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Blake & Mortimer - tome 18 - Sanctuaire du Gondwana (Le)
Blake & Mortimer - tome 18 - Sanctuaire du Gondwana (Le)
par Madeleine DeMille
Edition : Album
Prix : EUR 15,95

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Bienvenue dans le Sanctuaire de la Vie", 22 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blake & Mortimer - tome 18 - Sanctuaire du Gondwana (Le) (Album)
"Le Sanctuaire du Gondwana" est le dix-huitième tome de la série "Blake & Mortimer". L'équipe artistique est composée d'Yves Sente (scénario), d'André Juillard (dessins) et de Madeleine DeMille (couleurs). Cette histoire est la suite directe des "Sarcophages du sixième continent", qui avait été réalisé par les mêmes auteurs.

L'intrigue se déroule en 1958.
Au Tanganyika, un scientifique allemand, le professeur Heidegang, explore le lac du cratère du Ngorongoro en pirogue, accompagné par deux guides autochtones. Surpris par un orage, ils se réfugient dans une grotte dont les murs sont couverts d'incroyables et imposants reliefs. Alors que l'eau monte et que ses guides s'inquiètent, Heidegang, apercevant une lueur au fond de l'eau, décide de plonger. Un passage le mène vers un bassin aux décorations étranges, devant lequel trône une imposante statue. Surpris par les gardiens de l'endroit, il s'empare de la bague ornant l'un des doigts de la statue et plonge dans le bassin afin d'échapper à ses poursuivants, qui parviennent cependant à le blesser.
Trois mois plus tard, à Londres, le professeur Philip Mortimer est en consultation chez son médecin, qui diagnostique de sérieux troubles neuronaux expliquant les maux de tête et les pertes de mémoire dont se plaint le professeur. Sortant du cabinet du docteur Levy, Mortimer tombe sur Nastasia, qui le cherchait afin de lui faire part des résultats de l'analyse géologique d'un échantillon provenant de l'Antarctique. L'échantillon en question, daté de 350 millions d'années présente un signe gravé, ce qui laisse sous-entendre qu'il y avait alors déjà une intelligence sur notre planète.
Intrigué, Mortimer profite de son congé pour se pencher sur cette nouvelle énigme. Il ne s'est pas encore rendu compte qu'un personnage discret le suit partout...

C'est toujours un plaisir - aujourd'hui mêlé d'appréhension - d'assister à la sortie d'un nouveau volet des aventures de Blake et Mortimer. À sa sortie, en 2008, j'avais pourtant été relativement sévère à l'égard de ce dix-huitième tome ; mais avec le recul et après quelques relectures, je lui trouve davantage de qualités.
Certes, Sente, pour cette histoire qui lorgne autant en direction de "L'Énigme de l'Atlantide" que du chapitre consacré au LIe siècle dans "Le Piège diabolique", donne l'impression de s'être documenté de façon assez légère. Le scénario semble parfois confus (il sera utile, bien que pas indispensable, de relire "Les Sarcophages du sixième continent") et les dialogues, pollués en plusieurs endroits par des excès de détails, manquent souvent de naturel. Malgré cela, l'action s'enchaîne plutôt de façon fluide, et bien que l'intrigue ne soit pas forcément facile à suivre, tout va finir par s'éclaircir et devenir limpide.
Juillard réalise un travail remarquable en termes de découpage, de respect des physionomies des personnages (bien que le nez de son Mortimer me chiffonne parfois et que son Labrousse ne soit pas immédiatement identifiable dans les premières cases où il apparaît), d'abondance de détails et de soin des cases.

Sans pouvoir prétendre un instant rivaliser avec les merveilles de la période Jacobs, "Le Sanctuaire du Gondwana" est une aventure de Blake et Mortimer agréable à lire.

Barbuz
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Batman : Halloween : Tome 1
Batman : Halloween : Tome 1
par Jeph Loeb
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Il se fait appeler l'Épouvantail, psychologue devenu psychopathe...", 20 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman : Halloween : Tome 1 (Broché)
Le premier des deux tomes de "Halloween" est un album d'une centaine de pages, sorti chez SEMIC en mai 2004. L'histoire principale est extraite de l'anthologie VO "Haunted Knight" (1996), qui regroupe trois aventures de Batman de longueur moyenne n'ayant pour lien direct entre elles que le thème central : Halloween.
Ce premier tome est constitué de "Peur" ("Fears" en VO, 1993), plat de résistance et première des trois aventures de l'anthologie VO. Le scénario est de Jeph Loeb et les dessins sont signés Tim Sale.
SEMIC ont ajouté à ce premier tome deux compléments qui ne figurent pas dans l'anthologie VO. L'un est une histoire courte intitulée "Nuit après nuit" ("Night After Night" en VO, extraite du second volume de "Batman: Black & White", sorti en 1996). Elle a été écrite par Kelley Puckett et illustrée par Tim Sale.
L'autre est une double page qui conte la toute première rencontre entre Bruce Wayne et Clark Kent. C'est intitulé "Quand Clark rencontra Bruce" ("When Clark Met Bruce" en VO, extrait de "Superman/Batman: Secret Files and Origins", sorti en novembre 2003). Il a été réalisé par Loeb et Sale.

C'est la nuit d'Halloween à Gotham City. Batman, épuisé, traque l'Épouvantail depuis une semaine. Le super-criminel détruit à l'explosif, un par un, les transformateurs électriques de la ville, plongeant des quartiers choisis dans l'obscurité totale et permettant ainsi à ses sbires de s'adonner au pillage en toute impunité. Mais Batman veille. L'Épouvantail essaye de se débarrasser de son adversaire en faisant usage de sa toxine, mais elle semble sans effet sur le Chevalier noir, qui parvient à capturer le maniaque masqué avant que Gordon et la police n'arrivent sur place.
De retour au manoir, Batman redevient Bruce Wayne, le temps d'enfiler un autre déguisement, bien que celui-ci soit particulièrement succinct : un simple loup. Wayne a en effet organisé un bal costumé caritatif afin de recueillir des dons pour la fondation créée en mémoire de ses parents. Alors qu'il échange quelques banalités avec ses invités (dont le commissaire Gordon), son attention est attirée par une femme, à peine plus déguisée que lui (elle ne porte qu'une paire de lunettes) et accompagnée de ses deux dalmatiens. Le coup de foudre semble immédiat et réciproque. Mais alors que les chiens sèment la pagaille dans la bibliothèque du manoir, Alfred Pennyworth, le majordome, fait remarquer à Wayne que le bat-signal illumine le ciel de la ville : l'Épouvantail a réussi à s'échapper durant son transfert. Wayne, avant de redevenir Batman et de repartir en chasse, charge Pennyworth de prendre les coordonnées de la mystérieuse et séduisante jeune femme...

