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Me Sagnes Sylvie
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Hadassa
Hadassa
par Beaudoin Myriam
Edition : Broché

4.0 étoiles sur 5 Myrte, arbre ou arbrisseau à feuilles coriaces, et je pensai que son nom lui ressemblait., 16 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hadassa (Broché)
Hadassa est un roman délicat et feutré qui creuse doucement son chemin vers le coeur du lecteur. Alice, la narratrice, a répondu à une annonce pour enseigner le français en première année de collège dans un établissement privé, sans réellement regarder de quoi il était question. Elle n’est pas professeur de formation, mais il s’agit ici de prendre en charge les après-midi (avec malgré tout un programme scolaire à respecter bien sûr) de petites filles de onze et douze ans faisant partie de la communauté juive hassidique de Montréal. Elle ignore tout de leur monde et découvre au fil des jours les difficultés mais aussi les grandes joies des rapports inter-culturels : les interdits sont légion (aucun contact physique, pas de télé ni de films ni ne dessins animés – des livres, oui, mais lus en amont par la direction et censure de certains passages/mots/images…) et elle marche sur des oeufs, avec une très grande bonne volonté. Tandis qu’elle s’attache démesurément à la petite Hadassa, Jan, un de ses amis émigré polonais tombe amoureux de Deborah, une femme mariée hassidique. En alternance nous sont racontés les bouleversements profonds que chacun ressent, jour après jour, le temps d’une année scolaire… Le grand respect avec lequel le monde hassidique est évoqué permet bien sûr d’en savoir un peu plus sur lui mais au-delà de cet aspect, j’ai trouvé très intéressante la façon dont la naissance du sentiment d’attachement est rendue : on ressent vraiment la force de ce qui se noue entre une élève et son prof, on comprend la fascination qu’expérimente Alice envers la vie de ses élèves (et non l’inverse, c’est notable), et on se désole avec Jan et Deborah des amours impossibles. De plus (mais ça pourra déplaire à certains), j’ai adoré le mélange permanent des langues (peu traduites), français, anglais, polonais, yiddish.


911
911
par Shannon Burke
Edition : Broché
Prix : EUR 16,00

5.0 étoiles sur 5 "Le véritable altruisme est une qualité.", 14 octobre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : 911 (Broché)
Ollie Cross va être médecin, c’est sûr, il a raté un concours mais il va être ambulancier quelques temps histoire de se faire un peu d’expérience et le repasser, comme on le lui a conseillé. Il demande le secteur le plus dur, Harlem, il veut apprendre, il est prêt à encaisser, c’est l’histoire de quelques mois, il a un but, une visée, ça ira. Pense-t-il. Croit-il. Alors New York, fin des années 90, ambulancier d’urgence… Une expérience ? Beaucoup plus que ça, et Shannon Burke, qui l’a vécue lui-même, en fait un roman d’une force et d’une portée peu banale – dans les remerciements, il dit s’être à un moment « littéralement perdu dans cette histoire« , et on peut presque le sentir, et aussi combien le roman en avait besoin, en fait. Avec en filigrane des morceaux du discours que prononce le chef aux nouveaux diplômés, Ollie nous raconte des petites scènes, des bribes d’effroi, des trucs de dingue, la vie de la brigade, les autres ambulanciers, les soins, la vie quotidienne, ce que ça fait, concrètement, cette vie, ce métier, comment ça grippe, ça coince, ce que ça entraîne, à quoi on se raccroche, ou pas, qui, comment, pourquoi. Ca flingue, ce roman, c’est violent, et c’est cash, c’est sincère, ça concerne, on plonge dans les tours et détours des comportements, au coeur de la noirceur, et on doit faire des pauses, avaler, laisser reposer un peu. Remuant. Excellent.


Poubelle's girls
Poubelle's girls
par Jeanne Desaubry
Edition : Broché
Prix : EUR 14,95

4.0 étoiles sur 5 Roman policier mais pas que, 30 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Poubelle's girls (Broché)
C’est l’histoire de trois femmes, très différentes. Elisabeth tire le diable par la queue, elle vit seule avec un ado grognon et maussade et cumule tous les petits boulots qu’elle peut trouver pour obtenir au final juste pas assez pour ne serait-ce que les nourrir à leur faim. Paloma est à la rue, atteinte du sida, passé plus ou moins délictueux, mais grande nature, obèse flamboyante à l’appétit de vivre vorace. Blanche, enfin, fiscaliste aisée, enfouit sous des tocs la vacuité de sa vie et élabore à l’infini des plans pour se débarrasser de son mari. Leur rencontre va être pétaradante ! "Roman policier mais pas que" nous dit le sous-titre en couverture, et tout est dans le "mais pas que". On se régale à suivre la naissance d’une amitié, on savoure le rythme, les dialogues très réussis et on passe un vrai bon moment au final entre ces pages, même si Blanche peine un peu à exister à côté de nos nouvelles copines.


