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Contenu rédigé par Unvola
Classement des meilleurs critiques: 1.568
Votes utiles : 100
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Commentaires écrits par Unvola
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5.0 étoiles sur 5
Pratique & solide, 6 juin 2013
Tasse qui répond parfaitement à ses fonctions. Elle est pratique, solide et surtout ne fuit pas même après avoir chuté à plusieurs reprises. Rien à redire sur ce produit de qualité et avec un look parfait pour une petite fille.
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5.0 étoiles sur 5
Un très grand cru, 6 juin 2013
Comme à son habitude Nora Roberts nous embarque dès les premières lignes. Une dose de suspense, une dose d'amour. C'est là le cocktail pour un très bon livre. Lorsque l'on commence on a du mal à s'arrêter. Je préfère ne rien dire de l'histoire, la 4ème de couverture en dis déjà trop à mon goût. Bonne lecture !!!
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Ei8ht
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| Proposé par SIDE 2 |
| Prix : EUR 11,99 |
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5.0 étoiles sur 5
De la créativité, qui plus est, bien soignée !!!, 31 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ei8ht (CD)
Nik Kershaw, l’éternel romantique, nous revient en 2012 avec ce magnifique album. Souvenez-vous..., Nik Kershaw est celui-là même qui nous a fait danser durant toute la décennie 80 sur les superbes tubes : "Wouldn't it be good", "I won't let the sun go down on me", "The Riddle, etc.. Cette très agréable musique Pop fonctionne toujours aussi bien, avec ses mélodies entraînantes et sa belle voix si particulière. Bref, encore un bel album de ce chanteur qui traverse les décennies, en nous distillant, trop rarement, mais toujours impeccablement sa musique suave et rythmée à la fois.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Le Génocide Cambodgien par les Khmers Rouges : l'enfer sur Terre !!!, 26 mai 2013
Il s'agit dans cet ouvrage de l'unique témoignage d'une survivante Occidentale (en l'occurrence une Française), du Génocide Cambodgien perpétré par les Communistes Khmers Rouges de Pol Pot et de sa clique de Terroristes. De plus, l'auteure est la seule Occidentale survivante à avoir côtoyé les dirigeants Khmers Rouges ; et est donc particulièrement à même de pouvoir analyser ce régime Totalitaire. Ce Génocide engendra la mort d'environ 1 700 000 Cambodgiens sur une population totale de 7 000 000 d'habitants ; soit l'extermination de 25 % du Peuple Cambodgien, en seulement quatre années entre le 17 avril 1975 et le 6 janvier 1979 ! Les Hauts Responsables du Parti Totalitaire Communiste du "Kampuchéa Démocratique (K.D.)" se sont inspirés (comme tous les Dictateurs Communistes de la planète) de la Révolution Française et plus particulièrement de la période de la Terreur Jacobine entre 1792 et 1794, sous Robespierre. De même certains dirigeants Khmers Rouges, comme : Pol Pot, Ieng Sary, Ieng Thirith, Hou Yuon, Khieu Samphan, Mey Mann, Thiounn Mumm et Son Sen ont été formés dans la décennie 1950 par le Parti Communiste Français (P.C.F.). Avant la prise du Pouvoir par un coup d'État, le 17 avril 1975, à Phnom Penh par les Khmers Rouges, Laurence Picq s'était mariée avec un Cambodgien : Sikœun. Ils eurent deux filles : Narén et Sokha. Sikœun travaillait alors avec Ieng Sary, l'un des futurs principaux dirigeants Khmers Rouges. Les Khmers Rouges étaient bien déterminés, dès leur prise du Pouvoir, à pousser le plus loin possible la délirante et Terroriste Idéologie Totalitaire Communiste de : Marx, Lénine, Trotski, Staline, Mao Zedong, etc.. En effet, tout fut supprimé : l'État, l'argent, la propriété privée, les villes..., et tout ce qui pouvait structurer une Nation et un Peuple. Puis ils décidèrent de rééduquer toute la population et/ou d'exterminer leur propre Peuple. Voici comment ce Génocide commença... (page 28) : "La prise de Phnom Penh ce 17 avril 1975 était la victoire de toutes les forces d'union nationale : les forces armées, le Front et la population de toutes les classes. C'était autant la victoire des ruraux que des citadins, celle des paysans, des intellectuels et des bourgeois capitalistes, la victoire du clergé, celle de Sihanouk, de ses fidèles et de l'aristocratie. C'était la victoire des rouges, des bleus, des safrans et des blancs. Compte tenu du nombre, elle était davantage la victoire des non-communistes que celle des communistes. Mais dans les minutes qui suivirent la chute de Phnom Penh, les Khmers rouges entrèrent en scène et usurpèrent la victoire. Ils perpétrèrent ni plus ni moins un coup d'État qui n'a jamais dit son nom. Ils fermèrent les aéroports, les ports, les voies fluviales et ferroviaires ainsi que les frontières. Ils coupèrent tous les moyens de communication : téléphone, poste, télévision, radio, presse. Ils mirent en place un état d'urgence. Immédiatement, ils donnèrent l'ordre d'évacuer Phnom Penh et les autres villes. L'opération ne devait durer que quelques jours, disaient-ils. Ils voulaient, disaient-ils encore, protéger la population des bombardements américains : cela était plausible. Mais ce qui était présenté comme une évacuation était, en réalité, une déportation massive. Les citadins n'ont jamais eu le droit ni la possibilité de revenir à Phnom Penh. La poignée de Khmers rouges qui prenaient le pouvoir ce 17 avril était composée d'illustres inconnus pour la population. Ils proclamèrent la création d'"une société sans riche ni pauvre, sans exploiteur ni exploité". Ils annoncèrent l'abolition de toute propriété privée et du système monétaire. Ils lancèrent de grands travaux d'aménagement hydraulique en mémoire des temps glorieux d'Angkor. Le Cambodge, disaient les Khmers rouges, serait un paradis sur terre." Auparavant, Ieng Sary et Sikœun avaient donc travaillé ensemble en Chine depuis 1971. Le 10 octobre 1975, Laurence Picq et ses filles quittèrent Pékin pour regagner Phnom Penh, afin de rejoindre Sikœun qui, lui, été revenu quelques temps plus tôt. Lorsqu'elle atterrit à Phnom Penh, il n'y avait plus personne. Elle eut l'impression d'arriver sur une planète déserte. Seul un ami de son mari, Sirin, était là pour les accueillir, mais d'une manière extrêmement froide et distante. Laurence Picq fut alors envahie par une bouffée d'angoisse et un très mauvais pressentiment. Dès l'aéroport, c'était l'apocalypse, tout était détruit. Le ton de Sirin était martial et directif, énonçant de manière intransigeante et menaçante, une longue liste d'interdits. Son discours était d'une teneur Idéologique invraisemblable. Il paraissait désormais évident qu'ils étaient devenus les prisonniers de l'Angkar (l'"Organisation" représentant le Pouvoir Totalitaire Khmer Rouge), comme l'était devenu tout le Peuple Cambodgien depuis le 17 avril 1975. Le régime Totalitaire Khmer Rouge imposa même à tous les citoyens, devenus de fait des prisonniers, de changer de nom. Par exemple Laurence Picq devait désormais s'appeler : Phâl. Et tous les Cambodgiens étaient dorénavant nommés "combattants et combattantes révolutionnaires". Même si les conditions de survie de la famille de Laurence Picq étaient extrêmement dures, le fait de travailler pour le Politburo (bureau politique) du Parti Communiste du Kampuchéa des Khmers Rouges, cela rendait leur existence un peu moins insupportable que celle de l'ensemble du Peuple Cambodgien. En effet, Sikœun travaillait pour le Parti et Laurence Picq faisait partie de l'équipe des membres traducteurs des Khmers Rouges. Alors qu'avant 1975, Laurence Picq fréquentait les nouveaux Terroristes du régime Communiste Khmer Rouge, comme Ieng Sary ; désormais, ce dernier la méprisait. Elle comprit alors que la seule façon de pouvoir survivre était de feindre d'adhérer à l'Idéologie et de faire, comme les autres, son auto-critique (pages 66 et 67) : "La seule issue était l'autocritique : - J'ai dit ces mots sur Angkar (Ieng Sary) respectée sans penser à ce que je disais. L'éducation française que j'ai reçue est très mauvaise. Du plus profond de mon cœur, je pense qu'Angkar est héroïque et lumineuse, clairvoyante et prodigieuse, bonne et généreuse. Etc. L'affaire semblait close, mais nous nous gardions bien de crier victoire : les Khmers rouges ont la rancune tenace. Nous avions appris quelque chose de très important : il fallait plus que jamais tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler." Dans l'Idéologie Khmère Rouge, le Peuple était scindé en deux : le "Peuple Ancien" et le "Peuple Nouveau" (pages 71, 72, 133 et 134) : "Table rase, les Khmers rouges la firent au sein de la société et de ses multiples rangs et couches. En lieu et place de l'ancien monde, fut proclamée une société scindée en deux : une société nouvelle et une société ancienne. La société nouvelle était celle qu'ils créaient, et la société ancienne celle d'avant. Jusque-là, les choses tenaient debout. Dans la foulée, le peuple était également scindé en deux : un peuple nouveau et un peuple ancien. À ce niveau, les choses se compliquaient car le peuple nouveau n'allait pas dans la société nouvelle : le peuple nouveau désignait les personnes qui n'avaient pas fait la guerre ni la révolution. Le peuple ancien était celui des zones dites "libérées", celui qui était sous le régime d'Angkar. Donc, les personnes qui venaient de la société ancienne étaient le peuple nouveau et les personnes formées à la révolution étaient le peuple ancien et constituaient la société nouvelle. (...) Pour les Khmers rouges, il y avait l'"ancienne société", celle des villes, d'avant le 17 avril, et la "nouvelle", celle qu'ils créaient avec un régime collectiviste. Le peuple était divisé en deux catégories : les "anciens", et les "nouveaux". Le régime, pour ces derniers, était plus dur, car ils devaient endurer l'équivalent de difficultés et de sacrifices que les "anciens" avaient endurés pendant la guerre. Pour les Khmers rouges, le peuple devenait une grande famille. Le Parti s'appropriait tous les enfants. Ieng Sary et sa femme étaient considérés comme les parents de tous. Et cela dura longtemps puisqu'une douzaine d'années après la chute du régime, ils "officièrent comme père et mère", pour reprendre l'expression de l'intéressé, d'un homme âgé de plus de cinquante ans qui se remariait (note n°3 : voir le manuscrit non encore publié de Suong Sikœun (Itinéraire d'un intellectuel khmer rouge, Paris, Cerf, 2013, à paraître)." (...) La société khmère rouge était hautement collectivisée, centralisée et militarisée. Le mode de restauration illustrait cette disposition. Tous les ustensiles de cuisine étaient réquisitionnés et les repas servis de manière collective. Au nom du centralisme démocratique, le produit du travail était pris par Angkar pour être redistribué ensuite. La collectivisation comprenait non seulement le réfectoire et le travail, mais aussi l'habitat et tous les temps de la vie. La collectivisation induisait l'uniformisation. Tout le monde était, de manière identique, nourri, habillé, logé, éduqué et conditionné, soigné ou non soigné, non rétribué." La notion de propriété privée avait été totalement interdite. Qui plus est, non seulement le système monétaire fut détruit, mais le troc fut également interdit. Tout était collectivisé et codifié jusqu'au délire, jusqu'au moindre détail et jusque dans l'intimité même de l'individu, du couple et de la sexualité (pages 73 à 75) : "La langue khmère rouge rendait compte de la deuxième grande décision, à savoir l'abolition de la propriété privée. Les adjectifs possessifs étaient supprimés radicalement. Plus question de dire "mes affaires" car personne n'avait plus rien à soi. Chacun avait pour soi seulement un vêtement et un change, une petite couverture et une moustiquaire, ce qui n'était pas un luxe. Le tout ne dépassant pas le volume d'un sac appelé "ballot" (sorte de petit sac à dos). On travaillait avec la houe d'Angkar. On mangeait dans les assiettes d'Angkar (qui avait confisqué tout le matériel de cuisine et interdisait toute cuisine individuelle), la soupe d'Angkar et rien d'autre, au réfectoire d'Angkar et pas ailleurs, au moment où elle le décidait et pas à un autre moment. On buvait l'eau qu'Angkar faisait bouillir et mettait à disposition, si elle le pouvait. Tout comme les biens matériels, l'individualité était abolie et dans la foulée, le "je" supprimé et la formule "nous-je" généralisée. En proclamant un nouveau monde, les Khmers rouges modifiaient les relations interindividuelles, et la langue khmère rouge radiait les formules de politesse fondamentales telles que bonjour, au revoir, merci, pardon et s'il vous plaît. (...) Un homme et une femme, quel que soit leur âge, ne devaient pas se regarder, même pour se parler, et devaient se tenir à une distance plus qu'honnête. Pas question de se toucher. Même entre mari et femme... entre "famille", comme il était dit. Sinon tombait le verdict d'atteinte aux mœurs." De même que la Dictature Khmer Rouge était basée sur le principe du binôme : ami/ennemi, "Révolutionnaire/contre-Révolutionnaire", la vie du Peuple Cambodgien était régie par une liste infinie, aberrante d'interdictions et d'obligations conduisant à la dépersonnalisation de l'individu et finalement à sa déshumanisation ! La domination du Peuple Cambodgien par le Parti Communiste Khmer Rouge était donc totale (pages 98 et 99) : "- Interdiction de pensée personnelle et obligation de s'en tenir à la pensée unique. - Interdiction de s'exprimer et obligation de manifester les idées d'Angkar. - Interdiction de s'abstenir de parler quand Angkar demande qu'on prenne la parole et obligation de s'exprimer avec des mots prouvant une totale adhésion à la pensée unique. - Interdiction de l'information, avec suppression de toute presse, écrite ou parlée, et obligation de s'imprégner de l'information d'Angkar et de ne penser que par elle. - Interdiction de circulation et obligation de rester enfermé dans son unité : les voies de communication étant vides et arpentées par l'armée, tout contrevenant était facile à voir et à prendre ; pas de train, pas de voiture, ni d'autre moyen de circulation et de communication. - Interdiction de communication : pas de courrier, ni de téléphone. - Interdiction d'avoir une vie personnelle, une vie familiale, une vie de couple et intime, et obligation d'intégrer la vie collectiviste. - Interdiction d'avoir des besoins personnels et d'y subvenir et obligation de s'en remettre totalement à Angkar qui connaît mieux que l'intéressé ses besoins. - Interdiction des sentiments personnels et obligation d'obéissance inconditionnelle à Angkar. - Interdiction de réunion et d'association et obligation de suivi des réunions avec examens publics de conscience. - Interdiction du passé personnel ou projet de vie personnelle et obligation de devenir prolétaire d'Angkar. - Interdiction d'avoir une conscience personnelle et obligation de conscience vide. La liste serait longue. Le Kampuchéa démocratique était plus qu'une prison, plus qu'un camp de concentration, plus qu'un camp de travail ou un bagne. C'était plus qu'un immense hôpital psychiatrique où la personne enfermée doit être transformée psychologiquement. C'était tout cela et plus que cela. C'était toutes ces institutions à la fois à la taille d'un pays." Sikœun était totalement idéologisé par le régime Khmer Rouge. Tout était codifié, comme le plus grand Centre d'interrogatoire, de torture, et d'extermination à Phnom Penh, dans l'ancienne école de Tuol Sléng rebaptisée : S-21. B1 était le Ministère des Affaires Étrangères, etc.. Laurence Picq traduisait des textes pour B1. Puis ce fut le déchirement lorsque Laurence Picq fut séparée de ses filles. En effet, sous le régime Totalitaire Communiste des Khmers Rouges les enfants n'appartenaient plus à leurs parents mais à..., l'Angkar. L'auteure nous rappelle également que les Khmers Rouges ont siégé à l'O.N.U. (l'Organisation des Nations Unies), et ceci dès le coup d'État en 1975 et encore durant les dix années qui suivirent la fin du régime Khmer Rouge, jusqu'en 1991. Il est incroyable de constater qu'une Organisation mondiale comme l'O.N.U., dont l'impérieuse mission est de protéger les Peuples du monde entier contre la tyrannie, intègre en son sein des régimes et États Dictatoriaux (confer à ce sujet l'excellent ouvrage de Jean-Baptiste Jeangène Vilmer : La guerre au nom de l'humanité - Tuer ou laisser mourir). Ceci relève d'un autre débat, mais on peut tout de même se poser la question de la légitimité de l'O.N.U. ? De plus, pendant le Génocide Cambodgien, de nombreux pays dont la France, maintinrent des relations diplomatiques avec le régime Khmer Rouge. Sous prétexte d'Idéologie soi-disant égalitariste, les