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Commentaires écrits par
Antoine (France)
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Chopin ou le poete
Chopin ou le poete
par Guy de Pourtales
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Poétique, 20 septembre 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Chopin ou le poete (Broché)
Une biographie loin d'être ennuyeuse, écrite à la manière d'un roman et teintée de poésie. Guy de Pourtalès grand amoureux et connaisseur du mouvement romantique ne manque pas d'éloges sur son sujet et cela donne parfois des passages de toute beauté. C'est une biographie d'un autre âge (1927) à mon avis complémentaire des plus récentes qui abordent les choses de façon plus rigoureuse et objective.
Cela n'enlève rien à son travail et il faut signaler que c'est grâce à lui que l'on connait les derniers moments de la vie de Chopin, l'auteur ayant contacté à l'époque les descendants d'un proche ami du compositeur, possesseurs d'une lettre précieuse. Par ailleurs sa biographie de Liszt devrait servir de référence puisqu'elle s'appuie sur des témoignages directs de la famille du compositeur. En résumé une biographie à aborder pour les amoureux du génie polonais.


Introduction à la politique
Introduction à la politique
par Maurice Duverger
Edition : Poche

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Objectif, 20 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Introduction à la politique (Poche)
Belle tentative de synthèse pour un domaine difficile à appréhender de façon impartiale et globale. Pour ceux qui n'ont pas envie de se bourrer le crane dans ce domaine mais qui veulent au moins comprendre les mécanismes de ce grand échiquier je conseille cette lecture. Maurice Duverger né en 1917 connait bien son sujet après en avoir vu des vertes et des pas mûres.


Leçons sur Tchouang-Tseu
Leçons sur Tchouang-Tseu
par Jean-François Billeter
Edition : Broché

2 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Prétention quand tu nous tiens..., 20 septembre 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Leçons sur Tchouang-Tseu (Broché)
Voilà comment se faire une bonne publicité et se tailler une place de choix au sein de la sinologie francophone. Mieux dénoncer l'autre pour mettre en avant son particularisme. L'idée m'a naïvement plu car il est vrai que l'orthodoxie occidentale s'est accaparée cette sagesse selon des interprétations toujours plus rationnelles. Les sinologues ont donc une certaine responsabilité sur cette transmission.

Ainsi en déblayant le passage et prenant de haut ses confrères, Mr Billeter se pose en donneur de leçons à travers ses propres références bien plus orthodoxes selon lui: Wittgenstein, Julien Gracq, Spinoza, Lévi-Strauss, Montesquieu, Cézanne (!). Des références toutes plus modernes les unes que les autres qui devraient nous aider à mieux saisir le sens de ce langage pluri-millénaire réputé insaisissable par les contemporains, "ces imbéciles qui n'ont rien compris".
Inutile de dire que l'on a plus affaire à un entretien chez le psychologue, avec des descriptions toujours plus fantaisistes pour ne pas dire masturbatoires, qu'à un vrai exposé. Les références traditionnelles sont quasi absentes et l'on reste souvent dans un verbiage qui finit par lasser. Raison pour laquelle je n'ai pas lu tout le livre, c'est très vite rebutant.
En réalité si vous n'avez vraiment rien saisi aux dialogues de Tchouang Tseu, ce livre peut vous aider. Le cas échéant ce livre ne vous sera d'aucune utilité. Prétendre saisir tout ce langage dans son essence est une chose impossible. Les traductions le montrent, certains passages demeureront toujours obscurs, même pour le sinologue. Alors quand ils sont enfermés dans une interprétation... L'auteur en a pourtant conscience mais il tombe exactement dans le même piège. Nous devons admettre, au lieu de s'enfoncer toujours plus dans des interprétations dogmatiques et revendiquées comme ici, que les grandes vérités s'obscurcissent toujours plus au fil du temps. Déjà dans le Tao te king, Lao-Tseu regrettait cet âge d'or à jamais perdu. Ce n'est pas avec nos idées progressistes déjà détachées de toute nature spirituelle que cela va se rétablir. Ici encore, ce texte s'ajoute à la confusion actuelle et le mystère ne fait que revêtir un voile de plus.

Je précise qu'il s'agit simplement d'un guide de lecture sur quelques textes avec la description d'une méthode.
Avant de nous donner ces leçons comme il les appelle, j'aimerais bien que Mr Billeter nous donne sa traduction du Tchouang Tseu au complet.