Revue Chic Fille N  1
Revue Chic Fille N 1
par Collectif
Edition : Broché
Prix : EUR 12,00

4.0 étoiles sur 5 "Vendredi. Les génies de Fleury Michon lancent une gamme de charcuterie sèche. Où ? On ne sait pas.", 29 septembre 2014
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J’ai découvert par hasard cette toute nouvelle revue littéraire des éditions Fromentin (le hasard consistant à fureter méthodiquement rayon après rayon dans toute librairie croisant mon chemin dans un rayon de 100 km où que je sois, évidemment), elle côtoyait "Décapage" et il ne m’en fallait pas plus pour l’acheter (enfin, si, il m’a fallu 12 euros). Si je n’ai pas *tout* lu intégralement de son contenu ("L’homme à abattre", par exemple, ne m’a pas intéressée), j’ai beaucoup apprécié le ton général (instructif et plein d’humour), et l’argument général soutenant cette initiative : sortir de la course à la nouveauté (même si la rubrique "confort moderne" (dont est extraire mon titre) est en plein dedans). Ainsi, le dossier sur le dandysme au féminin est plus que sympathique, l’interview de Sagan à 21 ans parfaite, l’entrevue avec Sylvie Pialat intéressante (l’alternance de présent/passé déconcerte à l’écrit, cependant), le dossier "Utopie" sur le Laadan passionnant, j’en passe, il y a plein de pages différentes et accrocheuses sur des sujets divers et variés, avec mention spéciale à l’histoire de La sirène de Los Angeles qui m’a passionnée : bien avant le web (années 80), une jeune femme a entretenu des conversations téléphoniques avec plusieurs personnalités (acteurs, chanteurs, grandes stars !) et les a tous absolument envoûtés : sa voix, son esprit étaient tels que certains sont tombés très sérieusement amoureux, mais la dame refusait toute rencontre. Jusqu’à ce que Richard Perry obtienne finalement le Graal. "Ils conviennent de se retrouver un soir, à 19 h dans la chambre du Park Lane. Elle lui demande de venir les yeux bandés. Il refuse. Il concède qu’elle éteigne les lumières et que les seules lumières qui entrent soient celles de la ville. A 19 h, il entre. "Mon rêve, c’était qu’elle m’attire physiquement car elle m’attirait à tous les autres niveaux."… La suite à lire par vous-même :) (Une histoire vraie, à la fois tout à fait symptomatique mais nonobstant très mystérieuse…)


Vers la fin des librairies ?
Vers la fin des librairies ?
par Vincent Chabault
Edition : Broché
Prix : EUR 7,90

4.0 étoiles sur 5 Ouf !, 28 septembre 2014
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La 4° de couv indique que Vincent Chabault est maître de conférences en sociologie, membre du Centre de recherche sur les liens sociaux et que sa thèse sur la Fnac a reçu en 2009 le prix Le Monde de la recherche universitaire, j’étais curieuse de voir si son point sur les librairies m’éclairerait et surtout, me serait accessible : la réponse est oui. S’appuyant sur de nombreux documents, études ou diverses enquêtes (tous crédités), il dresse un état limpide de la situation et indique les pistes de progression et/ou d’amélioration (le service au client, l’animation et la modification de la formation au métier de libraire, en ne négligeant pas (ou moins) l’aspect culturel). Ca m’intéressait beaucoup de comprendre un peu mieux les fermetures de Virgin ou Chapitre, et je me reconnais parfaitement dans la catégorie des lecteurs-consommateurs, attachés aux librairies indépendantes mais utilisateurs des sites en ligne y compris pour y revendre une partie de leurs propres bibliothèques. La partie économique est également développée, être libraire aujourd’hui n’est pas un métier lucratif, mais il peut être rentable – dégager un fort chiffre d’affaire étant une condition nécessaire mais pas suffisante. En conclusion, il rassure les inquiets : "La fin des librairies est un scénario peu envisageable". Ouf !


Et il y eut un matin
Et il y eut un matin
par Sayed Kashua
Edition : Poche
Prix : EUR 7,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 "Le manque de savoir-vivre des gens est incroyable.", 26 septembre 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Et il y eut un matin (Poche)
C’est l’histoire d’un encore très jeune homme (déjà marié et papa d’une petite fille) qui revient, dépité, vivre dans son village natal. Ce n’est vraiment pas de gaieté de coeur, mais être arabe israélien à Jérusalem n’est pas simple, et las de prétendre accepter les mille et une petites vexations quotidiennes il pense retrouver une certaine sérénité à vivre près de ses parents et beaux-parents. Son épouse est encore plus réticente et elle n’a pourtant pas toutes les données du problème : en fait, il a plus ou moins perdu son poste de journaliste et n’assure plus que des piges de loin en loin, sans oser l’avouer. Dans un premier temps, financièrement ça ne se sent pas trop car les frais sont complètement réduits, ils vivent selon la tradition dans une maison offerte par ses parents et prennent chez eux (ou ceux de sa femme) tous leurs repas. Il est malgré tout plus ou moins en train de s’enfoncer moralement quand paradoxalement une situation de crise va mobiliser ses ressources (car il en a) : le petit village est soudainement en situation de blocus : personne ne peut plus en sortir, l’électricité est vite coupée suivie de l’eau. En quelques jours à peine, la situation se dégrade d’une façon dramatique et notre narrateur en soupèse tous les aspects…

