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Unvola
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Des heures à la seconde
Des heures à la seconde
Prix : EUR 14,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du Rock Breton comme on l'aime !!!, 6 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Des heures à la seconde (CD)
Merzhin est l’un des trop rares groupes de Rock Breton ! Il s’agit donc encore ici d’un très bon album, dont mes titres préférés sont :
- Je suis l’homme ;
- Les heures vagabondes ;
- La raison.

Un travail musical soigné, des chansons qui vous font vibrer, de beaux textes, et en prime : une superbe pochette ! Que demander de plus... ?


Hannah Arendt
Hannah Arendt
DVD ~ Barbara Sukowa

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un film à méditer !!!, 9 janvier 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hannah Arendt (DVD)
Ce film, sur la philosophe Juive Allemande, Hannah Arendt, grande spécialiste de l'étude du phénomène Totalitaire, se concentre autour de la période du procès à Jérusalem, en 1961, du Nazi : Adolf Eichmann, principal responsable de la mise en place de "La solution finale de la question Juive en Europe", également nommée la Shoah ou l'Holocauste, conduisant à l'extermination de 6 000 000 de Juifs durant la Seconde Guerre Mondiale !

La sortie de ses articles puis de son ouvrage Eichmann à Jérusalem portant donc sur le procès, ont engendré d'importantes polémiques, voire une certaine haine à son encontre, suite à sa théorie sur "la banalité du mal", et, selon elle, sur l'éventuelle "responsabilité" de certains représentants des Conseils Juifs (Judenräte).

Le film effleure également ses relations, dans sa jeunesse, avec son mentor à Penser, le philosophe Allemand et Nazi : Martin Heidegger.

Dans ce film on découvre aussi des extraits filmés de l'époque du procès, avec des interventions de Eichmann, des juges et des familles de victimes Juives.

Personnellement, je trouve que la "Morale" de ce film fort intéressant, portant sur la personnalité de Hannah Arendt, démontre l'importance pour l'être humain..., de Penser. Et que, de plus, pour Penser, il ne faut pas s'interdire d'échafauder une multitude de pistes de réflexion, afin de prendre en considération le plus de paramètres possibles, pour l'étude d'un phénomène aussi complexe, qui plus est, ici..., monstrueux !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 21, 2014 10:35 AM MEST


FIN DU SIECLE DES OMBRES. Chroniques politiques et littéraires
FIN DU SIECLE DES OMBRES. Chroniques politiques et littéraires
par Jean-François Revel
Edition : Broché
Prix : EUR 36,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'un de nos plus grands Penseurs du XXème siècle !!!, 5 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : FIN DU SIECLE DES OMBRES. Chroniques politiques et littéraires (Broché)
Le talentueux : journaliste, écrivain, philosophe, chroniqueur, essayiste politique, mémorialiste, historien, Académicien, Jean-François Revel, pour fêter à sa manière la fin de ce terrifiant XXème siècle, nous a gratifié, en 1999, de cet extraordinaire ouvrage-compilation, reprenant d'innombrables chroniques politiques et littéraires publiées entre 1983 et 1999.
Moi qui étais, au début de cette période un adolescent parfaitement insouciant et indifférent du monde dans lequel il vivait, politiquement ignorant et historiquement complètement inculte, ce passionnant ouvrage m'a permis de recontextualiser d'importants évènements du XXème siècle...
En effet, Jean-François Revel possédait une culture générale, un don et un talent incomparables pour décrire, synthétiser et analyser les phénomènes de société.
À la manière d'un George Orwell, il était même un visionnaire puisque certains de ces phénomènes qu'il décrivait il y a déjà 30 ans de cela, ont toujours des répercussions de nos jours, et nombres d'entre eux se sont confirmés, amplifiés, ou sont simplement toujours d'actualité, voire certains ont même réapparus aujourd'hui.
Ses analyses extrêmement précises, sa fulgurante clairvoyance, son pragmatisme intellectuel, son absence de langue de bois et sa totale liberté de penser et d'expression nous seraient fort utiles, de nos jours, pour analyser notre société Française et notre Humanité, devenue Mondialisée.
Rares sont les intellectuels, aujourd'hui, aussi libres Penseurs que lui.
Disparu en 2006, Jean-François Revel laisse un vide incommensurable pour Penser notre Monde et notre époque.

En ce début de XXIème siècle, nous aurions donc bien besoin de toute la lucidité de ses analyses, dans une société Française hagarde, à la recherche de ses valeurs ; et un État Français au bord du dépôt de bilan, à cause de nos élites (de droite comme de gauche), depuis plus de 30 ans. En effet, ces élites politiques et intellectuelles n'ont pas la volonté et sont trop pusillanimes pour entreprendre de donner un véritable cap politique, économique et social à la France ; et sauvegarder ce qu'il reste encore de notre culture, de nos valeurs et de nos principes Républicains et Laïcs.

En hommage à Jean-François Revel, grand spécialiste du Totalitarisme Communiste avec d'autres, comme : Raymond Aron, Hannah Arendt, Tzvetan Todorov, Alain Besançon, Stéphane Courtois, Nicolas Werth, Dominique Colas, Pierre Rigoulot, etc., je ne peux résister, ici, à la tentation de vous faire partager cette brillante chronique ci-dessous, publiée en 1997, suite à la sortie du, devenu célèbre : "Livre Noir du Communisme", sous la direction de l'historien Stéphane Courtois (pages 600 à 604) :

"Le communisme : 85 millions de morts !

La publication du monumental Livre noir du communisme a été précédée d'un tapage autour d'un désaccord entre la maître d'œuvre, Stéphane Courtois, et deux des principaux auteurs (sur onze) de ce grand travail collectif. Évidente était l'intention de discréditer l'ouvrage à titre prophylactique, tant on gonfla le racontar au détriment du compte rendu.
Que Nicolas Werth et, surtout, Jean-Louis Margolin aient élevé des objections de dernière minute contre certaines formulations de Courtois dans une "Introduction" qui leur avait pourtant été soumise, c'est un fait. Mais qui relève de la querelle terminologique ou idéologique, sans altérer en rien l'essentiel : la richesse documentaire du Livre noir. Au demeurant, les deux parties du livre que Werth et Margolin ont écrites (et magistralement), le premier sur l'URSS, le second sur la Chine, le Vietnam et le Cambodge, établissent des bilans qui corroborent en substance le tableau d'ensemble et les interprétations de Courtois, J'ignore que fut le ressort de leur tardif regimbement, mais je ne l'aperçois en tout cas pas dans leur propre travail d'historiens.
On peut discuter sur des chiffres que le secret dissimule encore partiellement. On peut balancer si Mao a tué 60 ou 70 ou 65 millions de personnes, on peut observer que, malgré la répression et les procès truqués, il n'y a pas eu, en Tchécoslovaquie, de génocide, comme au Cambodge. Ces hésitations sont propres à l'esprit scientifique, elles ne changent rien au scandale moral. Quand on disait, vers 1950 : "Les nazis on tué 6 millions de juifs", il se trouvait des gens pour vous répondre : "Non, ils n'en ont tué que 4 millions." La logique intrinsèquement criminelle du communisme comme du nazisme n'est en rien infirmée par ces chipotages indécents.
Je n'aurais pas relaté d'aussi mesquines chamailleries si elles ne faisaient pas, en quelque sorte, partie du sujet que traite le livre dont il est question. Elles témoignent de la puissance d'intimidation que conservent les adeptes rétroactifs et rétrogrades du communisme. Si le monstre est mort comme phénomène politique, il demeure bien vivant comme phénomène culturel. Le Mur est tombé à Berlin, mais pas dans les cerveaux. Décrire le communisme dans sa réalité reste un délit d'opinion.
La France en a eu la démonstration avec le "Bouillon de culture" du 7 novembre. Je venais justement de voir le dernier film de Steven Spielberg sur les dinosaures, et je n'ai eu aucune difficulté à effectuer la transition avec le numéro de cette célèbre émission de télévision consacré au Livre noir. Les communistes invités y sont parvenus à faire barrage aux historiens, l'un d'eux allant même jusqu'à traiter Stéphane Courtois... d'antisémite ! Leur but, censurer l'information, a été ainsi en partie atteint. Les téléspectateurs n'ont quasiment rien pu apprendre sur le contenu du livre. À force d'obstruction, les complices des crimes ont réussi encore une fois à les nier ou à soutenir, la main sur le cœur et des sanglots dans la voix, que ces forfaits n'avaient aucun rapport avec l'essence du communisme. Pourquoi le négationnisme, défini comme un délit quand il porte sur le nazisme, ne l'est-il pas quand il escamote les crimes communistes ? C'est que, aux yeux de la gauche, il subsiste de bons et de mauvais bourreaux. Le groupe socialiste européen, au Parlement de Strasbourg, a voté contre la motion reconnaissant le Tibet comme "pays occupé".
Le refus par la gauche de classer les génocides communistes parmi les crimes contre l'humanité, au même titre que les génocides nazis, ne résiste ni à l'esprit de la science historique ni à la lettre des textes juridiques. Soulignant la motivation idéologique des crimes nazis, le procureur général français à Nuremberg, François de Menthon, disait : "Nous ne nous trouvons pas devant une criminalité accidentelle, occasionnelle, nous nous trouvons devant une criminalité systématique découlant directement et nécessairement d'une doctrine." Cette description de la criminalité noire s'applique mot pour mot à la criminalité rouge. De même que lui convient parfaitement la définition du nouveau Code pénal français, adopté en 1992, selon laquelle le crime contre l'humanité inclut "la déportation, la réduction en esclavage, la pratique massive et systématique d'exécutions sommaires, d'enlèvements de personnes suivis de leur disparition, de la torture, d'actes inhumains inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux, et organisés en exécution d'un plan concerté à l'encontre d'un groupe de population civile". Or les massacres et déportations systématiques de groupes sociaux ou ethniques en raison de ce qu'ils sont, et non de ce qu'ils font, jalonnent toute l'histoire du communisme.
Ainsi, les 20 millions de morts (hors guerre) de l'URSS, les 65 millions de la Chine (Mao décroche la médaille de plus grand assassin de tous les temps), les 2 millions de morts du Cambodge (sur 7,8 millions d'habitants) ou de la Corée du Nord résultent tous d'exterminations programmées. Il n'y aura pas eu d'analyse sérieuse du communisme tant que la gauche n'aura pas admis que sa criminalité ne fut pas due à une improbable succession de ratages accidentels. C'est là ce que François Furet, qui devait préfacer ce Livre noir lorsqu'il disparut brutalement, en juillet, considérait, à propos de la Terreur de 1793-1794, comme la plus misérable des échappatoires pour un historien : l'explication par les circonstances. L'explication par la cause réelle, la seule qui rende vraiment compte des faits, à moins d'admettre que tout arrive par hasard, réside dans la logique d'un système entraînant à la liquidation physique pour motif idéologique.
Il est donc légitime de conclure à une tendance intrinsèquement criminogène du communisme, tant il a produit de copies conformes dans les circonstances les plus diverses et jusque dans ses métastases marginales, sous toutes les latitudes et dans les sociétés culturellement les plus différentes : à Cuba, en Éthiopie, en Angola, en Afghanistan, au Mozambique, au Laos, au Cambodge. Avec le total - prudent - de 85 millions de morts que dresse Courtois, il s'agit bien de crimes contre l'humanité, c'est-à-dire "commis au nom d'un État pratiquant une politique d'hégémonie idéologique", et "en exécution d'un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d'un groupe national, ethnique, racial ou religieux, ou d'un groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire" (Code pénal français).
D'ailleurs, Hitler n'a pas commis que des crimes racistes. Il a exterminé, sans distinction de race ni de religion, des peuples occupés qui se soulevaient ou des otages inoffensifs, par exemple à Oradour. Mieux : comme Staline et avant Staline, il a égorgé ses propres compagnons, lors de la Nuit des longs couteaux. Inversement, parmi les crimes communistes figurent aussi des crimes racistes, visant collectivement des ethnies en tant que telles : Polonais, Baltes, Tatars, Moldaves, Ukrainiens, Tchétchènes massacrés sur place ou déportés en Sibérie pour y crever de faim et de froid. La politique chinoise au Tibet depuis l'invasion de 1950 ne peut pas se définir autrement que comme un ethnocide méthodique.
La méthode que, pour sa part, suivait en URSS le Guépéou, ancêtre du KGB, était celle des quotas. Chaque région devait arrêter, déporter ou fusiller un pourcentage donné de personnes appartenant à des couches sociales, idéologiques ou ethniques déterminées. Ce qui comptait, ce n'était pas l'individu ni son éventuelle culpabilité personnelle (par rapport à quoi, d'ailleurs ?), c'était le groupe auquel il appartenait.
Les amoncellements de cadavres exquis inspirèrent à Louis Aragon un "poème" où, en 1931, il appelle de ses vœux la création d'un Guépéou français :

"Je chante le Guépéou qui se forme en France à l'heure qu'il est
Je chante le Guépéou nécessaire en France
Demandez un Guépéou
Il vous faut un Guépéou
Vive le Guépéou, figure dialectique de l'héroïsme."

Cette déjection montre que même des vers de mirliton de la plus indigente facture peuvent servir d'appel au meurtre.
À point nommé, dans son Manuel du goulag, tout juste paru aussi, Jacques Rossi, qui goûta lui-même pendant dix-neuf ans aux plaisirs de ce type de villégiature, explique avec clarté le lien indissociable entre goulag et communisme. Car "le goulag servait de laboratoire secret au régime soviétique, dans le but de créer une société idéale : garde-à-vous et pensée unique".
En outre, pour un système de gouvernement dès le départ condamné à la ruine matérielle par ses théories économiques imbéciles, le goulag était une façon de se procurer de la main-d'œuvre gratuite en réduisant en esclavage des millions d'individus. Or, on l'a vu, la déportation en vue de l'esclavage est reconnue en droit comme un des crimes contre l'humanité. C'est pourquoi, commente justement Rossi, "il est inutile de chercher à savoir lequel des totalitarismes, dans notre siècle, fut le plus barbare, lorsque tous deux imposèrent la pensée unique et laissèrent des montagnes de cadavres."
Face à un tel constat, la gauche ressasse inlassablement son vieux cliché : le nazisme annonçait dès sa naissance un programme d'extermination tandis que le communisme se voulait, dans son principe, une doctrine de libération. À quoi l'on peut rétorquer que, loin d'être une excuse, c'est bien pire. Le nazisme avait au moins le sinistre mérite de la franchise. Le communisme a trompé des milliards d'hommes au nom d'un idéal de justice et de liberté dont tous ses actes ont constitué la contradiction permanente et absolue. On nous a, bien sûr, à "Bouillon de culture", ressorti le poncif avarié : "l'anéantissement de l'homme exprime non l'essence, mais la "perversion" du communisme. Vraiment ? Qu'est-ce donc que ce merveilleux système qui jamais, nulle part, n'a mis en œuvre autre chose que sa propre perversion ? Et la praxis, alors où la mettez-vous, mesdames et messieurs les marxistes ?
La nouveauté et l'immense intérêt de la somme historique réalisée par Stéphane Courtois et son équipe, c'est de nous présenter pour la première fois en un seul volume un panorama international complet du communisme dans toute son étendue géographique et chronologique. Les éléments de cette synthèse intégrale ne sont pas des opinions, ce sont des faits. Il incombe aux défenseurs opiniâtres de cette calamité du XXe siècle de nous expliquer de façon plausible pourquoi, selon eux, la vérité du communisme est exprimée non par ces faits, mais par une histoire qui n'a jamais existé. Qu'ils se sachent, au profond d'eux-mêmes, incapables de forger cette démonstration explique leur rancœur contre le livre qui vient de la rendre pour toujours impossible.