Khmers Rouges vidèrent donc les villes de leurs habitants. Toute la population fut déportée en masse vers les campagnes (pages 131 et 132) : "Les Khmers rouges ont proclamé une société sans riche ni pauvre, sans exploiteur ni exploité, une société égalitaire entre la ville et la campagne. La population citadine ayant été déportée, les villes étaient vides. Phnom Penh, la capitale, abritait les dirigeants dans les lieux secrets, quelques ambassades. Seuls une poignée d'administrations, quelques usines, l'hôpital, l'aéroport - avec un vol Phnom Penh-Pékin une fois tous les quinze jours au début puis une fois par semaine, auquel s'ajouta dans les derniers temps l'ouverture d'une ligne Bangkok-Siem Reap -, et l'ancien Institut technologique à la fin du régime étaient en activité. La grande salle philharmonique ouvrait une fois de loin en loin pour les délégations étrangères. Le palais restait partiellement occupé par le prince. La cathédrale avait été rasée et la banque réduite à un amas de décombres. Boulevards, rues et places, habitations individuelles et immeubles, marchés et petits commerces, lieux de culte, écoles et lycées, gare, stade, tout était désert et s'imposait comme un spectacle de fin du monde. Les quelques centaines de personnes au début, quelques milliers à la fin, qui vivaient à Phnom Penh étaient enfermées dans leurs unités - ministère, usine ou autre. C'est à Tuol Sléng, plus connu sous le nom de S21, qu'il y eut le plus de monde : plus de douze mille personnes y sont passées pour subir des tortures effroyables et mourir." Toujours par "pureté" Idéologique, les médecins et les professionnels de la santé de l'"ancien régime" furent pourchassés et tous..., exterminés. Les Khmers Rouges les remplacèrent par des enfants-médecins âgés de seulement dix à quatorze ans, ne sachant ni lire ni écrire. Ce délirant et effroyable dogmatisme Idéologique contribua également à détériorer encore davantage, la déjà catastrophique situation sanitaire dans le pays, et engendra de nombreux morts... En ce qui concerne l'impossible opposition du Peuple Cambodgien envers la tyrannie des Khmers Rouges, Laurence Picq résume fort bien les différentes explications générales, et liées à la société Cambodgienne, qui ont empêché ce Peuple Cambodgien de se révolter (pages 140, 141, 303 et 304) : "Dans la société des Khmers rouges nivelée, rasée, unifiée, il est évident que les mouvements qui animent une société normale étaient inexistants. Certains s'étonnent qu'il n'y ait pas eu de résistance ni d'opposition. Comment cela aurait-il pu être ? Dans les zones rurales, au début des années khmères rouges, la vie était dans un trop grand chaos pour qu'une opposition puisse se structurer. De leur côté, les unités khmères rouges étaient trop noyautées pour qu'un soupçon d'opposition puisse émerger. Les quelques mouvements qui se produisirent furent réprimés dans l'horreur. Ce n'est qu'au bout de quatre ans que, dans quelques régions, des mouvements de résistance, d'insurrection et de révolte se manifestèrent. Le temps manquait terriblement. La roue de la mort tournait à vive allure. Et comment croire en une résistance quand la guerre anti-américaine et la lutte révolutionnaire, porteuses de tant d'espoirs, avaient apporté autant de ruines ? (...) Dans la tragédie du Cambodge des Khmers rouges, après l'ignorance et la bêtise, les lois qui régissent les groupes dans la relation leader-sujet ont joué un rôle important avec le phénomène connu aujourd'hui sous le nom de "soumission à l'autorité" (note n°1 : La "soumission à l'autorité", mise en évidence par Stanley Milgram aux États-Unis, pendant les années 1970, montre que, quand une personne est devant une figure représentant une autorité, qu'elle soit scientifique ou politique, religieuse ou médiatique, elle se soumet et va à l'encontre de ce que lui dicte sa conscience. De plus, quand elle est placée sous une autorité, la personne est capable des pires horreurs. La personne en position d'autorité fait la personne soumise, et, inversement, le soumis accroît l'autorité de la personne en position d'autorité). Les Khmers rouges confirmèrent ce processus. Le 17 avril 1975, cela faisait des années que des bombardements intenses s'abattaient sur le pays. Cela faisait encore plus d'années que des dirigeants porteurs de développement et de progrès étaient attendus. Aussi, quand ces derniers, gagnants, ont présenté la déportation comme une évacuation et une mesure de sécurité contre des bombardements craints de tous, la soumission était aisée. Cette première soumission était la condition nécessaire et suffisante pour en obtenir d'autres. C'est une stratégie bien connue. La toute-puissance dont se prévalait l'Angkar augmentait son autorité. Le sujet, quant à lui, ne pouvait pas ne pas revêtir cette autorité de davantage de pouvoir qu'elle n'en avait réellement. La soumission a pris les proportions démesurées que l'on sait du fait de l'épuisement physique et psychologique organisé par les Khmers rouges et de la terreur qu'ils faisaient régner." Laurence Picq, elle-même, envisagea toutes les possibilités pour sortir de cet infernal cauchemar, pour ne pas mourir avec ses filles ou ne pas devenir folle (page 146) : "Comment ne pas tomber dans la démence ? Comment sortir de ce guêpier ? Prendre la fuite. Par quel moyen ? À pied ? À bicyclette ? Avec une voiture volée ? J'échafaudais des plans. Je m'imaginais demander asile à une ambassade. Comment trouver une ambassade ? Comment faire pour partir ? La fuite semblait impossible. Me soumettre ? C'était me perdre. J'étais suspendue au-dessus d'un gouffre et si je n'y tombais pas, ce n'était pas faute de ne pas y être poussée." Son propre mari, Sikœun critiquait sa soi-disant "éducation impérialiste" et son "culte de l'individualité". Comme dans tous les systèmes et régimes Totalitaires, l'endoctrinement Idéologique représentait une composante essentielle du régime Khmer Rouge. Cet endoctrinement était permanent, il devait s'appliquer à toute la population et concernait absolument tous les aspects de l'existence (page 179, 180 et 181) : "Face au raisonnement de base des Khmers rouges - "une chose est blanche ou noire, pas entre les deux, et ce qui n'est pas blanc pur est noir" - et à la répétition des slogans sur des corps affaiblis, l'activité intellectuelle était sérieusement réduite. La mémoire était malmenée par des révisions continuelles et un incessant lavage de cerveau. Quand on ne sombrait pas dans l'amnésie, les souvenirs devenaient une source d'angoisses et l'occasion de toutes les reconstructions ou dysmnésies, de tous les clivages. Aussi, chez les Khmers rouges, pour sauver sa peau, au dire des intellectuels survivants, il fallait ne pas penser ni réfléchir. Survivre sans mourir intellectuellement tenait de l'exercice d'équilibriste. (...) Dans la situation de stress extrême et de terreur créée par les Khmers rouges, l'être humain a apporté la preuve, une fois de plus, qu'il est doté de capacités d'adaptation et d'accommodation qui dépassent ce que l'on pourrait croire. À force de rationalisations, de soumissions, de sublimations, de dons de soi, de recherche du meilleur de soi, à force de puiser de l'énergie au-delà de soi, mais aussi à coups d'illusions, de rêves, d'espoirs insensés. L'adaptation a-t-elle un sens ? Peut-être que non, probablement que oui. Mais quel sens a-t-elle au-delà de la survie ? Stress extrême prolongé : l'impossible adaptation En général, dans les situations de stress prolongé les chances de survie augmentent avec le temps. Le temps qu'il faut pour que les mécanismes d'adaptation soient efficients. Là, les Khmers rouges y firent obstacles. Après le choc traumatique de la déportation puis le choc de l'enfermement, ils infligèrent de nouveaux stress extrêmes en lançant des vagues d'épuration, en déplaçant encore les populations, en déclarant la guerre au pays voisin et en imposant un régime de terreur. Certes, la nature a prévu des mécanismes pour la survie, mais ceux-ci ont des limites. Les Khmers rouges les ont dépassées. Le stress extrême vécu sous les Khmers rouges impliquait une lutte et une résistance continuelles pour ne pas mourir : ne pas mourir de faim, ne pas mourir d'épuisement, ne pas mourir de maladie, ne pas mourir pour avoir pensé ou dit quelque chose d'interdit, ne pas mourir parce que la vie n'avait pas de sens." Dans cette société devenue, sous le régime Khmer Rouge, totalement arriérée, les : intellectuels, comptables, physiciens, informaticiens, ingénieurs, chimistes, professeurs de lettres, n'avaient plus leur place dans cette société ; et étaient donc traqués, humiliés, persécutés et déshumanisés ; pour au final être..., exterminés ! Voici en résumé, de quelles manières s'y prenaient les Khmers Rouges pour endoctriner les victimes (pages 248 et 249) : "Les moyens utilisés par les Khmers rouges pour appliquer cette politique idéologique étaient de plusieurs ordres : - les séances de critiques et d'autocritiques, les confessions publiques, les "réunions quotidiennes pour un bilan des actions révolutionnaires", les séminaires, les meetings, pour modeler les esprits ; - l'arme de la faim, pour humilier et soumettre ; - le travail forcé, pénible et harassant, pour épuiser les forces ; - la privation de toutes les libertés fondamentales, pour anéantir davantage ; - un système collectiviste sans aucune vie personnelle ni individuelle, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, pour maintenir la pression ; - l'utilisation d'une langue aux effets spécifiques, pour pénétrer dans la psyché ; - et, pour couronner le tout, une menace de mort perpétuelle, des éliminations individuelles, des vagues d'épuration sans merci, de plus en plus massives, folles et délirantes." Pour Laurence Picq, c'est lors de ce Génocide du Peuple Cambodgien que les Khmers Rouges ont poussé, le plus loin, le délire et la barbarie de l'Idéologie Totalitaire Communiste (pages 256 et 263) : "Les Khmers rouges avaient un goût particulièrement prononcé pour l'ascèse, le sacrifice, le culte de la souffrance, leur attribuant de grandes vertus purificatrices et génératrices de toute-puissance. Dans leur quête d'absolu et de pureté, ils infligeaient des souffrances avec une violence et une jouissance inouïes. Épurations, déportations et purges des populations, enfermement, arme de la faim, contrôle des pensées personnelles, intrusion dans les consciences, chasse à l'ennemi intérieur : ils ont mis en place des mesures uniques dans l'histoire. Ils ont été le plus abominable de tous les régimes communistes et totalitaires confondus. (...) L'histoire, ici et là, de loin en loin, a connu des dirigeants totalitaires. Il existe entre eux des points communs : la violence, la surveillance, les contraintes, une idée de pureté et d'absolu, des projets grandioses, la dévaluation de la vie, la volonté de créer un homme nouveau. Les Khmers rouges ont ajouté un autre aspect sans précédent dans l'histoire : le contrôle de la vie matérielle de tous les habitants, l'abolition de toutes les valeurs humaines fondamentales et, plus que cela, le contrôle du cerveau intime de la personne, à savoir la conscience." George Orwell est décédé en 1950, bien avant le Génocide Cambodgien, pourtant, en détaillant les mécanismes de la Terreur Totalitaire Communiste Stalinienne, dans son fabuleux ouvrage : 1984, par anticipation, il analysait également la future Terreur Communiste, cette fois-ci, Khmère Rouge qui, tragiquement, allait se reproduire à nouveau... Depuis le début de ce commentaire nous avons pu constater que les Khmers rouges ont utilisé de nombreuses et ignobles techniques pour dépersonnaliser et déshumaniser les êtres humains, les privant ainsi de leur identité, avant de les exterminer (page 263) : "Leur volonté de terreur s'est manifestée très tôt, dès la prise du pouvoir, quand ils mirent toute la population à genoux, du plus humble au plus élevé, en la personne du prince Sihanouk. C'était le 17 avril 1975, quand, en réponse à la population de Phnom Penh et des grandes villes qui les accueillait avec des pétales de fleurs pour leur signifier la bienvenue, ils firent croire à des bombardements imminents et la déportèrent avec une brutalité extrême dans les zones rurales pour qu'elle y travaille. Dans la foulée de cette première vague de violence, ils tuèrent sans appel, au mépris de toutes les lois, les prisonniers de guerre, les anciens fonctionnaires, les notables et leurs familles, décimèrent la minorité Cham, chassèrent et tuèrent en nombre les ressortissants vietnamiens et chinois qui vivaient dans le pays depuis des générations et expulsèrent les résidents de nationalité étrangère. Tout cela, les Khmers rouges le perpétrèrent à huit clos, en maîtres absolus. Les premiers mois du régime khmer rouge furent marqués par la mort de près de deux mille personnes par jour. Le pire était à venir et mérite pleinement le nom de "terreur". Ceci explique peut-être cela : pour nombre de Khmers rouges, Robespierre était une figure de référence. (Toutes choses comparables par ailleurs, Robespierre, finalement, ne sema pas une aussi grande terreur que les Khmers rouges. Au XXe siècle, les hommes ont fait de grands progrès dans le massacre de masse.). Après avoir décimé, anéanti la population déportée - ceux qu'ils appelaient "le peuple nouveau" -, ils s'en prirent aux anciens, c'est-à-dire à leurs propres rangs. À partir de fin 1976 et surtout début 1977, ils lancèrent des vagues d'épuration qui se succédèrent, frappant toutes les régions, tous les niveaux. Elles s'étendirent telles des toiles d'araignée emportant la personne désignée, toute sa famille - jusqu'aux bébés - et ses proches. Quand une personne était arrêtée, elle devait faire des confessions et donner des noms de complices par dizaines - ce qui était facile à obtenir, compte tenu des tortures exercées." Comme l'explique fort justement Laurence Picq : la principale raison de la réalisation de ce Génocide, en plus de l'Idéologie Totalitaire Communiste, réside bel et bien dans les personnalités des Khmers rouges à tendances paranoïaques, schizophrènes, psychorigides, mégalomanes, pervers, avec un goût immodéré et inextinguible pour la mort (page 308) : "Les Khmers rouges présentent des signes schizophréniques irréfutables, et leur personnalité a joué un rôle important dans la perpétration de la tragédie, certes, mais ils ne sont pas si malades que cela, au sens psychiatrique du terme. Ils ne sont pas les premiers "fous" ni même malheureusement les derniers, à gouverner et à être suivis, créant des catastrophes et des souffrances indicibles. Leurs idées et leurs programmes étaient, comme ceux de tous les candidats au gouvernement d'un pays, un ensemble de promesses et d'idéalisations, des impossibles et des possibles. De par leurs comportements, ils ont des semblables partout dans le monde. Il est important de voir que les Khmers rouges sont devenus ce qu'ils ont été et ont perpétré un génocide du fait de l'écho qu'ils trouvaient dans "les autres... nous", à l'intérieur du pays comme à l'extérieur. Ce qui s'est produit avec les Khmers rouges met en évidence une nouvelle fois la nature de l'être humain, faite du meilleur et du pire, avec un pire qui peut être travesti en meilleur. C'est encore la confirmation de deux lois psychosociales fondamentales : il existe en chacun de nous les traits latents de bourreau-victime-sauveur ; et chacun est capable d'imiter et de suivre un leader. En se déclarant les sauveurs de la nation, en se positionnant en leader de leur pays, les Khmers rouges ont créé des émules et ont fait se révéler chez les autres soit les traits du bourreau - bourreau des autres et/ou bourreau de soi -, soit les traits de la victime. Nous, les autres, en obéissant aux lois qui régissent les groupes et en laissant jouer divers facteurs (géopolitique, histoire, culture, éducation, information, etc.), par manque de lucidité, de discernement et de conscience, nous pouvons générer et être embarqués dans des tragédies." Puis Laurence Picq tomba enceinte de son mari. Dans la foulée, il se produisit l'invasion du Cambodge par les armées Vietnamiennes, à partir du 6 janvier 1979. Ils s'enfuirent et commencèrent un périple exténuant, interminable et semé d'embûches. Laurence Picq accoucha durant cet exil. Tragiquement, Béng son petit garçon ne devait pas survivre à ces conditions extrêmes d'exil. Ensuite, ce fut le retour en Chine à Pékin, avant, qu'enfin, Laurence Picq et ses filles puissent regagner Paris, le 24 décembre 1980... P.S. : Ce commentaire étant trop long pour figurer intégralement sur ce site : il manque la conclusion ; vous pouvez donc le retrouver dans son intégralité sur ma page Facebook : "Communisme Totalitarisme (Unvola)".
