Profil de KLINGSOR > Commentaires

Fiche d'identité

Contenu rédigé par KLINGSOR
Classement des meilleurs critiques: 1.357
Votes utiles : 218

Chez vous : découvrez nos services personnalisés en pages d'aide !

Commentaires écrits par
KLINGSOR

Afficher :  
Page : 1 | 2 | 3 | 4
pixel
Beethoven : Les Symphonies (5 CD)
Beethoven : Les Symphonies (5 CD)

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 La quadrature du cercle: tout le "confort moderne" avec les exigences des "baroqueux" !, 15 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Beethoven : Les Symphonies (5 CD) (CD)
A quoi bon, en 2014, commenter une intégrale parue plusieurs années auparavant et déjà critiquée ici-même ?
Primo, condition sine qua non: parce que je suis en train de la découvrir, certes avec quelques années de retard. Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Secundo, parce qu''il s'agit pour moi de réagir aux critiques précédentes, qui ravalaient cette interprétation et la qualité de cet orchestre au rang d'amateurs enregistrant en 2 coups de cuillère à pot, sans la moindre idée directrice.
Depuis la première intégrale de Frans Brüggen, chez Philips (celle de Roy Goodman, chez Nimbus tenait plus du prototype; et assez mal enregistrée, par dessus le marché) les interprétations des symphonies de Beethoven sur instruments d'époque ne font plus peur à personne. Sauf aux chefs traditionnels qui ont dû voir, pendant un certain temps, d'un mauvais oeil ces "baroqueux" qui osaient étendre leur répertoire au-delà du classique et empiéter sur leurs plates bandes.
Je crois que ce qui chagrine nos si méchants détracteurs, c'est que Chailly, chef "non baroqueux", réussit, contrairement à d'autres de ses collègues, la "quadrature du cercle" la plus convaincante: avec un orchestre d'une telle tradition, et en gardant ses qualités de beauté instrumentale absolue, lui insuffler l'énergie, l'urgence, le nerf des interprétations baroques. Ce que Christian Thielemann ne risque pas d'entreprendre avec la Staatskapelle de Dresde, plus influencé par Furtwängler que par Harnoncourt, par exemple.
Je recommande donc chaudement cette intégrale qui allie les qualités d'un orchestre "moderne" aux recherches de ces 30 dernières années.
Est-il besoin de relever la médiocrité d'argumentation qui juge de la qualité d'un chef au nombre de ses photos dans le livret ?
Je reviendrai juste sur l'argument des "tempi". Le minutage d'un mouvement ne signifie rien dans l'absolu, en dehors de tout contexte. Un tempo n'a de sens que lorsqu'il suit celui du mouvement précédent ou précédant le suivant. Un mouvement qui pourra paraître rapide écouté à part, semblera équilibré, "logique", dans une écoute continue de la symphonie. Et puis, on n'a pas attendu Chailly pour découvrir des tempi "énergiques" chez Beethoven; à commencer par Toscanini. Enfin, soyez rassurés, ça n'est pas un hystérique sous cocaïne qui a enregistré ce cycle (complété d'ouvertures): les plages de "repos" sont nombreuses. Nul risque de tachycardie, je vous l'assure.
J'ai été très surpris de lire ces critiques si virulentes, déchaînées à l'encontre de Riccardo Chailly.
Je suis d'autant plus agréablement surpris face à cet enregistrement que je peste souvent face à ces énièmes versions d'oeuvres déjà archi-enregistrées. Cette intégrale me fait mentir: ça n'est pas une intégrale "de plus" ni, encore moins, "de trop". Elle a sa place au panthéon des plus réussies, n'en déplaise à ceux qui considèrent que 300 acquiescements à la lecture d'un commentaire, par 300 personnes qui n'ont pas écouté les disques est une preuve définitive de qualité ou de médiocrité. Bonne écoute !


Mozart : les Quatuors à cordes / Quatuor Hagen
Mozart : les Quatuors à cordes / Quatuor Hagen
Prix : EUR 34,68

5.0 étoiles sur 5 La perfection !, 12 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mozart : les Quatuors à cordes / Quatuor Hagen (CD)
Qu'ajouter ?
Certes, cela fait un peu court pour me croire sur parole. Mais tout y est: la qualité du son, rond, brillant. L'humour, l'énergie, l'urgence, quand il le faut. Mais l'abandon, la tendresse et la "suspension", aussi. Prise de son de qualité supérieure au niveau de l'interprétation. On ne s'ennuie jamais. A classer à côté des Berg dans Beethoven. C'est peu dire !


