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Contenu rédigé par Fabien Giraud
Classement des meilleurs critiques: 10.289
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Commentaires écrits par
Fabien Giraud (France)
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Forces spéciales
Forces spéciales
DVD ~ Diane Kruger
Prix : EUR 9,99

4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un des meilleurs film de guerre jamais réalisé par le cinéma français, 6 août 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Forces spéciales (DVD)
À la lecture des réactions des acheteurs de ce DVD, il semble, fort heureusement, que le public fasse preuve de plus de discernement que les "critiques professionnels" de la presse écrite.
"Forces spéciales" fait honneur au cinéma français. Il s'agit d'un excellent film, captivant et émouvant, superbement réalisé en dépit de conditions de tournage extrêmement difficiles (voire périlleuses) pour toute l'équipe, comédiens inclus, dans un environnement naturel et humain particulièrement hostile et dangereux.
Mais nous sommes en France, dans un pays où le niveau culturel est tel que l'on y encense "Bienvenue chez les Ch'tis" ou "Camping" et où les pires navets des productions américaines tiennent le haut de l'affiche. Dans ces conditions, tout film français qui ne donne pas dans le comique crétinisant ou le mélo infantile et larmoyant est nécessairement démoli par la critique. Sur le site "Allo Ciné", j'ai consulté les principales critiques publiées dans la presse à la sortie du film. C'est un festival d'âneries, de mauvaise foi et de contrevérités. Un critique reproche même au réalisateur de montrer des commandos qui ne subissent aucune blessure en dépit des combats. Sans doute ce pisse-copie n'avait-il même pas vu le film avant d'écrire son papier car, en réalité, sur les 7 membres du commandos (y compris l'Afghan), 5 sont successivement tués par balles et, sur les deux survivants, l'un est victime d'une fracture ouverte du tibia et l'autre reçoit une balle dans l'abdomen... Pour un scénario qui épargnerait ses héros, le bilan est lourd.
Le réalisateur, Stéphane RYBOJAD, s'est lancé dans une aventure audacieuse et courageuse et nous livre un film parfaitement maîtrisé à tous égards. Le scénario, tout à fait plausible, s'inscrit dans l'actualité poilitico-militaire dramatique de notre temps. La réalisation est soignée, réglée au cordeau et d'un réalisme à couper le souffle. Les scènes de combat, notamment, sont magistrales. Les comédiens sont tous excellents (même dans des rôles secondaires) et manifestement très impliqués dans cette réalisation. L'image est très belle (les paysages d'Asie centrale, d'Afrique de l'Est et des Alpes s'y prêtent). Le montage est nerveux, elliptique à bon escient et le rythme ne faiblit jamais.
La production s'est assurée du concours logistique, de l'appui et du conseil technique de l'Armée française et plus particulièrement d'authentiques membres des commandos des Forces spéciales qui ont entraîné les comédiens (et dont un élément joue même le personnage de "Marius" dans le film). Cette intervention donne à la réalisation une vérité et un réalisme exceptionnels.
Au total, "Forces spéciales" n'a rien à envier à des productions US telles que "Platoon" ou "Démineurs" et, à mon sens, il s'agit sans aucun doute d'un des meilleurs films de guerre jamais réalisé par le cinéma français.
Mais, pour nos critiques, la nationalité française de la production et du réalisateur semble rédhibitoire...
On a aussi reproché à Stéphane RYBOJAD de faire l'apologie des militaires français. Pourtant, ces pitoyables "critiques" de salons parisiens sont bien heureux quand des soldats français risquent leur vie aux 4 coins les plus hostiles du monde et se font tuer pour libérer des otages, notamment des journalistes. Et l'hommage que ce film rend à ces hommes de devoir me semble au contraire parfaitement légitime.

Ajoutons que le DVD propose parmi les "bonus" un "making of" pour une fois digne de ce nom. En voix "off", le réalisateur nous fait le récit de la préparation et du tournage du film sur des images qui témoignent des difficultés qu'il a fallu surmonter. Enfin un vrai "making of", riche d'informations et passionnant, comme on aimerait en trouver plus souvent sur les DVD ou les Blu Ray.

Si j'avais un reproche (mineur) à formuler, il serait d'ordre technique et s'adresse aux concepteurs du DVD : dommage de ne pas avoir tirer un meilleur parti du format Dolby digital 5.1 ; les enceintes arrières ne sont pas très actives... Peut-être le Blu-ray a-t-il été mieux conçu.