Loeb met en scène un Batman sur la brèche, épuisé physiquement et moralement. Il doute de ses propres choix, qui l'emprisonnent dans la solitude et l'empêchent d'avoir une vie normale. Lorsqu'il rencontre une femme fatale qui vient ébrécher ses certitudes déjà fragilisées, il va tenter de se convaincre qu'une fuite est possible. Mention spéciale pour l'Épouvantail, qui parvient à faire croire au lecteur qu'il est plus profondément dérangé que réellement dangereux.
Les illustrations de Sale, magnifiées par les couleurs de Gregory Wright, sont remarquables de variété et de détails : alternance de petites cases et de doubles pages, plans, prises de vues, décors gothiques de Gotham City, bal costumé plein de références culturelles, jeux d'ombres et de lumières, aspect oppressant du labyrinthe, utilisation du noir et blanc ou de teintes rougeâtres pour certaines séquences...

Il n'y a rien à redire sur les traductions de Nilolavitch (histoire principale) et Tourriol (compléments), qui sont parfaites. Le texte est impeccable.
Il est dommage que SEMIC n'aient pas publié l'anthologie VO en un tome et sans compléments ; ceux-ci sont intéressants, mais sans rapport avec le thème central, et sont donc de trop. L'anthologie a été rééditée par Urban Comics, sous le titre "Des Ombres dans la nuit", mais l'éditeur a cru bon d'y ajouter "Catwoman à Rome", ôtant ainsi sa cohérence au fil conducteur qui relie les histoires.

Le récit principal de ce premier tome est un joyau. Ce premier volume aurait d'ailleurs été parfait sans les choix ou "défauts" éditoriaux de l'édition VF, "défauts" dont le second tome est heureusement exempt.

Barbuz
les-bd-de-barbuz.blogspot.com


JLA Nouvel ordre mondial : Justice et liberté
JLA Nouvel ordre mondial : Justice et liberté
par Paul Dini
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Voici les héros qui nous protègent des moments les plus sombres de nos vies.", 18 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : JLA Nouvel ordre mondial : Justice et liberté (Broché)
"Justice et liberté" est un album d'un peu plus de cent vingt pages, sorti chez SEMIC en avril 2004. En VO, ce "graphic novel" est paru sous le titre "Liberty and Justice" (2003).
Cette histoire fait partie d'une collection consacrée aux plus grands super-héros de l'univers de DC Comics, réalisée par le scénariste Paul Dini et le dessinateur Alex Ross, chaque volume proposant une histoire indépendante.
L'introduction de ce volume comprend "Les Origines" ("Secret Origins" en VO, 2002), une quinzaine de pages signées Dini et Ross qui content les origines des membres les plus importants de la Ligue de Justice.

J'onn J'onzz, le Limier martien, vole au secours des quelque deux cents passagers d'un avion de ligne dont l'un des moteurs a pris feu. Il aide l'avion à atterrir sur la piste de l'aéroport. Les passagers sont tous sains et saufs ! Les secours prenant la relève, J'onn s'apprête à quitter les lieux, lorsque Wonder Woman arrive et l'informe qu'elle a été contactée par le Pentagone pour une alerte de niveau un. Les responsables du Pentagone n'ont pas tenu à divulguer toutes les informations, mais ont exprimé à Diana leur désir de rencontrer les membres de la Ligue de Justice dans les plus brefs délais. Wonder Woman charge donc le Limier martien de contacter les autres membres par télépathie.
Superman et Aquaman sont occupés, mais Flash et Green Lantern répondent présents et retrouvent le Limier martien et Wonder Woman sur place. La crise pour laquelle le Pentagone les a convoqués est une épidémie en Afrique centrale. Un virus d'origine inconnue y a fait de nombreuses victimes et s'y propage rapidement. Le Pentagone craint que la panique ne gagne et que la situation ne dégénère en conflit armé. Wonder Woman pense avant tout aux survivants et dépêche Flash, Green Lantern et le Limier martien sur place, Superman et Aquaman restant en état d'alerte.
Flash, revêtu d'une combinaison de protection bactériologique, est déjà sur les lieux de l'épidémie, un village dont les rues sont jonchées de corps. Il a commencé à examiner les victimes. Il est rejoint par le Limier martien, à qui il explique que les victimes ne sont pas mortes ; elles sont conscientes et respirent, mais sont complètement paralysées. Green Lantern, de son côté, confirme à ses compagnons d'armes que toutes les habitations dans un rayon de plusieurs kilomètres ont été contaminées. Grâce à son anneau, il parvient à localiser l'épicentre viral, qui se situe à une trentaine de kilomètres. Lorsque les héros se rendent sur place, ils sont surpris de ne trouver qu'un cratère avec, en son centre, une toute petite météorite...