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Goulag
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| DVD ~ Iossif Pasternak |
| Prix : EUR 18,79 |
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
La genèse du Mal à l'origine du Goulag : L'Archipel des îles Solovki !!!, 18 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Goulag (DVD)
Ce D.V.D. de Hélène Châtelain et de Iossif Pasternak comprend en fait deux films : le premier et principal nommé "Goulag" ; et le second "Le génie du mal". Le second film concerne l'important sujet de la délation à l'époque de U.R.S.S. ; et porte plus particulièrement sur le cas du compositeur Alexandre Lokchine, soupçonné d'être un agent délateur du Parti Communiste Soviétique. Le premier film, "Goulag", constitue donc un documentaire exceptionnel et d'un intérêt fondamental pour notre Mémoire Universelle. En effet, durant trois heures, les réalisateurs nous font parcourir, à travers leurs images et les images d'Archives, le développement du Goulag à partir de l'Archipel des îles Solovki, jusqu'aux contrées magnifiques mais inhospitalières de la Kolyma ; ainsi que les rares vestiges qui ont formé le Goulag entre 1920 et "officiellement" (nous y reviendrons plus loin) son démantèlement par le décret du 25 janvier 1960. De plus, ce film ayant été réalisé à la tournure des deux siècles (certainement entre 1998 et 2002), les deux auteurs de ce documentaire nous présentent également de nombreux témoignages de survivants du Goulag et de descendants de Zeks (prisonniers). D'ailleurs, ces témoignages et donc ce reportage sont d'autant plus importants que, la plupart de ces survivants déjà âgés à l'époque du tournage, doivent certainement avoir presque tous disparus, aujourd'hui... Un historien Russe interviewé dans ce documentaire, nous explique que la Russie tente depuis des siècles et des siècles, de concrétiser des Utopies par des fractures sociétales brutales qui se terminent immanquablement en tragédies. En effet, ces Utopies se basant essentiellement sur le principe dogmatique et binaire ami/ennemi, veulent imposer des Idéologies par la force... La dernière de ces Utopies fut donc, bien évidemment, la réalisation du Bolchevisme (ou Communisme) réel, à partir du coup d'État Bolchevique de Lénine et de sa clique de Criminels de masse (dont Trotski, Staline et Dzerjinski), le 25 Octobre 1917 à Pétrograd. Le Totalitarisme Communiste engendra l'une des deux plus grandes tragédies criminogènes du 20ème siècle, avec le Totalitarisme Nazi. En 1920, le pouvoir Bolchevique (Communiste) de Lénine investit l'immense Archipel des Solovki, puis décida d'y implanter le plus important camp de concentration et de travail du régime Totalitaire Communiste, afin d'y isoler et enfermer les imaginaires "ennemis du peuple". Les Communistes expulsèrent donc la plupart des moines ou les exécutèrent. Mais des camps avaient déjà été ouverts dès 1918, comme les multiples monastères transformés en camps de concentration, puis ce furent les horribles camps de concentration de Kholmogory et Pertominsk. Or, leurs capacités d'"accueil" ne permettaient plus de contenir les innombrables prisonniers arrêtés par le régime Bolchevique. Pourtant, durant la Guerre Civile, ce Pouvoir Communiste remplaça les ennemis extérieurs Allemands de la Première Guerre Mondiale, par les "ennemis du peuple" intérieurs Russes. Bref, cette immense vague de détenus fut déversée dans l'Archipel des Solovki. L'effectif des prisonniers augmenta rapidement : ils étaient 3 000 en 1924, puis 10 000 en 1927, etc.. Tous types de détenus y étaient représentés : les Droits Communs (voyous, délinquants et criminels), et toutes personnes de la société civile, accusées arbitrairement d'"activités contre-révolutionnaires" ou susceptibles de l'être, tels que : officiers blancs, religieux, ouvriers, paysans révoltés, professeurs, intellectuels, marins de Kronstadt, directeurs de fabriques, prostituées, financiers, étrangers, etc.. Puis, le parcours du film se poursuit par le descriptif du gigantesque camp de concentration et de travaux forcés mobile du Belomorkanal (Belomorsko-Baltiïskiï Kanal aussi appelé BBK) : le canal reliant la mer Blanche à la mer Baltique, creusé de novembre 1931 à avril 1933 par plus de 150 000 prisonniers du Goulag. Ce canal fut réalisé sans machines, à la main, simplement à l'aide d'outils rudimentaires (pelles, marteaux, brouettes, etc.) ; le tout, en un temps record, pour un canal long de 221 kilomètres, encore plus long que la canal de Suez et de Panama. Mais tragique ironie de l'histoire, tout en sacrifiant la vie de milliers d'esclaves, voulant aller trop vite dans sa construction, par zèle, pour impressionner Staline et surtout par peur du Tyran, les responsables du canal ne le firent pas creuser assez profondément, et son usage devait, finalement, rester extrêmement limité. Les auteurs du documentaire alternent alors entre les images du canal et des écluses prises aujourd'hui, et les rares photos des esclaves en train de creuser dans le canal. Bien évidemment, ces images sont complétées par les inévitables films de propagande de l'époque, vantant les méritent du travail (forcé) pour construire l'"avenir radieux" du Communisme..., sur les cadavres du Peuple Russe ! En effet, plusieurs dizaines de milliers de prisonniers moururent de faim, d'épuisement, de froid ou furent sommairement fusillés pendant la réalisation du Belomorkanal. Ce documentaire permet donc de se rendre compte de l'épouvantable dureté du travail que représenta la construction de ce chantier pharaonique du Belomorkanal. Il existait donc un nombre incalculable de camps de concentration, de rééducation et de travaux forcés à l'intérieur du Goulag, et ceci, à travers toute l'U.R.S.S.. Les camps de travaux forcés étaient spécialisés dans l'extraction de différents minerais, comme : le pétrole, le charbon, l'or, la coupe et le flottage du bois, etc.. Dans le camp de construction de la ligne de chemin de fer de la Vorkouta, les prisonniers étaient parqués sous des grandes tentes, par des températures qui peuvent atteindre les -50°, voire -60°, en hiver. Dans ces conditions extrêmes, en posant les traverses sur la voie ferrée, les hommes tombaient..., morts de froid. Ces camps les plus durs relevaient réellement de l'extermination de masse ! Puis le reportage se termine sur les non moins effroyables camps de la Kolyma, dont l'auteur et détenu le plus célèbre reste Varlam Chalamov, avec ses Récits de la Kolyma. On assiste également à l'étude de la "Dékoulakisation" consistant en la déportation de 1 800 000 paysans (les dernières études de Nicolas Werth dans son ouvrage : L'Etat soviétique contre les paysans : Rapports secrets de la police politique (Tcheka, GPU, NKVD) 1918-1939, évoquent le chiffre de 2 800 000 personnes) au début des années 1930. Puis c'est au tour de la description du Génocide Ukrainien par l'arme de la Faim : la gigantesque Famine de 1932-1933 faisant 6 000 000 millions de morts. Tous ces pauvres gens oubliés dans l'indifférence la plus totale, par ce terrible 20ème siècle, sont mis à l'honneur dans ce prodigieux documentaire qui convoque et commémore leurs Mémoires. Dans ce reportage, on découvre également, entre autres, le témoignage très intéressant de la fille du principal Chef des Solovki : Fiodor Eichmans (extraordinaire homonymie avec le Eichmann Nazi). Comme beaucoup de Bolcheviques de la première Garde Léniniste, il fut, lui aussi, fusillé lors de la Grande Terreur Stalinienne de 1937-1938. Un bourreau de masse qui subit à son tour, la même fin violente que ses nombreuses victimes... Les prisonniers passaient 10, 20, voire 30 ans au Goulag. Au total ce sont donc environ 15 000 000 (voire probablement jusqu'à 20 000 000, selon les études les plus récentes) d'êtres humains qui sont passés par le Goulag, soit environ 1 adulte sur 7 ! Et plusieurs millions y sont morts : de faim, d'épuisement, de froid, ou sommairement exécutés, notamment massivement durant le période de la Grande Terreur Stalinienne de 1937-1938. Les camps du Goulag furent donc "officiellement" démantelés par décret le 25 janvier 1960. Mais en réalité, le Goulag fut remplacé sous Khrouchtchev, par de soi-disant "hôpitaux psychiatriques" destinés, en fait, à y enfermer les dissidents politiques comme Vladimir Boukovski (confer son ouvrage : Jugement à Moscou - un dissident dans les archives du Kremlin), et des colonies d'internement et de travail correctif. D'ailleurs, durant le tournage du documentaire, les auteurs furent autorisés à filmer des prisonniers dans ces colonies, dont les conditions de détention pour le moins spartiates. Aujourd'hui, les détenus ne meurent probablement plus : de faim, d'épuisement, de froid et ne sont plus exécutés sommairement..., du moins, il faut l'espérer ! Il demeure cependant une autre question importante en suspens : de nos jours, sont-ce des prisonniers de Droit Commun et/ou des dissidents politiques... ? Confer également d'autres ouvrages aussi passionnants sur le même thème de : - Sozerko Malsagov et Nikolaï Kisselev-Gromov : Aux origines du Goulag, Récits des îles Solovki : L'île de l'enfer suivi de Les camps de la mort en URSS ; - Raymond Duguet : Un bagne en Russie : Solovki ; - Nicolas Werth : "Le Goulag" (CD audio) ; - Anne Applebaum : Goulag: Une histoire ; - Francine-Dominique Liechtenhan : Le laboratoire du Goulag : 1918-1939 ; - Joël Kotek et Pierre Rigoulot : Le siècle des camps: emprisonnement, détention, extermination, cent ans de mal absolu ; - Varlam Chalamov : "Récits de la Kolyma" ; - Alexandre Soljénitsyne : "L'Archipel du Goulag" ; - Nicolas Werth : La route de la Kolyma ; - Jacques Rossi : "Le manuel du Goulag" ; - Dimitri Vitkovski : Une vie au Goulag ; - Evguénia S. Guinzbourg : "Le vertige Tome 1 et Le ciel de la Kolyma Tome 2" ; - Margarete Buber-Neumann : "Déportée en Sibérie Tome 1 et Déportée à Ravensbrück Tome 2" ; - Iouri Tchirkov : "C'était ainsi... Un adolescent au Goulag" ; - Boris Chiriaev : "La veilleuse des Solovki" ; - Ante Ciliga : "Dix ans au pays du mensonge déconcertant" ; - Gustaw Herling : "Un monde à part" ; - Barbara Skarga : "Une absurde cruauté" ; - Anastassia Lyssyvets : "Raconte la vie heureuse... : Souvenirs d'une survivante de la Grande Famine en Ukraine" ; - Etc..
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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Effroyable, au-delà de l'horreur ! Un ouvrage ESSENTIEL de photos et de témoignages pour notre Mémoire Universelle !!!, 12 mai 2013
(page 175) : "Si, pendant cette opération, on fusille mille personnes de plus que prévu, il n'y aura rien de grave". (Nikolaï Iejov s'adressant aux chefs de région du NKVD pendant la conférence opérationnelle à la veille du déclenchement de la Grande Terreur. Moscou, le 16 juillet 1937). Tomasz Kizny avait déjà publié un ouvrage de photographies sur les camps de concentration du Goulag Soviétique, en 2003, nommé simplement : "Goulag". Ce présent ouvrage a été réalisé, quant à lui, entre 2008 et 2012, grâce, entre autres, au soutien des membres de l'Association Internationale Memorial à Moscou, fondée en 1988, lors de la Perestroïka Gorbatchévienne, par le dissident et Prix Nobel de la Paix : Andreï Sakharov . Le sujet de cet ouvrage porte donc sur l'effroyable période comprise entre le 5 août 1937 et le 17 novembre 1938 ; période nommée par les historiens : la Grande Terreur de 1937-1938, ou plus communément appelée par le Peuple Russe : la Iejovschina, du nom du responsable et Criminel de masse de la Police Politique Soviétique (N.K.V.D.), Iéjov. C'est sur les ordres du "petit père des Peuples" : Joseph Staline lui-même, que Iéjov déclencha la Grande Terreur. Tomasz Kizny a donc eu accès à ces portraits anthropométriques, grâce à l'Association Memorial de Moscou, cette dernière les ayant exhumés des Archives de Moscou, après l'effondrement de l'U.R.S.S. en 1991. En préambule, il est également important de préciser que, contrairement aux bourreaux Nazis, aucun des bourreaux du système Totalitaire Communiste : Soviétique, Maoïste, Khmer Rouge, et autres..., n'a jamais été condamné ni même inquiété pour ces Crimes de masse. Seul, à ce jour, et très récemment en 2012, Douch, le Chef tortionnaire du Centre d'interrogatoire, de torture et d'extermination, S-21, à Phnom Penh, lors du Génocide Cambodgien, a été condamné à la réclusion à perpétuité, pour : Crimes contre l'Humanité. Cette Grande Terreur déclenchée sur la base du premier ordre d'extermination n°00447, rédigé le 30 juillet 1937 engendra, en seulement 16 mois : la déportation dans les camps de concentration du Goulag Soviétique, de 800 000 victimes, pour dix ans de travaux forcés, ainsi que l'exécution sommaire et arbitraire de : 750 000 "ennemis du peuple" ! Ces exécutions représentent 50 000 exécutions par mois, 1 600 par jour, ou encore 1 par minute 24 heures/24 durant les 16 mois de la Grande Terreur, d'août 1937 à novembre 1938 ; soit 1 Russe adulte sur 100 qui fut exécuté d'une balle dans la nuque, pendant cette tragique période. Ici, avec les photos, point de longs discours : la terreur, l'effroi, la peur, l'incrédulité, l'incompréhension, la stupeur..., se lisent sur les visages, juste avant les exécutions sommaires d'une balle dans la nuque, ou comme disaient les Zeks (prisonniers) Russes du régime Communiste, de : 9 grammes dans la nuque ! Mais en plus de ces photos qui vous émeuvent, tout en vous glaçant le sang, Tomasz Kizny a récolté une foultitude de témoignages d'enfants, de descendants ou de familles de victimes, relatant la manière dont les exécutions de leurs parents se sont sauvagement réalisées. Pour beaucoup d'enfants (âgés aujourd'hui), ils n'ont eu accès à ces informations cruciales pour la Mémoire de leur famille et du Peuple Russe, qu'après la fin de l'U.R.S.S. en 1991 et l'ouverture partielle des Archives à Moscou. Tomasz Kizny nous présente donc les photos des condamnés à mort qui furent exécutés, et même des photos des listes de personnes à exécuter par le N.K.V.D., provenant de quotas à atteindre par le N.K.V.D. à travers toute l'U.R.S.S.. L'auteur nous présente également les photos des nécropoles des dizaines de charniers découverts, principalement, depuis le début des années 1990. Mais ces nombreux charniers ne représentent, en réalité, qu'une infime partie des 750 000 personnes exécutées dans l'anonymat et le secret le plus complet, et ensevelies dans des fosses communes, éparpillées sur tout le territoire de l'immense Russie. Probablement que certains autres charniers seront encore découverts au fil du temps, des recherches, ou par hasard, lors de l'ouverture de chantiers (constructions d'immeubles, d'autoroutes et autres infrastructures en tous genres...). Mais de très nombreux charniers ne seront certainement jamais retrouvés ; et d'innombrables familles resteront, tragiquement, éternellement, dans l'expectative quant à savoir ce que sont devenus leurs parents : quand, comment et où ils ont été tués ? ! 