15 novembre 1997.

Le Livre noir du communisme ; crime, terreur, répression sous la direction de Stéphane Courtois, Robert Laffont.
Le Manuel du goulag ; dictionnaire historique de Jacques Rossi, Le Cherche-Midi éditeur."

Jean-François Revel nous manque...
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (5) | Permalien | Remarque la plus récente : Apr 22, 2014 7:29 AM MEST


Terrorisme et communisme (L'Anti-Kautsky): édition intégrale
Terrorisme et communisme (L'Anti-Kautsky): édition intégrale
Prix : EUR 4,49

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Avec ce texte, dès 1920, Trotski s'auto-démythifiait !!!, 7 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Terrorisme et communisme (L'Anti-Kautsky): édition intégrale (Format Kindle)
Dans cet ouvrage Léon Trotski répond à son détracteur Marxiste : Karl Kautsky. Ce livre de Trotski est, selon moi, le plus important de ses écrits pour au moins deux grandes raisons :

1 / Il l'a écrit en 1920, en pleine Guerre Civile. Guerre Civile essentiellement provoquée, d'une part, par l'infâme politique du Communisme de Guerre (réquisitions forcées des récoltes agricoles dans la paysannerie, qui conduiront à la gigantesque et tragique Famine de 1921-1922, faisant 5 000 000 de morts). Et d'autre part, cette Guerre Civile fut également le fruit de la politique de Terreur de masse du Parti-État unique Totalitaire Bolchevique (Communiste), et ceci dès le coup d'État du 25 Octobre 1917 à Petrograd.
En mars 1918, Trotski mit en place l'Armée Rouge chargée d'anéantir toute résistance durant la politique du Communisme de Guerre et de la Guerre Civile. Trotski écrivit donc ce livre dans son wagon blindé, se rendant de champs de bataille en champs de bataille pour galvaniser ses bataillons afin d'exterminer toujours plus largement les Armées Blanches et Vertes ; et de décimer, anéantir et brûler d'innombrables villages entiers et régions de Russie, y compris : des enfants, des femmes, des vieillards, au nom de la Totalitaire Idéologie de la "Dictature du Prolétariat". Comme nous le verrons tout au long de ce commentaire, plutôt que de parler de "Dictature du prolétariat", il faudrait plutôt parler de "Dictature SUR le prolétariat" et SUR les infinis et imaginaires "ennemis du peuple" et "contre-révolutionnaires" du Bolchevisme !
Ensuite, dès le 7 décembre 1917, seulement un peu plus d'un mois après le coup d'État d'Octobre, fut créé par la volonté de Lénine, la Police Politique du Parti Bolchevique : la Tcheka, dirigée par Felix Dzerjinski. Ce dernier (avec Lénine) octroya comme mission immédiate à la Tcheka, de : traquer, rafler, interroger, torturer, et exécuter sommairement les soi-disant "ennemis du peuple", dans les caves et arrière-cours des Tchekas locales ; ainsi que dans les sous-sols du tristement célèbre siège social de la Tcheka dans l'immeuble de la Loubianka à Moscou. Les premières victimes furent les "bourgeois" et "petits-bourgeois" (mais qu'est-ce qu'un bourgeois ?), les "Koulaks" (des paysans un peu moins pauvres que les autres !), puis les ouvriers grévistes qui furent fusillés et noyés par centaines, les intellectuels, les Cosaques du Don et du Kouban (massacre de masse nommé : la Décosaquisation), les intellectuels, les journalistes, les médecins, les Kronstadtiens, les prêtres, les paysans, des femmes, et même des enfants. Bref, l'engrenage Totalitaire faisait que n'importe qui pouvait devenir potentiellement un "ennemi du peuple" !
D'ailleurs, le paradoxe schizophrénique de la haine irrationnelle que les Bolcheviques vouaient, et notamment Lénine et Trotski, envers la "bourgeoisie" et les "intellectuels", résidait dans le fait, que suivant leur propre "logique", ils auraient dû eux-mêmes se suicider ou s'entretuer, puisqu'ils étaient ce qu'ils exécraient le plus au monde : des "bourgeois" et des "intellectuels". Et contrairement aux mensonges et à la propagande qu'ils colportaient, ils éprouvaient également une haine sans bornes envers la paysannerie qui représentait à l'époque environ 90 % de la population Russe ; et un mépris, une condescendance envers les ouvriers (encore peu nombreux dans cette Russie de 1917), qu'ils ont, encore une fois, largement massacrés... ; n'en déplaise aux militants Communistes du 21ème siècle...
Comme Lénine, Trotski était donc un intellectuel, il maîtrisait l'art de l'écriture et était un excellent tribun et propagandiste. En tant que "Révolutionnaire Professionnel", il connaissait parfaitement bien l'Histoire de la Révolution Française, son modèle ; dont ils se sont largement inspirés (Lénine et lui). Plus exactement, ils ont voulu réutiliser la terminologie et reproduire les monstrueux actes de l'effroyable période de la Terreur Robespierriste donc Jacobine, sous le Comité de Salut Public et la Convention de 1793-1794. Plus tard, en 1937-1938, sous Staline, on nommera l'un des plus grands massacres de masse Staliniens (750 000 personnes fusillées et 750 000 autres déportées dans les camps de concentration du Goulag, en seulement 15 mois !) : la Grande Terreur, appellation toujours reprise de la Révolution Française ; Grande Terreur votée le 10 juin 1794, lors de la loi du 22 prairial.
Trotski, en plus d'être passé maître dans l'art de la rhétorique mensongère et de la propagande afin de manipuler Idéologiquement les foules, était un personnage méprisant, condescendant, arrogant et pensant (comme tout Criminel de masse) détenir la "Vérité Absolue". D'ailleurs, il ne se remit jamais en cause, pas plus qu'il ne remit en cause l'Idéologie de la "Dictature du prolétariat". Pire que tout, il n'eut jamais de regrets ni de remords pour tous ses massacres de masse, qu'il justifia jusqu'à sa mort, au nom de la sacro-sainte Idéologie Totalitaire Communiste !

2 / L'autre principale raison de l'intérêt fondamental de cet ouvrage, réside dans le fait qu'ici, nul besoin de livres d'Histoire, puisque Trotski assume presque entièrement et décrit parfaitement bien : la mise en place du régime Terroriste et Totalitaire Bolchevique. Ce régime Communiste Totalitaire prendra très rapidement sa forme en tant que : Système International, par la volonté hégémonique mondiale de Lénine et Trotski, à travers la création de l'Internationale Communiste (nommée également 3ème Internationale ou Komintern), dès 1919. Ce fut d'ailleurs Trotski en personne, qui en rédigea le Manifeste.

Sans le savoir (car cette notion ne sera inaugurée que dans les années 1940-1950, après la fin du Nazisme, essentiellement, par Hannah Arendt et Raymond Aron), à travers ce texte de 1920, Trotski était en train de décrire la définition même d'une nouvelle forme de régime et de système, au 20ème siècle : le Totalitarisme !

J-L. Dumont a rédigé la "Présentation" de cet ouvrage (dans l'édition de 1980). Il commence son texte avec des mots qui, à mon sens, ne peuvent provenir que d'un esprit totalement conditionné à l'Idéologie Bolchevique :

"Terrorisme et communisme" est probablement l'un des textes les plus magnifiques de Trotsky, l'un des plus clairs, des plus tranchants et des plus puissants. La raison est simple : par-delà les capacités personnelles de l'auteur, c'est ici la voix de la révolution qui s'exprime, aux heures de la lutte suprême, à travers un de ses chefs dirigeant la lutte sur le champ de bataille."

Plus loin, J-L. Dumont pose la question et la réponse centrales, qui seront plusieurs fois confirmées par Trotski lui-même, tout au long de l'ouvrage :

"La question centrale, à laquelle se ramènent en définitive toutes les autres, est simple : OUI ou NON la révolution implique-t-elle le recours aux armes, l'insurrection, la guerre civile, l'instauration de la dictature du prolétariat ? Ceux qui répondent non tournent le dos au marxisme et quittent le terrain de la révolution pour celui des "nouvelles voies", des "voies pacifiques au socialisme" dont la diversité, la nouveauté et la spécificité sont d'autant plus hautement proclamées qu'elles se rattachent toutes, en fait, à la matrice éculée du réformisme et du pacifisme social, autrement dit de la soumission à l'idéologie de la classe dominante.

(...) C'est pourquoi la lutte de classes débouche inéluctablement, à certains moments de l'histoire, sur la guerre civile, dans laquelle la décision appartient en dernier ressort aux armes. La révolution, écrivait Engels, est :

"un acte par lequel une partie de la population impose sa volonté à l'autre partie à l'aide de baïonnettes, de fusils, de canons, moyens autoritaires s'il en fut ; et le parti qui a triomphé doit maintenir son autorité par la terreur que ses armes inspirent aux réactionnaires". (Note n°2 : Engels, De l'autorité, in Marx-Engels, Textes sur l'organisation, Paris, Spartacus, 1970, p. 8.).

Si l'on admet cette réalité - et des révolutionnaires dignes de ce nom ne peuvent se contenter de l'admettre, mais doivent la préparer - alors il faut en tirer toutes les conséquences. Dans la révolution et la guerre civile, comme le montre magnifiquement Trotsky, il ne s'agit pas seulement de se battre mais de vaincre l'adversaire bourgeois et de l'anéantir à jamais en tant que classe ; sinon, l'histoire l'a abondamment montré, lui ne fera pas de quartier. Pour vaincre, il faut utiliser toutes les armes, sans hésitation, sans exception aucune, et les utiliser de manière impitoyable, sans la moindre concession, ni aux principes de la démocratie ou de la métaphysique petite-bourgeoise, ni même à tous les principes humanitaires qui ne peuvent être, dans toute société de classe, et mille fois plus encore dans la société impérialiste, qu'une cynique mascarade. Ces armes sont la violence prolétarienne sans entraves dirigée par le parti centralisé du prolétariat, le démantèlement de l'État et donc la dispersion de toutes ses institutions "démocratiques" qui ne servent qu'à mystifier la classe opprimée, la suppression des partis ennemis, de tous leurs appuis et de leurs journaux, l'instauration de la terreur prolétarienne contre la classe vaincue pour la désorganiser et l'empêcher de relever la tête, la guerre civile menée de manière décisive et impitoyable contre tout ennemi armé, la liquidation physique des chefs politiques et militaires de la classe ennemie tant que la révolution n'a pas définitivement assuré son pouvoir, la prise d'otages et les représailles - en un mot toutes les mesures de la guerre civile sans en excepter aucunes. Tout cela est horrible ? Sans aucun doute. Mais le capitalisme impérialiste, avec ses rivalités et ses conflits qui ne font que s'exacerber, avec ses guerres et ses répressions incessantes, avec le pillage qu'il fait subir à la planète et ses crises périodiques, est une atrocité mille fois plus horrible pour les neuf dixièmes de l'humanité - et même le dixième restant, celui des couches privilégiées qui se croient à l'abri dans les grands centres impérialistes, est régulièrement plongé dans l'holocauste pour le repartage du monde.
(...) Par là même, elle montre la voie au prolétariat, qui n'a pas d'autre choix historique que d'exercer l'oppression pour mettre fin à l'oppression, la dictature pour mettre fin à la dictature, la violence suprême des armes pour mettre fin à toute violence.

Ivresse sanguinaire ! s'écrient tous les philistins. C'est exactement le contraire. Plus la révolution prolétarienne se montrera décidée, hardie, impitoyable avec l'ennemi, montre Trotsky en citant Lavrov, plus sa victoire sera rapide, et donc moins sanglante, moins coûteuse en vies humaines pour la classe ouvrière. Voilà comment raisonnent des marxistes : en matérialistes implacables, et non en pleurnicheurs ou pusillanimes petits bourgeois."

Nous verrons qu'avec les citations ci-dessus de J-L. Dumont, ce dernier tient l'exact discours, jusqu'aux termes même, de Trotski.
Le seul point d'accord que j'aie avec J-L Dumont réside dans le fait que cet ouvrage de Trotski est certainement celui qui décrit, parmi ses nombreux écrits, le plus clairement l'Idéologie Communiste. En revanche, je laisse donc le lecteur seul juge, à travers ce commentaire et les nombreuses citations de Trotski, de la soi-disant "magnificence", pour reprendre le terme de J-L. Dumont, de l'Idéologie Bolchevique (Communiste)...

Comme on le sait, le Bolchevisme (Communisme) est fondé sur l'implacable Idéologie de la Dictature du Prolétariat. En son nom, tous les moyens, même les plus Terroristes sont "bons" pour appliquer ce dogme. Selon le célèbre adage de Trotski, qui deviendra même un texte en 1938, deux ans avant son assassinat : "La fin justifie les moyens" !
Toute sa vie, Trotski n'a eu de cesse de prôner et d'appliquer cette doctrine Criminelle. À ce sujet, il écrit :

"La dictature est indispensable parce qu'il ne s'agit pas de modifications partielles, mais de l'existence même de la bourgeoisie. Sur ce terrain, aucun accord n'est possible. La force seule peut décider.

(...) Qui veut la fin ne peut pas rejeter les moyens. La lutte doit être menée avec l'intensité suffisante pour assurer effectivement au prolétariat l'exclusivité du pouvoir. La transformation socialiste exigeant la dictature, "seule forme sous laquelle le prolétariat peut exercer le pouvoir d'État", cette dictature doit être assurée à tout prix.

