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Commentaires écrits par
MaciejP

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Par-delà bien et mal
Par-delà bien et mal
par Friedrich Nietzsche
Edition : Poche
Prix : EUR 8,00

1 internaute sur 6 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5 Consternant, 15 décembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Par-delà bien et mal (Poche)
Lu juste après les cours sur la religion de Hegel "Par delà" s’avère assez en avance sur son époque. Une centaine d'années peut-être. A quelques ajustements près en effet le livret étale l’état d’âme profond de l'homme du 20ème siècle. Sauf que comparé à Hegel Nietzsche fait très pale figure tout au plus d'un pamphlétaire certes passionné mais très superficiel, tape à l'oeil et bruyant. On le remerciera tout même pour son style vivace et captivant.

Malheureusement les recherches novatrices de Hegel peineront à séduire bien des lecteurs face aux recettes simplistes et moralisatrices (maquillées en rejet de la morale) de Nietzsche. Hegel, "potlatscheur" de la pensée, Nietzsche: plutôt agitateur avide d'en finir avec la pensée. En effet, son approche reste du post-kantisme vieillot replié sur un psychologisme positif (Schopenhauer retourné) établissant des en-sois apodictiques à tour de bras: la religion c'est ci, la vie c'est ça. On étouffe. Tout y passe et acquiert un statut immuable, "métaphysiquement correct": la femme, la philosophie, les nations, les peuples, l'art, la politique etc. Le thème de la domination et de la puissance sont à prendre au pied de la lettre: obéis! Pour quelle raison? Par-ce que je le sens comme ça! Consternant donc.
Remarque sur ce commentaire Remarques sur ce commentaire (13) | Permalien | Remarque la plus récente : Mar 29, 2015 8:52 PM MEST


De la grammatologie
De la grammatologie
par Jacques Derrida
Edition : Broché
Prix : EUR 27,40

1 internaute sur 3 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 "De la grammatologie", 30 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : De la grammatologie (Broché)
Bien que la méthode de Derrida se veut, pour utiliser le mot dans sa signification courante, objective "De la grammatologie" tends plus à charmer par le savoir qu'a convaincre par le biais de la pensée. Charmer oui, avec un aura de sérieux et d’honnêteté. Le lecteur fait confiance à l'auteur. Le problème, c'est que Derrida met en cause la philosophie de la présence tout en laissant sous silence sa propre omniprésence. Un jeu d'arroseur s'arrosant soi-même donc. Ou une fausse couche...

Omniprésence oui, omniprésence de l'Auteur érudit, spécialiste, calé. Un Auteur très en phase avec la société contemporaine donc. Heureusement que Derrida a rectifié le tir dans ses livres ultérieurs (tout du moins dans ceux que j'ai lu, à savoir "Écriture et différence" et "Marges") où au lieu de jouer au "deconstructeurs" il s'est davantage appliqué, humblement, à dégager des THÈMES. Le lecteur y gagne en pertinence et surtout, ça lui épargne la fausse exhaustivité de "De la grammatologie".


L'écriture et la différence
L'écriture et la différence
par Jacques Derrida
Edition : Poche
Prix : EUR 10,50

1 internaute sur 4 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 L'écriture et la différence, 11 octobre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'écriture et la différence (Poche)
Excellent livre d'un hégélien qui se niait un peu trop. Derrida donc, tellement poli et respectueux envers les auteurs qu'il cite, critique... et met en situation de KO. Derrida se surprend lui-même à faire de l'hégélianisme sans assumer la part de subjectivité nécessaire à cette méthode traversée de crise (du sujet et de l'objet). Derrida tombe du coup par trop souvent dans l’académisme, le jargon, l’érudition. L'auteur se montre tellement plein, trop plein, devant des sujets dont il démontre pourtant la brisure. Ainsi que la sienne...

Des démonstrations, des explications, certes, mais sans en être vraiment, de cette crise. Derrida rassure... Adorno n'en aurait jamais eu l’indécente.


L'ANTI-OEDIPE. : Capitalisme et schizophrénie, édition 1995 augmentée
L'ANTI-OEDIPE. : Capitalisme et schizophrénie, édition 1995 augmentée
par Félix Guattari
Edition : Broché
Prix : EUR 25,50

Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'indispensable récit, 8 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ANTI-OEDIPE. : Capitalisme et schizophrénie, édition 1995 augmentée (Broché)
(Bien) lire ce livre évite de tourner autour du pot dans le compréhension de l’époque contemporaine. C'est une synthèse quoi. Du condensé aussi. Du condensé de cette laideur étourdissante qui est la nôtre et de cette bêtise ambiante que nous croyons venir de l'extérieur. Dans 'Anti-Oedipe' tout est assumé, de bout en bout. Par Gilles et par Félix bien sûr, mais surtout par un lecteur pris au piège.

Quarante années se sont écoulées depuis la publication de l'Anti-Oedipe. Comme on se sent loin des envolées abstraites de papa Nietzsche, de la bonne-volonté naïve de tonton Spinoza, de l'humanisme de maitre Marx... L'Anti-Oedipe nous donne le privilège de voir comment, partis sur des bases intellectuellement, il faut le reconnaitre, passionnantes, nous avons été amenés, une fois baptisés "machines désirantes", à constamment nous sommer nous-mêmes d' "enjoy" une société devenue libéralo-libértaire. Et de produire, bien sur...

Deleuze, Guattari, ou la version intello du dérisoire slogan de la firme Nike: "Just do it"...