La Chanson d'Hélène
La Chanson d'Hélène
Prix : EUR 0,99

4.0 étoiles sur 5 L'émotion brute, 12 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Chanson d'Hélène (Téléchargement MP3)
La plupart des gens se remémore leurs "disparus" en feuilletant des albums-photos.
C'est pourtant le son de la voix qui, au fil des ans, finit par s'estomper.
Ici, c'est l'occasion de retrouver celle de Romy Schneider, disparue il y a déjà 32 ans, comme le spectateur l'a connue, au meilleur de ses films, au pire de sa vie privée: douce, frémissante, émue.
Avec cette chanson, nous n'oublierons jamais sa voix...


Folk Songs
Folk Songs
Prix : EUR 15,99

2.0 étoiles sur 5 Déception..., 12 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Folk Songs (CD)
Une fois de plus, j'aurais adoré dire du bien de ce récital; car ils ne sont pas fréquents, ceux qui réunissent un programme aussi original.
Malheureusement, quand on a Victoria de Los Angeles et Cathy Berberian dans les oreilles, à quoi bon ?... Alors, vous me direz (je l'entends déjà d'ici...): "Les artistes ne vont tout de même pas se priver de chanter le répertoire, sous prétexte que d'autres l'ont déjà très bien fait avant eux !" Certes. Mais de là à l'enregistrer...
On ne reviendra pas sur les "moyens" mis en oeuvre pour le CD: un chef excellent pianiste. Des arrangements pour varier les atmosphères. Une voix de belle qualité, même si le vibrato gâche une partie du plaisir. Oui mais...
La mariée est trop belle... Ce qu'ils manque ? Je parle là pour les 2 cycles les plus importants du disque, dus à de Falla et Berio: l'esprit ! De sa belle et grande (grosse diront les mauvaises langues...) voix, madame Gubisch dramatise tout, transforme ce qui n'est qu'esprit piquant, ironie, humour, légèreté et clin d'oeil en scènes d'opéra grandiloquentes. Tout est interprété comme s'il s'agissait de la scène d'Ulrica du II. Bon, d'accord, dans les 7 canciones, il y a la "nana", pur moment de grâce, le "polo" où, en effet, on peut se permettre d'en faire un peu "plus". Mais le reste du temps, ces scènettes demandent plus de texte et d'esprit que de voix et de décibels... Certains chanteurs, rompus eux aussi à l'opéra, ont su s'y plier, malgré leur "instrument". Et d'autre pas... Quant aux "Folksongs", Cathy Berberian n'était pas ce qu'on peut appeler une voix "lyrique", mais a su leur rendre justice parce, justement, ça n'est pas du "son" qu'on vient chercher là. Mais à quoi bon ce commentaire de regrets, puisque le disque a d'ores et déjà obtenu de multiples récompenses... Les critiques musicaux dont c'est le métier ont certainement des oreilles plus affûtées que les miennes et un goût encore plus sûr...
PS: et, comme d'habitude: "Ce commentaire n'engage que moi"...


Lalo:Cello Ct/Caplet:Epiphanie
Lalo:Cello Ct/Caplet:Epiphanie
Prix : EUR 6,99

2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Magnifiques (re)découvertes !, 4 juin 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lalo:Cello Ct/Caplet:Epiphanie (CD)
Re-découvertes à tous points de vue: avec les oeuvres et avec leurs interprètes.
Dire que le concerto pour violoncelle de Lalo n'est pas celui qu'on croise le plus souvent au concert est au-dessous de la vérité; Elgar, Dvorak, Haydn faites un peu de place à votre collègue, que diable ! Car franchement, quelle oeuvre ! Flamboyante, virtuosissime, tout empreinte d'un lyrisme opératique auquel la magnifique direction de Dutoit évite la lourdeur, l'empâtement par son urgence, sa "nervosité" en totale adéquation avec le sublime violoncelle de Lodéon. Ici, contrairement à beaucoup d'enregistrements de concertos, l'orchestre n'"accompagne" pas le soliste mais le précède, lui répond dans un dialogue permanent. Quel dommage que Frédéric Lodéon aie mis fin aussi tôt à cette carrière-ci... Mais quel plaisir de redécouvrir son talent !
Et quel tristesse que la disparition, à 46 ans, d'un compositeur au talent si prometteur que celui d'André Caplet, dont Debussy disait le plus grand bien. Il va sans dire que l'esthétique n'est plus celle de Lalo. La pâte de l'orchestre est plus transparente. Cette "épiphanie" connaît ses moments de mystère, comme d'autres, empreints d'humour (le 3ème mouvement).
Certes, le minutage de ce disque est FORT chiche: 45.47 ! Mais trouver un couplage cohérent, avec les mêmes interprètes a dû se révéler difficile. Il leur sera donc beaucoup pardonné, d'autant que l'intensité de ces deux oeuvres pallie cette pingrerie.
A un tel prix (doux), ces 2 oeuvres par ces artistes: absolument aucune raison de s'en priver !