(...) Qui renonce par principe au terrorisme, c'est-à-dire aux mesures d'intimidation et de répression à l'égard de la contre-révolution acharnée et armée, doit également renoncer à la domination politique de la classe ouvrière, à sa dictature révolutionnaire. Qui renonce à la dictature du prolétariat renonce à la révolution sociale et fait une croix sur le socialisme."

Trotski incite les ouvriers à user de la grève contre le système Capitaliste et/ou à se sacrifier par le sang, afin d'aider le Communisme à prendre le Pouvoir par un coup d'État. Mais dans le même temps, Trotski persécute les ouvriers dans le cadre de l'"impérieuse" édification de son régime Totalitaire Communiste. Il ne s'agit donc pas d'une Dictature du Prolétariat, mais en réalité, d'une Dictature SUR le Prolétariat. Sacrifier les ouvriers pour SA "Cause" ne pose aucun problème de moralité à Trotski :

"La grève générale ne peut avoir d'influence décisive que si elle est le prélude d'un conflit entre le prolétariat et la force armée de l'ennemi, c'est-à-dire d'une insurrection. Le prolétariat ne peut trancher le problème du pouvoir, problème fondamental de toute révolution, qu'en brisant la volonté de l'armée qu'on lui oppose. La grève générale entraîne des deux côtés la mobilisation et permet une première appréciation sérieuse des forces de résistance de la contre-révolution, mais seuls les développements ultérieurs de la lutte, après le passage à l'insurrection armée, déterminent le prix du sang que doit coûter au prolétariat la conquête du pouvoir. Mais qu'il faille payer avec du sang, que dans sa lutte pour conquérir le pouvoir et le conserver, le prolétariat doive savoir mourir et savoir tuer, de cela nul révolutionnaire véritable n'a jamais douté. Déclarer que le fait de la plus âpre lutte du prolétariat et de la bourgeoisie, une lutte à mort, "prend toute l'évolution à rebours", c'est tout simplement montrer que les têtes de certains idéologues respectés ne sont que des chambres obscures - camera obscura - dans lesquelles les choses apparaissent à l'envers.

(...) Personne n'a évidemment tenté de calculer à l'avance le nombre de victimes qui sera provoqué par l'insurrection révolutionnaire du prolétariat et sa dictature. Mais il était clair pour tous que ce nombre dépendrait de la force de résistance des classes possédantes.

(...) S'il veut ajouter que la guerre impérialiste, qui a sévi pendant quatre ans en dépit de la démocratie, a développé dans les mœurs la brutalité, a habitué au recours à la violence et appris à la bourgeoisie à ne s'embarrasser nullement de l'extermination des masses, il aura également raison. C'est un fait. Mais nous avons à combattre dans ces conditions. Il ne s'agit pas d'un duel entre des créatures prolétariennes et bourgeoises sorties de la cornue de Wagner-Kautsky, mais d'une bataille entre un prolétariat réel et une bourgeoisie réelle, tels qu'ils sont sortis de la dernière tuerie impérialiste."

Quelle belle prose ! Mais ce que Trotski omet de dire, c'est qu'en réalité, comme précisé dans mon introduction, son Parti Bolchevique a, entre autres, fait fusiller et noyer (à la façon des noyades Nantaises de Carrier sous la Terreur Jacobine en 1793-1794) à Astrakhan du 12 au 14 mars 1919 : "entre deux mille et quatre mille ouvriers grévistes et mutins" (chapitre de Nicolas Werth intitulé "Un État contre son peuple" dans Le Livre noir du communisme : Crimes, terreur, répression) et (Sergueï Melgounov : La terreur rouge en Russie : (1918-1924)). Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres des massacres de masse ; comme également celui de l'écrasement de l'insurrection des marins de Kronstadt qui aura lieu en mars 1921 (confer l'ouvrage d'Alexandre Skirda : Kronstadt 1921 : Prolétariat contre dictature communiste).
Mais voilà ! en 1920, Trotski ne s'imaginait pas encore que les témoignages de Sergueï Melgounov (témoignage publié dès décembre 1923 à Berlin) et de tant d'autres victimes ; ainsi que les Archives Soviétiques partiellement ouvertes entre 1992 et 1994, après l'effondrement de l'U.R.S.S., nous livreraient les innombrables faits d'horribles massacres de masse. Des Crimes contre l'Humanité ont été commis par l'Armée Rouge de Trotski, lorsque cette Armée Rouge a pillé, brûlé, violé, torturé, massacré, rasé de la carte des villages entiers dans les régions de Samara, de Tambov, de la Volga, etc. !
En effet, derrière les mots terribles prononcés par Trotski, il n'y a pas seulement de la démence Idéologique, de l'absurdité, des postures, de la condescendance et du mépris ; mais il y a surtout : la déshumanisation, les souffrances psychologiques et physiques, les tortures, les exécutions arbitraires et sommaires, engendrant des centaines de milliers de morts, de cadavres : d'enfants, de femmes, de vieillards et d'hommes anonymes et oubliés !

Suite à leur défaite lors des élections de décembre 1917, il était évident que les Bolcheviques n'obtiendraient pas la majorité des voix (Lénine et Trotski en avaient parfaitement conscience) lors de l'Assemblée Constituante convoquée le 5 janvier 1918. D'ailleurs, Lénine a pourtant tout fait pour l'empêcher, mais en vain... Alors, il fit dissoudre l'Assemblée Constituante de manière parfaitement anti-Démocratique par la violence, dans la nuit du 5 au 6 janvier, faisant même plusieurs morts. Manifestement embêté, Trotski traite ici le sujet sur le bout des lèvres, en employant le terme relativement neutre de "dispersa" :

"Quand le pouvoir russe des Soviets dispersa l'Assemblée constituante, ce fait parut aux dirigeants social-démocrates de l'Europe, sinon le prélude de la fin du monde, du moins une rupture arbitraire et brutale avec tout le développement antérieur du socialisme."

Eh oui ! Monsieur Trotski, n'importe qui serait choqué à moins, d'autant plus qu'il s'agit du second acte d'ordre institutionnel complètement anti-Démocratique. Le premier étant le coup d'État d'Octobre. Mais pour un Terroriste comme vous, Trotski, cela n'éveil absolument aucune réflexion et remise en cause d'ordre moral, ne parlons même de sentiment, caractéristique totalement absente de votre "logiciel" interne Idéologique Inhumain et barbare, de "Révolutionnaire Professionnel".
Ensuite, Trotski utilise le mensonge et la propagande (l'Agit-Prop) pour falsifier et tenter vainement de justifier cet acte par définition anti-Démocratique. C'est par l'usage de méthodes aussi infâmes que l'on comprend mieux pourquoi il se revendique plus de la Terreur de 1793-1794, que de 1789 ! Après l'emploi du terme "dispersa", il utilise un mot plus "onirique" : "balayée". Pour tenter de justifier ce "coup de balai" sur l'Assemblée Constituante, il ose faire passer la population paysanne pour arriérée mentalement et intellectuellement ! :

"Notre parti ne s'est pas refusé à conduire le prolétariat à la dictature en passant par la démocratie, car il se rendait clairement compte des avantages offerts à la propagande et à l'action politique par un tel passage "légalisé" au nouveau régime. De là notre tentative de convoquer l'Assemblée constituante. Cette tentative a échoué. Le paysan russe, que la révolution venait d'éveiller à la vie politique, se trouva en présence d'une douzaine de partis dont chacun semblait se donner pour but de lui brouiller les idées. L'Assemblée constituante se mit en travers de la révolution et fut balayée.

La majorité "conciliatrice" de l'Assemblée constituante n'était que le reflet politique de la sottise et de l'irrésolution des couches intermédiaires des villes et des campagnes et des éléments les plus arriérés du prolétariat. Si nous nous placions au point de vue des possibilités historiques abstraites, nous pourrions dire que la crise eût été moins douloureuse si l'Assemblée constituante avait, en un ou deux ans de travail, définitivement discrédité les socialistes-révolutionnaires et les mencheviks, montrant aux masses qu'il n'y a en réalité que deux forces : le prolétariat révolutionnaire dirigé par les communistes, et la démocratie contre-révolutionnaire a la tête de laquelle se placent des généraux et des animaux."

L'avantage avec Trotski, c'est que lorsqu'il ment cela se voit, puisqu'il essaye de "noyer le poisson" dans un verbiage absurde, le tout, en n'oubliant pas de préciser à chaque fois, pensant diluer un peu plus son mensonge, que les victimes ne seraient pas..., des victimes, mais des "ennemis du peuple", "des contre-révolutionnaires". C'est une technique classique dans l'univers Communiste, celle consistant à inverser les rôles en transformant les victimes en bourreaux et inversement. Encore un héritage de Robespierre et de sa clique de Terroristes : Carrier, Turreau, Marat, Saint-Just, Fouquier-Tinville, etc..
Le drame, c'est qu'il est tellement convaincu de ce qu'il pense, qu'il arrive à en conditionner d'autres, en tout cas, suffisamment pour l'aider à maintenir son régime de Terreur...
Pourtant, comme Trotski nous livre dans ce livre une grande partie de toute la noirceur de son "âme", il doit se surprendre lui-même, habitué qu'il est à mentir, à nous livrer une part de vérité. En fait, ce n'est pas de gaieté de cœur qu'il opère se travail sur lui-même, mais uniquement parce qu'il doit répondre aux accusations objectives de Kautsky :

"Il n'est pas difficile de déduire de ce qui précède les réponses aux deux questions que nous pose insidieusement Kautsky. D'abord, pourquoi avons-nous convoqué l'Assemblée constituante, puisque nous avions en vue la dictature du prolétariat ? Et ensuite, si la première Assemblée constituante que nous avons cru devoir convoquer s'est montrée réactionnaire et si elle n'a pas correspondu aux intérêts de la révolution, pourquoi nous refusons-nous à convoquer une nouvelle Assemblée constituante ?

(...) Nous avions décidé à l'avance que si la majorité nous appartenait à l'Assemblée constituante, elle se dissoudrait elle-même en transmettant ses pouvoirs aux Soviets, comme le fit plus tard la Douma municipale de Pétrograd, élue sur les bases du suffrage démocratique le plus large.

(...) N'envisageant l'organisation du pouvoir révolutionnaire que dans les Soviets, et ceux-ci détenant déjà, au moment de la convocation de l'Assemblée constituante, le pouvoir effectif, la question était inévitablement résolue pour nous dans le sens de la dispersion par la force de l'Assemblée constituante, qui ne pouvait être disposée à se dissoudre elle-même au bénéfice du pouvoir des Soviets."

Voyons maintenant de quelle manière Trotski tente de se dépatouiller sur un autre sujet crucial, celui de la prise d'otages des familles de ses victimes ; toujours dans une surenchère monstrueuse d'extermination, et toujours en usant de la bonne vieille et ignoble méthode consistant à transformer ses victimes en bourreaux. Pour essayer de se justifier, il se sert de l'autre grande référence Révolutionnaire Historique Française : la Commune de Paris de 1871 :

"Les décrets de la Commune sur les otages et sur leur exécution en réponse aux atrocités des Versaillais, ont été motivés, selon la profonde explication de Kautsky, "par le désir de conserver des vies humaines, non de les détruire". Admirable découverte ! Il ne reste plus qu'à l'élargir. On peut et on doit faire comprendre qu'en temps de guerre civile nous exterminerons les gardes-blancs afin qu'ils n'exterminent pas les travailleurs. Dès lors notre but n'est pas de supprimer des vies humaines, mais bien de les préserver. Mais comme nous devons combattre pour les préserver les armes à la main, cela nous conduit à détruire des vies humaines - énigme dont le secret dialectique fût élucidé par le vieil Hegel, sans parler des sages appartenant à de plus anciennes écoles."

Quelle "logique" cynique et implacable ! Selon Trotski, il faut donc tuer davantage pour tuer..., moins, ou tout du moins de manière sélective : soi-disant uniquement pour préserver les vies des "travailleurs" !
S'il se livre tant dans cet ouvrage, c'est aussi parce qu'il ne se rend même plus compte des inepties et horreurs qu'il déblatère.
Et comme tout Criminel de masse qui se respecte, il est atteint également de paranoïa aiguë : il voit des "ennemis" partout, c'est aussi pour cela qu'il faut exterminer toujours plus, indéfiniment... :

"Kautsky, en dépit de tous les événements actuels dans le monde, ne comprend absolument pas ce qu'est la guerre en général, et la guerre civile en particulier. Il n'arrive pas à comprendre que tout partisan de Thiers à Paris, ou presque, n'était pas simplement un "opposant" idéologique des communards, mais bien un agent et un espion de Thiers, un ennemi mortel, guettant le moment de leur tirer dans le dos. Or l'ennemi doit être mis dans l'impossibilité de nuire, ce qui, en temps de guerre, signifie qu'il doit être détruit.

Le problème de la révolution, comme celui de la guerre, est de briser la volonté de l'ennemi, de le forcer à capituler en acceptant les conditions du vainqueur. La volonté est, assurément, un fait d'ordre psychologique, mais à la différence d'un meeting, d'une réunion publique ou d'un congrès, la révolution poursuit ses fins par le recours à des moyens matériels, bien que dans une mesure moindre que la guerre.

(...) Le degré d'acharnement de la lutte dépend de toute une série de conditions intérieures et internationales. Plus la résistance de l'ennemi de classe vaincu se montrera acharnée et dangereuse, plus le système de coercition se transformera inévitablement en système de terreur."

Eh oui ! La Terreur de masse permet aux régimes Totalitaires, en général, d'effectuer des exterminations préventives, prophylactiques, d'individus ou groupes sociaux, ethniques, religieux, politiques, etc., risquant de devenir potentiellement de futurs "ennemis" ! D'où cette volonté, dans l'univers Communiste, de chercher et trouver continuellement de nouveaux groupes d'individus à rééduquer, à enfermer dans les camps de concentration ou à exterminer, afin de ne garder qu'une toute petite partie de la population pour créer l'"Homme nouveau", absolument pur, exempt de toutes souillures "capitalistes", bourgeoises" et "impérialistes" ! Bref, un véritable programme Génocidaire.
Puis, Trotski disserte sur les notions de Révolution et de Terrorisme :

"La révolution n'implique pas "logiquement" le terrorisme, de même qu'elle n'implique pas "logiquement" l'insurrection armée. Quelle grandiloquente banalité ! Mais la révolution exige en revanche de la classe révolutionnaire qu'elle mette tous les moyens en œuvre pour atteindre ses fins ; par l'insurrection armée, s'il le faut ; par le terrorisme, si c'est nécessaire."