La Ligue de Justice affronte ici une menace qui diffère de ses adversaires habituels. Ses membres font passer les préoccupations des nations au second plan, font fi de la problématique d'ingérence et volent au secours des populations contaminées sans se poser de question. Travaillant seuls, ils oublient politique et diplomatie, omettent de communiquer et de rendre des comptes, donnent l'impression de se placer au-dessus des lois et créent un vent de panique qu'ils auront du mal à contenir, avant de reconnaître leurs erreurs et de faire amende honorable devant l'ONU.
Le scénario de Dini est cohérent, bien écrit, la caractérisation des personnages principaux est réussie et leur côté iconique mis en évidence. La seconde partie (dans laquelle la Ligue rétablit l'ordre) est moins intéressante, plus dispersée, et traîne en longueur.
Les illustrations de Ross ont été réalisées en couleurs directes, dans ce style hyperréaliste qui le caractérise. Le soin que l'artiste apporte à chaque personnage, son sens du détail et l'expressivité des visages (et des yeux !) qu'il dessine est absolument épatant.

La traduction d'Edmond Tourriol est globalement satisfaisante, bien que les unités de mesure n'aient pas été converties et qu'il ait retenu "Martian Manhunter" plutôt que "Limier martien". Le texte comporte une faute de conjugaison.
Il est dommage que "Justice et liberté" n'ait pas été publié par Soleil en album grand format, comme les quatre autres volumes de cette collection.

"Justice et liberté" est une bonne histoire consacrée aux icônes de DC Comics, au finale émouvant, superbement illustrée et accessible à tous. Cette édition SEMIC étant, à ce jour, la seule en VF (sauf erreur), une réédition serait bienvenue.

Barbuz
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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 19, 2015 9:31 PM MEST


Sanctuaire
Sanctuaire
par Mike Mignola
Edition : Album

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Tu n'aurais jamais dû utiliser un outil que tu ne maîtrises pas.", 17 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Sanctuaire (Album)
"Sanctuaire" est un double album en noir et blanc de soixante-quinze pages, sorti chez Rackham en avril 2004 et qui comprend deux histoires : "Sanctuaire" ("Sanctum" en VO, publié dans le "Legends of the Dark Knight #54 en novembre 1993), qui compte une vingtaine de pages et qui a donné son titre à l'album, et "Gotham à la lueur des réverbères" ("Gotham by Gaslight" en VO, février 1989), qui en compte une cinquantaine.
"Sanctuaire" a été écrit, illustré et encré par Mike Mignola. Les textes sont de Dan Raspler. "Gotham à la lueur des réverbères" a été écrit par Brian Augustyn, illustré par Mignola et encré par P. Craig Russell.

Dans "Sanctuaire", la nuit est tombée sur le cimetière de Gotham City. Lowther, un meurtrier, semble y invoquer, en pensée, un certain Drood en traçant d'étranges symboles sur un caveau. Batman, qui était sur sa piste, l'enjoint de se rendre. Lowther refuse et une lutte au corps à corps s'ensuit, lors de laquelle Batman est blessé. Le justicier, acculé sur le caveau, repousse son adversaire, qui s'empale sur les pointes de la grille du cimetière. Le couvercle du caveau s'effondre soudainement ; le Chevalier noir tombe, s'écrase sur le cercueil que contient le caveau et perd connaissance...

"Sanctuaire" baigne dans une ambiance mélancolique et sinistre aux accents lovecraftiens. La chute conserve sa part de mystère, mais il semble que Mignola ait été en panne d'inspiration pour certains aspects de sa conclusion.
Graphiquement, l'artiste est au sommet de son art. Mais le noir et blanc retire toute une dimension à l'ambiance voulue, la couleur ayant une grande importance dans le travail de Mignola.
Mon verdict : ☆☆☆

"Gotham à la lueur des réverbères" est un "Elseworld", une histoire alternative de Batman en-dehors de son univers canonique. Nous sommes à Vienne, en 1889. Bruce Wayne, qui vient d'être initié aux mystères de la psyché humaine par le Dr Freud, est sur le point de rentrer à Gotham City. Lors de la traversée, Wayne se confie à son journal intime. Il y évoque un projet né il y a quinze ans, pour lequel il a étudié et s'est beaucoup entraîné.
C'est par hasard qu'il rencontre son oncle Jacob Packer, un personnage haut en couleur, sur le transatlantique à destination des États-Unis. La présence bienvenue d'Oncle Jake lui permet d'échapper à la monotonie du voyage.
À l'arrivée à Gotham City, Alfred Pennyworth, le majordome de Wayne, est présent sur le quai pour l'emmener au manoir. Une fois chez lui, Wayne, sans prendre le temps de se poser, se dirige vers une pièce où semblent l'attendre un masque et une longue cape...

"Gotham à la lueur des réverbères" est une histoire passionnante, qui conte les débuts de Batman dans la Gotham City du XIXe siècle. Augustyn adapte brillamment les origines de Batman à la réalité du XIXe siècle, exploite avec bonheur le contexte de l'époque en multipliant les références historiques, et met le héros masqué face à son premier super-vilain, un adversaire de taille !
Les illustrations de Mignola sont l'autre réussite de cette aventure. Si le style graphique de l'artiste n'est pas encore tout à fait arrivé à sa maturité, les influences expressionnistes et le travail sur les jeux d'ombres qui le caractérisent sont déjà bien présents.
Mon verdict : ☆☆☆☆☆

La traduction d'Alain David est correcte, malgré des incohérences entre tutoiement et vouvoiement et une onomatopée non traduite. Le texte, à part une ponctuation aléatoire à quelques endroits, est quasiment impeccable.

Cet album vaut surtout pour la seconde histoire, une véritable réussite. Il est regrettable que l'éditeur ait opté - par économie ou par choix éditorial - pour le noir et blanc ; si cela fonctionne à peu près sur la seconde partie, la première ne pâtit que trop de l'absence de couleurs.
"Gotham à la lueur des réverbères" avait déjà été publié par Comics USA ("Appelez-moi Jack !", 1990) et a été réédité par Panini Comics en mai 2009, sous le titre "Gotham au XIXe siècle", dans un double album contenant une suite, "Le Maître du futur" ("Master of the Future" en VO, 1991).