Un roman très réussi à la tonalité vraiment particulière, dans le meilleur sens du terme : l’histoire est aussi prenante que grave, et pourtant des percées d’un humour très tonique ne cessent d’apparaître au lecteur en deuxième intention, ou sont disons distillées par petites touches qui ne ne révèlent pas immédiatement (très élégant comme procédé, en fait) (par exemple le titre de mon billet, placé dans un contexte dont la triste ironie est implacable). Le narrateur parvient à placer le lecteur en empathie totale et ne se contente pas de dérouler une histoire (aussi bonne soit-elle), une réflexion aigüe est également menée qui débouche sur plus de questions que de réponses – la marque des grands.


Lola Bensky
Lola Bensky
par Lily Brett
Edition : Broché
Prix : EUR 20,00

1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 "Tu es juive ? a-t-il demandé. – Très.", 24 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Lola Bensky (Broché)
Lola Bensky est née juste après la guerre dans un camp de transit en Allemagne, de deux parents juifs polonais rescapés d’Auschwitz. Elevée en Australie, à la fraîche vingtaine elle devient journaliste de rock et s’entretient avec les stars du moment à Londres, New York, Los Angeles et Monterey, et nous raconte : c’est incroyablement bon. Très nourri (et inspiré, et adapté) de ce qu’a vécu l’auteur elle-même, tout est vivant, tout est signifiant. La petite Lola était bien naïve mais son regard a posteriori est d’une bienveillance balsamique. Sous sa plume, chaque personnalité évoquée est palpable dans son humanité même, on est complètement charmé, intéressé, bouleversé par ce monde des années 60/70 et on adore, littéralement, le rapport très particulier de Lola à la musique : sa façon d’en rendre compte est à la fois pétillante, douce et pertinente. La pertinence étant d’ailleurs selon moi le maître-mot de ce roman, qui mêle intimement et dans un équilibre quasi parfait toutes les grandes interrogations prosaïques et métaphysiques : pudique, sincère, tâtonnante et jamais excluante (et ça, c’est vraiment vraiment rare), l’héroïne questionne : comment vivre en portant la douleur de ses ancêtres ? Lola en paye continuellement le prix, et au fil des années apprend à composer avec (avec plus ou moins de réussite). Un roman supra attachant, qui nous fait aussi beaucoup rire ! On adore l’idée de son père, 93 ans sonnants qui s’enthousiasme pour Skype et la mitraille de SMS, ou ce steward qui, alors qu’il faut peser bagages ET passagers pour prendre un tout petit coucou et qu’elle lui a interdit de révéler son poids à quiconque (y compris à elle-même), annonce tranquillement "ça ira, l’avion n’est pas plein de toute façon"

"Lola avait ses mots favoris en yiddish et elle se les répétait parfois à voix haute quand elle était seule. Par exemple, fardraiyt et farblondzhet, qui tous deux signifiaient déboussolé, troublé ou même déséquilibré. Et faflekt, sale, et narish, tout simplement, bête. Si on les disait tous ensemble l’un après l’autre, le résultat était fabuleux: Fardrayit, faflekt un narish, déboussolé, sale et bête, un enchaînement qui la faisait toujours rire."

"Bien qu’elles aient le même âge, Cher inspirait à Lola une fierté presque maternelle. Elle était ravie que Cher ait autant de succès, qu’elle soit devenue une femme indépendante et accomplie. Et la célébrité ne lui avait pas tourné la tête : sa modestie, sa générosité et son intelligence transparaissaient dans toutes ses interviews. En plus, elle avait un sens de l’humour formidable. "Le problème de certaines femmes, avait-elle dit un jour, c’est qu’elles s’emballent pour rien du tout et finissent par l’épouser.""