Ici, dans sa première phrase, il commence pas trop mal dans son analyse. Mais lorsqu'on veut, comme lui, imposer une Idéologie Totalitaire par la force, cela se termine inéluctablement dans le Terrorisme de masse, comme il l'explicite dans sa deuxième phrase...
Il continue de dérouler son délire Idéologique criminel et démontre une fois de plus, si cela était encore nécessaire, qu'en 1920, il avait depuis certainement longtemps déjà et définitivement, abandonné l'Humanité pour sombrer du côté obscur, celui de l'IN-humanité et de la barbarie :

"La question des formes et du degré de la répression n'est évidemment pas une question "de principe". C'est une question d'adaptation des moyens au but. À une époque révolutionnaire, le parti qui a été chassé du pouvoir, qui ne veut pas admettre la stabilité du parti dirigeant, et qui le démontre par la lutte forcenée qu'il mène contre lui, ce parti ne se laissera pas intimider par la menace des emprisonnements, puisqu'il ne croit pas qu'ils dureront. C'est précisément par ce fait simple mais décisif que s'explique la fréquence des exécutions dans la guerre civile.

Mais peut-être Kautsky veut-il dire que la peine de mort n'est pas, en général, conforme au but qu'on veut atteindre, et qu'on ne peut pas "effrayer les classes" ? Ce n'est pas vrai. La terreur est impuissante - et encore n'est-ce qu'en "fin de compte" qu'elle l'est - si elle est appliquée par la réaction contre la classe historiquement montante. Mais la terreur peut être très efficace contre la classe réactionnaire qui ne veut pas quitter la scène. L'intimidation est un puissant moyen d'action politique, tant dans la sphère internationale qu'à l'intérieur. La guerre, de même que la révolution, repose sur l'intimidation. Une guerre victorieuse n'extermine en règle générale qu'une petite partie de l'armée vaincue, mais démoralise ceux qui restent et brise leur volonté. La révolution agit de même : elle tue quelques individus, elle en effraie mille. Dans ce sens, la terreur rouge ne se distingue pas en principe de l'insurrection armée, dont elle n'est que la continuation. Ne peut condamner "moralement" la terreur d'État de la classe révolutionnaire que celui qui rejette par principe (en paroles) toute violence, quelle qu'elle soit - et donc toute guerre et tout soulèvement. Mais il faut n'être pour cela qu'un quaker hypocrite."

Ici, Trotski est trop modeste, puisque les victimes de son régime Totalitaire Communiste étaient déjà fort nombreuses avant ce fameux décret du 5 septembre 1918 concernant la "Terreur Rouge Bolchevique", dès le coup d'État d'Octobre 1917. Alors avec la mise en place du Communisme de Guerre et de la Terreur Rouge, les victimes se sont comptées dès la fin 1918 par dizaines de milliers, puis jusqu'en 1924, par centaines de milliers. À ce déjà terrible bilan humain, il faut ajouter les 5 000 000 de paysans morts de faim à cause, essentiellement, de l'implacable politique du Communisme de Guerre. Non, non, Trotski n'usurpe absolument pas son intitulé de : Criminel de masse. D'ailleurs, un peu plus loin, il confirme encore lui-même... :

""Mais alors, en quoi votre tactique se différencie-t-elle de celle du tsarisme ? nous demandent les pontifes du libéralisme et du kautskysme.

Vous ne le comprenez pas, faux dévots ? Nous allons vous l'expliquer. La terreur du tsarisme était dirigée contre le prolétariat. La gendarmerie tsariste étranglait les travailleurs qui militaient pour le régime socialiste. Nos Commissions Extraordinaires fusillent les propriétaires fonciers, les capitalistes, les généraux qui s'efforcent de rétablir l'ordre capitaliste. Vous saisissez cette... nuance ? Oui ? Pour nous, communistes, elle est tout à fait suffisante."

Heureusement que l'on sait qu'il est mort depuis 1940, sinon il nous ferait presque "mourir" de peur !
Pour rester sérieux, il n'est pas besoin d'être un historien de la Russie pour savoir que l'Autoritarisme Tsariste de la dynastie des Romanov, était loin d'être aussi criminogène que l'État-Parti Totalitaire Communiste de Trotski...

P.S. : Ce commentaire étant trop long pour figurer intégralement sur ce site, vous pouvez le retrouver dans son intégralité sur ma Page Facebook : "Communisme Totalitarisme (Unvola)".
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 14, 2013 1:04 PM CET


Assimilation : la fin du modèle français
Assimilation : la fin du modèle français
par Michèle Tribalat
Edition : Broché
Prix : EUR 22,00

5.0 étoiles sur 5 Capituler ou résister face à l'Islamisation, un enjeu majeur au XXIème siècle !!!, 11 novembre 2013
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Ce récent ouvrage de la Démographe, Michèle Tribalat, fait un point précis et détaillé sur les questions : de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Assimilation et de l'Islam en France et en Europe. Michèle Tribalat en tant que directrice de recherches à l'INED (Institut National d'Études Démographiques) se fonde sur des données factuelles et d'innombrables enquêtes, courbes, tableaux et statistiques démographiques, afin d'étayer son passionnant propos...


Vieillir avec Toi
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4 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un album globalement…, décevant !!!, 4 novembre 2013
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Pourtant, on découvre dans cet album trois magnifiques chansons : "Les murs porteurs", "Combien de gens" et "Vieillir avec toi".
Cependant ces trois superbes perles musicales ne suffisent pas à elles seules, à réussir tout un album comprenant 10 titres...

Certes, un avis musical est par définition personnel et subjectif ; mais malgré une instrumentation très fournie comprenant une grande diversité d'instruments (en plus des classiques : Batterie, Guitare et Basse, on trouve également une Mandoline, un Orgue, des Contrebasses, des Violons, des Cors, un Violoncelle, une Harpe, une Clarinette, un Ukulélé, un Célesta, un Piano, etc..), au final, hormis les trois titres cités plus haut, il manque, selon moi, l’essentiel : une passion musicale globale.


Septième Ciel  - Edition Collector
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Prix : EUR 18,63

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Non, je n’ai pas atteint le « Septième Ciel » avec ce nouvel album !!!, 17 octobre 2013
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Mais était-il possible de réaliser un album aussi bon que les deux précédents : Sens de la Gravite (le) et Coming Out ? De toute évidence, non...

Musicalement, je ne découvre que deux magnifiques chansons : "De l’Amour à Revendre" et "Robert".
En ce qui concerne les paroles, Les Fatals Picards se considèrent certainement comme "politiquement incorrects", alors que selon moi, leurs textes relèvent, certes de l'humour, mais aussi souvent de la..., démagogie !

Bref, un album trop criard et pas assez mélodieux à mon goût...


Oral-B Combinés Dentaires Professional Care Oxyjet + 2000
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Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La brosse à dents, seule, suffit !!!, 11 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Oral-B Combinés Dentaires Professional Care Oxyjet + 2000 (Beauté et hygiène)
Commentaire d'un membre du Club des Testeurs Amazon (De quoi s'agit-il?)
La brosse à dents est très performante puisqu’elle intègre : un minuteur, deux vitesses de mouvement, ainsi qu’un voyant rouge bien visible indiquant une pression trop forte exercée sur les dents.
En revanche, lorsque j’utilise le jet hydropulseur, j’ai plutôt l’impression d’avoir à faire à une douche portative, puisque systématiquement j’inonde la vasque et l’intégralité du miroir de ma salle de bains. Alors, s’il faut faire la ménage après chaque utilisation de l’hydropulseur, je préfère m’en passer...

Un bon produit donc, essentiellement grâce à cette performante brosse à dents, mais l’usage fastidieux de l’hydropulseur annihile totalement son éventuel intérêt. D'autant plus, que je trouve le prix de ce combiné dentaire : 120 euros, particulièrement excessif !


Nouvelle histoire de France, tome 1
Nouvelle histoire de France, tome 1
par Jacques Marseille
Edition : Poche
Prix : EUR 10,50

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'Histoire de France : entre Guerres et Paix !!!, 6 octobre 2013
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Le regretté Jacques Marseille est décédé le 4 mars 2010. Il était professeur à la Sorbonne et intervenait régulièrement sur le plateau de la très intéressante émission de télévision d'Yves Calvi : "C dans l'air", diffusée quotidiennement en fin de journée sur la chaîne France 5. On voyait dans cet homme une immense passion pour les sujets de société, l'économie, la politique et bien évidemment pour..., l'Histoire.
Dans cet ouvrage en deux tomes, Jacques Marseille nous fait voyager de manière vivante, dynamique, avec souvent même une pointe d'humour, voire d'ironie, à travers l'Histoire de la France depuis les premiers Hommes, jusqu'à nos jours.
Ce commentaire n'a pas la prétention ni la volonté de répertorier une liste exhaustive parmi la foultitude de Rois, de Chefs d'État, voire de dictateurs Français (eh oui ! Il y en eut tout de même quelques-uns) ; ni même de dérouler, d'évaluer ou de juger leurs bilans respectifs. Il s'agit juste, ici, d'exposer, chronologiquement, quelques jalons, personnages et repères historiques qui, comme l'écrit si bien Max Gallo, ont façonné "l'âme de la France" !

La présence de traces de l'Homme en France remonte à il y a environ deux millions d'années. Cet Homme fut appelé l'homo habilis. Puis, l'homo erectus fit son apparition il y a de cela environ 1 million d'années.
[À titre d'information, sur l'ensemble de la planète, nos plus lointains ancêtres connus à ce jour sont : Lucy découverte en Éthiopie en 1974, datant de -2 000 000 d'années ; et Toumaï exhumé au Tchad en 2001 datant, lui, de -7 000 000 d'années !]
Les premières traces de la maîtrise du feu, quant à elles, remontent à environ -700 000 ans. Elles se font plus nombreuses et plus précises vers -500 000 ans.
Lors de la longue période glaciaire située entre -235 000 et -135 000 ans avant notre ère, apparut l'homo sapiens. Puis, lui succéda à -100 000 ans, l'homme de Néandertal considéré par les paléontologues comme le premier homme "moderne", car il fut celui qui commença à enterrer ses morts, parfois même, suivant d'hypothétiques rituels. On trouve également à son sujet d'autres faits qui relèvent de l'attention qu'il portait à ses congénères et qui, par conséquent, le rattachent toujours plus à l'homme "moderne".
Puis, l'homme de Néandertal disparut à son tour brutalement entre -40 000 et -35 000 ans, laissant place à notre ancêtre direct : l'homo sapiens sapiens. Ce dernier est également nommé : l'homme de Cro-Magnon (nom de la ville, dans le sud-ouest de la France, où il a été découvert en 1868).
[Cet ouvrage ayant été rédigé en 1999, depuis, les recherches semblent conduire les préhistoriens, depuis 2003, à changer, entre autres, la dénomination de l'homo sapiens sapiens par celle de l'homo sapiens. Mais peu importe, il ne s'agit pas ici d'une étude archéologique, mais simplement de donner un ordre de grandeur de l'évolution Humaine].

À cette époque glacière durant laquelle les températures oscillaient entre -70° l'hiver et +15° l'été, les préhistoriens estiment la présence, en France, d'environ 10 000 Hommes répartis dans à peu près 300 campements.
Vers -500 ans avant notre ère (avant Jésus-Christ donc), apparurent les Gaulois. Ils vivaient en Gaule, ce qui correspond à peu près aux territoires comprenant : la France, la Belgique, la Suisse, l'Allemagne et le Nord de l'Italie d'aujourd'hui. Les Gaulois étaient des combattants, des guerriers extrêmement violents qui, entre autres, décapitaient les têtes de leurs victimes pour en faire des trophées. Les Romains les nommaient Galli, et les Gaulois se nommaient eux-mêmes : Celtes.
Vers -390 avant J.-C., les Gaulois écrasèrent les Romains et détruisirent Rome. Puis, ils pénétrèrent en Grèce en -279 avant J.-C.. (page 96) :

"À l'apogée de leur expansion, de 350 à 250 avant notre ère, les peuples celtiques occupent ainsi un très vaste territoire qui s'étend des îles Britanniques et de l'Irlande à l'embouchure du Danube et de la grande plaine septentrionale allemande et polonaise jusqu'aux Apennins. Et c'est dans l'actuelle France que leur influence culturelle sera particulièrement marquée."

Les Romains guidés par Jules César (-100 à -44 avant J.-C.) contre-attaquèrent les Gaulois menés par Vercingétorix (-80 à -46 avant J.-C.), à tel point qu'en -53 avant J.C., on assista à de véritables exterminations de masse comme celle conduite contre les Éburons. César écrivait alors qu'il voulait : "anéantir leur race et leur nom même".
Sans rapport, cela me fait tout de même penser à la volonté Génocidaire du Comité de Salut Public et de la Convention Nationale d'exterminer cette "race maudite" : les Vendéens, en 1793-1794 lors de la Révolution Française.
Bref, Vercingétorix sut alors rassembler l'ensemble des peuples Gaulois pour défendre leur liberté et leur "Patrie". Patrie dont les contours seront amenés encore à fluctuer dans d'importantes proportions durant les nombreux siècles à venir... (page 113) :

"Les victoires remportées par César, on a eu l'occasion de le souligner, ne peuvent se comprendre que par l'appui actif que les Gaulois eux-mêmes lui ont assuré. Ce sont les Séquanes, les Éduens, les Rèmes, les Lingons (de la région de Langres) et même les Arvernes qui, n'ayant dans un premier temps pas bougé, lui ont permis de vaincre les Helvètes et les Belges et de contrôler un territoire de près de 500 000 kilomètres carrés avec une armée qui n'a jamais dépassé 50 000 hommes. Comment expliquer alors la grande révolte qui, en 52 avant J.-C., va rassembler derrière Vercingétorix la quasi-totalité des peuples gaulois insurgés pour défendre leur liberté et leur "patrie" ?
Certainement par le fait que César a multiplié les maladresses, réalisant l'exploit d'unir ceux qui avaient toujours été divisés ! Se comportant tout d'abord en maître absolu, il a indisposé ses plus fidèles alliés, en détrônant là un roi ou un magistrat pour le remplacer par un homme à lui, en renversant à sa guise les pouvoirs établis, en ne comprenant pas la complexité des relations entre les peuples dont les Romains ignoraient les coutumes, en trahissant sa parole, faisant mettre à mort des chefs révoltés auxquels il avait pourtant promis le pardon. L'une de ses plaisanteries en dit long sur le mépris qu'il a pu afficher au cours de son commandement : "Envoie-moi qui tu veux, écrit-il à Cicéron, j'en ferai un roi en Gaule !"
Peut-être aussi a-t-il sous-estimé l'indignation que ses campagnes "terroristes" ont pu soulever. Outre les 600 000 ou 700 000 tués, ce qui constitue peut-être le total des pertes gauloises, soit le dixième de la population que comptait alors la Gaule indépendante, le demi-million de prisonniers vendus comme esclaves, la dévastation systématique des campagnes, César s'est livré à de véritables opérations d'extermination, comme celles dont furent victimes, en 53, les Éburons. Ces derniers s'étant révoltés, César voulut, écrit-il lui-même, "anéantir leur race et leur nom même" : une définition anticipée de ce qu'on nomme un génocide."

