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Contenu rédigé par jean-marie lambert
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Commentaires écrits par
jean-marie lambert
(TOP 100 COMMENTATEURS)   

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Yparkho
Yparkho
par Michel Jullien
Edition : Broché
Prix : EUR 13,50

5.0 étoiles sur 5 J'existe!, 15 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Yparkho (Broché)
"Yparkho" ("j'existe")est le titre d'un des deux 45 tours que détient Ilias,mécanicien-pêcheur crétois sourd-muet,qui vit avec sa mère Maria;celle-ci partage avec son fils la même infirmité.En faisant tourner ce disque sur un vieil électrophone,en l'associant au mouvement d'un ventilateur,Ilias tente d'entendre...Peu ou pas d'"intrigue" au sens conventionnel du terme dans ce nouveau texte de Michel Jullien,mais l'existence modeste d'Ilias dont nous vivons les saisons et les actes,jusqu'aux obsèques de la mère.
Exigeant pour le lecteur,"Yparkho" est une vraie réussite:de l'écaillage du poisson à la réparation du poids lourd,de la sortie en mer à la mort de Maria,nous devenons Ilias et partageons ses expériences sensorielles:l'on a froid et chaud avec Ilias,on ressent le travail de l'homme comme ses émotions;même si le "héros" illettré peut paraître fruste,il représente ici toute l'humanité et sa grandeur.D'une richesse hors du commun,le vocabulaire de l'auteur pourrait aboutir à une certaine préciosité s'il n'était servi par un style d'une grande précision;rien n'est superflu dans cette très belle prose poétique.
Un ouvrage indispensable à ceux qui attendent de la littérature autre chose qu'un divertissement ...et qui sont donc prêts à s'immerger avec Ilias dans la vie et ses sens.


Joyce Didonato : Stella Di Napoli
Joyce Didonato : Stella Di Napoli
Prix : EUR 14,99

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 bel canto volcanique, 14 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Joyce Didonato : Stella Di Napoli (CD)
Cohérent et remarquablement interprété,ce disque fera date et n'encombrera pas la pile d'enregistrements oubliés sitôt publiés.Le programme est intelligent et brillant:il s'agit de faire revivre le San Carlo de Naples du début du XIXe siècle,en alternant compositeurs célèbres et ignorés.
D'emblée nous sommes entraînés par le superbe air de "stella di Napoli" de Pacini,étonnant de virtuosité;de Valentini à Carafa le haut niveau de ces morceaux de bravoure nous permet d'espérer d'autres découvertes de ce répertoire napolitain délaissé (au contraire de celui du siècle précédent).Et les airs connus (Zelmira,Maria Stuarda,Capuletti...)ou moins connus(Elisabetta,Adelson)de Rossini,Mercadante,Donizetti et Bellini permettent à Joyce DiDonato de montrer l'étendue de son talent:talent vocal bien sûr,servi par une voix dont on ne sait plus si elle est d'un soprano ou d'un mezzo,car elle peut tout chanter;talent d'interprète,qui caractérise avec soin chaque rôle,de l'élégie au pathétique,sans excès et avec une suprême élégance.
Un disque varié,passionnant et exaltant,par une chanteuse au sommet de son art,remarquablement accompagnée par les musiciens de l'opéra de Lyon dirigés par Riccardo Minasi qui mène ce programme avec une classe et un soin peu courants dans ce type d'exercice.Très bonne notice,avec texte des airs et traduction.
Remarque sur ce commentaire Remarque sur ce commentaire (1) | Permalien | Remarque la plus récente : Sep 17, 2014 11:50 PM MEST