1 / D'abord, donc, en ce qui concerne les photos des personnes exécutées : elles représentent tous types de citoyens Russes : hommes, femmes, jeunes gens, personnes âgées, souvent des gens pauvres, bref des citoyens "ordinaires" qui, grâce à ce superbe ouvrage sont identifiés et "réhabilités" à titre posthume ; tout en mettant en valeur l'ampleur de l'horreur des souffrances psychologiques et physiques qu'ils ont subies, avant d'être exécutés d'une balle dans la nuque ! Alors, laissez-moi leurs rendre hommage à travers ces quelques portraits de victimes, soi-disant, de "dangereux ennemis du peuple" : - page 80 : "Guermoguen Makarevitch Orlov Russe, né en 1918 à Toula. Étudiant en histoire à l'Université de Moscou, sans-parti. Domicilié à Moscou, pereoulok Maly Kharitonevski 7, app. 3. Arrêté le 5 septembre 1937 Condamné à mort le 25 janvier 1938 Exécuté le même jour [à l'âge de 20 ans] Réhabilité en 1957". - page 78 : "Marfa Ilinitchna Riazantseva Russe, née en 1866 dans le village de Kosafort, près de Makhatchkala, Daghestan, sachant à peine lire et écrire, sans-parti, retraitée. Domiciliée à Moscou, rue 1er Mechtchanskaïa 62, app. 26. Arrêtée le 27 août 1937 Condamnée à mort le 8 octobre 1937 Exécutée le 11 octobre 1937 [à l'âge de 71 ans] Réhabilitée en 1989". - page 92 : "Raïssa Samouilovna Botchlen Juive, née en 1917 dans la ville de Harbin, en Chine. Études secondaires, sans-parti, dactylographe dans l'administration de la Route maritime du Nord. Domiciliée à Moscou, rue Piatnitskaïa 65, app. 7. Arrêtée le 23 septembre 1937 Condamnée à mort le 29 octobre 1937 Exécutée le 3 novembre 1937 [à l'âge de 20 ans] Réhabilitée en 1989". - page 126 : "Ivan Alekseïevitch Belokachkine Russe, né en 1921 dans le village de Novoïe Selo, district Ramenski, région de Moscou. Études élémentaires, sans-parti, sans occupation définie et sans domicile fixe. Arrêté en 1937 à une date inconnue Condamné à mort le 8 mars 1938 Photographie faite le 13 mars 1938 Exécuté le 14 mars 1938 [à l'âge de 17 ans] Réhabilité en 1955". - La photo de couverture de cet ouvrage est celle, de (page 58)... : "Alekseï Grigorievitch Jeltikov Russe, né en 1890 dans le village de Demkino, dans la région de Riazan. Études élémentaires. Quitte le VKP (Vsesoïouznaïa kommounistitcheskaïa Partia (bolchevikov), Parti communiste panrusse (des bolcheviks)) en 1921 en signe de désaccord avec la Nouvelle politique économique (NEP) du parti. Serrurier dans les ateliers du métro moscovite. Domicilié à Moscou, rue Sadovaïa-Tchernogriazskaïa 3, app. 41. Arrêté le 8 juillet 1937 Condamné à mort le 31 octobre 1937 Exécuté le jour suivant [à l'âge de 47 ans] Réhabilité en 1957". Etc., etc., etc.. Avant d'être exécutées, et comme cela était devenu l'infâme règle sous l'ère Soviétique (et plus tard sous les autres régimes Totalitaires Communistes de la planète), les victimes devaient se soumettre à des interrogatoires et étaient torturées afin de leur faire avouer d'absurdes fautes imaginaires, et qui plus est, devaient dénoncer n'importe qui, uniquement par principe Idéologique et pour remplir les conditions et procédures "administratives", les conduisant à leur propre exécution (page 146) : "Pendant les quinze mois de Grande Terreur, tous les services du NKVD sur l'ensemble du territoire de l'URSS, dans la capitale comme dans les districts, se sont mués en lieux de tortures où des milliers de personnes on été systématiquement persécutées. Avant de signer leur condamnation, les victimes étaient obligées d'avouer sous la torture des crimes absurdes, des complots imaginaires et de livrer leurs "complices" : la logique interne de la Terreur voulait que le prévenu avoue sa faute. Les tortures les plus fréquentes étaient les coups violents et la privation de sommeil pendant plusieurs jours d'affilée, appelée convoyeur ou stoïka, mais les sévices infligés pouvaient prendre diverses formes selon le bon vouloir des interrogateurs. Les instructions sur la manière de traiter les prévenus, illustrées parfois par des exemples concrets, étaient transmises oralement aux services régionaux du NKVD. Un des rares documents écrits concernant les tortures est un télégramme chiffré de Staline envoyé le 21 janvier 1939, alors que les "opérations de masse" étaient déjà terminées. "Aux secrétaires des Comités régionaux et des Comités centraux des républiques ainsi qu'aux chefs des organisations du NKVD. Le Comité central du parti considère que l'application de méthodes de pression physique est autorisée à compter de l'année 1937. (...) Le Comité central du parti estime que la pression physique devrait être appliquée comme une méthode à la fois légitime et efficace dans le cas exceptionnel d'ennemis du peuple connus et acharnés. Le secrétaire du Comité central du parti. J. Staline." 20.01.1939 (R. Conquest, La Grande Terreur [trad. par M.-A. Revellat et Cl. Seban], Paris, 1995, p. 530)." 2 / De plus, les auteurs de cet ouvrage nous proposent plusieurs extraits de dépositions d'agents du NKVD et de témoignages de survivants, décrivant ces scènes d'interrogatoires et de tortures, dont voici quelques exemples (pages 146 à 149) : "Extrait du procès-verbal de l'interrogatoire du chef de la 3e section municipale de l'OUNKVD - Rogova, Oulianovsk, 1939 : "... nous arrêtions des gens sans aucun élément [à charge] contre eux, puis on leur arrachait des aveux de culpabilité sans savoir si le prévenu était coupable ou non. (...) Krassikov frappait bestialement avec l'écouvillon de sa carabine le prévenu Konstantinov, étendu, les mains liées. Pour finir (...) Konstantinov est devenu fou." (Iou. Zolotov, réd. [ouvrage collectif], Kniga pamiati jertv polititcheskikh repressi, t. l, Oulianovsk, 1996, p. 1004)." "Extrait du procès-verbal du fonctionnaire de l'OUNKVD, Ivan Anissimov, Vologda, le 26 décembre 1938 : "En ma présence, Vorobiev a frappé le prévenu sur le nez avec une grosse règle jusqu'à ce que la peau du nez se fende. Au même moment, Vlassov a donné des coups de tisonnier sur la tête du prévenu. Ovtchinnikov a raconté par la suite que la même nuit Vlassov avait crevé l'œil droit du prévenu, puis qu'ils l'avaient tué. (...) Il a ajouté que cette nuit-là, ils avaient encore tué deux autres personnes." (Archives de l'Association internationale Memorial / Archives centrales du service fédéral de sécurité de Russie FSB, Moscou)." "V. Boïarski fut interrogateur dans l'Ossétie du Nord. (...) Il interrogea notamment pendant huit jours une institutrice, Fatima Agnaïeva, puis la fit pendre par les cheveux jusqu'à ce que mort s'ensuivît." (R. Conquest, La Grande Terreur [trad. par M.-A. Revellat et Cl. Seban], Paris, 1995, p. 532). "Extraits de la plainte de K.P. Borissov, prisonnier de la 4e section de l'OUNKVD de Kargopol, au procureur général de l'URSS, le général Andreï Vychinski. "... Chirine a téléphoné et deux interrogateurs se sont présentés dans son bureau, Gounia et Antonov, soûls tous les deux. Ils m'ont enfoncé une casquette dans la bouche et m'ont allongé sur une chaise, dos vers le haut. Gounia m'a tordu les mains dans le dos et a placé ma tête entre ses jambes. Entre-temps Chirine avait commencé à me frapper avec le pied d'une chaise. J'ai perdu connaissance, je ne suis revenu à moi que dans le couloir lorsqu'on m'a aspergé d'eau. À mes côtés, un autre corps était allongé, sans connaissance, un cadavre. (...) Mes camarades de cellule ont eu peur lorsqu'ils m'ont vu arrangé de la sorte. Ils ont dénombré 33 zébrures noires sur mon corps dues aux coups reçus avec le pied de chaise. (...) Quatre jours plus tard, on m'a fait revenir dans le bureau N°74, chez Antonov, et tout a recommencé. Chirine est entré avec les deux interrogateurs Antonov et Gounia, soûls, se vantant d'avoir bu 100 grammes d'alcool pur ; ils ont commencé à me torturer. J'ai perdu connaissance. Puis Antonov s'est assoupi sur le canapé tandis que Gounia sortait de sa poche un objet en métal, m'ouvrait la bouche et plaçait l'objet sur l'une puis sur l'autre dent ; en appuyant, il m'a cassé ainsi trois dents. Lorsque j'ai perdu connaissance, il m'a aspergé d'eau, m'a détaché de la chaise et placé contre le mur. Antonov s'était réveillé entre-temps ; Gounia a pris sa place tandis qu'Antonov s'est mis à son tour à m'assommer de coups comme à la boxe (...)". (O. Lochitski, "Laboratoria. Novi dokoumenti i svidtchennia pro massovi repressi 1937-38 rokiv na Vinntchtchini", revue Z arkhiviv VOUTCHK-GPOU-NKVD-KGB, N°1/2, Kiev, 1998, p. 206)." "Extrait du rapport du commandant en chef de la section des prisons du NKVD, J. Weinstok pour N. Iejov, Moscou, le 15 février 1938 : "En novembre et décembre 1937, on a noté 28 cas de suicide parmi les prévenus (...). En comparaison d'octobre 1937 (...) le nombre de suicides a diminué de moitié. (...) Plusieurs cas se sont produits parce que les recommandations de l'arrêté N°100 [sur la prévention des suicides] n'ont pas été suivies à la lettre. Ainsi dans le bâtiment du NKVD du district de Leningrad, le 17 novembre, au moment où on le reconduisait dans le couloir après son interrogatoire, l'espion Ivankovitch A.A. frappa l'interrogateur, s'échappa en courant et sauta par une fenêtre non grillagée du cinquième étage. Des suicides par défenestration dans les locaux du NKVD eurent lieu également dans la république d'Azerbaïdjan, dans la république autonome de Kabardino-Balkarie et dans le district de Smolensk. (...) Au NKVD de la république d'Ukraine, Busse K.Iou, arrêté sous l'inculpation de trahison à la patrie, réussit à désarmer l'enquêteur pendant l'interrogatoire et à se tirer une balle. (...)". (Archives de l'Association internationale Memorial / Archives centrales du service fédéral de sécurité de Russie FSB, Moscou)." Puis les co-auteurs de l'ouvrage (dont l'historien Français spécialiste du régime Soviétique : Nicolas Werth) nous décrivent également l'effroyable déroulement des exécutions nocturnes (pages 168 et 169) : "Les exécutions se passaient pendant la nuit dans des "cellules de mort" appelées spetskamera, préparées spécialement dans les sous-sols des bâtiments du NKVD ; elles disposaient en règle générale d'une sortie donnant sur la cour pour faciliter le chargement et le transport des cadavres par camions. La description d'une "cellule de mort" à Moscou, au pereoulok Varsanofeski, nous indique que le bourreau se plaçait face à un mur en madriers, sans doute pour éviter le ricochet des balles, que le sol de ciment était en dénivelé et qu'il y avait des tuyaux d'arrosage (note n°3, page 171 : récit du procureur militaire général adjoint de l'URSS Nikolaï Afanassiev, témoin de l'exécution de N. Iejov le 4.02.1940. M. Jansen, N. Petrov, Stalin's Loyal Executioner. People's Commissar Nikolai Ezhov, 1895-1940, Stanford, 2002, pp. 188-189). Dans les bureaux régionaux du NKVD, pour l'absorption du sang, le sol des spetskamera était recouvert de sciure de bois qu'on changeait de temps à autre et qu'on charriait avec les cadavres dans les fosses communes (des agglomérats de copeaux de bois ont été trouvés dans les tombes d'Irkoutsk et de Voronej lors des exhumations, cf. p. 310). Une autre façon de procéder était de transporter les condamnés à l'endroit où l'on avait préalablement préparé des fosses et de les fusiller sur place. On entravait les condamnés avant de les tuer en leur liant les mains, parfois aussi les pieds, ou bien on leur donnait un coup sur la tête avec un objet lourd pour leur faire perdre conscience. Le bourreau professionnel de Leningrad, le capitaine Mikhaïl Matveïev, utilisait dans ce but des gourdins en bois de bouleau qu'il avait conçus lui-même (cf. p. 296). Parmi les victimes exhumées par les nazis en 1943 à Vinnitsa, 395 avaient le crâne enfoncé. Grigori Tchazov, qui survécut à une exécution à Kemorovo en Sibérie (cf. pp. 260 ss), parle aussi dans son témoignage de coups donnés sur la tête. On abattait les condamnés d'un coup de revolver tiré à bout portant dans la nuque ; on se servait le plus fréquemment du Nagan, l'arme de service du NKVD. On tirait souvent des balles supplémentaires "de contrôle" pour achever les victimes. Les bourreaux professionnels de Moscou utilisaient des pistolets allemands, les Walther PP, qui chauffaient moins pendant les tirs successifs. À Moscou, de la fin 1937 jusqu'au début août 1938, on utilisait des voitures appelées douchegoubki dans lesquelles on assassinait les prisonniers à l'aide des gaz d'échappement sur la route de la prison au polygone de Boutovo, lieu d'enfouissement près de Moscou (cf. p. 236)." Voici donc comment se déroulaient les exécutions au polygone de tirs de Boutovo, près de Moscou (page 236) : "Les condamnés étaient convoyés des prisons moscovites à une ou deux heures du matin. Ils ne savaient pas où ils étaient transférés ni pourquoi. Le personnel de service de la zone de la mort entourée de barbelés comptait près d'une vingtaine de fonctionnaires du NKVD. À l'endroit où s'arrêtaient les fourgons cellulaires s'élevait un mirador, le territoire était éclairé par des projecteurs. Les prisonniers étaient parqués dans un grand baraquement où leur identité était soigneusement vérifiée, notamment au moyen des photographies de prison. Ils étaient emmenés, un par un, du baraquement, les exécutions se faisaient d'une balle dans la nuque, au bord du fossé. Trois ou quatre personnes étaient exécutées en même temps. Les fosses d'exécution, longues de plusieurs dizaines de mètres, larges de près de trois mètres et profondes de plus de trois mètres, étaient creusées par une pelleteuse lourde Komsomolets. Le commando d'exécution avait à sa disposition une quantité illimitée de vodka. À l'aube, les bourreaux accomplissaient les formalités, signaient les procès-verbaux et recevaient un repas. Puis, ils étaient reconduits à Moscou, en priorité ceux qui étaient ivres morts. Les cadavres étaient recouverts de terre par un bulldozer. En une nuit, de cent à trois cents personnes, voire plus, étaient abattues. Un procès-verbal de fin d'exécution daté du 28 février 1938 cite une liste de 562 personnes, mais il se peut que celle-ci contienne les noms des victimes tuées pendant deux nuits de suite." Toujours, au polygone de la mort de Boutovo, aujourd'hui (comme nous l'avons déjà vu plus haut), nous savons également qu'une partie des victimes furent gazées (page 238) : "Fiodor Tchesnokov, membre du groupe d'exécution d'Isaï Berg, avoua en 1956 : "Ces camions étaient équipés de soupapes grâce auxquelles on pouvait orienter les gaz à l'intérieur du véhicule". On ignore à quelle échelle ces camions furent utilisés, mais on peut présumer que pendant la période où Berg dirigeait les exécutions (octobre 1937-4 août 1938), au moins une partie des condamnés fut gazée. En 1997, à l'occasion de fouilles dans une fosse d'exécution, les archéologues retrouvèrent au-dessus des cadavres, cinq paires de gants en caoutchouc retournés à l'envers qui avaient certainement été jetés dans la fosse par les bourreaux à la fin de leur "travail". Les archéologues établirent que les victimes avaient été inhumées en automne ou en hiver, donc à l'époque où Berg dirigeait les exécutions à Boutovo. Sur 59 cadavres exhumés, seulement quatre avaient le crâne percé d'une balle. En 1956, Isaï Berg ne fut pas réhabilité, mais en 1962, à la demande de sa famille, le procès fut révisé et l'inventeur des camions à gaz fut réhabilité à titre de victime de la Terreur stalinienne." Malgré le caractère massivement criminogène de la Grande Terreur, le régime Soviétique a tout fait, et réussi, à maintenir le secret absolu durant de longues décennies... (page 177) : "S'il frappe par son ampleur, ce crime de masse se caractérise aussi par le secret qui l'entoura, si l'on fait abstraction des quelques centaines de procès publics de responsables politiques mis en scène en 1937-1938. Secret de l'instruction ; secret du jugement, prononcé à huis clos, le plus souvent en l'absence de l'accusé, privé de toute défense ; secret de l'exécution, mise en œuvre dans des lieux tenus secrets. Fait capital : les familles des condamnés à mort n'étaient jamais informées de la sentence. Si elles parvenaient, au terme d'interminables démarches, à obtenir une "information" sur le sort de leur proche, il leur était dit que celui-ci avait été condamné à "dix ans de camp sans droit de correspondance". Le mensonge sera gardé des décennies durant, bien après la disparition de Staline et, pour la plupart des victimes, jusqu'à la disparition du régime soviétique." 3 / Grâce aux recherches, entre autres, de l'Association Memorial de Moscou, d'autres dizaines de charniers dits également "polygones de la mort", ont été découverts après l'effondrement de l'URSS, en 1991. L'une des plus grandes nécropole est donc celle de Boutovo dans laquelle furent enfouis, entre le 8 août 1937 et le 19 octobre 1938 : 20 761 suppliciés, après avoir été exécutés. Puis, d'autres charniers furent découverts : - Kommounarka dans la région de Moscou ; - Levachovo dans la banlieue de Saint-Pétersbourg, comprenant 46 000 cadavres issus des exécutions du début des années 1920 jusqu'au début des années 1950, dont la majorité provenant de la Grande Terreur ; - Sandarmokh près de la petite ville de Medjegorsk, en Carélie ; - Bykovnia près de Kiev ; - Vinnitsa ; - Doubovka près de Voronej ; - Kurapaty dans la région de Minsk ; - Etc., etc., etc.. Conclusion : Comme je l'ai déjà mentionné au début de ce commentaire, on retrouvera sous le régime Totalitaire Communiste des Khmers Rouges, lors du Génocide Cambodgien perpétré entre 1975 et 1979, les mêmes portraits précédents les exécutions. En effet, Douch dans sa fuite, suite à l'invasion Vietnamienne en janvier 1979, laissa sur place, dans le Centre d'interrogatoire, de torture et d'extermination S-21 à phnom Penh, une foultitude de documents concernant ses 15 000 victimes, dont, leurs faux aveux forcés et leurs portraits anthropométriques. Malheureusement la Grande Terreur de 1937-1938 ne représente qu'une partie de l'immensité des Crimes contre l'Humanité et Génocides qui ont été perpétrés sous le régime Soviétique et, ceci, dès la prise du Pouvoir, lors du coup d'État du 25 Octobre 1917, par le Parti Bolchevique (Communiste) de Lénine, Trotski, Staline, Zinoviev, Kamenev et consorts Terroristes de masse... Par exemple, un autre Crime de masse Stalinien, celui de Katyn en 1940, reproduisit le même processus d'extermination que celui de la Grande Terreur. Dans cet indispensable ouvrage pour notre Mémoire Universelle, les photos associées aux nombreux témoignages et Archives, rendent le récit historique du Totalitarisme Communiste Soviétique, toujours plus concret et..., effroyable ! Confer également, sur le même thème, les passionnants ouvrages de : - Nicolas Werth : Les Procès de Moscou : 1936-1938 ; - Nicolas Werth : L'ivrogne et la marchande de fleurs : Autopsie d'un meurtre de masse 1937-1938 ; - Robert Conquest : La grande terreur précédé de Sanglantes moissons : Les purges staliniennes des années 30, La collectivisation des terres en URSS.