Bref, je recommande vivement ce film à tout ceux pour qui le cinéma n'est pas seulement "américain" ni seulement une affaire "d'entertainment" à la sauce hollywoodienne...

Et bravo et merci à toute l'équipe de "Forces spéciales" !
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Aug 17, 2012 9:28 PM MEST


Un village français - Intégrale des saisons 1 à 4
Un village français - Intégrale des saisons 1 à 4
DVD ~ Robin Renucci
Prix : EUR 59,98

7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une magistrale leçon d'histoire, 17 juillet 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un village français - Intégrale des saisons 1 à 4 (DVD)
La plupart des commentateurs ont déjà parfaitement mis en évidence les nombreuses qualités des 4 premières saisons de cette passionnante série qui couvre (pour le moment) la période 1940 / 1942 et devrait, à terme, couvrir les 4 années d'occupation allemande : le scénario est d'une grande richesse et d'une rare intelligence ; les personnages sont solidement construits et composent un panel assez représentatif des comportements humains observables en cette période complexe et tragique de notre histoire ; la réalisation, sobre et d'une facture plutôt classique (qui convient bien au sujet) est très soignée ; les moyens mobilisés sont considérables (décors, costumes, uniformes, véhicules et accessoires d'époque...).
Enfin (et même surtout) les comédiens sont vraiment excellents. Une exception toutefois dans ce registre : Marie KRAMER (qui interprète Lucienne, la jeune institutrice) que je trouve ici et là quelque peu "coincée" et empotée dans son jeu, dont le trop mince filet de voix n'est pas toujours bien audible et qui ne sait pas sourire autrement que dans un rictus crispé. Une erreur dans la distribution des rôles. Mais bon, ça n'est là qu'un avis très personnel'.

Je voudrais donc plutôt insister sur d'autres qualités de cette série. J'en vois au moins deux.

1° Une fresque historique juste et rigoureuse :
Sur ces "années noires" de l'occupation allemande, le cinéma français a produit de nombreux films de fiction depuis plus de 60 ans, dont un bon nombre de grande qualité du point de vue artistique. Je pense notamment à des œuvres telles que "L'armée des ombres", Section spéciale", "Le dernier métro", "Le vieux fusil", "Lacombe Lucien", "Monsieur Klein", "Les guichets du Louvre", "Au revoir les enfants", "L'armée du crime", etc. Réalisateurs et comédiens de talent, solides scénarios. Rien à redire de ce côté. Mais la plupart de ces films ne s'intéressent qu'à un ou quelques personnages et à leur sort particulier dans la tourmente de l'occupation allemande. Certes, ce choix ne manque pas d'intérêt dramatique mais la dimension historique s'accommode mal d'une approche qui se focalise sur un seul personnage. Ce qui fait l'intérêt de la série c'est justement son approche à l'échelle collective d'une petite société. Celle d'une collectivité communale française. Je crois d'ailleurs plus juste de parler d'une "commune" que d'un "village", car Villeneuve (commune fictive) semble être plutôt un gros bourg de 1 000 à 1 500 habitants (il s'agit d'une sous-préfecture, comme l'atteste le personnage du sous-préfet) qu'un village rural de quelques centaines d'âmes. Les réactions de cette collectivité aux événements, les interactions entre les nombreux personnages donnent aux auteurs la possibilité de nous offrir une magistrale leçon d'histoire sur ce que furent la vie, la condition et les comportements des français sous l'Occupation, dans toute la diversité de leurs réactions.
Un sous préfet, un maire, un curé, des médecins, des enseignants, des policiers, des gendarmes, des patrons, des affairistes, des trafiquants, des politiciens, des ouvriers, des commerçants, des domestiques, des paysans, des prostituées, des Résistants (gaullistes et communistes), des agents de Londres parachutés, des clandestins, des soldats français démobilisés (ou déserteurs), des "maréchalistes", des collaborateurs (depuis le simple opportuniste jusqu'au pro-nazi convaincu), des juifs (français et étrangers), sans oublier les enfants et bien évidemment les Allemands (soldats et officiers de la Werhmart et des SS), bref, tout ceux qui composaient la société française de cette époque sont ici impliqués d'une manière ou d'une autre dans la tragédie du régime vichyste. Dès lors, il s'agit d'une formidable fresque historique donnant à ceux qui n'ont pas vécu ces années (dont je suis) l'occasion d'en mieux saisir le caractère dramatique et d'en mieux comprendre les mécanismes et l'extrême complexité.
La présence de l'excellent Jean-Pierre AZÉMA, historien spécialiste de la seconde guerre mondiale et plus particulièrement du régime de Vichy et de la Résistance, en qualité de conseiller historique de la production, n'est sans doute pas pour rien dans la justesse de cette magistrale restitution.
Non seulement les protagonistes sont au complet mais tous les aspects de l'occupation sont traités : la collaboration, la résistance, la ligne de démarcation, les rafles, l'internement et les déportations des juifs, la délation, la pénurie, le marché-noir, les trafics en tout genre, le couvre-feu, la propagande vichyste, les complicités des autorités administratives et policières avec l'occupant, les arrestations arbitraires, la torture, l'invasion de la zone libre, le STO, la trahison, l'audace, la douleur, le courage, la lâcheté, la peur'... Nul doute que les prochaines saisons, qui traiteront des années 43 et 44, aborderont aussi la question de la milice et de l'épuration. Rien n'est oublié et le tableau est complet. Pratiquement conçue comme un véritable documentaire historique, cette série n'en est pas moins une authentique fiction, captivante, émouvante et dont certaine scènes sont absolument bouleversantes (la mort de Judith Morhange, par exemple).