Verdi: Il Trovatore
Verdi: Il Trovatore
Prix : EUR 9,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 une version spectaculaire,mais est-ce suffisant?, 10 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Verdi: Il Trovatore (CD)
La version Mehta est une brillante interprétation du "Trouvère",et a longtemps été considérée comme une référence alors que l'oeuvre n'a pas été si bien servie par le disque:dès le prologue l'on est happé par une direction alerte,très "cape et épée",même si la narration s'essouffle progressivement quelque peu après un bon premier acte ;le jeune Mehta était entouré d'une distribution emblématique de ce qui se faisait de mieux alors,avec un quatuor d'une belle santé vocale...et qui ne se pose pas trop de questions: une superbe Leontyne Price,un Milnes qui campe l'un des meilleurs Luna après Bastianini,un Domingo irrésistible de présence même si Manrico n'est pas son meilleur rôle,une Cossotto habituée aux sorcières.Et l'on trouve en Giaiotti le meilleur Ferrando de la discographie.
Une version très spectaculaire,mais qui n'est pas "habitée" par le romantisme de l'oeuvre et en devient presque superficielle,au contraire des Serafin/Bergonzi et Karajan/Corelli qui,à mon sens,dominent la discographie d'une oeuvre qui n'est pas qu'étalage luxueux de performances individuelles.Mais cela reste d'un excellent niveau.


Les réputations
Les réputations
par Juan Gabriel Vasquez
Edition : Broché
Prix : EUR 18,00

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 gloire ,conscience et responsabilité, 9 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les réputations (Broché)
Quatrième roman de Juan Gabriel Vasquez,déjà auteur de l'excellent "les dénonciateurs","les réputations" nous expose la faible marge qui sépare la réputation de la honte.Un grand caricaturiste colombien,Javier Mallarino,s'apprête à recevoir l'hommage de tous au théâtre national de Bogota,après une carrière au cours de laquelle il a incarné à lui seul la presse libre colombienne.Retrouvant avant la cérémonie Magdalena,son ex-femme,Mallarino va être confronté à son passé par la rencontre avec une prétendue journaliste qui va brutalement lui remettre en mémoire une triste soirée qui s'est déroulée une vingtaine d'années auparavant,et qui a causé un suicide et sa séparation d'avec Magdalena.
La construction littéraire est sans faille,du rappel du suicide du glorieux prédécesseur de Mallarino au retour du cireur de chaussures;les personnages sont campés avec beaucoup d'art et de sensibilité,à commencer par le caricaturiste,qui a quitté la ville par choix et vit dans un isolement factice,mais aussi par Magdalena,dont nous comprenons progressivement les ressorts de la relation entretenue avec Mallarino.
Un bémol toutefois:les sujets des caricatures décrites par Vasquez,en particulier celui du fatal dessin,ne donnent pas une grande idée du talent du "héros" du livre; néanmoins,"les réputations" demeure un ouvrage intéressant,qui traite de façon subtile et personnelle la question éternelle de la responsabilité individuelle et des conséquences de nos actes.Vasquez ancre son roman dans le Bogota d'aujourd'hui,tout en donnant à son sujet une approche universelle et en renvoyant chacun d'entre nous à sa conscience.
(traductrice et correcteur auraient pu nous épargner une détestable "lampe allogène"!)


Le Printemps du loup
Le Printemps du loup
par Andrea Molesini
Edition : Broché
Prix : EUR 19,50

4.0 étoiles sur 5 un enfant dans la guerre, 2 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Printemps du loup (Broché)
Auteur de l'excellent "tous les salauds ne sont pas de Vienne",qui se déroulait pendant la première guerre mondiale,Andrea Molesini nous fait vivre le printemps 1945 par les yeux de Pietro,orphelin de dix ans.Il quitte un couvent de la lagune vénitienne avec son ami Dario qui ne parle pas,deux vieilles dames juives et la fausse religieuse Elvira,à travers une dangereuse cavale parmi nazis,fascistes et résistants qui les conduira jusqu'au Trentin sous la conduite du déserteur Karl qui conserve jalousement une serviette contenant or et diamants.La vie trouble et dangereuse des derniers mois de la guerre dans l'Italie occupée est fort bien évoquée et les péripéties de la fuite tiennent le lecteur en haleine.
Le récit est donc celui de Pietro,accompagné de son loup imaginaire (Dario,lui,a comme animal une poule!),et Elvira apporte parfois le contrepoint;écrire par le truchement d'un garçon de dix ans est une gageure,ici parfaitement réussie:drôlerie et sensibilité sont associées,et le roman est mené de main de maître :violence,émotions,sentiments sont superbement transmis par Molesini,qui est aussi l'auteur de livres pour enfants.Le langage de Pietro ne tombe jamais dans l'infantilisme,et nous nous attachons à ces personnages vus à travers tout le sérieux d'un enfant de dix ans.Notons aussi l'excellent travail du traducteur.