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5.0 étoiles sur 5
Témoignage sous la Terreur Rouge Bolchevique (Communiste) Léniniste !!!, 8 mai 2013
Ivan Bounine était un poète et romancier Russe né en 1870 à Voronèj et décédé à Paris en 1953. Avec cet ouvrage, il s'agit de l'un des rares témoignages directs de l'effroyable période Léniniste. En effet, son récit se situe, plus précisément, entre janvier 1918 et juin 1919. Il s'enfuit de Russie, et plus exactement d'Odessa en janvier 1920, pour se réfugier en France. Ce témoignage exceptionnel se présente donc sous la forme de notes prises sur le vif, au jour le jour ; et l'auteur nous fait part de ce qu'il a vécu, vu, observé, entendu et lu en Russie durant cette période de chaos indescriptible sous la Terreur Rouge Communiste, consécutivement au coup d'État Bolchevique (Communiste) du 25 Octobre 1917 à Petrograd. Ce n'est qu'en 1988 que son témoignage fut publié en France ; mais à cette époque, son ouvrage n'était toujours pas édité en Russie... Ivan Bounine nous décrit donc une foultitude d'actes de discrimination divers et variés, absurdes, plus délirants les uns que les autres : notamment la discrimination de "classe" conduisant le Pouvoir Bolchevique à accomplir massivement d'ignobles actes criminels de torture, de barbarie, dégradants et déshumanisants à l'encontre des victimes... ! Les deux principaux organes de répression du régime Totalitaire Bolchevique, étaient : l'Armée Rouge commandée par l'infâme Léon Trotski ; et la Police Politique, la Tcheka (nommée par Ivan Bounine Tchrezvytchaïka) dirigée par le sadique Félix Dzerjinski. Voici donc quelques exemples de l'application de cette Terreur de masse servant à imposer, par la force, l'Idéologie Totalitaire Communiste (page 15) : * 6 février 1918 à Moscou. "Dans le Rousskoïé Slovo (La Parole Russe) : "Les moujiks du village de Pokrovskoïé de la région de Tambov ont rédigé un procès-verbal : " Le 30 janvier, nous, société, avons poursuivi deux pillards, nos concitoyens Nikita Alexandrovitch Boulkine et Andriane Alexandrovitch Koudinov. Par accord de notre société, ils ont été poursuivis et tués sur-le-champ". Ici même cette "société" a élaboré un code pénal original : - Si quelqu'un frappe quelqu'un, alors la victime devra frapper l'offenseur dix fois. - Si quelqu'un frappe quelqu'un en occasionnant blessure ou cassure, alors il faut ôter la vie à l'offenseur. - Si quelqu'un vole ou accepte de cacher des choses volées, alors il faut le priver de la vie. - Si quelqu'un met le feu à quelque chose et est démasqué, alors il sera privé de la vie. Peu de temps après ils ont pris deux voleurs en flagrant délit. Ils les ont "jugés" immédiatement et condamnés à la peine capitale. D'abord ils ont tué le premier : ils lui ont cassé la tête avec un peson, lui ont enfoncé des fourches dans le côté et, après l'avoir déshabillé, l'ont jeté mort sur la chaussée. Ensuite, ils se sont attaqués à l'autre... On lit maintenant tous les jours des choses de ce genre." * 8 février 1918 à Moscou (page 18) : "D. est arrivé. Il s'est enfui de Simféropol. Il dit que là-bas c'est une "terreur indescriptible", les soldats et les ouvriers "pataugent jusqu'aux genoux dans le sang". On a brûlé vif un vieux colonel dans la chaudière d'une locomotive." * 19 février 1918 à Moscou (pages 28 et 29) : "Lu une "résolution adoptée par l'équipage du navire de ligne Svobodnaïa Rossaïa (La Russie Libre), et qu'on vient d'amener de Sébastopol. Un chef-d'œuvre tout à fait remarquable : "À tous, à tous, et à ceux des alentours de Sébastopol qui tirent à tort et à travers ! Camarades, si vous continuez ainsi, un malheur vous arrivera, il n'y aura bientôt plus de quoi tirer même au but, vous allez tout dépenser et vous serez Gros-Jean comme devant et alors on vous prendra, mes chéris, même les mains vides. Camarades, la bourgeoisie avale même ceux qui sont dans leurs cercueils et dans leurs tombes. Vous, traîtres, tireurs, en gaspillant vos cartouches, vous l'aidez à avaler les autres. Nous appelons tous les camarades à se ranger à notre avis et à interdire de tirer à tous ceux qui ont une tête de mule. Camarades, faisons à partir d'aujourd'hui en sorte que chaque coup de feu nous dise : ça fait un bourgeois, un socialiste de moins ! Chaque balle que nous lâchons doit atteindre une grosse panse et non pas faire mousser l'eau de la baie. Camarades, prenez soin des cartouches plus que de la prunelle de vos yeux. On peut encore vivre avec un seul œil, mais on ne peut pas vivre sans cartouches. Si vous recommencez à tirer vers la ville et la baie à un prochain enterrement, sachez que vous, fusilleurs marins du navire de ligne Svobodnaïa Rossaïa, nous tirerons une bonne fois et, alors, si vous avez vos tympans et vos vitres qui éclatent, ne venez pas nous le reprocher. Donc, camarades, il n'y aura plus à Sébastopol de tirs insensés et inutiles, il y aura un tir, mais pratique, sur la contre-révolution et la bourgeoisie et non dans l'eau ou dans l'air, sans lesquels personne ne peut vivre même une minute !"." * 24 février 1918 à Moscou (pages 34 et 35) : "La Vlast Naroda téléphone au service des communications : Donnez-moi le 60-42. On leur donne la communication et la Vlast Naroda entend, d'une façon inattendue, une conversation entre quelqu'un et le Kremlin : - J'ai quinze officiers et un adjudant de Kalédine. Qu'en fait-on ? - Fusillez-les immédiatement." * 1er mars 1918 à Moscou (pages 37 et 38) : "D. a ajouté : "Les bolcheviks se livrent à Rostov à des atrocités terribles. Ils ont profané la tombe de Kalédine et ont fusillé six cents sœurs de charité...". Même si ce n'est pas six cents, ils en ont probablement fusillé pas mal. (...) Le cuisinier du Iar (un restaurant alors célèbre à Moscou) m'a dit qu'on lui a pris tout ce qu'il avait gagné en travaillant dur pendant trente ans devant un poêle, dans une chaleur de 90 degrés. "Et Orlov-Davydov, a-t-il ajouté, avait envoyé à ses moujiks un télégramme, je l'ai lu moi-même : "Brûlez la maison, égorgez le bétail, coupez la forêt, mais laissez un bouleau, pour les verges, et un sapin, pour qu'il y ait à quoi vous pendre !"." Dans le déroulement de sa prise de notes, Ivan Bounine nous livre également une très intéressante discussion concernant la stratégie Internationaliste de Terreur de masse organisée par Lénine et Trotski (pages 46 et 47) : * 13 mars 1918 à Moscou : "Rentré avec Tikhonov. Chemin faisant, il a beaucoup parlé des chefs bolcheviks, comme quelqu'un qui leur est très proche : Lénine et Trotski ont décidé d'entretenir la tension en Russie et de ne pas mettre fin à la terreur, ni à la guerre civile, aussi longtemps que le prolétariat européen n'entrerait pas en scène. Leur appartenance à l'état-major allemand ? Non, c'est là une absurdité ; ce sont des fanatiques, ils croient en un embrasement mondial. Ils ont une peur bleue de tout, ils voient partout des complots. Ils tremblent jusqu'à maintenant et pour leur pouvoir et pour leur vie. Ils ne s'attendaient en aucune façon (je le répète) à leur victoire en octobre. Après la chute de Moscou, ils sont tombés dans un terrible désarroi, ont accouru à la rédaction de la Novaïa Jyzn, nous ont suppliés d'être ministres, nous ont proposé des portefeuilles." Puis, Ivan Bounine nous confie son profond désespoir dans cette Russie mise à feu et à sang par le régime Totalitaire Lénino-Trotskiste (page 53) : * 12 avril 1919 à Odessa : "Ah, ces rêves de mort ! Quelle place énorme, en général, la mort n'occupe-t-elle pas dans notre existence déjà si infime ! Sans parler même de ces années : nous vivons jour et nuit une orgie de mort. Et tout cela au nom de l'"avenir radieux", qui devrait naître de ces ténèbres diaboliques. Et sur la terre s'est déjà constituée toute une légion de spécialistes, d'entrepreneurs de l'édification du bien-être humain. "Et cet avenir, en quelle année arrivera-t-il donc ?", comme le demande le carillonneur d'Ibsen. On dit toujours que c'est pour très bientôt : "C'est la lutte finale !" - Éternel conte rouge." Ivan Bounine résume à nouveau parfaitement bien l'implacable détermination Totalitaire des dirigeants Bolcheviques, à commencer par le bras droit de Lénine, Trotski (page 93) : * 24 avril 1919 à Odessa : "Un article de Trotski sur la "nécessité d'achever Koltchak". Bien sûr, c'est la première nécessité, et non seulement pour Trotski, mais pour tous ceux qui pour faire mourir le "passé maudit" sont prêts à faire mourir jusqu'à la moitié du peuple russe." L'auteur nous décrit alors les effroyables méthodes meurtrières de la Police Politique, la Tchéka (Tchrezvytchaïka), (page 96) : * 24 avril 1919 à Odessa : "En général, maintenant, ce qui fait peur, ce qui est le plus horrible, le plus ignominieux, ce ne sont même pas les horreurs et les ignominies en elles-mêmes, mais qu'il faille expliquer qu'elles en sont, disputer si elles sont bonnes ou mauvaises. N'est-ce pas l'horreur extrême que je doive prouver, par exemple, qu'il vaut mieux mille fois crever de faim, que d'apprendre à ce porc iambes et chorées, pour qu'il puisse chanter comment ses camarades pillent, violent, matraquent, souillent les églises, découpent en lanières le dos des officiers blancs et marient des prêtres avec des juments ! À propos de la Tchrezvytchaïka d'Odessa. Là, ils ont maintenant une nouvelle méthode pour fusiller les gens : sur le siège des W.C.." Également (page 166, 169 et 170) : "On dit que les marins qu'on nous a envoyés de Pétrograd, sont devenus complètement forcenés d'ivrognerie, de cocaïne et de licence. À la Tchrezvytchaïka, ils font irruption, ivres, chez les détenus et, sans ordre des chefs, tuent qui bon leur semble. Il n'y a pas longtemps, ils se sont précipités pour tuer une femme avec son enfant. Elle les implorait de l'épargner pour l'enfant, mais les matelots lui ont crié : "T'en fais pas, on va lui envoyer un pruneau à lui aussi !" Et ils l'ont tué. Pour s'amuser, ils font sortir les prisonniers dans la cour et tirent sur eux en faisant exprès de les rater." *11 juin 1919 à Odessa : "(...) L'anthropologie légale distingue les criminels accidentels, ceux qui commettent un crime par hasard, "gens dénués d'instincts criminels". Mais, selon elle, les criminels "instinctifs" sont tout à fait autre chose. Ils sont toujours comme des enfants, comme des animaux, et leur signe essentiel, leur trait fondamental est la soif de destruction, une nature asociale. (...) En temps de paix nous oublions que le monde regorge de ces dégénérés, en temps de paix ils sont en prison, aux petites maisons. Mais voici qu'arrive le temps où le "peuple souverain" triomphe. Les portes des prisons et des petites maisons s'ouvrent, les archives de police sont incendiées : la bacchanale commence. La bacchanale russe a dépassé toutes les précédentes et a considérablement étonné et chagriné même ceux qui depuis plusieurs années appelaient à aller au Rocher de Stiopka [(note n°61/48, page 121 : Stepan Razine, chef cosaque (1630-1671). Il prit la tête de la révolte de 1667-1670, qui dégénéra en guerre paysanne. Il s'empara de plusieurs villes sur la Volga et acquit une immense popularité. Battu à Simbirsk, alors qu'il menaçait Moscou, il fut livré par l'aristocratie cosaque. Plusieurs, chansons populaires, comme celle citée par Bounine, évoquent son souvenir)] écouter "ce que pensait Stepan". Bizarre étonnement ! Stepan ne pouvait pas penser au social, Stepan était un criminel "né", justement de cette race scélérate à laquelle, en effet, on va livrer, peut-être, un nouveau long combat." En plus de la cible "bourgeoise", les Bolcheviques ratissaient extrêmement large pour exterminer leurs victimes, comme les nombreux pogroms antisémites (page 113 et 114) : * 2 mai 1919 à Odessa : "Pogrom à Bolchoï Fontan, commis par les gardes rouges d'Odessa. Ovsianiko-Koulikovski et l'écrivain Kipen sont passés chez nous. Ils nous ont rapporté les détails. À Bolchoï Fontan 14 commissaires et 30 juifs tués. Beaucoup de boutiques pillées. Ils faisaient irruption la nuit, arrachaient les gens de leurs lits et les tuaient tous sans distinction. Les gens s'enfuyaient dans la steppe, se jetaient à la mer, ils les poursuivaient et leur tiraient dessus : une vraie chasse. Kipen y a échappé par hasard, il dormait, par bonheur, non chez lui, mais au sanatorium de la Fleur Blanche. À l'aube, une troupe de gardes rouges est survenue : "Il y a des youpins ici ?" ont-ils demandé au gardien. "Non, y en a pas ici." - "Jure-le !" Le gardien a juré et les gardes rouges ont continué leur chemin. Ils ont tué Moisseï Houtman, le roulier qui, l'automne dernier, nous avait déménagés de la datcha en ville, un homme très gentil." Étant donné qu'au sein d'un État Totalitaire, comme l'État Soviétique, la Police Politique (Tchéka) instaurée par Lénine lui-même, était chargée de perquisitionner n'importe qui, dans n'importe quels appartements ou maisons et à n'importe quel moment ; tout le monde devait se méfier de tout le monde. On retrouvera ce type de persécution collective sous tous les régimes Totalitaires Communistes de la planète ; sorte de gigantesque paranoïa généralisée par la Terreur de masse, à l'échelle de tout un Peuple. Chacun devait faire attention à ce qu'il disait et écrivait, même auprès des membres de sa propre famille, sous peine de risquer d'être dénoncé à tout instant (pages 132 et 133) : * Nuit du 15 mai 1919 à Odessa : "J'ai révisé mon "portefeuille" et j'ai déchiré pas mal de poésies, quatre récits commencés cette année, mais maintenant je le regrette. Tout cela vient du chagrin, du désespoir (bien qu'auparavant cela me soit aussi arrivé plus d'une fois). J'ai caché différentes notes des années 17 et 18. Ah, cacher et recacher, la nuit, comme un voleur, des papiers, de l'argent ! Toutes ces années, des millions de Russes sont passés par cette déchéance, cette humiliation. Et combien de cachettes ne trouvera-t-on pas plus tard ! Et toute notre époque deviendra un conte, une légende..." Ce précieux témoignage de Ivan Bounine décrit parfaitement bien l'effroyable ambiance de Terreur généralisée qui régnait après le coup d'État Bolchevique du 25 octobre 1917 à Petrograd, et ce, dans toute la Russie ; sous le Pouvoir Totalitaire Communiste instauré par Lénine, Trotski et consorts criminels de masse.