2° Le refus du manichéisme simplificateur :
Comme chacun le sait désormais, le récit de l'occupation développé dans l'après-guerre (et ce jusqu'en 1970 !) a tenté d'accréditer la légende d'une France massivement résistante et globalement héroïque. Il s'agissait même de faire croire que Pétain avait joué un double jeu avec Hitler, que sa collaboration était feinte et qu'elle n'était destinée qu'à épargner des souffrances au français. Il a fallu attendre l'œuvre courageuse de Marcel OPHULS, Le chagrin et la pitié: Chronique d'une ville française sous l'occupation (documentaire réalisé en 1969 et sorti sur les écrans en 1971) et le retentissement du livre de l'historien américain Robert O. PAXTON La France de Vichy: 1940-1944 (traduit et publié en France en 1973) pour affronter enfin la vérité. Non, Pétain ne fut pas le "bouclier" protégeant les français des horreurs du nazisme. Non, la collaboration ne fut pas une ruse destinée à abuser l'ennemi mais bel et bien un acte d'adhésion sans réserve à l'idéologie nazie. Oui, Pétain, Laval, Bousquet et tant d'autres, purs produits de l'extrême droite française, furent de fervents supporter de l'hitlérisme et les complices du nazisme. Oui, le corps préfectoral, les magistrats, la police et la Gendarmerie de "l'État français" participèrent activement, et de leur propre initiative, à la déportation et à l'extermination des juifs d'Europe, et avec un zèle qui étonnait jusqu'aux SS. Oui, la Milice, ramassis de criminels et d'assassins dévoués au nazisme, persécuta, tortura, et tua au nom de la "Révolution nationale" et sous la protection de Pétain. Oui, par lâcheté ou par indifférence, une grande majorité de français furent les complices actifs ou passifs des exactions commises sur ordre de Vichy. Et la période dite des "années noires" forme une tâche honteuse dans la longue histoire de notre pays, une infamie dont nous devons comprendre la génèse, connaître le déroulement, et que nous devons affronter, assumer et ne jamais oublier.
Car sous l'occupation allemande, la France n'était pas divisée entre les "bons" et les "méchants". Dans cette situation politique et sociale d'exception la répartition des rôles et le choix d'un camp ne furent pas aussi simples et tranchés qu'on a voulu nous le faire croire après coup. Ces 4 années d'épreuve ont été un puissant révélateur des caractères de ceux qui en furent les protagonistes et c'est au fil des mois que chacun, peu à peu, sous la pression des évènements autant que sous celle de ses propres convictions et de ses forces ou de ses faiblesses personnelles, glisse progressivement dans le camp de la collaboration ou dans celui de la résistance (voire dans celui de l'indifférence comme le chef d'entreprise, Raymond Schwartz).
"Un village français" a l'immense mérite de nous donner à voir comment s'opère ce cheminement tortueux des individus au sein d'un collectivité et comment la dimension sociale de chaque individu constitue un facteur déterminant de ses choix.
De plus, les "méchants" s'y montrent parfois capables de compassion et de générosité. Les "Bons" s'y montrent parfois capables de bassesse et de cruauté. Il arrive que les lâches y fassent preuve de courage et que les braves trahissent. Ne pas céder à la facilité des personnages manichéens, c'est là, à mon sens, l'autre grande qualité de cette série.
Parmi les policiers on trouve aussi bien des tortionnaires que des résistants. Idem chez les gendarmes. Les militants communistes peuvent être tout à la fois courageux et stupidement soumis au dogme stalinien. Le sous-préfet, qui dissimule sa veulerie sous son devoir d'obéissance et de légalité, montre de temps à autre des signes de lucidité et d'humanité. Le maire, Daniel Larcher, médecin cultivé, humaniste, généreux, altruiste (magnifique Robin RENUCCI !), "apolitique" (mais plutôt maréchaliste en 40, comme tout le monde, ou presque') prend peu à peu conscience de la nature du régime de collaboration. Même Marchetti, l'infâme chef de la police locale (génial et subtile Nicolas Gob !), arriviste sans scrupule, brutal, menteur, assassin si besoin, très efficace lorsqu'il s'agit de livrer les "Youpins" aux Allemands, se révèle tourmenté, angoissé, finalement fragile et capable de s'éprendre d'une femme juive au point de se mettre lui même en danger. La plupart des personnages mis en scène ne sont pas seulement des "salauds" ou seulement des "braves". Ils sont les proies de situations inextricables et tentent de s'en sortir comme ils peuvent, chacun avec ses qualités, ses défauts et ses contradictions.
Mais les scénaristes n'ont pas pour autant oublié de construire quelques personnages sans nuances, de vrais et authentiques salauds, tels qu'il en existe hélas dans le monde réel et tels qu'il purent proliférer à la faveur des "années noires". Il s'agit bien sûr de Heinrich Muller, chef de la SD, nazi, SS, cruel et pervers et de Philippe Chassagne, politicien ambitieux, affairiste corrompu et collabo vaniteux, parfait représentant de la droite pétainiste pro-nazi de l'époque. Ceux-là n'ont ni doute ni états d'âme. Ils ont choisi leur camp sans la moindre hésitation : profiter des circonstances favorables pour étancher leur soif de pouvoir.