Schumann: the Symphonies
Schumann: the Symphonies
Prix : EUR 23,00

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Divine surprise !, 31 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Schumann: the Symphonies (CD)
Après la co-offensive discographique Nézet-Séguin/Dudamel de ces derniers mois chez Deutsche-Gramophon, la réaction légitime devant ce énième nouvel enregistrement était "Encore un?!".
Eh bien, il aurait été fort dommage de passer à côté.
Schumann semble connaître un regain d'intérêt discographique, ces derniers temps. Peut-être parce qu'il s'agit d'un compositeur difficile à apprivoiser, tant pour ses interprètes que pour l'auditeur. Les tentatives se sont multipliées, mais les réussites, finalement, pas tant que ça. Au point de retourner, la plupart du temps, vers la mythique intégrale Sawallisch, pour les réfractaires aux versions "historiquement informées". Ou vers celle de Gardiner, pour ceux qui ne le sont pas.
Bonne nouvelle: celle intégrale allie l' allègement des "baroqueux" sans leurs excessives courses à l'abîme en matière de tempo et garde, malgré tout, une approche assez classique, qui ravira les tenants d'une certaine tradition. Un juste milieu qui n' est pas pour autant dépourvu d'énergie, de tension, de tendresse ou de mystère. Car cette interprétation saura surprendre, au détour de mélodies qu'on croyait connaître par coeur, par des accents, des phrasés inhabituels, qui éclairent ces symphonies d'une lumière nouvelle.
Peut-être notre bonheur aurait-il été complet si nous avions pu les découvrir grâce aux timbres si savoureux d'instruments d'époque. Mais il ne faut pas bouder notre plaisir: voici une nouvelle version pleine de saveur, de surprises qui, malgré tout, n'emprunte pas la voie des excès et saura satisfaire le plus grande nombre. A classer entre Sawallisch et Gardiner.


Stravinsky: Le sacre du printemps - Mussorgsky: Tableaux d'une exposition
Stravinsky: Le sacre du printemps - Mussorgsky: Tableaux d'une exposition
Prix : EUR 8,99

2.0 étoiles sur 5 J'aurais aimé aimer..., 11 mars 2014
Je suis fan de tout de qui est arrangements, orchestrations, transcriptions, transpositions... au piano, à la harpe, pour instruments à vents, à l'accordéon... de pièces originellement composées pour d'autres formations.
C'est donc, tout naturellement, que je me suis rué sur cette réduction/transcription pour quintette à vents/cuivres du Sacre et des Tableaux.
Las... Toute la sauvagerie du Sacre a disparu. Certes, sans s'adjoindre la moindre percussion, j'aurais pu "tiquer" avant de faire mon achat. Mais le musicien qui s'est chargé de cette version "digest" (en durée: 21mn au lieu d'une 1/2h pour les plus rapides à sensiblement 10mn de plus pour les autres) semble avoir eu pour ligne directrice de transformer en bluette, en musique de divertissement l'une des plus incroyable déflagration -toujours actuelle- de l'histoire de la musique: toute violence en est gommée, aucun accent mordant, violent ! Je n'en veux que pour preuve l'accord final, qui doit vous soulever de votre siège: ici, un ridicule "pouèt" qui n'effraierait même pas une biche sur ses gardes ! D'un feu d'artifice, il en fait un infâme crépitement de pétards mouillés !
Alors, oui: de temps en temps, et même, souvent, on "reconnaît" le sacre; parce que Stravinsky a fait la part belle aux instruments utilisés ici. Mais l'esprit en est dilué, perdu. Un magistral coup d'épée dans l'eau. Affadir le Sacre à ce point et le transformer en musique de fond pour salon de thé anglais, c'est un comble ! À moins d'avoir voulu le rendre "digeste" aux oreilles sensibles.
Pour ce qui est des "Tableaux", le naufrage est moins grand: l'oeuvre est fractionnée en tant de "numéros" que la plupart colle parfaitement à ce travail; les "promenades", notamment; ou Gnomus. Il vecchio castello, Tuileries, Bydlo. En particulier parce que l'orchestration de Ravel fait appel à ces même instruments. Mais, là encore, que cela manque de nerfs dans les morceaux qui le requièrent ! Pour ne pas utiliser de percussions, les instruments, par leurs accents auraient pu pallier cette absence. Que nenni ! Ici, tout n'est que "calme, luxe et volupté" ! Tout cela manque de nerf: c'est joli, parfaitement "fini"... mais insipide. Et cette fin de la Grande porte de Kiev ! Où sont la force, la majesté ? On ne reconnaît même plus l'oeuvre avec ces derniers accords rachitiques !
La déception est à la hauteur de l'espoir: grande !
Dommage...


