Profil de Lonewolf > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par Lonewolf
Classement des meilleurs critiques: 125.052
Votes utiles : 24

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
Lonewolf (Entre Darn'Kaig et Crystälwand...)

Afficher :  
Page : 1
pixel
La Nouvelle fureur de vaincre
La Nouvelle fureur de vaincre
DVD ~ Jackie Chan
Prix : EUR 13,00

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Mouais..., 10 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Nouvelle fureur de vaincre (DVD)
En 1972, Lo Wei livre un film qui sera parmi les meilleurs de la courte carrière du Petit Dragon, Bruce Lee : La Fureur de Vaincre.
En 1973, le monde pleure celui par qui le cinéma d'arts martiaux s'est exporté en masse en Occident, lui permettant de découvrir la culture HK, qui avait tout de même pas mal existé avant le Maître qu'il était, notamment grâce à la Shaw Brothers.
Et, en 1976, Lo Wei décide qu'il est temps de livrer un successeur à Bruce Lee. Son choix se porte sur celui qui deviendra une star de la comédie et des arts martiaux par la suite : Jackie Chan.

Et c'est là que tout le monde s'est fourvoyé dès le départ, car Jackie Chan n'est pas, n'a jamais été, et ne sera jamais un digne successeur à Bruce Lee, lui qui a toujours cherché à faire son propre style, sans empiéter sur celui du maître.
Mais donc, Lo Wei veut faire de Jackie Chan le nouveau Bruce Lee. Et quoi de mieux que d'en faire le héros d'une suite à La Fureur de Vaincre ?
D'autant qu'apparemment, à en croire Wiki et divers sites, Jackie Chan aurait eu un petit rôle dans ce film, celui d'un élève de Jing Wu.

Bon, dans l'idée, ça part pas mal.
Lo Wei rempile à la réalisation, on retrouve Nora Miao, et on a Jackie Chan en rôle principal, ça ne peut que bien s'annoncer. Hélas, au final, on déchante quand même pas mal...

Si ce n'est une rapide évocation de la fin de La Fureur de Vaincre, l'opposition Chinois/Japonais, et deux petites images de Bruce Lee quand on fait le parallèle entre son personnage et celui de Jackie Chan (bah oui, fallait bien y passer, quoi, il est censé être le héros de ce film et le successeur de Bruce, coup double), RIEN ne relie ce film à celui de 1972. Pas même le cadre, déplacé à Taïwan.

D'un côté, ce n'est pas plus mal, on peut entrer dans le film sans connaître La Fureur de Vaincre, donc, bon...
Mais d'un autre, ceci s'affirmant comme la suite, ça fait quand même bien chier, tout ça.

Mais bref, là n'est pas le plus gros problème.
Non, le problème, c'est que le film est extrêmement bancal. D'abord, Jackie Chan n'a que très peu de scènes, malgré son statut d'acteur principal. Pendant au bas mot trois quarts d'heure, il ne fait que quelques sporadiques apparitions, sans qu'on comprenne trop ce qu'il fait à exactement, en fait.
Les scènes de combat sont molles et lentes la plupart du temps, parfaitement à l'opposé de ce qui faisait les films de Bruce Lee. Un comble, quand même, pour un hommage et quand on a Jackie Chan dans son film !!! Mais là est l'autre problème. Dans sa volonté d'en faire le successeur de Bruce, Lo Wei l'a tout simplement bridé pour en faire un acteur sérieux. Lui qui a toujours voulu faire rire les gens, et n'a accepté plus tard Crime Story que parce que l'acteur concerné à la base avait disparu du projet !
Bien sûr, ça fait pas de mal de le voir sérieux dans quelques films, mais quand il est évident que plusieurs personnages et faits, à commencer par son acolyte, ne sont là que pour faire rire, le décalage n'a tout simplement aucun sens.

Je retiendrai également une musique 9 fois sur 10 inadaptée à la situation, notamment dans le combat final. Combat final qui réhausse assez le niveau du reste, sans pour autant se hisser au niveau des mythiques combats de Bruce Lee ou même de ceux de La 36e Chambre de Shaolin.
Surtout quand le tout se finit brutalement genre "on a plus de pellicule, c'est bon, les mecs, on arrête là. Les grands méchants sont battus, on laisse les spectateurs se faire leur épilogue !".
WHAT ???

La Nouvelle Fureur de Vaincre est, au mieux, un Jackie Chan mineur, au pire, un massacre de la mémoire de Bruce Lee.
Je préfère y voir la première option, ça m'évite d'être trop méchant.