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Napoléon
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par Thierry Lentz Edition : Poche |
| Prix : EUR 9,45 |
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Napoléon 1er (Bonaparte) : ni Mythe, ni... Dictateur !!!, 5 mai 2013
Thierry Lentz est historien et directeur de la Fondation Napoléon. Avec ce passionnant petit récit (120 pages) sur la vie de Napoléon, Thierry Lentz répond à 20 interrogations récurrentes concernant Napoléon, articulées autour de trois thèmes principaux : la politique, la guerre, la destinée... Napoléon Bonaparte est né le 15 août 1769 à Ajaccio en Corse. Dix ans après le début de la Révolution Française (le 14 juillet 1789), Napoléon provoqua un coup d'État au château de Saint-Cloud les 9 et 10 novembre 1799 (ou 18 et 19 brumaire an VIII). Il créa alors un Consulat provisoire qu'il fit institutionnaliser le 1er janvier 1800, et qui prit fin le 18 mai 1804 avec la proclamation de l'Empire par le Sénat. Donc, entre 1799 et 1804, Napoléon fut d'abord : Premier Consul sous le nom de Bonaparte ; puis entre 1804 et 1815, Empereur des Français sous le titre de Napoléon 1er. Pour Thierry Lentz, contrairement à une idée reçue, la Révolution Française ne s'est pas achevée avec la fin du Directoire (1795 à 1799). D'ailleurs, à ce sujet, le débat est toujours ouvert, puisque suivant les historiens, la fin de la Révolution Française aurait été proclamée à différents moments : certains envisagent sa fin dès le 4 août 1789 avec l'abolition des privilèges ; d'autres, lors de la proclamation de l'Empire en mai 1804, etc.. Pour l'auteur donc, il y eut une continuité entre la République Directoriale et la République Consulaire. En effet, Napoléon devait tout à la Révolution Française, grâce à laquelle il avait construit sa carrière (pages 14 et 15) : "(...) (notamment lors du siège de Toulon occupé par les Anglais, en 1794), fréquenté les révolutionnaires les plus engagés (comme Augustin Robespierre, frère de Maximilien) et commandé les armées de la Révolution en Italie (1796) puis en Égypte (1798)." Napoléon voulait donc appliquer les principes et idéaux issus de la Révolution Française (page 15) : "Bonaparte ne dit pas autre chose, quelques mois après sa prise de pouvoir, devant le conseil d'État : "Nous avons fini le roman de la Révolution ; il faut en commencer l'histoire, ne voir que ce qu'il a de réel et de possible dans l'application des principes, et non ce qu'il y a de spéculatif et d'hypothétique. Suivre aujourd'hui une autre voie, ce serait philosopher et non gouverner". Dans la même veine, quatre ans plus tard, le serment civique, prononcé lors du Sacre, fut pour l'Empereur un engagement de défendre les grandes conquêtes de la Révolution et les institutions nouvelles créées en leur nom sous le Consulat : "Je jure de maintenir l'intégrité du territoire de la République ; de respecter et de faire respecter les lois du Concordat [traité signé entre la France et la Papauté, en juillet 1801, qui mit fin à douze années de brouille et rétablit la paix religieuse en France] et la liberté des cultes ; de respecter et faire respecter l'égalité des droits, la liberté politique et civile, l'irrévocabilité des ventes de biens nationaux ; de ne lever aucun impôt, de n'établir aucune taxe qu'en vertu de la loi ; de maintenir l'institution de la Légion d'Honneur [instituée par la loi du 19 mai 1802, la Légion d'Honneur visait à récompenser les militaires et les civils qui s'étaient illustrés au service de la France] ; de gouverner dans la seule vue de l'intérêt, du bonheur et de la gloire du peuple français". Ce serment ne prétendait pas enterrer les conquêtes de 1789, bien au contraire." Ce n'est que petit à petit que Napoléon instaura son Pouvoir personnel et Absolu, d'abord sous le Consulat en renforçant la République conservatrice issue du coup d'État de septembre 1797 (Fructidor), puis en faisant disparaître progressivement la République pour la remplacer par une "monarchie impériale personnelle". Muni de se nouveau statut personnel, Napoléon voulait réorganiser et rénover le pays vite et bien... En revanche, ses ambitions hégémoniques de conquêtes à l'étranger étaient démesurées et dangereuses pour la stabilité politique en France. À partir de 1814, il devait s'en apercevoir à ses dépens ; et surtout, Napoléon sacrifia d'innombrables vies humaines sur les champs de bataille, partout en Europe... Dès le début du Consulat en 1800, Napoléon 1er organisa les institutions politiques et sociales. En seulement quinze années, il créa : le Code Civile, la Centralisation, l’uniformisation de la grille administrative et de nombreuses autres réformes. Ces réformes avaient été votées dès les débuts de la Révolution Française entre 1789 et 1791, et ce fut Napoléon 1er qui les mit en place. Il était bien déterminé à organiser la Nation Française, selon sa propre expression, en : "jetant sur le sol de France quelques masses de granit" (page 20) : "On n'a jamais vu dans l'histoire de France (pas même à la Libération) une telle production de textes juridiques, autant de décisions, autant de négociations, à l'intérieur comme à l'extérieur, que pendant les premières années du Consulat, époque où le "génie" de Napoléon fut le plus éclatant. L'Empire ne fit ensuite que peaufiner l'ensemble, même si on lui doit encore quelques grands textes. La loi du 28 pluviôse an VII (17 février 1800) en fut l'exemple le plus remarquable. Elle uniformisa et simplifia la grille administrative qui répondit désormais à un schéma pyramidal, la nomination des agents publics par l'exécutif remplaçant l'achat des charges (Ancien Régime) et l'élection (1791-1799). L'autorité locale fut placée entre les mains du préfet qui exerça, sous les ordres du ministre de l'Intérieur, l'ensemble des compétences étatiques dans son département : représentation de l'État, direction des administrations, autorité hiérarchique sur les autres niveaux locaux (arrondissement et commune), surveillance de l'opinion et de l'ordre public. Le modèle centralisateur ainsi créé resta en vigueur pendant des décennies avant de connaître ses premières retouches. Il fallut attendre les grandes lois de décentralisation (depuis 1982), pour que l'architecture de la France locale, créée sous Napoléon, soit bouleversée, même si la soumission des services déconcentrés de l'État au préfet reste encore bien vivante. Le souci napoléonien de réorganisation et de rationalisation s'exprima, dans tous les domaines de l'action de l'État, par la création d'institutions structurantes : politiques, économiques et financières (conseil d'État, Banque de France, Bourse, cour des Comptes, chambres de Commerce, création du franc germinal [unité monétaire de la France depuis 1793, le franc reçut une définition définitive avec la loi du 7 germinal an XI (28 mars 1803) : un franc égalait à 5 grammes d'argent. Le rapport entre l'or et l'argent était également fixé par la loi], fixation des taux d'intérêt par la puissance publique, mise au point d'une véritable comptabilité nationale), fiscales (rénovation des impôts directs et indirects, ces derniers étant progressivement rétablis alors même qu'on les avait supprimés dans un élan d'enthousiasme et de générosité au début de la Révolution), culturelles (réorganisation des musées dont le Louvre). Il posa aussi les principes de l'organisation des administrations centrales et déconcentrées, de la Justice (des juges de paix à la cour de Cassation, statut du notariat, création des Prud'hommes), de l'Instruction publique (création des Lycées en 1802 et de l'Université impériale en 1808), etc. L'Institut [créé en 1795, l'Institut National fut réorganisé en janvier 1803 et divisé en quatre classes : Sciences et Mathématiques (Sciences après 1816), Langue et Littérature Française (redevenue l'Académie Française en 1816), Histoire et Littératures Anciennes (inscriptions et Belles-Lettres après 1816, Beaux-Arts. L'Académie des Sciences Morales et Politiques, foyer d'opposition, fut supprimée par Bonaparte. Elle fut rétablie en 1832] (fondé par le Directoire mais réformé sous le Consulat) et la Légion d'Honneur sont deux autres institutions qui ont traversé le temps." Après 4 années de débats houleux : 36 lois et 2 281 articles du Code Civil (devenu Code Napoléon en 1807) furent promulgués le 21 mars 1804 (page 22) : "D'autres Codes virent le jour tout au long de l'Empire et marquèrent l'ordre juridique français : Procédure civile (1806), Commerce (1807), Instruction criminelle (1808), code pénal (1810) et code rural (1814). Ces codes n'étaient pas simplement la réunion des textes de loi portant sur le même sujet en un seul ouvrage. Ils étaient soutenus par une idéologie visant à préserver la société des notables issue de la Révolution de 1789." Deux cents ans plus tard, la plupart de ces Institutions, des Codes et lois sont encore en vigueur à notre époque... ! Comme nous l'avons déjà évoqué plus haut, l'autre facette de la période Napoléonienne concerne la volonté permanente d'hégémonie militaire à travers les conquêtes guerrières. D'ailleurs, Napoléon est célèbre aussi, grâce à ses grandes victoires militaires, comme : à Austerlitz en 1805, à Iéna en 1806, à Friedland en 1807 et Wagram en 1809. En revanche, Napoléon connut également de cuisantes défaites, telles que : la bataille navale de Trafalgar contre l'Angleterre, le 21 octobre 1805 ; et la catastrophique retraite de Russie en 1812. Mais c'est sa défaite lors de la bataille de Waterloo, en 1815, qui conduisit Napoléon à sa perte. Napoléon fut très inspiré par la Rome Antique. Par exemple, le Consulat était une institution inspirée de la République Romaine, tout comme l'Empire. De même Napoléon reprit l'emblème de l'aigle déployé. Napoléon fut comparé à Jules César et des arcs de triomphe furent édifiés. Également, lors du Sacre de Napoléon par le Pape, le 2 décembre 1804 et concernant les monnaies, Napoléon Empereur se présenta devant le Peuple, couronné de lauriers. Napoléon s'inspira aussi beaucoup de son modèle : Charlemagne, qui restaura l'Empire Romain et s'incarna dans l'Empire Franc. En terme de Pouvoir, Napoléon en tant qu'Empereur régna comme un Monarque quasi-Absolu, commandant, nommant, et révoquant à son gré les fonctionnaires et dirigeant les forces armées ; tout en déclarant la guerre ou faisant la paix. On peut donc considérer le régime Napoléonien comme Autoritaire (pages 39 et 40) : "La police de Fouché (puis de Savary) était partout, la presse sans liberté (ni politique, ni économique car on la suspendait à chaque faux pas, on la privait de papier, on forçait les titres à fusionner), les institutions "parlementaires" surveillées de près, voire supprimées lorsqu'elles devenaient gênantes (comme le Tribunat, la chambre qui était chargée de discuter les lois sans les voter, tandis que le Corps législatif les votait sans pouvoir débattre). Les opposants les plus piquants (comme Mme de Staël) et les autres furent exilés loin de Paris. L'envoi dans une prison d'État pour une détention sans jugement ressuscita même les lettres de cachet de l'Ancien Régime par lesquelles le roi pouvait éloigner ou détenir ceux qui lui déplaisaient. Mais n'exagérons pas l'impact des prisons d'État : environ 2 500 personnes y furent détenues, à comparer aux centaines de milliers d'arrestations non moins arbitraires pendant la Terreur. Pourtant, ces mesures coercitives ne tuèrent pas les oppositions au régime. (...) Les opposants les plus célèbres furent Carnot, Benjamin Constant, Sieyès, Mme de Staël, voire La Fayette et Chateaubriand. Ils furent rejoints par ceux qui, au sein même du gouvernement, tentaient de créer des contrepoids au pouvoir de l'Empereur. Tayllerand se détacha de son maître en 1807. Fouché le rejoignit deux ans plus tard pour préparer le remplacement de l'Empereur empêtré dans sa conquête de l'Espagne, obligeant Napoléon a rentrer précipitamment pour mettre fin à leurs menées." Napoléon était conseillé et secondé par Cambacérès (1753-1824), un grand juriste, qui le remplaçait au Pouvoir lors de ses nombreuses et fréquentes absences. Le second homme de confiance de Napoléon était Lebrun, un expert en Finances Publiques. L'Empire comprenait au total 32 Ministres. Le 31 mars 1814, Paris du capituler et fut occupée par la coalition composée de : la Russie, l'Autriche, la Prusse, la Suède, l'Angleterre, etc.. Et le 3 avril, le Sénat et le Corps législatif votèrent la déchéance de Napoléon. Le 6 avril, l'Empereur dut abdiquer. Il s'exila alors à l'île d'Elbe. Mais un an plus tard, il s'enfuit de l'île d'Elbe pour reconquérir le Pouvoir en France à la place de Louis XVIII qui l'avait remplacé entre-temps. Mais lors des "Cent-Jours" (20 mars-22 juin), le 18 juin 1815, sa Grande Armée fut battue à Waterloo et les Anglais l'exilèrent à Sainte-Hélène. En abdiquant le 22 juin, Napoléon décréta alors, son fils âgé de seulement quatre ans (surnommé l'Aiglon) : Empereur des Français, sous le titre de Napoléon II. Mais ce dernier ne régna que deux semaines, jusqu'au 7 juillet. C'est Louis XVIII qui remonta à nouveau sur le trône en retournant aux Tuileries, le 8 juillet 1815. Louis XVIII était le frère cadet du célèbre Louis XVI qui fut guillotiné durant la Révolution Française, le 21 janvier 1793 ; ainsi que son épouse Marie-Antoinette, le 16 octobre de la même année. Mais il ne s'agissait pas de la Restauration de l'Ancien Régime, car les lois établies lors de la Révolution Française ne le permettaient plus. Puis, ce fut le frère aîné de Louis XVIII, Charles X, qui le remplaça sur le trône en 1824. Charles X fut chassé du Pouvoir en 1830 par une nouvelle Révolution. Son cousin le Duc Louis-Philippe d'Orléans (qui avait voté pour la mort de Louis XVI en 1793), se proclama à son tour le Roi des Français. Enfin en 1848, c'est Louis Napoléon Bonaparte, neveu de l'Empereur Napoléon 1er Bonaparte, qui fut élu Président de la République. Mais cette République fut très éphémère (seulement 3 ans), car le 2 décembre 1851, ce même Louis Napoléon Bonaparte provoqua un coup d'État sanglant. Le Second Empire autoritaire fut proclamé le 1er décembre 1852. Louis Napoléon Bonaparte devint alors le second Empereur des Français, sous le titre de Napoléon III, jusqu'en 1870. Thierry Lentz considère que le règne de Napoléon fut par moments empreint, sous le Consulat d'une certaine : "Dictature de Salut Public" ; et sous l'Empire : d'une "Monarchie personnelle". Mais l'auteur relativise aussitôt ce constat, en se justifiant par l'analyse suivante... (pages 52 à 54) : "La concentration du pouvoir rendait les décisions rapides et exécutables sur le champ. Cet élément décisif était cependant pondéré par l'idéologie. L'absolutisme était comme "démocratisé" par l'usage (modéré) du plébiscite, la persistance de quelques institutions collectives au rôle certes limité, mais on relèvera que ce sont tout de même le Sénat et le Corps législatif qui prononcèrent la déchéance de l'Empereur en 1814. Absolutisme démocratisé encore, en ce que c'était pour sauver la Révolution des agressions extérieures que Napoléon guerroyait, ce qui lui valait le soutien de la "nation", le plus souvent incarnée par ses notables. Cette catégorie de la société réunissait les grands acteurs économiques et une caste administrative nombreuse qui devait tout au régime. Les bourgeoisies avaient intérêt à son maintien tant qu'il défendait l'égalité et favorisait les échanges au sein de l'ensemble européen. Le peuple suivait et sa flamme était entretenue par une propagande efficace, véhiculée par une presse aux ordres et l'administration. Quant à la domination idéologique de la France, elle s'était installée depuis le siècle précédent, avec les Lumières. À la chute de la monarchie, la culture française était devenue le modèle européen. Langue, sciences, littérature, idées politiques, rien n'échappait au "modèle" français qui avait trouvé une seconde jeunesse avec la Révolution. Les "progressistes" de tous les pays tournaient leurs regards vers Paris. (...) À l'apogée de l'Empire, Napoléon paraissait avoir atteint son but : dominer l'Europe, y répandre les idées sociales de 1789 et implanter ses structures politiques, ce que l'Empereur appelait son "système". Après 1811, le déclin fut rapide : éveil des "nations" occupées, défaites militaires et lâchage du régime par les bourgeoisies. Les traités de Paris (1814 et 1815) forcèrent la France à rentrer dans le rang. Le jeu des comparaisons pouvait commencer." En ce qui concerne le bilan humain des guerres Napoléoniennes, on peut l'estimer entre 500 000 et 700 000 morts sur environ 2 000 000 d'hommes qui servirent dans les Armées Napoléoniennes ! (pages 80 et 81) : "Ce qui est certain, c'est que le caractère meurtrier des batailles alla en s'aggravant, ainsi que le montre le nombre de morts français à Marengo (1 100), Austerlitz (moins de 5 000), Eylau (5 000), Friedland (7 000), Essling et Wagram (17 000), La Moskowa (10 000), Leipzig (20 000), Ligny et Waterloo (20 à 25 000). À ces morts, il faut ajouter les blessés dont, compte tenu des lacunes de la médecine de guerre de l'époque, beaucoup succombèrent, parfois plusieurs semaines après avoir été touchés. Il y eut 20 000 blessés à Eylau, sans doute plus à Wagram, 14 000 à La Moskowa, plus de 20 000 à Waterloo." Après six années d'exil forcé à Sainte-Hélène, Napoléon 1er, décéda le 5 mai 1821. En conclusion : La tentation est souvent grande de comparer le Pouvoir Absolutiste de Napoléon aux personnalités psychopathes qui ont créé les monstrueux régimes et systèmes Totalitaires du 20ème siècle, telles que : Lénine, Trotski, Staline, Mussolini, Hitler, Mao Zedong, Pol Pot, etc.. Or, ici la comparaison n'est absolument pas raison. En effet, même si Napoléon 1er, à partir de 1808, mena des guerres essentiellement de conquêtes, il n'en demeure pas moins qu'il le fit uniquement, pour, et au nom de la France et de la volonté de l'émancipation du Peuple Français ; sans Idéologie politique unique, sectaire, et préconçue ; et sans stigmatiser (comme l'ont fait les régimes Totalitaires), des catégories entières d'êtres humains et de populations, pour des raisons d'ordre : social (de classe), racial, ethnique, religieux ou autres..., à "rééduquer", à déporter en camps de concentration et à exterminer ! S'appliquant à mettre en place les principes issus de la Révolution Française, en seulement quinze années, Napoléon réorganisa la France de fond en comble ; mais effectivement, et on peut le lui reprocher fermement, sans beaucoup se soucier, des soldats Français et étrangers qu'il sacrifia massivement sur les champs de bataille de toute l'Europe, sur l'autel du progrès de notre Nation... la France. Confer également d'autres ouvrages aussi passionnants sur des thèmes similaires : - Max Gallo : Révolution française, Tome 1 : Le Peuple et le Roi (1774-1793) et Révolution française, Tome 2 : Aux armes, citoyens ! ; - Max Gallo : L'âme de la France : Tome 1, Une histoire de la Nation des origines à 1799 et L'âme de la France : Tome 2, de 1799 a nos jours ; - Patrice Gueniffey : La Politique de la Terreur: Essai sur la violence révolutionnaire, 1789-1794 ; - Reynald Secher : Vendée : du génocide au mémoricide : Mécanique d'un crime légal contre l'humanité ; - Gracchus Babeuf : La guerre de la Vendée et le système de dépopulation ; - Sous la direction de Renaud Escande : Le livre noir de la Révolution Française ; - Reynald Secher : La Vendée-Vengé : Le génocide franco-français.
