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Contenu rédigé par Olivier Delaporte
Classement des meilleurs critiques: 4.151
Votes utiles : 178
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Commentaires écrits par Olivier Delaporte
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un enregistrement qui n'a rien perdu de sa pertinence., 15 février 2008
C'est bien de pouvoir écrire "ce cd est un classique indispensable" mais encore faut-il argumenter et en particulier auprès de celles et ceux qui ne sont pas forcément familiers avec cette musique. Tout au long des années 60, il s'est façonné une musique passionnante apelée "free jazz" ou "new thing". Mais évidemment comme dans le cas de toutes les musiques, le recul des années nous fait réévaluer la pertinence de certaines démarches artistiques. A mon avis, pas mal de disques ont vieillis et en particulier ceux ou le jeu consistait à produire le maximum de décibels. Certains musiciens dont la démarche était essentiellement expressionniste au premier degré apparaissent aujourd'hui comme "bruitistes". Il n'en est rien avec le NEW YORK ART QUARTET. Ce groupe fut l'un des premiers à être animé par un souci de grande cohérence musicale. Alors on peut entendre des arrangements osés, complexes, des rythmiques chahutées et recherchées mais tout cela est joué avec une solide idée de groupe. On peut être attiré plus spécifiquement par le style de certains musiciens, dans mon cas c'est ROSWELL RUDD et MILFORD GRAVES, mais aucun ne tire la couverture à lui. Concernant les souffleurs par exemple, le jeu de RUDD met complètement en valeur celui de JOHN TCHICAI et réciproquement. Point de salves bruitiste ici mais une musique intelligente, d'avant garde et d'une certaine manière raffinée. A découvrir ou redécouvrir.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Un enregistrement d'une grande importance., 22 janvier 2008
En effet cet enregistrement présente de nombreux intérêts. Tout d'abord il est l'un des seuls à pouvoir nous permettre d'entendre les deux fils d'USTAD ZIAUDIN KHAN DAGAR en duo. Le seul autre enregistrement les présentant ensemble ayant été publié en 2002 par cette branche de la famille DAGAR, est très difficilement trouvable. Ensuite, ce cd nous permet aussi d'entendre la voix de ZIA FARIDUDDIN DAGAR, le frère de ZIA MOHIUDDIN DAGAR, et là aussi les enregistrements le concernant sont très rares. C'est d'autant plus important que ZIA FARIDUDDIN DAGAR et son regretté frère ont formés de nombreux chanteurs et musiciens de dhrupad parmi les plus prestigieux. Ils furent les dépositaires et incarnèrent cette tradition avec un talent époustouflant. Venons en donc à l'enregistrement en tant que tel, il s'agit d'un raga de la nuit, l'un des plus célèbres. Il est interprété dans ses trois parties sans percussions que sont l'alap, le jod et le jala. Ce qui suscite d'emblée la curiosité c'est la particularité de ce jugalbandi (duo) puisqu'il est vocal/instrumental. Nous avons l'habitude des jugalbandi vocaux en particulier grâce aux deux générations successives des frères DAGAR fils de NAZIRUDDIN DAGAR, mais le jugalbandi présentant un chanteur et un instrumentiste se fait plutôt rare de nos jours. Ce cd offre aussi la possibilité assez unique de saisir l'intrication fondamentale entre la voix et l'instrument et c'est encore plus signifiant lorsqu'on sait que ZIA MOHIUDDIN et ZIA FARIDUDDIN ont eu le même maître, à savoir leur père. Il s'agit donc d'une occasion très rare d'entendre les deux expressions vocales et instrumentale, sur la même pièce musicale. Concernant l'approche du raga en tant que telle, elle est assez dépouillée et les deux frères font preuve d'une retenue qui frise parfois le minimalisme. Cela peut rebuter mais du coup on est amené à écout'er avec encore plus d'attention, les improvisations et aussi les transitions entre la voix et l'instrument. A la lecture de ces lignes on pourrait penser que ce cd a surtout valeur de document s'adressant aux musicologues ou amateurs très éclairés. mais en fait je ne crois pas, la singularité de cet enregistrement fait qu'il se destine à mon avis à tous les amateurs de dhrupad.