Le Procès-verbal
Le Procès-verbal
par Jean-Marie Gustave Le Clézio
Edition : Poche
Prix : EUR 7,90

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 L'oeuvre de jeunesse de Le Clézio, 5 juillet 2011
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Pour qui veut comprendre le cheminement littéraire de l'auteur, Le procès verbal est une lecture requise. Avant sa période de révolte, Le Clézio fait ici une projection de ses propres interrogations et angoisses. Ce roman a en effet été écrit au début des années 60 dans le contexte de la guerre d'Algérie ou les jeunes étaient susceptible d'être envoyés au contingent.
C'est dans ce climat et vraisemblablement dans une idée de refus que Le Clézio rédigera l'histoire d'Adam Pollo dont on ne sait pas vraiment s'il est fou ou trop lucide. Ce que l'on constate c'est le sentiment de liberté qui anime le personnage. Une liberté très "anarchique", trop naturelle.
Adam Pollo est un personnage subversif qui décide de refuser la civilisation en s'abritant seul sur des hauteurs dans une maison vacante près de la mer. En état de léthargie, il livre ses réflexions sur son environnement et sur ses pérégrinations dans le monde civilisé.

S'il peut apparaître bizarre au premier abord, ce roman incarne les idéaux naïfs de la jeunesse communs à beaucoup d'entre nous. Le désir d'évasion, d'indépendance, de changement, d'exploration mais aussi une certaine peur du monde, de la modernité, un rejet du conformisme. On dit que ce livre s'inspire dans la forme de L'étranger d'Albert Camus. L'idée du personnage y ressemble assez mais je trouve le contenu beaucoup moins idéologique et l'on s'identifie beaucoup plus au personnage de ce roman qu'à celui de Camus.
Le procès verbal souffre de quelques longueurs mais cela ne rebutera pas le lecteur s'il a déjà abordé le style de l'écrivain. L'auteur déploie déjà toute sa virtuosité dans les descriptions imagées et détaillées jusqu'à la moelle.


Ocean of sound : Ambient music, mondes imaginaires et voix de l'éther
Ocean of sound : Ambient music, mondes imaginaires et voix de l'éther
par David Toop
Edition : Broché

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Fascinant, 21 février 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ocean of sound : Ambient music, mondes imaginaires et voix de l'éther (Broché)
Voici le récit d'un homme qui depuis son enfance n'a qu'une seule obsession: le son. Le livre de David Toop est écrit à la manière d'un journal intime très travaillé où pensées, souvenirs et expériences se succèdent autour de ce même thème central. Cela passe par, outre la musique; la littérature, les arts primitifs et contemporains, la technologie, les mythes anciens et d'autres thèmes improbables.

David Toop prend comme figure centrale la pensée de Claude Debussy et le fin de siècle décadent français en passant par le personnage de Des Esseintes de Huysmans, les idées farfelues d'Erik Satie et les expositions universelles parisiennes. Ce sont pour lui les prémices d'un monde qui annonçaient ce qu'on appellera plus tard l'Ambient Music ou un certain art de voyager sur place via différents médiums.
C'est à un véritable voyage que s'apparente la lecture de ce livre. Il synthétise de manière involontaire l'épopée du son à travers l'histoire qui va des œuvres peintes dans des cavernes résonantes à la découverte du chant des baleines dans ses espaces abyssaux. Il évoque surtout beaucoup de tranches de vie essentielles des grands artistes du XXème siècle qui nourrissent de vraies réflexions sur la musique.
Ici les catégories explosent, Toop réunit dans sa vision des artistes aussi variés tel Miles Davis, Harold Budd, Brian Eno, Sun Ra, John Cage, Jon Hassell, Edgar Varèse, les grands acteurs de la house ou du rap et mille autres créateurs.

L'idée principale de cet écrit est de révéler les "mondes" qu'évoquent et révèlent beaucoup de ces musiques et souligner leur caractère extatique même si elles évoluèrent à partir d'un monde pourtant profondément rationaliste et désacralisé. Le ton est sérieux, poétisé parfois et sans parti pris, ce qui rend la lecture très plaisante. La beauté de ce livre vient de sa forme plutôt inédite. A mi-chemin entre le livre d'art, d'histoire et le récit de voyage. Profondément introspectif.


Vers la féminisation ? : Démontage d'un complot antidémocratique
Vers la féminisation ? : Démontage d'un complot antidémocratique
par Alain Soral
Edition : Broché
Prix : EUR 12,00

42 internautes sur 52 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pour le féminin, contre le féminisme, 8 mai 2010
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Vers la féminisation ? : Démontage d'un complot antidémocratique (Broché)
Alain Soral démontre, en prenant à son fondement la psychanalyse de Freud, comment la féminisation de la société n'a fait qu'accentuer la puissance et l'emprise du monde capitalisé sur les rapports de classe.
En marchandant l'idée d'une société meilleure, plus homogène, plus pacifique, les grandes puissances ont compris quel était l'intérêt de promouvoir la femme en tant qu'individu consommateur et servile. Cela débute vraisemblablement en 1944 qui donne cette année là le droit de vote aux femmes et qui correspond symboliquement à l'entrée dans le monde capital pour la femme qui sort enfin de son foyer pour enfanter cet être si puissant qui avait dès lors besoin de se reconstruire.