Pas Pleurer
Pas Pleurer
par Salvayre Lydie
Edition : Broché
Prix : EUR 18,50

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Eté 36,été libertaire, 26 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Pas Pleurer (Broché)
La mère de la narratrice confie à celle-ci sa jeunesse dans un petit village catalan,et sa libération au cours du bel été de la révolution espagnole:l'été 36 sera pour Montse une parenthèse libertaire et enchantée dans sa vie.En contrepoint,l'auteur nous retrace l'indignation de Bernanos devant les exactions des "nationaux" à Majorque,crimes bénis par l'Eglise Catholique.
Lydie Salvayre est l'un des rares écrivains à garder intacte une roborative capacité d'indignation devant le pharisaîsme et la violence sociale;servie par un style concentré et percutant,son récit ne se laisse pas abandonner en chemin même si,une fois n'est pas coutume,l'on peut lui reprocher un certain schématisme.Diego et Josep sont des caricatures de stalinien et d'anarchiste:le rouquin complexé et bourgeois assoiffé d'ordre s'oppose,bien sûr,à l'impulsif roi de cour d'école qui veut la propriété collective des terres.La fin de Josep est un peu téléguidée...et de parlons pas de la nuit d'amour de Montse avec "André",écrivain français à la mèche...
Dommage,car le portrait de Montse est très réussi,et son vocabulaire truffé d'espagnolismes est savoureux.Livre attachant,tonique,et salutaire,recommandé donc malgré ses quelques défauts.


Verdi: Falstaff
Verdi: Falstaff
Prix : EUR 9,00

5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 reverenza!, 25 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Verdi: Falstaff (CD)
Enfin réédité en cd après une fugace apparition sous label cbs,cet enregistrement de l'ultime opéra de Verdi est à tous points de vue exceptionnel.
Profitant des représentations de l'oeuvre à l'opéra de Vienne mises en scène par Luchino Visconti,Bernstein nous donne ici ce qui est peut-être son enregistrement d'opéra le plus accompli:tempi alertes mais jamais gratuits,virtuosité du Philharmonique de Vienne,beauté des timbres de tous les instruments servie par une superbe prise de son:dès le début l'on est empoigné par le rythme imprimé par le chef,parfaitement à l'aise dans cette oeuvre qui convient à son tempérament.Les scènes collectives sont d'une précision admirable.Cette interprétation de génie ferait passer les références Toscanini et Karajan(première version,EMI) pour apolliniennes...
Et la distribution Bernstein est hors de pair,de Panerai à Oncina,de Ligabue à Sciutti.mention spéciale pour l'idiomatique Quickly de Regina Resnik,qui chante (et joue) à la perfection ce rôle qui pourrait avoir taillé pour elle.
Le pancione de Dietrich Fischer-Dieskau est exceptionnel :il imprime une vision vraiment shakespearienne du rôle de Falstaff,et sa truculence ne fait jamais oublier le seigneur.C'est à ma connaissance l'interprétation la plus complète de ce rôle si souvent caricaturé;et l'intelligence et l'art du chanteur font merveille,aussi bien dans "l'onore" que dans l'air du page.Absence de maniérisme,profondeur et humour:c'est sans doute le meilleur rôle verdien de DFD,avec Posa et Rigoletto.
Inoubliable interprétation,dont il est difficile de se détacher une fois écoutée;à ce prix,c'est donné...