Ce sont les Gaulois et les Romains qui ont mis en place les premières grandes infrastructures : routes, ponts et viaducs pour le cheminement de l'eau (comme le grandiose Pont du Gard) ; théâtres et amphithéâtres, arènes, cirques ; construction d'innombrables bâtiments et villes ; ainsi que les circuits et échanges économiques mondiaux.
Quant aux célèbres mais horribles combats de gladiateurs Romains, voici ce qu'en dit Jacques Marseille (page 132) :

"Certes, ajoutait-il [l'historien Camille Jullian], les combats de gladiateurs n'étaient pas plus barbares que les sacrifices humains si chers aux Gaulois, mais les spectateurs de ces sacrifices n'en faisaient pas un motif de distraction. La Gaule aurait pu demander à ses maîtres romains autre chose que d'exiger la mort dans les arènes pour distraire ses loisirs.
Pour se convaincre de l'engouement des Gaulois pour ces spectacles, il suffit de rappeler le nombre des "théâtres-amphithéâtres", ces établissements pouvant accueillir plusieurs types de spectacles, qui se montent à une trentaine dans la seule province de Lyonnaise, la plupart d'entre eux se trouvant dans des campagnes isolées où ils recevraient, comme à Sanxay, dans la Vienne, 6 600 spectateurs sur des gradins de bois, ce qui suppose que s'y réunissaient les paysans de la région.
Il suffit aussi de voir les fortunes que dépensaient les notables pour organiser les spectacles : Titus Sennius Sollemnis, par exemple, engloutit 332 000 sesterces (près de 700 000 de nos francs) pour organiser durant quatre jours trente-deux combats de gladiateurs à Lyon.
C'est que les Gaulois disposant de plus de cent trente jours fériés par an, la principale préoccupation des décurions était d'assurer l'emploi de ces journées libres et d'améliorer la qualité des fêtes qui les accompagnaient, le "bon peuple" appréciant les innovations, comptant le nombre des gladiateurs, des léopards et des victimes.
Ce n'étaient pas en effet les grandes œuvres du théâtre antique qui assuraient la romanisation des esprits, mais les statues qui ornaient les murs de scène, les multiples Victoires, Centaures, Silènes et Ménades, les combats d'Amazones, les Vénus et les Cariatides qui étaient autant d'illustrations de la mythologie gréco-latine."

Par la suite, les peuples Germanique, Vandales, les Suèves et les Alains furent pourchassés par les terribles Huns. Le 31 décembre 406 (après J.-C.), fuyant les Huns, ces Peuples traversèrent la terre gauloise ; et les Huns dévastèrent tout sur leur passage, notamment les plaines céréalières du Nord, de l'Aquitaine, finissant par franchir les Pyrénées en octobre 409.
Quant à Rome, elle fut mise à sac en 410 par les Wisigoths.
Alors que la Gaule était en pleine décomposition, assaillie par des hordes de barbares comme celle d'Attila le Hun, le jeune Clovis âgé de seulement quinze ans succéda à son père Childéric, en 481.
C'est à partir de la conversion de Clovis au Christianisme, suite à son baptême en 498, que l'État et l'Église fusionnèrent pour des siècles et des siècles... Clovis fut donc le premier Roi Chrétien des Francs Saliens puis des Francs (les futurs Français), en France.
Clovis se lança alors à la reconquête des territoires perdus en Gaule, dans des combats contre les Wisigoths et les Ostrogoths. Clovis décéda en 511.
Dagobert 1er était le petit-fils de Clovis et le fils de Clotaire II. Il devint Roi des Francs à son tour de 632 à 639. C'est l'époque de la Gaule mérovingienne donc des Rois Mérovingiens.
En fait, il y eut trois Dagobert : Dagobert 1er, Dagobert II et III.
Ce que l'on sait peu, c'est qu'à cette époque il existait en réalité plusieurs Rois qui régnaient sur différentes régions de la Gaule. Il y a donc eu des Rois de France qui "chapeautaient" des Rois de région, comme : la Neustrie, l'Austrasie, la Bourgogne, l'Aquitaine, etc..

Au début du VIIIème siècle, Charles Martel succéda à Pépin le Jeune. Il se chargea de bouter hors de France toutes sortes d'ennemis, comme les Neustriens à Amblève en 719 et à Vincy en 717. En 719, Charles Martel pourchassa également les Saxons et les Frisons. Mais il reste connu dans l'Histoire de France, principalement, pour avoir grandement participé à empêcher l'Islamisation de la France par la "Guerre Sainte", en stoppant les Djadistes musulmans Arabes, à Poitiers, en octobre 732 (pages 192 et 193) :

"Charles peut alors multiplier les équipées, intervenir à l'Est et réduire les Bavarois et les Alamans à l'obéissance, tenir en respect les Saxons, soumettre les Frisons en étant capable de mener à bien une expédition navale, puis saisir l'occasion qu'offrait l'invasion de troupes musulmanes en Aquitaine pour devenir le champion de la chrétienté et le "martel" de Dieu.
Après avoir, depuis 711, conquis une grande partie de l'Espagne, les Arabes musulmans et les Berbères convertis à l'Islam ont franchi les Pyrénées, occupé Narbonne, Carcassonne, Nîmes et lancé un raid le long de l'axe Rhône-Saône jusqu'à Autun, qui a été saccagée. En 732, le wali, ou gouverneur d'Espagne, Abd al-Rahmān lance une nouvelle offensive. Il pénètre en Aquitaine par le Pays Basque, pille et dévaste les faubourgs de Bordeaux, s'élance vers Poitiers et cherche à gagner la basilique Saint-Martin de Tours, aux richesses si tentantes.
Appelé au secours par le duc d'Aquitaine, Eudes, Charles accourt et, à Moussais, sur la voie romaine de Poitiers à Tours, le 25 octobre 732, il bat les troupes arabes, Abd al-Rahmān étant parmi les morts. Attendant de pied ferme la charge furieuse des cavaliers arabes, dont la tactique est d'effrayer l'ennemi et d'émietter ses rangs, les Francs, en rangs serrés, "immobiles comme un mur" selon un contemporain, lancent leurs redoutables francisques, qui s'en vont fracasser les crânes et les corps des assaillants.
Même si la bataille de Poitiers n'a pas été le coup d'arrêt décisif porté à l'expansion de l'Islam, elle eut un grand retentissement dans tout l'Occident. Elle marque bien la victoire des gens du Nord, les Austrasiens, sur ceux du Midi. Profitant de son succès, Charles impose en effet sa souveraineté à l'Aquitaine, à la Bourgogne et à la Provence, soumettant les aristocraties locales qui, depuis longtemps, s'étaient rendues indépendantes. Le maire du palais est désormais le personnage le plus en vue, non seulement du royaume mérovingien, mais de tout l'Occident."

Charles Martel décéda le 22 octobre 741.
Il y eut également Pépin dit le "Bref". C'est sous son règne que prit naissance, en France, la Royauté de "Droit Divin". Il décéda le 24 septembre 768. C'est l'un de ses deux fils, Charles, qui lui succéda. Il s'agit du célèbre Charlemagne. En 789, dans l'Admonitio generalis, Charlemagne présenta une importante loi-cadre concernant l'éducation des enfants (pages 212 et 213) :

"Convaincu qu'il fallait relever le niveau intellectuel de la société pour mieux prier Dieu, il voulut que le clergé ait une instruction suffisante pour instruire à son tour le peuple dont il avait la charge. En 789, dans l'Admonitio generalis, qui se présente comme une véritable loi-cadre, il écrit : "Nous voulons que des écoles soient créées pour apprendre à lire aux enfants. Dans tous les monastères et les évêchés, enseignez les psaumes, les notes, le chant, le comput, la grammaire et corrigez soigneusement les livres religieux. Car souvent, alors que certains désirent bien prier Dieu, ils y arrivent mal à cause de l'imperfection et des fautes des livres. Ne permettez pas que vos élèves les détournent de leur sens, soit en les lisant, soit en les écrivant".
Apprendre à lire, à écrire et à compter, tel a été de tout temps le programme scolaire minimal qu'ont toujours souhaité voir assurer les responsables de l'"éducation nationale". Dans une enquête de 803, Charles rappelle d'ailleurs que les parents doivent envoyer leurs enfants à l'école et, bien conscient de la difficulté de faire appliquer partout cette exigence, encourage les évêques à créer des écoles rurales dans les villages et les bourgades."

Charlemagne mourut le 28 janvier 814.
Le 1er juin 987 était élu Roi, Hugues Capet, mettant un terme à trois siècles de pouvoir Carolingiens, et débutant la dynastie des Capet qui allaient gouverner la France durant les huit prochains siècles. Il y eut aussi Henri 1er, puis son fils Philippe 1er qui régna longtemps, de 1060 à 1108. Puis, ce fut le règne de Louis VI dit "Le Gros" décédé en 1137, et de Louis VII dit "Le Jeune" qui mourut en 1180.
Au tournant du 1er millénaire de notre ère, on passa du Moyen Âge à la Féodalité (page 253) :

"En multipliant les "dévoués" qui les avaient aidés à s'emparer du trône, en exigeant le serment de fidélité de tous les hommes libres, en espérant renforcer l'État par un réseau de subordinations dont il tiendrait les fils, les souverains ont en fait, sans s'en rendre compte, fini par faire du neuf en s'efforçant d'adapter le vieux. En voulant faire régner dans leur royaume l'ordre et la paix, ils ont multiplié des rapports de protection qui, à la suite des invasions du IXe siècle, ont cessé de s'opérer à leur profit, la fidélité à un souverain lointain étant plus lâche que la dépendance à l'égard d'un seigneur proche. Est née alors ce qu'on appelle la féodalité, c'est-à-dire un système qui repose sur l'existence de "fiefs" ou "bienfaits" concédés par des seigneurs à des vassaux en échange de services. Dans l'état d'insécurité permanente où désormais vit le royaume, les hommes cherchent des chefs qui les protègent et les nourrissent, les chefs cherchent des hommes pour sauvegarder ou accroître leur puissance. L'un promet de protéger et d'entretenir. L'autre promet d'obéir et d'aider. Vassal et seigneur, ces deux termes sont en fait issus du vocabulaire familial, vassal désignant le gars, le valet, c'est-à-dire le jeune, seigneur venant de senior, c'est-à-dire le vieux, le père qui accueille ses vassaux dans sa maison comme ses propres enfants."

Ce fut ensuite le temps du fanatisme religieux à travers les effroyables Croisades Chrétiennes (page 269) :

"En appelant les chevaliers à devenir des "soldats du Christ", en proposant un pèlerinage en armes, en promettant l'indulgence totale de leurs péchés à tous ceux qui partiraient en croisade, en demandant aux croisés de risquer leur vie pour celui qui avait accepté de mourir pour racheter leurs fautes, Urbain II offrait une nouvelle perspective de salut en même temps qu'il définissait les conditions d'une guerre "juste".
Traduisant à merveille les tensions et les aspirations du temps, l'appel de Clermont eut un retentissement considérable. Avant même que s'ébranle du Puy, le 15 août 1096, la croisade des princes qui ont cousu la croix sur leur vêtement, des milliers de pèlerins, entraînés par des ermites plus ou moins "inspirés", après avoir, tout au long de leur chemin, massacré les juifs qui refusaient de se convertir, ont été exterminés par les Turcs près de Nicée. Mais, le vendredi 15 juillet 1099, à l'heure même, disait-on, où le Christ était mort sur la croix, Jérusalem était prise et ses habitants massacrés par les chevaliers conduits par Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse, Tancrède de Hauteville et Godefroy de Bouillon qui refusa le titre de roi pour celui d'"avoué" (c'est-à-dire protecteur) du Saint-Sépulcre". Après avoir accompli leur sanglant pèlerinage, les croisés s'en retournèrent, laissant derrière eux, à Antioche, Édesse, Tripoli et Jérusalem des États francs d'Orient bien isolés.
Quand, en 1146, à Vézelay, saint Bernard prêcha une seconde croisade pour soutenir ces chrétiens menacés par la poussée musulmane, on évalue à près de 200 000 personnes le nombre de ceux qui partirent, toujours dans l'espoir d'obtenir la rémission pleine et entière de leurs péchés. Saint Bernard décrivit ainsi l'effet de sa prédication :
"J'ai ouvert la bouche, j'ai parlé et aussitôt les croisés se sont multipliés à l'infini. Les villages et les bourgs sont déserts. Vous trouverez difficilement un homme entre sept femmes. On ne voit partout que des veuves dont les maris sont encore vivants."
Un témoignage emphatique de la formidable vitalité qui animait alors les hommes de France."

Le Roi suivant fut Philippe Auguste. Il entreprit une nouvelle Croisade en 1190.
En 1226, Saint Louis, âgé seulement de douze ans succéda à son père Louis VIII, qui avait lui-même reprit le flambeau de Philippe Auguste.
Les Croisades continuèrent au XIIIème siècle, avec l'Inquisition instituée par le Pape Grégoire IX en 1233. Poursuivant dans l'horreur, Saint Louis fut le premier Roi de France à faire brûler des "hérétiques" vivants.
En revanche, Saint Louis se considérait comme un guerrier et non comme un agresseur, recherchant toujours la "juste paix".
Cette époque fut également celle de l'érection de toutes les Cathédrales de France. Ces gigantesques chantiers, comme : Chartres, Reims, Beauvais, Rouen, Bourges, Laon, Noyon, Soissons, Amiens, et bien sûr Notre Dame de Paris..., pouvaient durer près d'un siècle !
En 1295 Philippe le Bel devint Roi de France.

Alors que la population Française devenait de plus en plus importante avec ses 20 millions de sujets, l'agriculture n'arrivait plus à produire suffisamment. Déjà à cette époque, compte tenu des outils rudimentaires, donc pas suffisamment productifs, la problématique de la démographie se révélait de plus en plus prégnante. Entre 1315 et 1317, la disette se transforma en famine. De surcroît, les Pestes pulmonaire et bubonique envahirent la France. Elles finirent par disparaître en 1352, laissant dans leurs sinistres sillages une France dévastée et remplie de cadavres (page 347) :

"Les historiens retiennent aujourd'hui l'estimation que Froissart faisait à chaud : "Bien la tierce patrie du monde mourut." En deux ou trois ans, la mort envoya en effet au cimetière un homme sur trois, une proportion six fois supérieure à celles des victimes des guerres mondiales du XXe siècle !".