Le combat féministe a beaucoup à voir avec une vision du monde plus sentimentale, naïve et rusée véhiculant l'idée d'un changement, d'une possibilité autre, une voie d'alternative. Tout comme un président "noir" ne change pas une politique qui se doit de maintenir sa propre puissance, une société féminine ou une femme président ne peut renverser un ordre de valeurs établi depuis des siècles. Faut il rappeler que les nids du féminisme se forment dans les sociétés occidentales les plus industrialisées où paradoxalement les conditions de vie des femmes, mais de l'individu en général, sont le moins à plaindre?
Le féminisme reste avant tout une idéologie qui découle d'une classe privilégiée type petite bourgeoisie - Simone de Beauvoir en fut la porte-parole à l'époque - occultant que ce qu'elle prétend défendre peut être son pire ennemie car elle en occupe tous les rangs. Vision stratégique et peu globale d'une classe minoritaire oubliant que la femme émancipée, par exemple, des contraintes maternelles en confiant ses enfants à une nourrice, elle devient par contradiction son propre oppresseur. N'est pas féministe qui veut. De même, le sexe d'un PDG homme ou femme (le fameux plafond de verre) ne bouscule en rien les codes d'une société fondée sur la toute puissance économique et ses lois du marché intraitables.
Sous la bannière du féminisme libérateur on voit en réalité comment le pouvoir a su mettre en place une idéologie qui au fil des décennies a réussi à diviser les deux biologies fondamentales que sont l'homme et la femme qui au fil du temps finira par monter les femmes contre les hommes transformant la lutte des classes en lutte des sexes dans un match sans intérêt et sans victoire possible. Pour mieux comprendre, dans son livre Propaganda, Bernays démontre savamment comment, durant les années 20, la femme fut instrumentalisée pour cautionner un libéralisme d'état sous couvert d'une émancipation humaine progressiste.

Voilà, c'est un peu toutes ces contradictions et ces naïvetés qui sont relevées et savamment démontées dans ce livre qui s'avère une puissante arme dialectique contre l'utopie féministe, ses rouages, son idéologie bourgeoise, sa rhétorique stalinienne. Soral remet ici les choses à leur place dans un combat ou l'homme et la femme n'ont rien à y gagner. Ce texte sera suivi par la suite du Premier Sexe d'Eric Zemmour et L'Homme est l'avenir de la femme de Natacha Polony.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 12, 2013 1:53 AM MEST


1984
1984
par George Orwell
Edition : Poche
Prix : EUR 8,40

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un livre pour comprendre, 31 mars 2010
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Ce commentaire fait référence à cette édition : 1984 (Poche)
Georges Orwell n'est pas un écrivain de science fiction, il ne s'est jamais aventuré de ce coté là et rien dans sa carrière ne s'en approche. De même ce serait un comble pour un homme engagé et ancré dans le réel. 1984 est un roman tout court.
Sa forme romanesque n'est pas l'emballage littéraire d'un message politique, mais est au contraire ce qui lui garantit son efficacité critique. Il raconte une expérience vécue, celle de Winston Smith, un membre du Parti au pouvoir, un individu au beau milieu du système totalitaire, qui le hait et pourtant y participe. Le crime héroïque que Winston commet vis-à-vis du Parti consiste à tenir un journal intime : ainsi Orwell met précisément en avant, contre le totalitarisme, l'écriture de la vie subjective individuelle.

1984 a connut un immense succès non pas en tant que critique du totalitarisme planétaire, mais en tant que dénonciation des régimes soviétique, nazi et fasciste. Il était censé donner aux gentils citoyens du monde libre une idée de l'horreur de ce qui se passait au loin, chez les ennemis présents ou passés. Or, c'est bien là l'un des traits du totalitarisme selon Orwell : diaboliser l'ennemi, projeter sur lui tout le mal pour nous en innocenter et justifier notre État, nos bombes, nos tortures, notre système coercitif.
Voilà ce que raconte 1984, à l'opposé de ce qu'on lui a fait dire, de ce qu'on lui fait dire aujourd'hui encore, à notre époque où la critique sociale est devenue le ton dominant, où tout un chacun dénonce le mal commis par les puissants sans y reconnaître sa propre puissance.


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