Mais bon, à moins de vraiment apprécier Jackie Chan, le cinéma HK des années 60 et 70 a bien autre chose de plus intéressant à offrir comme, en vrac, la trilogie de la 36e Chambre, celle du Sabreur Manchot, les films de Bruce Lee évidemment, La Dernière Chevalerie (alias la première perle de John Woo), A Touch of Zen, etc...

Bref, au final, le successeur de Bruce Lee, à mon sens, s'est dévoilé 21 ans après sa mort, dans un remake de, justement, La Fureur de Vaincre, et c'est Jet Li, avec son Fist of Legend.
Un remake qui vaut largement l'original, voire le surclasse sans doute.

Bref, vous l'aurez compris, c'est plus que dispensable...


Les enfants de Hurin
Les enfants de Hurin
par J.R.R. TOLKIEN
Edition : Poche
Prix : EUR 7,30

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Du grand Tolkien, 9 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les enfants de Hurin (Poche)
Vous qui pénétrez ici, abandonnez tout espoir.
Cette petite phrase ferait un bon avertissement pour la lecture de ce livre.

Tolkien déploie son style si spécifique, fait planer un souffle épique sur son récit, mais le teinte également de noirceur, le peignant de l'empreinte de la douleur et du deuil.
Les Enfants de Húrin, c'est une pure tragédie grecque, où les personnages (à commencer par Túrin) subissent tous les maux possibles jusqu'à destruction physique et morale complète, dans une course vaine et effrénée pour échapper à son destin et sa malédiction'
Nous sommes ici très loin de Bilbo le Hobbit et du Seigneur des Anneaux, dans une période faite de guerre et de souffrance.
À déconseiller à qui cherche du joyeux :)

Christopher Tolkien a veillé à inclure, dans cette édition, une carte avec les noms donnés aux lieux durant la période concernée.
On trouvera également les classiques arbres généalogiques, et des appendices sur le récit et sa structure.

Soulignons également que ce roman reste accessible même aux néophytes de Tolkien, malgré certaines tournures de phrases parfois un brin complexes.
Quant aux 'initiés', ils apprécieront de découvrir une période méconnue de la Terre du Milieu =)


The Punisher : zone de guerre
The Punisher : zone de guerre
DVD ~ Ray Stevenson
Proposé par DVD/JOUET 91
Prix : EUR 3,79

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Inutile, 9 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Punisher : zone de guerre (DVD)
OH... MY... GOD !!!
J'en ai vu, des films plus ou moins valables, dans ma vie, c'est un fait. J'ai enchaîné des chefs-d'œuvre, des bons films, des moins bons, des grosses daubes... Mais là... On est au-delà de la daube. Non, là, on entre carrément dans le voyeurisme vulgaire et putassier, en piétinant et en brûlant l'œuvre de base au passage.
Sérieusement, je n'avais JAMAIS vu un truc pareil.

Resituons un peu le personnage.
Oui, Franck Castiglione (devenu ensuite Castle), alias The Punisher, est un personnage violent. C'est même le plus violent et expéditif des héros Marvel, un pur anti-héros dans son attitude et (surtout) dans ses méthodes. C'est simple, tout criminel qui croise la route du Punisher peut se considérer comme mort dans la minute qui suit. Les conséquences d'un homme brisé par la guerre et la mort de sa famille (c'est la vengeance qui le motiva, quand il devient The Punisher).
Et Franck, en tant qu'ancien Marine vétéran du Viêt Nam, met un point d'honneur à utiliser tout ce qui lui tombe sous la main pour éliminer ses cibles ou les faire parler.
Seulement, si Castle est un personnage violent et radical, il n'a rien d'un sadique qui cherche à faire souffrir absolument, tout en cherchant les poses les plus stylées possibles.

Ici, si...
Il suffit de voir comment il massacre toute la famille mafieuse du début, et comment Billy devient Jigsaw (le "vrai" Jigsaw étant simplement passé à travers une vitre, et c'était un assassin, pas un chef mafieux, mais on est plus à ça près, déjà).
Le ton du film est donné. On va avoir droit à des têtes qui explosent, du sang qui gicle comme d'une fontaine, des os qui craquent... Et ça, on en a, c'est sûr. On en a même tellement qu'on pense rapidement que le film a été bâti autour de ça et que le Punisher, avec ses caractéristiques, n'est finalement qu'un prétexte à faire passer toute cette violence gratuite inutile, qui ne sert absolument pas le scénario.
Lequel est de toute façon aussi épais qu'une limande sous Vallium. Tout est visible à 500 kilomètres, cliché, convenu, sans profondeur, voire inutile.

