : Concerto pour piano n° 5, Op. 73 "Empereur" - Sonate pour piano n° 28, Op. 101
Beethoven : Concerto pour piano n° 5, Op. 73 "Empereur" - Sonate pour piano n° 28, Op. 101

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un Beethoven comme je ne l'ai jamais entendu, 27 novembre 2009
Tout simplement magnifique!

Cet album, je l'ai acheté il y aura bientôt deux ans.

Tout d'abord, posons un voile pudique sur l'aspect "visuel" de la pochette et du livret, qui fait partie de l'aspect non musical de cet album.

Cet aspect, qui fait du tord à la pianiste en la faisant passer pour ce qu'elle n'est pas: une star bling-bling, c'est la soupe marketing DG sur laquelle je m'abstiendrai de porter un jugement.

Sur l'interprétation, comment exprimer ma pensée sans la trahir?

Sans être musicologue, je joue du piano depuis de nombreuses années, ce qui me permet d'apprécier ou non l'interprétation d'un artiste.

Ici, je dois dire que chaque audition de cet interprétation du concerto n°5, magnifique osmose entre la pianiste et l'orchestre de Vladimir Jurowski, est pour moi un émerveillement toujours neuf.

Emerveillement dû au fait qu'elle ne joue comme aucun(e) autre pianiste, et c'est cette différence, ce chemin de musique que les autres n'ont pas tracé avant elle que j'affectionne tant: cette longueur d'onde qui est la sienne, qui est la mienne, qui est celle de tous les mélomanes qui musicalement l'adorent.

C'est à l'audition de ses albums que j'ai compris ce qu'est le rôle du "médium", du passeur de musique et en quelque sorte du "passeur de vie" dont elle parle dans ses livres.

Chaque interprète étant le médium entre la musique et ses propres mélomanes, je trouve que comparer est destructeur.

Et je l'avoue sans honte: lorsqu'Hélène joue Beethoven, j'entends Beethoven, et lorsqu'elle joue Bach, J'entends Bach.

Elle explique pourquoi Beethoven ne doit pas être joué avec pathos et grandiloquence, et elle le prouve en le jouant généreux et grandiose mais intérieur et mystique: une finesse de sonorité et de discours musical pour révéler la délicatesse des sentiments beethoveniens.

Je m'inscris en faux contre certains commentaires qui prétendent nous expliquer la "bonne manière" de jouer Bach ou Beethoven:

D'une part, parce que personne ne peut sérieusement, honnêtement, définir cette "bonne manière" de jouer, à moins d'avoir connu personnellement les compositeurs (pour Bach et Beethoven, cela me semble difficile...).

D'autre part, parce que les instruments de musiques ont techniquement et musicalement évolué depuis Bach et Beethoven, ce qui implique que LA "bonne manière" de jouer (si tant est qu'il n y en ait qu'une!) a elle-même évolué depuis Bach et Beethoven.

Enfin, parce que s'il n'existait qu'une seule bonne manière de jouer, ce serait la mort des artistes: autant se flinguer et faire jouer les oeuvres par des ordinateurs!

Alors, indigne d'intérêt, cet album? Inutile??? Pour moi (comme pour beaucoup d'autres) affirmer cela est un NON-SENS.


Brahms : Les concertos pour piano n° 1 et n° 2
Brahms : Les concertos pour piano n° 1 et n° 2
Prix : EUR 20,90

18 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Brahms au sommet, 30 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Brahms : Les concertos pour piano n° 1 et n° 2 (CD)
Amoureux de Brahms, Je suis enthousiasmé par ce merveilleux album.
Les mots seront-ils à la hauteur de mes impressions? L'autorité d'un regard musical visionnaire dans la conduite de Ricardo Chailly alliée à la clarté, la puissance et l'éloquence du piano vivant, habité, virtuose de Nelson Freire donne un incroyable coup de jeune à ces deux concertos.
En leur insufflant rythme, pulsation et clarté dans les lignes mélodiques et dans le phrasé, l'osmose entre ces deux immenses artistes est un détonateur qui, provoquant l'explosion sonore, propulse éperdument notre âme vers les galaxies du sublime.
Que dire de plus? J'ai retrouvé la même intensité de jeu et ressenti les mêmes émotions lors du concert donné par Nelson Freire à la Salle Pleyel le 26 septembre dernier.
Si je puis me permettre un (mauvais) jeux de mots: Nelson est notre très grand Freire!
La grande Martha Argerich ne s'y est pas trompée.
Voilà un CD (génial) que je suis heureux de posséder et d'avoir en bonne place dans ma discothèque!
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jul 10, 2012 9:55 PM MEST


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