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rhumbs

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Hier et après-demain
Hier et après-demain
Prix : EUR 2,99

4.0 étoiles sur 5 Beckett meets Borges meets Jean-Marie Gourio, 22 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hier et après-demain (Format Kindle)
Partez sur une base du théâtre absurde de Beckett, ajoutez quelques considérations à la Borges ou K. Dick sur les réalités alternatives, assaisonnez de dialogues dignes des Brèves de Comptoir et vous obtenez le désespérément drôle Hier et Après-demain de Patrik Ourednik.

DELETTRE. - La mort est un aboutissement illogique de la vie.
GILLES. - C'est bien ce que je dis, la vie est une connerie.
JEAN. - Moi, je dirais que c'est surtout les gens qui sont cons.
DELETTRE. - Bien sûr, Mais peut-être que si la vie était moins conne, les gens seraient moins cons.
JEAN. - Ça reste à démontrer.
DELETTRE.- J'ai bien peur que nous n'en ayons pas l'occasion.


La tuile de Tenpyô
La tuile de Tenpyô
par Yasushi Inoue
Edition : Broché
Prix : EUR 6,70

2.0 étoiles sur 5 Décevant, 9 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : La tuile de Tenpyô (Broché)
Dans un style plat (je soupçonne la faiblesse de la traduction sur ce point), c'est une litanie de références à des personnages historiques, à des ouvrages bouddhiques qu'il est difficile d'apprécier sans une solide culture chinoise et japonaise. La quête des moines japonais a trop peu de place pour s'épanouir, on a presque l'impression de lire un résumé de texte.


L'autofictif croque un piment : Journal 2011-2012
L'autofictif croque un piment : Journal 2011-2012
par Eric Chevillard
Edition : Broché
Prix : EUR 15,00

4.0 étoiles sur 5 La révélation Agathe Chevillard, 21 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'autofictif croque un piment : Journal 2011-2012 (Broché)
Petite baisse de régime comparé aux précédents opus, la densité de moments géniaux s'est affaiblie. La bonne nouvelle étant tout de même l'arrivée des réflexions poétiques d'Agathe, la fille d'Eric Chevillard, que celui-ci n'hésite pas à rapporter.


L'affaire du chien des Baskerville
L'affaire du chien des Baskerville
par Pierre Bayard
Edition : Poche
Prix : EUR 8,10

3.0 étoiles sur 5 Un contre-enquête littéraire divertissante, 16 juillet 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'affaire du chien des Baskerville (Poche)
Conan Doyles est l'auteur d'une fiction : il a inventé un meurtre, des personnages et des situations cohérentes. Mais, selon le psychanalyste Pierre Bayard, il a conduit inconsciemment son héros Sherlock Holmes vers l'erreur. Pierre Bayard examine les faiblesses du raisonnement de Holmes, avec humour parfois et propose dans les dernières pages une solution tout à fait satisfaisante. En creusant un peu on peut également y relever des incohérences, mais l'exercice est amusant, et constitue un bel exemple de la malléabilité de la matière romanesque.

"Là se situe l'invraisemblance la plus complète du livre, qui confine à l'impossibilité matérielle. Cette impossibilité porte sur la vitesse avec laquelle l'action est sensée se dérouler. Le chien se trouve, d'après l'examen des traces, à une vingtaine de mètres de sa victime, et donc, s'il est lancé à pleine vitesse, à quelques secondes de l'atteindre. Comment penser qu'en une durée aussi brève Baskerville puisse être pris être pris d'une crise cardiaque, en mourir, et que le chien ai le temps de faire un diagnostic suffisamment précis pour décider, au nom de ses préférences alimentaires, de stopper son effort avant d'avoir atteint le corps ?"


Le labyrinthe des jours ordinaires
Le labyrinthe des jours ordinaires
par Pierre Rosenstiehl
Edition : Broché
Prix : EUR 21,00

3.0 étoiles sur 5 La théorie des labyrinthes appliquée à la vie, 30 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le labyrinthe des jours ordinaires (Broché)
Mathématicien, membre l'Oulipo, Pierre Rosenstiehl explore la matière symbolique et mathématique des labyrinthes dans trois récits parallèles.