Barbuz
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JLA, tome 2 : Légendes
JLA, tome 2 : Légendes
par John Ostrander
Edition : Broché

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Les congratulations sont prématurées, Darkseid. La bataille n'est pas terminée.", 16 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : JLA, tome 2 : Légendes (Broché)
"Légendes" est un album de cent quarante pages que SEMIC ont publié en mars 2004 et qui reprend l'intégralité des six numéros de la mini-série "Legends", publiée en VO entre novembre 1986 et mai 1987.
L'histoire a été écrite par John Ostrander, connu pour son travail sur la série "Suicide Squad". Len Wein, cocréateur du personnage de la Créature des marais, en a écrit les dialogues.
C'est John Byrne qui a illustré "Légendes". Dessinateur majeur des années quatre-vingts, sa refonte du personnage de Superman aura fait date. L'équipe artistique est renforcée par la présence de l'encreur Karl Kesel (qui retrouvera Byrne lors de son passage sur la série "Superman") et des coloristes Tom Ziuko et Carl Gafford.

Les événements de "Légendes" se déroulent peu après ceux de "Crisis on Infinite Earths", sans doute quelques mois plus tard. Sur Apokolips, Darkseid est satisfait de l'ordre absolu qui règne sur son monde. Mais il a le vague à l'âme. Le tyran au visage de granit s'en confie à Desaad, son maître tortionnaire, qui lui répond que la cause de cette mélancolie trouve certainement son origine dans les échecs répétés de Darkseid à conquérir la Terre à cause de la résistance des héros de celle-ci, devenus des légendes. Sentant que Desaad a raison, Darkseid ordonne une opération visant à détruire le statut de légendes des super-héros de la Terre. Il fait convoquer deux de ses agents d'élite, Glorious Godfrey, un maître manipulateur, et le docteur Bedlam, un être d'énergie pure capable de se réincarner dans des corps artificiels.
Pendant ce temps, à New York, le professeur Stein est aux Laboratoires STAR, où il aide au test d'un générateur à fusion. Tout se passe bien, lorsque le générateur échappe à tout contrôle et aspire l'énergie du laboratoire. Une forme émerge du centre du réacteur de façon brutale et spectaculaire ; il s'agit de Brimstone, un géant composé de flammes. Firestorm tente de s'interposer, mais Bristome le neutralise rapidement. Darkseid vient d'ouvrir les hostilités.
À Wall Street, le nouveau Flash (Wally West a repris le masque de Barry Allen, qui a trouvé la mort à la conclusion de "Crisis on Infinite Earths") met Deadshot hors d'état de nuire avant de se rendre à la tour des Titans. Il y retrouve Garfield Logan, alias Changeling, qui regarde un débat télévisé entre Billy Batson (l'alter ego de Captain Marvel) et G. Gordon Godfrey, un politicien en croisade contre les super-héros.
Une panne de courant se produit sur le plateau ; Macro-Man, un géant en armure, a arraché l'antenne de transmission. Billy Batson invoque Captain Marvel, qui vole affronter le géant. Mais le combat, à la grande satisfaction de Darkseid, prend une tournure tragique...

L'histoire d'Ostrander a, semble-t-il, été inspirée par le Livre de Job ; dans "Légendes", Darkseid met à l'épreuve l'attachement de l'humanité aux idéaux héroïques. "Légendes" traite aussi d'autres sujets. Godfrey, par exemple, va pousser la manipulation des masses jusqu'à générer une haine collective des institutions gouvernementales ; le totalitarisme est en marche, soutenu par un démagogue charismatique qui joue la carte de l'injustice. L'autre thème majeur est celui de l'amour des parents pour leurs enfants, plus fort que tout.
Le style graphique de Byrne est très classique, particulièrement représentatif de la tendance en vogue dans les comics des années quatre-vingts. Le soin qu'il apporte à chaque personnage est évident et la lisibilité et la limpidité de la narration graphique sont irréprochables. Cependant, bien que l'artiste ait le sens du détail, plusieurs fonds de case ont été omis et ne sont faits que d'une simple couche de couleur unie.

Dans l'ensemble, la traduction d'Alex Nikolavitch est bonne ("Étranger Fantôme" sonne très bien), mais comporte deux ou trois faux-sens. Le texte n'a pas été suffisamment relu et comporte plusieurs fautes (de grammaire ou d'orthographe).
SEMIC ont cru bon d'ajouter deux préfaces, l'une de Mike Gold (l'un des éditeurs de DC Comics de l'époque), l'autre d'Ostrander. L'une comme l'autre ne sont que verbiage égotiste et autosatisfaction et coûtent sept pages au lecteur.

S'inscrivant dans la continuité de l'univers DC Comics, "Légendes" y fait néanmoins très peu de références et peut donc se lire comme une histoire indépendante. Bien que l'intrigue et sa conclusion soient empreintes de naïveté (sans péjoration), "Légendes" est une histoire pour tous les publics, bien écrite, aux belles illustrations classiques, et dont la lecture procure un plaisir certain.

Barbuz
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Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (2) | Permalien | Remarque la plus récente : Jun 19, 2015 9:29 PM MEST


Archives Batman 1939-1941 de Kane. Bob (2005) Relié
Archives Batman 1939-1941 de Kane. Bob (2005) Relié
par Kane. Bob
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "C'est un présage ! Je deviendrai une chauve-souris !", 12 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Archives Batman 1939-1941 de Kane. Bob (2005) Relié (Relié)
En janvier 2004, SEMIC sortait, sous le titre "Archives 1939-1941", une intégrale cartonnée des premières aventures de Batman, publiées dans les numéros #27-50 de la revue "Detective Comics". Cette intégrale comprend donc vingt-quatre numéros et couvre la période de publication allant de mai 1939 à avril 1941 dans son entièreté.
Bill Finger écrit la quasi-totalité de ces histoires ; Gardner Fox n'en écrit que six. Robert "Bob" Kane illustre la totalité de ces épisodes. S'il encre encore lui-même ses dessins lors des tous premiers numéros, ce sont Sheldon Moldoff, Jerry Robinson et George Roussos qui seront ensuite chargés du travail d'encrage.