Discipline
Discipline
Prix : EUR 21,06

Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Ceci n'est pas un disque, mais un miracle., 18 janvier 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discipline (CD)
Un miracle oui, car après leurs débuts, marqués de hauts et de bas, l’entité musicale "King Crimson" à su se taire et se remettre en question afin de revenir avec une œuvre proprement improbable. En effet, tout en se renient complètement le groupe s'est plus que jamais retrouvé. Au revoir le pathos, le sérieux, le spacieux, la mégalomanie, le nombrilisme un tantinet puéril du Génie - à raison! - épris de son talent et fier, tellement fier, car il est le seul à même d’apprécier le travail qu'il fournit, faites donc place à la générosité, au condensé, à l'humour, à la confiance en soi, à la couleur, au dandinement... ainsi que, vers la fin, à une abysse de profondeur en deux actes: d'abord une électrocution mystique à vous faire douter de tout, absolument TOUT suivie d'une minutieuse remise en question cérébrale, tellement cérébrale que par le même coup rejoignant, sans détours, la douce sensualité. La DISCIPLINE prends le dessus, haut la main.


L'Empire des signes
L'Empire des signes
par Roland Barthes
Edition : Poche

4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le club exlusif du vide, 20 décembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Empire des signes (Poche)
Je lis beaucoup. De la philo et de la littérature. Surtout japonaise, que je lis en japonais. Car je parle japonais. Je m'exprime en japonais et, pour tout dire, il m'arrive même de penser en japonais.

J'ai appris cette langue malgré Leur hostilité. Les Japonais n'aiment pas que les Autres s'impliquent dans Leur affairement autour du vide. Car le vide japonais est une entreprise exclusive et par la même peu portée sur l’inclusivité. Certes, ils tolèrent bien un intellectuel ou un homme d'affaires de temps à autres mais à condition qu'il revienne vite chez soi.

Toute tentative d'explication de la culture japonaise - un exercice auquel Barthes s'est adonné non sans brio - Leur est tellement pénible... Ça même Barthes n'a pas pu le savoir, car il n'a pas vécu au Japon. Or il y a une sacrée différence entre "vivre des choses" et "vivre quelque part".

Le Japon se vit, mais ne se pense pas. Il se raconte. On échange des anecdotes sur le Japon. On s’en étonne aussi. Mais gare à celui qui se permet d’émettre un jugement. Du coup toute réflexion passe à la trappe. On se raccroche donc, faute de mieux, à la contemplation. Ou au bavardage.

Au Japon la réflexion intellectuelle est une sorte de sacrilège. Nous Autres Occidentaux nous sommes souillés par le fruit du Savoir. Depuis nous ne savons plus comment vivre les choses telles quelles se présentent. Inlassablement nous essayons de cerner, de com-prendre, que ce soit notre propre trop-plein ou l'exotique vide d'un Japon par exemple. Or, il faut le répéter, le vide japonais ne s'explique pas. Il n'est pas là pour être expliqué. Il se vit du dedans, entre semblables. Et il se vit à fond, intégralement. On doit s'impliquer corps et âme, sans ironie, sans distance.

"On apprécie que vous appréciez ce que nous apprécions - ce qui au demeurant nous les Japonais ne nous étonne guère, vu que nous sommes ce que de tout temps nous avons été et serons, à savoir nous-mêmes - mais nous apprécierions que vous nous laissiez apprécier notre impénétrable particularité tranquille".

Quel sort réserve-t-on aux trouble-fête? Pas la haine, encore moins la volonté de remettre l'Ignorant dans le droit chemin. "L’Étranger doit partir", voilà, c'est dit. "Rien de personnel hein, c'est juste que vous tous vous êtes tellement... différent."

Le mépris ne tarde pas à faire surface dès qu'on se met à insister.

"Maa ne, shou ga nai". ("Que veux-tu? C'est pas la peine".)

Des paroles vides, souples, liquides... Mais pour ceux qui s’entêtent à vouloir Savoir: un constat, simple et curieusement précis. Voilà au moins un point sur lequel nous pouvons tous nous mettre d'accord.


Jargon de l'authenticité : De l'idéologie allemande
Jargon de l'authenticité : De l'idéologie allemande
par Theodor W. Adorno
Edition : Poche
Prix : EUR 9,15

2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Quand Adorno assoma Heidegger... et le lecteur., 8 septembre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jargon de l'authenticité : De l'idéologie allemande (Poche)
Après une bien curieuse introduction de la traductrice - un projet de fiançailles d'Adorno avec Heidegger - on en vient au célèbre essai anti-heidegerrien de l'infatigable Adorno. L'auteur, fidèle à son style, dégonfle la baudruche Heidegger avec une véhémence doublée de rigueur méthodologique pour un effet assez déstabilisant (comme le souligne très justement l'auteur de la postface le lecteur se doit de bien lire le texte afin ne pas le laisser filer entre les doigts comme du sable). Un texte éprouvant certes, mais offrant tout de même d'excellents éléments pour une vraie critique de l'aberration que fut Heidegger et sa philosophie qui ôte tout pour aussitôt le remplacer par un incessant numéro d’illusionniste.


Surveiller et punir: Naissance de la prison
Surveiller et punir: Naissance de la prison
par Michel Foucault
Edition : Poche
Prix : EUR 12,90

2 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Un sacré malentendu, 19 mai 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Surveiller et punir: Naissance de la prison (Poche)
Un bouquin sympathique somme toute mais qui pêche par son coté voyeur malsain qui ne sers à rien à part apporter une valeur ajoutée de divertissement glauque. Se lit facilement comme un article de l'Express. Alors pourquoi qu'une seule étoile? On en vient au titre que j'ai donné à mon commentaire: ceci n'est PAS un livre de philosophie. Pas du tout même!

A recommander tout de même aux adolescents aimant la lecture et les sensations fortes.


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