Soap passe d'un flic désabusé, blasé, démotivé, à un parfait crétin qui sert de sidekick comique débile. Vous voyez le syndrome du gosse énervant ? Mais si, ces gamins qu'on a envide baffer dans bon nombre de "comédies". Hé bien, là, c'est pareil, mais avec un adulte. Micro est juste un sidekick "comique" sans intérêt.
On ne pouvait évidemment pas échapper à l'agent fédéral borné mais qui change de conviction au dernier moment, hein. Ni à la femme en détresse dont le mari a été tué par le Punisher. En un mot, on échappe à RIEN. Tout ce qui peut être encore un peu plus usé l'est, jusqu'au sacrifice final.

Et je ne m'étendrai pas sur les acteurs, tous plus nuls les uns que les autres, avec un superbe cabotinage de la part de Dominic West (Jigsaw), et un éventail d'expressions incroyable pour Ray Stevenson (Franck Castle). Pour faire simple, qu'il soit heureux, en colère, triste, il a le même regard bovin vide et la même expression faciale constipée. Mention à la scène flashback où on le voit avec le corps de son enfant (et c'est tout ce qu'on aura de son background, avec la mention qu'il fut instructeur... Oui, pas soldat). Là, il atteint un stade avancé de non jeu que même Steven Seagal lui envierait. Et c'est quoi, cette tenue pourrie ??

Retenons aussi sa façon de se curer le nez, au début...
Non, j'exagère pas, ils ont osé, et d'une méthode tellement "badass" que j'étais comme ça devant la scène > O_O Avant de me mettre à rigoler tellement c'était énorme de ridicule et de drôlerie involontaire. Un petit moment nanar dont vous vous remettrez pas de sitôt si vous regardez ce truc. Et si vous osez le faire, je me poserai des questions sur votre santé mentale, y a assez de moi qui frôle le masochisme avec ce genre d'étrons filmiques.

Jimmy le Frappé, lui, accumule le n'importe quoi, s'offrant une scène incroyablement inutile de cassage de miroirs, pendant que Jigsaw se fend d'une série de "Mouhahaha" du plus bel effet. Je retiendrai aussi son combat avec le Punisher.
On le voit littéralement bouffer un type (et je plaisante pas, je vous avais prévenus sur le contenu), et quand il mord Castle au cou de façon bien forte, il lui laisse juste une toute petite marque minuscule comparable à celles des vampires des années 60. Très logique.

Autre grand moment, les espèces de ninjas menés par un rasta. Ils ne servent à RIEN, si ce n'est balancer un grand moment de portnawak et offrir une nouvelle démo de violence gratuite, juste pour une info. Grand moment de fun ridicule inutile, surtout avec les effets spéciaux "un brin" foireux.

Bon, qu'est-ce que je peux sauver là-dedans ?...
Hum, peut-être le côté provoc de l'épilogue. Parce que un Castle devant une église sur laquelle clignote "Jésus Notre Sauveur" avant que le "Jésus" grille et laisse Castle tirer à la lumière de "Notre Sauveur", c'est pas subtil, mais c'est costaud.

Mais à part ça...
Passez votre chemin, ça vaudra mieux. C'est même pas fun de nullité, juste pathétique.
Grand moment d'inutile, de violence gratuite à en devenir ridicule, de massacre de comics, et de voyeurisme putassier.

RIP, Franck Castle.
On atteint quand même des sommets...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 19, 2012 11:58 AM MEST


La carte et le territoire
La carte et le territoire
par Houellebecq Michel
Edition : Broché
Prix : EUR 22,50

4 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Incompréhension, 9 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : La carte et le territoire (Broché)
Du vide, de l'inutile, du copier/coller, des descriptions inutiles par paquets de 10, des coquilles vides côté personnages... Et un Goncourt à l'arrivée.

Finalement, c'est pas dur d'obtenir un prix littéraire...
Ce bouquin n'est qu'une vaste blague avec juste un nom dessus.


The Innocent
The Innocent
par Avi Arad
Edition : Broché
Prix : EUR 7,65

3.0 étoiles sur 5 Bonne idée, traitement expéditif, 9 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Innocent (Broché)
The innocent part d'une bonne idée, débute très bien avec un univers qu'on veut explorer, et, au final, offre simplement un petit moment sympa de divertissement.