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un vrai chef d'oeuvre, 30 décembre 2007
MUHAL RICHARD ABRAMS n'est pas le musicien le plus connu du free jazz de chicago, il en est pourtant l'un des piliers fondateurs. Premier président de l'aacm, sa discographie discrète l'a moins exposé que d'autres, et pourtant... Pianiste versatile, capable d'aborder le blues des racines autant que les compositions complexes à la braxton, son jeu est une formidable palette d'influences. Ce cd est donc un piano solo enregistré il y a quelques années mais sortant seulement maintenant et c'est une merveille. Il s'agit d'une longue pièce d'une heure divisée en trois sections. Le pianiste y fait la magistrale démonstration de son talent et de sa personnalité, ici le piano n'est pas seulement au service de compositions à exécuter dans une tradition plus ou moins scrupuleuse, il est le point nodal de la création d'un véritable univers fascinant. Les passages introspectifs faisant jaillir des notes du plus profond, alternent avec des explosions toujours maîtrisées, puis on se laisse surprendre par quelques minutes d'un rythme boogie qui disparaît aussitôt. Le touché du pianiste est vraiment saisissable, en particulier ces dialogues étranges main droite-main gauche si singuliers; dialogues ou non dialogues, propos parfois schizophrènes qui disparaissent avant même qu'on ait eu le temps de les comprendre, remplacés par une cascade de notes controlées et apaisées. Il faut enfin signaler la prise de son parfaite.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
A masterpiece comme on dit outreatlantique!, 25 novembre 2007
Le Revolutionary ensemble fut à la fois l'un des plus excitants groupes de free jazz mais aussi l'un des moins représentés discographiquement. Certes ils ont peu enregistrés mais en plus, la plupart de leurs lp reste non réédités en cd, alors évidemment lorsqu'une réédition arrive d'on ne sait ou, il ne faut pas la râter. Ce cd reprend un lp publié en 1975 et c'est vraiment un grand moment. La rencontre est tout simplement magique, une conversation à trois ou l'on retrouve tous les ingrédients qui font de ce groupe une identité musicale fascinante. Il y a bien sûr le violon étonnant de LEROY JENKINS qui semble avoir tellement intégré les racines de la musique noire autant que la musique classique européenne dans une synthèse unique. La basse de SIRONE qui produit ces napes instables et foudroyantes et puis JEROME COOPER à la batterie et au piano dans une approche rythmico-mélodique captivante. Les superlatifs ne sont franchement pas de trop et les trois plages proposées sont de pures merveilles. Alors jetez vous sur ce cd avant qu'il ne disparaisse du marché.
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Une musique hors des clichés et vraiment passionnante., 21 novembre 2007
Venant de Chicago, HENRY THREADGILL a l'image d'à peu près tous les musiciens de jazz de cette ville, se distingue par une originalité incontestable et fascinante. Du groupe AIR dans lequel il débuta aux différentes formations qu'il anime simultanément aujourd'hui en passant par son fabuleux sextet des années 80, il a toujours constitué des groupes afin de jouer une musique bien précise et très orientée. Avec ZOOID, son groupe acoustique, il propose une musique vraiment étonnante, inspirée autant par l'orient que par la musique classique occidentale. Rien que les instruments choisis sont étonnants, une batterie, un tuba, un violoncelle, un ud et une guitare acoustique à quoi il faut bien sûr ajouter la flute et l'alto de THREADGILL lui-même. Le résultat: des arrangements mélangeant dissonnances et classicisme, des textures très orientalisantes et des rythmes allant du jazz classique au blues en passant par des moments très groovy, toutes ces composantes se succèdent mais se chevauchent aussi, se croisent, s'éliminent et se font renaître. La musique de THREADGILL est au fond assez unique et difficile à décrire, atypique et passionnante, ne loupez pas ce cd.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5
La reformation d'une légende mais qui tourne plutôt mal, 8 novembre 2007
Le REVOLUTIONARY ENSEMBLE a été l'un des groupes très passionnants du mouvement free de par la qualité de sa musique mais aussi de par l'originalité des instruments, un trio avec violon,basse et batterie. Trois musiciens d'exception qui avaient cessé d'enregistrer à l'aube des années 80, autant dire qu'on guettait la reformation plus de vingt ans après avec intérêt. Hélas la deception est grande. L'album ouvre sur deux compositions intéressantes du bassite sirone, le groupe est vraiment en forme manifestement. Le violon de LEROY JENKINS est d'une limpidité fascinante, la basse de SIRONE délivre toujours les mêmes assauts prenants et Jerome COOPER est toujours aussi inventif. Malheureusement tout se gâte et de la façon la plus brutale à l'arrivée du troisième thème écrit par COOPER et inspiré de la trajédie du 11 septembre. Il y troque sa batterie contre un synthétiseur épouvantable, produisant tour à tour des boucles rythmiques du plus mauvais goût ou des notes glaciales dignes d'un mauvais dj. La faute de goût passerait si elle ne durait pas, problème: ce morceau dure 20 minutes. C'est d'autant plus décevant qu'il n'y aura plus de possibilité de rattrrapage puisque LEROY JENKINS nous a quitté en février 2007. Il reste les anciens disques, tous fabuleux mais presque aucun n'a été réédité à part THE PSYCHE tout récemment. Oubliez donc cette reformation malheureuse et partez à la découverte des albums plus anciens pour écouter la musique d'un groupe tout simplement génial.