Il introduit chaque thème de manière plus ou moins onirique par un souvenir d'enfance centré sur la découverte d'une sensation ou la compréhension d'un certain agencement des choses. Le sujet est alors théorisé dans une forme similaire aux dialogues Platoniciens : les dieux de l'Olympe discutent autour d'un festin de la nature des labyrinthes, de la manière d'arpenter systématiquement leurs couloirs, et vont jusqu'à construire d'astucieux algorithmes précurseurs des calculs informatiques répartis. Une histoire contemporaine complète le triptyque. Un mathématicien optimise le logiciel phare d'une société high tech, puis organise un voyage à Naples et Pompéi, prétexte à sonder sa compagne de voyage. C'est la partie la plus faible à mon goût, même si la fin réserve une petite surprise.

Il s'agit d'une tentative de reconstruction d'une pensée, et finalement d'une vie. Semblable à Thésée jeté dans le labyrinthe, Pierre Rosenstiehl entreprend de démêler les pensées qui le constituent depuis l'enfance.

"Ainsi marmonne l'auteur devant sa page blanche, persuadé que l'intuition crétoise du fil donne une réponse à la question omniprésente : comment explorer un labyrinthe ? Ou, ce qui revient au même : comment, du chaos intuitif de notre esprit, extraire une pensée linéaire ?"


Classé sans suite
Classé sans suite
par Patrik Ourednik
Edition : Broché
Prix : EUR 9,20

4.0 étoiles sur 5 échec et mat, 27 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Classé sans suite (Broché)
Sur la première page, le diagramme d'une partie d'échecs. Suivent quelques chapitres qui semblent mettre en place un roman policier sympathique, avec deux principaux protagonistes : un vieux misanthrope aigri se moquant de ses semblables jeunes ou moins jeunes, et un inspecteur enquêtant sur plusieurs crimes et accidents, dont le suicide qui inaugure le livre. Cela se passe dans un quartier de Prague où le soleil estival infuse la nonchalance, avec maison de retraite et bancs publics, offrant le cadre idéal où se poser pour disputer une bonne partie d'échecs.

Et c'est dans un jeu similaire que le lecteur se laisse entraîner. Car après ces coups d'ouverture ou l'on pensait avancer sur un terrain connu, la partie va se complexifier sacrément.

Les pistes ne manquent pas, des liens apparaissent entre les personnages. Mais tout reste vague et on sent que le propos du livre se trouve au delà de l'énigme policière. L'auteur l'avoue lui-même, et la postface nous conforte dans cette vision, tout en nous donnant quelques hypothèses tout de même. Le rythme de lecture ressemble à celui d'une partie d'échecs : chaque chapitre, court, limpide, drôle, apporte un nouvel éclairage, de nouveaux questionnements sur le roman, comme le fait pour un joueur d'échec chaque coup de son adversaire. Le lecteur essaie de comprendre comment ce qu'il vient de lire s'emboîte dans le reste de la structure, il émet des suppositions sur les possibles développements. C'est son coup. Alors il peut se plonger dans le chapitre suivant, en espérant que ce qu'il a imaginé ne soit pas mis en défaut par l'auteur.

Il me reste l'impression bizarre et agaçante d'être passé à côté de l'histoire, de ne l'avoir pas saisie, tout en sachant que des relectures aboutiront au même résultat et que probablement le but de l'auteur était de justement provoquer ce sentiment.


Le chat de Schrödinger
Le chat de Schrödinger
par Philippe Forest
Edition : Broché
Prix : EUR 19,90

3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Étonnantes et belles méditations sur les limites de la réalité, 17 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le chat de Schrödinger (Broché)
Dans la célèbre expérience imaginée par Schrödinger, l'existence d'un chat enfermé dans une boîte est conditionnée par l'état d'une particule radioactive. Selon la théorie quantique, le chat de Schrödinger est à la fois vivant et
mort tant que la boîte n'a pas été ouverte.

Dérangeantes d'un point de vue logique, les conclusions de l'expérience restent cependant fidèles à notre perception des félins - animaux imprévisibles et furtifs par excellence. Ainsi il a fallu plusieurs jours au narrateur pour se convaincre qu'un chat visitait le jardin de son pavillon de bord de mer.

Philippe Forest brode son livre en alternant des chapitres de vulgarisation scientifique et philosophique avec le récit de sa cohabitation de quelques mois avec le chat. Il spécule sur le réel et ses potentialités, sur les fantômes de nos vies, la rêverie, la littérature, les contes japonais ; construisant des ponts entre théories scientifiques et mythes, dans des nœuds de métaphores éclairées et consistantes dans leur enchaînement.