Hannibal - Saison 1
Hannibal - Saison 1
DVD ~ Mads Mikkelsen
Proposé par DVDMAX
Prix : EUR 20,89

5 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 N'est pas "Dexter" qui veut..., 12 février 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hannibal - Saison 1 (DVD)
"Dexter" a fait apparaître sur le petit écran un type de personnage tout à fait nouveau: le "serial-killer"... sympathique !
En effet, ses crimes répondent à certains critères qui, à tord ou à raison, sont sensés nous le rendre "amical":
avant toute chose, il tue des... "méchants" ! Ahhhh, cette régression au monde de l'enfance où tout est blanc ou noir, gentil ou "méchant"... Alors, au fond de nous, et même si, moralement, un crime reste un crime, on lui en veut moins que s'il tuait une victime innocente... D'autant que, pour ce faire, il suit ce qu'il appelle son "code", hérité de son père. Il le suit dans le choix de ses "victimes", al façon d'opérer... Du "code" de Dexter comme caution morale à notre acceptation immorale du crime !
Enfin, si Dexter est ainsi, c'est, bien sûr, parce qu'il a subi un trauma durant son enfance. Ce qui peut "expliquer" sert, en fait, d' "excuse", comme s'en servirait n'importe quel avocat de la défense, s'il avait à défendre Dexter...

"Eh oh, monsieur ! Vous vous êtes trompé de commentaire ! Ici, c'est "Hannibal" qu'on critique !"
J'y viens... ;-)

Surfant sur le succès de "Dexter" et celui du concept un peu spécieux de "serial-killer charismatique", des scénaristes ont imaginé s'emparer du mythique Hannibal Lecter pour suivre le même chemin.
Oui, mais...
Contrairement à Dexter, Hannibal n'a absolument rien de "sympathique". Du charisme, il en a: dandy toujours tiré à 4 épingles, adorateur des arts, cuisinier hors pair... Mais il est absolument impossible, à moins d'être soi-même serial-killer ou assez pervers pour apprécier un cannibale à l'oeuvre, de ressentir de l'empathie pour ce personnage froid, méthodique, incapable, lui-même d'une empathie véritable pour son prochain (il finit par se débarrasser de tout le monde, victimes ou "amis" qui se mettent en travers de son chemin ou qui ne lui sont plus utiles).
Et c'est là où il rejoint, une dernière fois, Dexter qui, dans la fin de la série, faute de scénaristes ingénieux ou à cause de scénaristes dont l'imagination s'est essoufflée au fil des saisons, finit par tuer "en dehors du code", tous ceux qui se mettent en travers de son chemin et risquent de le démasquer. D'où l' immense déception de ses "fans" et leur désaffection de la série.