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5.0 étoiles sur 5
Pour les amateurs de sons venus de loin, 17 octobre 2007
Ce cd est consacré à un artiste jouant d'un instrument appelé le sorna. Il s'agit d'un instrument à vent en bois articulé autour de deux tubes permettant de jouer une note et une octave. Mais le plus étonnant à propos du sorna c'est que sa sonorité et son aspect ressemble un peu au shenai de l'Inde du nord ainsi qu'au sonua joué par les populations hakka de Chine et de Taiwan. Comme les deux autres, le sorna est très ancien et s'avère avoir été longtemps utilisé dans les cérémonies de mariage entre autres. La sonorité est très puissante, très aigue et elle est soutenue par une percussion non moins massive qui s'appelle le dohol. Ici la musique est brute, faite pour accompagner les danses, elle dégage une énergie presque palpable. L'ensemble propose à nos oreilles des sons bruts et vraiment intéressants pour qui aime voyager par l'audition.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
un enregistrement qui s'est vraiment bonnifié, 17 octobre 2007
Lorsque j'ai écouté ce cd pour la première fois, c'était il y a une bonne quinzaine d'années lors d'une première réédition. A l'époque, ce concert m'avait semblé un peu fade, il faut dire que j'avais dans la tête le fabuleux quartet BRAXTON-LEWIS-HOLLAND-ALTSCHUL. Mais en réécoutant cet enregistrement datant de 1979, j'ai eu une très agréable surprise. les années, loin d'avoir érodées la musique, l'ont au contraire rendues plus appréciable et franchement très passionnante. le quartet n'est plus le même et l'approche est donc forcément différente. Au trombone, RAY ANDERSON s'attaque moins aux textures sonores que ne le faisait GEORGE LEWIS, il est plus concret mais s'accomode très bien de l'écriture braxtonienne. A la basse, JOHN LINDBERG est aussi moins engagé que ne l'était DAVE HOLLAND mais il fait bonne figure. Enfin, THURMANBARKER réussit à rivaliser d'inventivité avec son prédécesseur BARRY ALTSCHUL en incluant des percussions alors qu'ALTSCHUL restait centré sur une utilisation exclusive de la batterie. C'est donc une réédition très intéressante, d'autant plus que la musique de BRAXTON de cette époque est hélas sous documentée.
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Entre musique de chambre, contemporaine et jazz, du beau travail!, 16 octobre 2007
Jacques COURSIL est un musicien hors normes au parcours étonnant. Il joue dans l'arkhestra de SUNRA, puis sous la direction de BILL DIXON mais aussi avec FRANK WRIGHT à New York dans les années 60. De retour en France il enregistre dans la série byg actuel puis retourne dans la big apple ou il sera le prof de français de JOHN ZORN tout en continuant à jouer du free jazz. Entre 1970 et 2005 c'est un total silence discographique qui est rompu avec la publication de ce MINIMAL BRASS, un choc! Imaginez une composition pour cinq à sept trompettes mais jouées en re-recording par un seul musicien. Une écriture fortement influencée par la musique classique du XXe siècle et particulièrement la musique de chambre. L'ensemble est très écrit, les solos sont discrets mais bien présents et puis il y a surtout ce son étonnant. COURSIL a pris le temps de le travailler, de l'affiner. Le résultat est un son à la croisée des chemins entre WADADA LEO SMITH, BILL DIXON et JON HASSELL, aérien mais très très précis et incroyablement maîtrisé. Ce cd est autant atypique que magnifique. Je signale au passage ses deux premiers albums datant de 1969 et notamment le sublime BLACK SUITE paru sur byg dans un esprit plus free mais très AACM, malheureusement jamais réédité. Quoi qu'il en soit, suivez ce musicien avec le plus grand intérêt.
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5.0 étoiles sur 5
Deux classiques sur un cd!, 9 octobre 2007
On a pas fini de discuter sur la personnalité musicale d'ALBERT AYLER ainsi que sur sa vie et sur sa mort! Génie pour certains, imposteurs pour d'autres, musicien hors normes pour moi même si je peux comprendre que l'on puisse être irité par sa musique tant elle est particulière. Il y a tout d'abord ce son qui vient des profondeurs, balançant sans cesse entre la souffrance et la truculance. Puis il y a cette alternance entre fanfare hystérique et free déglingué. Bells Profecy regroupe deux albums dont le fabuleux BELLS qui était un lp une seule face. C'est un groupe très large avec DONALD AYLER, CHARLES TYLER entre autres, un seul morceau, une merveille, délirante, joyeuse et sombre. PROFECY est en quelque sorte la version live du classique SPIRITUAL UNITY, comme lui en trio. Les thèmes y sont plus longs, plus développés. Si on a l'esprit ouvert et qu'on est prêt à se faire un peu bousculer, il ne faut pas rater cette réédition.
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