C'est un travail d'exploration des limites de la réalité, où l'écrivain dépose ses derniers espoirs de retrouver l'âme de sa fille disparue. Dans les mondes parallèles, dans le spectre du chat...

Le rythme de lecture est soumis à une belle trouvaille de mise en page : les paragraphes - courts - sont séparés par des espaces plus ou moins grands, respirations qui inviter à méditer un moment avant de continuer, à rêver : à entrer dans les mondes éthérés, les entre-deux explorés dans le livre, comme des idées autonomes au sein des thématiques de chaque chapitre. On voit la pensée qui se construit peu à peu, se déploie, se renforce, étend sa poétique ; on s'imagine le temps écoulé entre la composition de chaque fragment, sur la terrasse du jardin à la tombée de la nuit, un verre de whisky à portée de main.

Le livre étonne par sa structure claire, en parties, chapitres et paragraphes bien identifiés et d'agencement très logique. D'où émane cependant une grande liberté dans une atmosphère oscillant entre le fantastique, le conte, la philosophie, les considérations scientifiques, le roman. Il propose un flou signifiant.

"Celui qui raconte se contente de découper dans la réalité une portion d'espace dont il décrète qu'elle recueille, sous forme d'ombres, l'image de tout le reste."

On pense beaucoup à Borges évidemment. J'ai trouvé aussi un trait d'Eric Chevillard dans la liberté de ton, le très beau style et l'organisation en fragments faussement improvisés. Mais il y a vraiment quelque chose de profond et propre à l'auteur, qui me donne envie d'explorer le reste de l'oeuvre de Philippe Forest.


Des souris et des hommes
Des souris et des hommes
par Joseph Kessel
Edition : Poche
Prix : EUR 6,40

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Le coeur des hommes, 28 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Des souris et des hommes (Poche)
Le titre magnifique condense un roman déjà très court, allant à l'essentiel.

Les souris sont celles qu'aime caresser Lennie, simple d'esprit et force de la nature qui se fourre régulièrement dans des embarras plus ou moins graves dont le tire heureusement son copain Georges.

Dans l’âpre contexte de la grande dépression, les deux hommes tentent de gagner leur subsistance en tant que journaliers de ferme, vagabondant de ferme en ferme. Ils n'ont rien, si ce n'est l'amitié qu'ils se portent et l'espoir fou d'acheter une petite ferme. Ils côtoient d'autres existences fragiles : le noir au dos démoli, renfermé dans sa solitude nécessaire ; le fils du patron, hargneux et jaloux, dont la femme s'ennuie ; le vieil homme rêvant lui aussi de jours meilleurs, accompagné de son chien déclinant.

L'effrayante impression d'un dénouement tragique va progressivement s'affirmer, entre les souris et les hommes, dans les destinées du vieux chien et du chiot dont héritera Lennie. L'oeuvre ne laisse planer aucun doute sur son issue. Les suggestions s'accumulent, se répondent et s'amplifient en dépit des précautions des acteurs du drame. Il n'y aura pas de sauvetage de dernière minute, pas de retournement de situation.

Alors on se raccroche aux dialogues pleins d'attention. Sur le besoin de l'autre, sur les espoirs qui soutiennent le désir de vivre. On pourrait craindre le mélo, mais la compacité du roman, l'absence totale de fioritures, et son aspect inéluctable le font basculer du côté du conte, du mythe.


L'auteur et moi
L'auteur et moi
par Eric Chevillard
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Chevillard au meilleur de sa forme, 13 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'auteur et moi (Broché)
Ça démarre comme une bluette fraîche et légère. Un homme aborde une jeune fille en terrasse d'un café et lui conte sa mésaventure : on lui a servi du gratin de chou-fleur en lieu et place de la truite aux amandes qu'il espérait.

Dans un un long monologue surréaliste, très drôle dans son éloquence magnifique, outrancière, le narrateur fait appel aux sentiments les plus hauts, ose des comparaisons extrêmes pour caractériser les deux plats qui définissent l'alpha et l'oméga de ses considérations esthétiques :

"Car ce sont bien les vapeurs lourdes du gratin de chou-fleur s'exhaussant non sans mal jusqu'au ciel comme un obèse rejoint sa mansarde en soufflant à chaque marche, en stagnant une heure ou deux sur chaque palier, qui forment à la fin cette couverture de nuages pommelés dans lesquels s'embourbent nos rêves, nos prières et nos fusées."