Dans The Innocent, le dessin est très bon, rappelant pas mal Death Note, le scénario est intéressant...

Ce qui va pas, en fait, c'est le traitement de ce scénario.
En voulant absolument faire tenir l'histoire sur un seul tome, l'équipe a offert un joyeux bordel, où on trouve le minimum vital d'informations pour comprendre.

Tout va trop vite, les évènements s'enchaînent rapidement et parfois sans logique apparente, et l'ensemble est extrêmement linéaire, aucune question n'étant réellement posée, sans parler d'un univers survolé et jamais expliqué.

Sur 2 voire 3 tomes, ça aurait pu fournir un superbe manga, qui aurait pu s'en sortir avec 8 voire 9.
Là, c'est une série B sympathique à lire, pas prise de tête, vite expédiée, et qu'on appréciera de ressortir de temps en temps pour se détendre. Mais pas plus.


Le Coeur du monde T01 Farlander
Le Coeur du monde T01 Farlander
par Col Buchanan
Edition : Broché
Prix : EUR 23,00

7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Chronique Farlander, 9 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Coeur du monde T01 Farlander (Broché)
Quelle claque !!!
Pour son premier (et, à l'heure actuelle, unique roman, le tome 2 du Cœur du Monde n'étant pas encore sorti) ouvrage, Col Buchanan frappe fort, très fort. Tel les Rõshun de son ouvrage, il sort de nulle part et vous assomme d'un seul coup, fort, précis, efficace.

Il ficèle son histoire de telle sorte qu'on est pris dedans, gérant parfaitement le suspense et des personnages très loin d'être lisses et parfaits, à commencer par Ash, Rõshun d'élite mais surtout quelqu'un de difficile à cerner et qui communique peu, et Niko, qui se révèle être un ado ordinaire, et un apprenti lambda au milieu des autres, avec ses forces et ses faiblesses. Difficile de détester un personnage, à part peut-être ceux affiliés à l'ennemi, l'Empire de Mann, et notamment Kirkus, cible de la vendetta qui sert de base à l'histoire.

Et Buchanan nous plonge directement dans l'action et les principes de l'ordre des Rõshun, avec un prologue qui décrit une de ces vendettas. Autant dire que là, on est pris et on lâche plus, tellement c'est bien écrit. On sent le contrôle dont font preuve ces hommes, qui contraste assez avec la violence nécessaire de leurs actions. Finalement, ils sont un paradoxe vivant, et c'est grâce à leur principe de vendetta qu'ils supportent le poids de leurs actes.
On arrive ensuite à Bar-Khos, où nous est présenté le contexte du monde développé. Et force est de constater que le siège de 10 ans sur Bar-Khos, la guerre, l'Empire... Tout cela est assez vite expédié. Bien sûr, ça reste en toile de fond, ça pèse de tout son poids sur les évènements, mais c'est finalement assez secondaire, l'histoire se centrant plus particulièrement sur les Rõshun et leur mission. Et ce n'est pas plus mal, on évite ainsi de trop s'éparpiller.

On notera que pas mal de lieux sont traversés et cités, mais l'absence de carte est assez dommageable. On notera toutefois qu'elle existe sur le site de l'auteur. Je précise aussi que le partenariat dans le cadre duquel j'ai reçu le livre portait sur des épreuves non corrigées, il est donc tout à fait envisageable que cette carte soit finalement incluse dans le produit définitif en magasins et librairies, qui est sorti le 24 juin.

Malgré ce tout petit écueil (pas énorme, sur presque 500 pages, hein ? ^^), on se laisse prendre par la qualité et la fluidité de l'écriture de Buchanan, qui délivre une histoire plus sombre et fataliste qu'il n'y paraît, jusqu'à une fin surprenante qui laisse sans voix.
Une fin inattendue et brutale, tant on espère jusqu'au bout que cela se finira autrement. Et on sort de là assommé, avec l'envie de repartir dans cet univers,un univers que l'on ne peut pas oublier de sitôt.

Également inattendue dans la fantay, une certaine avancée technologique et militaire, avec la poudre qui existe (donc, armes à feu et explosifs disponibles), et des vaisseaux aériens, qui donnent lieu à une sublime bataille.
Et c'est fort bien utilisé.

Un vrai gros coup de cœur pour ce premier roman, et j'attends le tome 2 avec une certaine impatience.