Hommes d'affaires sans scrupules, voleurs de bijoux, psychopathes tels que le Dr La Mort, le professeur Strange, Gueule d'Argile ou le Joker, vampires, dictateurs d'opérette, savants fous, sectateurs indiens sanguinaires, receleurs chinois retors, crime organisé ou espions étrangers, Batman les affronte tous et les défait.
Les histoires sont courtes, intenses et sans temps mort. La narration, systématiquement linéaire et très compressée, est soutenue par des cartouches descriptifs insérés dans la plupart des cases, notamment lors des scènes d'action. Ces descriptions, ponctuées de moult points d'exclamation, contribuent à faire monter la tension.
Les intrigues sont toutes policières ; une seule est de nature vaguement fantastique. Les toutes premières enquêtes sont parfois expédiées, mais certains épisodes sortent du lot et, surtout, Batman va tout de suite affronter des adversaires hauts en couleurs et à la personnalité complexe, dont plusieurs deviendront légendaires.
Le justicier masqué rend la justice de façon souvent particulièrement expéditive ; ainsi, Stryker, un homme d'affaires véreux tombant dans un bain d'acide, n'a que "ce qu'il mérite", un associé de Blake le Français est propulsé du toit d'un gratte-ciel, Batman abat les vampires d'une balle d'argent en plein cœur ou brise la nuque du sbire du Dr La Mort d'un coup de pied... Les adversaires du justicier masqué meurent souvent de façon violente à la conclusion de l'épisode.
Les origines de Batman sont expliquées dans le numéro 33 (novembre 1939), en une double page. les informations sur Bruce Wayne restent vagues. Il a hérité de la fortune de ses parents. Dans le numéro 35, il est sous-entendu qu'il est journaliste. Il est vaguement fiancé à Julie Madison. Il est amusant de le voir fumer la pipe comme un pompier. Alfred n'est pas encore là, mais le commissaire Gordon est présent dès le premier épisode et Robin apparaît dans le numéro 38. Notons enfin qu'au début, la ville dans laquelle Batman opère est Manhattan et pas encore Gotham City.

Les dessins de Kane paraîtront sommaires, surtout ceux des tous premiers épisodes ; les postures des personnages manquent de naturel, les fonds de cases sont quasiment inexistants et les détails brillent par leur absence. Mais ces premiers numéros sont déjà pleins de punch et d'action et le lecteur assiste, progressivement, à l'enrichissement du style de l'artiste, d'autant que des encreurs (Moldoff, Robinson et Roussos) vont lui être adjoints. Le changement est perceptible à partir du numéro 30 ; le travail sur les ombres est déjà nettement amélioré.
Le personnage va connaître une évolution, lui aussi. Au départ longiligne, félin, avec une musculature fine et portant un masque orné de longues oreilles, il devient plus musculeux, plus costaud au fil des épisodes, tandis les oreilles de son masque sont resserrées, puis rétrécies et que les ailettes de poignet sont ajoutées à ses gants. Les premiers gadgets (dont les fameux batarangs) n'apparaissent qu'à partir de l'épisode 31.

Dans l'ensemble, la traduction d'Edmond Tourriol est solide ("syndicat chimique" sonne cependant curieusement). La relecture a laissé passer quelques coquilles (mots manquant ou en trop, fautes de frappe ou d'orthographe).

Les lecteurs ne pourront se livrer à une évaluation critique de ces épisodes qu'avec un indispensable recul. En effet, si ces pages, lues avec un regard actuel, peuvent sembler désuètes et un tantinet infantiles, dans le fond comme dans la forme (sans toutefois sous-estimer la satisfaction réelle qu'offre leur lecture), la valeur documentaire de ces numéros est indéniable ; il s'agit tout simplement de la genèse de l'un des plus grands personnages de fiction jamais créés et dont la mythologie, plus de soixante-quinze ans plus tard, continue aujourd'hui à être enrichie.

Barbuz
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Archives Batman 1939-1941
Archives Batman 1939-1941
par Bob Kane
Edition : Relié

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "C'est un présage ! Je deviendrai une chauve-souris !", 12 juin 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : Archives Batman 1939-1941 (Relié)
En janvier 2004, SEMIC sortait, sous le titre "Archives 1939-1941", une intégrale cartonnée des premières aventures de Batman, publiées dans les numéros #27-50 de la revue "Detective Comics". Cette intégrale comprend donc vingt-quatre numéros et couvre la période de publication allant de mai 1939 à avril 1941 dans son entièreté.
Bill Finger écrit la quasi-totalité de ces histoires ; Gardner Fox n'en écrit que six. Robert "Bob" Kane illustre la totalité de ces épisodes. S'il encre encore lui-même ses dessins lors des tous premiers numéros, ce sont Sheldon Moldoff, Jerry Robinson et George Roussos qui seront ensuite chargés du travail d'encrage.

Hommes d'affaires sans scrupules, voleurs de bijoux, psychopathes tels que le Dr La Mort, le professeur Strange, Gueule d'Argile ou le Joker, vampires, dictateurs d'opérette, savants fous, sectateurs indiens sanguinaires, receleurs chinois retors, crime organisé ou espions étrangers, Batman les affronte tous et les défait.
Les histoires sont courtes, intenses et sans temps mort. La narration, systématiquement linéaire et très compressée, est soutenue par des cartouches descriptifs insérés dans la plupart des cases, notamment lors des scènes d'action. Ces descriptions, ponctuées de moult points d'exclamation, contribuent à faire monter la tension.
Les intrigues sont toutes policières ; une seule est de nature vaguement fantastique. Les toutes premières enquêtes sont parfois expédiées, mais certains épisodes sortent du lot et, surtout, Batman va tout de suite affronter des adversaires hauts en couleurs et à la personnalité complexe, dont plusieurs deviendront légendaires.
Le justicier masqué rend la justice de façon souvent particulièrement expéditive ; ainsi, Stryker, un homme d'affaires véreux tombant dans un bain d'acide, n'a que "ce qu'il mérite", un associé de Blake le Français est propulsé du toit d'un gratte-ciel, Batman abat les vampires d'une balle d'argent en plein cœur ou brise la nuque du sbire du Dr La Mort d'un coup de pied... Les adversaires du justicier masqué meurent souvent de façon violente à la conclusion de l'épisode.
Les origines de Batman sont expliquées dans le numéro 33 (novembre 1939), en une double page. les informations sur Bruce Wayne restent vagues. Il a hérité de la fortune de ses parents. Dans le numéro 35, il est sous-entendu qu'il est journaliste. Il est vaguement fiancé à Julie Madison. Il est amusant de le voir fumer la pipe comme un pompier. Alfred n'est pas encore là, mais le commissaire Gordon est présent dès le premier épisode et Robin apparaît dans le numéro 38. Notons enfin qu'au début, la ville dans laquelle Batman opère est Manhattan et pas encore Gotham City.