S'en suit un jeu de variations autour de ce thème culinaire. Une phrase induit la suivante, étoffe la somme de métaphores et d'arguments sans se soucier de contribuer à une histoire, dans un procédé dont est coutumier Eric Chevillard. La logorrhée est agrémentée d'observations amusantes sur les promeneurs autour du couple.

L'auteur, craignant qu'on ne l'identifie au narrateur, intervient régulièrement dans des notes de bas de page pour affirmer sa différence (ce qui est prudent, on commence en effet à soupçonner que le narrateur a puni un peu durement la personne lui ayant servi le gratin de chou-fleur) et en profite pour nous livrer quelques considérations autobiographiques. Il brode sur sa timidité enfant, imagine les interprétations que l'on fera de son livre et s'inquiète de la disparition du goût pour la littérature aujourd'hui (grandiose et déprimante note 30).

Le contraste entre l'absurdité du sujet et la précision stylistique est saisissant. C'est comme si Chevillard voulait s'échapper du sérieux, du pompeux de la vie, s'échapper dans la littérature, uniquement elle, évitant surtout la profondeur de thèmes artistiques ou philosophiques, pour se moquer de la réalité.

Et puis, au moment ou l'on commence à fatiguer de ce monologue répétitif, l'auteur ouvre un deuxième récit dans les notes. Il nous raconte l'histoire de Blaise qui, dans son désir de fuir les forces de l’ordre, se met en tête de marcher sur les traces d'une fourmi, et ce faisant trouve une direction à sa vie.

La fourmi lui permet de faire connaissance avec une jolie passante, dont le mollet puis la cuisse sont pris d'assaut par l'infatigable insecte ; puis d'un tamanoir échappé d'un cirque et enfin d'un enfant.

Poursuivant son lent road-trip myrmicéen, Blaise nous conte les événements qui précipitèrent sa fuite, dans lesquels nous retrouvons Albert Moindre et ses parents éclusiers protagonistes du précédent roman d'Eric Chevillard.

La lecture s'est transformée en promenade agréable, on se penche sur une jolie phrase ici, on sourit aux idées lumineuses, tout en suivant cette fois un chemin mieux balisé, menés par une fourmi décidée, qui se révélera moins innocente que de premier abord.

Au final un excellent cru.


Les Fleurs bleues
Les Fleurs bleues
par Raymond Queneau
Edition : Poche
Prix : EUR 7,00

Aucun internaute (sur 3) n'a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Quelques bons moments, 27 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Fleurs bleues (Poche)
Cidrolin vit sur une péniche avec sa fille. Il regarde la vie de manière un peu amusée, distanciée et désabusée, semblable à bien d'autres personnages de Raymond Queneau : il repeint sa clôture, tente avec difficultés de se faire servir un repas satisfaisant, s'enfile des verres d'essence de fenouil et rêve. Il rêve du Duc D'Auge, sorte de double parcourant l'Histoire depuis le Moyen Âge jusqu'à rejoindre Cidrolin dans les derniers chapitres.

Le Duc ne fait pas dans les sentiments. Accompagné de ses chevaux Sthène et Stèphe - dotés de parole, il castagne à tour de bras, sans omettre les quelques religieux qui l'entourent. Il traverse la révolution Française comme un événement secondaire, fréquente un alchimiste, pratique la peinture rupestre. .. Tout ça semble brouillon, on ne saisit pas vraiment les motivations du Duc D'Auge, ni la finalité d'une telle débauche d'activité.

Issu de ces temps sans modernité technique, il pourrait se rapprocher du fantasme de la nature brute de l'homme, de la simplicité directe du subconscient, celui de Cidrolin en l’occurrence. La rencontre du Duc et de Cidrolin permettront d'ailleurs d'élucider quelques énigmes dans le comportement de ce dernier.

Les calembours m'ont parfois amusé ; certains passages furent sources de déambulations sur Wikipédia ; mais au final je ne garde rien d'essentiel de la lecture de ce livre au programme prometteur mais dont le patchwork de saynètes décousues reste trop sibyllin.


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