Le duo infernal que forme la Famine et la Peste, fit à nouveau des ravages en décimant à plusieurs reprises la population Française, entre 1360 et 1420 (page 348) :

"En un siècle, de 1347 à 1450, la France, dans ses frontières de 1328, serait passée de 16 à 8 millions d'habitants, avec des régions particulièrement dévastées, comme la Normandie orientale, une bonne partie du Bassin parisien, dont la Champagne, de larges secteurs de l'Aunis et de la Saintonge."

La population chercha alors des responsables à ces fléaux naturels. Malheureusement, il n'a pas fallu attendre le XXème siècle pour que les Juifs servent de boucs émissaires à tout ce que l'Homme ne peut pas comprendre et/ou endurer (page 349) :

"À Toulon, dans la nuit du 13 au 14 avril 1348, 40 Juifs sont massacrés et leurs maisons pillées. Tour à tour, la Provence, le Languedoc, la Savoie et le Dauphiné sont touchés par le mouvement. Au pont de Beauvoisin, plusieurs Juifs sont précipités dans un puits qu'on les accuse d'avoir empoisonné. À Strasbourg, sur 1 884 Juifs qui habitaient alors la ville, près de 900 sont brûlés vifs le 14 février 1349, malgré l'opposition des autorités."

Quant à la Guerre de Cent ans entre la France et l'Angleterre, elle commença, en réalité, en 1154 lorsque Henri Plantagenêt, comte d'Anjou et duc de Normandie, devint Roi d'Angleterre.
Le troisième et dernier fils de Philippe le Bel, Charles IV mourut le 1er février 1328. Ce dernier succédait à son frère Louis X. Après que Hugues Capet fut élu Roi en 987, il y eut douze générations successives de Rois. Mais à la mort de Charles IV se posa le problème de la succession directe, car il n'y avait plus de mâles (fils et frères) dans la famille pouvant lui succéder. Après la réunion d'une assemblée composée de barons, d'évêques, et de représentants des villes, il fut décidé que Philippe VI de Valois serait élu régent puis Roi.
À la Toussaint de 1337, l'évêque du Roi d'Angleterre Lincoln apporta une lettre de défi à Philippe de Valois, ce qui réactiva la Guerre de Cent ans entre la France et l'Angleterre, qui dura jusqu'en 1453.

Le 26 septembre 1350, Jean le Bon fut sacré Roi à Reims et décéda le 8 avril 1364. À cette époque encore, les frontières de la France ne cessaient de fluctuer au gré des victoires lors de conquêtes et reconquêtes de territoires ; ou lors des défaites suite aux invasions successives. Par exemple, la Provence, au XIVème siècle faisait partie du Saint Empire Romain Germanique.
Le dimanche 19 mai 1364, Charles V succéda à Jean le Bon.
S'ensuivit Charles VI, Roi de France surnommé le "bien aimé" qui décéda le 21 octobre 1422.

Jeanne d'Arc est née en 1412 à Domrémy en Lorraine. Croyant entendre des voix de l'archange Michel, elle se persuada que Dieu la désigna pour sauver le Royaume de France, et venir ainsi au secours de son Roi Charles VII. Elle fit alors vœux de virginité et se fit appeler "la Pucelle". Jacques Marseille nous raconte l'incroyable histoire de cette femme-guerrière (pages 396, 397 et 398, 399 et 401) :

"En février 1429, alors que les Anglais assiègent Orléans pour forcer le passage de la Loire et établir une liaison avec la Guyenne et Bordeaux, elle demande à Robert de Baudricourt, capitaine de la forteresse de Vaucouleurs, qui l'avait éconduite quelques mois plus tôt, un équipement et une escorte pour aller trouver le dauphin à Chinon. "N'avez-vous pas entendu dire qu'il a été prophétisé que la France serait perdue par une femme et restaurée par une vierge des marches de Lorraine ?" dit-elle au capitaine qui, vaincu par l'obstination de la Pucelle et gagné par la foi des habitants qui se cotisent pour offrir à Jeanne un équipement et un cheval, lui fournit un sauf-conduit et une escorte de six hommes.
Le 6 mars 1429, elle est reçue à Chinon par le roi qu'elle reconnaît parmi les courtisans et lui délivre son message : "Gentil (ce qui veut dire bien né) dauphin, j'ai nom Jeanne la Pucelle, et vous mande le roi des cieux par moi que vous serez sacré et couronné dans la ville de Reims et vous serez lieutenant du roi des cieux qui est roi de France." Puis cette jeune fille en armes, habillée en homme et aux cheveux coupés court, affirme à ce jeune homme de vingt-six ans, troublé par sa possible bâtardise : "Je te dis, de la part de Messire, que tu es vrai héritier de France, et fils de Roi, et Il m'a envoyé à toi, pour te conduire à Reims, pour que tu reçoives ton couronnement et ta consécration si tu le veux". Les témoins notent l'expression "radieuse" du roi après l'entretien personnel qu'il a quelques instants avec Jeanne.
Interrogée pendant trois semaines par les théologiens de Paris repliés à Poitiers et examinée par les matrones qui s'assurent de sa virginité, la Pucelle impressionne les sceptiques, qui ne trouvent en elle que "bien, humilité, virginité, dévotion, honnêteté, simplicité". "Espérant en Dieu, car douter de la Pucelle eût été répugné au Saint-Esprit et se rendre indigne de l'aide de Dieu". Charles décide alors de tenter l'expérience et institue Jeanne "chef de guerre", lui faisant faire une armure à ses mesures. Elle-même fait faire une bannière selon ses instructions, représentant le Christ en croix, et un étendard qui portait l'image de Dieu bénissant les fleurs de lys, avec la devise "Jésus Maria". Le 22 mars, elle somme par lettre le roi d'Angleterre et le soi-disant régent du royaume de France de "faire raison au roi du Ciel" et de rendre les "clefs de toutes les villes qu'ils avaient prises et violées en France", ce qui n'impressionna guère les Anglais.
Le 29 avril, avec une poignée de chevaliers, elle réussit à entrer dans Orléans, accueillie par Jean, fils bâtard de Louis d'Orléans, qui défendait la ville assiégée depuis sept mois. Impatiente de combattre, elle galvanise les habitants qui lui font fête "comme s'ils avaient vu Dieu descendre parmi eux". Le 8 mai, à la suite d'une série de combats victorieux au cours desquels Jeanne est blessée par une flèche, les Anglais lèvent le siège. C'est le "signe" que tous attendaient.
Au lendemain de la délivrance d'Orléans, le combat semble en effet avoir changé d'âme. Ce qui semblait perdu paraît désormais possible. Menée par le duc d'Alençon et par Jeanne, l'armée royale reprend Jargeau, Meung et Beaugency. Le 18 juin, les Anglais sont mis en déroute près de Patay. Du côté français, il y avait eu trois morts ; du côté anglais, les chroniqueurs bourguignons évaluent les pertes à 2 000 hommes. En quelques semaines, Bedford a perdu ses meilleurs capitaines, Talbot, Salisbury, Suffolk, Falstolf, tués ou prisonniers.
(...) Pourtant, quelques mois après l'apothéose de Reims, l'astre de Jeanne pâlit. Le 8 septembre, elle échoue devant Paris. À la cour de Charles VII, on pense que la reprise d'une action militaire énergique passe par la réconciliation avec le duc de Bourgogne, avec qui une trêve a été signée le 28 août. Dans cette optique, l'ardeur guerrière de Jeanne gêne un roi qui entend désormais mener lui-même sa propre politique. Pendant l'hiver 1429-1430, on lui confie des opérations secondaires dont on sait qu'elles lui rapporteront peu de gloire si elles échouent. Le 23 mai 1430, elle est faite prisonnière devant Compiègne assiégée par les Bourguignons et livrée par Jean de Luxembourg aux Anglais pour 10 000 livres tournois.
Tandis que Charles VII se désintéresse du sort de Jeanne, l'Université de Paris est la première à exiger qu'elle soit jugée pour "crime sentant l'hérésie". Pour tous les adversaires de celui qui avait été sacré à Reims, il était indispensable en effet de démontrer que Jeanne était une sorcière possédée par le diable. Annuler l'effet produit par le sacre, prouver que Charles avait été ensorcelé, châtier une "béguine" qui refusait de se soumettre à l'institution ecclésiastique, en appelait directement à Dieu et traduisait de manière spectaculaire la vigueur d'une religion populaire, tels étaient les enjeux du procès d'inquisition qui s'ouvrit le 9 janvier 1431 à Rouen.
(...) Mais en même temps, ce procès politique est aussi celui de l'institution ecclésiastique au lendemain d'un Grand Schisme dont l'Église se remettait à peine. Affirmant que ses révélations venaient directement de Dieu et des saints du Ciel, sans l'intermédiaire des gens d'Église, Jeanne posait, de façon insupportable pour les hommes de la hiérarchie qui la jugeaient, la question du pouvoir de l'institution sur les fidèles. En répondant à ceux qui lui demandaient ce qu'elle ferait si l'"autorité" lui disait que ses révélations étaient choses diaboliques : "De cela, je m'en rapporterai toujours à Dieu dont j'ai toujours fait le commandement, et je sais bien que ce qui est contenu au procès vient par le commandement de Dieu, et ce que j'affirme dans ce procès avoir fait par commandement de Dieu, il m'eût été impossible d'en faire le contraire", elle signait son arrêt de mort, plus sûrement que par tout autre aveu.
L'affaire des vêtements d'homme que Jeanne refuse d'abandonner et qui prend une importance considérable au cours du procès en est un symbole. En ne croyant pas avoir le droit d'abandonner l'habit que les voix lui avaient conseillé de porter, Jeanne refusait de se soumettre à ceux qui prétendaient détenir de Dieu le pouvoir "infaillible" - le mot fut employé à deux reprises au cours du procès - de "connaître et juger des actes des fidèles".
Le 24 mai 1431, dans le cimetière Saint-Ouen où la sentence allait être prononcée, Jeanne, qui voit le bûcher qu'on dresse ostensiblement non loin de là, a un moment de faiblesse et abjure ses fautes, promettant de ne plus porter ni habit d'homme ni cheveux rasés. L'aveu valant absolution, elle allait alors être simplement condamnée à la prison perpétuelle.
Mais en ne trouvant plus en prison les vêtements de femme que les Anglais furieux lui ont enlevés, Jeanne se ressaisit, reprend ses habits d'homme et révoque son abjuration, sachant ce qui l'attendait. Le 30 mai, elle meurt sur le bûcher dressé sur la place du Vieux-Marché, en implorant jusqu'à la fin l'aide des saints et des saintes du paradis.
(...) Il fallut attendre le 15 février 1450 pour qu'il [Charles VII] demande à son conseiller, le théologien Guillaume Bouillé, de faire une enquête sur le procès de Jeanne "et la manière selon laquelle il a été conduit et procédé". La procédure, qui nécessitait l'accord du pape, fut mise en route en 1452 à la demande de la mère de Jeanne, qui vivait à Orléans, et de son frère. Elle aboutit le 7 juillet 1456 à la sentence qui annulait le procès de 1431 et déclarait que Jeanne devait être "déchargée et disculpée". Une "réhabilitation" prononcée du bout des lèvres mais qu'exigeait la raison d'État. Charles VII ne pouvait devoir son trône à une sorcière."

En 1450, les troupes de Charles VII réussirent enfin à bouter les Anglais hors de France. En effet, le 1er juillet, les Anglais capitulèrent à Caen, et Cherbourg tomba le 12 août 1450. Ces Anglais qui avaient brûler Jeanne d'Arc étaient expulsés de Normandie. Cette Victoire Française mit un terme à la Guerre de Cent ans.

P.S. : Ce commentaire étant trop long pour figurer intégralement sur ce site, vous pouvez le retrouver dans son intégralité sur ma Page Facebook : "Communisme Totalitarisme (Unvola)".
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 14, 2013 11:38 AM CET


Nouvelle histoire de France, tome 2
Nouvelle histoire de France, tome 2
par Jacques Marseille
Edition : Poche
Prix : EUR 10,00

1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'Histoire de France : entre Guerres et Paix !!!, 6 octobre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nouvelle histoire de France, tome 2 (Poche)
[Pour consulter le début de ce passionnant récit, se reporter au tome 1 : "Nouvelle histoire de France : De la préhistoire à la fin de l'Ancien Régime"].

Dans ce second volume, Jacques Marseille reprend le cours de son récit de l'Histoire de France, à partir de la Révolution Française (pages 11 et 12) :

"Une Révolution qui nous a légué nos emblèmes, le drapeau tricolore, La Marseillaise, la fête du 14 Juillet, notre géographie administrative et nos idéaux - Liberté, Égalité, Fraternité - mais dont le sens nous échappe toujours.
Dès 1856, Alexis de Tocqueville, un observateur privilégié, avait développé la thèse selon laquelle la Révolution n'était en fait que "la terminaison soudaine et violente d'une œuvre à laquelle dix générations d'hommes avaient travaillé". "Quelque radicale qu'ait été la Révolution, écrivait-il, elle a cependant beaucoup moins innové qu'on ne le suppose généralement [...]. Si elle n'eût pas eu lieu, le vieil édifice social n'en serait pas moins tombé, ici plus tôt, là, plus tard ; seulement il aurait continué à tomber pièce par pièce au lieu de s'effondrer tout à coup. La Révolution a achevé soudainement, par un effort convulsif douloureux, sans transition, sans précaution, sans égards, ce qui se serait achevé peu à peu de soi-même à la longue. Telle fut son œuvre."
Accélérateur du mouvement plus que moment fondateur, aboutissement et non commencement, tel serait le sens de la Révolution française. Pourtant ceux qui ont vécu ces grandes journées ont eu le sentiment d'inventer un monde nouveau, de proclamer des valeurs nouvelles, d'inaugurer une nouvelle histoire de l'humanité s'ouvrant avec l'an I de la République.
Cette République inaugurée en 1792 mettra cependant plus d'un siècle pour être consolidée. De 1792 à 1880, au cours d'une période qui voit se succéder deux empereurs, trois rois, deux révolutions et trois républiques, la France s'efforce de faire l'apprentissage du libéralisme dans tous les domaines au prix de l'une de ses spécificités : l'instabilité institutionnelle. Une histoire qui vérifie le jugement porté par Jean-Jacques Rousseau dans Le Contrat social : "Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours la maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir"."