Les dessins de Kane paraîtront sommaires, surtout ceux des tous premiers épisodes ; les postures des personnages manquent de naturel, les fonds de cases sont quasiment inexistants et les détails brillent par leur absence. Mais ces premiers numéros sont déjà pleins de punch et d'action et le lecteur assiste, progressivement, à l'enrichissement du style de l'artiste, d'autant que des encreurs (Moldoff, Robinson et Roussos) vont lui être adjoints. Le changement est perceptible à partir du numéro 30 ; le travail sur les ombres est déjà nettement amélioré.
Le personnage va connaître une évolution, lui aussi. Au départ longiligne, félin, avec une musculature fine et portant un masque orné de longues oreilles, il devient plus musculeux, plus costaud au fil des épisodes, tandis les oreilles de son masque sont resserrées, puis rétrécies et que les ailettes de poignet sont ajoutées à ses gants. Les premiers gadgets (dont les fameux batarangs) n'apparaissent qu'à partir de l'épisode 31.

Dans l'ensemble, la traduction d'Edmond Tourriol est solide ("syndicat chimique" sonne cependant curieusement). La relecture a laissé passer quelques coquilles (mots manquant ou en trop, fautes de frappe ou d'orthographe).

Les lecteurs ne pourront se livrer à une évaluation critique de ces épisodes qu'avec un indispensable recul. En effet, si ces pages, lues avec un regard actuel, peuvent sembler désuètes et un tantinet infantiles, dans le fond comme dans la forme (sans toutefois sous-estimer la satisfaction réelle qu'offre leur lecture), la valeur documentaire de ces numéros est indéniable ; il s'agit tout simplement de la genèse de l'un des plus grands personnages de fiction jamais créés et dont la mythologie, plus de soixante-quinze ans plus tard, continue aujourd'hui à être enrichie.

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Les 7 Vies de l'Epervier. Tome 7 : La Marque du Condor de Cothias - Juillard (1991) Cartonné
Les 7 Vies de l'Epervier. Tome 7 : La Marque du Condor de Cothias - Juillard (1991) Cartonné
par Cothias - Juillard
Edition : Relié

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5.0 étoiles sur 5 "Si je n'étais qu'un homme, j'aurais pu avoir la faiblesse d'imaginer une fin plus heureuse...", 10 juin 2015
"La Marque du Condor" est le septième et dernier tome de la série des "Sept Vies de l'Épervier", créée et réalisée par le scénariste Patrick Cothias et le dessinateur André Juillard. "Les Sept Vies de l'Épervier" est la première série d'un cycle bien plus vaste dont elle porte également le nom.
Cothias a écrit la totalité du cycle, qui, outre "Les Sept Vies de l'Épervier", comprend aussi les séries "Masquerouge", "Cœur Brûlé", "Le Masque de fer", "Ninon secrète", "Le Fou du roy", "Plume aux vents", "Le Chevalier, la Mort et le Diable" et "Les Tentations de Navarre". De toutes les séries du cycle, Juillard a illustré "Les Sept Vies de l'Épervier", les trois premiers tomes de "Masquerouge" et "Plume aux vents".

Paris, février 1625. Huit années se sont écoulées depuis ce terrible drame qui a frappé la famille d'Ariane de Troïl. Devenue une très belle jeune femme, elle assiste à une pièce de théâtre de rue. La pièce, jouée par deux acteurs, met en scène la légende de l'Épervier. Masqué dans son carrosse royal, Louis XIII - accompagné de Richelieu, cardinal et ministre principal - est également présent. Voyant dans cette pièce une provocation, Richelieu enjoint Louis de réagir. Le roi consent à faire disperser la foule, à la condition que les gardes du cardinal ne blessent personne. Il ordonne également que les deux saltimbanques, qui ont piqué sa curiosité, soient arrêtés et lui soient présentés.
Les deux acteurs en question sont Léonard Langue-Agile, le poète vagabond, et Baragouine, qui est devenue Dame Fortuna. Langue-Agile est amené devant le roi, qui semble le reconnaître. Mais cela est impossible : cet homme-là aurait plus de cent ans. Ce à quoi Langue-Agile répond qu'il a bien dépassé les cent ans. Vieux comme le monde, il a choisi le métier d'enchanteur pour se distraire en racontant des histoires aux hommes afin de les aider à oublier qu'ils ne sont que des pantins. Lorsque Louis lui demande s'il croit aux aventures de Masque-Rouge, Langue-Agile lui répond que les justes qui portent un masque se croient plus forts et protégés de la médiocrité humaine.
Baragouine, elle, a réussi à échapper aux gardes royaux. Elle est prise en filature puis retrouvée par Ariane, qui lui demande pourquoi le spectacle faisait allusion à des événements de sa propre vie. Baragouine lui répond que le passé de la jeune femme n'est pas un secret et qu'il est connu de ses ennemis, dont les fils de Bruantfou. Baragouine lui recommande de se méfier de l'oiseau noir.
Ailleurs, dans la capitale, des nobles mécontents d'être tenus à l'écart du pouvoir se sont regroupés pour former la secte secrète de l'Araignée. Ils veulent sacrifier un nourrisson volé à de riches marchands parisiens afin d'exercer leur vengeance...