A moins, je le répète, d'éprouver de la sympathie pour les serial-killers, je ne vois absolument pas comment on peut "tenir" le concept de cette série jusqu'au bout.
D'autant qu'il ne fait aucun cas des personnages pour lesquels on sent, du coup, de l'empathie, je veux parler de Will Graham, dont je ne dévoilerai pas le sort.
En gros: les "bons" se font avoir et le méchant s'en sort.
Avant même d'acheter ce coffret, cela saute aux neurones: on ne peut pas développer une série autour d'un personnage aussi monstrueux et le tuer à la fin de la première saison...
Je suis, aussi, très réservé sur le personnage pétri d'incohérences de Jack Crawford, interprété par Laurence Fishburne.
Il ne suffit pas d'imaginer des crimes au moins aussi odieux et spectaculaires que ceux de "Seven" pour réussir un série.

"Hannibal" tente de mettre à profit ce qu'il y a de voyeur, de malsain et d'immoral en nous, suivant en cela une mode de notre société actuelle pour le sensationnalisme débridé.
C'est donc sans moi qu'Hannibal poursuivra ses crimes, même si je reconnais le talent de son interprète, sublime acteur, quoi qu'il joue.


The Verdi Album
The Verdi Album
Proposé par Expédition Express
Prix : EUR 13,85

3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Superlatif, mais..., 3 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : The Verdi Album (CD)
Au lendemain de l'année Verdi et de la multiplicité de récitals édités à cette occasion (Domingo, Netrebko, Beczala...), plutôt que d'intégrales d'opéras, malheureusement ( à la notable exception du superbe "Otello" de Muti capté en direct à Chicago), il est indéniable que le CD de Jonas Kaufmann se situe bien au-dessus des autres.
Je ne reviendrai pas sur ses qualités: elles ont été mille fois exprimées, avec excès, parfois...
Je me permettrai donc d'apporter seulement quelques réserves qui, comme d'habitude, n'engagent que moi...

Dans la panoplie de rôles que Kaufmann interprète dans ce CD, c'est une gageure, voire une provocation, que de commencer par le Duc de Mantoue pour finir par Otello, car tout amateur de l'opéra verdien sait qu'ils ne requièrent absolument pas la même vocalité.
Le « Duc » est un rôle brillant auquel aucun ténor ne peut résister. Même lorsqu’il n’est plus tout à fait capable de lui rendre justice, ne serait-ce qu’en chantant TOUTES ses notes. Je ne parle pas, là, des suraigus facultatifs, même si électrisants, que bien des ténors suppriment. Mais de ces vocalises sur lesquelles des ténors trop « lourds » patinent, qu’ils « savonnent » voire évitent, en supprimant quelques notes au passage. Le caractère du rôle s’en trouve faussé, gommant une partie de son côté brillant, désinvolte et cynique au profit d’un côté sombre et alourdi dont rien ne prouve (et surtout pas la musique du Duc !) que Verdi le désirait pour son personnage.
Je n’en voudrai pas à Jonas Kaufmann de s’être fait plaisir, peut-être pour la dernière fois, en enregistrant cet air, mais il me semble symptomatique du caractère uniformément sombre et dramatique dont il pare l’interprétation de ses personnages, même quand ceux-ci ne le nécessitent pas, voire, demandent une vision tout à fait opposée. Le rôle du Conte, dans « Un ballo in maschera », n’est pas celui d’un être uniformément sombre et torturé. Il est, d’une autre façon que le Duc de Mantoue, solaire, généreux, gai et optimiste. Son entrée, l’une des plus élégante et enjouée parmi les personnages verdiens, ses premiers airs (dont celui enregistré ici « Di tu se fedele »; mais aussi: « E scherzo od’ è follia ») sont emprunts d’humour et d’ironie. Pas étonnant qu’on aie trouvé parmi leurs meilleurs interprètes Carlo Bergonzi et Luciano Pavarotti, exemples, chacun, d’élégance et d’ « ensoleillement » dans le timbre. Jonas Kaufmann ne peut offrir cela avec son timbre barytonnant. Bien !
Mais il n’essaie pas de pallier ce « défaut » par son interprétation. Et c’est là, où, à mon sens, le bât blesse.
Toutes les nuances dont Kaufmann fait preuve -et en cela, bien plus que la plupart de ses collègues- ne suffisent pas à rendre le caractère d’un personnage qui ne s’accommode pas d’un timbre déjà sombre.
Ça n’est pas que Kaufmann ne PEUT PAS chanter Alfredo de la Traviata, ou Riccardo d’un Ballo, ou le Duc de Mantoue: il en a les notes et est capable de nuances. Mais son timbre barytonnant ne rend pas justice au caractère léger, rayonnant… de ces personnages. Tout comme Placido Domingo, aujourd’hui, avec son timbre de ténor grave ne peut « sonner » baryton à nos oreilles, malgré tous les efforts de marketing et des journalistes pour nous le faire croire.
Le plus amusant, d’ailleurs, serait qu’ils enregistrent un disque de duos, comme l’avaient fait en leur temps, Bergonzi et Fischer-Dieskau: nous entendrions, alors, un baryton à la voix claire de ténor et un ténor au timbre barytonnant, renversant tous les codes établis en ce domaine par Verdi et perturbant notre écoute, habituée au contraire. Car, même s’il y aura toujours des amateurs d’ « échangisme vocal », Verdi n’attribuait pas les typologies vocales de ses personnages à la légère.
Quels cris n’entendrions-nous pas pousser si l’on faisait enregistrer l’Otello de Verdi à Juan Diego Florez ! « Il n’a pas la voix du rôle ! Trop Légère ! Trop claire ! » Tout est pourtant possible en studio…
Et bien, qu’on me permette de considérer qu’un Duc de Mantoue « sombre » n’est pas plus à sa place qu’un ténor léger dans Otello, quand il ne « rattrape » pas ce à quoi l’oblige son timbre par son interprétation …
Le plus grand paradoxe de ce disque, à mon avis toujours aussi subjectif…, c’est qu’on ne découvre l’adéquation parfaite entre un timbre, une interprétation et un rôle qu’en fin de disque, dans cet Otello que la planète entière attend de lui et qu’il commence à nous livrer par bribes.
Oserai-je avancer que, malgré le soin apporté aux nuances, tout le reste du disque « sent » le studio et ses contraintes, alors qu’avec ces deux extraits de l’ultime chef d’oeuvre de Verdi, nous sommes d’emblée au théâtre ? Toute la différence entre un acteur qui « joue » et celui qui « est »: Kaufmann « chante » tous les autres, et globalement, superlativement; mais il « est » le maure dans ces deux plages. Ce qui laisse augurer d’une incarnation exceptionnelle d’engagement et d’émotion. Pourvu que ses futurs partenaires le rejoignent sur ces cimes et « soient » leurs personnages, plutôt qu’ils ne les chantent.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (15) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 3, 2014 3:51 PM MEST