La situation économique et sociale devenait tellement mauvaise, que Louis XVI n'eut d'autre choix que de convoquer les États Généraux, le 1er mai 1789. Durant la période 1788-1789, 60 000 cahiers de doléances furent ainsi rédigés partout en France, en vue de les présenter lors de ces États-Généraux (pages 20 et 21) :

"Pour la première fois, les Français vont prendre massivement la parole. Bien sûr, des modèles diffusés par le parti "national" ont circulé et ont souvent été recopiés. Bien sûr, ce sont souvent le notaire, l'avocat, le curé ou l'agent de la "société de pensée" qui ont pris la plume. Reste que ces soixante mille cahiers sont un irremplaçable témoignage sur les aspirations des Français de tous ordres, même filtrées par les "penseurs" institutionnels. Qu'il émanent du tiers ou de la noblesse, tous les cahiers veulent limiter le pouvoir absolu. Tous veulent une constitution qui réserve le vote de l'impôt et des lois nouvelles à des états généraux périodiques et accorde à des assemblées provinciales le contrôle de l'administration. Tous veulent que la liberté individuelle et la liberté d'expression soient garanties. Tous montrent aussi un attachement à la personne du roi, "père de ses peuples", dont on attend qu'il réponde favorablement aux réformes souhaitées. Aucun cahier ou presque ne met en question l'Église, son influence morale et ses prérogatives honorifiques. Les ordres sont d'accord aussi sur un grand nombre de réformes techniques, sur les gaspillages de la Cour, les abus du fisc et la répartition arbitraire des impôts directs. Les doléances des paysans portent avant tout sur les banalités, le monopole de chasse, le droit pour le seigneur d'avoir un colombier. Assez souvent, on propose de racheter les droits seigneuriaux. Quant aux terres de la noblesse, il n'en est jamais question : c'est une propriété incontestée et considérée comme inviolable. Bref, les cahiers dessinent un programme de réformes conforme à la "raison", à la sagesse et à la philosophie du siècle, égalité devant la loi, accession de tous les Français aux emplois publics, réforme de la dîme, autorisation de racheter les droits féodaux, redistribution des revenus ecclésiastiques qui assurerait une part plus large aux curés, aux pauvres et aux écoles, réforme de l'administration, un programme qui aurait assuré le bonheur social et rallié autour du roi l'immense majorité du tiers état, du clergé et quelques nobles libéraux."
(...) Non seulement les Français parlent mais, grâce aussi au roi, ils sont pour la première fois appelés à voter. Mêlant lui aussi tradition et nouveauté, le règlement électoral du 24 janvier 1789 a reconnu le droit de suffrage à tout Français âgé d'au moins vingt-cinq ans, inscrit sur les registres de l'impôt. Enfin, le nombre de sièges est proportionnel à la population des bailliages, l'idée d'une juste proportionnalité entre l'importance de la représentation et celle des circonscriptions étant, elle aussi, fille de la "raison". Suprême cadeau, la monarchie offre l'apprentissage de la démocratie à la Révolution."

Finalement, les États Généraux se réunirent dans l'hôtel des Menus-Plaisirs, le 5 mai 1789. Les députés du tiers état se déclarèrent "Assemblée Nationale" le 17 juin. Puis, les députés de l'Assemblée Nationale se réunirent dans la célèbre salle du Jeu de Paume, le 20 juin, et prêtèrent le serment suivant (page 22) :

"L'Assemblée nationale, considérant qu'appelée à fixer la constitution du royaume, opérer la régénération de l'ordre public et maintenir les vrais principes de la monarchie, rien ne peut empêcher qu'elle continue ses délibérations dans quelque lieu qu'elle soit forcée de s'établir et qu'enfin, partout où ses membres sont réunis, là est l'Assemblée nationale. Arrête que tous les membres de cette assemblée prêteront, à l'instant, serment solennel de ne jamais se séparer, et de se rassembler partout où les circonstances l'exigeront, jusqu'à ce que la constitution du royaume soit établie et affermie sur des fondations solides et que, ledit serment étant prêté, tous les membres, et chacun d'eux en particulier, confirmeront par leur signature cette résolution inébranlable."

Le 23 juin 1789 représente la date signant la fin de la Monarchie Absolue et qui devait, comme période de transition, s'orienter vers une Monarchie Constitutionnelle.
Le 24 juin, la majorité du clergé rejoignit l'Assemblée Nationale. Et le 9 juillet, l'Assemblée se déclara Constituante.
En pleine disette, Louis XVI, le 11 juillet, fit l'erreur de congédier à nouveau Necker.
Le 12 juillet, Camille Desmoulins, parmi une foultitude d'orateurs improvisés, juché sur une table, réussit à mobiliser la foule au Palais-Royal. Il en appela à prendre les armes en s'exclamant (pages 23 et 24) :

"Citoyens, vous savez que la nation avait demandé que Necker lui fût conservé, on l'a chassé ! Peut-on vous braver plus insolemment ? Après ce coup, ils vont tout oser et, pour cette nuit, ils méditent, ils disposent peut-être une Saint-Barthélemy des patriotes ! Aux armes ! Aux armes !"

Aussitôt, la foule se mit donc en quête de rechercher des armes...
Le 14 juillet, cette foule galvanisée se dirigea vers la prison et dépôt d'armes de la Bastille. Une centaine de personnes furent tuées lors de cette journée, devenue Mémorable. Dans la soirée, sous la pression populaire, le marquis de Launay, laissa rentrer les manifestants dans la Bastille. À partir de ce 14 juillet, le sang aller couler sans cesse jusqu'à la fin de la Révolution, bien après le 9 Thermidor. En effet, la foule investissant la Bastille, libéra les 7 prisonniers, tua 3 invalides et 3 officiers. La barbarie populaire se déchaîna alors immédiatement puisque le marquis de Launay, de Flesselles et le prévôt des marchands furent aussitôt décapités et leurs têtes brandies aux bouts de piques à travers tout Paris.
Le 15 juillet, Louis XVI se rendit à l'Assemblée ; et les 16 et 17 rappela Necker.
Le 4 août, l'Assemblée Constituante vota l'abolition des privilèges et le 26 août, autre grande date, puisqu'il s'agit du vote de la célébrissime : Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (pages 26 et 27) :

Libérés des servitudes féodales le 4 août, les Français se réveillent le 26 août "libres et égaux en droits". "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ; les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune". Cette affirmation mémorable, qui constitue l'article premier de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, ce "catéchisme national" en dix-sept articles admirables d'écriture, s'adresse en même temps aux hommes de tout temps et de tous pays. Cette proclamation des "droits naturels, inaliénables et sacrés de l'homme" posait les bases d'une nouvelle vision du monde. Liberté, qui est le droit de "faire tout ce qui ne nuit pas à autrui", libertés d'opinion, de croyance, d'expression et de presse, égalité civile et fiscale, la "contribution commune", devant "être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés", présomption d'innocence jusqu'à ce que l'individu soit déclaré coupable, garantie de la propriété privée, souveraineté de la nation et séparation des pouvoirs, tout est dit. Certes, la Déclaration des droits de l'hommes et du citoyen est aussi une œuvre de circonstance. Elle est avant tout une machine de guerre dressée contre l'Ancien Régime dont elle veut signer l'acte de décès. Elle évoque un "Être suprême" pour ne pas parler de Dieu. Elle oublie l'esclavage, la liberté économique, le droit au travail, le suffrage universel et l'égalité des sexes. Elle offre cependant le rare exemple d'une œuvre collective qui, dépassant l'ébauche américaine, invente l'alphabet politique d'un monde nouveau. Avec elle, les droits de l'homme ont trouvé une patrie, la France, une France qui, en moins de trois mois, a su faire une révolution complète."

Pourtant ce beau texte que représente la Déclaration des Droits de l'homme et du citoyen allait en grande partie rester lettre morte, quasiment jusqu'au début du XXème siècle !
Un an jour pour jour après le début de la Révolution Française, Louis XVI prononça le serment de : "maintenir de tout son pouvoir les articles de la Constitution décrétés par l'Assemblée nationale". On pourrait croire qu'à partir de ce moment, la Révolution était terminée et que le Roi des Français était réconcilié avec la Nation. Car en effet, les progrès effectués dans la société Française en un an étaient réellement impressionnants (pages 30 et 31) :

"En une année, espace de temps incroyablement court, des hommes venus de leurs provinces pour réformer l'État et lui donner une constitution ont posé les bases de la France nouvelle, régénérée par la liberté et le talent. Moins spectaculaire que l'événement ou l'émeute, le verbe ou le fusil, cette régénération en profondeur des structures du royaume est pourtant la vraie "révolution".
Comparution de l'accusé devant les juges dans les vingt-quatre heures après son arrestation, assistance obligatoire d'un avocat, juges élus parmi les gradués en droit et exerçant leurs pouvoirs au nom de la nation, institution d'un jury de citoyens tirés au sort, abolition de la torture, proportion des peines aux délits, nouveau Code pénal, tribunal de cassation, chargé de veiller à la bonne application des lois, c'est la "révolution" judiciaire.
Partage de la France en quatre-vingt-trois départements, eux-mêmes subdivisés en districts, cantons et communes, avec consultation des élus pour déterminer leurs limites en fonction de la raison et de l'histoire, élection des administrateurs à tous les niveaux, pouvoirs importants donnés aux municipalités, c'est la "révolution" administrative.
Égalité de tous devant l'impôt, devenu "contribution", rationalisation de la répartition identique pour tout le pays, suppression des impôts indirects, sauf le droit d'enregistrement et de timbre, et mise en place de trois grands impôts directs, la contribution foncière sur le revenu de la terre, la contribution mobilière sur la valeur locative de l'habitation et la patente sur les revenus du commerce et de l'industrie, c'est la "révolution" fiscale.
Liberté sans limites de la presse et de la librairie, droits politiques reconnus aux protestants et aux juifs, c'est la révolution "citoyenne" qui se traduit en particulier par l'explosion du nombre de clubs et de journaux. En 1790, on recense 335 titres à Paris et plus de 400 en province.
Libération des échanges intérieurs, libre jeu des prix et des profits, abolition des corporations, jurandes, maîtrises, manufactures à privilège, interdiction des associations patronales et ouvrières, liberté de culture et de clôture, d'entreprise et du travail, naissance du "brevet" d'invention, c'est affirmer que "l'âme du commerce est l'industrie" et que "l'âme de l'industrie est la liberté". C'est proclamer, comme le fait la loi dite d'Allarde, que chaque citoyen est libre d'exercer telle profession, tel art ou métier qu'il trouvera bon. Les députés votèrent même un décret contraignant un propriétaire "paresseux" à cultiver ou défricher sa terre, sous peine d'expropriation !
Conformément aux promesses de la Déclaration des droits de l'homme, la France est devenue une société de citoyens aux droits égaux où peuvent s'épanouir librement les capacités, le mérite, le travail et les talents."

Pourtant les événements allaient dégénérer...

Le 12 juillet 1790, fut votée la Constitution civile du clergé. Mais une partie seulement du clergé vota cette Constitution, l'autre partie fut nommée : les prêtres réfractaires. Ces derniers furent considérés comme les premiers "ennemis" de la Révolution.
Le 20 juin 1791, Marie-Antoinette (l'épouse de Louis XVI) et Louis XVI tentèrent de fuir Paris. Ils furent reconnus et arrêtés à Varennes et reconduits à Paris le 25 juin. L'espoir d'une Monarchie Constitutionnelle disparut alors. Qui plus est, le 17 juillet 1791, la Garde Nationale commandée par La Fayette tira sur une foule composée de 4 000 à 5 000 pétitionnaires réunis sur le Champs-de-Mars.
Les dissensions au sein de la Nation s'exacerbaient...
La première Constitution Française fut votée le 3 septembre 1791, confiant le pouvoir législatif à une assemblée unique de 745 députés, élue pour deux ans.
Puis, les trahisons se généralisèrent et les tensions entre les "sans-culottes" et la bourgeoisie s'exacerbèrent.
Dans la nuit du 9 au 10 août 1792, les Tuileries furent le lieu d'une "commune insurrectionnelle" de la part des "sans-culottes" où résidait l'ex-famille Royale.
Les gardes Suisses chargés de défendre Louis XVI et sa famille, et qui avaient déposé les armes sur l'ordre du Roi afin d'éviter l'affrontement, furent massacrés dans une immonde barbarie. Louis XVI était alors définitivement déchu.
Après le massacre des Tuileries, Louis XVI fut fait prisonnier et incarcéré à la prison du Temple. Désormais, la Révolution n'allait cesser de glisser vers la Terreur pour finir jusqu'à la Grande Terreur en 1794 !
Les jours qui suivirent le 10 août, les députés votèrent la création d'un Tribunal criminel extraordinaire pour juger les crimes de contre-révolution. Les prêtres réfractaires devinrent passibles de déportations en Guyane, s'ils ne quittaient pas la France sous quinzaine. Les notions de "suspect", de "contre-révolutionnaire" renforçaient un climat de suspicion généralisé.
C'est alors qu'eut lieu, du 2 au 6 septembre 1792, les effroyables "massacres de Septembre" dans les prisons parisiennes. Environ la moitié des 3 000 personnes emprisonnées furent sauvagement massacrées.
Avec l'abolition de la Royauté, il fut déclaré l'an I de la République, le 21 septembre 1792.
Le 22 octobre, l'Armée Française bouta hors de France, les Prussiens. Le 25 octobre, la Convention adopta la fameuse formule restée célèbre : "La République française est une et indivisible".
Déjà, Saint-Just et Robespierre réclamaient la mort immédiate, sans jugement, de Louis XVI. Mais son procès débuta tout de même, le 11 décembre 1792. Finalement, Louis XVI fut condamné à mort et guillotiné le 21 janvier 1793, déclarant à la foule : "Peuple, je meurs innocent ! Je prie Dieu que mon sang ne retombe pas sur la France !".
La situation générale de la France se dégrada alors rapidement, tant sur le plan intérieur, qu'extérieur (pages 47 et 48) :

"Au printemps 1793, l'Angleterre, le pape, le duc de Parme, le duc de Modène, le roi de Naples, la Sardaigne, les États allemands, l'Autriche, l'Espagne, la Prusse, le Portugal, la Russie se coalisent contre la France. Le 18 mars 1793, le général Dumouriez est écrasé à Neerwinden et passe à l'ennemi, discréditant ses amis girondins. Des conquêtes de l'automne, il ne reste sur le Rhin que la ville de Mayence assiégée par les Prussiens. Bientôt les Espagnols menacent les Pyrénées.
Au même moment, la "Vendée" se soulève, autant pour des raisons religieuses que par réaction contre le décret du 24 février 1793 levant 300 000 hommes à tirer au sort parmi les célibataires de chaque commune et que par hostilité "paysanne" aux "messieurs" des villes qui, ici plus qu'ailleurs, ont confisqué à leur profit la vente des biens nationaux. Dès le 9 mars, des jeunes gens refusent l'enrôlement, s'en prennent aux symboles républicains comme les arbres de la liberté, massacrent des "patriotes" à Machecoul et finissent par se constituer en armées commandées par des nobles comme Charette et La Rochejaquelein ou des roturiers comme Cathelineau ou Stofflet. Cholet tombe le 14 mars aux mains des "blancs" et Saumur est menacé. Pour la première fois, le peuple se révolte contre la Révolution du Peuple. La Convention, qui ne veut voir dans cette insurrection "inexplicable" qu'un "coup de poignard dans le dos" mobilisant des paysans "arriérés" pour restaurer le monde ancien, réagit par le décret du 19 mars qui institue la peine capitale dans les vingt-quatre heures pour toute personne prise les armes à la main ou portant la cocarde blanche. Le 6 avril, les montagnards obtiennent la création d'un Comité de salut public coordonnant toutes les mesures touchant la défense intérieure et extérieure du pays. Aux girondins qui crient à la dictature, Marat réplique : "C'est par la violence que doit s'établir la liberté et le moment est venu d'organiser momentanément le despotisme de la liberté pour écraser le despotisme des rois". Danton, l'homme fort du moment ajoute : "Soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être".
Dans le même mouvement, les compétences du Tribunal révolutionnaire sont élargies, l'accusateur public pouvant faire arrêter et juger tous les prévenus de conspiration sur simple dénonciation des autorités constituées. En même temps aussi, l'aggravation de la situation économique excite les revendications populaires."