Quelques pas de solitude
Quelques pas de solitude
par Pascal Dessaint
Edition : Broché
Prix : EUR 6,00

4.0 étoiles sur 5 A lire !, 22 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Quelques pas de solitude (Broché)
Voici un petit livre tout à fait original : tout est bon, tout est beau. Format ultra poche, finesse de l’opuscule, couverture vert espoir, papier lustré (composé à grand renfort de biscuits au chocolat, nous dit-on même). D’accord, mais le propos ? En adéquation. Dans deux préfaces passionnantes, les libraires à l’origine de ce livre nous racontent comment il est né. Puis, place à la plume du très humain Pascal Dessaint qui se confronte au sujet-roi : la solitude. En cinq moments choisis, on côtoie la grâce de quelques circaètes, la traversée d’une tortue, le voisinage d’un crapaud, ou le désarroi total face à la mort des membres de sa famille. Des mots simples et choisis, des moments intenses, la vie. A lire !


Prends ma vie
Prends ma vie
par Lottie Moggach
Edition : Broché
Prix : EUR 20,90

4.0 étoiles sur 5 Brrr, 11 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Prends ma vie (Broché)
Leila, 23 ans, nous raconte. En 2011, elle a été chargée de faire croire que quelqu'un était toujours en vie, en menant une vie virtuelle active en son nom. Pourquoi, comment, tout nous est révélé en une chronologie parfaite, la plume de Leila est précise... Un premier roman costaud qui se tient du début à la fin, qui fait passer son lecteur par différents stades - lui assurant fatalement une identification à un moment ou à un autre -, et qui le place dans une ambivalence aussi inconfortable que puissante : ce qu'on a ici, c'est l'histoire d'une gamine élevée sous cloche, par une mère aimante mais dévastatrice; Leila n'a aucune idée de ce que peuvent être des relations sociales normales, et sa candeur parfois, ses raisonnements biaisés (mais parfaitement logiques, dans leur contexte) nous désarment (empathie maximale) sans adoucir notre regard pour autant. La "mission" dans laquelle elle se lance est non seulement répréhensible, mais surtout folle, dingo, intenable très longtemps. Pourtant elle apporte son lot de surprises... Le tout mené tambour battant, avec une grande justesse psychologique (c'est ça, en fait, un thriller psy) et dans une atmosphère contemporaine extrêmement bien rendue. Des sujets passionnants sont insérés (et traités sérieusement) avec fluidité : l'euthanasie, la prédation numérique, les engouements amoureux virtuels, l'impuissance des autorités, j'en passe. Se lit d'une traite !


Ce qui est arrivé aux Kempinski
Ce qui est arrivé aux Kempinski
par Agnès Desarthe
Edition : Broché
Prix : EUR 17,50

5.0 étoiles sur 5 "Si la mémoire des diables est inflammable, celle des jeunes filles est incendiée.", 4 septembre 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Ce qui est arrivé aux Kempinski (Broché)
Ce serait idiot d’ériger ce recueil en modèle, regardez, lisez, voilà ce qu’est une nouvelle, ce que devrait être, toujours, l’art de la nouvelle, oubliez ces histoires bêtasses de chute, ce genre que vous vous donnez, auquel vous aspirez, et absorbez la prose d’Agnès Desarthe, comme étalon – oui, ce genre de discours serait imbécile; mais alors, quels mot employer pour dire la puissance de ses textes, la magie de ses histoires, sa singularité qui vient heurter le lecteur et le rend irrémédiablement captif ? Dans l’émission "L’humeur vagabonde", elle a raconté qu’invitée dans une université américaine, elle a été présentée par ces mots : "Agnès Desarthe est un écrivain américain d’expression française" – présentation géniale. Mais il faudrait encore inventer plus, trouver mieux, pour décrire combien ce recueil m’a plu; dans l’inventivité de ses intrigues, couplée au désarçonnement de sa façon, et aux sujets auxquels on s’intéresse. La jeune fille de "lettre ouverte", que je visualise tellement bien, dans sa petite île charentaise. Cet incroyable "Comité" : "Et pourtant, c’est assez simple : d’une part, Dieu n’existe pas, en tout cas pas aussi clairement que le Comité. Et d’autre part, Dieu est tout-puissant." que l’on voudrait immédiatement convoquer. "Dans l’oreille du diable", ma nouvelle préférée entre toutes : ""Quand une femme qui manque de vanité – et c’est mon cas, vous le savez – croit percevoir qu’elle plaît, c’est en général beaucoup plus grave que cela. C’est l’amour fou, la langueur venimeuse, le désir incandescent. Peu importe. Ca me met mal à l’aise d’évoquer ces choses. Je vois que je suis capable de le faire, mais ça ne me convient pas. J’arrête." Avec elle, pense le diable, c’est comme si le temps s’écoulait enfin, le temps et son corollaire dont la saveur inouïe m’enivre : l’existence." La beauté de ce passage… Ou encore les deux pieds-de-nez dans "Pseudonyme" (Doris Lessing ?) ou la nouvelle qui donne son titre au recueil, "Ce qui est arrivé aux Kempiski" (inattendue et vraiment amusante). Non, le seul reproche que l’on puisse faire à ce recueil c’est de se terminer.


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