Viva
Viva
par Deville Patrick
Edition : Broché
Prix : EUR 17,50

3 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 révolution permanente, 22 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Viva (Broché)
Viva Mexico,capitale de la liberté dans les années trente,où se croisent sans se rencontrer Léon Trotsky et Malcolm Lowry.Autour de ses deux héros Deville organise avec brio une farandole macabre à la Posada où l'on rencontre Breton,Artaud,Arthur Cravan,Traven et,bien sûr,le groupe bientôt disloqué Modotti,Rivera,Kahlo,Siqueiros...Troskystes et staliniens s'excommunient,se déchirent et s'assassinent dans la ville-monde,où se perdent dans le mezcal et le peyotl écrivains et artistes."Héros de Plutarque" d'après Deville,l'organisateur de l'Armée Rouge est l'épicentre de destins entrecroisés davantage que de vies parallèles,ce qui donne à l'auteur l'occasion de dresser de belles évocations (Modotti,le "beau Van",Traven,etc.;l'on peut néanmoins lui reprocher sa sévérité envers Breton).
Deville écrit donc un hommage à la ville qui a vu réuni pendant quelques années ce "band of brothers",qui ont cru en l'Art et en la Révolution;le miracle du style de l'auteur est d'éviter toute lourdeur à ce qui aurait pu être touffu et diffus.Stendhal aurait aimé ces phrases courtes,très travaillées sans affectation,rassemblées en de courts chapitres d'une grande densité.
Et la fin du livre est très belle:la "roue Ferris" de la vie et de la révolution continue à tourner,le sous-commandant Marcos naît quand meurent Lowry et Rivera.Viva...la vie et la révolution,quand même!
Rendons aussi hommage à Deville,qui donne la liste de ses références en fin d'ouvrage,dont "Jeannot lapin" cher au Consul.
Livre exceptionnel pour "happy few"(ou "band of brothers",donc),qui se retrouveront dans les noms et les allusions;le lecteur dépourvu de références politiques,littéraires et/ou mexicaines risquera de se perdre.


Strauss / Elektra
Strauss / Elektra
Prix : EUR 27,33

7 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Allein?, 20 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Strauss / Elektra (CD)
Enfin éditée dans un très bon son après une parution aléatoire chez un éditeur confidentiel,voici sans doute la version de référence d'une oeuvre bien servie par le disque.
Karl Böhm adorait diriger Elektra,et sa version avec Borkh comme sa vidéo avec Rysanek (son dernier enregistrement avant sa mort) sont des incontournables;mais cette captation publique à l'opéra de Vienne du 16 décembre 1965 est irrésistible. En son jardin chez Wagner,Berg et Strauss,Böhm exalte en effet cette partition en la dotant à la fois du souffle qu'elle nécessite,tout en assumant son modernisme.Une lecture d'orchestre indispensable,qui dote l'oeuvre d'une unité structurelle que d'autres chefs négligent,en faisant à tort une oeuvre "à numéros".
Et la distribution est splendide:Nilsson encore plus à l'aise en direct qu'en studio nous donne une Electre insolente à souhait,Rysanek a détenu longtemps le monopole de Chrysothémis dont elle illustre la féminité,Resnik est une Clytemnestre vipérine et angoissée à souhait;Wächter est un Oreste parfait,bien plus jeune et naturel que d'autres titulaires du rôle;les "seconds rôles" (parmi lesquels Janowitz!)montrent le haut niveau de qualité atteint par la troupe viennoise.
Et nous avons en Windgassen le meilleur Egisthe du disque:le personnage trouve enfin sa complexité grâce à l'intelligence et au brio du ténor.
Ce coffret est avec la version Mitropoulos l'un des absolus de l'enregistrement straussien,avant même les autres versions Böhm;les autres viennent après,y compris l'excellent Sinopoli,le correct Barenboim,le spectaculaire Solti,le classique Sawallisch et le disque d'extraits (hélas) de Fritz Reiner.Un indispensable de toute discothèque.


Nachtviolen - Schubert: Lieder
Nachtviolen - Schubert: Lieder
Prix : EUR 19,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 en haut de la falaise, 19 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nachtviolen - Schubert: Lieder (CD)
Christian Gerhaher confirme avec ce disque qu'il est sans doute le grand chanteur de lieder de sa génération.Beauté vocale,naturel dépourvu d'affectation,intelligence du texte:le baryton démontre à nouveau toutes ses qualités,et ce disque s'impose comme un premier choix.
De plus,le programme est équilibré et copieux;les célébrissimes "der Wanderer","im Walde","Nachtviolen"et autres "an die Nachtigall"voisinent avec des lieder moins souvent enregistrés,et "der Sänger am Felsen"conclut idéalement cet ensemble de 24 lieder.
Je ne serai pas excessif en recommandant ce disque autant au schubertien débutant qu'à l'amateur aguerri:un artiste puissant,au ton personnel rend à Schubert l'hommage qu'il mérite.
Exceptionnel piano de Gerold Huber.
Très bon livret;chaque lied est commenté;hélas traduction seulement en anglais.


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