Cothias met en place les dernières pièces de sa tragédie. Les éléments qu'il a développés s'emboîtent les uns dans les autres avec une cohérence remarquable. Ariane de Troïl finit donc par porter le masque de l'Épervier et tente de lutter contre l'injustice. Mais Langue-Agile - faut-il préciser qu'il est le Diable - n'a pas fini d'amuser les hommes avec le destin de la jeune femme et de son oncle Gabriel ; il va pousser la cruauté jusqu'au bout.
Pour l'auteur, il semblerait que le sort de ceux qui s'opposent aux tyrans afin de combattre les injustices est de sombrer dans l'indifférence des hommes et devant la médiocrité humaine, tandis que certains puissants, ayant le pouvoir de changer le cours des choses, restent paradoxalement impuissants à agir, parce qu'ils mettent eux-mêmes des limites à leur pouvoir - ou parce que d'autres le font pour eux.
De tous les tomes de la série, c'est dans "La Marque du Condor" que le talent de Juillard atteint son apogée. Deux scènes, entre autres, sont admirables : l'entrevue entre Ariane et le roi dans les jardins enneigés du Louvre et le premier combat entre Masque-Rouge et le Condor. Que ce soit le découpage et la lisibilité de l'action, la variété dans les types de plans et les angles de vue utilisés, les décors ou les couleurs, tout est là.

Avec le temps, "Les Sept Vies de l'Épervier" reste l'une des très grandes réussites de la bande dessinée franco-belge des années 1980-1990 ; c'est devenu un classique indémodable qui n'a pas vieilli, ni dans le fond ni dans la forme.
Ne pas lire les dix tomes de la série "Masquerouge" (elle couvre les trois années précédentes) n'enlève rien à la compréhension de ce dernier tome ni à celle de l'intrigue globale. La suite des "Sept Vies de l'Épervier" est contée dans "Plume au vent".

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Les 7 Vies de l'Epervier, Tome 7 : La Marque du Condor
Les 7 Vies de l'Epervier, Tome 7 : La Marque du Condor
par Cothias - Juillard
Edition : Cartonné
Prix : EUR 9,99

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5.0 étoiles sur 5 "Si je n'étais qu'un homme, j'aurais pu avoir la faiblesse d'imaginer une fin plus heureuse...", 10 juin 2015
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"La Marque du Condor" est le septième et dernier tome de la série des "Sept Vies de l'Épervier", créée et réalisée par le scénariste Patrick Cothias et le dessinateur André Juillard. "Les Sept Vies de l'Épervier" est la première série d'un cycle bien plus vaste dont elle porte également le nom.
Cothias a écrit la totalité du cycle, qui, outre "Les Sept Vies de l'Épervier", comprend aussi les séries "Masquerouge", "Cœur Brûlé", "Le Masque de fer", "Ninon secrète", "Le Fou du roy", "Plume aux vents", "Le Chevalier, la Mort et le Diable" et "Les Tentations de Navarre". De toutes les séries du cycle, Juillard a illustré "Les Sept Vies de l'Épervier", les trois premiers tomes de "Masquerouge" et "Plume aux vents".

Paris, février 1625. Huit années se sont écoulées depuis ce terrible drame qui a frappé la famille d'Ariane de Troïl. Devenue une très belle jeune femme, elle assiste à une pièce de théâtre de rue. La pièce, jouée par deux acteurs, met en scène la légende de l'Épervier. Masqué dans son carrosse royal, Louis XIII - accompagné de Richelieu, cardinal et ministre principal - est également présent. Voyant dans cette pièce une provocation, Richelieu enjoint Louis de réagir. Le roi consent à faire disperser la foule, à la condition que les gardes du cardinal ne blessent personne. Il ordonne également que les deux saltimbanques, qui ont piqué sa curiosité, soient arrêtés et lui soient présentés.
Les deux acteurs en question sont Léonard Langue-Agile, le poète vagabond, et Baragouine, qui est devenue Dame Fortuna. Langue-Agile est amené devant le roi, qui semble le reconnaître. Mais cela est impossible : cet homme-là aurait plus de cent ans. Ce à quoi Langue-Agile répond qu'il a bien dépassé les cent ans. Vieux comme le monde, il a choisi le métier d'enchanteur pour se distraire en racontant des histoires aux hommes afin de les aider à oublier qu'ils ne sont que des pantins. Lorsque Louis lui demande s'il croit aux aventures de Masque-Rouge, Langue-Agile lui répond que les justes qui portent un masque se croient plus forts et protégés de la médiocrité humaine.
Baragouine, elle, a réussi à échapper aux gardes royaux. Elle est prise en filature puis retrouvée par Ariane, qui lui demande pourquoi le spectacle faisait allusion à des événements de sa propre vie. Baragouine lui répond que le passé de la jeune femme n'est pas un secret et qu'il est connu de ses ennemis, dont les fils de Bruantfou. Baragouine lui recommande de se méfier de l'oiseau noir.
Ailleurs, dans la capitale, des nobles mécontents d'être tenus à l'écart du pouvoir se sont regroupés pour former la secte secrète de l'Araignée. Ils veulent sacrifier un nourrisson volé à de riches marchands parisiens afin d'exercer leur vengeance...

Cothias met en place les dernières pièces de sa tragédie. Les éléments qu'il a développés s'emboîtent les uns dans les autres avec une cohérence remarquable. Ariane de Troïl finit donc par porter le masque de l'Épervier et tente de lutter contre l'injustice. Mais Langue-Agile - faut-il préciser qu'il est le Diable - n'a pas fini d'amuser les hommes avec le destin de la jeune femme et de son oncle Gabriel ; il va pousser la cruauté jusqu'au bout.
Pour l'auteur, il semblerait que le sort de ceux qui s'opposent aux tyrans afin de combattre les injustices est de sombrer dans l'indifférence des hommes et devant la médiocrité humaine, tandis que certains puissants, ayant le pouvoir de changer le cours des choses, restent paradoxalement impuissants à agir, parce qu'ils mettent eux-mêmes des limites à leur pouvoir - ou parce que d'autres le font pour eux.
De tous les tomes de la série, c'est dans "La Marque du Condor" que le talent de Juillard atteint son apogée. Deux scènes, entre autres, sont admirables : l'entrevue entre Ariane et le roi dans les jardins enneigés du Louvre et le premier combat entre Masque-Rouge et le Condor. Que ce soit le découpage et la lisibilité de l'action, la variété dans les types de plans et les angles de vue utilisés, les décors ou les couleurs, tout est là.