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5.0 étoiles sur 5
Communisme et Nazisme : deux jumeaux monstrueux et inhumains !!!, 29 avril 2013
Ce livre qui retrace le terrible et indispensable témoignage de Margarete Buber-Neumann, est fondé sur l'incroyable et effroyable histoire qu'elle a vécu et subi, suite à son arrestation arbitraire lors de la Grande Terreur en U.R.S.S. de 1937-1938 (750 mille personnes exécutées en moins de 2 ans), ainsi que de la comparaison entre les deux grands régimes totalitaires du 20ème siècle : Communisme et Nazisme. En effet, Mme. Buber-Neumann a été dans un premier temps arrêtée par la police politique soviétique (N.K.V.D.) en 1938, pour être déportée en Sibérie au camp de concentration Soviétique (Goulag) de Karaganda, puis ensuite être livrée dans le cadre du PACTE GERMANO-SOVIETIQUE à la Gestapo, et enfin, déportée à nouveau dans le camp nazi de Ravensbrück. Margarete Buber-Neumann compare, dans ce livre, ses inhumaines et avilissantes conditions de détentions en tant que prisonnière et esclave dans les différents camps de concentration, aussi bien Staliniens que Nazis. Ce témoignage fondamental de Mme. Buber-Neumann, devrait, comme celui de Mme. Evguénia S. Guinzbourg, et tant d'autres, servir d'ouvrage de référence et de réflexion à tous ceux qui se revendiquent d'une idéologie en tant que "vérité absolue" quelle qu'elle soit, conduisant à l'extermination d'environ 100 millions de civils innocents dans le cas du Communisme et d'environ 25 millions de civils innocents dans celui du Nazisme ! P.S. : Ce commentaire concerne les tomes 1 ("Déportée en Sibérie : prisonnière de Staline et de Hitler") et 2 (le présent ouvrage). Confer également les précieux témoignages sur le thème du Totalitarisme, de : - Kang Chol-Hwan (Les Aquariums de Pyongyang) ; - Rithy Panh (L'élimination) ; - Dimitri Vitkovski (Une vie au Goulag) ; - Navy Soth (Les larmes interdites) ; - Shin Dong-hyuk (Rescapé du camp 14 : De l'enfer nord-coréen à la liberté) ; - Eunsun Kim (Corée du nord - 9 ans pour fuir l'enfer) ; - Vann Nath (Dans l'enfer de Tuol Sleng : L'inquisition khmère rouge en mots et en tableaux) ; - Khun Ken (De la dictature des Khmers rouges à l'occupation vietnamienne) ; - Alexandre Soljénitsyne (Une journée d'Ivan Denissovitch) ; - Alexandre Soljénitsyne (L'Archipel du Goulag) ; - Jacques Rossi (Qu'elle était belle cette utopie !) ; - Jacques Rossi (Le manuel du Goulag) ; - Evguénia S. Guinzbourg (Le vertige Tome 1 et Le ciel de la Kolyma Tome 2) ; - Iouri Tchirkov (C'était ainsi... Un adolescent au Goulag) ; - Boris Chiriaev (La veilleuse des Solovki) ; - Malay Phcar (Une enfance en enfer : Cambodge, 17 avril 1975 - 8 mars 1980) ; - Sergueï Melgounov (La Terreur rouge en Russie : 1918 - 1924) ; - Zinaïda Hippius (Journal sous la Terreur) ; - Jean Pasqualini (Prisonnier de Mao) ; - Aron Gabor (Le cri de la Taïga) ; - Varlam Chalamov (Récits de la Kolyma) ; - Lev Razgon (La vie sans lendemains) ; - Pin Yathay (Tu vivras, mon fils) ; - Ante Ciliga (Dix ans au pays du mensonge déconcertant) ; - Gustaw Herling (Un monde à part) ; - David Rousset (L'Univers concentrationnaire) ; - Joseph Czapski (Souvenirs de Starobielsk) ; - Barbara Skarga (Une absurde cruauté) ; - Claire Ly (Revenue de l'enfer) ; - Primo Levi (Si c'est un homme) ; - Primo Levi (Les naufragés et les rescapés : quarante ans après Auschwitz) ; - Harry Wu (LAOGAI, le goulag chinois) ; - Shlomo Venezia (Sonderkommando : Dans l'enfer des chambres à gaz) ; - Anastassia Lyssyvets (Raconte la vie heureuse... : Souvenirs d'une survivante de la Grande Famine en Ukraine) ; - François Ponchaud (Cambodge année zéro) ; - Sozerko Malsagov et Nikolaï Kisselev-Gromov (Aux origines du Goulag, récits des îles solovki : L'île de l'enfer, suivi de : Les camps de la mort en URSS) ; - François Bizot (Le Portail) ; - François Bizot (Le silence du bourreau) ; - Nien Cheng (Vie et mort à Shanghai) ; - Marine Buissonnière et Sophie Delaunay (Je regrette d'être né là-bas : Corée du Nord : l'enfer et l'exil) ; - Juliette Morillot et Dorian Malovic (Evadés de Corée du Nord : Témoignages) ; - Barbara Demick (Vies ordinaires en Corée du Nord) ; - Vladimir Zazoubrine (Le Tchékiste. Récit sur Elle et toujours sur Elle). - Etc..
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5.0 étoiles sur 5
Kronstadt : L'un des massacres de masse du régime Totalitaire Soviétique, ordonné par Lénine et Trotski !!!, 28 avril 2013
Alexandre Skirda né en 1942 de parents Russes (réfugiés de la Guerre Civile en Russie entre 1918 et 1920), est un historien et essayiste, spécialiste du mouvement Révolutionnaire Russe. Dans ce très important ouvrage, il retrace, grâce à : de nombreux témoignages de contemporains de la période Léniniste ; des Archives récentes exhumées depuis la fin de l'U.R.S.S. en 1991 ; et à des documents inédits provenant de Kronstadiens, le déroulement RÉEL de ce massacre de masse que fut le massacre de Kronstadt en mars 1921. En effet, depuis ce massacre de masse, les Communistes ont toujours tenté d'inverser les rôles entre : Victimes et Bourreaux, ou pour employer une analogie avec des termes manichéens qu'ils affectionnent tout particulièrement, entre : Révolutionnaires et Contre-Révolutionnaires. Or, en réalité, il n'existe pas un massacre délibéré de la part du Pouvoir Totalitaire Communiste, plus criant et clairement établi, que celui de Kronstadt. D'ailleurs, Trotsky, tout le restant de sa vie, et malgré ses talents oratoires et d'écriture, a dû usé d'innombrables contorsions sémantiques, de mensonges et de propagande (mais cela est dans la nature même du fonctionnement d'un système Totalitaire), pour tenter, suivant les circonstances et les époques, soit de minimiser sa responsabilité, soit de justifier sa position et ses actes. Peine perdue..., "Feld-maréchal" Trotsky (comme le nommaient les kronstadiens), car l'Histoire est UNIQUE et Éternelle... Le seul aspect "positif" dans le fait que le massacre de Kronstadt soit aussi popularisé à travers le monde (pour ceux qui s'intéressent à l'Histoire du Communisme) réside, non seulement, dans la mise en évidence que ce massacre a bel et bien été perpétré par le Pouvoir Bolchevique (Communiste) de Lénine ; mais également de permettre de mettre en lumière le fait que, malheureusement, ce massacre ne représente qu'une "goutte d'eau" dans l'immensité des exterminations de masse qu'a connue la Russie, durant la formation de ce régime Totalitaire Communiste, entre le coup d'État du 25 Octobre 1917 et la mort de Lénine en janvier 1924 ! Mais d'abord, pour comprendre ce massacre de Kronstadt, il est nécessaire de reprendre les évènements dans leur chronologie et dans le contexte Historique... Depuis plusieurs décennies, des Partis Révolutionnaires de gauche, plus ou moins Terroristes, essayaient de renverser le régime Tsariste. Et finalement, ce fut une Révolution Populaire dans la Capitale Russe de l'époque, Pétrograd, en février 1917, qui conduisit à l'abdication du Tsar Nicolas II et de son régime Tsariste Autocratique. Début mars, il fut immédiatement constitué un Gouvernement Provisoire qui devait gérer les "affaires courantes" du pays, et notamment une et pas des moindres : la Première Guerre Mondiale ; en attendant les élections nationales et la Convocation de l'Assemblée Constituante. Le Parti d'extrême gauche le plus connu à cette époque était le Parti Bolchevique (qui prendra le nom de Communisme à partir de mars 1918). Lénine le fonda en 1903, suite à la scission du Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie (P.O.S.D.R.) en deux fractions : le Parti Bolchevique (signifiant majoritaire) dirigé donc par Lénine ; et le Parti Menchevique (signifiant minoritaire) avec à sa tête, Martov. Joseph (Iossif) Vissarionovitch Djougachvili, plus connu sous le pseudonyme de Staline (l'"homme de fer"), adhéra au Parti Bolchevique de Lénine dès son origine, et mena même des opérations d'"expropriation" (en clair : des braquages de banque !) pour le compte de Lénine, afin de contribuer au financement du Parti Bolchevique. En revanche, Lev Davidovitch Bronstein, dont l'un de ses nombreux pseudonymes était donc : Léon Trotsk(y ou i), ne rejoignit le Parti Bolchevique qu'après la Révolution Populaire de Février, à son retour d'exil des États-Unis, au printemps 1917. Jusqu'à cette époque, il était plus proche des thèses révolutionnaires moins Dictatoriales et Terroristes des Mencheviques. Étant donné que nos deux "Camarades" et futurs Criminels de masse, Lénine et Trotski, étaient en exil à l'étranger lors de la Révolution Populaire de février 1917, c'est Staline le séide de Lénine qui, avec d'autre membres du Parti Bolchevique, était chargé par Lénine de garder la "boutique" du Parti. Lorsque Lénine rentra en Russie en avril 1917, il reprit les rênes du Parti, basant notamment sa propagande sur ses fameuses "Thèses d'avril" à caractères extrémistes. C'est alors que le très distingué, érudit et futur exterminateur de masse, Trotsky, rejoignit le Parti Bolchevique de Lénine, puisque désormais l'unique objectif était extrêmement clair : renverser le plus rapidement possible le Gouvernement Provisoire, pour prendre le Pouvoir Absolu par la force et instaurer ainsi la "Dictature du Prolétariat" du Parti Bolchevique. La propagande Bolchevique battant son plein et le Gouvernement Provisoire n'arrivant pas à prendre les bonnes décisions, au début du mois de juillet, il régnait à nouveau une atmosphère Révolutionnaire dans la Capitale. Les "marins de Kronstadt" furent alors sollicités par les Bolcheviques (Communistes) pour venir manifester à Pétrograd. Le 4 juillet, 10 000 à 12 000 marins, soldats et artilleurs arrivèrent dans la Capitale et se dirigèrent vers la Palais de Tauride, siège du Comité exécutif central des soviets. Puis, ils furent détournés par le chef Bolchevique local, Raskolnikov, en direction du Palais de la Kchessinskaja (ex-favorite de Nicolas II), où se situait le Comité Central du Parti Bolchevique (pages 47, 48, 49 et 50) : "Au balcon apparaît d'abord Sverdlov, puis Lounartcharsky, qui tiennent des discours lénifiants et ambigus, avant que Lénine lui-même vienne saluer : l'"honneur et la gloire de la révolution russe", leur déclare sa confiance dans la victoire du mot d'ordre "Tout le pouvoir aux soviets" et leur prodigue des conseils de "ténacité, de fermeté et de vigilance". Des ovations et des vivats lui "souhaitant longue vie" lui répondent avant qu'il ne s'esquive, prétextant être souffrant. Visiblement, il n'avait pas voulu endosser la responsabilité de ce qui pouvait advenir. Lourdement armés, les kronstadiens n'étaient pas venus pour défiler pacifiquement, et tant les SR de gauche que les anarchistes présents sont quelque peu surpris de se retrouver soudain devant un meeting bolchévik. Yartchouk s'indigne en déclarant qu'il était scandaleux d'être venus ici pour écouter des discours bolchéviks ; Alexandre Baranov, un SR de gauche membre du Soviet de Kronstadt, s'indigne également de recevoir la bénédiction de Lénine, dont il n'a que faire. Malgré tout, ils acceptent que le drapeau du Comité central bolchévik soit porté devant leur cortège et supplante leurs propres étendards. Leur enthousiasme un peu tiédi, les manifestants poursuivent leur route vers le palais de Tauride. Le défilé de fusils et de baïonnettes avance dans le silence hostile jusqu'au carrefour des avenues Nevsky et Liteïnaja, où ils s'engagent. Tout à coup, une fusillade éclate, provenant des fenêtres et des toits des immeubles, et provoque une grande panique et la débandade de la manifestation. Pour la plupart des manifestants, c'est le baptême du feu, ce qui explique qu'affolés ils se réfugient partout où ils peuvent et tiraillent dans toutes les directions. Il y a 40 morts et des dizaines de blessés, mais on ne connaîtra jamais les auteurs des premiers coups de feu et on ignora si les morts avaient été victimes de la fusillade ou de tirs croisés des manifestants. Le calme revenu, le cortège atteint le palais de Tauride et remet sa pétition. On demande la venue du ministre de la Justice Péréverzev ; c'est Victor Tchernov, le ministre SR de l'Agriculture, qui se présente et tente d'expliquer la politique de la coalition gouvernementale. Il est pris à partie par des manifestants, dont l'un lui dit : "Prends le pouvoir, quand on te le donne, fils de chien !", paroles un peu simplistes auxquelles il n'a pas le temps de réagir car on veut l'emmener en voiture. Seules les interventions de Raskolnikov et de Trotsky lui épargnent un mauvais moment. Sur ce, Zinoviev vient conseiller de se disperser pacifiquement et de retourner à Kronstadt. Ce que fait la majorité, tandis que 700 kronstadiens restent avec le comité militaire du parti bolchévik pour défendre le palais de la Kchessinskaya, élisant Raskolnikov comme commandant. Le gouvernement réagit avec retard mais fermeté et déclenche une répression contre les bolchéviks, qualifiés de traîtres et d'agents de l'Allemagne, en apportant des preuves des subsides leur ayant servi à publier leurs journaux. Une vague d'arrestations atteint les dirigeants, dont certains se réfugient dans la clandestinité. Lénine va ainsi se cacher en Finlande. Quoique interdits, les journaux bolchéviks réapparaissent souvent sous d'autres titres. À Kronstadt, c'est aussi l'heure de dégager les responsabilités, Lamanov reproche à Raskolnokov, qui n'était même pas membre du Comité exécutif du Soviet, d'avoir usurpé son pouvoir et d'avoir engagé les marins dans cette aventure tragique. Toutefois, les membres du Soviet ne veulent pas se désolidariser complètement des bolchéviks - y compris les menchéviks, lesquels ont pourtant eu à subir leurs remontrances et vexations -, et le font savoir à plusieurs reprises au Comité exécutif central des Soviets de Pétrograd et au nouveau gouvernement provisoire de coalition, formé le 23 juillet avec davantage de ministres socialistes et dirigé par Alexandre Kérensky. (...) Devenu président du gouvernement provisoire, Kérensky va commettre toute une série de fautes qui lui aliéneront le soutien de ses partisans socialistes et fragiliseront la situation. D'abord, il retarde les élections à l'Assemblée constituante, tout en s'attribuant ses prérogatives par le biais d'une Conférence démocratique et d'un Préparlement qui décident de substituer la république au régime monarchique officiel. Ensuite, en continuant la guerre, il encourage le commandement militaire à réintroduire la peine de mort pour désertion et à réduire le rôle des comités de soldats au profit de celui des officiers. Ces mesures et ces discours équivoques induisent en erreur le commandant en chef de l'armée, le général Kornilov, lequel, persuadé de l'accord tacite de Kérensky, marche sur Pétrograd pour "rétablir l'ordre". Affolé, Kérensky ne trouve rien de mieux que de faire appel à ceux qui avaient voulu le renverser en juillet : il libère les dirigeants bolchéviks et arme leur garde rouge, constituée d'ouvriers des comités d'usine et de fabrique. Cette menace d'une réaction militaire provoque une union sacrée des révolutionnaires. Lamanov publie une proclamation enflammée contre un retour de la réaction. Le gouvernement provisoire est débordé par ses défenseurs inattendus. En même temps, il se retrouve considérablement affaibli, tant politiquement que militairement, au point que Lénine prêche ouvertement l'insurrection et la prise du pouvoir par les soviets. Retranché avec ses ministres dans le palais d'Hiver, ancien siège du pouvoir tsariste, Kérensky reste passif devant l'évolution de la situation, pensant que ses adversaires de gauche n'oseront jamais l'attaquer, puisqu'il les a récemment ménagés - magnanime, il avait même fait relâcher les dirigeants bolchéviks appréhendés en juillet, en particulier Trotsky et Antonov-Ovséenko, menchéviks-interdistricts, tout juste ralliés à Lénine. Mais nulle gratitude en retour, car ce sont ceux-là mêmes qui vont diriger le putsch d'Octobre et le renverser ! Il n'a rien prévu, alors que le coup de force était annoncé ouvertement depuis plusieurs jours. Pour toute défense, il dispose de trois détachements d'élèves officiers, du "bataillon de la mort", composé de 140 jeunes femmes (!), quelques cosaques, une unité de cyclistes, 40 invalides de guerre commandés