C'est dire, finalement, combien cette série constitue une œuvre d'importance dans la filmographie consacrée aux années d'occupation allemande, une œuvre d'autant plus riche qu'elle bénéficie des plus récents acquis de l'historiographie de cette période. Ce qui n'est pas un mince compliment. Car le cinéma français continue hélas de produire sur le même sujet des films médiocres, mélos pesants, populistes et simplificateurs, jouant plus sur la sensiblerie et le pathos, que sur l'intelligence et la compréhension de la complexité historique. "La rafle" en constitue le dernier et assez lamentable avatar.

À l'heure où l'on mesure qu'en 2012 près de 60 % des français de moins de 35 ans ignorent tout de la rafle du Vel' d'Hiv' du 16 juillet 1942 (13 000 juifs arrêtés à Paris par la police française, livrés aux Allemands et déportés vers les camps d'extermination), à l'heure où l'Éducation Nationale néglige d'enseigner l'Histoire à nos enfants, la série "Un village français" devrait être montrée dans tous les collèges et les lycées de France.

Musee haut, Musee bas - le film
Musee haut, Musee bas - le film
DVD ~ Michel Blanc
Prix : EUR 9,99

15 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Féroce, pétillant, subtile et désopilant...un chef-d'œuvre d'humour., 17 décembre 2009
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Musee haut, Musee bas - le film (DVD)
Que ce chef-d'œuvre d'humour n'ai pas rencontré le désespérant succès de « Bienvenue chez les Ch'tis » est somme toute logique : trop féroce pour le monde surfait des pseudos « amateurs d'art », pédants, snobinards et incultes ; trop féroce aussi à l'égard des « critiques d'art » professionnels et des « marchands d'art » dont la cupidité rivalise avec la sottise des précédents ; trop subtile pour un public hélas majoritairement ignare et bien incapable de se forger une opinion personnelle face aux œuvres artistiques ou réputées telles (et encore moins de distinguer les imposteurs des créateurs) ; trop intelligent, trop pétillant de finesse pour un public gavé d'un humour primaire et gras, façon « Camping » ou Ruquier.
En somme, cette farce gondolante et dévastatrice se révèle finalement exigeante et beaucoup trop intellectuelle pour recueillir un succès « populaire ». Elle vole un cran trop haut pour être appréciée par un public tout aussi indigent en matière d'humour qu'il l'est en général dans les domaines artistiques et culturels.
Mais pour tous ceux (heureusement encore nombreux) que les persiflages affligeants et les ricanements stupides du « Grand journal » (sur Canal+) laissent de marbre, voir « Musée haut, musée bas », c'est d'abord jouir de 90 ' de bonheur et de rigolade ininterrompue tant le rythme des gags est éblouissant. C'est aussi respirer une bouffée d'air roborative dans l'étouffante ambiance de conformisme et de bêtise où sombrent lentement et tristement les Français.
La cocasserie des situations résulte le plus souvent de leur caractère allusif. Il s'ensuit que ces allusions sont parfois si subtiles qu'elles requièrent une bonne connaissance de l'histoire de l'art pour être comprises et décodées par tous. De même pour des dialogues hilarants parce que bourrés de références (ah ! Le parallèle entre « baroque » et « surréalisme », ou encore la quête récurrente de Kandinsky').