Avec le temps, "Les Sept Vies de l'Épervier" reste l'une des très grandes réussites de la bande dessinée franco-belge des années 1980-1990 ; c'est devenu un classique indémodable qui n'a pas vieilli, ni dans le fond ni dans la forme.
Ne pas lire les dix tomes de la série "Masquerouge" (elle couvre les trois années précédentes) n'enlève rien à la compréhension de ce dernier tome ni à celle de l'intrigue globale. La suite des "Sept Vies de l'Épervier" est contée dans "Plume au vent".

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Les sept vies de l'épervier ** T7 - La marque du condor - EO
Les sept vies de l'épervier ** T7 - La marque du condor - EO
par Cothias // Juillard
Edition : Comic

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"La Marque du Condor" est le septième et dernier tome de la série des "Sept Vies de l'Épervier", créée et réalisée par le scénariste Patrick Cothias et le dessinateur André Juillard. "Les Sept Vies de l'Épervier" est la première série d'un cycle bien plus vaste dont elle porte également le nom.
Cothias a écrit la totalité du cycle, qui, outre "Les Sept Vies de l'Épervier", comprend aussi les séries "Masquerouge", "Cœur Brûlé", "Le Masque de fer", "Ninon secrète", "Le Fou du roy", "Plume aux vents", "Le Chevalier, la Mort et le Diable" et "Les Tentations de Navarre". De toutes les séries du cycle, Juillard a illustré "Les Sept Vies de l'Épervier", les trois premiers tomes de "Masquerouge" et "Plume aux vents".

Paris, février 1625. Huit années se sont écoulées depuis ce terrible drame qui a frappé la famille d'Ariane de Troïl. Devenue une très belle jeune femme, elle assiste à une pièce de théâtre de rue. La pièce, jouée par deux acteurs, met en scène la légende de l'Épervier. Masqué dans son carrosse royal, Louis XIII - accompagné de Richelieu, cardinal et ministre principal - est également présent. Voyant dans cette pièce une provocation, Richelieu enjoint Louis de réagir. Le roi consent à faire disperser la foule, à la condition que les gardes du cardinal ne blessent personne. Il ordonne également que les deux saltimbanques, qui ont piqué sa curiosité, soient arrêtés et lui soient présentés.
Les deux acteurs en question sont Léonard Langue-Agile, le poète vagabond, et Baragouine, qui est devenue Dame Fortuna. Langue-Agile est amené devant le roi, qui semble le reconnaître. Mais cela est impossible : cet homme-là aurait plus de cent ans. Ce à quoi Langue-Agile répond qu'il a bien dépassé les cent ans. Vieux comme le monde, il a choisi le métier d'enchanteur pour se distraire en racontant des histoires aux hommes afin de les aider à oublier qu'ils ne sont que des pantins. Lorsque Louis lui demande s'il croit aux aventures de Masque-Rouge, Langue-Agile lui répond que les justes qui portent un masque se croient plus forts et protégés de la médiocrité humaine.
Baragouine, elle, a réussi à échapper aux gardes royaux. Elle est prise en filature puis retrouvée par Ariane, qui lui demande pourquoi le spectacle faisait allusion à des événements de sa propre vie. Baragouine lui répond que le passé de la jeune femme n'est pas un secret et qu'il est connu de ses ennemis, dont les fils de Bruantfou. Baragouine lui recommande de se méfier de l'oiseau noir.
Ailleurs, dans la capitale, des nobles mécontents d'être tenus à l'écart du pouvoir se sont regroupés pour former la secte secrète de l'Araignée. Ils veulent sacrifier un nourrisson volé à de riches marchands parisiens afin d'exercer leur vengeance...

Cothias met en place les dernières pièces de sa tragédie. Les éléments qu'il a développés s'emboîtent les uns dans les autres avec une cohérence remarquable. Ariane de Troïl finit donc par porter le masque de l'Épervier et tente de lutter contre l'injustice. Mais Langue-Agile - faut-il préciser qu'il est le Diable - n'a pas fini d'amuser les hommes avec le destin de la jeune femme et de son oncle Gabriel ; il va pousser la cruauté jusqu'au bout.
Pour l'auteur, il semblerait que le sort de ceux qui s'opposent aux tyrans afin de combattre les injustices est de sombrer dans l'indifférence des hommes et devant la médiocrité humaine, tandis que certains puissants, ayant le pouvoir de changer le cours des choses, restent paradoxalement impuissants à agir, parce qu'ils mettent eux-mêmes des limites à leur pouvoir - ou parce que d'autres le font pour eux.
De tous les tomes de la série, c'est dans "La Marque du Condor" que le talent de Juillard atteint son apogée. Deux scènes, entre autres, sont admirables : l'entrevue entre Ariane et le roi dans les jardins enneigés du Louvre et le premier combat entre Masque-Rouge et le Condor. Que ce soit le découpage et la lisibilité de l'action, la variété dans les types de plans et les angles de vue utilisés, les décors ou les couleurs, tout est là.

Avec le temps, "Les Sept Vies de l'Épervier" reste l'une des très grandes réussites de la bande dessinée franco-belge des années 1980-1990 ; c'est devenu un classique indémodable qui n'a pas vieilli, ni dans le fond ni dans la forme.
Ne pas lire les dix tomes de la série "Masquerouge" (elle couvre les trois années précédentes) n'enlève rien à la compréhension de ce dernier tome ni à celle de l'intrigue globale. La suite des "Sept Vies de l'Épervier" est contée dans "Plume au vent".

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