par un officier unijambiste et plusieurs pièces d'artillerie, mais ne disposant d'aucune mitrailleuse. Il n'y a pas à s'étonner que Lénine ait dit après cela que s'emparer du pouvoir avait été : "aussi facile que ramasser une plume !" Sorti de prison, Trotsky mène l'insurrection en tant que président nouvellement élu du Soviet de Pétrograd, ce qui lui donne un aspect officiel, et il dispose de son Comité révolutionnaire militaire, dirigé par le militant éprouvé Antonov-Ovséenko. Sollicité, le Soviet de Kronstadt envoie un corps expéditionnaire de près de 5 000 hommes (3 825 marins et 943 soldats), sous la direction d'Ivan Flérovsky, le chef bolchévik local, et d'Efim Yartchouk, le leader anarcho-syndicaliste. Les autres bases de la Baltique envoient également des contingents, ce qui fait au total 10 000 marins de la Baltique viennent se joindre à une moins nombreuse garde rouge. Le 25 octobre, la prise du palais d'Hiver s'avère aussi aisée que d'enfoncer une porte ouverte. Tout cela s'accomplit au nom du "pouvoir des soviets" à la veille de leur IIe Congrès panrusse. Une nouvelle ère commence... (note n°7, page 51 : Voir le récit édifiant du défenseur Alexandre Sinégouba dans Les Archives de la révolution russe (R), Berlin, 1922, tome IV, p. 121-197)." Récapitulons... La mise en place du régime Totalitaire Bolchevique (Communiste), qui deviendra dès la création de l'Internationale Communiste en 1919, un Système à l'hégémonie planétaire, fut extrêmement rapide : Le 7 décembre 1917, ce fut la création par décret de la Police Politique, la Tcheka, dirigée par le sadique Félix Dzerjinski, chargée de traquer les "ennemis de classe et du peuple". La Tcheka était l'un des Organes avec l'autre instrument de la Terreur Politique : l'Armée Rouge fondée par Trotsky... Dans la foulée, Lénine écrivit un article à caractère Totalitaire nommé : "Comment organiser l'émulation ?", qui ne paraîtra qu'en 1929, mais qui définissait très clairement le contenu de sa politique Terroriste, appliquée dès le coup d'État d'Octobre et stigmatisant (doux euphémisme) un panel de citoyens extrêmement large à enfermer ou à exterminer, dans la société civile Russe. En réalité, c'était TOUTE la population Russe qui devait être victime de la Terreur de masse. Voici une partie du contenu de ce texte infâme (page 25 et 26) : "(...) des riches et de leurs écornifleurs, puis des filous, des fainéants et des voyous. Pas de quartier pour les ennemis du peuple, ces ennemis du socialisme, ces ennemis des travailleurs. Guerre à mort aux riches et à leurs pique-assiette, les intellectuels bourgeois ; guerre aux filous, aux fainéants et aux voyous [...]. Des milliers de formes et de procédés pratiques de recensement et de contrôle visant les riches, les filous et les parasites doivent être mis au point [...]. La poursuite d'un même but unique : débarrasser la terre russe de tous les insectes nuisibles, des puces [les filous], des punaises [les riches] et ainsi de suite. Ici, on mettra en prison une dizaine de riches, une douzaine de filous, une demi-douzaine d'ouvriers qui tirent au flanc - à la manière des voyous, comme le font de nombreux typographes à Pétrograd, surtout dans les imprimeries des partis. Là, on les enverra nettoyer les latrines. Ailleurs, on les munira, au sortir du cachot, d'une carte jaune afin que le peuple entier puisse surveiller ces gens malfaisants jusqu'à ce qu'ils soient corrigés. Ou encore, on fusillera sur place un individu sur dix coupables de parasitisme" (note n°19, page 35 : Lénine, Œuvres, tome 25, p. 428-432)." (Précisons au passage que, comme le précise la note n°19, la plupart des nombreuses citations ignobles de Lénine, comme celle-ci, sont donc extraits de ses propres "Œuvres" en 55 volumes. Les militants qui se revendiquent du Communisme au 21ème siècle ont donc pleinement conscience d'adhérer à l'horreur des propos tenus par Lénine et donc des actes Criminels perpétrés par : lui, Trotsky, Staline, Dzerjinski, Zinoviev, Kamenev et toute cette clique de Terroristes Communistes !) Mais bon, continuons... Durant cette période de transition politique (entre la Révolution Populaire de février et le coup d'État Bolchevique d'Octobre), Lénine avait attiré une partie des masses en leur faisant de fausses promesses avec les slogans : "Tout le pouvoir au soviets", la "Paix", le "pain" et "La terre aux paysans et l'usine à l'ouvrier" ; mais désormais, trois semaines avant le coup d'Octobre, il prévenait déjà cyniquement avec un profond mépris, que... (pages 29 et 30) : "(...) le Soviet ne peut être qu'un organisme insurrectionnel. Sinon les Soviets ne sont que de vains hochets qui conduisent infailliblement à l'apathie, à l'indifférence, au découragement des masses légitimement écœurées par la répétition perpétuelle de résolutions et de protestations" (note n°31, page 35 : Lénine, Œuvres, tome 26, p. 141). Le "léninisé" Trotsky, dans son histoire de la première révolution, 1905, certes rédigée en 1922, répétera que les Soviets n'étaient que des instruments pour conquérir le pouvoir (note n°32, page 35 : Léon Trotsky,1905, Paris, 1923, Librairie de l'Humanité, p. 211-213)." À la fin de l'année 1917, les Bolcheviques perdirent largement, lors des élections générales au scrutin direct et universel organisées en Russie. En effet, les S.R. (Socialistes Révolutionnaires) récoltèrent 60 % des voix et les Bolcheviques seulement 25 %. Désormais, le contexte était mal engagé pour ce Pouvoir Bolchevique, en vue de la convocation de l'Assemblée Constituante. Mais la Démocratie n'étant pas la "tasse de thé" de Lénine (encore un euphémisme, décidément...), il allait se charger d'expédier manu militari et de jeter cette Assemblée Constituante dans..., "les poubelles de l'Histoire" (selon une expression de Trotsky !)... L'Assemblée Constituante se réunit donc le 5 janvier 1918. Sachant pertinemment, qu'ayant perdu les élections Nationales Russes, les choses tourneraient forcément mal lors le l'Assemblée, afin d'anticiper cette problématique inévitable, Lénine fit entourer le bâtiment de l'Assemblée par des troupes de tirailleurs Lettons et des unités des Marins de Kronstadt. En effet, Lénine était parfaitement conscient que le Parti Bolchevique étant minoritaire (ironique situation pour un Parti signifiant..., majoritaire !), il lui serait impossible de conserver le Pouvoir Absolu sans avoir recours à la force. Durant les pourparlers, Lénine délégua donc l'ingrate mission à l'anarchiste et marin, Anatole Zélesniakov, d'interrompre la séance en prétextant que : "la garde était fatiguée". En réalité, dès le lendemain matin, Lénine signa un décret stipulant que l'Assemblée Constituante était dissoute. Et la Garde Rouge tira sur la foule pour la dispersée faisant de nombreux morts et blessés. Alors que les Bolcheviques se trouvaient, depuis le coup d'État, illégitimement au Pouvoir, Lénine détruisait ignominieusement le dernier espoir attendu depuis des décennies par le Peuple Russe, de voir un jour s'instaurer la Démocratie en Russie, à travers l'institution que représentait l'Assemblée Constituante ! Avec cette dissolution forcée de l'Assemblée, Lénine fomentait-là, le deuxième acte foncièrement anti-Constitutionnel et anti-Démocratique, après celui du coup d'État Militaire du 25 octobre 1917 ! D'ailleurs, le menteur et propagandiste qu'il (Lénine) était, avait bien évidemment fait semblant de réclamer lui-même à cor et à cri la Convocation de l'Assemblée Constituante auprès du Gouvernement Provisoire de Kérenski. Mais ce n'était que de la poudre aux yeux, destinée à lui [Lénine] donner une aura faussement démocratique auprès de la population Russe qui s'était battue pour se libérer du joug Autocratique Tsariste. De plus, durant cette même période, il avait menti en promettant de donner : "Tout le pouvoir aux soviets", la "Paix", le "pain" et "La terre aux paysans et l'usine à l'ouvrier". On ne peut évidement pas reprocher à une partie du Peuple Russe de l'avoir cru à cette époque, puisque ce Peuple, enfin libre, n'espérait que la Démocratie et la Liberté. Tragiquement, un précaire début de Démocratie ne devait réapparaître en Russie que, 74 ans plus tard, après l'effondrement de l'U.R.S.S., en 1991... Donc dès le lendemain du coup d'État d'Octobre 1917, la dramatique réalité consista dans la rapide confrontation du Peuple face à la tyrannie et à la persécution Totalitaire Communiste, notamment à travers : la politique de "Dictature du Prolétariat", le "Communisme de Guerre" (les réquisitions forcées des récoltes agricoles chez les paysans et les "koulaks"), la Guerre Civile, le décret sur la "Terreur Rouge Bolchevique" du 5 septembre 1918, etc.. (pages 27 et 28) : "Les bolchéviks et leurs alliés SR de gauche n'ayant plus aucune légitimité, c'est le signal du déclenchement de la terrible guerre civile qui va ravager le pays durant plus de trois ans. C'est aussi à partir de ce moment que le non-dit des discours et écrits de Lénine va jouer un rôle de plus en plus important. D'abord, de manière insidieuse, par une dérive terminologique, où l'expression "pouvoir des soviets" tend à se confondre avec "État socialiste", "Révolution d'Octobre" et "dictature du prolétariat". Celui-ci, écrit Lénine, appelé à devenir "la classe dominante, le guide des travailleurs, la classe politiquement dominante [...], doit assumer la charge de gérer l'État" (note n°21, page 35 : Lénine, Œuvres, tome 26 (couvrant la période septembre 1917-février 1918), p. 382). Un peu plus loin, il n'hésite pas à affirmer : "En dehors des socialistes utopistes, personne n'a affirmé qu'on pouvait vaincre sans rencontrer de résistance, sans instaurer la dictature du prolétariat et sans empoigner le vieux monde d'une main de fer. En principe, vous l'avez acceptée, cette dictature, mais quand on traduit ce mot en russe et qu'on l'appelle "main de fer" [...], vous refusez obstinément de voir que cette main de fer crée tout en détruisant" (note n°22, page 35 : Ibid, p. 404). Après la dissolution de l'Assemblée Constituante et dès le IIIe Congrès des soviets des 10-18 (23-31) janvier 1918, où presque tous les opposants ont été éliminés, la "dictature du prolétariat" apparaît de plus en plus fréquemment, et il n'est plus question que de "l'organisation du nouveau pouvoir d'État créé par la Révolution d'Octobre". Plus tard, lorsque la terreur aura été instituée en système de gouvernement, Lénine affirmera dans un discours pour le premier anniversaire de la prise du pouvoir, que : "l'important pour nous, c'est que la Tchéka applique directement la dictature du prolétariat, et à cet égard son rôle est inestimable. Il n'existe pas d'autre voie pour libérer les masses, hormis celle de l'écrasement des exploiteurs par la violence. Voilà ce dont s'occupe la Tchéka, voilà son mérite devant le prolétariat". Au fait, qu'est-ce cette dictature du prolétariat ? Le chef d'orchestre nous l'explique : "La dictature du prolétariat est un pouvoir conquis et maintenu par la violence, que le prolétariat exerce sur la bourgeoisie, pouvoir qui n'est lié par aucune loi". Pour ceux qui ne l'auraient pas bien compris, il ajoutera que : "le bon communiste est aussi un bon tchékiste - placé dans une association de consommation, il devra nous amener au moins deux coopérateurs contre-révolutionnaires" (note n°23, page 35 : Ibid., tome 28, p. 173 et 244 (écrit en octobre-novembre 1918), et tome 30, p. 495) : c'est-à-dire moucharder les suspects. Dès ce moment, le communisme devint une école de délation érigée en vertu cardinale de ce régime policier pendant trois-quarts de siècle. (...) La conquête du pouvoir politique était donc chose faite ; il fallait maintenant organiser l'administration de la Russie. Mais cela ne pouvait se poursuivre que par la contrainte, c'est-à-dire la dictature, "pouvoir d'airain, d'une hardiesse révolutionnaire et expéditive, impitoyable quand il s'agit de mater les exploiteurs, aussi bien que les fauteurs de troubles" (note n°25, page 35 : Ibid., p. 275). Ici, le "chef d'orchestre" réapparaît avec une stupéfiante partition : "Que la dictature personnelle ait très souvent été, dans l'histoire des mouvements révolutionnaires, l'expression, le véhicule, l'agent de la dictature des classes révolutionnaires, c'est ce qu'atteste l'expérience irréfutable de l'histoire" (note n°26, page 35 : Ibid., p. 277). Pour augmenter la productivité du travail, en particulier dans la grande industrie, Lénine propose ce qu'aucun révolutionnaire digne de ce nom n'aurait jamais osé imaginer : il faut développer la discipline des travailleurs, introduire le salaire aux pièces, le système Taylor, proportionner les salaires au bilan et aux résultats de la production, s'inspirant du capitalisme le plus avancé. Pour cela, il faut encore une fois une main de fer, un tribunal qui doit être un instrument pour enseigner la discipline. Cela "exige une unité de volonté, rigoureuse, absolue, assurée par la soumission de la volonté de milliers de gens à celle d'une seule personne. Soumission qui rappellera plutôt la direction délicate d'un chef d'orchestre, si ceux qui participent au travail commun sont parfaitement conscients et disciplinés. Elle peut revêtir des formes tranchées, dictatoriales, si la parfaite discipline et la conscience font défaut. Mais de toute façon, la soumission sans réserve à une volonté unique est absolument indispensable pour le succès d'un travail organisé sur le modèle de la grande industrie mécanique" (note n°27, page 35 : Ibid., tome 27, p. 249, 250, 268, 276-279)." Le 3 mars 1918, Lénine finit par signer la paix avec l'Allemagne à Brest-Litovsk. L'intransigeant Trotsky, en tant que Commissaire du Peuple du Sovnarkom (comprendre : Membre du Gouvernement Soviétique) fut chargé de former son Armée Rouge (pages 62 et 63) : "Fini le laisser-aller et la désobéissance, c'est le commissaire du peuple Trotsky qui procède à la nomination des "spécialistes militaires", c'est-à-dire des officiers de l'ancienne armée tsariste. Ils sont doublés de "commissaires politiques", chargés de superviser leurs ordres et qui ont le droit, dans le cas du moindre soupçon de trahison, de les abattre sur place. Pour plus de sûreté, les familles de ces officiers sont prises en otages et garantes de leur loyauté ; en cas de trahison ou de désertion, les représailles s'exerceront sur elles. Peu à peu, de nombreux officiers seront engagés et serviront leurs nouveaux maîtres, certains avec réticence, d'autres avec zèle pour gagner des galons et démontrer leurs capacités et talents. Près de 70 000 officiers de l'ex-armée russe du temps de la guerre de 1914-1917, se retrouveront dans l'Armée rouge, dont 15 000 transfuges ou ayant servi chez les blancs, sur un total de 130 000 membres du commandement. Pour mieux les appâter, la solde des officiers et des commissaires est de vingt fois supérieure à celle des soldats. À l'égard de ces derniers, c'est la même attitude coercitive : en cas de retraite spontanée ou de refus d'obéissance, ils sont décimés. Trotsky, amateurs de belles phrases, ose celle-ci : "La mort probable en avançant, la mort certaine en reculant". Les détachements de partisans qui combattent les envahisseurs allemands et austro-hongrois en Ukraine sont désarmés et répartis parmi d'autres unités pour être "rééduqués" politiquement et "disciplinés", c'est-à-dire, en langage clair, que l'on exécute tout de suite tous ceux qui refusent de s'incliner. Leurs commandants indociles sont attirés discrètement à l'écart et assassinés (note n°14, page 66 : Cf. dans Mémoires et écrits - 1917-1932, de Nestor Makhno, Paris, Éditions Ivrea : "à Tsaritsyne, combat du détachement de Pétrenko contre la fourberie du pouvoir", p. 247-253). Lénine justifie ce procédé : "À la guerre, lorsqu'un lâche est fusillé, ce n'est que justice." Le lâche, selon son raisonnement sophistique, est celui qui refuse d'obéir à un ordre du parti communiste (note n°15, page 66 : Lénine, Œuvres complètes, tome 29, p. 396). Il en sera toujours de même ailleurs, lorsque les meneurs manifesteront des velléités d'indépendance."... P.S. : Ce commentaire étant trop long pour figurer intégralement sur ce site, vous pouvez le retrouver dans son intégralité sur ma page Facebook : "Communisme Totalitarisme (Unvola)".
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