On ne peut s'empêcher de songer à l'humour caustique d'Einstein qui déclarait en substance : « Deux choses sont infinies: l'univers et la bêtise humaine. Mais, en ce qui concerne l'univers, je n'en ai pas acquis la certitude absolue ».
C'est donc à un festival, mieux encore à un débordement, à une exubérance, à une débauche de la bêtise humaine que nous invite Jean-Michel RIBES.
La charge est sévère : ministre de la culture en veston rose à col « Mao » (suivez mon regard'), conservateur obsédé par le risque du retour à « l'état de nature », gardiens « rongés, minés » par une trop longue exposition à la beauté, visiteur décidé à « restituer » « La Joconde » aux Égyptiens' Voici bien longtemps que je n'avais rien vu d'aussi bidonnant et d'aussi intelligent sur les écrans du cinéma français.
Pour autant, le réalisateur réussi ce tour de force à ne manifester aucun mépris pour ses personnages. Certes, il nous amuse ' ô combien ! ' en soulignant le caractère ridicule ou burlesque de comportements somme toute plus familiers qu'on ne veut bien l'admettre, mais au final, c'est plutôt de la tendresse et de la compassion (voire de la pitié) que nous éprouvons à l'égard de ces malheureux confrontés à des œuvres qui les dépassent et révèlent cruellement leurs terribles déficits intellectuels aussi bien que sensoriels (de l'art de visiter un musée sans rien voir').
Il faut dire aussi que (presque) tout ce que le cinéma français compte d'acteurs de qualité semble avoir accepté d'interpréter un rôle (fût-il le plus modeste) dans cette inénarrable bouffonnerie. Le talent qu'ils mettent au service de la facétie n'est pas pour rien dans l'explosion quasi permanente du rire.
Ajoutons encore qu'au passage, Jean-Michel RIBES prouve de manière éclatante que burlesque, esprit et finesse ne sont pas incompatibles, et que, bien au contraire, c'est de leur talentueux assemblage que peut naître le comique le plus désopilant. En cela, il rejoint la manière du grand Charlie Chaplin, ce qui n'est pas le moindre des compliments qu'on puisse lui faire.
Bref, un film drôle, réjouissant, rare, à ne manquer en aucun cas.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 22, 2010 3:52 PM CET


La Porte du Paradis
La Porte du Paradis
DVD ~ Kris Kristofferson
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 9,89

11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Un chef-d'œuvre maltraité..., 4 juillet 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Porte du Paradis (DVD)
Version courte, son mono, jaquette particulièrement moche... un bien triste et mauvais traitement pour ce chef-d'œuvre !
Ce très grand film méritait pourtant mieux. Lorsqu'on voit la magnificence des éditions "collectors" de certains des pires nanars (genre "Harry Potter"...) on se demande pourquoi les éditeurs continuent de s'acharner à faire perdurer l'incompréhensible échec commercial de "la Porte du Paradis".
Quand les gens d'Amazon.fr se décideront-ils à fournir les formats audio des DVD ? Cette inadmissible absence d'information témoigne d'un profond mépris de la clientèle.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Jan 26, 2012 3:33 PM CET