Quatre derniers lieder. airs tires de arabella, capriccio & le chevalier a la ro
Quatre derniers lieder. airs tires de arabella, capriccio & le chevalier a la ro
Prix : EUR 23,00

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Court mais... sublime !, 31 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
53 minutes le CD, c'est chiche, certes. Mais quelle beauté !
Sir Georg Solti disait de l'une de ses chanteuses préférées (Kiri te Kanawa ? Renée Fleming ?) qu'elle possédait un timbre "double (ou triple...) crème".
A n'en pas douter, il aurait "fondu" en découvrant celui d'Anne Schwanewilms, à classer parmi les précédentes, comme parmi ceux de Gundula Janowitz ou Margaret Price.
Du moelleux pour les oreilles et l'âme, qui ne s'altère pas dans un jeu de dynamiques rarement entendu ailleurs.
Mais la pure beauté vocale ne suffit pas. Le risque, avec les "4 derniers Lieder", c'est de disposer d'une voix sublime et d'un orchestre au son tout aussi voluptueux, mais qui ne disent rien et, surtout, ne dialoguent pas, ne se répondent jamais. Rien de tel ici: la soliste et le chef avancent main dans la main dans les intentions et les dynamiques.
De loin, à mon humble avis, la plus belle version récente de cette oeuvre.
Les "compléments" bénéficient de la même attention et achever l'écoute de ce CD par le sublime trio de l'acte III du "Rosenkavalier", c'est regretter de ne pas posséder une intégrale avec ces 3 mêmes interprètes et leur chef, une découverte: Markus Stenz.
Idéal pour fêter les 150 ans de la naissance de Richard Strauss ou pour découvrir ces oeuvres
PS: incroyable ! Il aura fallu attendre UN AN pour que quelqu'un poste un commentaire sur ce disque magnifique ! Je suis heureux d'être celui-ci !
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (3) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 10, 2014 1:49 PM MEST


Page : 1 | 2 | 3 | 4