Le 10 mars fut créé le Tribunal Révolutionnaire.
Le 13 juillet 1793, Charlotte Corday assassinat Marat dans sa baignoire. Au mois de juin 1793, la moitié des départements Français était révoltée. Durant cette Guerre Civile devenue Nationale, la Convention institua le décret sur la Terreur, le 5 septembre 1793. Déjà, le 1er août, La Convention instaura un décret d'extermination (page 49) :

"Les forêts seront abattues, les repaires des rebelles seront détruits, les récoltes seront coupées et les bestiaux seront saisis. Les femmes, les enfants et les malades seront conduits à l'intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté avec tous les égards dus à l'humanité."

Le 17 septembre, suite à la loi sur les "suspects", la Convention ordonna l'arrestation immédiate de ceux qui : "soit par leur conduite, soit par leurs relations, soit par leurs propos ou leurs écrits, se sont montrés partisans de la tyrannie ou du fédéralisme et ennemis de la liberté."

La Terreur était désormais devenue le mode de fonctionnement du Gouvernement, de la Convention et du Comité de Salut Public (fondé le 6 avril 1793). Ce dernier était composé de douze membres : Robespierre, Couthon, Saint-Just, Carnot, Prieur de la Côte-d'Or, Lindet, Collot d'Herbois, Billaud-Varenne, Barère, Jean Bon Saint-André, Prieur de la Marne et de Hérault de Séchelles. Robespierre surnommé également l'"Incorruptible" et le "tyran", quant à lui, est rentré au Comité de Salut Public le 27 juillet 1793. Il devint le Dictateur en chef de ce Gouvernement Terroriste.
Parallèlement, il fut créé le Comité de Sûreté Général chargé de traquer et d'arrêter les "suspects". Le Tribunal Révolutionnaire accélérait les jugements punitifs et sans recours dans les vingt-quatre heures. Le grand accusateur public de cette machine infernale était Fouquier-Tinville. Dès lors, la guillotine (inaugurée le 25 avril 1792), ne suffisait plus à exécuter les innombrables condamnés, ces soi-disant "suspects" (page 51) :

"Au total, d'avril 1793 à mai 1795, 5 343 "suspects" ont été traduits devant lui, 2 747 ont été condamnés à mort et exécutés, dont plus de la moitié en juin et juillet 1794, 239 condamnés à la déportation ou à des peines supérieures à vingt ans, 2 357 ont bénéficié d'un acquittement ou d'un non-lieu. Si l'on recense des victimes illustres, Marie-Antoinette et Mme Roland, Mme du Barry et Olympe de Gouges, Barnave et Bailly, Philippe Égalité et Rabaut Saint-Étienne, la majorité d'entre elles appartient au monde "ordinaire" de l'ancien tiers état.
Dans les provinces et aux armées, les représentants en mission ont pleins pouvoirs pour organiser la victoire et exterminer les ennemis de la République en s'appuyant sur les sociétés populaires locales, filiales du Club des Jacobins. Au total, à l'échelon national, quelque 16 600 personnes auraient été exécutées à la suite d'une condamnation à mort par une cour de justice révolutionnaire, selon l'historien américain Donald Greer, tandis que le nombre des arrestations opérées s'élèverait à environ 500 000 individus."

Pour accélérer le rythme des exécutions, Fouquier-Tinville fit donc mitrailler des condamnés, par centaines, dans la plaine des Brotteaux. L'extermination de masse s'intensifia encore lorsque, Jean-Baptiste Carrier, représentant en mission, fit noyer dans la Loire à Nantes, plus de 5 000 personnes au point de polluer ses eaux !
Le 17 octobre, les Vendéens furent battus à Cholet et la Guerre Civile prit fin, avec l'écrasement Vendéen du 23 décembre 1793 à Savenay.
Pourtant, c'est à partir de janvier 1794 que le Général Turreau mit en branle ses douze colonnes infernales, afin d'anéantir tout et tout le monde, dans le département de la Vendée. Ce dernier fut même rebaptisé "Département Vengé" (pages 51 à 52) :

"Entre 120 000 et 150 000 personnes pour la Vendée, le Maine-et-Loire, la Loire-Atlantique et les Deux-Sèvres auraient péri, victimes des guerres, des maladies épidémiques et de l'emprise de l'idéologie sur des hommes qui, rêvant de "régénérer" le peuple, détruisent systématiquement tous ceux qui se mettent en travers de leur projet et arrosent de "leur sang impur" "le sol de la liberté"."

Le 8 juin 1794, fut célébré par une fête le culte de "l'Être suprême" (pages 53 et 54) :

"Le 7 mai 1794, proposant à la Convention le décret selon lequel le peuple français "reconnaît l'existence de l'Être suprême et de l'immortalité de l'âme", il affirme : "Le fondement de la société, c'est la morale, et une morale est vaine si elle n'est accompagnée de sanctions. Quelle meilleure sanction que la sanction divine ? Sans ce juge secret et omniscient triompheraient l'égoïsme et les intérêts les plus vils. L'athéisme est immoral et aristocratique ; l'idée de l'Être suprême et de l'immortalité de l'âme est un rappel continuel à la justice ; elle est donc sociale et républicaine."
Mise en scène par David au Champs-de-Mars, où délégués des sections, députés de la Convention, vieillards, mères de famille, jeunes filles portant des branches de chêne et des corbeilles de fleurs prennent place sur une montagne artificielle symbolisant la nature, la fête qui célèbre le "grand ordonnateur" cherche aussi à sa manière à terminer la Révolution, à poser la première pierre d'une société régénérée par la Raison et la Vertu."

Le 10 juin, la Convention inaugura la "Grande Terreur".
Le panier de crabe Terroriste commença alors à s'autopurger. Cette purge débuta avec l'exécution de Danton et de ses amis "indulgents" qui furent guillotinés le 5 avril 1794. Chaque membre de la Convention risquant d'être le suivant sur cette liste, la Convention décida de mettre alors un terme à la Terreur de masse. Le 9 Thermidor (27 juillet 1794), la Convention vota donc un décret d'accusation contre : Robespierre, Saint-Just et Couthon. Les terroristes étaient "terrorisés" à leur tour... Dès le lendemain, l'Incorruptible et vingt et un de ses acolytes terroristes furent exécutés sans jugement.
Robespierre lui-même assumait son statut de Terroriste puisqu'il vota et justifia la Terreur (page 41) :

"Dans un rapport présenté à la Convention le 5 février 1794, Robespierre définit la terreur en ces termes : "La terreur n'est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu ; elle est moins un principe particulier qu'une conséquence du principe général de démocratie appliqué aux plus pressants besoins de la patrie." Telle est la justification de la terreur par celui qui, "incorruptible" et "tyran", incarne l'une des périodes les plus sombres et les plus passionnément discutées de notre histoire."

Et lorsque je parlais de dictature, lors de mon commentaire à propos du tome 1 de cet ouvrage de Jacques Marseille, je faisais bien évidemment allusion à ce tyran de Robespierre, mais aussi à Saint-Just, Marat, Fouquier-Tinville, Danton, etc. !
Mais le 9 Thermidor ne suffit pas à stopper net ce gigantesque élan de Terrorisme généralisé à toute la Nation Française. Le pays, à cet époque, était encore très instable et les divers camps s'affrontaient toujours extrêmement violemment, comme par exemple... (page 60) :

"Le 13 Vendémiaire an IV (5 octobre 1795), on compte 25 000 insurgés dans Paris, des "bons bourgeois" menés par la jeunesse dorée qui veulent jouer aux sans-culottes. Mais Bonaparte, choisi par Barras pour rétablir l'ordre, fait donner du canon et les disperse le lendemain matin du côté de l'église Saint-Roch. L'armée venait, pour la première fois, de sauver le régime.
Dans la nuit du 17 au 18 Fructidor an V (3 au 4 septembre 1797), elle intervient une nouvelle fois pour arrêter les royalistes qui ont gagné les élections d'avril, fait élire le général Pichegru, qui leur est favorable, président des Anciens, et désigner Barthélemy, l'un des leurs, pour remplacer le directeur sortant. Des élections cassées dans quarante-neuf départements, un tiers du corps législatif chassé, 53 députés et 2 directeurs déportés en Guyane, de nouvelles mesures répressives contre les émigrés et les prêtres réfractaires, tel est le résultat de ce coup d'État qui signe l'acte de décès des institutions de l'an III et érige l'armée en arbitre obligé d'un pouvoir qui a perdu toute crédibilité."

Mis en avant par Barras, Bonaparte remporta plusieurs victoires militaires en 1796 et 1797. Il devint très populaire et le 9 octobre 1799, il revint en France. À cette époque, le pays se déchirait toujours, menacé sur ses frontières extérieures, et dans le pays, les guérillas perduraient entre bandes Royalistes, "sans-culottes" et néo-Jacobins. Il devenait urgent de terminer la Révolution en trouvant un exécutif capable de reprendre en main l'ordre public. Cet homme providentiel fut donc Bonaparte. Les 18 et 19 Brumaire (9 et 10 novembre 1799) ce fut donc le coup d'État et Bonaparte devint 1er consul (page 56) :

"Citoyens, la Révolution est fixée aux principes qui l'ont commencée, elle est finie." Beaucoup de Français approuvent ce credo écrit par le consul Bonaparte en décembre 1799. Celui qui, un mois auparavant, a mis son sabre au service des "meilleurs", promet aux Français ce qu'ils attendent, l'ordre, la paix et la grandeur. Organisé par Sieyès, l'homme de 1789, l'"inventeur" du tiers état, le coup d'État de Brumaire donne aux "honnêtes gens" ce qu'ils avaient toujours souhaité, un roi "et" la Révolution, et écarte les deux périls qu'ils redoutaient, l'Ancien Régime et la Terreur. Ce fut le génie d'un petit noble corse de rejouer pour le peuple le rôle d'Henri IV, ce rôle que Louis XVI avait si mal interprété."

Le 2 décembre 1804, Napoléon Bonaparte fut sacré Empereur des Français. Voici de quelle manière Jacques Marseille décrit la personnalité très controversée de Napoléon (pages 74 et 75) :

"Devenu vaniteux, rêvant d'avoir tous ses sujets en fiches, multipliant les mouchards et les espions, traquant partout la pensée libre, ne voulant que des serviteurs à sa dévotion, pensant que "les honnêtes gens ne sont bons à rien", persuadé que l'avarice, l'envie et la lâcheté sont les moteurs des hommes, goujat avec les femmes, il est devenu trop cynique pour inscrire sa marque dans l'histoire nationale. "Il n'y a qu'un secret pour mener le monde, prétend-il, c'est d'être fort, parce qu'il n'y a dans la force ni erreur, ni illusion ; c'est le vrai mis à nu." Tout ce qu'il a fait de durable a été accompli à l'époque de Bonaparte, entre 1800 et 1804. Rien ou presque de ce qu'il a fait après cette date ne survivra à sa chute."

Depuis qu'il était devenu l'Empereur des Français, il ne cessait de faire la guerre. À cette époque, on se rapprochait à nouveau plus d'un Pouvoir Monarchique, voire Dictatorial que..., Démocratique... (page 77) :

"Un Premier consul ne ressemble pas à ces rois par la grâce de Dieu qui regardent leurs États comme un héritage. Il a besoin d'actions d'éclat et par conséquent de la guerre." Cet aveu de Bonaparte, qui ajoutait : "je n'ai jamais su où aller", éclaire sans doute une politique extérieure dont l'aspect "fuite en avant" serait sans cela inexplicable. "Ce qui caractérise l'histoire de Napoléon 1er entre 1804 et 1814, écrivait François Furet, n'est pas ce qu'il a fait à l'intérieur [...].
Ce qui commence alors, ou plutôt ce qui a commencé en 1803, quand la guerre a repris avec les Anglais, c'est son aventure avec l'Europe. C'est la guerre perpétuelle, victorieuse, impossible à arrêter, jusqu'à la défaite. L'aventure du grand conquérant a définitivement pris le pas sur le fondateur de l'État français moderne ; l'organisateur autoritaire d'une nation de propriétaires a cédé le pas à l'Empereur qui veut redessiner l'histoire du monde civilisé. Les deux personnages ont toujours coexisté en Bonaparte, mais le Napoléon carolingien du sacre révèle un souverain devenu largement indépendant de la Révolution française. Le contrat de Brumaire a été rempli ; le destin de l'Empereur se joue hors de France, comme une aventure sans fin."
Bonaparte ne pouvait en effet être l'homme de la paix. "Mourir n'est rien, disait-il encore ; mais vivre vaincu et sans gloire, c'est mourir tous les jours." Symbole par excellence de la promotion sociale par la carrière des armes, le Petit Caporal incarne les ambitions et les rêves de tous ces jeunes gens devenus les héroïques officiers d'une République menacée par les tyrans."

P.S. : Ce commentaire étant trop long pour figurer intégralement sur ce site, vous pouvez le retrouver dans son intégralité sur ma Page Facebook : "Communisme Totalitarisme (Unvola)".


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