La révolution française , Partie 1 et 2
La révolution française , Partie 1 et 2
DVD ~ Klaus Maria Brandauer
Prix : EUR 14,99

108 internautes sur 117 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un DVD très attendu et qui relance le débat..., 17 juin 2009
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La révolution française , Partie 1 et 2 (DVD)
En admettant que le DVD a pris son essor à partir de 1997, nous aurons dû patienter 12 ans (et non pas 20 !) pour voir enfin paraître l'édition du film de Robert Enrico et Richard T. Heffron. C'est beaucoup pour une œuvre réalisée en 1989 dans le cadre de la célébration du bicentenaire de la Révolution française et dont l'un des mérites est de proposer une vaste fresque des principales étapes de ce bouleversement fondateur de la République française.
Des mérites, le film n'en manque pas : une excellente distribution, une magnifique reconstitution (décors et costumes), un scénario forcément captivant (avec un tel sujet !), et quelques autres encore.
il est donc à mon sens tout à fait juste de saluer cette édition tardive et de l'accueillir sans bouder notre plaisir d'amoureux du cinéma.
Reste bien sûr la question de la "vérité" historique et j'ai lu avec intérêt le réquisitoire documenté de celui qui signe "le Poète bleu"...
S'il est historien de profession, je comprends son émotion. Certains aspects très importants - par exemple les actes des "représentants en mission", commis en province (Lyon, Marseille, Nantes...) - sont effectivement évoqués sommairement, voire passés à la trappe. La réalisation prend immanquablement parti en présentant tel ou tel personnage (ou groupe de personnages - les Girondins par exemple) plus ou moins sympathiques ou antipathiques.
Ce constat n'est pas contestable. Mais faut-il pour autant condamner le film aussi sévèrement ?
On aura compris que je ne suis pas de cet avis.
D'abord parce qu'un film n'est pas une thèse universitaire ni un manuel d'histoire. Tout film, même "historique", est d'abord une œuvre de fiction, une réinterprétation personnelle. Et que, du coup, on ne peut reprocher aux scénaristes et aux réalisateurs d'avoir exprimé leurs opinions et leurs choix. Ensuite parce que le sujet - la Révolution française - n'a toujours pas cessé de faire débat, non seulement chez les historiens professionnels, mais aussi au sein de la société française.
La "gauche" et la "droite", nées sur les gradins du "Manège" continuent de s'y affronter (dans la société, pas au Manège...) de nos jours. Les monarchistes continuent de rêver à une hypothétique "Restauration" (même s'ils avancent aujourd'hui masqués). La République est toujours menacée par de puissants ennemis de l'intérieur et la démocratie française est plus que jamais en danger en ce début de XXIe siècle.
Depuis 200 ans, les innombrables ouvrages publiés sur la Révolution ont toujours été des ouvrages partisans qui certes convoquent les faits, mais pour mieux soutenir des thèses. Comment pourrait-il en être autrement alors que bon nombre des forces antagonistes en présence en 1789 et dans les années qui suivirent sont de nos jours toujours en jeu et en conflit ?
Comment distinguer l'objectivité historique de la subjectivité partisane parmi des événements d'une telle complexité politique, sociologique et psychologique et lorsque les acteurs de l'époque eux-même étaient travaillés par de multiples contradictions (tel, par exemple Robespierre, qui combat l'Église mais invente le culte de "l'Être suprême") ?
Entre les "démocrates monarchistes" (tels Mirabeau, Lafayette, et probablement Danton), les républicains purs et durs et les "enragés" des "sections" parisiennes, les divergences stratégiques (d'objectifs et d'intérêts) sont à l'évidence plus puissantes que les accords conjoncturels et tacticiens. Et la révolution ne s'est pas achevée en novembre 1799 comme le prétend le premier Consul Bonaparte, mais beaucoup plus tard, en 1875, avec l'avènement de la IIIe République qui stabilise enfin le régime républicain et met un terme définitif (??) à toute perspective de restauration monarchique.
Ce bref rappel pour souligner que le procès de parti-pris intenté à Robert Enrico est un mauvais procès. Ou bien, le même reproche peut être formulé à l'encontre de tous ceux qui, par l'écrit ou par le film, se sont exprimés à propos de la Révolution.
Au demeurant, si les livres sont nombreux, la production cinématographique sur le sujet est en revanche plutôt rare. Sans doute pour les raisons qui précèdent : comment rendre compte de tels événements sans prendre parti ?
On retiendra (dans l'ordre chronologique) "Napoléon" d'Abel Gance (1925), "La Marseillaise" de Jean Renoir (1937), "Si Versailles m'était conté" de Sacha Guitry (1953), "La révolution commence à Grenoble" de Maurice Failevic (1978), "Danton" d'Adrezej Wajda (1982), "La nuit de Varennes" d'Ettore Scola (1982), "Chouans !" de Philippe de Broca (1988), soit seulement 7 films (et quelques comédies, comme "Les mariés de l'an II") avant celui de Robert Enrico !
Aucune de ces œuvres, dont certaines sont à juste titre reconnues comme des réalisations majeures du cinéma, ne sont exemptes de parti-pris, ce qui n'ôte rien à leur qualité et à leur intérêt.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (4) | Permalien | Remarque la plus récente : Dec 10, 2011 1:22 PM CET