Un monde sans dieux, Tome 1 : Un hiver de sang
Un monde sans dieux, Tome 1 : Un hiver de sang
par Brian Ruckley
Edition : Broché

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Grande fantasy, 8 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un monde sans dieux, Tome 1 : Un hiver de sang (Broché)
Premier roman de Brian Ruckley (il ne s'était illustré au Royaume-Uni qu'à travers quelques nouvelles avant ça), Un Hiver de Sang est le volume 1 de sa trilogie Un Monde sans Dieux. Il m'a de suite attiré par sa couverture et son synopsis ^^ Synopsis qui laisse imaginer de la fantasy sombre, relativement réaliste (entendre par là qu'il ne laisse pas envisager de la déferlante de pouvoirs magiques) et mature, remplie de complots, trahisons, et autres jeux politiques...
Et c'est exactement ce qui nous est offert.

Brian Ruckley a écrit un récit très dense, étoffé, assez complexe à suivre au niveau des personnages et des lieux. La carte, la chronologie, et le lexique des personnages importants sont autant d'annexes intéressantes et utiles pour se repérer au début.
L'auteur prend, dans les premières pages, le soin de poser son univers (expliquant ainsi le titre Un Monde sans Dieux de la trilogie), ainsi que les évènements du passé qui ont mené à ce qu'on va lire. On fait également connaissance avec les principaux éléments des trois grandes factions (les lignées du Vrai Sang, les lignées de la Route Noire, Aeglyss et les Harfangs), avant d'arriver au Solstice d'Hiver, point de départ de l'intrigue (d'où le titre original Winterbirth de ce tome 1).

Et une fois qu'on est là, on ne lâche plus.
Principalement grâce aux nuances apportées aux différents personnages. On pourra regretter quelques archétypes dans les psychologies (du moins au début), et peu d'originalité dans les races (les noms, très originaux, cachant finalement Elfes/Elfes Noirs, Humains, Lycanthrope...) mais cela passe vite au second plan derrière le fait que ni héros ni méchants ne se détachent.
Chaque personnage, chaque faction a ses propres intérêts, ses propres ambitions, ses propres raisons de se battre.

Aucun parti pris, ici, et chacun trouvera un personnage à qui s'identifier. On s'attache particulièrement à Aeglyss, dont le statut de véritable ordure disparaît rapidement dès que l'on commence à connaître son histoire.
L'intrigue n'est pas particulièrement originale, mais remplit parfaitement son rôle de volume 1 en posant les bases d'un univers intéressant et prenant, pour un moment d'évasion réussi.

Cet univers s'étoffe d'ailleurs avec les introductions de chacun des cinq actes, issus d'ouvrages de contes et légendes du monde de la trilogie (ce qui n'est pas sans rappeler les moments où Tolkien énonce Tom Bombadil, des chants, ou des contes des Terres du Milieu dans Le Seigneur des Anneaux).

La plupart des demoiselles apprécieront aussi que les rôles féminins ne soient pas là pour faire joli (si ça arrive, c'est l'espace d'une ou deux scènes, et le personnage disparaît rapidement) ^^ Elles sont en effet importantes pour la guerre qui se profile, soit dans l'ombre, soit sur le champ de bataille.

Champ de bataille qui est loin de constituer l'essentiel du roman, même si quelques combats émaillent le récit. Brian Ruckley est assez doué pour faire passer la tension et les violences des combats.

Point qui m'amène directement à son écriture ^^
C'est fluide, facile à lire, les descriptions sont réussies sans être trop longues ou lourdes à digérer... Au final, les 600 pages du récit passent très vite et sans difficultés majeures. Les seuls petits soucis étant à mettre sans doute sur le compte de la traduction et de l'édition française, comme une série de mots sans espaces, un mot qui ne sert à rien, une orthographe de nom modifiée (à un moment, Anyara est devenue Anarya avant de reprendre son nom normal)... Mais ça reste heureusement extrêmement rare et absolument pas préjudiciable.

Nous avons donc là un scénario prenant et efficace, un univers intéressant, des personnages qui ne sont ni bons ni méchants, mais juste réalistes avec leurs ambitions et buts, une belle écriture... Une superbe mise en place pour les évènements à venir.
A éviter toutefois si on débute vraiment dans le genre, on pourrait vite se retrouver noyé sous les informations à assimiler

Au final, Un Hiver de Sang est un très bon roman de fantasy, un vrai coup de cœur pour moi, et je place déjà Brian Ruckley comme un futur auteur incontournable du genre =)


Page : 1