L'Affaire du collier
L'Affaire du collier
DVD ~ Hilary Swank
Proposé par plusdecinema
Prix : EUR 9,89

10 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Inspirée par l'histoire de France, une très belle réalisation, servie par d'excellent comédiens, 9 juin 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Affaire du collier (DVD)
Cette "Affaire du collier", réalisée aux USA en 2001, n'est pas à proprement parler une fiction puisque l'affaire en question a réellement défrayé la chronique et fait scandale en accablant injustement la Reine Marie-Antoinette ("l'Autre-chienne", comme la nommait méchamment les futurs "sans-culottes") quelques années (1784/1785) avant la Révolution française de 1789.
Le scénario présente toutefois cette singularité d'être à certains égards extrêmement respectueux de la vérité historique (et ce parfois jusque dans le moindre détail) et, en même temps, de s'autoriser de larges écarts vis-à-vis de cette même vérité. Mais nul n'ignore que les cinéastes américains nous livrent le plus souvent une vision très... "américaine" de l'histoire de France. Cette (minuscule) réserve faite, le résultat s'avère captivant de bout en bout, étant entendu qu'une bonne connaissance de la période historique en cause permettra au spectateur de mieux comprendre les subtilités d'un scénario relativement complexe (aussi complexe que la diabolique escroquerie qu'il relate).
La réalisation particulièrement soignée de Charles Shyer est soutenue par une épatante distribution : Hilary Swank en fausse "Comtesse" de la Motte est excellente (et tout à fait craquante !). Jonathan Price en Cardinal de Rohan, ambitieux et dépravé, Brian Cox en Baron de Breteuil (et "témoin" narrateur) et Christopher Walken en "Comte" de Cagliostro, charlatan cynique et déjanté, sont tout aussi talentueux. À l'évidence, ce film "en costume d'époque" a bénéficié de gros moyens, indispensables à la reconstitution des fastes de la cour du Roi à Versailles. Les décors et les costumes sont superbes, la photographie irréprochable et la musique (Händel, Mozart, Vivaldi...) parfaitement adéquate.
Bref, au total un fort beau film, qui donne en 128 minutes une assez juste idée des mœurs d'une noblesse et d'un haut clergé décadents, ainsi que de l'ambiance politique et sociale dans une France où la monarchie vacille déjà sous ses dentelles et l'or de ses palais.
Il reste qu'on peut se demander pourquoi diable un tel film, sur un tel sujet, n'a jamais été distribué en France !

Les Brumes du passé
Les Brumes du passé
par Leonardo Padura
Edition : Broché
Prix : EUR 20,42

23 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Magnifique roman d'un très grand écrivain..., 23 décembre 2006
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Brumes du passé (Broché)
En prenant prétexte d'une énigme policière très habilement construite, Leonardo Padura revisite un demi siècle d'histoire cubaine. Bien au-delà des clichés qui réduisent trop souvent Cuba à la trilogie "cigare-salsa-Fidèle", il nous dévoile un peuple cultivé et attachant, successivement broyé dans les mâchoires de la colonisation, de l'impérialisme yankee et de la révolution. Padura consacre à ses personnages, quels que puissent être leurs vertus ou leurs crimes, une tendresse et une compassion contagieuse. On ne peut sortir de ce roman magnifique et bouleversant que pris de passion pour Cuba et pour les cubains. Assurément, Leonardo Padura est un écrivain, un très grand écrivain. Il faut aussi saluer le travail du traducteur.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Oct 14, 2011 4:14 PM MEST


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